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lundi, 13 septembre 2010

À l'un, je dis : 'Casse-toi', et il se casse ; à l'autre : 'Chien', et il vient mettre aux abois.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,1-10. [*]|(*)(*)(*)(*)/(*)
Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, Jésus entra dans la ville de Capharnaüm.
 Un centurion de l'armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir. Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave. Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison. Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue. » Jésus était en route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; à l'un, je dis : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. » Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! » De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé. 

Subsisterait-il des divisions entre Matthieu et Luc, pour qu'on reconnaisse celui d'entre eux qui a une valeur éprouvée ? Ce que l’on reçoit de l’un s’opposerait-il à ce que l’on reçoit de l’autre ? En réalité, s’il existe des variations notables dans la forme de leurs deux récits, le fond proclame la même chose : l’admiration [1][2,p.2] de Jésus face à la foi de qui est moins censé représenter la communion avec Dieu que le culte des idoles [3, APR note 44] ; entre les pharisiens, les scribes, les juifs en général, et un centurion de l'armée romaine, les différences ne se limitent pas à l’uniforme ! Les ressemblances non plus : « je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit » ne rappelle-t-il pas un certain fils puîné « ne méritant plus d'être SPQR.CQFD.jpgappelé fils » [4, APR note 10] ? Encore que notre centurion ne puisse, lui, être suspect d’avoir gaspillé sa fortune en menant une vie de désordre : au contraire n’a-t-il pas été avare de son argent pour construire une synagogue là où, dans le contexte culturel qui est le sien, il eût été moins incongru d’imaginer un temple à la gloire de César, Mercure ou quelque divinité païenne ? Simultanément, ne rappelle-t-il pas le père des deux fils, ayant des soldats sous ses ordres ; à l'un, il dit : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à son esclave : 'Fais ceci', et il le fait ? Notons à cet égard cette différence d’appellation entre Matthieu et Luc : chez ce dernier, "l’esclave" –sur lequel subsiste une consonance péjorative, vide de liberté et pleine de soumission servile- est plutôt un "serviteur" chez le premier. Chez l’un comme chez l’autre, au-delà des mots la situation reste cependant identique : inversement, dans notre monde moderne se félicitant d’avoir aboli tout esclavage officiel, imaginerait-on le patron de quelque PME faisant montre d’une telle sollicitude à l’égard de l’un de ses employés : celui-ci étant malade, sur le point de mourir ? Il n’est pas jusqu’à certaines maisons domestiques de frères d’Église –hors tout contexte maître/subalterne- où l’on aurait peine à… être dans l’admiration sur cet aspect précis ; notamment lorsqu’on ne dit pas seulement un mot de sa propre maladie [5, APR note 24] auprès de qui on ne tient pas beaucoup : moins qu’un esclave ! On pourra y envoyer plus tard tous les amis du monde : de retour en de telles maisons, n’y trouveront-ils que matière à pleurs et grincements de dents [6]. Mais plus d’"esclave: ni malade ni en bonne santé [7!

______C’est dire qu’aujourd’hui comme hier, Jésus n’accorde pas une guérison selon les "mérites" de chacun : c’est-à-dire, selon ses manifestations extérieures visibles de "défense de la cause de Dieu avec une ardeur jalouse"[4, note 39]. Pas même selon l’appartenance officielle à l’Église, donnant "le droit" –ou "le devoir"(sic) … du pratiquant non croyant [8, note 25]- d’assister à ses réunions : ne paraîtrait-il pas qu’il y subsiste des divisions [9? « Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver » : ce centurion romain, nommément donné comme exemple [10] à la foule qui suivait Jésus (alors qu’il n’est pas même visible dans cette version de Luc : déléguant à des envoyés de confiance, "apparentés officiels" locaux), avait-il seulement le droit d’entrer sous le toit de la synagogue construite par lui ?… Lui qui est un subalterne, qui parle immédiatement des soldats sous ses ordres, à quels ordres répond-il au-dessus de lui ? On pense non moins immédiatement à ses officiers supérieurs. Mais s’il n’avait pas le droit d’entrer dans la synagogue (non-droit ne relevant en rien de quelque extrapolation imaginaire, puisque actuellement observé en maintes "synagogues"[11]…), il obéissait là à une autorité [12] qui, politiquement, était censée être subalterne puisque appartenant à Israël : nation occupée !
______Et pour qu'on reconnaisse la valeur éprouvée ce que Jésus n’accorde pas une guérison selon les "mérites" de chacun, la version de Matthieu [13] ne se conclut-elle pas par une guérison encore plus impressionnante que celle –pourtant effectuée à distance- du serviteur d’un occupant païen, rompant définitivement avec toute limite "méritoire" ? En effet… après la guérison d’une belle-mère [14][15, notes 36], que pourrait-on dire ? Pour ce qui est de commencer à faire des critiques, ayons soin de les confier à l’Apôtre habituel :      

