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dimanche, 26 juin 2011

Si Sara rit à rat qui rit, l’ara rit et la vache aussi ; là, il y aura des rires et des princes charmants dehors.

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[*][*][*][*][*][*]-[*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-17.  {*}(*){*}{*}(*)  [Samedi 25 juin 2011]
(
Lc)(Lc)[3] Jésus était entré à Capharnaüm ; un centurion de l'armée romaine vint à lui et lefoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société supplia : « Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé [*|*], et il souffre terriblement. [15!] » Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 'Va', et il va [17?], à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
À
ces mots, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux, et les héritiers du Royaume
[*] seront jetés dehors dans les ténèbres ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents [*](*)(*). »
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi
[*], que tout se passe pour toi selon ta foi. [*] » Et le serviteur fut guéri à cette heure même.
(
Lc)(Mc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc) Comme Jésus entrait chez Pierre, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui prit la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on lui amena beaucoup (*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*) de possédés ; il chassa les esprits [*] par sa parole et il guérit tous les malades (Ac). Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances [>4](*), il a porté nos maladies [>51].

          À ces mots, Jésus fut dans l’admiration, n’ayant trouvé une telle foi chez personne en Israël. Cette foi ne se manifeste pourtant pas dans l’exercice ostentatoire d’un culte au Temple, au beau milieu d’une assemblée recueillie [1] au sein de laquelle celui qui la manifeste multiplierait les signes extérieurs de piété, en vue de reprendre des forces spirituelles avant d’aller plus loin… mais pas toujours sans quelque arrière-pensée comparative à son avantage_[2] ! Non seulement Jésus n’ira pas donner un jour en exemple "une telle foi" à ceux qui Le suivent -quand Il la fustige un autre jour-, mais le contexte est à l’évidence hors-sujet. Y compris chez le sujet demandeur lui-même, représentant officiel d’une force d’occupation [3] -extérieure et païenne- dont tout porte à croire que la seule présence dans le Temple ne serait pas exactement la bienvenue. Aussi est-ce sur un autre fondement_[4, notes 8,9] que Jésus va asseoir le motif de Son admiration.
1005925696.jpg        De fait, qui est-Il, Lui, pour avoir pu trouver grâce aux yeux d’un centurion de l’armée romaine ? Plus précisément, où est-Il, Lui ? Il entre à Capharnaüm, petite ville grouillante et cosmopolite (on y vient déjà de l’orient et de l’occident !) au bord du lac de Galilée. Certes, le mont Thabor n’est guère éloigné, mais Jésus n’y a pratiqué qu’une seule séance de "pleins phares"[5][6][7: et encore cette unique séance n’aura-t-elle été réservée qu’à Ses disciples. Pas même à tous ceux qui Le suivaient, mais seulement à trois d’entre eux : c’est dire que César [8] en personne aurait pu être en déplacement dans la région que l’empereur n’en aurait rien vu ni su. Soumis à son autorité, bien que plus longuement fixé dans la région de par sa fonction, un centurion de l’armée romaine n’est pas à meilleure enseigne. Lorsqu’il vient à Jésus et Le supplie, il ne Le connaît que de réputation ; comme il en connaît vraisemblablement beaucoup d’autres : Capharnaüm n’est alors pas le dernier des carrefours [9] ayant vu passer foule de rabbis et autres guérisseurs, plus ou moins recommandables. Et voilà que parmi eux, entre à son tour un certain Jésus : en quoi se distingue-t-Il de ceux qui L’ont précédé ? Par Sa réputation, qui L’a elle-même précédé ? Et après ? l’humanité n’a pas attendu la formidable explosion des grands médias pour savoir qu’une réputation, cela se fait en lumière_[10][11] ou se défait en ténèbres [12][13], qu’il y a à en prendre et à en laisser : en somme, qu’elle offre bien davantage matière à étendre de la crédulité [14][11]… qu’à y trouver, précisément, une foi telle que celle du centurion romain : moins que tout autre, celui-là -indépendant des courants de pensées religieuses qui traversent Israël- n’est de la dernière pluie. Plus que tout autre, celui-là est simultanément à cheval sur la soumission à l’autorité. À ses mots, Jésus fut dans l’admiration… mais quels mots ? « Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait » ? En soi, hors de leur contexte, de tels mots suscitent au mieux un respect poli de la hiérarchie, que l’autorité supérieure sait faire respecter à son tour, cultivant le souci de maintenir une harmonie de bon aloi au sein de chaque échelon ; toutes choses dont il n’y a pas à tirer orgueil puisqu’elles relèvent d’un bien commun accessible en dehors de toute considération de foi : ce qui rend d’autant plus saisissante l’admiration de Jésus !

