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jeudi, 30 juin 2011

Je te donnerai les clefs de l’auto, et la fournaise ne l’emportera pas sur la 4L.

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

[*] – [*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,18-27.  
[Lundi 27 juin 2011]
{*}{*}(Mt 8,18-22)(Lc)(Lc)(Lc) Jésus, voyant la foule autour de lui, donna l'ordre de partir vers l'autre rive du lac. Un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête [*]. »
Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père.
(*) » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. » [!|!|!|!|!|!|!|!|!|?][*]
[Mardi 28 juin 2011] {*}{*}(Mt 8,23-27)(Mc)(Mc)(Mc)(Mc) Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait (*)[>50]. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi (*) ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d'étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » (*|*|*|*|*|*|*|*|*)

      Quatre Évangiles en une seule note, n’y a-t-il pas également de quoi ne pas avoir d'endroit où reposer la tête ? Quatre Évangiles, mais cependant un seul Évangéliste sur cette barque : Matthieu ; ainsi peut-être serons-nous moins perdus, afin de mieux suivre partout où ira la dite note ? Parce qu’il ne va pas falloir avoir peur d’aller un peu partout, les péripéties d’Abraham s’y ajoutant à plaisir : au risque que les vagues de l’ancienne Alliance viennent recouvrir la barque de la nouvelle ! Et nous, que dirons-nous ? Pour nous, quelle mer agitée essuierons-nous ? Ce n'est pas la chair et le sang qui révéleront cela, limitées par essence aux trois dimensions que sont la largeur, la hauteur et la profondeur [1] établissant pour leur part dans un espace… que seul dépasse la quatrième dimension : l’amour, se déliant en longueur [2, APR note 26], ou lié par les trois autres l’emportant sur lui en fonction de l’attitude adoptée entre deux rives. Car, à pied sec et par beau temps [3][4], il n’est pas si difficile de s’approcher et de dire : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Chez un autre, cette difficulté commence cependant à émerger ; suivre, oui, mais à condition qu’il soit permis d’aller d’abord enterrer son ancienne vie : manière d’embarquer tout en se gardant un pied sur la rive. Chez un autre encore, la difficulté se prolonge dans la décision même d’aller enterrer son ancienne vie [5]. Chez d’autres enfin -dont il est vrai que l’initiative ne vient pas d’eux-mêmes-, c’est le Maître lui-même qui s’approche et dit [6] : eux ne disent rien sur le moment [7, note 2][8] (que ce soit pour manifester leur enthousiasme ou pour assurer leurs arrières), mais ils font [9, notes 16,17] : Le suivant de facto partout où Il va. Et comme Lui ne vient pas davantage abolir la chair et le sang qu’Il n’abolit la Loi [10] (ni inviter à reposer la tête sur une rive merveilleusement sablonneuse afin d’y parfaire son hâle estival !), Il en accomplit Lui-même les trois dimensions dans sa personne [11], y ajoutant bien entendu la quatrième… au point que la barque du temps elle-même en est parfois recouverte par les débordements -dans la chair- d’identification du Fils de l’homme, d'après ce qu’en disent les hommes : Jean Baptiste, Élie, Jérémie, l'un des prophètes… ou le(s) visiteur(s) d’Abraham ?

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19. (*)(*)(*)(*)(*)(*)
{Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité}
[?]/(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Mc)
[Mercredi 29 juin 2011]
{
*}{*}{*}  Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (*)(*)(*)(*)

