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mercredi, 07 avril 2010

MUSIQUES DOUCES, II

« Adapter la loi de 1990 aux pratiques psychiatriques actuelles en proposant une véritable modalité de soin sous contrainte en ambulatoire »

(suite)

 

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« Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, a souhaité s’exprimer, en exclusivité, dans la revue Soins Psychiatrie sur la réforme de la loi du 27 juin 1990. Si elle reconnaît les avancées de cette loi, elle développe dans cet entretien sa conception de l’évolution de la psychiatrie fondée notamment sur l’adaptation de cette loi aux soins d’aujourd’hui. » (source)

(4) SOINS Psychiatrie : La prise en charge des patients atteints de troubles mentaux s’organise le plus souvent hors les murs et le déni des troubles lié en particulier à la psychose ne facilite ni l’accès aux soins ni le suivi thérapeutique de ces patients. Quelles solutions seraient envisageables pour améliorer la prise en charge ambulatoire de ces patients ?

RB. C’est en effet le propre de certaines maladies mentales, et les soignants savent bien qu’aucun parcours de prise en charge ne se ressemble. Certains patients vont traverser plusieurs années difficiles avant de gagner une certaine stabilité, qui pourra se fragiliser à tout moment. L’observance des traitements, la prise en charge nutritionnelle, l’accompagnement socio-éducatif sont autant de facteurs cruciaux, et le rôle de chaque membre de l’équipe, le fonctionnement même de cette équipe sont des paramètres essentiels. Nous savons aussi combien la qualité de la prise en charge des psychoses émergentes est décisive pour la suite de la vie du patient : en somme, la qualité en intra et celle en extrahospitalier sont toujours intrinsèquement liées. Consacrer la pratique des soins en dehors de l’hôpital exige d’aménager un suivi attentif des patients, pour leur sécurité et pour celle des tiers. Divers événements dramatiques survenus ces derniers temps attestent la nécessité de mieux encadrer les sorties des établissements de santé et d’améliorer la veille concernant certains patients susceptibles de présenter un danger pour autrui ou pour eux-mêmes. Une vigilance accrue des professionnels et des pouvoirs publics vis-à-vis de la faible part des malades atteints de troubles mentaux susceptibles d’actes graves de violence doit contribuer à rendre la société plus accueillante et tolérante vis-à-vis de l’ensemble des personnes présentant un trouble mental.

MCSelectrochoc_detecteur_de_mensonge.jpgR.B. via dm. C’est en effet le propre de certaines ''maladies mentales''©, et les ''soignants''© savent bien qu’aucun parcours de prise en charge ne se ressemble. Certains ''patients'' vont traverser plusieurs années difficiles avant de gagner la stabilité du poireau (ou autre légume…), qui pourra se fragiliser [1] à tout moment. L’observance des ''traitements''©[2], la prise en charge nutritionnelle, l’accompagnement socio-éducatif sont autant de facteurs cruciaux, et le rôle de chaque membre de l’équipe, le fonctionnement même de cette équipe sont des paramètres essentiels. Nous savons aussi combien la qualité de la prise en charge des ''psychoses''©[3][4][5] émergentes est décisive pour la suite de la vie du ''patient''[6]… inversement proportionnelle à sa quantité : en somme, la qualité en intra et celle en extra ''hospitalier''© sont toujours intrinsèquement liées. Consacrer la pratique des ''soins''© en dehors de l’''hôpital''© exige d’aménager un suivi attentif des ''patients'', pour la sécurité de leurs tiers. Astucieusement médiatisée afin de soutenir cette cause, la présentation à l’opinion de divers événements dramatiques survenus ces derniers temps vont pousser [7] à attester la nécessité de mieux encadrer les sorties des établissements de ''santé''© et d’améliorer la veille concernant certains ''patients'' susceptibles de présenter un ''danger pour autrui ou pour eux-mêmes''© (toujours à l’appréciation de leurs maîtres-chiens [8]…). Une vigilance accrue des professionnels et des pouvoirs publics vis-à-vis de la faible part des ''malades''© atteints de ''troubles mentaux''© susceptibles d’actes graves de violence doit contribuer à rendre la société plus accueillante et tolérante vis-à-vis de l’ensemble des ex-personnes présentant un ''trouble mental''©. Mais attention : ceci doit rester lettre morte ! Car si on allait au bout de cette logique de tolérance et d’accueil, que va-t-il nous rester de ''malades''© atteints de ''troubles mentaux''© à nous mettre sous la dent ?

