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mercredi, 22 septembre 2010

Et si les gens refusent de se laisser cueillir, sortez la vrille en faisant partout des trous dans leurs têtes.

Orange Mécanique.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,1-6.
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Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ;
 il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons. Il leur dit : « N'emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n'ayez pas chacun une tunique de rechange. Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y ; c'est de là que vous repartirez. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

         Secouer la bourse de ses perceptions en sortie de ville fut en son temps un témoignage pour les gens allégés de leurs contributions auprès du collecteur d’impôts [1! Il est vrai que celui-là est plutôt envoyé proclamer le règne de César [2] et faire des ponctions. À moins de vouloir obtenir de sa part quelque bouclier fiscal, ceux qui cherchent en lui leur refuge ne doivent pas être légion : ne lui reproche-t-on pas comme un mensonge d’en ajouter à la parole de César –dont la garantie est déjà discutable en soi- pour son propre profit ? De lui s’approche le mensonge et la fausseté, lui donnant la richesse : accorde-t-il seulement de quoi subsister à qui il laisse dans la misère ? Car lui, c’est dans l’abondance qu’il pourrait être devenu un voleur, et profaner ainsi le nom de son Dieu… si tant est qu’il n’en fusse pas à Le renier en disant : « Le Seigneur n'existe pas. »

Livre des Proverbes 30,5-9. (*)/(*) 
Toute parole de Dieu est garantie ; c'est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui leur refuge.
 N'ajoute rien à sa parole : il te le reprocherait comme un mensonge. Seigneur, je ne te demande que deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure ! Éloigne de moi le mensonge et la fausseté, ne me donne ni la pauvreté ni la richesse : accorde-moi seulement de quoi subsister. Car, dans l'abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur n'existe pas. » Et, dans la misère, je pourrais devenir un voleur, et profaner ainsi le nom de mon Dieu.

            Bien que nous soyons revenus à Luc, avons-nous quitté Matthieu ? Car, par contraste avec ce passage des Proverbes, n’en mesure-t-on pas mieux la réputation sulfureuse que ce dernier pouvait drainer au cours de son activité profane ? Un publicain allant de village en village et faisant partout des ponctions, voilà qui n’annoncerait pas de bonnes nouvelles ! Et si les gens pouvaient refuser de l’accueillir en secouant la poussière de leurs pieds (après lui avoir botté l’arrière-train ?), c’est pour lui que ce serait le témoignage… d’une popularité passablement en berne. Quant à trouver l'hospitalité dans une maison… n’y ajoutons rien. Encore n’est-ce là que l’aspect externe et social du personnage : même en lui faisant la grâce de lui accorder que dans un aspect plus intérieur, il puisse chercher personnellement à se détourner de la voie du mensonge, à observer ses préceptes sans en détourner aucun en devenant un voleur, il reste entaché d’une étiquette lui collant à la peau : dressant sur une confrérie amassant un monceau d'or ou d'argent le spectre de l’amour de tout mensonge. « Jamais un arbre mauvais ne donne de bons fruits » [3: à tort ou à raison, la collecte d’impôts ne passant pas pour des meilleurs arbres, le fruit est traité à l’avenant… ne détournant en rien de la voie du mensonge, lorsque l’arbre est perçu à tort comme mauvais.

Psaume 119,29.72.89.101.104.163. (*)(*)
Détourne-moi de la voie du mensonge, fais-moi la grâce de ta loi.
  
Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche, plus qu'un monceau d'or ou d'argent.
  
Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.
  
Des chemins du mal, je détourne mes pas, afin d'observer ta parole.
 
Tes préceptes m'ont donné l'intelligence : je hais tout chemin de mensonge.
 
Je hais, je déteste le mensonge ; ta loi, je l'aime.

