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mardi, 08 mars 2011

«Pourquoi voulez-vous des preuves ? Faites-moi voir un piège de bien-portant.»

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,13-17. [1][1][6][3][1][7]|(Mt)/(*)(*)  
On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens
(*) pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne (Sg)(*), car tu ne fais pas de différence entre les gens [4](Ep)(Ac)(Jc)(Rm)(Ac)(Ec)(Ep)(Ac), mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non [*], de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » (*)(2)(*)
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? De l'empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : «
À César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet
[?].

            « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. » Ne sont-ils pas gentils [1] avec Jésus, ces pharisiens et hérodiens ? Ne lésinant pas sur la brosse à reluire, ils se font charmants, très séduisants, ayant beaucoup de bagout, s’exprimant bien, ayant un charismeÉvidemment, ils sont envoyés pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Mais lui, sachant leur hypocrisiec’est-à-dire sachant que cette gentillesse qu’ils utilisent, c’est pas une vraie qualité : c’est quelque chose qu’ils maîtrisent pour obtenir quelque chose de lui [2, notes 1]- lui donc ne peut pas encore, sans anachronisme flagrant, rendre à la "médecine"© ce qui est à la "médecine"©, et à Dieu, ce qui est à Dieu. Aussi convient-il de ne pas s’étonner à son sujet lorsque Il doit se rabattre sur César : l’empereur étant d’ailleurs lui-même le sujet de la question posée. Donc, le temps qu’on s’en aperçoive, souvent il se passe du temps.
         À propos de temps, devons-nous attendre deux mille ans de plus, oui ou non, pour s’apercevoir que l’empereur dont il est question est depuis lors passé de vie à trépas… voire, que la valeur d’une pièce d’argent à son effigie est aujourd’hui moins fiduciaire qu’historique ? Le percepteur ne serait-il pas à son tour rempli d’étonnement au sujet de son contribuable si celui-ci lui payait l’impôt au moyen de pièces d’argent à l’effigie et à la légende de César ? Il rendrait au contribuable ce qui est au contribuable… et lui réclamerait des arriérés de paiement. C’est dire qu’on a eu le temps de s’apercevoir qu’au-delà de telle effigie ou de telle légende, cet Évangile n’est pas parvenu jusqu’à nous pour le seul plaisir des historiens en herbe : ne vient-on pas déjà de s’apercevoir que l’attitude de certains de ses protagonistes rencontrait une étonnante résonance avec des textes encore fumants d’actualité ?

3119005300.jpg« À César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Même à ne pas faire de différence entre les gens, Jésus n’en fait-Il pas une entre César et Dieu ? Non pas tant pour les opposer que pour en souligner l’appartenance de l’un au monde visible, le Tout Autre l’englobant sans être Lui-même visible. En cela, "César" ne saurait se limiter au pouvoir politique du moment, quelle que soit la nature de celui-ci et le lieu au sein duquel il opère. Pourquoi les pharisiens et les hérodiens veulent-ils mettre Jésus à l’épreuve ? A-t-Il jamais voulu détrôner quiconque, Lui qui n’est pas venu abolir, mais accomplir [3] ? Du reste, ne Le reconnaissent-ils pas comme "Maître", bien que cette appellation ne soit évidemment pas dénuée d’arrière-pensées chez eux ? En dépit de l’éclat du vigoureux ménage récemment effectué de ses mains dans le Temple [4], si les chefs des prêtres, les scribes et les anciens étaient venus le trouver pour lui demander par quelle autorité Il avait fait cela [5], ont-ils trouvé assez à redire sur la réponse qu’ils avaient obtenu pour remettre publiquement en cause cette autorité, jusqu’à l’en démettre sur-le-champ ? Ne l’avaient-ils pas au contraire laissé pour s’en aller [6? Dans un tel climat, l’auraient-Ils laissé ainsi s’ils avaient pu dénicher la moindre faille ? Leurs arrière-pensées sont claires : ils cherchaient comment le faire mourir [4]. Si on lui envoie des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège, ce n’est certes pas dans l’esprit de lui envoyer des fleurs. « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai… » ; ce qui sous-entend déjà : « Nous le savons : nous, nous ne sommes pas toujours vrais… » ! « …Tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens… » ; sous-entendu : « … Nous sommes envoyés, donc sommes nous-mêmes sous l’influence notoire de ceux qui nous envoient, car nous faisons une différence -non moins notoire- entre les gens qui ont du pouvoir et ceux qui n’en ont pas… » ; « …mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. » ; sous-entendu : « … et nous -qui ne sommes pas toujours vrais, envoyés par des gens qui ne le sont pas davantage que nous-, nous qui sommes également chargés d’enseigner le chemin de Dieu, nous reconnaissons implicitement que cet enseignement n’est pas toujours vrai. Pourquoi ? Parce que, sous couvert de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, nous rendons à César ce qui est à César : autrement dit, ce qui revient à César empiète sur ce qui devrait revenir à Dieu. » Mais lui, sachant leur hypocrisie -soit l’ensemble de ces sous-entendus-, Il en savait assez à leur propre sujet pour rendre le piège à ceux qui lui tendaient, le tuyau à l’arroseur qui s’aspergeait abondamment de lui-même [7] ! Il n’en demeure pas moins qu’ils sont , voulant néanmoins le mettre à l’épreuve. Ne jurerait-on pas que ça devient un mode de fonctionnement systématique chez eux, qu’ils ne savent pas faire autrement, que c’est quelque chose qui les rassure [8], leur donnant l’illusion, l’impression [9, APR note 44] de maîtriser la situation [10, APR note 12] ? Diantre : de nouveau, une étonnante résonance…

