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mercredi, 25 août 2010

Celui qui dit des malheurs… on ne le retient pas !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,27-32. (*)/(*)(*)|(*)(*)
Jésus disait : «  Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur, ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures.
C'est ainsi que vous, à l'extérieur, pour les gens, vous avez l'apparence d'hommes justes, mais à l'intérieur vous êtes pleins d'hypocrisie et de mal. Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites : 'Si nous avions vécu à l'époque de nos pères, nous n'aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.' Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Eh bien, vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé ! »

______En attendant de voir des choses plus grandes encore –de les voir éventuellement depuis l’ombre d’un figuier-, Nathanaël [1] nous aura permis de remonter un peu à la surface, y prenant comme un nouveau souffle [2] ! C’est qu’en effet les cyprès [3, note 48] ont également une belle apparence ; mais là où on les trouve souvent [4, APR note 47], nous savons de quoi est rempli le sous-sol dans lequel ils s’enracinent : entre un homme qui ne sait pas mentir et un tombeau blanchi à la chaux, à quoi vaut-il mieux ressembler ? Entre les deux, quel modèle à imiter ? Encore que si l’apparence semble témoigner contre deux réalités antagonistes, reste d’actualité cette autre question, récemment posée : celle des derniers endroits au monde où le fardeau du mensonge [4, note 48] va nous paraître le moins pesant ! De fait, quelles que soient l’apparence et la décoration d’un tombeau –du plus sommaire au plus somptueux-, personne n’ira nourrir la moindre illusion sur ce dont est rempli l’intérieur. Sur ce point précis (sauf cas avérés de gémellité [5] –et encore !-, une ressemblance en tout point [6,1] est suspecte… et reste à creuser à l’intérieur ), Nathanaël n’y ressemble-t-il pas davantage que nos malheureux revenant [part.prés. : donc, sans s… et sans z [7] !] ici sur la sellette ? Du côté des vivants, plaçons-le –loin de tout figuier- au milieu d’un groupe de scribes et de pharisiens : par sa connaissance de l’Écriture, sa tenue vestimentaire etc., quand bien même verrait-il en direct les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme, ne ressemblerait-il pas davantage aux premiers qu’à ceux-là ?

______C’est que ressembler n’est pas confondre : la ressemblance est un cadeau de l’apparence, immédiatement accessible aux sens extérieurs, ne témoignant que de l’extérieur. La ressemblance est ce que l’on pourrait qualifier de vérité "oisive" : ne demandant pas de difficulté particulière [8] –pas d’effort [9, AV note 84]- pour être reçue sans être excessivement perçue comme une charge. D’où l’inclination à se rassembler plus "spontanément" autour des ressemblances que des différences [10] : l’excitation de cette "spontanéité"[11] fournissant le fonds de commerce [12] de tout ce qui ressemble déjà plus nettement à un scribe ou un pharisien qu’à Nathanaël ! Précisément est-ce en cela que ce dernier se distingue des autres, au-delà de leur apparence respective. Les uns connaissent l’Écriture, mais qu’en font-ils ? Ils se l’approprient indûment, la détournent de son objet, lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens [13]; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt [4]. Autrement dit, ils s’en servent comme d’un outil de pouvoir [14] ne servant que leurs intérêts, bâtissant les tombeaux des prophètes en ce qu’ils font de leur Loi une lettre morte : déconnectée de l’esprit [4, note 36] censé l’animer. En ce sens, s’ils consacrent beaucoup de leur temps à enseigner dans la chaire de Moïse, à porter sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ; à occuper les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues [15], à être d’apparence peu suspects d’"incommunicabilité"©[16](!) en multipliant les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi [4]… mais éviteront soigneusement ceux d’entre eux qui auraient l’audace de leur signifier qu’ils vivent dans l'oisiveté en ne suivant pas la tradition qu’ils ont reçue de leurs pères, dont ils ne conservent que le nom [17]. L’oisiveté étant la mère de tous les vices –à commencer par tous les faux et leur usage-, ils sont bien les fils de ceux [18] qui ont assassiné les prophètes. (Ce passé composé n’étant là que pour être fidèle au texte tel qu’il se présente, il n’augure en rien de sa décomposition par suite d’une mise au tombeau : la tradition ne veut-elle pas que seuls les morts soient ensevelis ?)

