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vendredi, 31 décembre 2010

Ainsi est secrétée la pensée voilée du malPolic…onsensuel (III).

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(*)(*)(*) – [*][*][*]-[I][II]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,1-18. (*)(*)(*)/(*)(*)
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la
lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.

_____En fait de commencement, quelque lecteur -ayant contracté le funeste virus [1, note 1] de la mauvaise humeur insidieusement diffusée par l’un ou l’autre des spectateurs du fond de la salle- va bien nous dire : « Nous le connaissons »… en criant, lui, au recommencement. Recommencement de cet Évangile, bien sûr, puisqu’il est la fidèle réplique de celui qui était mis en lumière il y a à peine quelques jours [2]. (Mais tous les lecteurs de meilleure composition ont la connaissance d’un calendrier liturgique dont nul n’ignore que ce ne sont pas les ténèbres d’un temps à sens unique qui l’arrêteront !…) Recommencement du titre de la note du jour, virant au roman-feuilleton en ne se différenciant plus de la précédente que par l’établissement d’une numérotation. Mais cette logique de facilité n’a-t-elle pas atteint ses limites ? Car ce qui pouvait encore se justifier au cours des deux notes précédentes ne se justifie plus aujourd’hui : au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu, soit. Mais ici, nulle trace du lieu où la Parole de Dieu s’exprime le mieux, du lieu où, par définition, tout homme est auprès de Dieu : le Temple. Tout ce que prescrivait la loi du Seigneur y a été accompli : nos acteurs sont retournés en Galilée, dans leur ville de Nazareth : place au chapitre suivant ! Recommencement enfin de l’illustration introduisant la note du jour : si Dieu, personne ne l'a jamais vu, on ne saurait en dire autant de celle-ci : troisième édition ! (Mais tous les lecteurs de meilleure composition ont la connaissance de quelques retouches : le rideau a été changé au profit de couleurs plus chatoyantes, un personnage supplémentaire y apparaît…dont, il est vrai, on ne saurait non plus affirmer que personne ne l’a jamais vu. Un peu maladroit, il a d’ailleurs bousculé un panneau du décor afin de prendre place sur le tambour qui lui a permis de se hisser à hauteur de la bosse du personnage principal. Ce qui lui permet de caresser cette bosse : à ce qu’il paraît, cela porte bonheur…) Il n’empêche : les ténèbres n’auraient-elles pas malencontreusement arrêté l’auteur ? Car si nous sommes à la dernière heure selon Jean (non plus dans son Évangile, mais dans sa première lettre ci-dessous), il est manifeste que le lecteur, lui, en est aux premières heures de l’an nouveau alors même qu’il prend connaissance du présent commentaire qui, lui, en est toujours à l’an ancien ! Nous savons ainsi que se fait chair chez l’auteur un retard chronique… et que pendant ce temps-là, le monde continue de se faire sans lui : ce qui n’est pas brillant. Je ne vous dis pas que vous ignorez la vérité réplique alors l’auteur-, mais je vous dis : en lui reste encore un peu de vie (ouf !), et derrière lui ont pris place deux notes consistantes, produits d’un verbe abondant : chacune équivalant à deux ou trois notes de longueur moyenne habituelle. Hélas, s’il lui a été donné pouvoir de devenir enfant de Dieu, étant touMontage machine VT.jpgjours de chair et de sang, il ne lui a pas été donné pouvoir de tirer sur un calendrier : non pas comme on tire sur un lapin (!), mais comme on tire sur un élastique. Ce qui le conduit à connaître une vie dangereuse, à cheval entre l’année ancienne et l’an nouveau : le danger provenant de ce qu’à cet effet, il est actuellement dans le sein d’une machine extraordinaire. C’est qu’à emprunter ainsi le véhicule que nous connaissonsà l’anti-christ que nous savons [3], on se demande toujours si cela ne va pas faire sonner notre dernière heure ! Ce commentaire apparaissant néanmoins en ligne, le lecteur sait ainsi que cela ne s’est pas manifesté : l’auteur est encore des nôtres… même si –un rien échaudé par ce qui pourrait ressembler à des "excellentes fêtes de fin d’année"©[4]-, il n’aura point bu son verre comme les autres.