Livre de la Genèse 18,16-33. (*)/(*)  [Lundi 27 juin 2011]  
(
<-) Les hommes se levèrent pour se rendre à Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire. Le Seigneur s'était dit : « Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ? Non, car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui. En effet, je l'ai choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit [*][>37 : X>X][>], afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham. » Alors le Seigneur lui dit : « Comme elle est grande, la clameur qui monte de Sodome et de Gomorrhe ! Et leur faute, comme elle est lourde ! Je veux descendre pour voir [X][X] si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu'à moi. Si c'est faux, je le reconnaîtrai. »
Les deux hommes se dirigèrent vers Sodome, tandis qu'Abraham demeurait devant le Seigneur. Il s'avança et dit : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Est-ce que tu ne pardonneras pas à cause des cinquante justes qui sont dans la ville ? Quelle horreur, si tu faisais une chose pareille ! Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ? »
Le Seigneur répondit : « Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à toute la ville. »
Abraham reprit : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre ? Peut-être, sur les cinquante justes, en manquera-t-il cinq : pour ces cinq-là, vas-tu détruire toute la ville ? » Il répondit : « Non, je ne la détruirai pas, si j'en trouve quarante-cinq. » Abraham insista : « Peut-être en trouvera-t-on seulement quarante ? » Le Seigneur répondit : « Pour quarante, je ne le ferai pas. » Abraham dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, si j'ose parler encore : peut-être y en aura-t-il seulement trente ? » Il répondit : « Si j'en trouve trente, je ne le ferai pas. » Abraham dit alors : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur ? Peut-être en trouvera-t-on seulement vingt ? » Il répondit : « Pour vingt, je ne détruirai pas. »
Il dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère : je ne parlerai plus qu'une fois. Peut-être en trouvera-t-on seulement dix ? » Et le Seigneur répondit : « Pour dix, je ne détruirai pas la ville de Sodome. » Quand le Seigneur eut fini de s'entretenir avec Abraham, il partit, et Abraham retourna chez lui.

            On peut se mettre à rire silencieusement [9, AV note 71] de cette négociation osée entre Abraham et le Seigneur, fleurant bon son "marchand de tapis" jusqu’à donner l’impression de placer le Seigneur Lui-même au pied du mur en L’interpellant vivement –quoique avec un grand calme- sur Sa propre justice ! Il n’empêche : quand le Seigneur eut fini de s'entretenir avec Abraham, ce dernier peut ne pas être mécontent du résultat obtenu. En attendant, qui trouverait un seul juste de la carrure d’Abraham ? Non point tant par son art d’éviter l’horreur du juste traité de la même manière que le pécheur (on n’ose imaginer sa colère en certains endroits [12, APR note 66][13, notes 38,39]…) que par celui de savoir reconnaître le vrai du faux : ceci parce qu’il sait d’abord reconnaître le Seigneur au-delà de Son apparence du moment : souvent ange de Lui-même(!) [14, APR note 57], parfois homme. Heureux est Simon, fils de Yonas, mais celui-là est plus long à la détente ! En effet, quand le Seigneur est avec lui dans une barque recouverte par les fantome.jpgvagues, lui ne voit que l’homme de chair et de sang… et le repos légitime qu’impliquent ces trois dimensions. Sous l’assaut de la peur (davantage que celui des vagues), il en a comme évacué la quatrième dimension : celle de l’amour ; autrement dit, celle de l’ange. La peur ne faisant pas excellent ménage avec cette dimension- lorsqu’elle n’est pas évacuée de la sorte, on sait par ailleurs ce qu’il en advient dans un contexte comparable : l’ange passe alors pour un fantôme [15] ! Plus tard –comme on le verra plus bas-, le même Pierre est confronté à d’autres tempêtes, alors que le Seigneur -en tant qu’homme de chair et de sang- a déjà disparu de son existence : pour l’heure, celui qui "lie sur la terre ce qui est lié dans les cieux" se trouve lié sous bonne garde par la terre, puisqu’il est emprisonné par le roi Hérode qui vient de supprimer Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. On imagine sans peine un climat pour le moins oppressant, presque jusqu’à faire regretter la mer violemment agitée d’un lac : de quoi en perdre le sommeil. Eh bien non : cette fois, c’est Pierre qui dort comme un bienheureux au fond de sa galère ! Ici, les rôles sont en effet inversés ; ce n’est plus lui qui s'approche et réveille en disant  « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus », mais le contraire : l’ange du Seigneur qui vient secouer l’Apôtre et le réveiller, lui disant : « Lève-toi vite »  afin qu’il soit sauvé et ne soit pas perdu. « Lève-toi » : justement ce que dit le Fils de l’homme à un paralysé qu’on Lui a apporté, couché sur une civière (à dormir entre deux soldats, attaché avec deux chaînes et des sentinelles montant la garde devant la porte de sa cellule (!), est-on beaucoup moins paralysé ?). « Debout ! » : ce qu’avaient dit deux anges à Loth, le poussant à fuir la ville de Sodome (à cause des crimes de cette ville, non afin d’échapper aux conséquences des siens [16] : une telle mesure étant néanmoins bien vue… lorsqu’elle est mal vue). « Mets ta ceinture et tes sandales », « Mets ton manteau et suis-moi » : où l’on retrouve un « Suis-moi »[6] pouvant évoquer quelque souvenir au prisonnier libéré ; ceinture, sandales et manteau n’étant pas non plus sans rappeler les premiers envois en mission [17]. Pierre obéit à tout cela… mais il attendra néanmoins que l’ange aie disparu avant de le reconnaître !
         Voilà précisément ce qui le distingue d’Abraham. Chez le patriarche, en effet, c’est maintenant qu’il se rend compte que c’est vrai : non le "maintenant" rétrospectif de Pierre, mais un "maintenant" immédiat, au moment même de l’apparition dont il bénéficie. Abraham a le privilège d’être un familier du Seigneur, à la mesure de ce qu’il est d’abord un familier de la quatrième dimension. Lorsque celle-ci surgit tout à coup dans l’ordinaire de ses trois dimensions habituelles -de chair et de sang-, l’étonnant est que lui n’en est pas saisi d’étonnement. En revanche, il en est saisi de crainte : non la crainte liée au châtiment [15, APR note 20] (sinon celui d’autrui : comme ici, au sujet des éventuels justes de Sodome), mais celle qui saisira la foule rendant gloire à Dieu après qu’à Capharnaüm, un paralysé se soit levé, aie pris sa civière, puis soit rentré chez lui…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,1-8. [*]/(Mc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc)
[Jeudi 30 juin 2011] {*}{*}  Jésus monta en barque, traversa le lac et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voilà qu'on lui apportait un paralysé [*|*], couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Or, quelques scribes se disaient : « Cet homme blasphème (*). » Mais Jésus, connaissant leurs pensées [Jr], leur dit : « Pourquoi avez-vous en vous-mêmes des pensées mauvaises ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés... » alors, il dit au paralysé : « Lève-toi, prends ta civière, et rentre chez toi (*)(*)(*)(*)(*)(*). » L'homme se leva et rentra chez lui [!]. En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir [*|*] aux hommes. (*)(*)(*)(*)