          Jésus qui, Lui non plus, n’est pas de la dernière pluie : car, aussi officiellement païenne que soit l’autorité de l’homme qui se présente à Lui, c’est bien cette autorité-là qu’Il donne plus volontiers en exemple à ceux qui le suivent que celle des scribes et des pharisiens [15: ces derniers font-ils ce qu’ils disent [16, note 2][17, note 2] ? En effet, ceux-là aussi peuvent dire à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à encore un autre : 'Fais ceci', et il le faitMais, à l’image du centurion romain, peuvent-ils auparavant dire en vérité [18, APR note 16][19, note 3/2] : « moi qui suis soumis à une autorité », eux, qui, plutôt à l’image de l’âne sauvage indépendant [19, APR note 57](!), se mettent à rire silencieusement de la seule perspective d’être soumis à une autorité autre que la leur ? Quant au centurion romain lui-même, si Jésus prend acte qu’il dit à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à son esclave : 'Fais ceci', et il le fait, Il ne sait pas moins que la soumission à l’autorité dont il est ici question n’a que faire de la violence : en amont, par son usage injuste et arbitraire [20][21, APR note 11][22] ; en aval, par une obéissance servile et foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéaveugle dictée par la crainte [23, APR note 23][24][25, APR note 20]. Comme toute autorité –religieuse, civile ou militaire-, la "pax romana" n’est certes pas exempte de défauts : raison de plus pour ne pas lui en ajouter en s’en servant plus qu’en la servant ! Ainsi, si notre centurion dit à l'un : 'Va te jeter dans le lac la tête la première' [26, notes 36], tant que se jeter dans le lac contribuera davantage à semer la désolation et la zizanie que cela ne servira le bien commun, eh bien il n’y va pas ! S’il dit à un autre : 'Viens te jeter dans la gueule du loup'[27, notes 50], eh bien l’autre n’y va pas non plus. S’il dit encore à un autre : 'Fais ceci' (sous-entendu : en vue de complaire [28, APR note 54] aveuglément à la demande [29][30] d’un tiers [31][32] -fusse moi-même-, tout en sachant que ce que tu vas faire ira violemment_[33] porter préjudice à un autre [34], semer en prime la désolation et la zizanie [35, APR note 30] en desservant gravement le bien commun [36][36bis]), eh bien –si celui-là a seulement deux ou trois neurones convenablement connectés [37]-, il NE-LE-FAIT-PAS… sans que cela n’abolisse en rien son discernement [27, notes 28 à 32] au sujet de son éventuelle "désobéissance"[38] (!). L’autorité, elle, est en effet à l’image de la charité [39, note 47] : bien ORDONNÉE [40, note 35], elle commence par soi-même [4]. Elle répond de soi-même [41, notes 100 à 105], avant même de préjuger des réponses [42][43, APR note 7][44] restant [45, notes 29 à 37] à déposer (à son propos) de la part de diverses -et factices- "autorités" s’étant très exactement livrées au 'Fais ceci' énuméré à l’instance [46] l’instant, tous sous-entendus inclus : factices d’une part en ce qu’elles se soient ainsi livrées à pareil exercice, d’autre part en ce que la "hâte" de répondre de leurs conséquences donnerait largement le temps à une mère d’enfanter plusieurs fils [47, notes 70 à 80]  et à la tortue d’arriver avant le lièvre [48, APR note 16]. De (mé)fait [49, notes 32 à 34], n’est-ce pas là demander à de telles "autorités" de pratiquer la course à pied… alors même qu’elles se sont publiquement  faites hara-kiri aux yeux de qui elles prétendent imposer leur invraisemblable soumission ?