Or, si le Verbe est la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde, qu’Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, que le monde des méchants du Temple ne l'a pas reconnu (mais alors pas du tout !), s’il n’est pas dit que le monde d’aujourd’hui ignore la vérité, le tournage du long métrage dans le Temple s’est arrêté sur quelques plans-séquences ayant, par contraste, moins éclairé deux ou trois choses dans les textes : comment le monde les reconnaîtrait-elles, s’il proclamait déjà le chapitre suivant ? Tous, nous n’avons pas encore eu part à la plénitude de ces pensées secrètes d’un grand nombre devant être ainsi dévoilées [5]. Il est vrai que parallèlement, le signe de division concerne explicitement Jésus dans le futur… comme dans un présent qui est déjà là, pour tous ceux qui en voulaient à Montage terrible.jpgla vie de l’enfant [6]. De même, le cœur transpercé par une épée concerne alors figurativement Marie, dans un futur beaucoup moins figuratif chez Jésus [7,AV im.2]… et concerne déjà quelques innocents enfants de moins de deux ans [8]. Mais pas un d'entre nous n’aura manifesté une impatience démesurée à ce que soient dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre ! Ce qu’un esprit un rien caustique -vivant à quelque époque de connaissance assoupie- résumerait de cette formule lapidaire : « Les pensées secrètes d’un grand nombre ? Dans un réel qui est là pour tous [9, AV note 41], vraiment pas de difficulté particulière [10] ! Dévoilons celles d’un seul [11], et nous aurons part à la "plénitude" d’un grand nombre [12][13] ! » Oui, mais ceux-là sont des nôtres : s’ils n’avaient pas été des nôtres, ils ne seraient pas restés avec nous. Ils ne sont pas sortis de chez nous, et ne semblent pas manifester le désir d’en sortir. De plus, le vieux Syméon –l’auteur de cette phrase dans le Temple- est fort peu suspect de l’avoir dite dans un tel esprit : ses yeux ont vu le salut préparé à la face de tous les peuples, et cela lui suffisait pour s'en aller dans la paix. En revanche, il arrive que d’autres s’en aillent dans une paixDISONS [7, note 11] plus relative [14, APR note 15] ! Il arrive encore que ces mêmes autres soient un grand nombre : des dizaines de milliers [15, note 49]. Cela pourrait-il manifester de ce qui devait venir comme nous l’avons appris de la bouche de Syméon ? Non : parce que ce n’est pas ainsi que selon lui, seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. D’ailleurs, il parle bien de pensées dévoilées [16] : ce qui est d’un tout autre49080570.jpg registre que des pensées VIOLées [8, APR note 95]. Ainsi, toujours selon lui, c’est formellement à la suite du signe de division concernant Jésuset subséquemment avec Lui tout combattant du Mauvais (ne sortant pas de chez Jean [17, APR note 78] !)-, voire à la suite du cœur transpercé par une épée chez Marie, et subséquemment avec elle tout disciple l’ayant pris chez elle [18]. Le vieux Syméon, lui, est fort peu suspect d’avoir prononcé sa fameuse phrase dans l’esprit suggéré ci-dessus pour une raison très simple. Prophète, il conjugue naturellement au futur. Mais qui peut le plus peut le moins : en effet, si ses yeux ont su voir dans son présent –au-delà de l’inoffensif Super-Mignon- le salut préparé à la face de tous les peuples, comment n’auraient-ils pas vu… tous ces méchants du film qui grouillaient littéralement autour de lui ? Ils sont un grand nombre… d’agents secrets de sa Majesté Hérode. En prime, bredouilles ils sont sortis de chez les fidèles du Temple mais ils n’étaient pas des leurs ; s’ils avaient été des leurs, ils seraient restés avec eux. Mais pas un d’entre eux n’était des leurs, et cela devait être manifesté. Et cela –des décennies avant Jean- a été manifesté par Syméon himself. Ce qui désigne les pensées secrètes d'un grand nombre dans une orientation précise qui ne correspond pas nécessairement aux pensées secrètes de tous. Il reste évidemment légitime, par exemple, que des secrets relevant de la Défense d’une nation –ou de la sauvegarde des personnes et des biens d’un État- ne soient pas portés à la connaissance de ceux qui ne sont pas de chez elle : notamment quand ils manifestent avoir de la haine contre des frères [5, APR note 65] n’étant pas des leurs. De même, l’authentique secret professionnel est de mise : non parce qu’il consacre par l’onction le professionnel qui en use, mais parce qu’à ce professionnel sont confiés des services également relatifs à de la sauvegarde privée de personnes et de biens. On devine d’autant mieux les limites moralement admissibles de la légitimité d’un tel secret qu’elles ont été explicitement –et récemment- manifestées dans une note précédente [8, APR note 95: lorsque sont allégrement franchies ces limites, le secret professionnel n’a rien d’authentique et tout d’une couverture sortant de chez la profession en abusant, mais il n'est plus de la sienne ; s'il avait été de la sienne, il serait resté avec le professionnel et son client… et seulement avec eux : tout ce qui se manifeste en dehors d’eux ne produit que de l’imposture [19]. [ NB : sans être exhaustif, et en dévoilant les pensées (peu) secrètes de dizaines de milliers de personnes [15, note 49] manifestant leur demande -ô combien légitime- d’obtenir le dossier prétendument "médical"© les concernant auprès des pseudo-"autorités"© les détenant –après avoir DÉTENU [20, APR note 68][21, APR note 5][22][23][24] leur personne de chair et de sang dans leurs locaux de par la "volonté" [17, note 77] charnelle d’un tiers [25][26]-, aucun prétendu secret "médical"© au monde ne saurait être produit afin de faire obstacle à cette demande : fût-il annonciateur de quelque issue fatale au demandeur, un secret médical authentique n’a AUCUNE raison valide d’être ignoré de celui qu’il concerne en premier chef, dès lors qu’il en a vivement formulé la demande depuis la première heure. (Et s’il y une raison des dizaines de milliers de fois moins valide qu’une autre, c’est bien celle qui veut désespérément laisser l’intéressé dans l’ignorance de la véritable raison d’issues fatales au sein de son propre entourage [27]…) Plus prosaïquement, quel négociant en machines à laver refuserait-il de fournir la notice d’utilisation de son produit, sous le prétexte qu’un tel document pourrait contenir quelque secret de fabrication ? ] De ce fait, le faux secret professionnel entre de plain-pied dans la catégorie dénoncée il y a plus de deux mille ans par un vieillard qui, décidément, avait oublié d’être sénile : catégorie pensées secrètes d'un grand nombre. Si vient le nouvel an, ne viendra pas la "nouveauté de l’année" : En effet, tout homme qui fait le mal [ NB : indifféremment de ce qu’il dit [28, APR note 2]… ] déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées [29][30]. Syméon détestait-il la lumière ? Ses yeux ont vu le salut préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes. Ce qu’il n’a pas manqué de proclamer sous les yeux d’un grand nombre : tapi derrières les colonnes du Temple, on est moins bien éclairé… mais nombre d’oreilles n’auront rien perdu de cette proclamation. S'approchant d'eux -eux aussi, les méchants du film !- un peu plus tard, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser, était-elle aphone en dépit de ses respectables quatre-vingt-quatre ans ? Elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Ce en quoi, tout comme Syméon, elle dévoilait elle-même des pensées secrètes à un grand nombre !

Première lettre de saint Jean 2,18-21. (*)(*)
Mes enfants, nous sommes à la dernière heure. L'Anti-Christ, comme vous l'avez appris, doit venir ; or, il y a dès maintenant beaucoup d'anti-christs ; nous savons ainsi que nous sommes à la dernière heure. Ils sont sortis de chez nous mais ils n'étaient pas des nôtres ; s'ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais pas un d'entre eux n'est des nôtres, et cela devait être manifesté. Quant à vous, celui qui est saint vous a consacrés par l'onction, et ainsi vous avez tous la connaissance. Je ne vous dis pas que vous ignorez la vérité, mais je vous dis : « Vous la connaissez », et la vérité ne produit aucun mensonge.

Oups ! encore grisé par le champagne [5, note 38] qu’il a bu abondamment avec un 4205142230.jpgconfrère afin de fêter [31] dignement le nouvel an, l’oncle [32] Bernhard a omis de fournir à son emprunteur la notice d’utilisation de sa machine à lav… extraordinaire. Et celui-ci vient de tirer par inadvertance sur une manette qui le ramène brutalement de nos jours ! Ouf : pas trop de casse… mais dans l’aventure, il a reçu G après G [33: constitutions fragiles [34] s’abstenir ! Après tout, cet incident va conduire à connaître… qu’il y a dès maintenant beaucoup d'anti-christs ; serions-nous ainsi à la dernière heure ? Ce qui serait dommage : parce qu’avec l’instantanéité de la connaissance que produit internet, nous resterions bien avec Joseph ; catégorie songes [35][8] en tous genres. Celui d’une nuit d’été étant manifestement prématuré, restons au chaud… non avec un enfant né prématuré, mais plutôt avec un enfant extraordinairement vag… [36] mature pour son âge. Connaissez-vous Super-Mignon ? Oui : celui à qui il fallait un cadre plus grand que nature [17, APR note 82] pour s’exprimer. Or, à présent le Temple de Jérusalem est un peu éloigné : de plus, il se murmure ici et là que ceux qui en sortent ne sont pas toujours des nôtres. Quant à nous, procédons alors autrement : par le biais d’un temple qui ne soit pas de chair ou de pierre… mais qui, cependant, peut habiter parmi nous ! Un temple qui, lui aussi, vienne comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui… ou non : tant qu’il ne se laisse pas "soigner"©, chacun est libre comme l’air. Il va de soi que ce temple ne serait pas la Lumière, mais ORDONNONS [7, note 11] qu’il serait là pour lui rendre (un peu) témoignage. Parce que le Verbe est la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il irait dans le monde, lui sans qui le monde se serait fait sans grand changement (!) -car avant lui il était, et après lui il sera- et le monde le reconnaîtrait… CONSTATONS de l’ordre de dizaines de milliers de personnes/mois venant dans ce temple (parfois cachées derrière des colonnes, mais on les a reconnues !), afin de compenser (un peu) ces autres dizaines de milliers de personnes/an allant dans d’autres "temples"©[37][38] alors qu’elles ne les reconnaissent absolument pas ! Il viendrait chez les siens, et les siens ne le recevraient pas : alors, il n’y reviendrait pas jusqu’à nouvel ORDRE. Mais tous ceux qui le recevraient, ceux qui croient (un peu) en son nom, il leur donnerait de pouvoir de couper le cordon ombilical avec le Docteur [39][40] [ NB : pour cause de non chair et de non pierre, les ciseaux ne peuvent être fournis avec la prestation… ]. Bien que nés de la chair et du sang, et d'une volonté charnelle, et d'une volonté d'homme, ils seraient morts au Docteur. Dieu merci, Joseph [41, note 2] est dans le coup ! Mais ne va-t-il pas nous dire que le cahier des charges est trop ambitieux ?…

jeudi, 30 décembre 2010

Ainsi est secrétée la pensée voilée du malPolic…onsensuel (II).

