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samedi, 11 décembre 2010

Élies et eux, ils sont peureux comme ça.

Montage PhilElise.jpg

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podcast
Pierre Groscolas (le vrai !), Élise - 2mn52

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 17,10-13. (*)/(*)(*)
Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? »
 Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de l'homme, lui aussi, va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent (*)(*)(*) qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.

            Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? Parce que s’ils savent écrire, ils savent d’abord lire ! Les disciples n’ont-ils pas lu l’Écriture [1] ? Il est vrai qu’eux sont à meilleure enseigne, ayant la parole du Seigneur incarné : à tel point que ce passage se situe au moment où trois d’entre eux viennent de descendre de la montagne avec Jésus, témoins privilégiés d’un prodige unique. Élie est venu ; au lieu Pierre l’a formellement reconnu –lui qui, a priori, eût pourtant été moins compétent qu’un scribe-, il aurait bien voulu dresser trois tentes [2]. Mais le dessein du Fils de l’homme était de le remettre en place, c’est-à-dire de faire comprendre au disciple que suivre le Maître implique aussi de se préparer à ne pas s’endormir [3] dans l’installation d’une place tout-confort, garantie [4, notes 6 à 8] jusqu’à la fin des temps. Une place de scribe, par exemple : pourquoi disent-ils… et ne font-ils pas [5, APR note 2][6] ? Parce que la place leur est bonne et que –sauf notables exceptions [7][8] chez tous ces scrutateurs de l’Écriture- elle leur permet de faire sentir leur pouvoir [9][10] sur plus incultes [11][12, AV note 32] qu’eux. 

         Et pourtant, ce sont bien les disciples qui comprirent que parler de Jean le Baptiste, c’est parler du précurseur [13] qui, en tant que tel, vient pour remettre tout en place : préparant à travers le désert le chemin du Seigneur [14, APR note 13]. « Et le prophète Élie qui doit venir, c'est lui » [12] : phrase qui a été dite aux disciples avant même qu’ils n’interrogent Jésus à propos de ce que disent les scribes. Or, dans le contexte où elle a été prononcée, il ne leur a pas été demandé de produire un diplôme [15] certifié de scribe -ou équivalent- pour la comprendre : ce en quoi ils eussent d’ailleurs été bien en peine, la plupart venant de milieux [16, notes 1 à 4] plus ou moins modestes qui, pour baigner dans l’Écriture, étaient davantage emportés dans un tourbillon de réalités concrètes si terrestres [17, note 1][18, APR note 6] que le prophète y surgissant est comme un feu… le combustible [19] de ce dernier n’étant pas toujours où on l’imagine, à la mesure de ce qu’il est reconnu ou non [20]. Au lieu de le reconnaître, il lui est fait tout ce qu'on veut. Tout ce qu'on veut ? Précisément est-ce sur la volonté que s’établit la compréhension des disciples, cette compréhension lui étant conditionnée : si vous voulez bien comprendre [12]… mais d’abord entendre ce qu’il y a à comprendre : « Celui qui a des oreilles, qu'il entende [12][21] ! » A priori, sauf malformation interne ou déformation accidentelle, qui n’en a pas ? A posteriori, sauf formation externe spécifique (notamment dans un créneau musical)… ou déformation volontaire [22], qui en a de plus grandes que d’autres ? Qu’il soit scribe, pêcheur [23], collecteur d’impôts [24], juge [25], maître, serviteur ou autre, qui pourrait se glorifier de posséder une ouïe plus développée que celle de son prochain ? Comme il sont redoutables, dans leurs prodiges, ceux qui se glorifient ainsi : s’estimant assez "heureux" pour aller jusqu’à se passer d’entendre ou de voir [26][27][28, notes 2,3][29, notes 47 à 53] dans l’exercice d’une activité unanimement reconnue [30] comme leur permettant néanmoins de "comprendre" ! Afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate [31][32][33][34,im.2], en voilà quelques-uns qui font volontiers venir la famine sur les hommes de Raihël : mais, ayant été sollicités pour mettre tout de sa place, n’ont-ils pas fait tout ce qu'ils ont voulu, eux et leurs Demandeurs [35][36] parlant de qui aura été unilatéralement "entendu"© et "compris"© de volonté "impossible"©[37] ? Pourquoi donc sont-ils réputés "comprendre" ? Justement parce que leurs disciples les "comprennent" d’abord comme possédant une vraie –et longue [38, note 47]- (dé)formation externe [39,p.6] : sans un cursus comparable, qui pourrait se glorifier d'être leur égal, n’est-ce pas ?  

Livre de l'Ecclésiastique 48,1-4.9-11. (*)/(*)(*)(*)
Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche.
 Il fit venir la famine sur les hommes d'Israël (Rm), et, dans son ardeur, en fit périr un grand nombre. Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel [*], et à trois reprises il en fit descendre le feu [*]. Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d'être ton égal ? toi qui fus emporté dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu (*) ; toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu'il est écrit, afin d'apaiser la colère avant qu'elle n'éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob, heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui se sont endormis dans l'amour du Seigneur, car nous aussi nous posséderons la vraie vie. 