Livre des Actes des Apôtres 12,1-11. (*)/(*) [Mercredi 29 juin 2011]
paul-pierre-lippi.jpgÀ
cette époque, le roi Hérode Agrippa se mit à maltraiter certains membres de l'Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure était bien vue des Juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque. Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l'intention de le faire comparaître en présence du peuple après la fête. Tandis que Pierre était ainsi détenu, l'Église priait pour lui devant Dieu avec insistance.
Hérode allait le faire comparaître ; la nuit précédente, Pierre dormait entre deux soldats, il était attaché avec deux chaînes et, devant sa porte, des sentinelles montaient la garde. Tout à coup surgit l'ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. L'ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes tombèrent de ses mains. Alors l'ange lui dit : « Mets ta ceinture et tes sandales. » Pierre obéit, et l'ange ajouta : « Mets ton manteau et suis-moi. » Il sortit derrière lui, mais, ce qui lui arrivait grâce à l'ange, il ne se rendait pas compte que c'était vrai, il s'imaginait que c'était une vision
[65?]. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent à la porte en fer donnant sur la ville. Elle s'ouvrit toute seule devant eux. Une fois dehors, ils marchèrent dans une rue, puis, brusquement, l'ange le quitta.
Alors Pierre revint à lui, et il dit : « Maintenant je me rends compte que c'est vrai : le Seigneur a envoyé son ange, et il m'a arraché aux mains d'Hérode et au sort que me souhaitait le peuple juif. »

