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dimanche, 12 septembre 2010

Il y a de la joie pour cent quatre-vingt six secondes qui se convertissent en une seule chanson.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-10. [*][*]|[*]|(*)(*)(*)/(*)(*)(*)  
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » 
Alors Jésus leur dit cette parabole :
 « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. »
Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ?
 Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !' De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »…

         Pour les pharisiens et les scribes, faire bon accueil aux pécheurs et manger avec eux, n’est-ce pas précisément revenir à la question de "l’homme bon" s’encanaillant au risque de s’identifier au "mauvais" [1, APR note 5] ? Ne sont-ils pas de ces "justes qui n'ont pas besoin de conversion" puisqu’au titre de leur autorité d’enseignants de la Loi, ils se veulent des plus exemplaires à être "en communion avec Dieu" ? Par ailleurs, le rapport quatre-vingt-dix-neuf / un seul est-il… juste ? S’il se vérifiait tel quel, dans le monde réel qui est là, pour tous [2, note 24], réjouissons-nous, car sur la terre déjà il y a de la joie ! Sera-t-il nécessaire d’allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à trouver une légère distorsion dans les proportions ? Quatre-vingt-dix-neuf / un seul, pourquoi pas… mais dans le désordre ! C’est-à-dire qu’à en juger par les fruits [3][4] cueillis ici et là, la confiture se fait nettement moins réjouissante : quatre-vingt-dix-neuf pécheurs pour un seul juste méritent plus d’être appelés à la barre du réel. Pourtant, et en dépit de cette évidence, retrouve-t-on mieux ce réel pour autant ? C’est qu’on récrimine moins spontanément à manger de la "bonne" confiture… alors qu’elle est mauvaise.

Laissons cette proportion de quatre-vingt-dix-neuf pour cent pour aller chercherdans l’antithèse du désert !- de la confiture en grande surface. Face au choix devant lequel product_1347669b.jpgnous nous retrouvons, qu’est-ce qui est le plus important [5] ? La marque ? Le prix ? La belle apparence [6] ? Le fruit ? (Sachant que si la figue, par exemple, est en soi un bon fruit donnant de la bonne confiture, elle peut apparaître"mauvaise" parce que moins appréciée : question de goût [7personnel, qu’il serait injuste de retourner [1, note 57] en mauvais arbre à incriminer…) Se remplir le ventre aussi machinalement que des porcs mangeant des gousses, ou festoyer d’un produit rare, au sommet de sa qualité ? Quel que soit le critère retenu, on sait déjà quel est celui du fabricant proposant sa "bonne" confiture… alors qu’elle est mauvaise : loin des quatre-vingt-dix-neuf pour cent de fruit, la plus accessible au porte-monnaie ne va guère dépasser les alentours de… trente-cinq pour cent seulement ; le reste se partageant entre les additifs et les conservateurs, mais plus massivement le sucre [8]. À la limite, une vraie bonne confiture passera pour "mauvaise", son taux de sucre étant réduit au minimum (et son coût au maximum) ! N’en va-t-il pas de même pour le vin, sa qualité étant le plus souvent inversement proportionnelle à la quantité de sucres ajoutés ? Il n’est pas jusqu’à certains médicaments –notamment ceux destinés aux plus jeunes- que l’on aromatise sciemment afin d’en atténuer l’amertume originelle. Naturellement, aucu9 dispersés.jpgn de ces produits n’ira s’aventurer à pousser les dosages jusqu’à quatre-vingt-dix-neuf pour cent de sucre, sous peine d’escroquerie sur la marchandise… ou de placebo pour le médicament.

