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lundi, 06 septembre 2010

Il y avait là un homme dont la main droite était bien aiguisée (la main gauche aussi, d’ailleurs…).

Montage edward.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,6-11. (*)/(*)  
Un autre
jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus afin de voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l'accuser. Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi, et reste debout devant tout le monde. » L'homme se leva et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l'homme : « Étends ta main. » Il le fit, et sa main redevint normale. 
Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu'ils allaient faire à Jésus.

Ce n’est apparemment pas d’hier que si les pathos ne sont pas punis [1], faire une guérison puisse ainsi a contrario fournir le prétexte à un étrange [2] motif pour accuser ! Il est en effet explicite que si les scribes et les pharisiens observaient Jésus, ce n’était pas tant en vue d’observer les commandements [3] qu’afin de voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat : le sens de ce jour [4] leur échappant plus que jamais. À  l’évidence [5, APR note 70], être remplis de fureur et discuter entre furieux sur ce qu'on va faire à un guérisseur-le-jour-du-sabbat n’est pas précisément du levain qui convienne pour que fermente la pâte de quelque marque de reconnaissance éperdue à l’égard dudit guérisseur ! Quel que soit le jour, oser accuser de faire le bien ou de sauver une vie, c’est signifier implicitement que ses "propres" préférences, oublieuses du seul nom de la charité [6, APR note 54], vont à faire le mal [7]quel que soit le bien dit de belle apparence [8]- ou de perdre une vie : registre de la perversité et du vice, au détriment de la droiture et de la vérité les plus élémentaires, conduisant à pervertir le jour du sabbat lui-même puisque jusque dans sa lettre [9, note 36], personne n’y trouvera un motif de faire le mal ou de perdre une vie. À cet égard Jésus n’a nullement pris ses détracteurs en traître, les plaçant par exemple devant le fait accompli : à l’aune de l'homme qui avait la main paralysée, devant tout le monde [10, APR note 28] leur a-t-Il demandé : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » Hormis l’homme qui se tenait déjà debout, quelqu’un d’autre s’est-il alors levé, ayant un motif pour Lui répondre ? (Ce qui eût été un strict minimum pour qui prétend avoir au préalable un motif assez grave pour s’immiscer dans une existence et la saccager [11, AV note 3] en l’accusant : notamment lors d'une assemblée où l’on est censéchut.jpg représenter quelque autorité morale ! Mais l’absence [12][13] d’un tel minimum ne s’observe-t-elle bien que du temps des scribes et des pharisiens ?…) Or, personne ne s’est levé ; pas même, cette fois, pour dire : « Nous ne savons pas ! [14] » Alors, pour peu que l’on promène son regard sur d’autres versions de ce récit, on sait bien que la réponse donnée fut de l’ordre de "l’incommunicabilité"©[15] : mais ils se taisaient [16]. De même gardèrent-ils le silence [17] en des circonstances très analogues. Si être remplis de fureur amène à discuter entre furieux sur ce qu'on va faire à quelqu’un qui ne se tait pas assez, quel va être le sujet de cette discussion sinon des moyens à mettre en œuvre [18] pour le faire taire [19][20, APR note 26] ? Ce qui inclut la destruction éventuelle de son être de chair [21] ; voire -à une époque où une telle éventualité fait crier au scandale [22, APR note 8] chez tout abolitionniste bien né de la peine de mort- la destruction potentielle, mais non moins redoutable, de son être d’esprit [23][24][25] (ce qui n’exclut d’ailleurs en rien –au contraire- la destruction postérieure d’êtres de chair [26][27]). Car ici, l’avantage est que tout le monde se tait… comme paralysé de partout : de la main droite jusqu’à la main gauche, en passant par le cœur [28].