            N’est-ce pas amusant ? Si le prophète Élie surgissait de nos jours, si on essayait de le traiter à l’égal de ce qu’on traite un grand nombre de prophètes [40, APR note 47], il ferait descendre le feu… sur des véhicules [41][42][12,im.3] appartenant au valeureux corps des pompiers [43] (les malheureux remportant de nouveau leurs calendriers [44, APR note 31] pour cause de collaboration [45, note 32] et d’"intelligence"© (sic) avec les pyromanes de la santé…) ! Redoutable, non ?
             Redoutable, oui… mais qui doit redouter quoi ? Chez ceux qui, heureux, le verront, se seront endormis dans l’amour du Seigneur, personne n’a rien à redouter : car eux aussi ils posséderont la vraie vie. Alors, pourquoi donc, par la parole du Seigneur, faire venir la famine sur des hommes, en faire périr un grand nombre, fermer le ciel, en faire descendre le feu ? Le prophète Élie aurait-il eu droit à un "régime de faveur" que, dans leur ardeur, Jacques et Jeanproches parmi les proches du Seigneur- se sont vus, eux, vivement refusé [46] ? Pourquoi donc tant de calamités quand, par ailleurs, le Seigneur « console son peuple, parle au cœur de Jérusalem et proclame que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu'elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes » [14, APR note 13] ? Mais quel service a-t-il été accompli, sinon celui qui lui permet d’accéder au pardon de son crime ? Quel service, sinon celui qui permet d’accéder à ce pardon en ne s’étant pas endormi sur l’exact opposé terrestre du feu du ciel : la miséricorde… modèle à boîte automatique [47] partagée par un si grand nombre qu’il n’est pas même besoin [48] de la parole du Seigneur –ou de l’un de ses prophètes- pour CONSTATER, DIRE,CONDAMNER et SUCCOMBER [49, note 11] sous moult famines, actes périssables ou cieux fermés [50][51] à double tour, le tout ne laissant rien en place ?
          Pcadenas.jpgourquoi donc une double punition ?
          La première –et ce n’est pas la moindre- est bien de reconnaître ses fautes [45, APR note 28]en se réveillant de "l’amour" de leur "compréhension" par le biais systématisé [52, note 45] de causalités externes [53] faisant descendre à bon compte le feu sur autrui : les fautes de Jérusalem sont les fautes de Jérusalem, pas nécessairement celles de Pékin ou de New York. À cet égard, vient s’ajouter une tentation subtile… et doublant la faute elle-même, non plus seulement en biaisant comme indiqué plus haut, mais en fermant le ciel d’un autre, l’ayant enfermé dans la peau du "fautif" jusqu’à demander pardon à sa place –voire contre sa volonté formelle !- auprès de qui proclamerait avoir subi sa "faute" : imposture hypocrite [54] en trompe-l’œil d’un faux pardon se faisant "rédempteur" en lieu et place du vrai rédempteur [12, APR note 31]. 
            La deuxième punition est d'apaiser ce qui peut encore l’être… et de réparer [55, APR note 18][56, APR note 32][57,§2] selon les mêmes modalités.

            Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu [14, APR note 13] ? Un peuple qui n’a pas besoin [48] d’être consolé est un peuple qui ne pleure pas [58]. Un peuple qui ne pleure pas, qui lui a appris à fuir la colère qui vient  [45, notes 44,45]? Qui lui proclame que son crime est pardonné sans que jamais il ne lève le petit doigt pour accomplir son service, sans produire le moindre fruit qui exprime sa conversion ? Élie est déjà venu ; au lieu il baptisait, fort peu accueillant au baptême magique [45, note 16] -ramenant le cœur des pères vers les fils et rétablissant les tribus de Jacob comme par enchantement-, n’a-t-il pas reconnu le premier de quelle engeance était un tel peuple ?
            « Et le prophète Élie qui doit venir, c'est lui » : il n’a pas été demandé aux disciples de produire un diplôme certifié de scribe -ou équivalent- pour comprendre. S’il doit venir, c’est déjà reconnaître qu’il a des choses à remettre en place. Et si ces choses-là ne sont pas à leur place, c’est moins de sa faute que de celle d’un peuple à qui on ne demande pas d’être versé dans des sommets brillants de théologie. On lui demande juste d’entendre et de comprendre ce qu’il fait venir par ses propres actes, bienfaits ou méfaits accomplis, chacun à sa place, selon ce qu’il se reconnaît en lui-même (c’est-à-dire, au sein de sa Jérusalem, sans se défausser sur des Pékin ou autres New York qui lui soient étrangers…) : colère ou pardon. Il n’y a pas de "fatalité" derrière laquelle s’abriter… ni de troisième voie.

Deux voies.jpg

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