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vendredi, 24 septembre 2010

Pour le chat qu’expire, que suis-je ?

Montage Shakespiolle.jpg

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-22. (*)/(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)/(*)(*)(*)
Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »
 Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui serait ressuscité. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. » Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » (*)/(*)(*)(*)

         À l’écart de palais princiers, revient comme en écho la question : « Mais qui est cet homme ? » [1], les réponses ne variant guère selon qu’elles proviennent des disciples ou de l’entourage d’Hérode. Certains disent Jean Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres encore un prophète d'autrefois qui serait ressuscité : il n'y a rien de nouveau sous le soleil ! À cela, quoi d’étonnant puisque les uns comme les autres ne répondent pas pour eux-mêmes, mais pour ce qu’ils ont entendu dire de la foule ? « Mais qui est cet homme ? » : naturellement, l’écart se creuse dès lors que ce n’est plus un prince curieux qui interroge, mais cet homme : l’intéressé en personne. Étant physiquement présent à ses disciples, Il leur rend plus difficile la tentation de se calquer sur ces hypothèses (notamment celle d’un prophète d’autrefois !) émises par une foule plus anonyme, n’étant pas toujours où Lui se trouve. Eux non plus, du reste, puisque Il ne dédaigne pas aller prier à l’écart : ceci tout particulièrement avant de poser des actes engageant Ses disciples… ou -comme ici- leur apportant quelque révélation éclairant les conséquences de cet engagement, afin que celui-ci s’inscrive dans la durée et dans le libre consentement de leur esprit. Pas d’illusions de gourou [2] frottant dans le sens du poil –notamment par l’exploitation des vives espérances messianiques caractérisant l’époque- ou de promesses éthérées d’un grand soir dans ce qu’Il leur exprime : au contraire si peu conforme à ce qu’attend la foule qu’il leur est vivement défendu de le révéler à personne avant l’accomplissement.
______« Mais qui est cet homme ? » Les protagonistes étant cette fois "cet homme" Lui-même, ainsi que Ses disciples, l’interrogation n’est en rien dictée par la curiosité… mais par la nécessité du moment : que les disciples soient disciples en se distinguant notablement de la foule. S’ils disent ce que dit la foule, ou les disciples sont une foule… ou c’est Jésus qu’ils mettent à l’écart afin de suivre la foule
 
______« Pour la foule, qui suis-je ? » Ils sont plusieurs à répondre : non point tant à cause de la pluralité de ces réponses, mais parce que celles-ci n’engagent jamais que la foule, pas eux. Pas encore…

______« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Ici, plus de tergiversation possible, la foule étant priée d’être mise à l’écart… et les disciples au pied du mur ! À cette aune, ce n’est pas la foule qui répond, mais on imagine un temps pour se taire : un moment de silence -un rien gêné aux entournures, cette seconde question appelant une seconde réponse… distincte de la première-, un temps pour chercher : enfin, seul Pierre prendra la parole et répondra : « Le Messie de Dieu. » Bonne réponse… mais foin du triomphalisme prématuré d’un temps pour s'embrasser : c’est aussi un temps pour déchirer les ardeurs du disciple s’imaginant retiré du temps : tiré d’affaire parce que disciple, jusqu’à se tirer d’affaire en se défendant vivement de s’extraire du cercle réconfortant des disciples [3]. Non seulement le Fils de l'homme n’est pas un VRP proposant -à lampion8.jpgdes tarifs défiant toute concurrence- le contrat d’assurance du siècle, embrassant du début jusqu'à la fin tous les risques possibles et imaginables [4, notes 5 à 16], mais Il… ressuscite. Il ressuscite ? Alors, tout va bien : Pierre a décidément répondu ce qu’il fallait. Oui mais… ressusciter ne demande-t-il pas au préalable une condition moins réjouissante : celle de quelques mauvais moments à passer, desquels on ne saurait s’échapper par la pirouette d’un temps pour soigner [5][6] ?

Livre de l'Ecclésiaste 3,1-11. (*)/(*)(*)(*)(*)/(*) 
Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel :
  
un temps pour engendrer, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher.
  
Un temps pour tuer, et un temps pour soigner ; un temps pour détruire, et un temps pour construire.
  
Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser.
 
Un temps pour lancer des pierres, et un temps pour les ramasser ; un temps pour s'embrasser, et un temps pour s'abstenir.
 
Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter.
 
Un temps pour déchirer, et un temps pour recoudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler.
 
Un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour faire la guerre, et un temps pour faire la paix.
 
Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu'il prend ?
 J'ai vu toutes les occupations que Dieu donne aux hommes. Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l'esprit de l'homme, et pourtant celui-ci est incapable d'embrasser l'œuvre que Dieu a faite du début jusqu'à la fin. 

