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lundi, 05 avril 2010

MUSIQUES DOUCES, I

Eu égard, tant à l’appellation du ministère cité qu’au vocabulaire utilisé au cours de l’entretien ci-dessous, une certaine logique eût commandé de ranger l’article présent sous la rubrique ''Comment vous SANTÉ-vous ?''. Or, s’il est cependant largement question de la réforme d’une ''loi'', cherchera-t-on en vain –au-delà du rideau de fumée savamment distillé par le dit vocabulaire- la moindre allusion laissant supposer que des problématiques réellement sanitaires y trouvent quelque évolution favorable : aussi la rubrique ''LE DROIT DANS L’ŒIL'' semble-t-elle encore la moins inadaptée au sujet traité. Deux précautions valant mieux qu’une, il conviendra également de décrypter au fur et à mesure les propos tenus, en imaginant (à peine) leur transit via un détecteur de mensonges…

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« Adapter la loi de 1990 aux pratiques psychiatriques actuelles en proposant une véritable modalité de soin sous contrainte en ambulatoire »

(D’ores et déjà, on notera que le souci du législateur est de se placer à la remorque de ''pratiques actuelles'', reprenant à son compte deux expressions s’annulant irrémédiablement l’une l’autre : ''modalité de soin'' et ''sous contrainte'' ! Proposer une véritable ''modalité de soin'', c’est déjà avouer implicitement que dans les ''pratiques actuelles'' ELLE NE L’EST PAS : autrement dit, que l’on parle d’autre chose lorsque est évoqué le sujet du ''soin''. Et nous n’en sommes qu’au titre !…)

Musiques douces.jpg

« Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, a souhaité s’exprimer, en exclusivité, dans la revue Soins Psychiatrie sur la réforme de la loi du 27 juin 1990. Si elle reconnaît les avancées de cette loi, elle développe dans cet entretien sa conception de l’évolution de la psychiatrie fondée notamment sur l’adaptation de cette loi aux soins d’aujourd’hui. » (source)

(1) SOINS Psychiatrie : Lors de son discours du 2 décembre 2008, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté de réformer la loi du 27 juin 1990 relative aux droits et à la protection des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux et à leurs conditions d’hospitalisation pour concilier qualité des soins, sécurité des personnes et sécurisation des hôpitaux. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quel est l’esprit de ce projet de loi ? Quels seront les grands chantiers de cette réforme ?

Roselyne Bachelot. La loi de 1990 est une grande loi, qui a permis des avancées tout à fait considérables dans la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux. Pour autant, cette loi a rapidement montré quelques limites, et les professionnels de la psychiatrie, tout comme les usagers, demandent depuis longtemps une réforme, une adaptation de cette loi aux soins d’aujourd’hui. C’est un exercice délicat, car il faut en permanence rechercher un équilibre entre des considérations variées et légitimes, des angles, des champs de réflexion très différents, promouvoir toujours l’intérêt thérapeutique du patient en prenant également en compte son entourage. Nous devons aussi être à l’écoute des familles et de la société, à l’écoute de leurs demandes et de leurs inquiétudes. Nous pouvons mieux faire comprendre le soin, le contrat thérapeutique et ses aléas, rendre l’accès au soin plus aisé, plus continu et moins stigmatisant. C’est dans cette posture que j’aborde l’évolution de la psychiatrie. Nous avons besoin avant tout d’une réforme sanitaire, destinée à améliorer la prise en charge médicale des personnes qui nécessitent des soins psychiatriques, en intra et en extrahospitalier. Actuellement, je travaille en étroite collaboration avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur, mais aussi en concertation avec les associations de patients, de familles de patients et de représentants des soignants, pour réformer la loi de 1990 à partir des recommandations des différents rapports d’évaluation des inspections générales de plusieurs ministères (Affaires sociales, Justice, Intérieur) et sur les principales propositions des organisations d’usagers et de professionnels de la psychiatrie. Nous avons un triple objectif : permettre une meilleure prise en charge des personnes nécessitant des soins psychiatriques, assurer leur sécurité lorsqu’elles présentent des états de danger pour elles-mêmes ou pour des tiers et, enfin, garantir aux patients le respect de leurs droits fondamentaux et de leurs libertés individuelles.