            « Lève-toi, et rentre chez toi ». Abraham aussi s’est levé : non pour rentrer chez lui, mais au contraire, partir de son pays, laisser sa famille et la maison de son père, aller dans le pays que le Seigneur lui montre. Âgé alors de la bagatelle de soixante-quinze ans [18, APR note 29], n’eût-il pas été en droit de revendiquer une relative "paralysie" plutôt que de se lancer dans pareille entreprise ? C’est que si la chair et le sang sont , les rapides et confortables moyens de foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociététransport modernes, eux, n’y sont pas… le fussent-ils par de moindres qualités en la matière : handicap compensé par une certaine popularité (car, en toute essuye_mini.giftransparence, c’est moins la foi que la technique qui permet de traiter des illustrations laissant voir en apparence des véhicules à quatre roues qui n’existaient pas du côté de Sodome !…) Et si Abraham est un familier de la quatrième dimension, ce n’est pas là rendre gloire à quelque illustre série de science-fiction ayant donné aux hommes le pouvoir de la téléportation [19]. 'Lève-toi et marche' : tel est le lot commun de lépoque, y compris pour les plus valides. Cependant, « Lève-toi » ne consiste pas seulement à passer de la position assise, agenouillée ou couchée afin de se dresser, debout sur ses deux jambes ; cela consiste également, à l’instar d’Abraham, à porter le regard au-delà de la perception immédiate de la chair et du sang, soit à le lever au-dessus du visible [20] : à juger non selon les apparences mais selon les canons de la quatrième dimension qui, seule, exerce à les dépasser sans les occulter. Aux chênes de Mambré, lorsque le Seigneur apparaît à Abraham, celui-ci ne serait pas très crédible à invoquer une relative "paralysie". La scène se déroule chronologiquement après que Agar l’ait rendu père d'Ismaël [14, APR note 57] : ce n’est donc plus de soixante-quinze ans qu’il est âgé. De nos jours, il eût facilement passé pour étant l’arrière grand-père d’Ismaël ! Il avait en effet quatre-vingt-six ans. Parvenus à un tel âge, la chair et le sang ont le droit d’accuser quelque baisse de tonus. Ajoutons-y l'heure la plus chaude du jour (ce qui, sous ces contrées, est redoutable), et nous voyons que le mieux est encore de rentrer sous la tente et de s’y allonger pour la sieste, de s’épargner tout effort excessivement éprouvant sous une chaleur semblable à celle d'une fournaise. Abraham, lui, voit autrement : il n’est pas couché, mais assis ; il n’est pas sous la tente, mais à son entrée. Sur ces entrefaites, le Seigneur lui apparaît. "Combien" est-Il ? Abraham vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Le "maintenant" immédiat opère ici des merveilles : sans hésiter, c’est aussitôt qu’il court à leur rencontre, etc. Ceci en dépit de son grand âge et, bien sûr, de la chaleur vraisemblablement écrasante du jour : chaleur qui, de fait, pourrait générer un mirage "expliquant" la présence de trois hommes, là où il n’y en aurait qu’un seul. Mais un mirage, cela ne tient pas debout : encore moins près de soi, puisque c’est par définition de loin qu’il se voit. Trois hommes se tiennent debout près de lui… pas assez loin pour un mirage, mais pas assez près pour considérer qu’ils fussent également à l’entrée de la tente : sinon, pourquoi aller courir à leur rencontre ? Il lui eût suffi de se prosterner sur place, la rencontre coïncidant avec l’apparition. (Il n’a d’ailleurs pas fini de courir, se hâtant ensuite d'aller trouver Sara dans sa tente, puis courant au troupeau : quelle santé !) Trois hommes se tiennent debout près de lui… pas assez loin pour qu’ils échappent à deux de ses sens : l’ouïe et la vue.
- L’ouïe ? À quatre-vingt-six ans, elle aurait le droit de souffrir de quelque déficience : chez foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéAbraham, elle ne prend pas ce droit. Ce n’est donc pas parce qu’il est devenu sourd qu’il n’a pas entendu le Seigneur venir : c’est parce qu’il ne L’a pas entendu venir qu’il L’a reconnu. À cette époque, toujours pas de rapides et confortables moyens de transport modernes… mais néanmoins bruyants : pas d’avion au-dessus de la tête, pas d’autoroute ni de voie ferrée à proximité ; pas davantage de moyens médiatiques émettant ou recevant du son ; sous une chaleur accablante, le troupeau lui-même ne devait guère surenchérir en meuglements et autres bêlements. Pas assez de bruit pour parasiter le silence ambiant : en de telles conditions, le plus discret des voyageurs passant à proximité devrait se faire remarquer de loin ; a fortiori, trois voyageurs : ajoutant au bruit de leurs pas celui d’une possible conversation ensemble. Or, le Seigneur, Lui, ne vient ni de près ni de loin : Il vient de la quatrième dimension. Indépendant de tout délai de transport, Il surgit tout à coup (à l’exception de Son incarnation par Marie [21]) au cœur des trois dimensions de la chair et du sang. Dès lors, Sa présence peut se faire sentir.
- La vue ? À quatre-vingt-six ans, on aurait le droit d’être myope comme une taupe, hypermétrope, aveugle ou affligé de quantité de désagréments ophtalmologiques liés au grand âge. Abraham, lui, n’a pas la vue qui baisse. La phrase qui en atteste est d’une apparence très banale : Abraham leva les yeux. « Lève-toi », c’est aussi « Lève les yeux » ; soit : « Élève ton regard au-dessus ce que tu vois ». Abraham leva les yeux : s’il ne s’était agi que d’établir -sans plus d’exigence- le constat visuel d’un visiteur, aussi divin fût-il, il eût suffi de lever la tête. N’est-il pas vrai que, chez tout homme normalement constitué, lever la tête correspond à lever les opticien.jpgyeux, baisser la tête correspond à baisser les yeux ? Par l’apparence que délivre le langage de la chair et du sang, la tête haute n’exprime-t-elle pas la gloire, la tête basse la honte ? Ce qui est hors sujet dans le cas présent, avant l’apparition du Seigneur : il n’y a en soi ni honte ni gloire à être assis à l’entrée de sa tente ! En revanche, ce ne l’est plus à l’issue du constat de la présence du Seigneur… et mérite précisément d’être plus nuancé en prolongeant le regard : en effet, Abraham est bel et bien tête basse en se prosternant jusqu’à terre. Ce faisant, de quoi aurait-il honte ? Pratiquant la justice et le droit, il n’a rien à se reprocher. Mais pratiquant la justice, il se met à sa juste place face à celle due au Seigneur ; ce qu’il exprime lui-même sans forfaiture par la suite, au cours de cette fameuse négociation sur la route de Sodome : « moi qui suis poussière et cendre ». Ce qu’ironiquement vont êtreau sens cataclysmique des termes- les villes de Sodome et Gomorrhe, le "quota" des dix justes n’ayant pas même été atteint après que Loth et les siens en aient réchappé.
Beaucoup plus tard,
ce sera Jésus Lui-même qui lèvera les yeuxtête baissée. Exercice difficile en apparence ! Mais… « Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés... » alors, il dit… ailleurs, à des paralysés du cœur : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. [22, APR note 143] » Et il se baissa de nouveau : ce faisant, de quoi aurait-il eu honte ? Au contraire, ses antagonistes du moment s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés : c’est-à-dire, les plus honteux ! Naturellement, Abraham est là… qui nous invite -entre autres- à ne pas se hâter d’associer systématiquement le poids des ans avec des jougs moins glorieux.

