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mardi, 31 août 2010

Eh bien ! à la pensée de la crise, c'est nous qui lavons !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,31-37. (*)|(*)(*)(*)/(*)(*)  
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
 On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
   

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,10-16. (*)/(*)
Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu.
 Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. De même, personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Et nous, l'esprit que nous avons reçu, ce n'est pas celui du monde, c'est celui qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a faits. Et nous proclamons cela avec un langage que nous n'apprenons pas de la sagesse humaine, mais de l'Esprit, et nous interprétons de manière spirituelle ce qui vient de l'Esprit. L'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. Mais l'homme qui est animé par l'Esprit juge de tout, et lui ne peut être jugé par personne. 
L'Écriture demandait : Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui lui donnera des conseils ? Eh bien ! la pensée du Christ, c'est nous qui l'avons !

            C'est nous qui l'avons : non au sens de ce que nous avons le tout dernier modèle de lave-vaisselle, d’écran plat ou de l’ultime gadget –électronique, vestimentaire ou autre- à la mode sans lequel l’homme qui en est dépourvu peut être jugé ringard par tout le monde. Encore que tout ceci appartenant à l’esprit du monde, se bousculera-t-on moins à connaître la pensée de l’Apôtre pour l’avoir jusqu’à risquer de l’interpréter de manière spirituelle : eh bien ! la pensée du Christ, que se passerait-il si c'était nous qui l'avions à notre tour ?  Car si nous avons conscience des dons que Dieu nous a faits, ils incluent celle des voleurs de conscience : ceux-là mêmes pour qui ce n'est que folie, et il ne peuvent pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge : non par des artifices "médicaux"© qui révèlent à l’usage des forces atteignant de telles profondeurs de l’homme qu’on est frappé par son recours à un langage encore articulé [12].
______C'est nous qui l'avons 
: non plus au sens d’un esprit démoniaque possédant un homme, par captation et appropriation… quoique d’une certaine manière, les troubles de ce dernier rendent possible son consentement : intéressante symétrie pouvant mieux faire comprendre l’esprit régnant en certaines pratiques du monde [2]. Car si l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu, ce ne sont pas les profondeurs du Docteur –et de ses possédés [3][4][5][6, note 75]- qui vont lui échapper ! 

Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. Sous-entendu : seul l'esprit de l'homme X le sait, lui qui est dans l'homme X ; même l’esprit de l’homme Y ne sait pas ce qu’il y a dans l’homme X, et inversement… sauf quand se révèle un esprit mauvais. Pour que tous fussent effrayés dans la synagogue de Capharnaüm, se disent entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! », il fallait bien qu’au préalable -même sans comprendre ou pouvoir juger comment ils sont entrés-, ils aient reconnu la présence de ces esprits mauvais. Remarquons à cet égard que la scène ne se déroule pas dans une zone dite de non-droit ou quelque endroit de mauvaise réputation. Si être dans une synagogue assurait d’être dans une bulle étanche et hermétique aux remous du monde, cela se saurait parmi les hommes ! Au contraire est-ce parfois le lieu des plus extrêmes confrontations entre ce qui vient de l'Esprit de Dieu et ce qu'il y a de moins reluisant [7][8] dans l'homme ; entre ce que demande l'Écriture –aussi bien qu’on puisse l’avoir intellectuellement-… et la sagesse pratique [9, APR note 74] en découlant ensuite parmi les hommes. La distorsion la plus évidente reste naturellement celle d’un homme possédé par un esprit démoniaque, cette possession ne l’ayant nullement dissuadé –ni lui ni ses coreligionnaires- d’être dans la synagogue, d’avoir lui aussi d’abord écouté l’enseignement d’un certain Jésus de Nazareth… enfin, de l’avoir interprété de manière assez spirituelle pour avoir pu dépasser cet aspect humain et géographique en sachant fort bien qui Il est : le Saint, le Saint de Dieu. Pour autant, ne cherchant pas même à donner le change en se prosternant devant lui [10], il se met à crier d'une voix dont la force se destine à compenser [11] la faiblesse de son argumentation finale, fût-elle maquillée en question. Car s’Il est en effet venu pour une remise en question [12], néanmoins Jésus n’est venu perdre personne : apportant au contraire le salut à tous [13, note 5], à commencer par les brebis perdues d’Israël [14]. C’est dire que ces brebis ne L’ont pas attendu pour être perdues : est-Il venu les perdre davantage, quand on sait fort bien qu’Il est allé Lui-même à la recherche de ses brebis, veillant sur elles [15, Ez][16?