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 3,6-10.16-18. (*)
Frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, nous vous ordonnons d'éviter tous ceux d'entre vous qui vivent dans l'oisiveté et ne suivent pas la tradition que vous avez reçue de nous.
Vous savez bien, vous, ce qu'il faut faire pour nous imiter. Nous n'avons pas vécu parmi vous dans l'oisiveté ; et le pain que nous avons mangé, nous n'avons demandé à personne de nous en faire cadeau. Au contraire, dans la fatigue et la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n'être à la charge d'aucun d'entre vous. Bien sûr, nous en aurions le droit ; mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter. Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix, en tout temps et de toute manière. Et que le Seigneur soit avec vous tous. La salutation est de ma main à moi, Paul. Je signe de cette façon toutes mes lettres, c'est mon écriture. Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous.

______Il peut sembler surprenant que Paul insiste ainsi sur sa main comme sur son écriture. Mais ses exégètes (ne pas les confondre avec ses "téléthérapeutes"©[19, note 12] !) le savent bien : tous les écrits qui lui sont attribués ne sont pas nécessairement de sa main. Ce qui n’est pas sans ressembler aux divers produits que l’on peut trouver en grande surface, ayant tous la même apparence afin de reproduire celle du distributeur qui les Boite petitspois.jpgcommercialise : pourtant, à l’évidence [20, APR note 70] ce que contient l’intérieur d’une boîte de petits pois est différent de celui d’une autre de raviolis. De même, le fabriquant de l’une va différer de celui de l’autre. Leur apparence différerait (restant fidèle à la marque du dit fabriquant) que cela ne changerait pas fondamentalement l’extrémité de la chaîne : auprès du client final, tous ces produits ne répondent que du distributeur. Ainsi Paul serait bien le dernier à risquer de témoigner contre lui-même : mais il est le premier à risquer la confiance auprès de ses proches, répondant pour eux de ce qu’ils écrivent au nom du Seigneur Jésus Christ -via son nom à lui !- : précisément parce qu’il sont censés « bien savoir, eux, ce qu'il faut faire pour nous imiter », ayant partagé assez longtemps avec l’Apôtre l’ombre du même "figuier". De plus, ayant travaillé dans la fatigue et la peine, nuit et jour, pour n'être à la charge d'aucun d'entre eux, la journée n’excédant pas vingt-quatre heures, il « en aurait eu le droit »… mais en aurait-il eu le temps ? Saint Paletan [21] eût été " " qu’il l’aurait évité : ne suivant pas exactement la tradition reçue ! Enfin c’était là –pour lui comme pour ses autres "mains"- l’occasion de se désemplir de toute hypocrisie et de tout mal, de travailler à unifier l’intérieur et l’extérieur, le dire et le faire. C’est là un travail dans la fatigue et la peine, nuit et jour, non un produit fini que l’on peut s’approprier comme scribes et pharisiens captent la Loi à leur seul profit… ou comme une boîte de petits pois. Ainsi Paul signe de sa façon toutes ses lettres, c'est son écriture. Ce qui est déjà avouer implicitement que d’autres lettres ont circulé –ou vont circuler- chez les disciples, signées d’une autre façon, d’une autre écriture. De la sorte, Paul se désapproprie ce qui est néanmoins écrit en son nom, y risquant gros : pas moins que sa réputation et surtout, celle du Seigneur. En effet, que Sa grâce soit avec eux tous ne présume en rien de l’existence de quelque nouveau Judas [22], déflorant -voire trahissant- la pensée de l’Apôtre afin de se l’approprier pour son propre compte (NB : tout pastiche ultérieur n’entre pas dans cette catégorie, pourvu qu’il soit explicitement présenté comme tel !). Côté "nègre" de Paul, le travail de désappropriation est encore plus limpide : il est signé du nom de Paul, jamais de celui de son auteur. Ces lettres ont donc l’apparence de celles d’un homme juste, mais à l'intérieur elles sont pleines… de "sensibilités" variées, comme on dirait aujourd’hui : « ce qu'il faut faire pour imiter [23]» ne consistant ni à copier-coller… ni à faire le singe [24]. Quant à se demander si elles ne pourraient pas ressembler aussi aux portraits moins élogieux de l’Évangile de ce jour, elles témoigneraient ainsi contre elles-mêmes, et de toute manière, auraient eu vraisemblablement peu de chances de parvenir jusqu’à notre époque.

