Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 22 février 2011

Tu es lierre, et sur ce lierre je cueillerai des baies exquises ; et la puissance de la Mort t’emportera à tire d’ailes.

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

[*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19. (*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)
[
?]/(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Mc)
(Chaire de saint Pierre, Apôtre, fête)
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
(*)(*)(*)(*)

        « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » En dépit des variations distinguant Marc [1] de Matthieu, la question de ce dernier reprend mot pour mot celle du premier, lorsqu’elle s’adresse aux disciples. Elle n’en fait pas moins écho à la première question, d’apparence plus générale : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » ; instinctivement, ne lie-t-on pas sur la terre cette question à « Pour les gens, qui suis-je ? », plus concise chez Marc ? D’autant que les deux Évangélistes se réfèrent manifestement à une même scène, dans une même région : ce qui révèle -dirait-on aujourd’hui- une légitime différence de sensibilité. Pas besoin de clefs : question suivante, s’il vous plaît. Pas si vite : la formulation de Matthieu est-elle si interchangeable qu’il n’y paraît, à celle de Marc ?  La différence de sensibilité doit-elle devenir un modèle d’interprétation passe-partout, jusqu’à en flétrir une éventuelle différence de sens [2?] qui va révéler, elle, la charge personnelle de la réception [3, note 29] de chacun ?
        « Pour les gens, qui suis-je ? » Si toute sagesse vient du Seigneur, et demeure auprès de lui pour toujours [3, APR note 33], depuis toujours, elle se fait plus fluctuante chez l’homme ; précisément parce que la sagesse est comme la paix [4] :s'il y a un ami de la sagesse, celle-ci ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur son dispensateur. Or, le flux minimal de la sagesse s’exerce dans la terminologie employée : "les gens". Et s’il y a une désignation qui remporte haut la mainla couronne de gloire du sens commun, indépendamment de toute région, culture, époque etc., c’est bien celle des gens. Car, qu’on le veuille ou non, "les gens", ce sont toujours les autres. Par conséquent, selon Marc, la question posée par Jésus équivaut à demander à ses disciples : « Pour les autres, qui suis-je ? ». En ce sens, quelle que soit leur réponse, les disciples n’ont pas partie liée à cette réponse.
        « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Est-ce un heureux avatar de la précision caractérisant son ancienne fonction de collecteur d’impôts [5] ? Toujours est-il que Matthieu se fait ici plus subtil. Au « qui suis-je ? » brut de fonderie et n’entrant pas dans les détails, lui suggère une nette distinction[6] entre ce qu’est le Fils de l’homme dans un réel qui est là, pour tous [7, AV note 41] (sic), avant et avec l’homme… et Son image [8, note 16][9,pp.6/7] : d'après ce que disent les hommes. Autant la formule « Pour les gens, qui suis-je ? » porte si peu de jugement de valeur qu’elle garde la possibilité de lui en attribuer une qui flétrisse Jésus, autant Matthieu lève l’ambiguïté en relativisant plus explicitement la portée de la réponse, sachant qu’elle sera énoncée par la chair et le sang : c’est-à-dire d'après ce que disent les hommes. Ce faisant, il ne parle pas des gens, mais bien des hommes. Or, tant que ne s’est pas manifestée la misérable cupidité [10][11][12] de surveillants par contrainte [13][13bis][14][15] comme le Docteur le veut [16], commandant en maîtres-chiens [17][18] à ceux qui exercent la dysfonction d’En-chiens [19][20][3, notes 57 à 61]… et tant que les (vrais [21][22][23][24][25][26]) Martiens n’ont pas débarqué parmi nous,il devient plus difficile de limiter les hommes aux "autres". Car les disciples aussi font partie des hommes : dès lors, la réponse qu’on attend d’eux se fait moins neutre que sous la plume de Marc

Première lettre de saint Pierre Apôtre 5,1-4. (*)/(*)
Frères, je m'adresse à ceux qui exercent parmi vous la fonction d'Anciens, car moi aussi je fais partie des Anciens, je suis témoin de la passion du Christ, et je communierai à la gloire qui va se révéler. Soyez les bergers du troupeau de Dieu qui vous est confié ; veillez sur lui, non par contrainte mais de bon cœur, comme Dieu le veut ; non par une misérable cupidité mais par dévouement ; non pas en commandant en maîtres à ceux dont vous avez reçu la charge, mais en devenant les modèles du troupeau. Et, quand se manifestera le berger suprême, vous remporterez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.