138634527.jpgPourtant, sera-t-il permis, oui ou non, de s’essayer à une transposition hardie ? Ceci entre les gens qui enseignent le brai [11] chemin du Docteur : appelons-le "César"©. Or, nous le savons : "César"© est en passe de devenir une véritable légende [12], suscitant autour de lui beaucoup de gourmets [13], ne se laissant influencer par personne… d’autre que lui [14][15][16][17]. À Jésus, ce ne sont pas exactement des païens qu’on lui met aux trousses pour le prendre au piège en le faisant parler. Certes, de nos jours comme du temps de Jésus, tous les hommes sont pécheurs [18, APR note 41] (d’où la hardiesse de la transposition à venir) : ce qu’énonce là l’Apôtre des païens est d’ailleurs moins accablant que libérateur, ayant le mérite de rendre à chacun ce qui est à chacun sans que personne n’anticipe sur ce qui est à Dieu… en lui-même, comme en autrui. Il convient cependant de rendre au disciple ce qui est au disciple : notamment celui qui s’efforce de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. Il est vigneron, s’efforçant de remettre le produit de la vigne au serviteur envoyé par le maître [6]. Il est prévoyant, s’efforçant de bâtir sa maison sur le roc [18]. Il s’efforce de ne pas faire une caverne de bandits d’une maison de prière [4], etc. En somme, il s’efforce simplement d’être croyant et pratiquant, ou pire : pratiquant et croyant [19, notes 68 à 70] ! Pire… à cause du premier constat : ils sont remplis d'étonnement à son sujet. "Ils", ce sont d’autres disciples : mais ceux-là croient en César et pratiquent… en Dieu. Pire : ils croient en Dieu, et pratiquent en César. Et le pire du pire : ils croient en Dieu, et pratiquent en "César"©[20][21, note 91][22][23][24].
         Pourquoi pire du pire ? Parce que le pratiquant et croyant est un foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéaffreux monstre gluant [25], dégoulinant de "délire mystique"©[26][27] : par conséquent, à celui-là, ils envoient la cavalerie lourde. À savoir, un régiment de croyants [28] et pratiquants... en "César"© : ceci pour le prendre au piège en le faisant TAIRE [29, APR note 26]. Certes, il arrive parfois à quelqu’un de ceux-là d’être sincère (à défaut d’être vrai), jurant ses grands dieux que seuls certains serviteurs de "César"© ont voulu à titre personnel annihiler le service de Dieu [30], que ce n’est pas le cas de tout le corps "médical"© et encore moins de la "médecine"© "hospitalière"©[31, notes 40 à 46]… et que par conséquent, « il n’était pas légitime de se sentir persécuté par "César"©[32,com.12][33][34, note 45] »!!! Rappelons toutefois que les candidats à l’annihilation du service de Dieu sont tout de même les pères [35][36] fondateurs du service de "César"© : à ce titre, quelles que soient les "saintes" convictions [37][38, note 86] (ou non-convictions) personnelles des branches de l’arbre de "César"©, toutes puisent leur sève dans les mêmes racines [39]… à moins, bien sûr, de scier la branche sur laquelle on est assis. « À César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Cet arbre- a toujours pris ce qui est à Dieu [40, notes 32 à 56] : pas de quoi se remplir d’étonnement à son sujet lorsqu’il en présente quelques traits saillants [41][42][43][44]. Son effigie et sa légende, de qui sont-elles ?
         In fine, avec un rien de charme, de séduction, de bagout, de belles expressions et du charisme, qui donc est enclin à prendre au piège l’autre ? Et pour obtenir quoi ?

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