______Quoi qu’il en fût, ces lettres sont traditionnellement intégrées au nouveau Testament : celui-là comme l’ancien étant rédigé de moult "mains", anonymes ou non. Or, qui dit testament dit héritiers. Qui dit héritiers ne dit pas toujours notaire [25] : l’intervention de ce dernier offrirait-il davantage de garanties, sachant qu’il arrive à quelques-uns de témoigner contre eux-mêmes en s’essayant à coucher le testament d’un faux client contre son gré [26] ? Hélas pour eux, la tradition ne veut toujours pas que les non-morts soient ensevelis ! Ce qui permet néanmoins de rebondir sur les héritiers, chez lesquels se trouvent également des "sensibilités" ô combien variées. Si l’on suivait la tradition véhiculée par les mauvaises langues, il apparaîtrait que ces variations ne sont nullement saisonnières : se traduisant parfois par de tels antagonismes qu’à toute époque il n’est pas rare d’entendre parler de complices pour verser le sang de quelque héritier [27]. Qui n’a jamais entendu le fameux aphorisme : « Voyez comme ils s’aiment ! Attendez qu’ils héritent… » ? Bien que n’incarnant pas lui-même le malheur, Nathanaël ne va guère sans son nom de saint : Barthélemy. Rien que par la seule prononciation, le pire des cancres devrait se souvenir de quelques versements de sang historiquement associés à des fils pour le moins turbulents ; un élève plus sage s’abstiendra d’affirmer [28] que 's’il avait vécu à cette époque, il n'aurait pas été leur complice pour verser le sang' : autre aphorisme, devenu si usuel qu’il est encore moins rare de l’entendre à propos de faits survenus à des époques moins éloignées dans le temps… quand ils ne concernent pas une actualité à peine "refroidie" !

         En somme, le testament n’est jamais à l’abri de quelque prédateur, soit en amont : sujet à l’interprétation du rédacteur, soit en aval : sujet à l’interprétation du lecteur. À cet égard, qu’est-ce qui est le plus important [29] ? Le contenant, ou le contenu de l’héritage ? Car si Paul s’est si explicitement attaché sa signature à cette lettre aux Thessaloniciens, sans doute est-ce parce qu’il en pressentait toute l’ambiguïté : celle-ci n’ayant rien perdu de sa superbe de nos jours. Ne suffit-il pas en effet de se l’approprier pour lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit ? À cet exercice, la porte n’est guère étroite [9] : beaucoup s’y engouffrant avec volupté, estimant en avoir le droit autant qu’ils vivent dans une telle surcharge d’occupations et de responsabilités qu’ils ne laisseraient pas achever le malheureux qui –s’appuyant sur cette lettre- aurait le culot de leur suggérer qu’ils vivent… dans l’oisiveté ! Ce serait là "faire dire" à Paul le contraire de ce qu’il dit : comment pourrait-il en appeler à la peine et au travail pour n’être à la charge de personne… et encourager simultanément le laisser-aller, la paresse, le tout-loisir ou la retraite à trois ans et demi ? Ce serait absurde. Jubilant alors devant cette lettre de saint Paul qui semble les justifier, ils l’exhibent à volonté sur le dit malheureux, ainsi que sur tous ceux qu’elle semble accuser. Quelqu'un ne veut pas travailler (sous-entendu : dans le circuit économique traditionnel) ? Quoi qu’il dise ou fasse d’autre, "il vit dans l’oisiveté". Pis : il désobéit à la consigne de Paul. En plus, il mange et boit ! Encore un glouton et un ivrogne [30]… et encore un "psychopathe"© en puissance. Chez l’oisif : non chez le malheureux "oisif". Le point de "détection"7 d’un certain portrait-robot [31] lui sied en effet comme un gant : presque du sur mesure… pour tout exégète oisif en herbe ! Tendance à multiplier les erreurs de raisonnements ; trop d’importance accordée à certains faits, les autres étant minimisés ; esprit d’analyse très sélectif, ne détectant que ce qui l’arrange ; mémoire fonctionnant de la même manière ; contradictions dans une même phrase ; promesses que l’on oublie peu de temps après ; lapsus commis, situation mal interprétée : tout cela est moins "pour vous manipuler"… que les fruits [32] multiséculaires de l’oisif qui s’ignore, captés dans un contexte pseudo-"médical"© au profit d’une caste pseudo-itou, friande de "tombeaux blanchis à la chaux" ! 

