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samedi, 04 septembre 2010

Un guide épique de traversée de champs et gnons.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,1-5. (*)(*)(*)(*)(*)/(*)(*)  
Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé ; ses disciples arrachaient et mangeaient des épis, après les avoir froissés dans leurs mains. Des pharisiens lui dirent : « Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande, en mangea, et en donna à ses compagnons, alors que les prêtres seuls ont la permission d'en manger. » Jésus leur disait encore : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat. »
 

______Qu’est-ce qui est le plus important [1] ? Froisser des épis de blé dans ses mains, ou froisser ce qui est permis le jour du sabbat ?  Il va sans dire que la seconde hypothèse prévaut chez les pharisiens : que leur importe que le Fils de l’homme soit le maître du sabbat si eux ne Le reconnaissent pas comme tel ? Du reste Jésus ne prend-Il pas le parti des uns (Ses disciples) contre celui des autres (les pharisiens; chacun étant renvoyé à ce que fit David un jour qu'il eut faim, lui et ses compagnons, rien de plus n’a été fait que ce qui est écrit : plutôt moins si l’on songe que des pains demandent a priori moins d’efforts de mastication que des grains de blé !
______Entre les
jeûnes fréquents [2] et ce qui n'est pas permis le jour du sabbat, subsistera-t-il encore un moment [2, note 1] où l’on aie la permission de manger (!) ? À quel maître reviendrait-il l’honneur d’accorder –ou non- cette permission ? Sans doute conviendrait-il que pour ne pas être juge et partie, un tel maître fût un ange plutôt qu’un roi !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,6-15. (*)/(*)
Frères, j'ai pris ces comparaisons pour parler d'Apollos et de moi-même ; ainsi, vous pourrez comprendre le proverbe : « Rien de plus que ce qui est écrit », afin qu'aucun de vous n'aille se gonfler d'orgueil en prenant le parti de l'un contre l'autre. Qui donc t'a mis à part ? As-tu quelque chose sans l'avoir reçu ? Et si tu as tout reçu, pourquoi t'enorgueillir comme si tu ne l'avais pas reçu ? Vous voilà déjà comblés, vous voilà riches, vous voilà devenus rois sans nous ! Ah ! si seulement vous étiez rois, pour que nous aussi nous le soyons avec vous ! Mais nous, les Apôtres, il me semble que Dieu a fait de nous les derniers de tous, comme on expose des condamnés à mort, livrés en spectacle au monde entier, aux anges et aux hommes. Nous passons pour des fous à cause du Christ, et vous, pour des gens sensés dans le Christ ; nous sommes faibles, et vous êtes forts ; vous êtes à l'honneur, et nous, dans le mépris. Maintenant encore, nous avons faim, nous avons soif, nous n'avons pas de vêtements, nous sommes maltraités, nous n'avons pas de domicile, nous peinons dur à travailler de nos mains. Les gens nous insultent, nous les bénissons. Ils nous persécutent, nous supportons. Ils nous calomnient, nous avons des paroles d'apaisement. Jusqu'à maintenant, nous sommes pour ainsi dire les balayures du monde, le rebut de l'humanité. Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous reprendre comme mes enfants bien-aimés. Car vous auriez beau avoir dix mille surveillants pour vous mener dans le Christ, vous n'avez pas plusieurs pères : c'est moi qui, par l'annonce de l'Évangile, vous ai fait naître à la vie du Christ Jésus.

            Ah ! si seulement on pouvait rendre leur "politesse" aux pharisiens (qui, par ailleurs, ne semblaient pas tant mépriser de donner –ou être invités d’honneur à- un déjeuner ou un dîner [3]) : en faire à leur tour les derniers de tous, comme on expose des condamnés à mort, livrés en spectacle au monde entier, aux anges et aux hommes. Qu’ils soient pour ainsi dire –et pour leur faire honte !- les balayures du monde, le rebut de l'humanité. Mais si on ne les présente pas sous leur meilleur jour dans les pages de l'Évangile, est-ce bien afin de prôner comme un retour de balancier ? Ce qui, au mieux, nous ramènerait à la loi du talion : nous aurions beau avoir dix mille surveillants -dix mille pharisiens ?- pour nous mener dans le Christ, 'œil pour œil, dent pour dent' [4] n’en prendra guère le parti. D’autant que naître à Sa vie passe davantage par l’état de veille [5][6][7] que par un statut de surveillant : qui donc aurait mis celui-là à part… sinon lui-même, à la mesure de ce qu’il prend son propre parti contre celui de l’autre [8] ?

