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jeudi, 30 décembre 2010

Ainsi est secrétée la pensée voilée du malPolic…onsensuel (II).

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,36-40. (*)(*)(*)/(*)(*)
Quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

         Trêve momentanée de méchants : voilà que nous arrive une nouvelle actrice chez les gentils du film ! Nouvelle : le mot est un peu surfait puisqu’elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. C’est d’ailleurs pourquoi le réalisateur a commencé de tourner sans elle : il savait qu’elle viendrait à son heure, mais qu’il ne fallait pas l’attendre. Depuis le commencement, il sait également que parvenu à un âge aussi respectable, le pas n’est plus aussi alerte qu’à vingt ans. Enfin, ce ne sera pas non plus celle-ci qui perturbera outre-mesure nos méchants, là-bas au fond du Temple : déjà qu’à leurs yeux, ce n’était pas ce vieux schnock de Siméon qui les intéressait, ce n’est pas cette vieille folle –ne faut-il pas l’être pour ne pas s’éloigner de ce lieu (où eux rongent tant leur frein depuis des jours et des jours où ils épient en vain), et y servir Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière, par dessus le marché ?- qui correspondra davantage à leur portrait-robot ! Et puis une femme prophète, hein : pourquoi pas un éléphant rose, de nouveau [1, notes 49,50] ? Transposée à notre époque, sa situation est claire comme de l’eau de roche : demeurée veuve après sept ans de mariage, elle ne s’en est jamais vraiment consolée, et "soigne"© comme elle peut son "traumatisme"© en se réfugiant dans une religion compensatoire [2][3,com.6,7] et réconfortante, sans que le problème de fond n’aie jamais été réglé chez elle. Mais nos méchants n’étant évidemment pas versés dans les "grâces" de la "médecine"© moderne, ils se contentent de pousser des soupirs et de hausser les épaules, contenant à grand peine leur agacement. Déjà tout à l’heure, ils ont dû supporter le vieux gâteux et tous ses "délires mystiques"©[4] moins que ce ne fusse une manifestation d’Alzheimer ?…). « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. » Remarquons toutefois que cela leur aura fourni un bon moment de détente. Parce que s’ils ne sont pas là pour rigoler -servant Hérode jour et nuit-, cette diatribe aura néanmoins eu le mérite de les faire pouffer [5] entre eux, depuis chacun de leurs divers postes d’observation disséminés dans le Temple. Car leurs yeux à eux ont également vu à quoi ressemblait "salut, lumière et gloire" à la sauce de ce vieillard qui, à son âge, entreprend de jouer à la poupée [6] ! Bah : tant qu’il aura ensuite rendu aussitôt l’enfant à sa mère, face à toute cette foule, celui-là n’aura eu ni le temps ni le loisir de satisfaire "les désirs égoïstes de sa nature humaine, les désirs du regard", ce fils qui est là n’aura pas provoqué sa chute "pédophile"©.(Il est vrai que c’est Hérode qui règne alors : non ces nouveaux "magistères moraux"©[7, APR note 3] auto-proclamés agissant comme si eux avaient vaincu le Mauvais [8], alors qu’ils n’ont fait que se placer opportunément du "bon" côté de la barrière afin d’apparaître comme les forts de ce monde…) La première fois donc, c’était amusant : mais les meilleures plaisanteries ne sont-elles pas les plus courtes ? Et voilà la vieille qui entre à son tour dans la danse ! Et que je te proclame les louanges de Dieu aux uns, que je te parle du mouflet aux autres. Ceux-là attendent la délivrance de Jérusalem ? Cela tombe bien : nous aussi ! Et de pied ferme, avec cela. Tous ces gens sont décidément d’un pénible avec ce fichu môme : ils finiraient par nous relâcher de cette attention soutenue qui fait notre gloire et notre honneur de sbires du roi Hérode…
