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mercredi, 31 mars 2010

On lui proposa deux pièces par entregent. Dès lors, elle cherchait une occasion favorable pour le livrer.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-25. (*)(*)/(*)(*)
L'un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.' » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »

Livre d'Isaïe 50,4-9. (*)/(*)(*)(*)
Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n'en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, celui qui me justifie. Quelqu'un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble. Quelqu'un a-t-il une accusation à porter contre moi ? Qu'il s'avance ! Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ?

Livre d'Aïeaïeaïe 50,4-9. (*)/(*)(*)(*)
Nouvelle (à peine, la dernière version ne datant que de… trois jours !) "traduction" 2010, légèrement remaniée, augmentée, corrigée… et mâtinée de Gnome 69(68),8-10.21-22.31.33-34. (*) :
822489422.jpgLe Docteur mon Baigneur [1] m'a donné le largage [2] d'une pomme [3, note 7] qui a du mal à se laisser détruire [4], pour que je sache à mon tour conforter [5, note 59] celui qui n'en peut plus de son "malade"©. La parlote me sonne les matines [6], chaque matin (quand il existe [7, APR note 37]…) elle m’anesthésie pour que j'écoute comme celui qui se laisse détruire. Le Baigneur Docteur m'a bouché l'oreille [8], et moi, on ne m’a pas survolté [9], je ne lui ai pas dérobé mon "malade"©. Je lui ai présenté dans son dos [10][11, APR note 18] pour ceux qui le frappaient, et ses jougs [12] à ceux qui agissaient [13] à sa barbe. Je n'ai pas protégé son visage des outrages [14] : j’ai proposé au contraire (pour trente pièces d’argent ?) de les faire cracher [15, AV note 45]. Le Baigneur Docteur vient automatiquement [16] à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas tatin [17, APR note 120] par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon cœur dur comme pierre [18] : je ne sais pas que je serai co-fondu [19]. Il est trop proche [20], celui que j’insulte [21], et l’insulte retombe sur moi à la mesure de ce qu’il m’arrache la barbe postiche [22] de mes "justifications médicales"©. C'est à cause de moi qu’il endure l'insulte, que je lui couvre le visage de honte : il est ainsi un étranger pour ses frères, un inconnu pour les fils de sa mère. L'amour de ma maison m'a perdu, et veut lui faire perdre la sienne [23] : à ce propos, quelqu'une [24] veut-elle plaider pour moi, quitte à lui tricoter sur mesure un adorable costume de "locataire"©[25] ? (Trente pièces d’argent devraient suffire à s’en offrir la laine…) Comparaissons ensemble… toutes les deux. Quelqu'un a-t-il une accusation à porter contre moi ? Personne ! D’ailleurs, il n’y a personne [26][27][28]… Qu'il recule, puisqu’il a encore la marche arrière [29] ! 2121972612.jpgVoici le Baigneur Docteur qui a pris ma défense [30] : quel bien-portant me condamnera ? L'insulte m'a fermé le cœur [18], tant qu’il ne s’est pas fait curer sa "maladie"©[31][32] ; j'espérais un secours [33] contre mon prédateur [34][35][36] prédaté [37][38] et en fait, des consolateurs, j'en ai trouvé vingt, cent, mille [5, note 59] ! À son pain, nous avons essayé de mêler du poison [39][40][41][42]; quand il avait soif, nous lui avons donné du vinaigre [43]. Et je louerai (pas la maison : laissons cela [24] à l’empoisonné !) le nom du Docteur [44] ne souffrant aucune critique du haut de son olympe [45], je vais le magnifier, lui rendre grâce [46]. Les pauvres petits lapins [47] l'ont vu, ils sont en fête [48] : «"Avis"©[49] et foies [50], à vous qui cherchez le Docteur [51] ! » Car le Baigneur exhume les inhumés [52], il n'oublie pas les chiens [53][54] emprisonnés [55][56][57, APR note 60] : leurs "maîtres" un peu plus…

Psaume 69(68),8-10.21-22.31.33-34. (*)/(*)
C'est pour toi que j'endure l'insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. L'amour de ta maison m'a perdu ; on t'insulte, et l'insulte retombe sur moi. L'insulte m'a broyé le cœur, le mal est incurable ; j'espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n'en ai pas trouvé. À mon pain, ils ont mêlé du poison ; quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre. Et je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce. Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n'oublie pas les siens emprisonnés.