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(*)(*)(*) – [*][*][*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,36-40. (*)(*)(*)/(*)(*)
Quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

         Trêve momentanée de méchants : voilà que nous arrive une nouvelle actrice chez les gentils du film ! Nouvelle : le mot est un peu surfait puisqu’elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. C’est d’ailleurs pourquoi le réalisateur a commencé de tourner sans elle : il savait qu’elle viendrait à son heure, mais qu’il ne fallait pas l’attendre. Depuis le commencement, il sait également que parvenu à un âge aussi respectable, le pas n’est plus aussi alerte qu’à vingt ans. Enfin, ce ne sera pas non plus celle-ci qui perturbera outre-mesure nos méchants, là-bas au fond du Temple : déjà qu’à leurs yeux, ce n’était pas ce vieux schnock de Siméon qui les intéressait, ce n’est pas cette vieille folle –ne faut-il pas l’être pour ne pas s’éloigner de ce lieu (où eux rongent tant leur frein depuis des jours et des jours où ils épient en vain), et y servir Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière, par dessus le marché ?- qui correspondra davantage à leur portrait-robot ! Et puis une femme prophète, hein : pourquoi pas un éléphant rose, de nouveau [1, notes 49,50] ? Transposée à notre époque, sa situation est claire comme de l’eau de roche : demeurée veuve après sept ans de mariage, elle ne s’en est jamais vraiment consolée, et "soigne"© comme elle peut son "traumatisme"© en se réfugiant dans une religion compensatoire [2][3,com.6,7] et réconfortante, sans que le problème de fond n’aie jamais été réglé chez elle. Mais nos méchants n’étant évidemment pas versés dans les "grâces" de la "médecine"© moderne, ils se contentent de pousser des soupirs et de hausser les épaules, contenant à grand peine leur agacement. Déjà tout à l’heure, ils ont dû supporter le vieux gâteux et tous ses "délires mystiques"©[4] moins que ce ne fusse une manifestation d’Alzheimer ?…). « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. » Remarquons toutefois que cela leur aura fourni un bon moment de détente. Parce que s’ils ne sont pas là pour rigoler -servant Hérode jour et nuit-, cette diatribe aura néanmoins eu le mérite de les faire pouffer [5] entre eux, depuis chacun de leurs divers postes d’observation disséminés dans le Temple. Car leurs yeux à eux ont également vu à quoi ressemblait "salut, lumière et gloire" à la sauce de ce vieillard qui, à son âge, entreprend de jouer à la poupée [6] ! Bah : tant qu’il aura ensuite rendu aussitôt l’enfant à sa mère, face à toute cette foule, celui-là n’aura eu ni le temps ni le loisir de satisfaire "les désirs égoïstes de sa nature humaine, les désirs du regard", ce fils qui est là n’aura pas provoqué sa chute "pédophile"©.(Il est vrai que c’est Hérode qui règne alors : non ces nouveaux "magistères moraux"©[7, APR note 3] auto-proclamés agissant comme si eux avaient vaincu le Mauvais [8], alors qu’ils n’ont fait que se placer opportunément du "bon" côté de la barrière afin d’apparaître comme les forts de ce monde…) La première fois donc, c’était amusant : mais les meilleures plaisanteries ne sont-elles pas les plus courtes ? Et voilà la vieille qui entre à son tour dans la danse ! Et que je te proclame les louanges de Dieu aux uns, que je te parle du mouflet aux autres. Ceux-là attendent la délivrance de Jérusalem ? Cela tombe bien : nous aussi ! Et de pied ferme, avec cela. Tous ces gens sont décidément d’un pénible avec ce fichu môme : ils finiraient par nous relâcher de cette attention soutenue qui fait notre gloire et notre honneur de sbires du roi Hérode…
         À ce propos, les affreux sbires : oui, vous, les méchants du film ! Avez-vous lu1660420311.jpg l’avant-dernière phrase du scénario du jour [9] ? Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Ne jurerait-on pas du Lucky Luke à la mode "eastern" [1, APR note 27][10,im.4] ? Et les Dalton, alors ? Où étiez-vous ? Où en étiez-vous de votre accomplissement de tout ce que vous avait prescrit Hérode ? Tous les spectateurs ont vaincu leur mauvais sommeil ? Parfait : alors, au moyen du classique flash back, revenons en des temps plus anciens. Non, non, rassurez-vous : ni à la Genèse ni à la préhistoire ! (Le retour à celle-ci [11][12][13][14][15][16][17][18][19][20][21,com.7] devra encore attendre environ deux mille ans…) Simplement il y a quelques instants : que faisiez-vous pendant que vous riiez sous cape durant l’intervention du vieux Syméon ? Vous étiez en train de vous passer discrètement une tablette d’argile. Et dans la salle, les spectateurs ont été littéralement saisis par l’image leur apparaissant en gros plan : il y avait un commandement nouveau ! Et pourtant, il n’y avait rien d’écrit dessus [1, APR note 69]Ce qu’il y avait dessus ? Projectionniste, s’il vous plaît ? Seriez-vous assez gentil pour… [ NB : aussi étrange [22] que cela puisse paraître, le réalisateur a en effet déniché la perle rare : un projectionniste [23, APR note 16] authentiquement gentil ! ] Dites, l’auteur : si vous m’interrompez constamment, nous y serons encore l’année prochaine ! [ NB : ce en quoi le réalisateur n’a pas tout à fait tort… ] Je peux continuer, oui ? À la bonne heure. Projectionniste, donc, seriez-vous assez gentil pour nous faire un léger retour en arrière, puis un arrêt sur image ? Il semble que tout le monde n’aie pas pu profiter de euh… du commandement nouveau ! Et là-dessus, voilà que le réalisateur pouffe à son tour ! Ce que c’est de fréquenter des méchants : aurait-il viré de bord ? Nenni : ce qui l’amuse tant, c’est ce qui existe depuis le commencement et dont le souvenir a disparu de nos jours. En effet, qui soupçonnerait aujourd’hui que le peuple Juif puisse ici revendiquer la paternité du "téléphone… arabe" [24] ? Récapitulons les sources du portrait-robot dont disposent nos méchants : les chefs des prêtres et les scribes d’Israël [1, note 68][25, APR note 17], eux-mêmes servant jour et nuit un Hérode dont la sérénité n’est pas vraiment le trait le plus dominant : un Hérode que ne laissent pas indifférents les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse : tout cela lui donnant plutôt envie d’y demeurer… et lui rendant impossible le consentement [26] à partager la galette du pouvoir [27][28]. Aussi n’agrée-t-il point la perspective de tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem : ceux-là n’étant d’ailleurs pas les derniers à projeter [23, APR note 16]pas méchamment (!)… mais pas davantage selon la vérité [29, APR note 55]- la lumière pour éclairer les nations païennes, et la gloire d'Israël [1] annoncée par leurs prophètes dans une incarnation moins spirituelle que politique. Accessoirement, cette attente de la "délivrance de Jérusalem" n’est pas dans le monde sans stigmatiser Hérode comme le tyran du moment ! C’est dire que des plus jeunes aux plus anciens, la cause de béatification [30] du roi de Judée n’est pas à l’ordre du jour. Les ordres, c’est lui qui les donne, et lui seul. Les ordres, c’est d’éteindre [31][32] la lumière : sans doute est-il également soucieux que les nations païennes ne soient pas éblouies [33, APR note 15] ? Aussi convient-il de ne pas s’étonner (les sbires de Hérode eux-mêmes n’étant pas coupés du peuple, pris en sandwiches entre ses aspirations, celles du roi et leurs siennes propres) "de tout ce qu’on dit de lui" [1]lorsque ce n’est pas Syméon qui le dit ! Voici donc, en exclusivité mondiale, le résultat final : c’est-à-dire, la "lumière pour éclairer les nations païennes, et la gloire d'Israël"… version méchants du film :