Sous cet angle, quatre-vingt-dix-neuf justes n'ayant pas besoin de conversion sont davantage à rapprocher de quatre-vingt-dix-neuf justes n'ayantpas besoin de "sucre"… que de quatre-vingt-dix-neuf certifiés non-pécheurs ! En effet, s’ils se veulent des plus exemplaires à être "en communion avec Dieu", eux qui en ont la connaissance, leur exemple est-il donc si constructif [9, AV note 14/2] qu’ils puissent déplorer autant de pécheurs autour d’eux  ? De plus en plus de pécheurs… et de moins en moins de justes : de plus en plus de sucre, et de moins en moins de fruit. À cet égard, si l’un de vous (s’adressant aux pharisiens et aux scribes) va chercher sa brebis perdue, donc laisse-t-il les quatre-vingt-dix-neuf autres ? Dans le désert ! N’y a-t-il pas de verts pâturages autrement plus réjouissants qu’un malheureux désert, celui-là offrant plus d’épines que de figues, plus de ronces que de raisin ? Tous ces pécheurs donnant de mauvais fruits, à quels arbres puisent-ils leur sève ? En d’autres termes, les bergers ne le sont-ils pas un tantinet pour eux-mêmes au lieu de l'être pour leur troupeau [10, APR note 5]? Car si chaque arbre se reconnaît à son fruit… il n’y a pas un seul pécheur qui pousse dans les arbres. 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,11-32. (*)(*)(*)(*)  
… Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
 Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.' Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...' Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.' Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !' Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

______Gaspiller sa fortune en menant une vie de désordre, voilàbien ce qui identifie a priori le pécheur. Encore inutile d’allumer une lampe et de chercher avec soin, le gredin se dénonçant de lui-même :Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.Parallèlement, quoi de mieux qu’un fils aîné propre sur lui –au service du maître de maisonsans avoir jamais désobéi à ses ordres- pour lui faire endosser le costume du juste, pharisien ou scribe ? Pas même besoin de tailleur [11, APR note 80] pour opérer quelques menues retouches : il ne manque pas un bouton de récriminations contre le maître ! Ah, quelle joie pour les quatre-vingplumes d'ange.jpgt-dix-neuf justes qui –satisfaits d’avoir ainsi distribué les rôles du gentil et du méchant-n'ont pas besoin de conversion, puis s’en vont manger et festoyer dans un pays lointain : là où les publicains et les pécheurs ne sauraient venir ! Oups : mais qu’est-ce là ? Ne dirait-on pas une plume ? Non pas une plume de frère aîné, servant par exemple à signer quelque certificat (à peine) déguisé de récrimination [12][13; pas davantage une plume d’oiseau (gros [14][15][16] ou petit [17][18][19][20]) bien que tombant du ciel, mais une plume… d’ange ! Et sur cette plume, un message : « c’est pas la joie chez les anges de Dieu ! » Par conséquent, a-t-il été creusé assez profond [1, APR note 28] ? Sans compter que si l’on cherche un peu plus bas, qui sait si on ne va pas retrouver une pièce d'argent [21] perdue ?
______Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits : un bon poirier donnera donc de bonnes poires [22]. Admettons que ces fruits soient le résultat convenu : publicains et pécheurs / le plus jeune fils, pharisiens et scribes / le fils aîné. Allons à présent déguster nos poires à l’ombre d’un figuier [23] : la figue est également un bon fruit, le figuier représente un symbole sympathique… contrebalançant celui du poirier, dont on n’ignore pas une représentation parfois moins gratifiante et plus renversante [24! Un jeune fils dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fait le partage de ses biens, sans récriminer : il ne conteste donc pas la légitimité de cette part. De même est-il incontestable que ce partage a lieu du vivant du père. (Il faudra attendre beaucoup plus tard pour faireencore plus fort par ignorance : loin de tout figuier, en s’essayant à prendre la part du pèrevivant, comme s’il ne l’était plus, cette fois en toute illégitimité et alors qu’il le conteste [25][26] !) Et voici l’effet poire : des pharisiens et des scribes héritiers de la Parole, captant la part d'héritage qui leur revient, rassemblant tout ce qu'ils ont, et partant pour un pays lointain : toujours là où ces cochons de publicains et pécheurs –ne méritant que les gousses de la Parole : condiments [27][28] de pesants fardeaux [29]-ne sauraientmanger avec eux ! Après tout, n’est-ce pas Jésus Lui-même qui a dit : «  Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens ; vos perles, ne les jetez pas aux cochons… »[30] ? Aussi, à défaut de pouvoir les exposer place Vendôme [31,3] n’en donnent-ils rien à personne. Ce qui est perdre de vue que Jésus n’a pas pour autant dressé une définition exhaustive et définitive du cochon [32], en laissant le soin à chacun : la destinée d’un vilain petit canard [33] est-elle toujours tracée d’avance ?