Seul l'esprit de l'homme X le sait, lui qui est dans l'homme X ; encore n’en sait-il par ses sens que l’écume : cette vérité qui, pour être "oisive" [17, AV note 8], est irréductiblement celle de l'homme X et non celle de l'homme Y. Comment celui-ci pourrait-il prétendre à voir le fond, et même les profondeurs quand il ne peut –au mieux- ne saisir que ce qui lui est révélé de la surface de l’homme X ? L’imposture [18] est déjà manifeste : elle devient criante quand l’homme X va demander à l’homme Y de lui révéler ce qu’il y a dans un homme Z sans qu’il n’en voie la surface, contre l’assentiment dudit homme Z et sans même qu’il le sache ! Si on reconnaît dans un tel scénario l’absence de toute sagesse, même humaine, on en reconnaît pas moins un procédé devenu monnaie courante, puisqu’il est celui du M.T.D.[19, APR note 27][20]. Y greffer de "la réputation de Jésus"[21][22][23, note 91] ne rendra pas bon ce qui est fondamentalement mauvais : saupoudrer de sucre [24] des herbes réputées toxiques fait-il de la soupe aux choux [25] ? On le voit d’ailleurs fort bien dans cet Évangile : quelle qu’en soit la belle apparence [17], ce qui se trouve à sa portée sans lui opposer de résistance –et fût-il face à Jésus en personne- le démon le jette par terre [26]. Pas même discrètement ou par derrière [27] (ce qui fournirait encore quelque légitime excuse [28, note 30] à qui pourrait ne pas l’avoir vu), mais devant tout le monde. Nonobstant une telle publicité, si le fond malin de toutes ces choses ne peut pas être saisi, c’est parce qu’il n’est reçu… qu’entre esprits mauvais qui, parmi eux-mêmes, ne savent pas ce qu’il y a dans l’esprit mauvais. Dans la synagogue de Capharnaüm, tous furent effrayés ; mais entre eux, personne n’a cependant mal interprété la situation en essayant, par exemple, de la relativiser en la détournant sur d’autres autorités et puissances.

______Et la réputation de Jésus se propagea… bien au-delà de toute la région comme de son époque. Eh bien ! n’est-ce pas signifier que jusqu’à la nôtre, d’aucuns aient un minimum conscience des dons que Dieu leur a faits, pouvant à leur tour proclamer « la pensée du Christ, c'est nous qui l'avons ! » ? (Ce qui, naturellement, n’exclut pas que d’autres l’aient de manière différente…). Dans ce cas, aujourd’hui, QUI [29][30, APR note 81][31, APR note 29] leur donne des conseils ? Quelqu’un qui a si bien connu la pensée du Seigneur qu’il lui a été confié l’autorité de l’enseigner (davantage en serviteur fidèle et sensé [32] qu’en maître [33]) parmi les hommes [15, note 3], les mauvais comme les bons [31: ayant précisément appris ce 126.jpgqu'il peut y avoir de moins bon dans l'homme ? Ou quelqu’un de si étranger dans ses actes à cette pensée qu’il ne voit plus même à la surface des choses, proclamant quelque "service"©[34] tout en ne sachant pas ce qu’il y a dans l’esprit mauvais… voire s’en moquant comme de sa première chemise : pourvu que fussent remplis ses objectifs [32, APR note 24] ? Ou -hybride entre les deux- quelqu’un qui, ayant appris de la "sagesse humaine"©[35] (?), va enfourcher son cheval [36, note 54], interpréter indifféremment de manière "psychique"©[36, APR note 53] (sic) ce qui est spirituel : venant de l’esprit comme de l'Esprit, mais aucunement de son esprit ? Pour celui-là, ce n'est que folie : mais qu’est-ce qui ne l’est pas (!) ? Et la réputation de Philou [37] se propagea… au moins cent vingt-cinq fois au-delà de tout le pays, car l’époque offre les moyens techniques de jeter par terre devant tout le monde ce qui doit l’être. De même, grâce à de tels moyens, personne -sinon à s’enfoncer la tête dans le sable- ne peut connaître ce qu'il y a en une "sagesse humaine"© jetant par terre devant tout le monde TOUTE parole qui ne soit pas de son "autorité"©, ce en le criant d’une voix forte :
- « La réinterprétation
[ interprétation de manière "psychique"© ! ] et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie » [33, note 14] « Abracadabra pouf pouf [38, note 73] : bien et mal, disparaissez [39] ! » Car ils commandent avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils… rentrent [40] : pas de chance…
-
« Nous devons viser à nous insinuer dans chaque activité éducative de notre vie nationale […]. La vie publique, la politique et l’industrie devraient toutes être dans notre sphère d'influence. […] Nous avons beaucoup fait pour infiltrer diverses organisations sociales à travers le pays […]. De la même façon, nous avons fait une attaque utile contre un certain nombre de professions. Les deux les plus faciles d’entre elles sont naturellement la profession enseignante et l'Église [41] ; les deux les plus difficiles sont le corps législatif et le corps médical [42][43][43bis]. […] Si nous devons infiltrer les activités professionnelles et sociales d’autres gens, je pense que nous devons imiter [44] les totalitaires  et organiser une sorte d’activité de cinquième colonne [45] ! […] Je pense que nous avons besoin d’un plan de propagande à long terme. […] Une approche plus insidieuse […] a plus de chances de réussir. […] Le Parlement, la presse et autres publications sont les moyens les plus évidents pour répandre notre propagande […]. Ne mentionnons pas l’Hygiène mentale […] »[461][47]
-
« Jésus-Christ aurait pu tout simplement retourner à son travail de charpentier s’il avait suivi les traitements psychiatriques modernes. » [462] Ce qui est d’ailleurs faux : Il n’aurait pu retourner à aucun travail… surtout à l’issue d’un "traitement"© à la mesure du "diagnostic"© :
-
« En résumé, la nature des hallucinations de Jésus, telles que décrites dans les religions orthodoxes, nous permet de conclure que le fondateur de la religion chrétienne souffrait de paranoïa religieuse. » [462] 
-
« L’ensemble des choses que nous savons à propos de Jésus-Christ, confirme de façon indubitable la paranoïa clinique du personnage et il est hautement inconcevable que quiconque puisse mettre en doute la validité de ce diagnostic. » [462] 

