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dimanche, 09 janvier 2011

Un air de baptême contre des baptêmes de l’air…

Montage droles d'oiseaux.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,13-17. (Mc)(Lc)
(Baptême du Seigneur)

Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. »

            Jésus, Jean : un seul besoin, un seul baptême. Mais deux points de vue… et deux seulement : dans ce film-là, pour des raisons évidemment différentes de celle qui prévalait quand survint un homme couvert de lèpre [1, APR note 23], la distribution relève de l’intimité. Jean, de son côté, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l'eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser [2]… et on y venait également en abondance [3]. Mais pour ce moment-là (charnière dans la charnière [4, note 21]), laissons faire le réalisateur : voici que cette séquence s’ouvre sur deux acteurs seulement, et se fermera sur un troisième dont on n’entendra que la voix off… et n’apparaîtra que sous la forme d’une colombe : riche de son universelle signification symbolique de la paix [5] –peu compatible avec l’oiseau de mauvais augure [6][7]-, ce blanc volatile ne fait que de la figuration. Car, aussi réduite soit la distribution, c’est là un film d’acteurs : non un dessin animé. La stéréophonie aidant, tous les spectateurs de la salle auront d’ailleurs parfaitement entendu que ce qui est comme une colombe est descendu, alors que la voix off, elle, émane des cieux : ce qui rend impossible le consentement [8] à en déduire que ce soit comme l’oiseau qui parle, à moins de vouloir troubler le scénario. Par conséquent, si la colombe avait eu du texte à apprendre, celui-ci eût consisté en un sympathique roucoulement : ce qui, à son niveau, n’est jamais qu’accomplir parfaitement ce qui est juste. Pour le moment, le scénario n’avait pas besoin de cet accompagnement sonore.
         Deux points de vue, donc… exprimés de manière marxiste [9, APR note 24][10] : au sens philosophique, mais non au sens politique. Non parce qu’à l’évidence [11, APR note 70] le lieu (à l’écart de toute habitation, les bords du Jourdain sont peu suspects de rivaliser avec les ors du roi Hérode le Grand [12], sis en son palais bâti au cœur de Jérusalem) et les acteurs (un sauterellophage [13] du désert et un jeune prophète galiléen itinérant) ne criant pas, ne haussant pas le ton, ne faisant pas entendre leur voix sur la place publique –autrement dit, sont à la campagne : celle-ci n’étant pas électorale- ont mis à part ce sens politique, mais parce que leurs deux points de vue se confrontent : ils ne s’affrontent pas. En revanche, nous avons bien la thèse, émise par Jean : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Jean porte donc l’accent sur le besoin : ce qui n’empêche pas cette thèse d’être parfaitement juste en soi. Mais Jésus lui répondit –c’est l’anti-thèse… à la grecque [14, note 42] : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Jésus porte alors l’accent sur ce qui est juste pour ce moment précis, dans ses trois dimensions : temps, lieu et personnes. Ce qui veut dire que si une seule de ces trois dimensions vient à faire défaut, ce qui est juste ne peut être accompli en aucune façon.

Livre d'Isaïe 42,1-4.6-7. (*)/(*)|[10][*][*][*]
Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j’ai prononcé. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité. Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose mon jugement dans le pays, et que les îles lointaines [?] aspirent à recevoir ses instructions. Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations ; tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres (*).

