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lundi, 28 mars 2011

En toute cabine équipée, je vous le déclame : Quel que soit le temps, la sécheresse ne sévira pas.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,24-30. (Mt)(Mc)(Mc)(Mt)(Mc)(Mt)/(*)(*)(*)(*)/(*)(*)(*)
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait : « Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.[3] Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin [2].

328186727.jpg          Au lendemain d’un prophète accueilli deux jours durant hors de son pays [1], ce lendemain- ne chante guère : précipitant comme une douche froide dans un réel qui est là pour tous [2, AV note 41]… les furieux. Encore que ceux-là prennent soin de ne pas s’y mettre, craignant pour leur part un rhume carabiné : de plus, si personne ne se dévouait pour pousser, par qui le poussé le serait-il ? Pour l’heure, la question ne se pose pas, le poussé ne l’étant pas (sinon hors de la ville : a contrario de Samaritains plus accueillants !) : Lui, Il passe au milieu d’eux, va son chemin. Serait-Il donc encore devenu un fantôme [3] (à ce train-là, l’Évangile finira par ressembler à un film d’épouvante… pour le bonheur des spectateurs du fond de la salle [1, note 44] !…), parvenant ainsi à déjouer des intentions pour le moins étranges [1, note 23], sachant qu’elles émanent ici de fidèles de synagogue ? (Ce en quoi les générations se suivent et se ressemblent [4][5, note 3]…) Mais Lui, n’est-Il pas lui-même le Chemin, la Vérité et la Vie [6] ? C’est dire que ce ne sont pas des chemins de traverse qui vont L’arrêter. La Vérité ? Il la déclare en totalité (En toute vérité, je vous le déclare) : que cela plaise ou non, réjouisse ou non… fasse devenir furieux ou non. Tant mieux si elle réjouit et délivre [7], en étant hautement estimée : tel est, du reste, son objectif [8, APR note 24] premier et fondamental. Mais elle ne saurait délivrer d’une main en contraignant de l’autre : notamment en s’accaparant la maîtrise du bouton [9, notes 29,30] en un sens qui lui est le plus favorable. La Vie ? Elle va son chemin, passant au milieu des facteurs de mort.


          Il n’en demeure pas moins qu’à Ses mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ce qui lève en tout temps les questions les plus élémentaires. Ainsi : Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre les veuves d’Israël, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon  [10, APR note 57]. Au temps du prophète Élisée, aucun des lépreux d’Israël n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. Pire qu’un Samaritain ! En effet, si les relations entre Juifs et Samaritains n’étaient alors pas sans annoncer le règne de l’"incommunicabilité"©[1, note 20], au temps du prophète Élisée, on communiquait beaucoup entre Juifs et Syriens… par armes interposées (!) :

Deuxième livre des Rois 5,1-15. (*)/(*)(*)(*)
Naaman, général de l'armée du roi de Syrie, était hautement estimé par son maître, car il avait été l'instrument du Seigneur pour donner la victoire à la Syrie. Or, cet homme était lépreux. Des Syriens, au cours d'une expédition en terre d'Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman.
Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s'adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétédélivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d'Israël a déclaré. » Le roi de Syrie lui répondit : « Vas-y. J'envoie une lettre au roi d'Israël. » Naaman partit donc ; il emportait sept cents livres d'argent, douze cent livres d'or et dix vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d'Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t'envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. » Quand le roi d'Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s'écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Car ce roi m'envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c'est une provocation ! » Quand Élisée, l'homme de Dieu, apprit que le roi d'Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu'il y a un prophète en Israël. » Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s'arrêta à la porte de la maison d'Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois
[Mt] dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette. » Naaman se mit en colère et s'éloigna en disant : « Je m'étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l'endroit malade et guérira ma lèpre
[*]. Est-ce que les fleuves de Damas, l'Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d'Israël ? Si je m'y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » [ NB : sans rien changer de l’esprit de ce que s’était dit Naaman, en l’adaptant à la lettre [11, note 9] d’aujourd’hui, nous aurions à peu près ceci : « Je m'étais dit : Sûrement il va sortir son carnet d’ordonnances, et se tenir debout pour invoquer le nom des"médicaments"©[12, notes 74 à 94][13] ad hoc ; puis il agitera son stylo au-dessus du feuillet idoine et me prescrira [14][15][16][17] de quoi guérir ma lèpre… » ] Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s'approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t'avait ordonné quelque chose de difficile [!], tu l'aurais fait, n'est-ce pas ? Combien plus, lorsqu'il te dit : 'Baigne-toi, et tu seras purifié ' » Il descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. »

          Les questions élémentaires sont donc les suivantes : que l’on parle de Naaman ou de la veuve de Sarepta aux auditeurs de Jésus dans la synagogue de Nazareth évoque sans doute pour eux des souvenirs douloureux, mais les faits cités ne remontent-ils pas déjà à plusieurs générations ? De nos jours, par exemple, si quelqu’un s’avisait de faire l’éloge de Jeanne d’Arc, imaginerait-on des sujets de sa gracieuse Majesté d’outre-Manche devenir furieux, se lever, pousser ce quelqu’un hors de la ville, et le mener jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas ? Au pire, les plus chatouilleux d’entre eux se lèveraient, puis sortiraient en claquant la porte derrière eux. En somme, n’y a-t-il pas une incompréhensible [18] disproportion entre une telle réaction et le sujet qui la motive ?