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          « Et (je dis) à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. » À ces mots (incluant donc celui-ci), Jésus est toujours dans l’admiration : serait-Il donc par derrière un admirateur inconditionnel de l’esclavage ? Comment pourrait-Il dire simultanément 'Vive l’esclave' et 'Vous deviendrez libres' [50,Jn(2)] ? Dans le même esprit, qu’est-ce qui peut trouver grâce aux yeux du Seigneur ? N'est-ce pas dénoncer à son peuple ses fautes [51, APR note 20][19, APR note 41], […] faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs [52, APR note 37]? Au sein d’un tel programme –dont le fer est toujours à battre-, y-a-t-il place au moindre prosélytisme en faveur de l’esclavage ? Lorsque Jésus évoque ouvertement la question, Il l’étend "sous son arbre", c’est-à-dire à sa racine puisque associant –et Paul après Lui [53, APR note 33][54, APR note 36][55,Rm]- l’esclavage au péché : ce qui n’avait d’ailleurs pas l’heur de plaire à tous les descendants d’Abraham [56][50,Jn(2)]. Mais sans aller aussi loin, il règne comme une ambiguïté sur la définition du mot, l’esclave d’une époque [57, APR note 4] (ou d’une culture) se tenant debout là où l’homme libre (ou se désignant tel) d’une autre ferait trembler d’indignation le premier, à se prosterner jusqu’à terre par sa soumission servile [57, notes 69,70][58, note 75][59, note 81] à l’autorité surfaite du moindre maître de rencontre [60, note 63] : comme s’il suffisait de s’arrêter à une belle plaque dorée [61, APR note 44][17, APR note 19] pour justifier ensuite une "obéissance" de serpent et de scorpion [4, notes 68 à 70], dans la mesure [62] où on est allé chercher la dite "autorité" afin d’imposer ses œuvres à qui n’est pas concerné… ou ne la reconnaît que dans des proportions moins agressives à l’égard d’un réel qui soit là, pour tous [63, AV note 41] : hommes libres et esclaves, Juifs et païens, etc., sans privilégier les uns au détriment des autres [64, note 1].
          Si l’identification d’esclave coïncidait à toute époque et sous toute latitude à de la maltraitance systématique, pourquoi Agar a-t-elle fui [19, APR note 57], elle qui a justement fui en conséquence d’une maltraitance ? Quelqu’un l’a-t-elle seulement empêchée de fuir ? Pour peu qu’elle aie fui en cachette –ce que le texte ne précise pas-, après constat de son absence, quelqu’un s’est-il seulement lancé à sa poursuite ? Lui a-t-on lâché les chiens… ou l’équivalent local d’un huissier de "justice"©©©[65, note 99] ? Même si le rôle joué par l’ange du Seigneur n’y a pas été indifférent, n’est-elle pas retournée chez ses maîtres de son plein grésans pour autant se faire lapider (!) à son retour ? Avant cela, si l’esclave n’était rien de plus qu’une sorte d’objet vivant, corvéable à merci, compterait-on sur cet "objet" pour "avoir peut-être un fils" quand on a le malheur d’être une femme stérile ? Enfin, qu’importe au "propriétaire" de "l’objet" que celui-ci le méprise ? Comment un "objet" peut-il d’ailleurs mépriser son "propriétaire"… et pourquoi celui-ci s’en offusquerait-il tant s’il n’était qu’un "objet" ? Plus près dans le temps, à Capharnaüm, la maltraitance ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur : paralysant un serviteur cloué au lit, y souffrant terriblement.
          À cet égard, Jésus est aussi dans l’admiration au sujet d’un homme qui, non seulement vient à lui en renversant ouvertement l’ordre de l’autorité –puisque représentant de l’occupant-, mais ne vient ni pour lui ni pour un père, une mère ou un enfant ; pas même pour un membre (supérieur, inférieur ou égal) de l’armée romaine : pour un simple serviteur, qui, dans un autre espace/temps (se glorifiant par ailleurs de mœurs apparemment plus libres), n’eût sans doute pas été digne du plus petit intérêt  de la part de ses maîtres.