"Imaginons" (!) par exemple un juge [15][16] faisant paraître le jugement qu’il a 1268174837.jpgprononcé : il crie, il hausse le ton, on entend la voix de ses ORDONNANCES [17, note 11][18] sur la place publique [19] ! Il  cherche à écraser le roseau froissé, à éteindre la mèche qui faiblit… il ne fait pas même paraître le jugement en toute fidélité à ses propres codes [20: puisque faisant alors mentir les uns [2, APR note 5][21] afin de mieux servir les autres [22], déjà mensongers en eux-mêmes dans leur application ! Vous savez ce qui s'est passé à travers tout ce pays de Snifs [23], depuis le début : que tout s’est passé SANS "le roseau froissé", "la mèche qui faiblit" [24]. Ce qui veut dire qu’à ces moments précis, une des trois dimensions aura toujours fait défaut : celle concernant les personnes. C’est un peu comme si une boutique située en plein centre ville, somptueusement achalandée, aux prix défiant toute concurrence, au personnel affable et compétent, ouverte sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre (par roulement !), ne voyait jamais un seul client franchir son seuil ! En transposant la scène sur les bords du Gourdin [25]-, paraît X arrivant de Gallinacée [26], et il vient pour se faire baptiser. Personne -absolument personne- n’a voulu l’en empêcher en disant : « C'est moi qui aurait besoin de me faire baptiser par toi [27], et c'est toi qui viens à moi ! » Au contraire aura-t-il été consacré [3, note 32] par l’esprit de crainte [28, APR note 20] et rempli de la farce [29] de tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon [30], ne faisant plus de différence entre… ce qui est juste [31, APR note 74] et ce qui est monstrueusement [32, APR note 122] injuste. Et X aurait pu donc répondre : « Pour le moment, laisse-moi défaire [33] ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est injuste. » Ici, les bougons du fond de la salle [1, note 26] vont adorer cette version gore, pimentée à souhait, comme on ne le voit guère qu’au cinéma (et encore : seulement projetée [34, APR note 16] dans les salles de mauvaises 1061074062.jpgfréquentations !…). En effet, le réalisateur clandestin n’aura pas oublié de leur faire voir l’esprit s’en dégageant, descendant aussi comme… un oiseau. Sauf que l’accessoiriste n’a pas été dupe : en vérité, il comprend que ce réalisateur est un ténébreux… et que là où passent ses films, ils font bien la tonte ; mais hélas, l’herbe [35] ne repousse plus ensuite [36]. Aussi a-t-il fait ce qui est juste : garder les colombes pour le vrai réalisateur -car Dieu était avec lui-, et trop heureux d’envoyer à l’autre tout son stock de vautours [37]. Et , les spectateurs peuvent faire la différence entre la version originale et la version odieusement trafiquée. De nouveau, tous lèvent le doigt comme un seul homme… puis vont s’enquérir d’une serviette [28, AV note 8]. Non que la thèse qui leur brûlait les lèvres ne soit pas parfaitement juste en soi –car il est vrai que le réalisateur patibulaire contraint les vautours, quelle que soit leur race, à accueillir sans discuter leur déguisement de colombes (en matière de "santé"©, c’est l’inverse [38] qui se passe [1, APR note 39][39][40, APR note 47]…)-, mais la différence est nettement quantitative : combien de "colombes"© dans la version épouvantable pour une seule colombe au sein de la plus recommandable ? Ce n’est pas encore tout : chez l’affreux, les voix (car il y en a plusieurs) ne viennent plus des cieux, mais des essieux [41]. En s’y penchant de plus près, les vaut… "colombes"© y sont. Les spectateurs sont médusés [42][43] : alors que ce n’est pas davantage un dessin animé, que les acteurs sont également de chair, de sang… et de plumes [44][46][47][48][49][50][51][52][53][54][55][56][57][58], les oiseaux ont la parole !!!

allusions_gericault_02.gifLivre des Actes des Apôtres 10,34-38. (*)/(*)(*)|[*][*]
Quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, il s’adressa à ceux qui étaient là : « en vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent
et font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole aux fils d'Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus Christ : c'est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous. Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon
(*). Car Dieu était avec lui. »

