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samedi, 14 août 2010

Quatorze points de détection des "psychopathes"© ? Un portrait-robot.

Couv Snakes.jpg

Martha Stout, auteure de The sociopath next door, nous a livré ici un condensé de "règles à suivre" afin d'éviter de "tomber dans le piège des psychopathes" : bien entendu, il reste toujours à en tirer la substantifique moelle par ailleurs, sur un aspect comme sur l’autre.

Or, s’"il n’est pas bon que l’homme soit seul", sans doute n’est-il pas meilleur que 1492630453.jpgla femme le fut. Aussi, pourquoi ne pas "lui faire une aide qui lui corresponde" [1, Gn 2,18-25] ? Il ne sera d’ailleurs pas nécessaire de "lui faire"… puisqu’elle existe déjà, en la personne de Robert Hare –également d’outre–Atlantique-, ne se revendiquant pas moins que LE grand spécialiste mondial de la "psychopathie"© : n’aurait-il pas été regrettable de ne pas associer son point de vue à celui de Martha ? Ainsi cernés de plus près, les "psychopathes"© n’auront plus qu’à bien se tenir : mis à l’épreuve de tirs croisés nous permettant plus assurément "d'éviter de tomber dans leur piège" !

"Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux"[2, Mt 19,3-12]. Bien que marié dans le civil, Robert Hare, lui, n’est pas sans évoquer l’équivalent laïque de ceux "qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume" : "ayant consacré sa vie [ n’est-ce pas là une forme d’apostolat ? ] à la définition de ce trouble du comportement qui prend", selon lui, "la forme d’un syndrome de traits psychologiques". Ce sont ces quatorze traits qu’il nous brosse ici, nous présentant de la sorte comme un « portrait-robot du "psychopathe"©[source] » :

Les noms qui nous viennent spontanément à l’esprit, à l’évocation du mot «psychopathe», sont ceux de Michel Fourniret, Marc Dutroux ou Guy Georges. En réalité, la psychopathie est un trouble du comportement relativement répandu (environ 1 % de la population) et fort heureusement, rares sont les psychopathes qui basculent dans le crime. La majorité d’entre eux vivent des vies normales. On peut en croiser dans tous les secteurs de la société. Mais apprenez tout de même à les détecter, de crainte que l’un d’eux ne s’immisce dans votre existence et ne la saccage…
[ Remarquons d’emblée que bien que
rares soient les psychopathes qui basculent dans le crime, les noms qui nous viennent spontanément à l’esprit sont ceux qui ont déjà basculé dans le crime(les médias se chargeant d’en allonger régulièrement la liste… afin de mieux entretenir notre "vigilance" ?) ou que l’on redoute qu’ils n’y basculent : s’immisçant dans quelque existence et la saccageant.
Ce qui est encore faire abstraction d’une
spontanéité encore plus commune : celle de voir en germe la "psychopathie" sur tout ce qui dérange ou échappe aux sens immédiats. Hormis le cas un peu particulier d’une fonction notable de défouloir populaire à l’encontre de certains pouvoirs politiques en place, un tel glissement sémantique ne saurait être moralement neutre, franchissant allégrement le cap d’une insulte ne pouvant blesser que l’amour-propre (traiter quelqu’un de "noms d’oiseaux" –aussi injustes soient-ils- ne suscite généralement ni crainte ni appel subséquent à quelque veille "sanitaire" ou autres évictions sociales !): ici comme partout, l’insulte -basculant dans l’apparence faussement honorable d’une aura "médico-scientifique"- devient criminelle : ne trouvant guère d’obstacle à… s’immiscer dans votre existence et la saccager.
Par ailleurs, nous retrouvons ici les deux pôles opposés
[3, notes 2,3], chers à Martha Stunt : le pôle inquiétant (trouble du comportement, relativement répandu, basculement dans le crime, tous les secteurs de la société, crainte d’immixtion…), le pôle rassurant (environ 1 % de la population : une misère !, rareté du basculement dans le crime, vies normales pour la majorité).

Saluons à présent cette fantastique performance de Robert Hare ; en effet, sachant :
- d’une part qu’il "
a passé une grande partie de sa carrière à travailler dans les pénitenciers, auprès de détenus psychopathes qui lui ont permis d’élaborer divers outils diagnostics permettant de détecter ce trouble"[4]
- d’autre part qu’un "
psychopathe est difficile à discerner et encore plus difficile à définir, qu’il faut l’éviter de toute façon"[58],
de tels "handicaps" n’en rendent que plus méritoire ce chiffrage d’environ 1 % d’une population hors pénitentiaire, calcul ne pouvant logiquement être que l’aboutissement d’un fastidieux processus ayant consisté à sonder les reins et les cœurs de l’ensemble de cette population, individu par individu !
À la place de Mr Hare, en imaginant seulement qu’ils eussent disposé des outils à cet effet, combien n’auraient-ils pas sombré dans la folie –voire basculé dans le crime !- à l’issue du millionième d’une entreprise aussi titanesque ? Chapeau bas, Mr Hare : car il va de soi qu’un "grand spécialiste mondial" ne saurait avancer à la légère des chiffres fantaisistes sur un sujet aussi grave… ]
Mais apprenons tout de même à les détecter, de crainte que
le loup ne nous mange en premier.