          Ainsi, lui qui est soumis à une autorité visible et palpable, le centurion romain vient se prosterner devant une autorité supérieure à celle-là alors même qu’à l’œil humain, elle n’apparaît pas plus digne qu’une autre. Parallèlement, il ne se veut lui-même pas digne que le Seigneur entre sous son toit, moins par une sorte d’esprit d’auto flagellation (qui ne serait jamais que de l’auto complaisance [61, notes 31 à 33][2][28, APR note 54] en négatif) –flattant de surcroît l’autorité du moment- que par symétrie. En effet, en dépit de sa position avantageuse d’officier d’une armée occupante, il n’en profite nullement pour outrepasser l’autorité religieuse de la nation occupée. Or, au regard de celle-ci, le non Juif circoncis n’est pas digne d’entrer sous le toit du Temple consacré au Seigneur : ce qui, naturellement, est son cas. Une telle interdiction d’accès est sans importance à l’incroyant, qu’elle indiffère. Pour l’homme de foise voulant serviteur du Seigneur-, il en va tout autrement : carelle le paralyse, et le fait terriblement souffrir, le confinant dans une impasse à la mesure de ce que, soumis aux autorités occupant/occupé –et sans doute forgé à une certaine discipline militaire-, il ne veut en trahir aucune ! En l’état, entrer sous le toit du Temple consacré au Seigneur serait pour lui trahir le culte dû à l’empereur (abstraction faite de la légitimité d’un tel culte: les Juifs ne seraient alors pas les derniers à pouvoir lui reprocher de "ne pas être ami de l’empereur" (menace qu’ils brandiront d’ailleurs plus tard -et plus au sud- sur la personne d’un goufoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéverneur romain [66, APR note 50] dont l’entrée dans le Temple était pourtant le cadet des soucis). Simultanément, ce serait pour lui trahir le culte même de la nation occupée, puisque en enfreindre ouvertement des règles au grand scandale [67, APR note 8] de leurs gardiens dont on sait -et il sait !- la vigilance excessive et chatouilleuse [68][69]. Quand bien même il prendrait le parti de se soumettre aux dites règles afin de ne pas les enfreindre, il resterait encore en porte-à-faux par rapport au culte dû à l’empereur… ainsi qu’à sa propre fonction : comment se faire Juif parmi les Juifs tout en demeurant centurion romain ? Avant même d’aller si loin, il serait considéré comme déserteur par ses pairs : passant à "l’ennemi", il serait vraisemblablement traité comme tel.
          « Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé, et il souffre terriblement. » Se soumettant des autorités lui étant hiérarchiquement inférieures tout en étant soumis à des autorités lui étant hiérarchiquement supérieures, rien ne peut se passer pour lui selon sa foi : le serviteur souffrant n’est pas sans lui renvoyer sa propre image. Celui-là non plus ne peut pas venir au Seigneur –pas même, plus modestement, à quelque guérisseur-, étant au lit et paralysé ; mais voilà que se présente une occasion inespérée pour son maître : ne pouvant venir au Seigneur dans son Temple, c’est le Seigneur qui vient à lui hors du Temple. Si le centurion peut trouver grâce à Ses yeux, qu’Il ne passe pas sans s’arrêter près de son serviteur ! Et puisque Il est d’abord le Seigneur des Juifs, que lui n’est pas Juif et n’est donc pas digne que le Seigneur entre sous son toit, cela n’enlève rien à Sa dignité à Lui de Seigneur : qu’Il dise seulement une parole et le serviteur sera guéri. Ainsi, non seulement aucun témoin de la scène ne pourra se formaliser que Jésus entre chez un païen… mais le Seigneur n’en apparaîtra que plus Seigneur aux yeux de tous en étendant son pouvoir de guérison à distance. Ce qui distingue évidemment cette guérison avec la suivante, intervenant sur la belle-mère de Pierre. Ici, un esprit un tantinet mauvais pourrait suggérer que ce mode de guérison ne suffisait pas à venir à bout d’une fièvre de belle-mère, qu’il convenait au minimum de la prendre par la main, le Seigneur apparaissant alors "moins" Seigneur aux yeux de tous : ce qui serait faire peu de cas d’une différence de poids. En effet, il ne s’agit pas de la belle-mère d’un païen (centurion romain ou autre), mais de Pierre lui-même : l’Apôtre étant Juif -et nullement en délicatesse avec la loi juive-, rien ne s’oppose à ce que Jésus entre chez lui. Et pour tordre définitivement le cou à l’esprit un tantinet mauvais, ce sera sous ce toit-là que, au contraire, Jésus va également requérir Sa parole pour y chasser beaucoup d’esprits mauvais [70] et y guérir tous les malades. Beaucoup, ce ne sont pas tous. Tous, c’est plus que beaucoup

