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mardi, 26 avril 2011

« Ne cesse pas de me tenir, je n’ai pas encore montré tout le pervers. »

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

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   Art Sullivan - Une Larme D'amour .mp3  
   
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,11-18. [4][3][1/1][1][3][54]/(*)(*)(*)(*)(*)(*)
Le mardi de Pâques
 

Marie Madeleine
restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes,  et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

podcast
Daniel Facérias : Marie Madeleine 1mn52
(extrait de « Oser l’éternité », Bayard Musique)

            L’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau, vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.[1,Jn] Il fut également le premier à croire. En voyant ? Oui, mais… en voyant quoi ? le Seigneur son Maître dans sa gloire ? Nullement : le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. Soit rien de plus que ce qu’aura vu Simon-Pierre le premier, puisqu’il l’a laissé obligeamment entrer le premier dans le tombeau, dont Marie Madeleine fut de son côté la première à témoigner que la pierre avait déjà été enlevée. Mais elle n’avait pas été plus loin, d’autant qu’il faisait encore sombre lors de son précédent passage. N’ayant pour l’heure pas vu elle-même que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts, ce qu’elle voit, elle, se résume à un fait pragmatique et douloureux : « on a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis » [1,Jn].
         À en rester là dehors, tout ce qui gravite autour de récits s’essayant à relater de interrogation.jpgl’insaisissable fournit du reste un fameux remue-méninges, chacun des narrateurs y allant de sa version. Avec Jean ici-même, Marie Madeleine est seule, tout en larmes : avant cela, à la suite de son appel auprès d’eux, Simon-Pierre et Jean lui-même sont arrivés au tombeau, courant ensemble sans plus tergiverser. Avec Matthieu hier, Marie Madeleine est accompagnée (de l’autre Marie [1,Mt]), toute joyeuse [2: que Jésus vienne à leur rencontre et elles se prosternent immédiatement devant lui, sans qu’aucune ne Le prenne un instant pour quelqu’un d’autre. Avec Luc, Marie Madeleine est de moins en moins seule (!) (Jeanne, et Marie mère de Jacques [3])… mais l’accueil qui leur est alors réservé chez les disciples est pour le moins mitigé, n’incitant guère ces derniers à la course à pied ! Cependant, Pierre finira par courir au tombeau. Il s'en retourna ensuite chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé, et nous étonnant de surcroît d’y être allé seul… selon Luc. Avec Marc, la cacophonie est à son comble, Marie Madeleine étant toujours accompagnée de deux autres femmes… quoique Jeanne devienne Salomé [4] : ici, toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes, elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. Mais en demeurer à ce joyeux désordre, c’est ne pas se pencher vers l’intérieur de l’événement lui-même : celui-là constituant alors un régal pour ses pourfendeurs, avides d’y trouver matière à en faire mousser les apparentes contradictions [5, note 50][6, notes 2,3] afin d’en retourner le sens de la têteaux pieds [7]. Dans un tel objectif, le mot d’ordre est bien sûr le suivant : « Détournons-nous de cette résurrection incertaine, et nous serons sauvés en nous évitant tout ennui [2] d’être remués jusqu'au fond de nous-mêmes. »

            C’est oublier que ce joyeux désordre n’est jamais lui-même que l’expression fidèle d’un événement "incertain", dans le sensil ne répond à aucune norme connue et saisissable hors de l'Écriture… que l'Écriture elle-même ne saurait le contenir dans la limite des mots : la pierre a aussi été enlevée pour ne pas s’en tenir au seul aspect sémantique, parfois plus enclin à diminuer [7] qu’à augmenter la perception de certaines réalités échappant aux sens immédiats. « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. » Certes, Marie Madeleine est un peu privilégiée d’avoir vu le Seigneur de ses yeux : il n’empêche qu’en dépit de toute l’affection qu’elle voue à son Rabbouni, elle -qui est censée bien le connaître, puisque étant de ces femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir [8][9, AV note 55]- l’aperçoit qui est là… mais elle ne sait pas que c’est Jésus, le prenant pour le gardien. Or, quoi de plus ordinaire qu’un gardien ? Il ne fait pas peur, ne se présentant pas sous les traits d’un fantôme [10]. Son visage n’est pas brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière [11, APR note 8] : laissons cela aux deux anges qui, d’ailleurs, n’ont pas été pris pour des gardiens : n’ont-ils pas été reconnus comme deux anges vêtus de blancsans plus de difficulté particulière [12]- par Marie Madeleine ? (De même, lorsque Jésus est apparu ainsi aux yeux de Pierre, Jacques et Jean sur le Thabor, en dépit de la grande frayeur qui les a alors saisis, aucun ne L’aura confondu avec un autre : ils reconnaîtront même1614498120.jpg à Ses côtés Moïse et Élie… bien qu’ils ne les aient pas historiquement connus de leur vivant ! À cette époque, difficile de se tourner vers quelque trace photographique des deux prophètes…) Ce n’est donc pas en invoquant de tels critères –par la chasse à une sorte d’extraordinaire contraignant- que l’on peut concevoir que Marie Madeleine n’aie pas reconnu Jésus avant qu’Il ne l’appelle par son nom… brisant ainsi l’anonymat du "gardien" : « Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » suggère assez une familiarité [13, notes 7 à 9] rappelant inlassablement combien l’extraordinaire [14][15] aime à se fondre -sans le violenter- dans le plus ordinaire… des gardiens. Cependant, à moins de défendre des explications mensongères [2, APR note 22], le propre de celui-ci n’est-il pas de veiller ? Non d’aller reprendre, ou de tenir (en laisse ?) à l’objet de son amour dans un esprit flattant complaisamment les sens [16, APR note 54] plutôt que de l’accueillir librement : qui sait si l’on ne s’égarerait pas ainsi à se forger une… "personnalité manipulatrice"©[17] ?

            Quoi qu’il en soit, si nos Quatre Évangélistes ont tendance à se disperser, au moins se retrouvent-ils sur un fil commun : les plus proches disciples peuvent bien avoir Jésus sous les yeux que ce n’est pas cela qui détermine leur foi. Tant qu’ils n’ont pas intégré le facteur "résurrection" jusqu'au fond d'eux-mêmes… et tant qu’une génération égarée ne les détourne pas de la fin du film [18] (notamment au moyen de fausses alertes d’incendie [19][20][21, note 67][22, AV note 8][23]…), ils n’ont plus de Jésus que l’image du crucifié : ce que n’est pas même un gardien

Livre des Actes des Apôtres 2,36-41. (*)/(*)(*)
Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule : « Que tout le peuple d'Israël en ait la certitude
[*] : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. » Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire [?] ? »  Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. C'est pour vous que Dieu a fait cette promesse, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. » Pierre trouva encore beaucoup d'autres paroles pour les adjurer, et il les exhortait ainsi : « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés. » Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes.

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