L'un des douze Apôtres de Jésus, nommé Jean, s’était penché sur la poitrine du Maître et lui avait dit : « Seigneur, qui est-ce ? » [58] Un autre des douze Apôtres de Jésus, celui-là étant nommé Matthieu, se penche aujourd’hui à son tour : non plus sur la poitrine du Maître mais sur sa perception (quoi de plus naturel pour un ancien collecteur d’impôts [59] ?) de la scène décrite par le premier, celle-ci se rapportant à un troisième des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote. Ce nom-là met à mal l’endurance de certains disciples, parce qu’il est une insulte couvrant de honte le mythe [60] de la miséricorde à boîte automatique [61]. D’entrée de jeu, Matthieu met d’ailleurs les pendules à l’heure : il ne nous parle pas de quelque disciple extraordinairement vague [62], mais bien d’un Apôtre : soit de la "garde rapprochée" de Jésus. À ce titre il ne sera jamais assez rappelé que Judas était non seulement de ceux qui suivaient le Maître, mais également de ceux qui L’ont précédé : à qui a été donné pouvoir de chasser les esprits mauvais et de guérir de nombreux malades [63, APR note 40] ! Il n’est en rien un étranger pour ses frères, un inconnu se détachant par quelque trait lui étant défavorable par rapport aux autres Apôtres : au contraire devait-il bénéficier auprès d’eux d’une solide confiance puisqu’il tenait la bourse commune. Doté d’un tel actif, aller trouver les chefs des prêtres et leur dire : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » trouvera en vain un secours consolateur par de minables "explications"[64] de "fragilités psychologiques"©[58, note 10] ou de "mécanismes psychologiques de défense"©[65,im.4]. Ce n’est pas même la fausse excuse universelle -la peur [66, note 4]- qui conduira Judas à chercher une occasion favorable pour le livrer, mais trente malheureuses pièces d'argent [67][68].

Il n’empêche : en dépit de tant de poison et de vinaigre, jusqu’à la dernière seconde il aura été donné au traître de se réveiller pour qu’il écoute comme celui qui se laisse instruire, c’est-à-dire reconstruire dans la grâce. En effet, cet ultime repas avec les Douze se déroule un peu différemment sous le regard de Matthieu. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C'est celui à qui j'offrirai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » [58] Cette version de Jean autorise un certain doute : l’échange étant à connotation plutôt intimiste, il est permis de supposer que la question comme sa réponse ne sont pas nécessairement parvenues -dans l’immédiat- aux oreilles des autres convives, Judas inclus : il ne sait pas s’il a été confondu ou non. D’où ce qu’aucun d’entre eux ne comprit le sens de la parole : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Cependant, une telle supposition vole en éclats chez Matthieu : ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Autrement dit, le coupable ne peut qu’être désigné par élimination… et se désigner lui-même aux yeux de tous : jusqu’à être le seul à se servir en même temps que Jésus, alors que c’est Jésus qui le sert dans la version de Jean. Il sait qu’il a été confondu, n’élude cependant pas la question rituelle ; mais c’est lui qui dit la réponse. C’est lui qui aurait encore pu ne pas sortir aussitôt, la honte lui couvrant certes le visage : mais qu’est-ce en regard du constat terrible d’incarner l’homme par qui le Fils de l'homme est livré ? Ici, Jésus a joué l’ultime carte de repêchage, susceptible d’ouvrir l’oreille la plus endurcie, prononçant alors la parole la plus malheureuse pour qui a toujours plaidé la miséricorde contre les sacrifices [69] : « Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! » Ce qui –aujourd’hui comme hier- bouleverse au plus profond de la miséricorde automatique…

 

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