            À l’énoncé de l’anti-thèse, voici que ce sera des cieux qu’une voix diraannonçant alors la synthèse- : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. » Cependant, elle n’est pas immédiate puisqu’il fallait au préalable que thèse et anti-thèse, loin de se contredire ou de s’annuler l’une l’autre, se rejoignent mutuellement dans l’accomplissement parfait de ce qui est juste : passant par le laisser faire de Jean. Pour le moment, si c’est de cette façon que doit être accompli parfaitement ce qui est juste, c'est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous : alors, pourquoi crier ou hausser le ton ? Ce n’est pas le "verre à apéritif" qui est venu s’imposer contre le gré du "verre" de service à table [2, AV note 3], mais celui-ci qui vient signifier au "verre" plus modeste que le maître de maison ne fait pas de différence entre les "verres" ; quelle que soit la fonction qui leur est dévolue, le rangement qui leur est assigné -simple placard de cuisine ou prestigieuse desserte Louis XIII-, tous viennent de la même pâte de verre : le souffleur est le souffleur de tous. Pour le moment, si c’est dans le placard de la cuisine que le maître de maison a jugé bon que soit rangée la coupe [2, note 3] des grandes occasions, le "verre à apéritif" pourrait-il vouloir l’en empêcher ? La synthèse vient donc confirmer que personne n’aura été écrasé, froissé, éteint ou affaibli par l’autre, le laisser faire de Jean étant moins le relâchement passif de sa propre volonté que l’expression sans faille de sa totale confiance en celle de Jésus (ce qui n’est pas sans rappeler de nouveau le lépreux [1], d’autant qu’il y a communauté de sens entre baptême et purification) dont la volonté est elle-même accordée à celle du Père : à cette totale confiance, répond comme il se doit un total amour sur un Fils bien-aimé : non seulement aimé mais bien-aimé. C’est dire qu’entre Père et Fils, il n’existe pas même l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette pour de l’extraordinairement vague [59!…
         En revanche, dans le contexte de la version gore –celle du juge ayant fait paraître le jugement que nous savons [60, note 3/2]-, la synthèse s’exprime autrement… bien qu’également, d’une certaine manière, en voix off. De fait, si à ces moments précis, une des trois dimensions aura toujours fait défaut [24], c’est parce qu’elle a laissé faire. Parce qu’ici, c’est plutôt la totale confiance qui est extraordinairement vague : tant sur la place publique que sur la place privéecelle-ci étant d’ailleurs réduite à l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette par les ingérences [61, note 70] de la place publique. Parce que s’il y a eu appel, il ferait beau voir qu’il fut lancé selon la justice ! la présence de la dimension manquante eût signifié l’expression d’une anti-thèse : pire, de deux anti-thèses. Car il n’y a pas de thèse : il n’y a que des mystifiés/mystificateurs [62] aspirant à recevoir en circuit fermé des instructions les uns des autres, captifs de leurs propres prisons, cachottiers de leurs ténèbres (mal) voilées [63] d’un vocabulaire anti-thétique se voulant synthétique ; voici en effet que les cieux se fermèrent. Un baptisé n’a pas besoin de venir adorer [ad-orer : se tourner vers] les hommes qui font ce qui est injuste : ce serait déjà les justifier ; c'est de cette façon qu’il doit accomplir le moins imparfaitement possible ce qui est juste. Paraît néanmoins un jugement prononcé contre lui ? Qu’à cela ne tienne : il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. Du moins, pas sur cette place publique [64]. Depuis sa place privéeouvrant une fenêtre mondiale [65] sur la place publique-, devant les nations, il fait paraître le jugement qui a été prononcé. Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose son jugement de synthèses dans le pays. Pour le moment, ses instructions sont reçues jusque dans les îles lointaines. Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais lui en fait une. Non une différence de race, de taille, d’opinions, de revenus ou autres considérations sociales, innées ou acquises ; mais une différence entre un péché/pécheur qui conduit à la mort et un péché/pécheur qui n’y conduit pas [2, APR note 5] : jusqu’à preuve du contraire [66, note 1], il semblerait que Jean la fasse aussi. Oui, oui : celui-là même qui cultive la manie de commencer sa première lettre [67, AV note 18] par : « Mes biens-aimés… »

         Ce qui est plus fort que mes bien-baptisés… et suggère une ultime synthèse. Thèse : le bien-baptisé. Anti-thèse : le bien-portant. Cependant, thèse et anti-thèse se rejoignent mutuellement. La mauvaise nouvelle est qu’ils se rejoignent ici en se contredisant et en s’annulant l’une l’autre. Parce que thèse et anti-thèse sont alors émises par une seule personne… donc à deux têtes [68, note 85]. Ce qui a pour effet d’ouvrir les yeux aux plus aveugles. C’est d’une toute autre façon que ceux-là se doivent alors d’accomplir parfaitement ce qui est juste… selon eux. Plutôt que d’aller s’exiler dans les îles lointaines afin d’éviter le spectacle éprouvant de pratiquants non croyants [69] se faisant rebaptiser [70] entre eux -et en qui semble ôtée toute joie-, ces croyants non pratiquants, parfaits anti-thétiques, se font massivement remarquer par une démarche singulière qui, pour être théologiquement invalide, n’en pose pas moins l’ultime synthèse suggérée : la demande de "baptême" sur la place publique. Des deux catégories, laquelle accomplit le plus imparfaitement ce qui est juste ? La question reste ouverte

Debapteme.jpg

Commentaires

Ah là sur l'affiche de "Drôles d'oiseaux" on dirait Johnny Cash (à droite) !

Écrit par : Guy | mardi, 11 janvier 2011

Il y a certes un peu de Johnny :
http://micheldetiarelov.hautetfort.com/album/philou-pping/1096882343.html
Cash : je serai plus circonspect. Surtout si la maison ne fait pas de crédit !...

Écrit par : Michel | mardi, 11 janvier 2011

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