         Rien qu’avec ces quelques extraits –dont l’"enseignement"© frappe aux regards ci-dessus de saint Luc et de saint Paul Apôtre aux Corinthiens !-, n’est-il pas hautement concevable de mettre en doute la seule légitimité de la présence physique, sous la nef de certaines synagogues, de quiconque entretient –par action ou par complicité- la "validité"  de ces parlotes [47] indubitablement démoniaques ?

lundi, 30 août 2010

Il ouvrit le livre mais ne trouva pas le passage où il est écrit : 'Médecin, guéris-toi toi-même.'

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,16-30. (*)(*)(*)(*)(*)(*)/(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)   
Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
 Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. » Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? (*) » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon (*). Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. (*) » 
À
ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.

______Cette parole de l'Écriture, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit… ou qu’elle s’abolit [1, note 92] : libre d’être annoncée, ou dénoncée selon le témoignage qui en est rendu [2][3][4, APR note 66]. C’est hier qu’elle s’accomplissait à Nazareth, à Capharnaüm ou ailleurs en Israël ; avant-hier dans le pays de Sidon ou pour un Syrien de passage : annonçant déjà qu’elle n’est prisonnière ni de l’espace ou du temps [5] ni d’hommes haut placés et glorieux [6, APR note 4] bâtissant les tombeaux de prophètes [7] dont ils enferment l’héritage, captant la lumière pour eux-mêmes [8][9], libérant… l’oppression en liant de pesants fardeaux et en chargeant les épaules des gens [10, note 3]. Gare à celui qui irait un autre chemin, non consacré par leur onction [11], mais passant néanmoins au milieu d’eux : tout fera ventre pour le précipiter en bas [12] ! De fait, aucune époque n’a jamais témoigné que porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, etc. soit des plus judicieux pour surfer [13] du bon côté de la vague de tel ou tel autre créneau commercial : n'est-ce pas plus porteur d’être fils de Joseph  charpentier [14][152] solidement établi dans son pays que prophète vagabondant chez des maudits n’y sachant rien de la Loi [16] ? Tel est bien en substance ce qui les rend tous furieux dans la synagogue : que leur importent les calamités passées du temps des prophètes anciens ? Présentement, la sécheresse et la famine –ou la lèpre massive- ne sévissent plus tant qu’elles leur eussent douloureusement rappelé que 'ce sont les pères qui ont mangé du raisin vert, ce sont les fils qui ont les dents agacées' [17, APR note 35].