         À ce propos, les affreux sbires : oui, vous, les méchants du film ! Avez-vous lu1660420311.jpg l’avant-dernière phrase du scénario du jour [9] ? Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Ne jurerait-on pas du Lucky Luke à la mode "eastern" [1, APR note 27][10,im.4] ? Et les Dalton, alors ? Où étiez-vous ? Où en étiez-vous de votre accomplissement de tout ce que vous avait prescrit Hérode ? Tous les spectateurs ont vaincu leur mauvais sommeil ? Parfait : alors, au moyen du classique flash back, revenons en des temps plus anciens. Non, non, rassurez-vous : ni à la Genèse ni à la préhistoire ! (Le retour à celle-ci [11][12][13][14][15][16][17][18][19][20][21,com.7] devra encore attendre environ deux mille ans…) Simplement il y a quelques instants : que faisiez-vous pendant que vous riiez sous cape durant l’intervention du vieux Syméon ? Vous étiez en train de vous passer discrètement une tablette d’argile. Et dans la salle, les spectateurs ont été littéralement saisis par l’image leur apparaissant en gros plan : il y avait un commandement nouveau ! Et pourtant, il n’y avait rien d’écrit dessus [1, APR note 69]Ce qu’il y avait dessus ? Projectionniste, s’il vous plaît ? Seriez-vous assez gentil pour… [ NB : aussi étrange [22] que cela puisse paraître, le réalisateur a en effet déniché la perle rare : un projectionniste [23, APR note 16] authentiquement gentil ! ] Dites, l’auteur : si vous m’interrompez constamment, nous y serons encore l’année prochaine ! [ NB : ce en quoi le réalisateur n’a pas tout à fait tort… ] Je peux continuer, oui ? À la bonne heure. Projectionniste, donc, seriez-vous assez gentil pour nous faire un léger retour en arrière, puis un arrêt sur image ? Il semble que tout le monde n’aie pas pu profiter de euh… du commandement nouveau ! Et là-dessus, voilà que le réalisateur pouffe à son tour ! Ce que c’est de fréquenter des méchants : aurait-il viré de bord ? Nenni : ce qui l’amuse tant, c’est ce qui existe depuis le commencement et dont le souvenir a disparu de nos jours. En effet, qui soupçonnerait aujourd’hui que le peuple Juif puisse ici revendiquer la paternité du "téléphone… arabe" [24] ? Récapitulons les sources du portrait-robot dont disposent nos méchants : les chefs des prêtres et les scribes d’Israël [1, note 68][25, APR note 17], eux-mêmes servant jour et nuit un Hérode dont la sérénité n’est pas vraiment le trait le plus dominant : un Hérode que ne laissent pas indifférents les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse : tout cela lui donnant plutôt envie d’y demeurer… et lui rendant impossible le consentement [26] à partager la galette du pouvoir [27][28]. Aussi n’agrée-t-il point la perspective de tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem : ceux-là n’étant d’ailleurs pas les derniers à projeter [23, APR note 16]pas méchamment (!)… mais pas davantage selon la vérité [29, APR note 55]- la lumière pour éclairer les nations païennes, et la gloire d'Israël [1] annoncée par leurs prophètes dans une incarnation moins spirituelle que politique. Accessoirement, cette attente de la "délivrance de Jérusalem" n’est pas dans le monde sans stigmatiser Hérode comme le tyran du moment ! C’est dire que des plus jeunes aux plus anciens, la cause de béatification [30] du roi de Judée n’est pas à l’ordre du jour. Les ordres, c’est lui qui les donne, et lui seul. Les ordres, c’est d’éteindre [31][32] la lumière : sans doute est-il également soucieux que les nations païennes ne soient pas éblouies [33, APR note 15] ? Aussi convient-il de ne pas s’étonner (les sbires de Hérode eux-mêmes n’étant pas coupés du peuple, pris en sandwiches entre ses aspirations, celles du roi et leurs siennes propres) "de tout ce qu’on dit de lui" [1]lorsque ce n’est pas Syméon qui le dit ! Voici donc, en exclusivité mondiale, le résultat final : c’est-à-dire, la "lumière pour éclairer les nations païennes, et la gloire d'Israël"… version méchants du film :

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         Et voilà ! Vous connaissez ce qui existe depuis le commencement : quand il s’agit de motiver les troupes en leur pardonnant d’avance de ce qu’elles s’en prennent au gentil de l’histoire, on n’a jamais trouvé mieux que de leur faire passer celui-ci pour le méchant, voire le super-méchant lorsque entrent en jeu des questions de pouvoir. De la sorte, pouf pouf [34] ! à leurs propres yeux, les méchants du film se passent entre eux pour des "gentils". Certes -et Jean nous le rappelle-, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais… ce train n’étant toujours pas un TGV [1, notes 7,8], le voyage continue : intersidérant [35], non ?  