 In fine, qu’est-ce qui est le plus important [29] pour les observateurs du sabbat ? Le jour du sabbat… ou le jouron entend dire partout qu’il y a chez eux comme le parfum [30][31] nauséabond du scandale d’un sabbat servant de couverture "bien-disante" à des actes qui en dénaturent la droiture et la vérité ?

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,1-8. (*)
On entend dire partout qu'il y a chez vous un scandale, et un scandale tel qu'on n'en voit même pas chez les païens : il s'agit d'un homme qui vit avec la femme de son père. Et, malgré cela, vous êtes encore gonflés d'orgueil au lieu d'en pleurer et de chasser de votre communauté l'homme qui fait cela. Quant à moi, qui suis absent physiquement mais présent moralement, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, l'homme qui agit ainsi : au nom du Seigneur Jésus, lors d'une assemblée où je serai moralement avec vous, et avec la puissance de notre Seigneur Jésus, vous livrerez cet individu au pouvoir de Satan, et son être de chair sera détruit, mais c'est pour que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur.  
Vraiment, il n'y a pas de quoi vous enorgueillir : vous savez bien qu'un peu de levain suffit pour que
toute la pâte fermente. Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes comme le pain de la Pâque, celui qui n'a pas fermenté. Voici que le Christ, notre agneau pascal, a été immolé. Célébrons donc la Fête, non pas avec de vieux ferments : la perversité et le vice, mais avec du pain non fermenté : la droiture et la vérité.

______Un scandale tel qu'on n'en voit même pas chez les païens ? On en tremble d’avance : de scandale.jpgquoi s’agit-il ? D'un homme qui vit avec la femme de son père. Même en entendant que cette femme n’est pas sa mère, qu’il "vit vraisemblablement avec" à la manière de ce que son père devrait "vivre avec", le lecteur actuel en reste sur sa faim, n’en voyant même pas le scandale. C’est qu’à une époque où les grenouilles deviennent davantage rôties que bouillies –l’eau de leur marmite s’étant quasiment évaporée dans sa totalité [32]-, où cette époque a laissé descendre en flèche les critères moraux de la normalité comme, inversement, elle a laissé atteindre des sommets himalayens avant de commencer à percevoir quelque ferment de scandale, un homme qui vit avec la femme de son père prête plus à sourire qu’à en pleurer : haussant les épaules, notre lecteur actuel se demande même comment on a pu seulement envisager de chasser de la communauté l'homme qui fait cela. Vraiment, pour lui il n'y a pas de quoi fouetter un chat ! En comparaison, il suffit de promener son regard sur quantité de ces faits divers –privés comme publics- dont les médias nous abreuvent inlassablement au quotidien pour absoudre notre homme sur-le-champ : n’apparaît-il pas comme un "pur" là où il faut à présent un degré inouï de perversité et de vice pour que l’on parle de scandale ? Et encore : sur le bout des lèvres, puis rapidement oublié… parce qu’escamoté par le scandale suivant !

______Tant et si bien que ce scandale suivant, il ne sera pas utile d’aller le chercher dans quelque dépêche scabreuse… car Paul y suffira ! En effet, s’il franchissait déjà les limites admissibles à une "conscience" contemporaine, se formalisant textuellement de ce que l'homme qui fait cela n’aie pas été chassé de la communauté des Corinthiens, que dire de la suite ? Connaissant la pensée contemporaine, nombre de prédicateurs préfèrent ne surtout rien en dire, focalisant de nouveau [7, APR note 51] l’attention de leurs brebis sur un Évangile moins susceptible de les remplir de fureur ! C’est qu’à l’aune de cette même pensée contemporaine, on ose à peine imaginer ce qu’il adviendrait de l’Apôtre des païens si, présent moralement et physiquement, il venait aujourd’hui répéter mot pour mot de tels propos : livrer un individu au pouvoir de Satan, et détruire son être de chair –ceci au nom du Seigneur Jésus !– ne ressemble-t-il pas furieusement à ce qu’onlivre chez d’autres communautés au nom (abusivement, du reste) d’une fatwa [33: évoquant davantage le sabre que le goupillon ? Sans même évoquer sa caricature automatique [34], voilà qui paraît comme peu compatible avec la miséricorde, bien que la phrase se termine sous cet aspect : mais c'est pour que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur. Cependant, il est fort à parier que cette conclusion n’apaise guère les pensées : pas même celles pour qui le jour du Seigneur rencontre encore quelque vague résonance dans une pâte envahie de vieux ferments.