MCSelectrochoc_detecteur_de_mensonge.jpgR.B. via le détecteur de mensonges. La ''loi'' de 1990 est une gigantesque fumisterie [1, APR note 13], qui a permis des avancées tout à fait considérables dans la prise en charge des politiquement/socialement incorrects. Pour autant, cette ''loi'' a rapidement montré quelques limites (à cause, ici comme ailleurs, du manque dramatique de ''lits'' [2]), et les professionnels de la ''psychiatrie'' demandent depuis longtemps une réforme, une adaptation de cette loi aux ''soins''© d’aujourd’hui. (Afin de leur faciliter la tâche -et de supprimer les intermédiaires- les usagers, eux, demandent où se trouve le local à ordures [3].) C’est un exercice délicat, car il faut en permanence rechercher un équilibre entre des considérations variées et illégitimes, des angles, des champs de suppression de toute réflexion très différents, toujours s’asseoir sur l’intérêt thérapeutique du patient en prenant essentiellement en compte son entourage. Nous devons surtout être à l’écoute des familles et de la société, à l’écoute de leurs demandes et de leurs inquiétudes afin d’accéder à tous leurs caprices. Nous ne pouvons pas mieux faire comprendre le ''soin''© (ne le comprenant pas nous-mêmes !), le contrat ''thérapeutique''© (se passant naturellement de la signature du ''contractant'' malgré lui) et ses aléas pourtant prévisibles, mais compte tenu de la masse faramineuse de ''médicaments''© à écouler, nous devons rendre l’accès au ''soin''© plus aisé, plus continu et encore plus stigmatisant [4]. C’est dans cette imposture que j’aborde l’évolution de l’autre imposture : la ''psychiatrie''. Nous avons besoin avant tout d’une réforme ''sanitaire''©, destinée à améliorer la prise en charge ''médicale''© des ex-personnes qui nécessitent des ''soins''© ''psychiatriques'', en intra et en extra ''hospitalier''©. Actuellement, je travaille en étroite collaboration avec les sinistères [5] de l’Injustice et de l’Internement, mais aussi en concertation avec les dissociations de ''patients'', les associations d’impatients (c’est-à-dire, de familles de ''patients'' encartées à l’UNAFAM [6] et consorts…) et de représentants auto-proclamés des ''soignants''©, pour réformer la ''loi'' de 1990 à partir des recommandations des différents rapports d’évaluation des inspections générales de plusieurs sinistères (Affaires asociales, Injustice, Internement) et sur les principales propositions des organisations d’usagers et de professionnels de la ''psychiatrie''. Nous avons un triple objectif : permettre une meilleure prise en charge des personnes nécessitant des ''soins''© ''psychiatriques'', assurer la sécurité de leur entourage lorsqu’elles présentent des états de ''danger pour elles-mêmes ou pour des tiers''© (ce qui, naturellement, n’est légitimement appréciable que par les dits tiers : à commencer par ceux qui ont quelque intérêt personnel à écarter leur ''dangereux''©[7]…) et, enfin, garantir aux ''patients'' que le respect de leurs droits fondamentaux et de leurs libertés individuelles soit assez discrètement bafoué pour que cela ne perturbe pas le sommeil des tiers leur ayant assuré cette prise en charge.

(2) SOINS Psychiatrie : La loi de 1990 définit trois types d’hospitalisation en psychiatrie. En sera-t-il de même à l’avenir ? Que prévoit la future loi pour hospitaliser un patient ayant besoin de soins mais dont le consentement, du fait de sa pathologie, ne peut être obtenu et en l’absence d’un tiers potentiel pour organiser une hospitalisation à la demande d’un tiers ?