Livre de la Genèse 18,1-15. (*)  [Samedi 25 juin 2011]
Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l'entrée de la tente. C'était l'heure la plus chaude du jour
(*). Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes (*) qui se tenaient debout près de lui. Aussitôt, il courut à leur rencontre, se prosterna [*] jusqu'à terre et dit : « Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t'arrêter près de ton serviteur. On va vous apporter un peu d'eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. Je vais chercher du pain, et vous reprendrez des forces avant d'aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « C'est bien. Fais ce que tu as dit. »  Abraham se hâta d'aller trouver Sara dans sa tente, et il lui dit : « Prends vite trois grandes mesures de farine, pétris la pâte et fais des galettes. » Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre (*)(*)(*), et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. Il prit du fromage blanc, du lait (*)(*), le veau qu'on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, pendant qu'ils mangeaient. Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l'intérieur de la tente. » Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi dans un an, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils. » Or, Sara écoutait par derrière, à l'entrée de la tente. (Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara était vraiment une vieille femme.) Elle se mit à rire silencieusement ; elle se disait : « J'ai pourtant passé l'âge de l'amour, et mon seigneur est un vieillard ! » Le Seigneur Dieu dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : 'Est-ce que vraiment j'aurais un enfant, vieille comme je suis ?' Y-a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment fixé, je reviendrai chez toi, et dans un an, Sara aura un fils. » Saisie de crainte, Sara se défendit en disant : « Je n'ai pas ri. » Mais le Seigneur répliqua : « Si, tu as ri. »