Jésus ? Trop facile : il n’a absolument aucun texte à apprendre : le beurre, et l’argent du beurre [1, APR note 39] ! Ce que nos spectateurs grognons avaient alors omis –et les méchants du film avec eux-, c’est que notre guest star est non seulement gentille mais… Super-Gentil en personne ! Depuis, nous en connaissons d’autres, il est brai [36][37][38]. Eux également sont très forts pour la chasse [39][40] au super-méchant. Cependant, ils ne sont pas sans présenter une ou deux difficultés particulières [41]. Tout d’abord, il arrive à nos spectateurs –grognons ou pas- de quitter la salle de temps en temps. Parce qu’il faut bien l’avouer, quel que soit leur amour du monde, le fait est qu’ils sont dedans : ce que des spécialistes bien informés –et s’enorgueillissant de riches et longues années d’études [42,im.2, APR note  32] à cet effet- nomment un réel qui est là pour tous [43, AV note 41]. Tous ? Oui, oui : tous. Sauf les nouveaux collègues de Super-Gentil : pas de chance… Tant et si bien que si quelqu'un connaît de gros problèmes avec un super-méchant, il ne lui reste plus qu’à se rabattre sur ce qu’on lui propose du monde : les pompiers [44][45][46][47][48], par exemple. En effet, à défaut de vaincre parfaitement le Mauvais, leur gyrophare bleu (qu’ils savent prêter à d’autres [49][50][51][52], tant eux aussi sont gentils) vainc un peu des ténèbres. Partageant avec l’âne de la crèche un texte relativement restreint à apprendre [1, APR note 45], leurs véhicules crèvent également l’écran par l’orgueil de leur pin-pon : l’essentiel [43, APR note 30] est qu’ils ne passent pas inaperçus, afin de pouvoir se frayer un passage dans un délai qui soit bref : eux sont plutôt spécialisés dans le court-métrage… parfois à rebours de ce qu’ils transportent [53, APR note 13]. Car s’il arrive à des spectateurs grognons de se plaindre d’un film à l’eau de rose -parce qu’il ne fait jouer que des gentils-, d’autres se plaindront de figurer [54, APR note 30] contre leur gré dans un film interminable, tous les méchants étant alors dans la salle… tournant le dos à l’écran [55, note 11]. Faut-il alors regretter que les nouveaux collègues de Super-Gentil, eux, n’en sortent pas, de cet écran ? C’est qu’à son égal, eux aussi passent inaperçus… à la ville, tout au moins : qui distinguerait Clark Kent d’un autre civil tant qu’il n’a pas enfilé son costume de Superman ? Et puis… qui pourrait assurer que Clark Kent –même en costume et même hors écran- ferait toujours la volonté de Dieu ? Qui pourrait assurer que lui non plus ne se laisserait pas vaincre par le premier chant de sirènes [56][57][58][59][60][61][62][63][64][65][66,11][67,11] venu ? Quant à ses actes ponctuels de bravoure, s’ils vainquent spectaculairement du mauvais par ici, ce mauvais ne va-t-il pas réapparaître par là, plus virulent que jamais par un désir insatiable d’heureuse vengeance [66,13][67,13], cause un tantinet contraire à celle du pardon ? Enfin, imaginons que Clark Kent soit formellement reconnu dans le Temple de Jérusalem comme le "salut préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël"… et que, simultanément, il aie oublié son costume à New York : lui non plus n’aura ensuite pas beaucoup de texte à apprendre [ NB : considérant que la démonstration ci-dessus n’est pas satisfaisante parce que l’un des protagonistes existe et que l’autre n’existe pas, le lecteur exigeant est invité à la reconsidérer tout à loisir en tempérant cette non-existence. Côté super-héros, il pourra donc se choisir un nouveau modèle, à demi existant. Pour ce faire, il a à sa disposition un civil français existant, passant (presque) inaperçu. Dans son costume, celui-là devient un super-héros d’origine américaine [38] : idéal en vue de faire grandir et fortifier la concorde entre les peuples du monde. Le lecteur encore plus exigeant (et très grognon) -considérant que la démonstration ci-dessus n’est pas satisfaisante parce que les deux protagonistes n’existent pas- peut néanmoins s’essayer au modèle proposé au lecteur exigeant. En sus, sera la bienvenue sa démonstration [68] de ce que les deux protagonistes n’existent pas… et que ce qui "existe"© chez lui ne mérite ni guillemets ni copyright [69, APR note 9][70, notes 53 à 56][71,com.6,7]… ]