RB. Les principes fondamentaux de la loi de 1990 sont bons, et nous devons les conserver. Les prises en charge en ambulatoire et en hospitalisation libre concernent la très grande majorité de la file active des établissements, et ne présentent pas de difficultés particulières au niveau de la loi. Les professionnels rencontrent en revanche des difficultés récurrentes pour les hospitalisations à la demande d’un tiers, difficultés que confirment également les représentants des usagers. En effet, lorsqu’une personne a besoin de soins psychiatriques mais qu’elle n’y consent pas, sans présenter un état de dangerosité, il est parfois très difficile de “trouver un tiers” pour signer la demande d’hospitalisation. Les professionnels font au mieux et je sais qu’ils ne ménagent pas leurs efforts pour permettre au patient d’être pris en charge. Nous devons néanmoins adapter cette procédure, pour faciliter l’accès aux soins en clarifiant le rôle du tiers. Le tiers doit devenir un demandeur, non pas d’une hospitalisation mais de soins, sans avoir à se prononcer sur la modalité de ces soins, et nous devons créer une procédure applicable en l’absence de tiers dans les situations médicales les plus graves. Je souhaite aussi que le psychiatre puisse maintenir la mesure de soin sans consentement si le tiers ou la famille en demande la levée alors que cela met en danger la santé du malade. Enfin, je pense que les deux procédures d’HDT (normale et d’urgence) doivent pouvoir être fusionnées pour gagner en efficacité. Plus globalement, nous devons donner les moyens aux professionnels d’adapter au mieux la prise en charge aux besoins des patients. Certains patients, qui ont besoin d’une contrainte, peuvent en effet être pris en charge en ambulatoire, que ce soit en prise en charge initiale, ou après une période d’hospitalisation. Aujourd’hui, hormis la sortie d’essai (qui n’est pas prévue pour tous ces types de besoins et ne peut être enclenchée qu’après une hospitalisation), nous n’avons pas d’outil. Ma volonté consiste donc à adapter la loi de 1990 aux pratiques psychiatriques actuelles, en proposant une véritable modalité de soin sous contrainte en ambulatoire.

1577670305.jpgR.B. via dm. Les principes fondamentaux de la ''loi'' de 1990 sont toujours aussi bons à jeter, et nous devons nous pincer le nez pour les conserver. Les prises en charge en ambulatoire et en ''hospitalisation''© libre [8] (?) concernent la très grande majorité de la file active des établissements, et ne présentent pas de difficultés particulières [9] au niveau de la ''loi''. Les professionnels rencontrent en revanche des difficultés récurrentes pour les ''hospitalisations''© à la demande d’un tiers, difficultés que confirment plus nettement les ''usagers'' eux-mêmes !!! En effet, lorsqu’une ex-personne a ''besoin'' [10] de ''soins''© ''psychiatriques'' -afin de nous aider à écouler le stock de ''médicaments''©- mais qu’elle n’y consent pas, sans présenter un état de ''dangerosité''© grâce à sa fermeture éclair [11] soigneusement fermée, il est parfois très difficile de “trouver un tiers” pour signer la demande d’''hospitalisation''©. Mais je garde bon espoir : les chiffres [12][13] montrent que cela reste tout à fait possible. Les professionnels font au mieux et je sais qu’ils ne ménagent pas leurs efforts pour permettre au ''patient'' que l’on impatiente d’être pris en charge : c’est aussi leur intérêt que d’assurer la pérennité de leur profession. Nous devons néanmoins adapter cette procédure, pour faciliter l’accès aux ''soins''© en clarifiant le rôle du tiers. Le tiers doit devenir un demandeur, non pas d’une ''hospitalisation''© mais de ''soins''©, sans avoir à se prononcer sur la modalité de ces soins, (il n’est pas ''médecin''©[14], lui  !) et nous devons créer une procédure applicable en l’absence de tiers dans les situations ''médicales'' © les plus ''graves''. Ce qu’elles sont toutes, naturellement : mais ne le crions pas trop fort, afin de ne pas affoler la population. (Ça va, les p’tits lapins dans vos terriers [15] ? Vous ne tremblez pas trop de frousse ?…) Je souhaite aussi que le ''psychiatre'' puisse maintenir la mesure de ''soin''© sans consentement si le tiers ou la famille en demande la levée alors que cela met en ''danger'' la ''santé''© du ''malade''©. (Vite, Docteur ! deux ou trois p’tits lapins viennent à l’instant de tomber dans les pommes…) Enfin, je pense (Ah ? Il y a de l’espoir, alors…) que les deux procédures d’HDT (normale et d’urgence) doivent pouvoir être fusionnées pour gagner en efficacité : ce qui ne fera jamais qu’entrer en cohérence avec ce qui se pratique déjà. Plus globalement, nous devons donner les moyens aux professionnels d’adapter au mieux la prise en charge aux ''besoins'' de ces coquins de ''patients'' qui ne les connaissaient pas eux-mêmes. Certains ''patients'', qui ont ''besoin'' d’une contrainte, peuvent en effet être pris en charge en ambulatoire, que ce soit en prise en charge initiale, ou après une période d’''hospitalisation''© qui leur aura mis le pied à l’étrier de l’addiction chimique. Aujourd’hui, hormis la sortie d’essai (qui n’est pas prévue pour tous ces types de ''besoins'' et ne peut être enclenchée qu’après une ''hospitalisation''©), nous n’avons pas d’outil. Ma volonté (qui a autrement plus de valeur que celle d’un ''patient'', qui, du reste, n’en a pas…) consiste donc à adapter la ''loi'' de 1990 aux pratiques ''psychiatriques'' actuelles, en proposant une véritable modalité de ''soin''© sous contrainte en ambulatoire.