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         Et voilà ! Vous connaissez ce qui existe depuis le commencement : quand il s’agit de motiver les troupes en leur pardonnant d’avance de ce qu’elles s’en prennent au gentil de l’histoire, on n’a jamais trouvé mieux que de leur faire passer celui-ci pour le méchant, voire le super-méchant lorsque entrent en jeu des questions de pouvoir. De la sorte, pouf pouf [34] ! à leurs propres yeux, les méchants du film se passent entre eux pour des "gentils". Certes -et Jean nous le rappelle-, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais… ce train n’étant toujours pas un TGV [1, notes 7,8], le voyage continue : intersidérant [35], non ?  

Jésus ? Trop facile : il n’a absolument aucun texte à apprendre : le beurre, et l’argent du beurre [1, APR note 39] ! Ce que nos spectateurs grognons avaient alors omis –et les méchants du film avec eux-, c’est que notre guest star est non seulement gentille mais… Super-Gentil en personne ! Depuis, nous en connaissons d’autres, il est brai [36][37][38]. Eux également sont très forts pour la chasse [39][40] au super-méchant. Cependant, ils ne sont pas sans présenter une ou deux difficultés particulières [41]. Tout d’abord, il arrive à nos spectateurs –grognons ou pas- de quitter la salle de temps en temps. Parce qu’il faut bien l’avouer, quel que soit leur amour du monde, le fait est qu’ils sont dedans : ce que des spécialistes bien informés –et s’enorgueillissant de riches et longues années d’études [42,im.2, APR note  32] à cet effet- nomment un réel qui est là pour tous [43, AV note 41]. Tous ? Oui, oui : tous. Sauf les nouveaux collègues de Super-Gentil : pas de chance… Tant et si bien que si quelqu'un connaît de gros problèmes avec un super-méchant, il ne lui reste plus qu’à se rabattre sur ce qu’on lui propose du monde : les pompiers [44][45][46][47][48], par exemple. En effet, à défaut de vaincre parfaitement le Mauvais, leur gyrophare bleu (qu’ils savent prêter à d’autres [49][50][51][52], tant eux aussi sont gentils) vainc un peu des ténèbres. Partageant avec l’âne de la crèche un texte relativement restreint à apprendre [1, APR note 45], leurs véhicules crèvent également l’écran par l’orgueil de leur pin-pon : l’essentiel [43, APR note 30] est qu’ils ne passent pas inaperçus, afin de pouvoir se frayer un passage dans un délai qui soit bref : eux sont plutôt spécialisés dans le court-métrage… parfois à rebours de ce qu’ils transportent [53, APR note 13]. Car s’il arrive à des spectateurs grognons de se plaindre d’un film à l’eau de rose -parce qu’il ne fait jouer que des gentils-, d’autres se plaindront de figurer [54, APR note 30] contre leur gré dans un film interminable, tous les méchants étant alors dans la salle… tournant le dos à l’écran [55, note 11]. Faut-il alors regretter que les nouveaux collègues de Super-Gentil, eux, n’en sortent pas, de cet écran ? C’est qu’à son égal, eux aussi passent inaperçus… à la ville, tout au moins : qui distinguerait Clark Kent d’un autre civil tant qu’il n’a pas enfilé son costume de Superman ? Et puis… qui pourrait assurer que Clark Kent –même en costume et même hors écran- ferait toujours la volonté de Dieu ? Qui pourrait assurer que lui non plus ne se laisserait pas vaincre par le premier chant de sirènes [56][57][58][59][60][61][62][63][64][65][66,11][67,11] venu ? Quant à ses actes ponctuels de bravoure, s’ils vainquent spectaculairement du mauvais par ici, ce mauvais ne va-t-il pas réapparaître par là, plus virulent que jamais par un désir insatiable d’heureuse vengeance [66,13][67,13], cause un tantinet contraire à celle du pardon ? Enfin, imaginons que Clark Kent soit formellement reconnu dans le Temple de Jérusalem comme le "salut préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël"… et que, simultanément, il aie oublié son costume à New York : lui non plus n’aura ensuite pas beaucoup de texte à apprendre [ NB : considérant que la démonstration ci-dessus n’est pas satisfaisante parce que l’un des protagonistes existe et que l’autre n’existe pas, le lecteur exigeant est invité à la reconsidérer tout à loisir en tempérant cette non-existence. Côté super-héros, il pourra donc se choisir un nouveau modèle, à demi existant. Pour ce faire, il a à sa disposition un civil français existant, passant (presque) inaperçu. Dans son costume, celui-là devient un super-héros d’origine américaine [38] : idéal en vue de faire grandir et fortifier la concorde entre les peuples du monde. Le lecteur encore plus exigeant (et très grognon) -considérant que la démonstration ci-dessus n’est pas satisfaisante parce que les deux protagonistes n’existent pas- peut néanmoins s’essayer au modèle proposé au lecteur exigeant. En sus, sera la bienvenue sa démonstration [68] de ce que les deux protagonistes n’existent pas… et que ce qui "existe"© chez lui ne mérite ni guillemets ni copyright [69, APR note 9][70, notes 53 à 56][71,com.6,7]… ]