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            Aux chênes de Mambré, ni malade ni esprit mauvais. Et s’ils ne sont pas beaucoup, le texte éprouve un peu la raison en ce qu’on ne sait pas toujours combien ils sont ! On sait seulement qu’en orient, l’usage du vouvoiement n’est pas davantage connu à Mambré qu’il ne l’est à Capharnaüm… ou à Cana en Galilée [71, AV note 31]. Par conséquent, lorsque Abraham formule ses propositions hospitalières de reprendre des forces, il les adresse bien à plusieurs personnes : ne vit-il pas trois hommes qui se tenaient debout près de lui ? Levant les yeux une ligne plus haut –soit en vue de le préparer à l’entrée en scène de ces trois hommes-, le lecteur esbaudi lit que le Seigneur apparut à Abraham. Or, le Seigneur, il n’y en a pas d’autre que Lui [72, APR note 14] ; « avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS [50,Jn(3)] », dit le Seigneur longtemps après cet épisode de Mambré. Le lecteur, lui, a plus de difficulté à suivre : prêt à répliquer que s’"il n’y en a pas d’autre que Lui", même en apparaissant à Abraham sous les traits foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéd’un homme (ni plus ni moins qu’aux yeux d’un centurion romain), alors qui sont les deux autres ? Or, cette difficulté apparaît si peu aux yeux d’Abraham (premier concerné, et témoin direct de l’événement) qu’avant même de se lancer dans ses diverses propositions, il entame son discours au singulier. L’usage du tutoiement n’est pas non plus de rigueur (il ne l’a jamais été) dans une conversation impliquant plus de deux personnes, sauf à s’adresser explicitement –à l’instar de Moïse- à un peuple dans son ensemble. Le fait est que, attentif à ce que son singulier visiteur pluriel reçoive bon accueil (qu’il n’a pas moins reconnu Seigneur que le centurion L’aura reconnu, lui, sous les traits de Jésus), Abraham ne se demande pas comment il peut connaître Sara alors qu’elle est à l’intérieur de la tente… ou comment ils lui demandent où elle est pendant qu’ils mangent, et reprendre la parole l’instant d’après en tant que voyageur unique : que sont tout à coup devenus les deux autres ? Auraient-ils été pris pour un veau gras et tendre… et mangés par le voyageur ? Même si le cinéma peut tirer orgueil de produire de remarquables effets spéciaux, il est conseillé au réalisateur [73] s’imposant de tourner pareille séquence d’être chauve : ainsi pourra-t-il s’arracher les cheveux sans que cela ne prête à conséquence. Mais, de même que trois grandes mesures de farine permettent de pétrir une seule pâte, l’allusion trinitaire [74] n’est ici plus à faire : bien avant le cinéma, l’iconographie ne s’en est-elle pas chargée ? Cependant, si une telle allusion demeure une épreuve à l’entendement dans le sens récepteur/émetteur [75, note 6], cette étrange communion [76?] n’est-elle pas moins inabordable en sens inverse ? À cet égard, souvenons-nous, justement, de cette longue marche du peuple d’Israël auquel Moïse s’adresse au singulier.

Livre du Deutéronome 8,2-3.14b-16a. (*)  [Dimanche 26 juin 2011]
podcast
M-L. Valentin / H. Bourel : Un peuple en marche 4mn50
(extrait de « Un Peuple en Marche », Studio SM)

Moïse
disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
(Ez)(*)(*)(*)(*) Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain (Mt)(*), mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'en tire pas orgueil (2Co), et n'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser (*|*) ce désert, vaste et terrifiant (*), pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif (*)(*)(*)[*]. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne - cette nourriture inconnue de tes pères - pour te faire connaître la pauvreté et pour t'éprouver (2Co) avant de te rendre heureux.

            D’Israël ou d’ailleurs, il s’agit bien d’un peuple : non d’une masse anonyme au sein de laquelle se fond chacun de ses membres. Et s’il est éprouvé dans son ensemble afin de savoir ce qu’il a dans le cœur, c’est toujours chacun de ses membres qui est personnellement éprouvé afin de savoir ce qu’il a dans le cœur. C’est encore chacun de ses membres qui répond de ses propres actes : ceux-là n’étant précisément pas sans influencebonne ou mauvaise- sur l’ensemble. Dans le rapport d’un peuple avec le Seigneur son Dieu, la foi d’un seul joue sur celle de l’ensemble… et inversement. Et ce rapport, contrairement à celui qui existe entre les Trois Personnes divines, n’est pas toujours des plus heureux : faisant connaître la pauvreté, la faim, l’esclavage et force misères ravissant les spectateurs du fond de la salle [77, APR note 74]. Est-ce qu’ils vont rester jusqu’à la fin du film, oui ou non ? Sortir de la salle avant [78], c’est en effet comme imposer une fin de non recevoir à l’épreuve, tirer orgueil d’oublier le Seigneur son Dieu tout en conservant l’odeur : regarder les commandementssans les garder. Qu’ont donc dans le cœur un mendiantconnaissant la pauvreté par définition- et un aubergiste ? Plus près de nous, la réponse est suggérée depuis la Bretagne par cet illustre récit… quoique il en existe des versions plus lointaines venues de l’orient :
Un mendiant est accusé par un aubergiste d'avoir été pris à rôder autour des cuisines ; comme l’aubergiste ne peut l'accuser d'avoir volé de la nourriture, il l'accuse de se nourrir des odeurs de sa cuisine… Requis sur place afin de juger cette affaire, Yves Hélory [79] prend quelques pièces dans sa bourse et les jette sur la table devant lui ; l’aubergiste tend la main pour les prendre mais saint Yves retient sa main. L'aubergiste s'exclame : « c'est à moi ! » Yves lui répond : « ah non ! le son paye l'odeur : à cet homme l'odeur de ta cuisine, à toi le son de ces pièces ! »