Livre de la Genèse 19,15-29(*)  [Mardi 28 juin 2011]  (Lc)(Lc)(Lc)
Au cours de la nuit, les gens de Sodome avaient attaqué les deux voyageurs qui étaient venus chez Loth.
À l'aurore, les deux anges poussèrent Loth à fuir la ville, en lui disant : « Debout ! Prends ta femme et tes deux filles qui sont chez toi, si tu ne veux pas périr toi aussi à cause des crimes de cette ville. » Comme il hésitait, ces hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait l'épargner. Ils l'entraînèrent hors de la ville
(*). Une fois sortis, ils lui dirent : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t'arrête nulle part dans la plaine, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! » Loth leur dit : « Non, je vous en prie, mes seigneurs ! Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m'avez montré une grande miséricorde en me laissant la vie. Mais je n'ai pas le temps de me sauver dans la montagne : le fléau va me rattraper et je mourrai. Voici une ville assez proche pour que je puisse y courir -elle est si petite !- Permettez que je m'y réfugie -elle est si petite !- et j'aurai la vie sauve ! » Ils lui répondirent : « Pour te faire plaisir cette fois encore, je ne détruirai pas la ville dont tu parles. Vite, sauve-toi là-bas, car je ne puis rien faire avant que tu y sois arrivé. » C'est pour cela qu'on a donné à cette ville le nom de Soar (ce qui veut dire : Petite). Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.[*|*>?] Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation. Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel. Ce matin-là, Abraham se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence du Seigneur, et il porta son regard en direction de Sodome, de Gomorrhe et de toute la plaine : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise ! Lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.