         Jésus, Lui, n’a peut-être pas de texte à apprendre… mais Il n’a pas non plus de costume à enfiler… ou à oublier : à la ville ou à la scène, c’est le même ! De plus, contrairement à ses collègues d’outre-Atlantique, Il n’a pas reçu incidemment quelque pouvoir Lui blindant Sa nature humaine : tout ce qu’il y a de crucifiant dans le monde n’aura guère épargné cette nature-là [72]. Par ailleurs, Il n’a pas reçu incidemment quelque pouvoir… voire quelques pouvoirs : mais délibérément de la volonté de Dieu, tous pouvoirs [73] et pour toujours. Clark Kent est un gentil garçon : face à toutes les misères du monde, il aimerait bien être super-partout en même temps. Hélas, il n’a pas ce pouvoir. Clark Kent est un garçon généreux : puisqu’il n’a pas le pouvoir d’être super-partout en même temps, lui ne fait pas son Hérode, ne demandant pas mieux que de le partager avec quelques disciples qui puissent à leur tour se disséminer un peu partout afin de régler leur compte une bonne fois pour toutes aux méchants et super-méchants qui hantent le monde. Que le spectateur bougon -tremblant déjà à la perspective que le cinéma ne lui offre plus que de l’eau de rose- se rassure : Clark Kent n’a pas ce pouvoir non plus. Au mieux, s’il trouve quelque savant compréhensif et désintéressé qui parvienne à capter la source de l’un ou l’autre de ses super-pouvoirs afin de le(s) transmettre à un tiers (sans qu’il ne se serve au passage !), ce que le nouveau super-héros gagnera sera l’équivalent de ce que lui perdra… jusqu’à ce que, finalement, Clark Kent n’aie plus de pouvoir : le problème n’aura été que déplacé [74, note 1] ! (Ce qui est encore laisser de côté l’hypotMontage LW Golden Gate.jpghèse que marri de cette irrémédiable perte, Clark en devienne super-méchant !…) Jésus, Lui, n’a peut-être pas de texte à apprendre, de costume fantastique à enfiler… mais entre autres pouvoirs qui Lui sont connus, il y a celui d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité [75; toutes choses qui, de par leur aspect le plus souvent discret en dehors du cercle des proches, n’attirera sans doute pas une cohorte de paparazzi aussi efficacement que Superman sauvant in extremis les passagers d’un bus Pullman tombé accidentellement du Golden Gate dans la baie de San Francisco. (Surtout lorsqu’il est précisé que ces passagers sont d’éminents "médecins"© -de notoriété internationale !- venus du monde entier afin d’assister au méga-congrès qui apportera la dernière main à l’ultime édition de leur catalogue [76] recensant également toute "maladie"© et toute "infirmité"© faute de pouvoir guérir quelque maladie ou quelque infirmité : par conséquent, ne pas les confondre avec nos autres super-héros…) Or, non seulement Jésus, Lui, a ce pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité, mais Il est Super-Gentil : Il le donne ! (Ce qui est heureux : parce que s’Il l’avait vendu, il n’est pas acquis que les assurances sociales aient remboursé à 100% leurs cotisants guéris par l’entremise de ce pouvoir. Préférant les valeurs sûres, elles préfèrent se fier à la veulonté [77] des congressistes sauvés in extremis par Superman…) Il le donne… mais Lui n’en perd pas un iota. C’est dire qu’ici, dans ce Temple où pas un suspect d’être un peu moins gentil que les autres ne pourrait leur filer entre les doigts, bien que dans la force de l’âge, nos méchants sont un peu "jeunes"comme des petits enfants jouant à cache-cache [78] !

Première lettre de saint Jean 2,12-17. (*)(*)
Je vous le dis, mes petits enfants : « Vos péchés sont pardonnés à cause du nom de Jésus. » Je vous le dis à vous, les plus anciens : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. » Je vous le dis à vous, les plus jeunes : « Vous avez vaincu le Mauvais. » Je vous l'ai dit à vous, mes enfants : « Vous connaissez le Père. » Je vous l'ai dit à vous, les plus anciens : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. » Je vous l'ai dit à vous, les plus jeunes : « Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais. » N'ayez pas l'amour du monde, ni de ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, il n'a pas en lui l'amour du Père. Tout ce qu'il y a dans le monde - les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse - tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.

            Attention : Jean, lui, est plus privilégié que les autres voyageurs du TGV ! Il est dans la cabine du conducteur [79] : il marche dans la lumière en sachant où il va [1, AV note 66]. Il dit : « Je le connais », mais il garde ses commandements. Il marche lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché. S’il lui est arrivé d’avoir de la haine contre son frère, il n’en a plus. S’il a péché, il reconnaît ses péchés [29, note 57], etc. En somme, ce n’est pas exactement à ceux –anciens ou jeunes- qui contemplent l’arrêt sur image, au-dessus -persuadés qu’il s’agit de Jésus !-, qu’il est en train de dire : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement », « Vous êtes forts (et physionomistes, pourquoi pas ?), la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais » : car il semble que ceux-là se soient quelque peu assoupis au cours de quelques séquences… Non : il s’adresse plus volontiers aux spectateurs des premiers rangs, un peu plus attentifs… et un peu moins ronchons. Amateurs éclairés du septième art, il leur importe peu [80] que la guest star n’aie aucun texte à apprendre. Aussi précieux ou fourni qu’il soit, le texte le plus riche fera grise mine si la mise en scène n’est pas à l’avenant. Or, celle-ci leur apparaît absolument fabuleuse ! Pendant que leurs camarades, peu charitables, se moquent de tous ces sbires de Hérode qui grouillent en tous sens dans le Temple alors que leur gibier gazouille sous leur nez, eux n’ont d’yeux que pour le dit gibier, le souffle coupé par sa prestation. Il est vrai qu’ils trichent un peu : ils ont déjà vu la bande-annonce des films dont le tournage est prévu avec la même guest star. Les autres n’auront plus à se plaindre. Car ce ne sera pas à la même époque : à quelques dizaines d’années de là, Super-Mignon aura eu le temps de grandir, de se fortifier, de se remplir de sagesse… et de mémoire : car cette fois, il aura beaucoup de texte [81] ! En compensation, il n’aura pas à travailler excessivement sa mise en scène. Et c’est précisément cela qui rend si admiratifs les spectateurs du premier rang : c’est maintenant, sous leurs yeux, qu’il est en train de la travailler ! Haut comme trois pommes (non empoisonnées [82]), ce petit bonhomme voit déjà beaucoup plus loin que spectateurs et acteurs réunis. C’est qu’il lui faut un cadre plus grand que nature –rien de moins que le Temple de Jérusalem- pour répéter cette scène qu’il ne jouera que bien plus tard : tournée dans une modeste succursale de ce Temple, là même où précisément il va grandir ! Les siens sont plus exigeants que les étrangers : il le sait déjà. Comme chez les spectateurs du premier rang, on a encore en mémoire le texte du synopsis prévu : « Dans la synagogue, tous devinrent furieux […] Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin. [83] » Il n’a pas atteint l’âge de raison : néanmoins, il est plutôt en avance pour son âge 

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mercredi, 29 décembre 2010

Ainsi est secrétée la pensée voilée du malPolic…onsensuel.