            Dans l'abondance, on peut aussi Le renier en disant : « Le Seigneur existe » [3, APR note 28]… tout en Le faisant mentir [4, APR note 33] parce que témoignant chez les gens [5][6] de faire [7, note 2] comme s’Il n’existait pas [8] : c’est-à-dire, en ne cherchant plus que "bâton, sac, pain, argent, tunique de rechange" et d’autres garanties, d’autres boucliers, d’autres refuges [9] : chacun éloignant de Lui aussi sûrement qu’ils rapprochent du mensonge et de la fausseté, plombant si efficacement l’intelligence que la perspective va s’inverser, lorsque l’arbre –moyennant l’usage abondant d’un bouclier sémantique faisant observer en trompe-l’œil quelque autorité à détourner des chemins du mal- est perçu à tort comme… "bon". Bien sûr, « jamais non plus un "bon" arbre ne donne de mauvais fruits »… ces derniers fussent-ils dans l’abondance [10][11][12]. Et, dans cette misère, demandons-nous seulement en quoi subsiste la grâce de la loi du Seigneur. Ceci après avoir accordé le dire au faire :

Gnome 119,29.72.89.101.104.163. (*)/(*)(*)
1058915085.jpgDétourne-moi de la voie de la vérité, fais-moi la grâce de ta loi : je me sens tellement mieux après
[13, note 6] ! 
Le malheur de Paul
[14] Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche [15], plus qu'un monceau d'or ou d'argent. 
Pour toujours
[16][17], ta parlote [18], Baigneur [19], ferait dresser les cheveux [20] chez qui tu ne détournerais pas son intelligence. 
Dans les chemins du mal, je suis tes pas, afin d'observer ta parlote.
 
Tes préceptes m'ayant siphonné l'intelligence
[21, 1] –à commencer par celle du mal [22]-, je hais tout chemin de vérité. Je hais, je déteste la vérité ; ta loi, je l'aime… bien qu’elle soit extraordinairement vague [23].

            S’il va de soi que dans un réel qui est là, pour tous [24, AV note 41] (quoique essentiellement tous les bien-portants), une si détestable proclamation va être reniée avec abondance alors même qu’on dit : « Le Baigneur existe » (pour ceux qui cherchent en lui leur refuge), subsiste ce qui en reste le témoignage : détester la vérité, cela commence à l’évidence [25, APR note 70] par la renier, puis se donner pouvoir et autorité pour la réduire à un pauvre esprit "malade"© dominant [26][27, notes 46].

            Loin de toutes ces chimères [28], retournons sur la voie opposée : celle de Matthieu. Nageait-il sur un monceau d'or ou d'argent ? Quoi qu’il en fût, il était certes plus proche de la richesse que de la pauvreté : offrant hier plus largement qu’un confidentiel pot de départ, dans sa maison trouvaient l’hospitalité ses amis comme des relations moins avenantes à son égard : la plupart ayant au moins en commun de ne rien avoir à lui rendre [29] à cette occasion. Vraisemblablement habitué à un train de vie plus fastueux que la moyenne, -parallèlement, aux calculs de transactions assez complexes et prenantes pour ne pas seulement avoir le loisir de se demander si le Seigneur existe ou non (!)- il est néanmoins l’un de ces Douze [30] à qui est dit : « N'emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n'ayez pas chacun une tunique de rechange. » Ce qui procède déjà d’un saut qualitatif dans l’inconnu –sous la grâce d’une confiance absolue dans la garantie de la parole de Dieu- chez celui qui ne possédait guère davantage que sa force de travail (une barque et des filets [31], par exemple), devient impensable pour qui chercherait en l’or ou l’argent sa valeur-refuge [32] ! C’est dire que si notre collecteur d’impôts n’est pas, tranquillement -et comme si de rien n’était-, retourné à son office après avoir été appelé (pas même en ayant le louable souci d’observer alors une parfaite transparence auprès de ses contribuables), s’il s’est efforcé de réparer ce qui était à sa portée, il lui est à présent demandé de trouver l’hospitalité à son tour sous des conditions matérielles si minimales qu’elles pourraient légitimement apparaître comme misérables pour qui est –ou fut !- dans l’abondance : ce sera un témoignage d’autant plus édifiant pour eux. "Eux" étant ceux qui n’ont guère davantage que de quoi subsister : à commencer par son ancienne "clientèle", étant a priori plus encline à refuser de l’accueillir qu’un pêcheur reconverti !…
            Mais dominer tous les esprits mauvais, n’est-ce pas aussi surmonter de part et d’autre les préjugés les plus tenaces ? Sans compter qu’il n’est pas donné à tout le monde de s’entendre annoncer la Bonne Nouvelle (nette d’impôts : ce qui la rendrait encore meilleure si elle s’imposait ; mais elle se propose seulement) et se faire guérir par un ex-percepteur…

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