         Jésus, Lui, n’a peut-être pas de texte à apprendre… mais Il n’a pas non plus de costume à enfiler… ou à oublier : à la ville ou à la scène, c’est le même ! De plus, contrairement à ses collègues d’outre-Atlantique, Il n’a pas reçu incidemment quelque pouvoir Lui blindant Sa nature humaine : tout ce qu’il y a de crucifiant dans le monde n’aura guère épargné cette nature-là [72]. Par ailleurs, Il n’a pas reçu incidemment quelque pouvoir… voire quelques pouvoirs : mais délibérément de la volonté de Dieu, tous pouvoirs [73] et pour toujours. Clark Kent est un gentil garçon : face à toutes les misères du monde, il aimerait bien être super-partout en même temps. Hélas, il n’a pas ce pouvoir. Clark Kent est un garçon généreux : puisqu’il n’a pas le pouvoir d’être super-partout en même temps, lui ne fait pas son Hérode, ne demandant pas mieux que de le partager avec quelques disciples qui puissent à leur tour se disséminer un peu partout afin de régler leur compte une bonne fois pour toutes aux méchants et super-méchants qui hantent le monde. Que le spectateur bougon -tremblant déjà à la perspective que le cinéma ne lui offre plus que de l’eau de rose- se rassure : Clark Kent n’a pas ce pouvoir non plus. Au mieux, s’il trouve quelque savant compréhensif et désintéressé qui parvienne à capter la source de l’un ou l’autre de ses super-pouvoirs afin de le(s) transmettre à un tiers (sans qu’il ne se serve au passage !), ce que le nouveau super-héros gagnera sera l’équivalent de ce que lui perdra… jusqu’à ce que, finalement, Clark Kent n’aie plus de pouvoir : le problème n’aura été que déplacé [74, note 1] ! (Ce qui est encore laisser de côté l’hypotMontage LW Golden Gate.jpghèse que marri de cette irrémédiable perte, Clark en devienne super-méchant !…) Jésus, Lui, n’a peut-être pas de texte à apprendre, de costume fantastique à enfiler… mais entre autres pouvoirs qui Lui sont connus, il y a celui d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité [75; toutes choses qui, de par leur aspect le plus souvent discret en dehors du cercle des proches, n’attirera sans doute pas une cohorte de paparazzi aussi efficacement que Superman sauvant in extremis les passagers d’un bus Pullman tombé accidentellement du Golden Gate dans la baie de San Francisco. (Surtout lorsqu’il est précisé que ces passagers sont d’éminents "médecins"© -de notoriété internationale !- venus du monde entier afin d’assister au méga-congrès qui apportera la dernière main à l’ultime édition de leur catalogue [76] recensant également toute "maladie"© et toute "infirmité"© faute de pouvoir guérir quelque maladie ou quelque infirmité : par conséquent, ne pas les confondre avec nos autres super-héros…) Or, non seulement Jésus, Lui, a ce pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité, mais Il est Super-Gentil : Il le donne ! (Ce qui est heureux : parce que s’Il l’avait vendu, il n’est pas acquis que les assurances sociales aient remboursé à 100% leurs cotisants guéris par l’entremise de ce pouvoir. Préférant les valeurs sûres, elles préfèrent se fier à la veulonté [77] des congressistes sauvés in extremis par Superman…) Il le donne… mais Lui n’en perd pas un iota. C’est dire qu’ici, dans ce Temple où pas un suspect d’être un peu moins gentil que les autres ne pourrait leur filer entre les doigts, bien que dans la force de l’âge, nos méchants sont un peu "jeunes"comme des petits enfants jouant à cache-cache [78] !