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(*)(*)(*) – [*][*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,22-35. (*)(*)(*)/(*)(*)
Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. »
Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. »

_____Quand arriva-t-il, ce jour fixé par la loi de Moïse pour la purification ? Chez Luc, ne dirait-on pas qu’à rebours de ses deux compères Jean [1] et Matthieu [2], l’épopée de la fuiteen Égypte –incluant naturellement les divers événements s’y rattachant- passe par pertes et profits ? Au retour de cette fuite ? Alors, voyant que Jean nous a trompés, entrons dans une violente fureur ! N’écrit-il pas en effet : « Mais, apprenant qu'Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il (Joseph) eut peur de s'y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth » ? Or, Joseph est bien l’un des deux parents de Jésus… qu’il porte à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : sur ce plan-là, au moins ne pourra-t-il lui être reproché de verser dans la non-comparance [2, note 42] ! Mais le reproche à Jean nous ayant trompés, lui, reste valide : fort de café pour un Apôtre écrivant la veille –et réitérant aujourd’hui de tels propos- au sujet des menteurs et autres agissements selon la vérité ! ("Reproche" qui, rappelons-le, est purement hypothétique : se déduisant de la première hypothèse envisageant la présentation au Seigneur au retour d’exil en Égypte… ) Car, sans être licencié en géographie, personne n’ira porter Jérusalem sur une carte de la Chine continentale. Elle est même la capitale de la Judée : cette Judéerègne un roi. Oui mais… lequel ? La question n’est pas secondaire : qui dit roi dit palais royal ; qui dit palais royal le suggère moins au fin fond d’une région perdue du royaume qu’à une proximité redoutable de ce Temple dans lequelles parents entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Personne ne les a empêchés d’y entrer ; personne ne les a interceptés afin de les livrer à Hérode. Or, si quelqu’un pouvait ne pas ignorer les prescriptions de la loi du Seigneur relatives à tout premier-né de sexe masculin, c’était bien Hérode : ne savait-il pas s’entourer de tout ce qu’il lui fallait de chefs des prêtres et de scribes d’Israël [1, notes 24,25] ? C’est dire combien le Temple lui-même devait être placé sous haute surveillance : pas une plume de tourterelle ou de colombe ne pouvait en franchir le seuil -dans un sens ou dans l’autre- sans que Hérode n’en fût immédiatement informé. Et si l'Esprit Saint était sur Syméon, les Saints Innocents [2] sont là aussi pour témoigner qu’Il ne l’était pas exactement sur Hérode. (Ou s’Il l’était, c’est Sa réception [3] et la garde fidèle de sa parole qui laissait à 3721493976.jpgdésirer !) Certes, nous avons là quelques protagonistes bénéficiant des faveurs étonnantes du Seigneur, les protégeant efficacement contre les menaces des ténèbres de ce monde : Syméon vint au Temple poussé par l'Esprit, Marie a conçu selon les modalités que nous connaissons [4], Joseph est sujet à de précieux songes [5][1], luivenant toujours au temps opportun. Mais bien que nous soyons quelque part en Orient, personne ne bénéficie pour autant du tapis volant dernier cri, blindé de surcroît ! Syméon vint au Temple par la force de ses deux jambes, Marie n’a pas conçu… de rester cloîtrée chez elle sitôt son annonciation [6] ; et pour ce qui est du pénible trajet aller-retour Galilée/Égypte, Joseph eût volontiers échangé son bâton de marcheur et son âne contre le 4X4 rutilant -toutes options- du quidam qui l’utilise afin d’aller acheter sa baguette à l’autre extrémité de sa rue. Enfin, et d’autre part, les Saints Innocents eux-mêmes sont toujours là pour nous rappeler que si les ténèbres sont en train de disparaître, ce train-là n’a rien d’un TGV [7][8] : ne faisant pas disparaître comme par enchantement celui qui a de la haine contre son frère… jusqu’à saboter la voie afin de faire dérailler son train [9, APR note 4], ou à tout le moins le contraindre de s’arrêter [10, APR note 5] afin de lui piller ses ressources [11] : à commencer par ses secrets [12, APR note 90][2, APR note 95].

_____Personne n’ayant donc intercepté les parents de Jésus afin de les livrer à Hérode, la déduction que nous pouvons reconnaître est que tout ce petit monde s’en va dans la paix, le roi étant mort. Le roiest mort,vive le roi Arkélaüs… en "oubliant" que s’il n’est pas aussi menaçant que son père, il aura cependant fait assez peur à Joseph pour que l’ange du Seigneur se dérange encore pour celui-ci. Cette hypothèse est sympathique… à ceci près que :
1-) par
erreur ou par mensonge, Jean nous a toujours trompés
2-) par
erreur ou par mensonge, c’est ici Luc qui nous trompe à son tour ! Nous échappons de peu à un troisième "mythomane"©[13, note 49] qui nous aurait alors fatalement conduit à de terrifiantes limites Marthadmissibles [14, APR note 9][15,3][16,3] !…
En somme,
même à l’aune de commandements présentant l’homme debout plutôt qu’à quatre pattes [2, APR note 72], que ce soit l’un ou que ce soit l’autre de nos Évangélistes, garder fidèlement cette hypothèse n’atteint pas vraiment la perfection : voilà comment nous reconnaissons… qu’il faut tout reprendre dès le début. Ce qui signifie que Arkélaüs est bien vivant… mais que, sauf à s’inspirer de Brutus à l’encontre de César -ou de la méchante reine à l’encontre de Blanche-Neige [17][18]-, le roi Hérode se porte bien, merci pour lui. (En cela, il n’aurait pas eu de difficulté particulière [19] à s’adapter à notre époque : les tailleurs [20] de costumes pour bien-portants [21, note 1] y étant légion [22]…)

         Voici comment nous pouvons savoir que Hérode est pourtant bien le roi en place quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification : le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Remarquons qu’à ce même père et à cette même mère, il leur est arrivé auparavant quelques aventures dont la potentialité d’étonnement a fort peu à envier à ce qu’on dit présentement de leur enfant dans le Temple. D’autant ce qu’on leur dit leur est peut-être dit par un homme juste et religieux, mais justement et avant tout : par un homme ! Le jour est arrivé : il ne fait donc pas nuit. Par conséquent, pas de songe au cours de son sommeil pour Joseph qui, ici, voit -et peut toucher- Syméon aussi bien qu’à l’inverse un consolant deRaihël qui, lui, ne s’y attendait pas- ne voit ni ne touche un Philou, une Nana, une Anne-Lise, une Isabelle [2, notes 85 à 87], etc. De même, pas besoin de lumière supplémentaire, destinée à compenser la pénombre. Ce qui tombe plutôt bien, Syméon n’en produisant pas autour de lui : s’il y a certes quelques paires d’ailes voletant dans le Temple, elles seront plus vraisemblablement celles d’un couple de tourterelles ou de deux petites colombes que celles de l’ange du Seigneur. En clair, le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui… mais ne s’étonnaient en rien de celui qui disait de lui : s’il n’avait rien dit, il serait passé totalement inaperçu. Voilà d’ailleurs un point qu’il partage à la perfection avec Jésus, Marie et Joseph : ce qui est pratique pour les reconnaître. Il arrive en effet que l’on s’aperçoive mieux entre inaperçus qu’entre trop aperçus : ces derniers étant si éblouissants qu’ils en rendent aveugle. (Voilà également un point au sujet duquel notre consolant de Raihël aura au moins l’avantage de présenter un risque zéro !)