______Vraiment, y a-t-il de quoi s’enorgueillir d’avoir aboli [35] la peine de mort ? Car telle est bien la question, soigneusement éludée, que soulève Paul… quoiqu’il en aie déjà jugé de manière radicale. Cela ramène singulièrement à la question : « Est-il permis, (peu importe ici que ce fusse le jour du sabbat), de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » Un peu de levain suffit pour que toute la pâte fermente : or, que se passe-t-il lorsque ce levain est mauvais ? Si ce n’est pas fondamentalement faire le bien, est-ce encore faire le mal que de l’écarter radicalement afin qu’il ne corrompe pas la pâte ? Est-ce sauver une vie que de n’en pas écarter celui qui en perd une, dix ou plus, en des circonstances délictueuses qui, par définition, ne doivent rien au plus petit jugement communautaire ? À tout ceci –qui n’est pas la défense morale de telle position, s’opposant à la position inverse-, convient-il de greffer les difficultés s’y ajoutant.
______La première de celles-ci est naturellement que, par le caractère irréversible de la peine, en soit banni le maximum de risques conduisant à des erreurs judiciaires : aussi douloureuse soit-elle, aucune réhabilitation morale ne sait évidemment reconstruire la chair d’un être détruit. Ce qui indique déjà qu’en l’état actuel de la Justice, telle qu’elle se pratique en nos communautés occidentales, tout débat sur la question serait prématuré, voire dangereux ! Cf. le pain non fermenté : la droiture et la vérité. En effet, qui peut le moins ne peut-il pas le pire ? Par exemple, un scandale tel… qu'on n'en voit même pas chez les païens ! Il s'agit d'un homme qui vit avec sa femme. Et, malgré cela, quant à l'homme qui fait cela, qui est volontairement et explicitement [36][37][38][39][40][41]etc. absent physiquement et moralement [13], il a déjà été jugé… et CONDAMNÉ [42, note 24], comme s’il était  présent ! "Mieux" encore : au lieu d’en pleurer un tant soit peu, à défaut du nom du Seigneur Jésus (!) aura-t-on été assez gonflées chez ces juges [43][44] pour oser invoquer celui de "l’intérêt de sa famille"©[45] afin de le chasser [46] de sa communauté familiale !!! Si ce n’est là qu’un peu de levain dans le droit civil -de surcroît en l’absence de tout délit de cette catégorie-, on n’ose imaginer la fermentation de la pâte, notamment dans le cadre de délits avérés autrement que par de la fantasmagorie inconsistante.
______Seconde difficulté qui, elle, va rejoindre l’instance supérieure (ce qui, en soi, ne constitue pas la difficulté particulière [47][18]…), avec le droit pénal : le scandale permanent de la présence physique et amorale de ferments vieillissants [48][49, note 46/1] qui, tant qu’ils seront en place, chasseront irrémédiablement toute perspective de droiture et de vérité… tout en transférant leur peine de mort [50, notes 27 à 29] sur les innocents. Ce qui inclut –et c’est la troisième difficulté- la main qui agit : coupable mitigée pour cause de fermentation vieillissante [27][51, notes 27]. S’il n’y a vraiment pas de quoi s’enorgueillir d’abolir la justice elle-même, il va sans dire que la question épineuse soulevée par Paul est encore moins à l’ordre du jour : ce serait attribuer le permis de chasse –arme et munitions inclues- à un enfant de trois ans !…

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