          Mais de quel sujet s’agit-il ? Du prophète qui n’est pas bien accueilli dans son pays : naturellement, Jésus en devient Lui-même l’illustration vivante à l’issue de ce récit. Mais surtout, Il étaie Son propos en faisant référence à deux prophètes de l’ancienne Alliance, Élie et Élisée… et deux périodes peu glorieuses de l’histoire d’Israël : trois ans et demi de sécheresse et de famine, une épidémie de lèpre. Or, si de tels événements sont plongés aujourd’hui plutôt sept fois qu’une dans des explications purement rationnelles -de type "catastrophe naturelle" et autre virus aveugle- ou émotionnelles –la "fatalité"-, nous sommes là dans une synagogue : c’est-à-dire dans un lieu où la plupart des prophètes sont bien accueillis… sur le papier. Souvenons-nous, notamment, qu’au Temple de Jérusalem l’enseignement des scribes et des pharisiens est irréprochable [19]. Celui de Jésus aussi, bien entendu : mais Lui déclare en toute vérité. Sécheresse, famine ou lèpre sont historiquement connus de tous, et chacun y 377501207.jpgreconnaît "la main de Dieu" [20, APR note 20] exerçant Sa justice sur un peuple rebelle. À cet effet, Dieu étant esprit [1, APR note 17], Il ne sort pas une sorte de main géante de son nuage afin de l’agiter façon marteau-pilon : il n'y a pas mieux que la main de l’homme pour incarner "la main de Dieu". Ce qui est d’ailleurs très explicite dans ce passage du Livre des Rois : Naaman avait été l'instrument du Seigneur. Lorsqu’on inonde la planète de "médicaments"© et de "conseils"©[21, notes 85 à 95][22,Ec] relatifs à des "troubles"©[23][24][25] et "maladies"© n’"existant"©[26, notes 53 à 56] que sous le crâne brumeux de leurs "concepteurs redéfinisseurs"©[27,im.5] comme de leurs disciples [28,6], il ne faut pas s’étonner que les fruits [29] en soient à l’avenant : sécheresse [30], famine de justice [31, note 23], d’amour [32] et de paix [1, AV note 7], pandémies de désordres neurologiques induits [33][33bis][34][35] auto-alimentant le mythe [36]. "La main de Dieu" passe aussi au milieu des groupements d’intérêts [14][37](à peine) humains. Comme elle passe par la concentration inouïe de centrales nucléaires sur un sol à forte densité de population… et un sous-sol réputé sismiquement incertain. Aussi spectaculaire et effroyable puisse-t-elle être, la catastrophe dite "naturelle" elle-même n’a-t-elle pas grand intérêt à passer pour telle, pour le profit d’autres groupements, moins médiatisés de par leur fonction plus clandestine [38?] ?

          Dans la synagogue de Nazareth, loin de tout ceci, Jésus déclare en toute vérité. Et si on en n’est pas encore au stade où "ils refuseront d'entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques"[39, APR note 42] –ou de la pratique assidue du saute-mouton[1, notes 36,37]- on préfère que les récits historiques demeurent historiques lorsqu’ils évoquent de mauvais souvenirs. Au temps du prophète Élie, la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi ? On le sait : le prophète Élie est justement là pour situer l’événement dans le temps. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ? On le sait également ; mêmes causes, même effets : chez les Juifs, on se doute de la corrélation entre ces moments désagréables et "la main de Dieu" : soit, d’aïeux s’étant suffisamment détournés de la Loi pour la déclencher. De l’histoire ancienne : glissons. Jésus ne glisse pas, explicitant la dite corrélation en soulignant le contraste d’alors, appuyant cela "fait mal". Lorsque la sécheresse et la famine ont sévi, Élie -prophète d’Israël- n'a été envoyé vers aucune d'entre les veuves d’Israël. C’eût été peine perdue, Israël n’ayant pas fait attention à tout ce qu’il disait [40, APR note 8]. Idem au temps du prophète Élisée –également prophète d’Israël-, en dépit de ce qu’il y eut beaucoup de lépreux, de nouveau aucun d'eux n'a été purifié. Pour compléter un tableau déjà accablant et peu reluisant, seul un général de l’armée ennemie l’a été : et encore s’est-il fait prier ! (À cet égard, donc se trouve géographiquement ce prophète qui le délivrerait de sa lèpre, au moment il se fait tant prier ? À Samarie !) Difficile d’être plus clair au sujet d’une corrélation n’offrant plus la moindre prise à un doute confortable, ou à quelque loi de "hasard". De plus, Jésus ne conjugue pas au passé : le présent L’agrée davantage. Avant de leur rappeler ces anecdotes -qui, certes, appartiennent en soi au passé-, Il ne leur dit pas : « autrefois, aucun prophète n'était bien accueilli dans son pays » ; ce qui les eût frotté dans le sens du poil, leur suggérant qu’eux s’étaient amendés sur ce point, valant mieux que leurs pères. « Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays » balaie toute illusion à cet égard, leur renvoyant Élie et Élisée –et les malheurs [41] de leur temps respectif- de manière… moins "historique"et plus actuelle qu’à leur goût. De quoi devenir furieux…

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