         Simultanément, pendant que fulminent, ruminent et récriminent nos pharisiens et scribes, il n’y a pas de difficulté particulière [34] à reconnaître que leur attention [35][9, AV note 1][36, note 12] doive en subir quelques dommages collatéraux ! Chez les publicains et les pécheurs, qu’en est-il ? Ceux"d’en face" seraient-ils en colère parce qu’ils refusent d’entrer ? Au contraire, puisque tous venaient à Jésus pour l’écouter ! Au-delà de leur étiquette du moment, à qui ressemblent-ils alors : au fils aîné, ou au puîné gaspilleur de biens ? Enfin, lesquels semblent comme dans un pays lointain(où règne une grande famine de miséricorde)… et lesquels, comme un fils de retour qui était mort, mais revenant à la vie à la mesure de ce qu’il s’est su pardonné ?

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,12-17. (*)
Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m'a fait confiance en me chargeant du ministère,
 moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m'a pardonné : ce que je faisais, c'était par ignorance, car je n'avais pas la foi ; mais la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, avec la foi et l'amour dans le Christ Jésus. Voici une parole sûre, et qui mérite d'être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m'a pardonné, c'est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen.

            « Moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter [37, APR note 56] : ce 1061074062.jpgque je faisais, c'était par ignorance, car je n'avais pas la foi. » L’Apôtre était-il donc un effroyable païen, correspondant local d’Attila [38], mettant à feu et à sang tout ce qui passait à sa portée ? Au contraire était-il issu des meilleurs rangs de pharisiens et de scribes,"défendant la cause de Dieu avec une ardeur jalouse" [39, APR note 16] ! Avec la même ignorance, la défense de la même "cause" dans un esprit ressemblant, d’autres ont passé leur brevets de pilotes [1, note 29]
            « Moi qui autrefois ne savais que… » etc., mais pfuit ! de l’histoire ancienne que tout ceci ! La page est tournée : ce que je faisais, c'était parce que j’étais pécheur. Mais aujourd’hui, tout va bien mes frères : j’ai la foi, et je suis sauvé par la grâce de notre Seigneur. Honneur et gloire, alléluia, hosanna, love and peace et toutes ces sortes de choses… Attention : au sein de ce paragraphe, voici une parole peu sûre, et qui mérite d'être accueillie avec grande réserve. En effet, Paul conjugue à l’imparfait, sachant au présent le caractère intrinsèquement mauvais de ses actes passés, liés à l’inexistence de sa foi d’alors en dépit de ses "ardeurs: au présent, il est plein de reconnaissance à proportion de ce qu’il était vide de foi et subséquemment, d’espérance et de charité. Mais pour ce qui est d’être pécheur, bien qu’il ait à l’évidence [39, APR note 70] rendu les armes et inversé la vapeur, lui qui pourrait être le premier chez qui cela pourrait se conjuguer à l’imparfait, veille au contraire à demeurer réservé sur lui-même en conservant explicitement le présent sur cet état : et moi le premier, je suis pécheur. Non par pieuse forfanterie, mais afin de pouvoir accueillir sans réserve –et sans frein- la manifestation de la générosité du Christ. « … et il commença à se trouver dans la misère. » Car là où se trouve la misère, la miséricorde peut se manifester ; là où elle se perd en se cachant -ou en étant priée d’être vue ailleurs [1, notes 10,11], notamment par voie sacrificielle [40]-, la miséricorde se perd en se cachant et va manifester sa générosité ailleurs. Quant à l’exemple de son ersatz à boîte automatique [41], il mérite d’être accueilli dans la réserve… de bois : pour peu qu’il soit combustible, il pourrait ainsi assurer le chauffage. Pour l’hiver seulement : sûrement pas pour les siècles des siècles !

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Commentaires

Sympathique travail, merci pour votre aide et notez en premier lieu que je suis entièrement d'accord ! Permettez-moi d'insister, oui votre billet est sincèrement très bon, je pensais à ça en + la semaine dernière... Merci encore !

Écrit par : poele a granulés | mardi, 19 octobre 2010

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