         Ainsi peut-on prendre au pied de la lettre le possessif « c'est à moi ! » du Seigneur son Dieu en humant sur soi (et en faisant humer) l’odeur de sainteté [19]… mais qu’ensuite la faim se fasse toujours sentir : à la mesure [80] de ce que, à rebours des bénédictions de l’Apôtre aux Corinthiens, tous n’aient pas exactement part à un seul pain… voire qu’il ne saute pas immédiatement aux yeux que ce pain rende heureux  -davantage qu’il n’éprouve !- tous ceux qui y prennent part [81, notes 87 à 90][82, note 24]. La multitude que nous sommes est un seul corps… mais qui dit corps ne dit ni "fantôme"©[28, note 31/2][83, note 40][84][85] ni "chasseur"©[86] ad hoc en son sein !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,16-17. (*) [Dimanche 26 juin 2011]
La coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain
[<45], la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part (*) à un seul pain [39].

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,51-58. (*)(*)(*)(*)(*) [Dimanche 26 juin 2011]
{Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité}
{*}
Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons
(<-), Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

         Or, si celui qui mange ce pain vivra éternellement, celui-là est bien de ceux qui auront pris part à un seul pain : c’est-à-dire que, quel que soit le peuple auquel il appartienne –et quelle que soit la protection particulière (spirituelle, politique, militaire) dont bénéficie ce peuple… ou, a contrario, l’occupation qu’il subit dans l’épreuve–, c’est celui-là qui est appelé à ressusciter ; au dernier jour, s’il n’y a plus ni Juif ni païen [86, AV note 23], il n’y a plus de peuple au sens temporel du terme : le peuple n’a de vie en soi qu’en fonction de la multitude des membres qui le composent. Nulle part Jésus n’a-t-Il dit : « le peuple qui mange ce pain vivra éternellement. » Celui qui, de par sa naissance malencontreuse, appartiendrait à un "mauvais" peuple, pourrait alors avoir une foi à déplacer les montagnes : il se verrait condamné ! Celui qui, de naissance plus heureuse, appartiendrait à un "bon" peuple, vivrait éternellement en dépit de ce qu’il n’aie rien gardé des commandements, que tout ce qui soit venu de sa bouche aie répandu [87][88][89][90] la pauvreté, la faim, l’esclavage et force misères : autant de serpents brûlants [91][92] et de scorpions éprouvant préférentiellement un tiers afin de mieux se rendre "heureux! Celui-là pourra bien en crever [93] à l’image de « vos pères » : ne suffit-il pas [19] ensuite d’aller "manger ce pain" afin de "vivre éternellement" ? « Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. » Nulle part Jésus n’a-t-Il précisé : « il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé… parce que celui-là, pouf pouf [94] ! il est magique. » Car ce pain-là descend du ciel : infiniment plus haut que celui [95, note 10] de l’auto-"heureux"[61, notes 31 à 33] captant "sa chair à manger" à son seul profit [96, notes 39,40] voire, ponctuellement, au profit "charitable"[97, note 47] d’un autre (qui en soit lui-même empêché) afin de mieux (se) donner l’impression, l’illusion [63, APR note 44] de ne pas entrer soi-même dans cette catégorie-. Aussi, pas davantage qu’il ne saurait couvrir [98, notes 52 à 54] ce qu’il y a de ténèbres dans le cœur, ce pain-là ne sort d’un couvre-chef [99][100] : il y aura dehors des pleurs et des grincements de dents, en communion avec ce qu’il y a dedans les héritiers du Royaume

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

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Commentaires

" La guerre psychologique " j' adoooore ! Toujours câline à mes heures. Pfff ! ...

Écrit par : Agnostica | mercredi, 29 juin 2011

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