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lundi, 10 janvier 2011

La grande traversée II.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20. (Lc)(Mt)(Mc)(Lc)(Mt)(Mt)(Lc)(Lc)(Mt)/(*)(*)
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui. 

            Que disait Jésus parti pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ? « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Soit mot pour mot, ce que disait Jean Baptiste lui-même avant son arrestation [1: avec le confortable recul de ces jours où nous sommes, il saute aux yeux que le relais vient d’être passé entre les deux prophètesentre ancienne et nouvelle Alliance [2, note 21]-, expression parfaite de l’être précurseur [3] de Jean. Afin que la charnière [4] (dont le voisinage phonétique avec la chair n’est pas sans rappeler que toute nouvelle - aussi bonne soit-elle- est comme un filet déchiré si elle est jetée aussitôt : "déshabitée" parmi nous [5]…) effectue sa rotation sans grincement, il lui fallait cette ultime goutte d’huile apportée des cieux par l’onction insurpassable de l’Esprit de Dieu, achevant d’accomplir parfaitement ce qui est juste [6]. Mais cela, c’est aller un peu plus loin : c’est-à-dire vers le reflet resplendissant de la gloire du Père, Majesté divine au plus haut des cieux qui porte toutes choses… dans toutes leurs dimensions : verticale et horizontale.
         Qu’ils soient pêcheurs ou pêchés, les hommes, eux, sont moins bien placés : si habitant-dans-leur-chair que leur champ de vision prend des formes assurément aussi variées que leurs apparences [7]. Ces formes n’en sont pas moins fragmentaires, le monde horizontal leur étant plus à portée immédiate. Le monde vertical, lui, puisque introduisant dans le monde à venir, implique de laisser là ses filets habituels afin de partir dans une barque qui, par définition, mène à une destination inconnaissable par la plupart des outils du monde horizontal. Seuls surnagent cependant quelques précieux repères, phares et balises éclairant par tous les temps le trajet entre les deux mondes : les notions de foi, d’appel, de suivi, d’héritage ou de purification ; chacune disposant naturellement de sa potentialité contraire, l’homme étant libre… et charnellement plus proche du monde horizontal que du règne de Dieu ! Surprise : voici à présent que ce sont les spectateurs du premier rang de la salle [8] qui se lèvent ! En effet, ils ont encore en mémoire le film récemment visionné, se démarquant ostensiblement de celui-ci. « Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. » « Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui. » Ici, rien à redire : Simon, André, Jacques et Jean eussent continué de jeter –ou de préparer- leurs filets comme si de rien n’était, que Jésus n’aurait nullement ordonné au feu du ciel [9][10] de leur tomber dessus : pourtant, Il avait aussi ce pouvoir [11, note 73] : L’ayant manifestement donné plus tard aux mêmes Jacques et Jean, « Fils du tonnerre » [12]. Or, plus tard également, et sur le bord du même lac de Galilée, le scénario était formel -et sans alternative pour les acteurs-: « Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive [13]» ; n’est-ce pas cette éminente qualité de "l’homme étant libre" qui est en train de tomber à l’eau ? Au moment de cette sortie massive, c’est comme si le feu du ciel venait de tomber sur les spectateurs du fond de la salle : en effet, ils n’avaient encore jamais vu les spectateurs du premier rang être renvoyés par le réalisateur [13, note 10/2] alors qu’eux-mêmes pouvaient rester où ils étaient ! Prudents, eux ont préféré garder le silence [14] : selon les circonstances, cette forme de "communication" est d’ailleurs une réponse à l’appel ; tantôt positive –par ignorance avouée d’une réponse plus explicite, ou par laisser faire à la mode Baptiste [6][15, APR note 27]- tantôt négative par crainte inavouée liée au châtiment [16][13, APR note 20], "l’incommunicabilité"©[17] en fournissant bien sûr l’expression la plus "parfaite". Le réalisateur ayant décidément la gâchette facile en matière de renvoi de ses troupes à leurs chères études, considérons à ce propos que chez nos lascars cohabitaient les ténèbres et la lumière : ce qui est encore se prosterner devant l’hypothèse que la question leur aie seulement affleuré l’esprit ! Car la thèse émise par les renvoyés du jour est parfaitement juste en soi [6, AV note 14] : toute obligation engendre une perte fragmentaire –ou totale, selon le contexte- de la liberté. Seulement, celle-ci exige la responsabilité [18][19] correspondante sous peine d’une navigation hasardeuse, dénuée de tout repère : incluant de surcroît de compromettre celle des autres barques… quand il ne s’agit pas de les pirater [20][21][22][23] sciemment !