Les psychopathes possèdent généralement la plupart des caractéristiques suivantes :

1. De beaux parleurs : ils sont souvent très doués à l’oral, d’autant qu’ils ne ressentent pas d’anxiété ou d’appréhension à parler en public. Ils ont réponse à tout et sont capables de moucher les meilleurs orateurs. Bagout extraordinaire, tchatche exceptionnelle, faconde hors-norme. Méfiance.

2. Charme, charisme, aura : les psychopathes sont souvent charismatiques. Certains se transforment en gourous dans des sectes. On leur prête naturellement des qualités de meneurs d’homme. Ce sont de grands séducteurs. Si vous les intéressez (parce que vous avez de l’argent, du pouvoir, du prestige), ils parviendront à gagner votre confiance.

3. Narcissisme grandiose : les psychopathes sont toujours très arrogants, mais certains parviennent à dissimuler ce trait de personnalité déplaisant sous une fausse modestie. Ils ont une vision grandiose de leur propre importance. Ils ont l’impression d’être des surhommes, des individus à part, des bienfaiteurs, des sauveurs. Ils se perçoivent comme le soleil de la scène sociale. Leurs démarches, toujours intéressées, seront souvent présentées comme des faveurs. Dans leur esprit, tout leur est dû car ils sont exceptionnels ; par conséquent, ils se servent. On parle souvent de leur « mégalomanie » ou de leur « égocentrisme ».

4. Absence d’empathie : les psychopathes sont abominablement dépourvus d’empathie. Ils n’ont pas de sentiments pour les autres : ni amour, ni amitié, ni compassion. Parfois, ils font même preuve de sadisme. Beaucoup mettent en scène, de manière théâtrale, leur empathie. Ils s’efforcent de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas : des personnes sensibles avec un cœur grand comme ça.

5. Manipulateurs hors-pair : il existe de multiples manières de manipuler autrui. Les psychopathes possèdent un répertoire de techniques de manipulation particulièrement riche. Ils mentent avec un aplomb déconcertant ; ils peuvent vous culpabiliser en évoquant des obligations familiales ou professionnelles ; ils ont recours à des expressions-cadenas pour vous obliger à penser comme eux. Par exemple : « Quiconque pense le contraire est hypocrite ». Ils adoptent fréquemment une tonalité docte et se posent en dépositaires du savoir absolu. Ils tiennent des propos ambigus qui visent à vous faire comprendre leur pensée sans avoir à la formuler explicitement, pour éviter de se mouiller, etc.

6. Gestion virtuose de leur image : les psychopathes sont des communicants instinctifs. Ils ont un talent naturel pour donner d’eux-mêmes une image très flatteuse. Ils se font valoir pour le travail et les réalisations de leurs collègues ; ils bidonnent leur CV ; ils arrangent leur histoire ; ils traquent férocement, en les harcelant, tous ceux qui dans leur entourage ont compris à qui ils avaient réellement affaire et seraient susceptibles de faire tomber le masque. Ils se comportent différemment selon les personnes à qui ils ont affaire, de sorte que certains les trouveront admirables, alors que d’autres auront perçu l’envers de la médaille : les mensonges, les manipulations, l’arrogance. Ils peuvent aussi se comporter très différemment en public et en privé, si bien qu’on a l’impression d’avoir affaire à un Dr Jekyll et Mr Hyde.

7. Labilité logique : les psychopathes ont tendance à multiplier les erreurs de raisonnements. Ils accordent trop d’importance à certains faits, en minimisent d’autre. Leur esprit d’analyse, très sélectif, ne détecte que ce qui les arrange. Leur mémoire fonctionne de la même manière. Il leur arrive de se contredire dans une même phrase. Ils font des promesses qu’ils oublient peu de temps après. Ils commettent des lapsus, interprètent mal une situation. Tout cela pour vous manipuler. Après coup, ils vous diront qu’il s’agissait d’un « malentendu ».

8. Prise de risque : les psychopathes ont tendance à s’ennuyer et prennent plus de risques que les autres. Ils sont irresponsables et ont, semble-t-il, du mal à envisager toutes les conséquences de leurs actes. Ils ont fréquemment des trajectoires météoritiques. Du jour au lendemain, tout s’effondre comme un château de cartes. Parce que le psychopathe vit dans une bulle de présent. Il préfère jouir d’une gloire éphémère.

9. Absence de remords : ils ne ressentent jamais aucun remords. Ils n’assument pas leurs responsabilités. Ils rejettent systématiquement la faute sur des boucs émissaires. Ils essaient de culpabiliser les autres et de se faire passer pour de pauvres victimes. Ils minimisent les dommages qu’ils ont commis.