            Sans vouloir commander le berger suprême (!), pourvu qu’il ne se manifeste pas sur l’heure ! Parce qu’au fond, la couronne de gloire est aussi comme la paix [4]… ou -plus prosaïquement- comme le facteur apportant à domicile un colis volumineux : si le destinataire est absent, c’est le préposé qui remporte le paquet à son agence. Si les bergers du troupeau [27] ne sont pas toujours comme Dieu le veut (car ils sont, eux aussi, quel que soit leur dévouement, remplis de faiblesse [28, APR note 10]), le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes… de leur temps ?En effet, si la question« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » ne s’arrêtait pas à la région de Césarée-de-Philippe [1, APR note 23], pourquoi s’y arrêterait-elle davantage aujourd’hui, alors même que cette fois, Matthieu n’en change pas un iota après son compère ? Car les disciples font décidément toujours partie des hommes. Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes… de notre temps ? À défaut de gloire, prière de s’adresser au sondage [1, notes 14,15] qui en a récemment révélé la teneur. Sous la plume de Matthieu, la teneur de la première question implique davantage les membres du troupeau dont les bergers exercent la fonction d’Anciens à qui ont été données les clefs du Royaume des cieux. Au-delà de ce qu’en disent les hommes, Jésus Christ, hier et aujourd'hui, est le même [29, AV note 27][30, note 73] : l’Évangile également. En conséquence, quels que soient les malencontreux égarements de clefs [31, note 6], "tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux" se conjugue au présent, ne souffrant aucun conditionnel : ce qui est lié sur la terre est lié dans les cieux, et ce qui est délié sur la terre est délié dans les cieux. Ceci quelle que soit la nature de ce qui est lié ou délié, les bergers du troupeau y communient ou, à tout le moins, ne manifestent aucune pensée de réprimande [30,Lv][1, note 147]. Veiller sur le troupeau, non par contrainte mais de bon cœur, voilà qui emporte l’adhésion : notamment depuis que, historiquement dégagée de contraintes la liant à des gloires temporelles, la fonction d'Ancien est moins sujette à des distractions de l’ordre d’une misérable cupidité, celle-ci offrant dès lors davantage de prise sous d’autres cieux. Pour ce qui est de commander en maîtres à ceux dont elle a reçu la charge, la tentation est d’autant moins d’actualité que c’est le troupeau qui est devenu un modèle… réduit [1, note 2] : et, quand se manifestera le berger suprême, que fera-t-il de son stock de couronnes de gloire ? Si le destinataire est absent, le préposé remporte le paquet à son agence

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

         Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes… voyant d’autres hommes se déclarant faisant partie du troupeau ? Telle est la question en profondeur, s’inscrivant déjà en filigrane dans la formulation de Matthieu : si les bergers du troupeau sont appelés à devenir leur modèle, le troupeau, lui, est -de bon ou de mauvais cœur- le modèle par défaut des gens : des autres. Le Fils de l'homme ? Existe-t-il seulement ? Car s’il existe, alors ce qui est lié sur la terre est lié dans les cieux, et ce qui est délié sur la terre est délié dans les cieux. Alors, le troupeau met plutôt davantage son orgueil dans le Fils de l’homme [3, AV note 36] qu’en des hommes dont il se réclame [30,1Co]… ce qui lui permettrait avantageusement de veiller à ne pas tomber dans le piège des faux bergers [32] : ces hommes qui se réclament de ce qu’il leur faut –voire plus qu’il ne leur en faut [33, APR note 18]- du Fils de l’homme pour en badigeonner l’orgueil qu’ils mettent en des hommes dont ils se réclament plus concrètement. Pour en donner une clef plus courte –et plus simple-, il suffit de prendre une discipline de chair et de sang, de "bâtir son Église" par dessus –autrement dit, en l’espèce, lui lier l’étiquette-modèle de "chrétienne" [34][35, note 91][36][37, APR note 85][38, APR note 43]-, et le tour est joué. Alors… ce qui est lié dans les cieux est bien solidement lié dans les cieux. Simultanément, sur la terre on fait tout ce qu’on veut [39, APR note 11], à sa guise : comme l'Écriture n’en dit rien à ce sujet [40; à commencer par délier, en prenant pour modèle ce que disent les hommes, se laissant commander par des maîtres [41][42] ayant reçu la charge de satisfaire leur misérable cupidité. Afin de s’en épargner un portrait apocalyptique, il conviendra sans doute d’éviter soigneusement de demander à ceux-là :« Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que les hommes vous en ont dit ? »…

4025731477.jpg

Télécharger une version imprimable de la note
(fichier Word 2 pages, sans les images)

Les commentaires sont fermés.