         Ce qui met précisément le doigt sur la raison de cette obligation ponctuelle. Tout d’abord, les disciples partirent derrière lui… laissant derrière eux tout ce qui appartenait à leur "vieil homme" : Jésus devient leur seule boussole. Mais il ne leur pousse pas des ailes dans le dos : ils ne sont pas encore dans le monde à venir, doivent affronter avec lui toute l’horizontalité du monde présentengendrant du bon et du méchant, pour le bonheur du fond de la salle. Et voilà que Jésus les oblige à monter dans la barque… non plus pour le suivre, mais cette fois-là pour le précéder : déconcertant. Ensuite, s’ils précèdent ainsiMontage homme poisson.jpg Jésus, ils précèdent surtout les disciples à venir après eux. "Seuls surnagent cependant quelques précieux repères, phares et balises éclairant par tous les temps le trajet entre les deux mondes : les notions de…" stop ! Si le feu du ciel ne leur est pas tombé dessus, les précieux repères ne sont pas davantage tombés du ciel comme la manne dans le désert [24] : ne fallait-il pas qu’ils fussent établis par Douze [25, APR note 73] installateurs qui, dans ces temps-là, étaient encore un rien "scolaires" ? Car ils n'avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aussi aveuglé par une pratique encore imparfaite de la théorie patiemment distillée au fil des jours par le Maître. Lui, le Seigneur, Il les a appelés selon la justice, Il les a pris par la main, Il les a mis à part [6, AV note 15]. Mais vient un momentle père doit se résoudre à lâcher la main de l’enfant apprenant à marcher. En effet, Dieu n'a jamais dit à un fils : Tu es mon fils, aujourd'hui, pouf pouf [26] ! tu sais marcher tout seul. D’où cette anormalement longue traversée du lac de Galilée : les disciples savaient ramer -voire se débattre avec les rames !-, mais ils ne savaient pas "marcher". En revanche, ils devaient savoir plonger en eaux profondes [27][28][29]… afin d’y sceller durablement au fond l’extrémité d’une chaîne, dont l’autre extrémité évite au préc ieux repère flottant à la surface de partir à la dérive. (Dieu merci, la chaîne est inoxydable : plus solide[30] que la scie à métaux de ces étranges habitants[31] qui peuplent le fond du lac [32, notes 36]…) Ce qui leur aura fourni de surcroît un sujet supplémentaire de débat : lequel d’entre eux aura su plonger le plus profond ?

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Lettre aux Hébreux 1,1-6. (*)/(*)(*)(*)(*)
Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ; mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être, ce Fils, qui porte toutes choses par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté divine au plus haut des cieux ; et il est placé bien au-dessus des anges, car il possède par héritage un nom bien plus grand que les leurs. En effet, Dieu n'a jamais dit à un ange : Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré. Ou bien encore : Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Au contraire, au moment d'introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui.