10. L’agressivité : les psychopathes sont toujours très agressifs et très combatifs. Ils ont aisément recours à des menaces. Ils conçoivent la vie comme une succession de combats avec, à chaque fois, un vainqueur et un vaincu. Ils sont déterminés à faire ce qu’il faut pour sortir vainqueur. Certains ont un tempérament explosif et peuvent en venir aux mains aisément. Ils abusent des procédures juridiques. Ils passent leur temps à dénigrer, à critiquer, à dévaloriser pour alimenter leur soi grandiose. Ce qu’ils font est exceptionnel ; ce que les autres font est banal.

11. La paranoïa : les psychopathes ont tendance à penser que tout le monde possède le même profil psychologique qu’eux. Si jamais on leur demande des comptes, ils crieront au complot. Ils ont souvent des tendances paranoïaques, pensent qu’on veut leur « faire la peau » ou qu’on leur a « baisé la gueule ». Ils n’ont aucun mal à imaginer que les autres commettent toutes sortes d’ignominies, car c’est ainsi qu’eux-mêmes se comportent. L’humanité est une confrérie de requins selon eux. Les psychologues disent qu’ils « projettent » sur autrui leurs propres dispositions psychologiques. Ils possèdent une connaissance intuitive du vice qui leur permet de voir le mal partout et notamment dans le bien. A leurs yeux, une amitié sincère devient du « copinage », du « piston », des « arrangements ». Ils peuvent se transformer en inquisiteurs féroces. Beaucoup de gens se font avoir et pensent qu’une personne qui dénonce avec virulence l’amoralité d’autrui est nécessairement exemplaire.

12. L’appétit de pouvoir : les psychopathes sont des « control freak ». Ils éprouvent le besoin de contrôler les gens qui gravitent autour d’eux et qu’ils perçoivent comme des objets ou des robots rats dont la seule fonction serait de subvenir à leurs besoins (psychologiques, matériels, sexuels). Ils sont dominateurs. Certains deviennent de parfaits tyrans domestiques. Ils occupent fréquemment des postes à responsabilité dans leur vie active. Ils s’entourent d’adjoints dociles et traquent tous ceux qui peuvent leur faire de l’ombre.

13. Ils connaissent la langue, mais pas la musique : le spectre émotionnel des psychopathes est pauvre. Ils apprennent tout au long de leur vie à simuler ces émotions qu’ils ne ressentent pas, notamment toutes celles qui relèvent de l’empathie et du sens moral : l’amour, l’attachement, la compassion, la honte, la tristesse, la dépression. On a souvent remarqué à leur propos qu’ils connaissent la langue, mais pas la musique. Les émotions qu’ils expriment sont parfois fausses. Ils ont tendance à en faire trop, leur style est grandiloquent, ampoulé, fleuri, pompier, truffé de métaphores. Il manque de sincérité. Les psychopathes manifestent leurs émotions à la manière d’adolescents sur MSN, en multipliant les points d’exclamation ou les smileys. Ils donnent l’impression d’une certaine immaturité émotionnelle.

14. Un style théâtral : les psychopathes ont tendance à en faire trop également sur le plan de la gestuelle. Ils ont un petit côté théâtral et parlent avec les mains, leur corps. Ils multiplient les mimiques, lèvent les yeux au plafond pour vous faire comprendre que vos propos sont stupides, ils soupirent, haussent des épaules, etc. Ils peuvent faire intrusion dans votre espace intime, vous toucher alors que vous les connaissez à peine. Ils outrepassent les étapes traditionnelles de l’amitié qui s’ébauche en s’efforçant de vous faire croire – trop vite – que vous êtes déjà les meilleurs amis du monde.

NB : Comme pour les treize "règles" de Martha Stunt, ces "traits psychologiques" sont énoncés ici, tels quels, sans ajout ni omission. Vous étiez déjà le brillant lauréat d’un permis de tuer : vous voici à présent pourvu des munitions ! À moins que ne s’envisage quelque décryptage de bon aloi ? Exercice auquel il conviendra de se livrer :
- sans parler beau

- sans charme, sans charisme et sans aura
- sans narcissisme grandiose
- sans absence d’empathie
- sans les mains !
- sans gestion virtuose de son image
- sans labilité logique
- sans prise de risque

- sans absence de remords

- sans agressivité
- sans "paranoïa"
© !
- en anorexie de pouvoir

- sans connaissance de la langue (!), mais éventuellement avec le grand orchestre du Splendid
- sans style théâtral.

À suivre...

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PETITE ANNONCE

URGENT

Blogueur en difficulté recherche rédacteur temporaire en vue d’un décryptage de bon aloi, sachant utiliser un ordinateur sans souris et sans clavier. Terriens s’abstenir, sauf si pourvus d’un CV (Canis Vida) démontrant irréfutablement leur appartenance à la section des canidés. (Exception sera faite des bassets [6], qui seront impitoyablement expulsés : au même titre que les loups [7] et autres renards [8] ; inversement, la qualité de cocker [9] pourra jouer en faveur du candidat…). Petits hommes verts bienvenus, à condition toutefois d’être réellement petits [10].

Commentaires

Je vous complimente pour votre paragraphe. c'est un vrai exercice d'écriture. Continuez .

Écrit par : MichelB | mercredi, 13 août 2014

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