            Quand est-il le plus facile de compter les étoiles ? À l'heure la plus chaude du jour, ou au cours de la nuit ? C’est un peu une question-piège : n’a-t-elle pas été formulée en son temps à Abraham lui-même ? « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... »[23, APR note 38] Le piège est d’ailleurs désamorcé en soi, le conditionnement à « si tu le peux... » suggérant assez qu’il ne le peut pas, mais le mettant justement en face de sa propre nature de poussière et cendre au regard de l’univers au sein duquel il se meut. L’Orient, les étoiles, la vie foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociéténomade sous la tente, les traversées de désert [24] : l’homme n’a pas attendu les découvertes de l’astrophysique moderne pour regarder le ciel à s’en tordre le cou. Même à renoncer de compter les étoiles, ce n’est guère en comptant ses orteils qu’on peut au moins les regarder : il convient de lever les yeux. À leur manière, si les étoiles manifestent quelque chose de la gloire du Seigneur, elles en manifestent depuis la nuit des temps Sa main ; ici également, cette main échappe cependant au sens cataclysmique du terme [25, APR note 20][26, note 54], étant celle du GPS avant le GPS. Durant des siècles, si le voyageur ne voulait pas périr en tournant en rond dans le désert, force lui était de scruter le ciel : lever les yeux relevait moins pour lui d’un hobby d’astronome amateur que d’une nécessité vitale. Or, quelle que soit la direction vers laquelle on porte le regard, si ce ciel-là n’est "que" le ciel en trois dimensions, chacune de ces dimensions porte en elle assez d’infini [27] pour ne pas en indiquer une quatrième. « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » : « Regarde le ciel, et décentre-toi de la terre, si tu le veux... ». « Lève les yeux » : moins afin de scruter quelque signe prométhéen de civilisation extra-terrestre que pour ne pas rester englué [28] dans une civilisation intra-terrestre [29] qui, tôt ou tard, finit au bout de sa course par épouser les contours de la barbarie. « Lève les yeux » : afin d’étayer la forme de conviction sur la vérification de ce que décrit [30, AV note 30] en permanence le cosmos. Car si la terre est elle-même poussière en regard de l’immensité du ciel, si elle n’est pas nécessairement le centre du monde connu -comme le nombril est au centre de l’abdomen-, le ciel n’est pas sans lui répondre, absorbant ses actes pour le meilleur et pour le pire. Lever les yeux, chez Abraham, c’est –à sa modeste échelle- désirer prendre autant que possible la mesureen largeur, hauteur et profondeur des conséquences [31, notes 29 à 35] de ces actes afin de s’y ajuster, ne rien faire qui contrarie ou empêche l’action de Dieu [32, AV note 65]. Moïse ne disait-il pas déjà au peuple d'Israël : « Je te propose aujourd'hui de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur ? »[33, APR note 29] De fait, -et pour rappel [9, AV note 77]- : c’est toujours chacun des membres d’un peuple qui répond de ses propres actes : ceux-là n’étant pas sans influencebonne ou mauvaise- sur l’ensemble ; non seulement l’ensemble du peuple, mais –plus vertigineusement- l’ensemble du cosmos. Un acte d’amour, c’est une étoile qui brille dans le ciel ; mais tout ce qui est fait pour nuire à l’amour, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel : astre mort se condamnant à vagabonder pour les siècles des siècles… voire à devenir "la main de Dieu", recours ultime pour faire entendre Sa voix ; cette fois oui : dans le sens cataclysmique du terme.
         L’âme "sensible"se formalise de ce que le Seigneur fisse tomber du ciel une pluie de soufre et de feu sur Sodome et Gomorrhe ? Mais l’âme "sensible" est-elle un juge impartial dans sa justice ? S’est-elle bien battue, de son côté [18] ? A-t-elle échappé à la gueule du lion… ou a-t-elle incarné la gueule du lion ? A-t-elle échappé à tout ce qu’on fait pour lui nuire… ou s’est-elle échappée à l’abri [16] de ceux qui font pour nuire jusqu’à prétexter de "la faire échapper à tout ce qu’on fait pour lui nuire"(!) ? Enfin, l’âme "sensible" désire-t-elle avec amour la manifestation du Seigneur dans Sa gloire… ou bien la craint-elle pour sa honte ? S’est-elle déjà offerte en sacrifice [34, AV note 31]… ou a-t-elle offert aux chiens ce qui est sacré [35] ?