(5) SOINS Psychiatrie : Les sorties, qu’elles soient d’essai ou définitive, des patients hospitalisés sous contrainte sont des étapes importantes dans le projet de soins et de réinsertion du patient. Comment les organiser au mieux et impliquer davantage les différents acteurs du soin ?

RB. L’organisation des sorties incombe bien entendu à l’équipe pluridisciplinaire, en lien étroit avec le réseau extrahospitalier. Je souhaite pour ma part apporter à ces équipes des outils complémentaires, dont elles ont besoin. Ainsi, nous réfléchissons actuellement à l’intervention du directeur de l’établissement en cas de non présentation d’un patient suivi sous contrainte en ambulatoire, pour rétablir ce patient dans un parcours de soins adapté. Pour les patients susceptibles de représenter un danger pour eux-mêmes ou pour les tiers, le projet de texte actuellement en discussion aménage un suivi attentif. Le préfet, qui décide de la sortie d’essai ou de la levée de la mesure, doit pouvoir se faire conseiller par un collège de soignants.

MCSelectrochoc_detecteur_de_mensonge.jpgR.B. via dm. L’organisation des sorties incombe bien entendu à l’équipe pluridisciplinaire, en lien étroit avec le réseau extra ''hospitalier''©. Je souhaite pour ma part apporter à ces équipes des outils complémentaires, dont elles ont besoin. Ainsi, nous réfléchissons actuellement à l’intervention du directeur de l’établissement en cas de non présentation d’un ''patient'' suivi sous contrainte à l’abattoir en ambulatoire, pour rétablir ce ''patient'' dans un parcours de ''soins''© adapté. Pour les ''patients'' susceptibles de représenter un ''danger pour eux-mêmes ou pour les tiers''© (ceux qui réfléchissent par eux-mêmes, par exemple…), le projet de texte actuellement en discussion aménage un suivi attentif. Le préfet -dont chacun salue son droit inaliénable de vie et de mort sur le corps du ''patient''-, qui décide de la sortie d’essai ou de la levée de la mesure, doit pouvoir se faire conseiller par un collège de ''soignants''©. (Ce qui laisse un certain espoir, le niveau intellectuel habituel ne dépassant pas le stade de la crèche pré-scolaire…)

(6) SOINS Psychiatrie : Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux équipes soignantes exerçant en psychiatrie ?

RB. Je sais que vous menez au quotidien un travail de fond, méconnu, intime, souvent indicible. Je connais votre travail quotidien et la qualité des liens que vous entretenez avec les patients, les familles et l’ensemble du tissu social dans lequel vos prises en charge sont si bien insérées. La tâche est immense bien sûr, et je sais que, parfois, certains d’entre vous vivent des moments de découragement. Je veux vous dire à tous combien nous respectons votre travail et vos innovations. Je suis fière de votre travail d’équipe, qui est la clé de toutes vos innombrables réussites. Je souhaite réformer la loi de 1990 pour mieux accompagner l’évolution de vos pratiques et soutenir vos projets, car j’ai confiance dans l’atout que votre travail représente pour l’ensemble des Français.

MCSelectrochoc_detecteur_de_mensonge.jpgR.B. via dm. Je sais que vous menez au quotidien un travail de sape de fond : méconnu, intime, souvent indicible. Je connais votre travail quotidien et la qualité des LIENS dont vous enserrez les ''patients'' (surtout les ''patients'' !), les familles et l’ensemble du tissu asocial dans lequel vos prises en charge sont si déchirantes. La tache est immense bien sûr, et je sais que, parfois, certains d’entre vous vivent des moments de découragement en tâchant de la rendre moins visible. Je veux vous dire à tous combien nous respectons bien davantage votre travail et vos régressions [9][10] que vous les ''patients''. Je suis fière de votre travail d’équipe, qui est la clé de tous vos innombrables échecs [11][12]. Je souhaite réformer la ''loi'' de 1990 pour mieux accompagner la dégradation de vos pratiques et soutenir vos projets, car j’ai confiance dans l’atout que votre travail représente pour l’ensemble des Français bien-portants… enfin, ce qu’il restera d’eux à la suite de ce meilleur accompagnement !

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