            En attendant, lequel des spectateurs restant dans le fond de la salle –des mieux placés pour tout ce qui concerne la dimension horizontale- osera-t-il avouer au réalisateur leur difficulté particulière [33] ? Ce n’est pas tant qu’eux ne savent pas marcher : ils ont plutôt peine à vouloir marcher, c’est-à-dire à se prosterner devant ce qui est décrit, semblant ne perturber personne. En effet, s’ils ne répugnent pas à des formes fragmentaires et variées de méchanceté dans les films du réalisateur, ils n’en demandent qu’à titre de condiment [34] : pour éviter l’insipidité au scénario. Cependant, n’étant pas devenus pratiquants non croyants [6, note 69], fort heureusement pour eux ils possèdent encore un sens de la justice [6, note 31] plus resplendissant qu’un reflet extraordinairement vague [35]. Il n’empêche qu’ils n’ont pas osé parler : car s’ils avaient osé, ils auraient interrompu la projection dès les premières secondes !
         Après l'arrestation de Jean Bapt… stop, stop, stop ! Enfin quoi : ce Fils porte toutes choses par sa parole puissante ; après avoir accompli la purification des péchés, Il s'est assis à la droite de la Majesté divine au plus haut des cieux ; il est placé bien au-dessus des anges, car il possède par héritage un nom bien plus grand que les leurs. Et simultanément, Jean Baptiste est arrêté sans qu’Il n’aie levé le petit doigt pour le tirer de ce mauvais pas : Il laisse faire, part tranquillement pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu. Pourquoi Jean Baptiste est-il arrêté ? Le syndicat des sauterelles en colère [36, note 2] a porté plainte ? Même au cinéma, il n’existe pas. Quelqu’un a déniché un article du Code de la construction et de l’habitation [37, note 74] qui puisse donner l’apparence de prendre Jean en défaut ? S’il avait existé à l’époque –et en ces lieux- son application sur un habitant d’un désert (non construit et non habité par définition) aurait fait passer Hérode pour un clown jusqu’à la consommation des siècles ! Dans la version plus officielle, passant plutôt à la femme d’un autre [38], il aura suffi que Jean lui énonce quelques règles de droit pour fournir le mauvais prétexte à son arrestation. Et déjà, longtemps avant que n’apparaisse la parlote [39] toute-puissante proclamée par une "médecine"© resplendissante de ses illusions "expertes"©[40, notes 34 à 38][41, notes 26 à 32], on sait parfaitement décliner "l’argument"-prototype de la "protection"©[42][43] afin de protéger [44] plus sûrement des manipulations [45] d’alcôves au sein des pouvoirs en place. Or, Jean avait le droit ; mais c’est Hérode qui avait le pouvoir… sauf celui de faire mentir le vocabulaire (en dehors d’une "protection" à laquelle le "protecteur" ne croit pas lui-même…) : loin des artifices de la "compassion"©[46], de l’"hôpital"©[47, note 40],des "soins"© et de quantité de "maladies"©[48, notes 53 à 56] épargnant miraculeusement des cohortes de bien-portants, on cherche à mettre à mort le trouble-fête… le véritable troublé (!) étant bel et bien celui qui prononce la sentence macabre. Cependant, le plus étonnant n’est pas tant dans ces mœurs expéditives -ou dans le laisser faire de Jésus (qu’Il reproduira d’ailleurs sur Lui-même au cours de sa Passion) venu pour une remise en question [49] et pour que s’accomplisse l’Écriture [50][51], non pour imposer des réponses assez pré-mâchées pour que marche tout seul le monde sans qu’il ne l’aie jamais appris-, le plus étonnant est encore en ce que l’arrestation de Jean Baptiste ne se soit pas soldée par un pogrom généralisé : où sont passées toutes ces foules qui, non seulement le tenaient pour un prophète, mais avaient entrepris le pénible voyage de le rejoindre sur les bords du Jourdain afin de s’y faire baptiser ? Or, Hérode avait peur de la foule –ou peur de Jean lui-même, dans la version de Marc [44]- : suffit-il d’un anniversaire bien arrosé pour surmonter une telle peur ? Aussi roi fût-il, pouvait-il accomplir seul un tel acte sans y risquer son trône ou sa vie… mais surtout, sans bénéficier de soutiens inespérés –voire des pousse-au-crime !- parmi certaines couches de la population ? Lesquelles ? Un grand nombre de pharisiens et de sadducéens -ayant été piteusement éconduits par Jean [1- n’avaient–ils pas contre lui quelque venin [45] de réserve ?

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