             Au moins la question « pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? » laisse-t-elle sauve une autre question, plus simple et plus fondamentale : « pourquoi est fait le jour du sabbat ? ». Pour que Dieu soit à l’honneur ?  Pourquoi pas, bien sûr… mais L’est-Il encore si l’homme s’y laisse dépérir, Lui qui ne prend plaisir à la mort de personne [9, AV note 36] ? En rapport avec cette question, Jésus Lui-même ne la tranche pas à la manière d’un couperet : ne disant pas seulement « Le Fils de l'homme est maître du sabbat : c’est comme cela, et pas autrement ». Chez Marc précisément, Il explique pourquoi -et simultanément pour qui est fait le jour du sabbat- sans aller placer la barre si haute que seuls les anges y aient accès ! En effet, « le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. [10] » ( l’homme n’étant pas fait pour le sabbat, voilà également pourquoi il n’a aucune obligation de se laisser défaire par des maître(sse)s de sabbats [11][12] !)

Ce qui laisse encore part à un large champ d’interprétation, plus vaste que des 55543382.jpgchamps de blés : le sabbat est fait pour l’homme… sans exiger de lui qu’il fût sur-le-champ un parangon de bénitier, ne faisant par exemple stricto sensu que ce qui est permis le jour du sabbat. Encore ne s’agit-il là que d’un exemple-limite minimal, une sorte de "guide-âne" pour la conscience : non son substitut, que l’on jugerait assez confortable pour ne pas peiner trop dur à en travailler [13, AV note 8] le développement par l’éducation [14]. « Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? » Pourquoi pas, quand on accompagne le Guide qui surpasse tout "guide-âne" ? Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal [15] ? Ne rien faire quand on peut faire le bien, n’est-ce pas déjà incliner à laisser faire le mal, sabbat ou non ? Autrement dit, que vaut le "guide-âne" si l’on n’écrit rien ? En comparaison, peiner à écrire (fût-ce de travers !) sans "guide-âne" n’est-il pas un meilleur parti que se gonfler d'orgueil à posséder le "guide-âne" dernier cri… modèle royal si beau que l’on n’ose se permettre de s’en servir ? « Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? » A fortiori, pourquoi pas… si l’on écrit droit sans "guide-âne" ? Comme lorsqu’on traverse des champs sans les contourner…

Rien de plus que ce qui est écrit ? Mais rien de moins : alors, de qui parle-t-on dans ce qui est écrit ? D’Apollos et de Paul seulement ? Des premiers : les rois ; des derniers : les balayures du monde, le rebut de l'humanité -les condamnés à mort inclus-. De ceux qui passent pour des fous à cause du Christ [16, APR note 47] (ce qui ne dégonfle nullement -bien au contraire [17, APR note 4]- les causes subalternes faussement biologiques et réellement9782841864843.jpg idéologiques [18, AV note 41][19]), comme ceux qui passent pour des gens sensés, dans le Christ  ou non. Des faibles comme des forts. Des honorés comme des méprisés : des affamés, assoiffés, nus, maltraités [20], des… SDF [21] (par "fatalité" ou par fabrication [22]). Des travailleurs manuels comme des intellectuels. Des insultés [23] comme des bénis [24]. Des persécuteurs comme ceux qui les supportent (l’inverse [25] semblant présenter comme une difficulté particulière [26]…). Des calomniateurs (incluant ceux qui ont une parlote "conciliante"[27][28][2, note 12]… voire, prescripteurs d’une camelote d’"apaisement"©[29] ) comme ceux qui ont une parole d’apaisement. Jusqu'à maintenant, quelqu’un a-t-il été mis à part, sachant pour ainsi dire que les "balayures du monde" ont, par ce statut certes peu glorieux, été néanmoins dans tous les recoins imaginables dans le monde entier ? Il semble que le sabbat soit fait pour les derniers des rebuts de l’humanité comme pour les plus comblés, nul n’ayant la permission d’en déchoir, tant sur lui-même que sur un tiers [30][31]… quand bien même il serait permis de faire le mal en le faisant passer pour un "bien"©.

______Rien de plus que ce qui est écrit ? Chiche ! Avec ou sans "guide-âne", défendez votre psyché. Ne permettez pas à quiconque sans conscience, ou même semblable à ce genre de personne, de vous convaincre que l’humanité est un échec [32][33]. La majorité des êtres humains ont une conscience. La majorité des êtres humains sont capables d'amour [34, note 20/3][35, §12]. Est-il utile d’ajouter qu’il vaut incomparablement mieux écrire de travers sans "guide-âne", que de croire écrire droit avec certains "guides-ânes"[36][37] qui vous mènent droit… dans le mur [38, note 67] ?

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