(3) SOINS Psychiatrie : Une période de 72 heures d’observation du patient avant toute décision d’hospitalisation sans consentement avait été évoquée. Le projet de loi va-t-il en ce sens ?

RB. Plusieurs rapports successifs ont en effet suggéré qu’une période d’observation et de diagnostic de 72 heures soit systématiquement respectée avant d’orienter le patient non consentant aux soins. Cette période peut d’ailleurs souvent suffire pour enclencher une prise en charge librement acceptée par la personne, et éviter ainsi une procédure mal adaptée à ses besoins. Nous partageons tous cette volonté d’inscrire cette période de 72 heures dans les pratiques futures, et c’est pour cela que la loi de 1990 doit évoluer. Au-delà de cette période, si les soins sans consentement se justifient encore, je souhaite que leurs modalités se poursuivent soit par des soins ambulatoires ou une hospitalisation partielle, soit en hospitalisation complète selon l’état du patient apprécié par le psychiatre ayant assuré la prise en charge.

1577670305.jpg R.B. via dm. Plusieurs rapports successifs ont en effet suggéré qu’une période d’observation et de ''diagnostic''© de 72 heures soit systématiquement respectée avant d’orienter le ''patient'' non consentant aux ''soins''©. Cette période peut d’ailleurs souvent suffire pour enclencher une prise en charge ''librement'' acceptée par l’ex-personne (en fonction de la rapidité addictive des ''médicaments''©[16] à assommer ce qui lui reste de volonté…), et éviter ainsi une procédure mal adaptée aux besoins de l’industrie pharmaceutique [17] à ses ''besoins''. Nous partageons tous cette volonté d’inscrire cette période de 72 heures dans les pratiques futures, cette poudre aux yeux nous donnant bonne conscience et c’est pour cela que la ''loi'' de 1990 doit évoluer. Au-delà de cette période, si les ''soins''© sans consentement ne se justifient pas davantage, je souhaite que leurs modalités se poursuivent soit par des ''soins''© ambulatoires ou une ''hospitalisation''© partiale (mille excuses pour le pléonasme…), soit en ''hospitalisation''© complète selon la disponibilité des ''lits'' appréciée par le ''psychiatre'' ayant assuré la prise en charge, sur lequel nous nous lavons les mains.

(à suivre…)

Commentaires

bien vu;

si nous pouvions tous sortir ce mauvais rêv-olver -- BLOG .....PAN ....SPLASH

Écrit par : 3 "F" | mardi, 06 avril 2010

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