         Serait-ce parce que l'homme est incapable d'embrasser l'œuvre que Dieu a faite du début jusqu'à la fin qu’il prend la peine de brûler moult cierges à saint Paletan [7], ayant vu –grâce à l’Ecclésiaste !- que c’est Dieu qui donne aux hommes toutes ses occupations ? Quel profit en retire-t-il ainsi ! Ce n’est pas que la question « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » ne l’intéresse pas, mais la journée ne dure jamais que vingt-quatre heures : toutes ces occupations (puisque c’est Dieu qui les donne, de quoi se plaindrait-Il ?) rendent malheureusement impossible [8] d’y répondre dans les délais impartis. N’avez-vous pas lu l’Écriture [9] ? Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel !
         Sans doute, mais tous ces temps qu’énumère l’Ecclésiaste ne donnent-ils que du bon temps ? De ce qu’on en voit, n’y a-t-il pas alternance entre le bon et le mauvais, chaque chose y paraissant aussi évidente que le Messie de Dieu ne l’était pas aux yeux de Ses contemporains… et des suivants ? « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »(du verbe suivre !) : l’Ecclésiaste… ou Jésus que l’on prierait alors d’aller un peu à l’écart, le temps d’y voir plus clair ? Mais pourquoi les opposer, toutes les choses que Dieu a faites étant bonnes en leur temps ? Ce serait opposer le Messie de Dieu à Dieu : absurde. Dieu a mis toute la durée du temps dans l'esprit de l'homme… ne serait-ce que pour qu’il prenne la peine de distinguer toutes les choses que Dieu a faites, des choses que lui-même fait au cours de toutes ses occupations. Ce qui inclut les choses que lui-même fait : l’homme n’étant pas Dieu, tout ce qu’il fait n’est pas nécessairement bon. Dieu merci, tout ce qu’il défait n’est pas nécessairement mauvais non plus !

 

(Qui irait reprocher, par exemple, à un entrepreneur d’abattre un immeuble vétuste menaçant de s’écrouler sur les passants ; à un démolisseur de réduire en cube de ferraille une auto devenue dangereuse à ses occupants comme à la sécurité des autres usagers de la route  [ la vidéo ci-dessus, mêlant les genres, n'entre pas dans cette catégorie ! ]; à un médecin d’amputer une jambe gagnée par une gangrène menaçant le pronostic vital de son patient, etc. ?) Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps : serait-ce à dire que toutes les choses que Dieu a faites soient moins bonnes –voire mauvaises !- hors leur temps ? Ce serait comme dire que Dieu est "moins" Dieu : encore absurde. D’autant que si Dieu embrasse son œuvre du début jusqu’à la fin, celle-ci s’inscrit donc dans le temps, mais Lui est hors du temps : hormis cette incursion il y a quelque deux mille ans, sous les traits d’un Messie de Dieu disant : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». (Précisément est-ce parce qu’Il est retourné hors du temps… que cette interrogation ne saurait se conjuguer à l’imparfait…) L’Ecclésiaste non plus ne conjugue pas à l’imparfait : toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps : ce temps pouvant indifféremment remonter à trois ou dix siècles, à maintenant, dans une heure ou au prochain millénaire. Car il n'y a rien de nouveau sous le soleil [1, APR note 3] : l’Ecclésiaste ne se contredira pas lui-même ! Dieu étant hors du temps, les choses qu’Il a faites, elles, demeurent dans le temps puisque elles sont bonnes en leur temps. Demeure également ce conditionnement des choses à un temps qui est moins celui de Dieu… que celui de l’homme : c’est par conséquent l’homme qui répond des choses de Dieu, l’homme qui les corrompt en les retirant de leur temps afin d’en tirer profit dans son temps. Nul besoin d’en chercher très loin l’exemple le plus emblématique, puisqu’il se trouve dans l’Évangile. Par qui faut-il que le Fils de l’homme souffre beaucoup ? Toujours pas de horde de Huns [10] sanguinaires à l’horizon : les anciens, les chefs des prêtres et les scribes constituant l’élite des enseignants des choses de Dieu ! Si défendre la cause de Dieu avec une ardeur jalouse [11][12, note 4/2] suffisait à garantir d’en préserver immanquablement la bonté des choses qu’Il a faites, il semble qu’il y aurait là quelque chose de nouveau sous le soleil ! Jusque au cœur de notre temps, le disciple n’est-il pas également interrogé sur la première question : « Pour la foule, qui suis-je ? » (de nouveau avec le verbe suivre? Autrement dit : de qui (et de quoi) suis-je le témoin [13] ? Des choses de Dieu, vraiment [14, note 91][15][16][17] ? ou des choses de la foule parce qu’"il le faut", tant "elle souffre beaucoup"… de rejeter ce qui n’entre pas sous son ciel ?