         Multiplier les erreurs de raisonnements n’est pas si mauvais : tant qu’il y a du raisonnement [33]Paul a-t-il jamais fait l’éloge du farniente sous toutes ses formes ? S’il oppose l’oisiveté au travail, a-t-il pour autant le profil d’un lointain inspirateur de Karl Marx, chez lequel on se demande encore ce qu’est l’homme au-delà de son statut de travailleur ? Il est vrai que celui-là évitait plutôt de parler au nom du Seigneur Jésus Christ. Un tel nom suggère déjà quelques différences : notamment celles des définitions de l’oisiveté comme du travail, mots qui ont une belle apparence à l’extérieur. La question suivante brûle les lèvres (pompiers [34] s’abstenir…) : de quoi est rempli l’intérieur ? S’il est quasiment interchangeable avec celui du barbu du XIX° siècle, alors brûlons les lettres, épîtres et compagnie (pompiers revenir…) : pourquoi se fatiguer et peiner, nuit et jour, à en chercher le sens ? Ou pourquoi pas… si on s’intéresse davantage au travail, tel que Paul l’a vécu ?

         Trop d’importance accordée à certains faits, les autres étant minimisés, etc. : schéma classique et suranné de tout phénomène de division à l’intérieur d’une Église, quelle qu’elle soit, voire de dérives sectaires. Au moins est-ce là une Église qui (se) travaille, au sens paulinien du terme. Une Église oisive ne se divise pas… mais si elle cultive encore une belle apparence à l’extérieur, une pichenette suffira à dévoiler l’intérieur : sonne l’heure du grand nettoyage de printemps… Au plan individuel, Paul fait un tabac avec sa deuxième lettre aux Thessaloniciens ! Mais… que se passe-t-il ? Quel est donc ce soudain mouvement de panique ? Un monstre vert [35] aurait-il surgi à l’improviste ? Si ce n’était que cela : même pas peur ! La dernière bouchée dans le bec, un épouvantable "glouton ivrogne" est arrivé en sifflotant au beau milieu du fan-club de la deuxième lettre, dispersant de malheureuses brebis ne savant plus où en donner des têtes [36]. Ce depuis qu’elles ont entendu de sa bouche une phrase ressemblant à « Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd… [37] » : quelle méchante farce [38] de la part de ce rapporteur d’un certain Jean [39] ! (Est-ce bien son écriture, d’ailleurs ? Minimisons l’impact…) En attendant, n’est-ce pas malheureux ? le sens de la phrase « si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus » commence à être tourneboulé jusqu’à ne plus se faire complice de certains repas, devenus si consensuels [40, note 59] que le fan-club finissait par se demander si quelqu'un voulant travailler y avait encore droit… Il a pourtant une belle apparence, ce fan-club : ni regardant sur la tâche ni sur le détachant [41].

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Commentaires

très bien les montages. sur tes articles je fais comme les gamins, je regarde juste les images et j'aime bien !!^^
ps: tu remarqueras l'effort pour ne pas introduire de fautes d'orthographe sur un si beau blog !

Écrit par : helene ♥ | dimanche, 29 août 2010

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