Première lettre de saint Jean 2,12-17. (*)(*)
Je vous le dis, mes petits enfants : « Vos péchés sont pardonnés à cause du nom de Jésus. » Je vous le dis à vous, les plus anciens : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. » Je vous le dis à vous, les plus jeunes : « Vous avez vaincu le Mauvais. » Je vous l'ai dit à vous, mes enfants : « Vous connaissez le Père. » Je vous l'ai dit à vous, les plus anciens : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. » Je vous l'ai dit à vous, les plus jeunes : « Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais. » N'ayez pas l'amour du monde, ni de ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, il n'a pas en lui l'amour du Père. Tout ce qu'il y a dans le monde - les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse - tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.

            Attention : Jean, lui, est plus privilégié que les autres voyageurs du TGV ! Il est dans la cabine du conducteur [79] : il marche dans la lumière en sachant où il va [1, AV note 66]. Il dit : « Je le connais », mais il garde ses commandements. Il marche lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché. S’il lui est arrivé d’avoir de la haine contre son frère, il n’en a plus. S’il a péché, il reconnaît ses péchés [29, note 57], etc. En somme, ce n’est pas exactement à ceux –anciens ou jeunes- qui contemplent l’arrêt sur image, au-dessus -persuadés qu’il s’agit de Jésus !-, qu’il est en train de dire : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement », « Vous êtes forts (et physionomistes, pourquoi pas ?), la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais » : car il semble que ceux-là se soient quelque peu assoupis au cours de quelques séquences… Non : il s’adresse plus volontiers aux spectateurs des premiers rangs, un peu plus attentifs… et un peu moins ronchons. Amateurs éclairés du septième art, il leur importe peu [80] que la guest star n’aie aucun texte à apprendre. Aussi précieux ou fourni qu’il soit, le texte le plus riche fera grise mine si la mise en scène n’est pas à l’avenant. Or, celle-ci leur apparaît absolument fabuleuse ! Pendant que leurs camarades, peu charitables, se moquent de tous ces sbires de Hérode qui grouillent en tous sens dans le Temple alors que leur gibier gazouille sous leur nez, eux n’ont d’yeux que pour le dit gibier, le souffle coupé par sa prestation. Il est vrai qu’ils trichent un peu : ils ont déjà vu la bande-annonce des films dont le tournage est prévu avec la même guest star. Les autres n’auront plus à se plaindre. Car ce ne sera pas à la même époque : à quelques dizaines d’années de là, Super-Mignon aura eu le temps de grandir, de se fortifier, de se remplir de sagesse… et de mémoire : car cette fois, il aura beaucoup de texte [81] ! En compensation, il n’aura pas à travailler excessivement sa mise en scène. Et c’est précisément cela qui rend si admiratifs les spectateurs du premier rang : c’est maintenant, sous leurs yeux, qu’il est en train de la travailler ! Haut comme trois pommes (non empoisonnées [82]), ce petit bonhomme voit déjà beaucoup plus loin que spectateurs et acteurs réunis. C’est qu’il lui faut un cadre plus grand que nature –rien de moins que le Temple de Jérusalem- pour répéter cette scène qu’il ne jouera que bien plus tard : tournée dans une modeste succursale de ce Temple, là même où précisément il va grandir ! Les siens sont plus exigeants que les étrangers : il le sait déjà. Comme chez les spectateurs du premier rang, on a encore en mémoire le texte du synopsis prévu : « Dans la synagogue, tous devinrent furieux […] Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin. [83] » Il n’a pas atteint l’âge de raison : néanmoins, il est plutôt en avance pour son âge 

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