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,17-26.33. (*)/(*)
Puisque j'ai commencé à vous faire des critiques, je ne vous félicite pas pour vos réunions : elles vous font plus de mal que de bien.
 Tout d'abord, quand votre Église se réunit, il paraît qu'il subsiste parmi vous des divisions, et je crois que c'est assez vrai, car il faut bien qu'il y ait parmi vous des groupes qui s'opposent, pour qu'on reconnaisse ceux d'entre vous qui ont une valeur éprouvée. Donc, quand vous vous réunissez tous ensemble, ce n'est plus le repas du Seigneur que vous prenez : en effet, chacun se précipite pour prendre son propre repas ; alors l'un reste affamé, tandis que l'autre a trop bu. N'avez-vous donc pas de maisons pour manger et pour boire ? Méprisez-vous l'Église de Dieu au point d'humilier ceux qui n'ont rien ? Que puis-je vous dire ? vous féliciter ? Non, pour cela je ne vous félicite pas ! Je vous ai pourtant transmis, moi, ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.[…] Ainsi donc, mes frères, quand vous vous réunissez pour ce repas, ayez soin de vous attendre les uns les autres.

______Ainsi donc, il est bien entendu que ce que Paul proclame ici est postérieur au récit du centurion de l’armée romaine. Il n’en demeure pas moins que ce « faites cela en mémoire de moi »  se fait également en mémoire de lui ! En effet, il apparaît que subsiste sa parole : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. » avant chaque fois qu’est mangé ce pain et qu’est bu à cette coupe… le mangeur/buveur en réunion s’identifiant alors non plus à un prestigieux centurion, mais à son serviteur. Celui-ci « fait cela en mémoire du Maître », mais n’est pas le maître : c’est le repas du Seigneur qu’il prend. Et si le Seigneur ne s’est pas gêné à être dans l’admiration d’un homme qui, au regard de critères mondains, n’aurait sans doute pas eu "le droit" de prendre part au dit repas, il va sans dire qu’à plus forte raison Il ne laissera pas sans rien l’invité de "droit"[16]. Ainsi donc –c’est Paul qui le souligne-, chaque fois qu’est mangé ce pain et qu’est bu à cette coupe… dans la précipitation, ce n'est plus le repas du Seigneur qui est pris, mais son propre repas. Ce n’est plus « faire cela en mémoire de Lui », mais faire cela en mémoire de soi-même : « Lui » n’étant plus que la projection [17, notre 57] de soi. C’est enfin perdre inconsidérément "le droit" de venir le trouver… tout en s’en sentant le droit : « mais dis seulement un mot… » se réduit alors à une demande de formule m10.gifagique [18].
______Mais qu’entendre par "se précipiter" ? Comment peut-il se faire que l'un reste affamé, tandis que l'autre a trop bu ? N’y en a-t-il pas pour tout le monde ? De fait, s’il n’y en a pas pour tout le monde [19], c’est bien le signe que ce n'est plus le repas du Seigneur, que la félicité [20][21] n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui n’est guère étonnant, puisqu’il s’agit alors de proclamer la mort du Seigneur, jusqu'à… l’issue de secours [22][23] : la précipitation fonctionne également à rebours [24, APR note 23]. "Se précipiter", ce n’est pas tant être en retard (ou alors, ce serait être très en retard !), craindre que le train [25][26] parte à heure fixe -et parte naturellement sans nous-, bousculer tout le monde sur son passage, etc. : c’est surtout ne pas prendre la peine d’avoir le bon vêtement [27] pour le repas… Pas étonnant non plus qu’en l’occurrence, le vêtement de croque-mort [28][29][30][31][32][33] laisse l’un affamé ("jusqu'à ce qu'il vienne" suggérant pourtant assez qu’il n’y a pas de corps mort à croquer !…), l’autre ayant trop bu : l’un et l’autre n’en faisant d’ailleurs qu’un, ayant étrangement trouvé comme une unité ; dommage que celle-ci fût également à rebours