______Le dicton cité
(quoique par Jésus, leur coupant l’herbe sous le pied) n’est d’ailleurs pas celui-là, mais un autre… que l’on se garde bien plus sûrement de citer de nos jours ! Il est vrai que depuis que la médecine pousse hors de ses compétences, allant des chemins qui ne sont pas les siens [6, APR note 17], la question du médecin se guérissant lui-même [18, AV note 17] mène jusqu’à tant d’escarpements que l’on préfère ne pas apprendre tout ce qui s’y passe : l’important et l’essentiel [19, APR note 30] ne sont-ils pas de lui fournir régulièrement beaucoup de
"combustible"[20, note 25][21] -lui-même fourni par les pompiers [22][23][24] (un comble !)-, l’année de bienfaits étant réputée écoulée ? Sûrement, à force de bien accueillir les faux prophètes [25], le tapis rouge [26] de leur escalier d’honneur doit être devenu furieusement élimé, menaçant la bonne tenue des tringles dorées qui le soutiennent au creux de chaque marche. On préfère également ne pas imaginer ce qui se produirait si un accueillant disait à son prestigieux invité : 'Mon ami, avance plus haut' [6] et que s’exécutant, ne cède l’une de ces tringles.
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Qui s'élève sera abaissé : n’est-ce pas aussi une parole de l'Écriture [27]? Tout ce joli monde étant précipité en bas, le prestigieux invité, irait, plein de honte, prendre la dernière place : au moins cela lui donnera-t-il plus de chances d’être invité comme un pauvre estropié, boiteux et aveugle… tout en annonçant aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés [28, note 29/2] la libération.

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dimanche, 29 août 2010

Bouillon de poule ou soupe po(p)ulaire ?

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[*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1.7-14. (*)  
Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait.
 Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place [*]. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé [*]. » 
(*)
Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.
 Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes [*]. » 

Qu’est-ce qui est le plus important [1] ? Être invité à des noces en y prenant la dernière place, ou mettre à la première place qui son champ qui son commerce [2] (sous l’angle du client d’huile [3] inclus), puis arriver tout essoufflé au lieu du repas de noces ? Et là, on irait volontiers, ravalant sa honte,  prendre la dernière place… si elle avait l’heur d’être disponible : la salle étant remplie de convives [2]. Quant à celui qui aura invité, entre-temps il se sera levé de sa place -aux yeux de tous ceux qui sont à table avec lui- afin d’aller abaisser le loquet de la porte d’entrée [4]. Non qu’il craigne les courants d’air… ou les pique-assiettes : ne donne-t-il pas son festin aux mauvais comme aux bons ? Bien malin celui qui pourrait distinguer à l’avance les uns des autres : car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Soit quelqu’un qui, aux yeux de ses amis, ses frères, ses parents, aura davantage incarné le profil du pauvre, de l’estropié, du boiteux ou de l’aveugle que du riche voisin. Habitué à un tel statut, au moins, quand il est invité, il va se mettre à la dernière place : pour lui, ce n’est pas trop difficile, pas au-dessus de ses forces.  

Livre de l'Ecclésiastique 3,19-21.30-31. (*)
Beaucoup d'hommes sont haut placés et glorieux, mais c'est aux humbles que le Seigneur révèle ses secrets.
  
Sa puissance est grande, et les humbles lui rendent gloire.
  

Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi, ne scrute pas ce qui est au-dessus de tes forces.
 

______Au premier degré, n’est-ce pas en effet trop difficile, au-dessus de ses forces que d’inviter à sa table de ces pauvres, estropiés, boiteux, et aveugles selon les critères des hauts placés et glorieux ? Moins parce qu'ils n'ont rien à rendre que tant à prendre : pourvu qu’ils ne repartent pas avec l’argenterie, le sac à main de Madame, la carte bleue de Monsieur… ou que même en restant à leur place, ils ne s’essuient pas dans la superbe nappe brodée maison ou ne salissent le velours des sièges ! Quant à celui qui invite, il serre les dents, observe [5][6] : moins comme l’heureux hôte que dans la peau de quelqu'un s’achetant "héroïquement" une bonne conscience en escomptant là ce qui pourrait lui être rendu à la résurrection des justes [7]. Dans le même esprit va-t-il calculer les intérêts de telle somme d’argent placé à la banque : or, si Jésus ne néglige pas ces réalités-là (jusqu’à lui fournir matière à quelque parabole [8, AV note 14]), Il ne va pas les mettre à la première place puisque le plus heureux est encore celui qui ouvre son cœur à proportion de ce qu’il aura fermé sa calculette.
 ______Au-delà de ce premier degré –presque caricatural mais romanesque à souhait [9]-, rappelons cependant qu’avant la généralisation des soupes populaires et autres restos du cœur, les maisons les plus accueillantes pour un repas étaient souvent moins celles de riches voisins que d’humbles invitants, dont la moindre pauvreté que l’invité ne tenait parfois qu’à ce qu’ils disposassent d’une table, de pain et d’un toit : simplement heureux de garder traditionnellement la part du pauvre, et peu enclins au quotidien à s’élever à de sordides calculs d’apothicaire sur ce qui pourrait leur être rendu à la résurrection des justes.