         De ce qu’on voit de l’Ecclésiaste, n’y a-t-il pas alternance entre le bon et le mauvais, chaque chose y paraissant aussi évidente que le Messie de Dieu ne l’était pas aux yeux de Ses contemporains… comme des nôtres ?
         Il y a un temps pour engendrer, et un temps pour mourir. Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qu’est-ce qui est bon : engendrer ? Qu’est-ce qui est mauvais : mourir ? Il faut que -sans être rejetées- les réponses toutes faites souffrent un peu, qu'elles soient elles-mêmes relatives aux choses que Dieu a faites… et que ces choses soient en leur temps. Dans un réel qui soit là, pour tous [18, AV note 41], est-il si bon d’engendrer la mélancolie [19]… ou la zizanie [20] ? Est-il si mauvais de tordre le cou à l’une comme à l’autre, jusqu’à les faire mourir ?
         Il y a un temps pour planter, et un temps pour arracher. Pour vous, qu’est-ce qui est bon : planter ? Qu’est-ce qui est mauvais : arracher ? Est-il si bon de planter de la marijuana, si mauvais d’arracher les ronces qui étouffent le bon grain [21?
         Il y a un temps pour tuer, et un temps pour soigner. Pour vous, qu’est-ce qui est bon : soigner ? Qu’est-ce qui est mauvais : tuer ? Est-il si bon de soigner ? C’est là une question à poser directement à des dizaines de milliers de "patients"©[22, note 49]  dont on a décidé pour eux –plus exactement, contre eux [8][23]- de ce qui leur était "bon"© !!! Est-il si mauvais de tuer… le temps lui-même ? Question à poser aux mêmes interlocuteurs [24, APR note 13][25]. L’Ecclésiaste aurait-il pu penser qu’un temps pour tuer et un temps pour soigner aillent jusqu’à se confondre en un seul et même temps [26, notes 27 à 29][27, APR note 27][28][29][30].
         Il y a un temps pour détruire, et un temps pour construire. Pour vous, qu’est-ce qui est bon : construire ? Qu’est-ce qui est mauvais : détruire ? Est-il si bon de construire des chenils [31]… ou les concepts [32,6] y conduisant afin de soulager les handicapés d’un temps pour penser ? Est-il parallèlement si mauvais d’en détruire jusqu’aux fondements ? Est-il si bon d’inverser systématiquement le vocabulaire [32, notes 13][33] : d’appeler soigner ce qui est détruire ??? Et vous, que dites-vous ? Croyez-vous que par la seule magie [34] des mots, des choses intrinsèquement mauvaises vont devenir bonnes en leur temps ?
         Il y a un temps pour pleurer, et un temps pour rire [35] ; un temps pour gémir, et un temps pour danser [36]et on gagne du temps ! Las : on pourrait s’en réjouir, mais voilà qu’on en "déprime"©[37]
         Il y a un temps pour lancer des pierres [38], et un temps pour les ramasser [39]… ou les entrouvrir [40] ; un temps pour s'embraser [41][42][43], et un temps pour s'abstenir (toujours de penser [44][45]).
         Il y a un temps pour chercher des poux [46][47][48], et par conséquent du temps à 51eme-etat-2002-12-m.jpgperdre ; un temps pour garder la maison, et par conséquent un temps pour jeter [49][50].
         Il y a un temps pour déchirer [51], et un temps pour recoudre en découdre ; un temps pour parler en présence de son psyvocat [52], et un temps pour se taire [53] : de nouveau un seul et même temps… surtout chez un non comparant [54] ne cherchant pas à faire la guerre, aussi tendue soit son oreille !
         Il y a un temps pour aimer… se faire "protéger"©[55][56][57][58, APR note 29][59][60,7] (les super-héros musclés [61][62][63][64][65][66][67] sont les bienvenus…), et un temps pour haïr ceux qui cherchent la caméra cachée, croyant que c’était pour rire ; un temps pour faire faire [68] la guerre [69][70][71], et un temps pour faire laper [72] (encore un seul et même temps : c’est d’un lassant [73]…).

         En dépit des coupes sombres effectuées via quelques raccourcis, avec un emploi du temps néanmoins aussi chargé, quel créneau horaire le disciple pourrait-il retirer de toute cette peine qu'il prend ? N’avez-vous pas vu toutes les occupations que le Docteur donne aux hommes bien-portants ? Comment trouverait-il encore un moment pour répondre aux interrogations : « Pour la foule, qui suis-je ? » ou « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » ? Qui sait s’il ne trouverait pas des réponses toutes faites dans le grimoire de la construction et de l’habitation [74, note 41] ? On y trouve bien des formules magiques [75] transformant des propriétaires en "locataires"©[76] ! Il est vrai que c’est moins romantique que des crapauds en princes charmants…

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Commentaires

un temps pour rire je vais prendre ça tiens..

en attendant j'adore la photo montage

(mais il y aurait aussi d'autres bobines qui pourraient défiler)

Écrit par : Fafaf | lundi, 27 septembre 2010

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