En effet, si ce n'est plus le repas du Seigneur que prend avec précipitation le croque-mort, qu’a-t-il donc à son menu [34] ? Il semble que celui-là n’apparaît nulle part dans ces critiques sévères de l’Apôtre, alors que son simple énoncé pourrait avoir quelques intéressantes vertus pédagogiques : comme, par exemple, celle d’un dégoût [4, note 7][35][36] assez substantiel pour entretenir avec un enthousiasme moins mesuré le soin de s’attendre les uns les autres. Car si de telles réunions font plus de mal que de bien, ne convient-il pas de s’informer en priorité de ce qui est mangé et bu avant que d’en constater amèrement les fruits en aval [37, note 59], là où par définition, le mal est déjà fait ? Il semble à cet égard que de facétieux serveurs n’aient pas jugé bon de nous présenter la version intégrale de la carte du Patron : vraisemblablement ont-ils voulu garder à "l’établissement" une atmosphère bon enfant, orientée love and peace, et préservée de tout souci risquant de "traumatiser"© leur aimable "clientèle" jusqu’à l’inciter à fuir. S’ils tenaient beaucoup à cet objectif, force est de constater qu’ils en obtiennent l’effet inverse : le croyant se disant non pratiquant n’étant jamais que l’avatar visible et massif du plus confidentiel pratiquant non croyant… le premier exemple [4, note 39] de celui-là ne datant pas d’hier, puisque incarné par un certain… Saul de Tarse ! C'est pourquoi il sait de quoi il parle, dans la version intégrale de la carte du Patron. S’il est fréquent d’opérer quelques raccourcis au fil des jours d’un imposant calendrier liturgique, l’important n’est-il pas que l’essentie1026986239.jpgl en soit préservé ? « L’important, c’est de connaître et d’aimer ce qui est essentiel. Ce sans quoi nous allons nous étioler ; ou ce sans quoi nous n’allons pas, finalement, assumer de façon heureuse le dessein qui est le nôtre… » [38, APR note 30] Or, il se trouve que dans cette partie de sa lettre aux Corinthiens, Paul nous livre l’essentiel de ce qui fonde sa foi ; et par conséquent, celle des disciples à venir après lui. C'est pourquoi il serait dommage de s’en priver : qui sait si, sans la partie manquante (c’est-à-dire, ici les versets 27 à 32 du chapitre 11), nous n’irions pas, finalement, assumer de façon heureuse le dessein qui est le nôtre ? « Patron : la carte, je vous prie ! TOUTE la carte : avec le village des irréductibles 27 à 32 ! » Ce village n’étant mentionné sur aucun des sites à vocation de suivi liturgique, réunis tous ensemble dans une partie endiablée de saute-mouton entre les versets 26 et 33, on le trouvera fort heureusement partout où la Bible est proposée en ligne, fusse sans commentaires ajoutés. Voici donc le chaînon manquant […] :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,27-32.
C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s'éprouve soi-même, avant de manger ce pain et de boire cette coupe
[9][39] ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur mange et boit sa propre condamnation [40, APR note 15]. Voilà pourquoi il y a parmi vous tant de malades et d'infirmes et qu'un certain nombre sont morts. Si nous nous examinions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés ; mais le Seigneur nous juge pour nous corriger, pour que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.

            Et voilà pourquoi cette partie du menu est-elle soigneusement gommée : un tantinet lourde à l’estomac, commercialement invendable, "psychiquement"© "culpabilisante"© à mort, remarquablement productive en matière de maladies et d'infirmités : aller simple pour la Pathomanie [41] ! Voilà pourquoi il y a parmi vous tant de "malades"© infirmés [42], puis malades fabriqués [43, APR note 26] à la chaîne (ou enchaînés à la fabrique [44]), et qu'un certain nombre sont morts [45][46, notes 27 à 29][47] … ou font mourir [48][49]. Si nous nous examinons nous-mêmes le nombril (de précieuse qualité : à ne pas gaspiller [50,3]), nous ne serons pas jugés ; et le Baigneur [51] nous juge nos "malades"© pour nous aider à les corriger (non fraternellement [52]), pour que nous ne soyons pas condamnés avec le monde, mais que le monde de Lilliputes [53] nous aide à les CONDAMNER [54, note 24]. Pilule difficile à avaler [55, notes 20,21] sur le moment, chez les coupables (actifs+passifs) de ces diverses forfaitures dont les fruits ne sont plus à éprouver, mais que chacun se rendorme : c’est de nouveau l’heure de la sieste. En effet, grâce à nombre de bergers "compatissants"©[56] envers le poids supplémentaire de la seconde tête indiscernable de leurs brebis [57], il leur est gentiment servi un digestif afin de la rendre plus facile à avaler : sans plus attendre, le corps et le sang du Seigneur…

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