______À l’inverse, chez les acteurs engagés dans la gestion des dites soupes populaires, gageons qu’inviter les amis, les frères, les parents, ou de riches voisins ne soit pas exactement leur souci premier ! Nonobstant, la "puissance" des réseaux sociaux d’entraide n’est jamais qu’inversement proportionnelle à un "premier degré" peu glorieusement tombé en désuétude, l’individuel cédant la place au collectif : trop "heureux" d’avoir moins à risquer directement l’argenterie, le sac à main de Madame, la carte bleue de Monsieur… et autres politesses ne seyant qu’aux amis, frères, parents, ou riches voisins. Or, alors qu’Il est entouré de multiples invités –sans doute nombreux chez un chef des pharisiens, des plus importantes élites de son milieu-, Jésus ne leur parle-t-Il pas au singulier, à la personne ? : « Quand tu es invité… » Même si en seconde partie, Il s’adresse plus nommément à celui qui l'avait invité –que la politesse ne soit pas rendue ne l’exclut pas au départ !-, à l’évidence [10, APR note 70] Son discours n’est guère prononcé au creux de son oreille : ici comme ailleurs destiné à ce que tous les convives l’entendent. (Et on l’observait : les yeux ne détenant pas le monopole des sens de l’observation [11]…) Bien malin donc qui pourrait distinguer à l’avance les uns des autres, séparer les bons et les mauvais, etc., chacun entendant ce qu’il veut -ou peut- entendre en fonction de sa réceptivité du moment : réception [12,p.8] n’étant pas toujours synonyme de festin, de noces ou autre. Mais là où le collectif (indépendamment des qualités, bonnes ou mauvaises, de ses membres actifs ou passifs) cède le pas à l’individuel, c’est que cette sacrée porte est -et reste- étroite [4]. Si étroite qu’on imagine mal quelque "poids lourd" s’y engouffrer !

         « Cela te sera rendu à la résurrection des justes. » Si, Dieu merci, "justes" se conjugue au pluriel, ne cherchons pas ce qui est trop difficile pour nous, ne scrutons pas ce qui est au-dessus de nos forces : déterminer dès ici-bas qui sont ces justes, puisqu’ils sont disséminés de la première à la dernière place, les haut placés et les humbles… les uns et les autres n’étant pas nécessairement placés là où on les placerait au cours d’un repas chez un chef des pharisiens. Ce qui sera rendu, et à qui, quelle que soit sa place, nul n’en sait rien. On sait simplement que cela te sera rendu (à toi, différemment de ce qui sera rendu à ton voisin, riche ou pauvre), à la résurrection des justes. La "maison" ne fait pas crédit : ne rendant rien définitivement avant cette résurrection. Celle-ci concerne bien les justes (à chacun selon ses capacités [8]) : non un agglomérat de justes. Non une entité collective –fût-elle de bienfaisance-, structure ou superstructure [13, p.2] : elles n’auraient rien à faire à la résurrection, puisque c’est précisément celle des justes. Or, elles n’auraient rien à faire non plus ici-bas si, quelque fût sa place dans le monde, chacun était déjà juste : quel que soit leur domaine d’action, leur fonction régalienne n’est-elle pas en effet de pallier tant bien que mal à la carence de justes ? C’est-à-dire de prendre acte de cette carence… non de l’entretenir voire de poser des actes qui vont la multiplier ! Ce qu’on observe très exactement partout où elles répondent aveuglément –sans plus chercher à discerner un besoin réel- à la demande [14] de qui elles représentent la belle apparence [15] de pouvoir résoudre ce qui est trop difficile pour un seul, au-dessus de ses forces. Pourquoi pas, si par un heureux hasard le besoin est réel ? Mais s’il ne l’est pas, les fruits des actes posés parleront [16] d’eux-mêmes : rendant plus difficile pour un autre [17], passant au-dessus des limites admissibles de l’ingérence du collectif dans l’individuel en sabrant les forces de ce dernier : "qui s'élève pour abaisser" n’est pas la formule juste. À la résurrection, tout système [18, note 64] sera également rendu caduc, pas même à la dernière place : c’est dire qu’il faudra chercher autre chose pour voiler ses secrets (ces derniers consistant souvent à voler ceux des autres [19, APR note 27]…)! Inviter des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles n’étant en aucun cas une invitation à les fabriquer sur commande, ce qui sera rendu à la résurrection des justes ne le sera pas moins à celle des injustes : ce ne sera pas révéler un secret que de subodorer un bouillon transitant par quelques politesses plus malheureuses

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