         À présent, tournons le film de ce jour fixé par la loi de Moïse pour la purification : la vraie 1749143682.jpglumière ne brille jamais aussi bien que lorsqu’elle traverse les ténèbres d’une salle confortable offrant un grand écran au plaisir des yeux [23]. Les disciples du héros principal n’ont pas encore rejoint Rome : il ne serait donc pas fidèle au scénario de ranger ce film dans la catégorie western spaghetti. De plus, l’action se déroule à Jérusalem : il y a nettement plus à l’ouest [24][25][26]. DISONS [27, note 11] alors qu’il s’agit d’un "eastern", volontairement symétrique à son lointain cousin, afin d’y reproduire les clichés du genre : puisque Jean ne se prive pas de nous déciller les yeux par le contraste alternant entre lumière et ténèbres, qu’un tel contraste parmi nous ne saurait être déclaré disparu sans faire de nous des menteurs, il est donc entendu que nous aurons les bons et les méchants. Ce qui est écrit là n’est pas une distribution nouvelle, mais une distribution ancienne que nous avions dès le début : ce qui nous remonte à la Genèse et ne rajeunira personne. Sauf le héros principal, au demeurant ; mais nous le savons bien : la valeur n’attend pas le nombre des années [2, APR note 70]. Attention : celui qui dit : « Je le connais » en parlant du film, et qui ne garde pas le fessier au fond de son siège jusqu’à la fin [28] est un menteur. Ce qui le prédispose à incarner le méchant à l’occasion du tournage d’un remake. (De fait, l’idéal pour l’acteur est encore de ne pas avoir à jouer un rôle de composition afin d’être certain [29] de donner le meilleur -si l’on peut dire !- de lui-même). Pour l’heure, nous n’en sommes pas là : gardons-nous de toute anticipation. Bien que typé "eastern" –genre n’ayant pas exactement acquis ses lettres de noblesse-, le film ne saurait appartenir à cette catégorie : toute soucoupe volante sera donc à en exclure. Idem pour le tapis comme nous l’avons déjà vu, bien que ce véhicule corresponde davantage à la zone géographique et à l’époque. Nous l’avons compris : voilà un film que nous devons reconnaître comme n’étant pas en luiparce que décrivant des événements antérieurs à notre époque. Pour autant, le réalisateur cherche à atteindre vraiment la perfection dans son œuvre : il met un point d’honneur [1, APR note 32] à ce qu’en disparaisse tout anachronisme que relèverait un contemporain, provoquant quelque étonnement malsain dans son réel qui est là, pour lui [30, AV note 41] et pour tous les siens d’Israël voire des nations païennes. À ce sujet, s’il y a dans la salle un cinéphile assez éclairé [31,im.7] (mais pas plus que la lampe de la charmante ouvreuse, afin de ne point perturber les autres spectateurs) pour savoir reconnaître une telle incongruité, il sera accueilli à bras ouverts. Si le même déclare en plus avoir des affinités "professionnelles"©[32][33] avec l’oncle Bernhard [34], qu’il se propose spontanément de lui emprunter sa machine extraordinaire en vue de procéder sur place à l’étayage de la forme de conviction par la vérification scientifique [35][36] (pas clinique [37, notes 47 à 53] : l’essentiel[30, APR note 30] de l’action étant en effet diurne, les songes sont d’ores et déjà à exclure…) de ce qui est décrit [30, AV note 30], il va de soi que le réalisateur lui sortira alors un champagne [38] millésimé de sa réserve personnelle !

         Mote… stop ! Et les acteurs, alors ? Ah oui : où donc avions-nous la tête [39] ? Honneur aux gentils. Guest star : Jésus. Dans la salle, quelques spectateurs s’étonnent de ce qu’on dit de lui : Jésus ? Trop facile : il n’a absolument aucun texte à apprendre : le beurre, et l’argent du beurre ! Réplique immédiate du réalisateur : Et alors ? Personne ne protestait lorsqu’à Joseph a été attribué le rôle du papa ! Il est où son texte [1, AV note 13], hein ? Et Zacharie ? Pendant neuf mois [40], pas beaucoup de texte non plus. Et tout le monde a bien marché lorsque le peu qu’il avait alors, il en avait l’anti-sèche sur tablette [41] ! De plus, ai-je protesté, moi, quand il a fallu amèrement CONSTATER [27, note 11] que la bobine contenant la plupart des dialogues entre Marie et Élisabeth durant trois mois [42] avaient chu dans les ténèbres de l’oubli ? Enfin, vous étiez bien contents quand un âne s’est proposé spontanément de figurer dans l’étable de Bethléem [43][44][45] : « Hi ! Han ! », vous trouvez que c’est beaucoup de texte à apprendre, vous ? Cette parole qu’ont entendue ces quelques spectateurs réticents, ils ont heureusement fini par y souscrire : afin que le film soit réussi, ils savent mieux que personne combien celui qui déclare demeurer en lui doit marcher lui-même dans la voie où lui, le réalisateur, a marché. Joseph, Marie : gentils aussi, naturellement. Syméon : gentil également. Mais quel dommage de commencer sa carrière d’acteur si tard, lui qui manifestait tant d’aisance à connaître son texte par cœur ! (Oui, bon, c’est vrai : un peu poussé par l’Esprit. Mais qu’importe, puisque cela ne se voit pas à l’écran ?…) Gentils enfin : tous les hommes de bonne volonté [46] qui déambulent sous ce Temple : soit qu’il viennent y prier, soit qu’ils viennent yprésenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur. Et maintenant, les méchants ! Allons bon : voilà de nouveau un spectateur qui semble s’agiter. Tiens ? Ne serait-ce pas notre pressenti cinéphile assez éclairé ? Mais oui : c’est bien lui ! Comment ? Il manque des gentils ? Des gentils QUOI ? Des LAPINS [47] ? Des 25055674lapin-cretin-04-jpg.jpgtourterelles, oui. Des colombes, oui : c’est d’ailleurs dans le texte. Mais des lapins dans le Temple de Jérusalem, personne n’a rien vu de pareil [48] : pourquoi pas des éléphants roses, tant que nous y sommes ? À sa grande surprise, le regard du spectateur agité s’illumine. Des éléphants roses [49, APR note 10][50,com.7] ? Il marche ! Mais le réalisateur, lui, ne marche pas : pour un peu, le film virait au documentaire animalier des plus fantaisistes… Et pourtant, ce spectateur ne se rassoit pas immédiatement : il lui vient apparemment une nouvelle lumière. Des gentils QUOI ? Des DOCTEURS [51][52] ? Mais ils y sont ! Pas un épisode du Temple où ne manque un docteur de la Loi ! Comment ? Ils ne sont pas toujours gentils, ceux-là ? C’est vrai : mais c’est aussi prévu dans le scénario ; parce que les ténèbres les ont parfois rendus aveugles. Comment ? Pas ceux-là ? Des docteurs qui "soignent"© les lapins, par dessus le marché ? (Il a lu le synopsis à l’envers [53], ou quoi ?…) Petit un : le texte est formel. L’action se déroule dans le Temple, pas dans un hôpital… et encore moins dans un clapier [54] ! Petit deux : sans même savoir ce que veulent dire vos guillemets et votre copyright accolés [55, APR note 9] à "soignent"©, comment voulez-vous que, techniquement, l’on puisse retranscrire de tels signes à l’écran ? Même Joseph -à qui l’impossible [1, note 13][56] ne fait pourtant pas peur- me fait signe qu’il déclare forfait. De toute manière, je vous rappelle que nous sommes en Orient il y a deux mille ans, et non en Occident aujourd’hui [55][57, notes 17]. Si je garde fidèlement la parole du scénario prévu, savez-vous comment seraient reçus ces docteurs que vous me suggérez, à cet endroit-là et à cette époque ? À coups de fouet [57][58][59][60][61][62][63][64] : voilà comment ils seraient reconnus ! Alors le spectateur agité, voyant que sa magie [65] ne trompe ici personne, entre dans une violente fureur [2, AV note 1]… et sort de la salle en claquant la porte ! Les autres spectateurs s'étonnaient de ce qu'ils avaient vu là : quelqu’un s’en allant, lui, avant le début du film [28] !!! Et cela, c’est nouveau

Première lettre de saint Jean 2,3-11. (*)(*)(*)
Mes bien-aimés, voici comment nous pouvons savoir que nous connaissons Jésus Christ : c'est en gardant ses commandements. Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui. Mais en celui qui garde fidèlement sa parole, l'amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous reconnaissons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché. Mes bien aimés, ce que je vous écris n'est pas un commandement nouveau, mais un commandement ancien que vous aviez dès le début. Ce commandement ancien, c'est la parole que vous avez entendue. Et pourtant, ce commandement que je vous écris est nouveau, il l'est vraiment en Jésus et en vous, puisque les ténèbres sont en train de disparaître, et que déjà brille la vraie lumière. Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est encore maintenant dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n'y a pour lui aucune occasion de chute. Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres l'ont rendu aveugle.

         Et maintenant donc, les méchants : ces ténébreux qui ont de la haine contre leurs frères ! À ce propos, le réalisateur regrette un peu ce départ précipité. Non parce qu’il vient de perdre l’unique occasion d’étayage de la forme de conviction par la vérification scientifique sur place : poussé par l'Esprit, lui sait où il va parce qu’il fait confiance au scénariste et garde ses commandements ; mais en tant que réalisateur, il ne lui a pas échappé qu’en dépit de tous les mots gentils du spectateur agité, son comportement étrange [66] lui aurait assuré un brillant avenir dans un rôle de méchant plus vrai que nature. En attendant, où sont-ils, ces méchants ? C’est-à-dire, ceux du film ? Luc nous parle bien d’un signe de division, mais le réalisateur étant inflexible sur le respect des faits, il est hors de question d’imaginer là une division blindée ! Et si nous n’avons que des gentils, le film vire à l’eau de rose… et dans la salle, les spectateurs s’ennuient. Ne comptons pas davantage sur Jean pour apporter un peu de sel dans l’histoire : lui ne connaît que des bien-aimés ! On s’étonnera ensuite que quelques-uns esquissent un baillement, soupirent puis disent : « Je le connais » !  Pourtant, l’heure tourne… et il faut bien que le film en fasse autant. Alors… moteur !
         Tiens ? Mais les voilà, nos méchants ! Dans le résumé du film d’hier, tout simplement : « Alors Hérode, voyant que les mages l'avaient trompé, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région… » Ah, si Matthieu n’était pas là, il nous faudrait l’inventer ! Ce qui ne s’invente pas, en revanche, c’est cet accès de fureur… et le déploiement spectaculaire de beaucoup d’hommes –armés jusqu’au dents- à Bethléem et dans toute la région : ceux-là au moins ne passent pas inaperçus. Leurs collègues du Temple un peu plus : ils se savent en un lieu sacré : si ce n’est pas un hôpital ou un clapier, ce n’est pas davantage une caserne. Aussi se fondent-ils dans la foule, attendant également de leur côté la Consolation d’Israël. Bien entendu, étant les méchants du film, cette attente ne va pas avoir exactement la même signification que chez Siméon. De même, dotés d’un autre regard que ce vieux bonhomme qu’ils finissent par connaître un peu plus depuis les quelques jours qu’ils se fréquentent sans se fréquenter, ils sont également dotés d’un autre portrait-robot. Robert Hare [67] étant hors jeu, ils doivent se contenter de celui de Hérode. Voici comment celui-ci peut savoir comment reconnaître celui qui n’est pas encore connu comme Jésus Christ : grâce à ses divers informateurs, chefs des prêtres et les scribes d’Israël [68][21, APR note 17] dont chacun y va de son interprétation des Écritures. C’est dire que déjà le roi a dû être confronté à de doctes déclarations de type : « L’ensemble des choses que nous savons à propos de Jésus-Christ, confirme de façon indubitable [69, note 1]... »… le parfait portrait-robot de celui qui le déclame alors. Pour peu que l’un ou l’autre aie quelque haine contre son frère présentant un portrait-robot plus sympathique au roi que le sien, il lui importera peu de marcher dans les ténèbres sans savoir où il va, pourvu qu’il remporte la timbale. Aussi forcera-t-il volontiers tel trait plutôt que tel autre. S’extrayant de toute cette cacophonie, on comprend mieux que Hérode aie alors nourri quelque espérance du côté des mages, personnellement moins impliqués dans d’hypocrites courbettes royales à son égard : sa violente fureur est proportionnelle à l’amère déception de cette espérance. Quoi qu’il en soit, et quel que soit le portrait-robot dont il dispose finalement, il le réduit à sa propre interprétation de roi : c’est-à-dire politique. Et c’est bien ainsi que l’entendent toutes ces ombres furtives à ses ordres, postées aux aguets derrière chaque colonne du Temple. Au fond, ce sont les méchants du film parce qu’il faut bien des méchants : sinon les spectateurs sujets aux ronflements risquent de déranger ceux qui essaient de capter la lumière, se prennent au jeu, aperçoivent une, deux puis trois silhouettes aux regards fuyants qui leur semblaient appartenir de prime abord à des gentils, mais qui –réflexion faite- semblent de connivence, et chercher quelque chose… ou quelqu’un. Dommage que Ennio Morricone n’aie pas saisi l’occasion, se dit le réalisateur. D’autant que les spectateurs, fiers de leur perspicacité, se réveillent tout à fait : la caméra les confirme en effet, s’attardant sur le petit groupe suspect. Elle effectue un zoom magistral sur l’un d’entre eux, tenant discrètement une tablette d’argile. Va-t-elle parvenir à montrer ce qui y est écrit ? Difficile : la tablette passe de main en main… jusqu’à celui qui se trouve dans le champ le plus direct de l’objectif. Oui ! Alors, alors, alors ? Ce qui y est écrit est-il un commandement nouveau ? Vite, avant qu’elle ne disparaisse entre les mains d’un autre, moins accessible à la caméra. Eh bien ça alors ! L’image devient saisissante : il y a un commandement nouveau ! Et pourtant, il n’y a rien d’écrit dessus…

         C’est pour cette raison –ce qu’il y a dessus- que les méchants du film, finalement, vont s’avérer ne pas être si méchants…

À suivre…