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18. (*)/(*)(*)(*)(*)
[Mercredi 29 juin 2011]
Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle
[>17/3][29][2/3][35][24][29][27][36/2][52][*]. Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur : dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire [*]. Le Seigneur, lui, m'a assisté (*). Il m'a rempli de force pour que je puisse annoncer jusqu'au bout l'Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes. J'ai échappé à la gueule du lion ; le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu'on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer au ciel, dans son Royaume. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

            Sodome et Gomorrhe, elles, n’ont donc pas échappé à la gueule d’un lion de soufre et de feu. Non pas, évidemment, dans la configuration paulinienne, puisque ce qu’elles ont subi est au contraire le fruit [23] manifeste de leur infidélité. Parallèlement, lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait. Les unes laissent apparaître la justice de Dieu, l’autre Sa miséricorde. Or, cette miséricorde s’arrête-t-elle à Loth seulement ? Pour le savoir« levons les yeux », étendons de nouveau le regard en direction du cosmos. Avec ou sans Dieu, mais néanmoins pourvu d’un minimum d’outillage optique ad hoc, n’importe quel observateur amateur ou professionnel averti- sait parfaitement que la quiétude d’un ciel azuréen à l’heure la plus chaude du jour n’est qu’une apparence à l’œil nu… voire un formidable leurre. S’il pousse jusqu’au bout l’examen de tout ce qui se fait –et se défait- au-dessus de nos têtes, il en arrive aux questions suivantes : comment l’homme tient-il encore debout ? Comment fait la terre -poussière planétaire perdue quelque part dans l’univers interstellaire- pour échapper encore et encore à tout ce qui peut lui nuire ? Imaginons un instant l’inconscient venant à entreprendre 3155519097.jpgde planter sa tentesur la voie gauche de l’autoroute. Supposons simultanément que personne ne l’en empêche… et qu’aucune force civile, judiciaire, "sanitaire"© ou sociale ne vienne l’en déloger dare-dare, en dépit de ce qu’il représente alors un exemple –insurpassable et croustillant- de "danger pour soi et pour les autres"©[36]. Pour faire plaisir cette fois encore aux spectateurs du fond de la salle [37], offrons-leur en prime un Bison futé sur les dents : car notre campeur improvisé a choisi le jour de chassé-croisé le plus chaud de l’année pour accomplir sa performance. Eh bien ! pour que vous sachiez que grande est la miséricorde du Seigneur sur la terre, personne ne s’est mis en colère, le campeur passe d’excellentes vacances sur la voie gauche de l’autoroute (tous les goûts sont dans la nature [38]), aucun véhicule ne l’ayant seulement affleuré (aucun véhicule non plus ne provoquera d’accident en essayant de l’éviter). Sans une égratignure, il rentre chez lui en sifflotant (donc, sans huissier de "justice"©©©[39, APR note 97] devant chez lui non plus) après un merveilleux séjour de deux semaines [40]. "À lui la pleine forme pour repartir du bon pied dans la vie courante. Amen."
         Naturellement, dans un réel qui est là, pour tous [30, AV note 41], chacun va user à raison de son bon droit pour dénoncer la crédibilité"proche de l’Ohio"[41] de pareil "Évangile" ! À moins d’être soi-même huissier de "justice"©©©… ou -moins prosaïquement- un observateur avisé du ciel, auprès duquel cet étrange scénario n’est pas sans rencontrer une certaine résonance avec ce que lui indique son télescope. En effet, "lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine", surgit de nouveau cette ambiguïté déjà soulevée [42, APR note 17] d’une formulation prêtant à Dieu Lui-même un acte délibérément fait pour nuire. Avec le reproche habituel assorti (ouvertement exprimé ou non) : « si Dieu était si bon et miséricordieux… », etc. Remarquons ici qu’en rapportant ce type de vue à des mesures humaines plus directement accessibles aux sens, cela procède du patient refusant l’acte de chirurgie au motif que le bistouri est un outil destructeur. Simultanément –et fort opportunément-, disparaît de la conscience de celui-là un "argument" dont il ne manque pourtant pas d’être friand en d’autres occasions, le brandissant alors avec autant d’assurance que s’il s’agissait d’un précieux [43,3?] bouclier : il n’est pas médecin [44] ! Argument qui se justifierait pourtant : il ne sait pas –ou préfère ne pas savoir- que l’acte envisagé se destine d’abord à enrayer l’inéluctable progression d’un mal afin que celui-ci ne s’étende pas à ce qui est encore sain : il voit à peine ce mal, voit mieux le mal de ce qui l’arrête… et s’y arrête lui-même en occultant le résultat à plus long terme jusqu’à refuser de voir l’évidence du mal étendu s’il reste livré à lui-même. « Si Dieu était si bon et miséricordieux… » revient en l’espèce à : « si le chirurgien était si compétent… ». Par un tel raisonnement, à rebours d’Abraham on se fait hamster [45] : tournant indéfiniment à l’intérieur des trois dimensions en se fermant à la quatrième, voyant sans regarder.

         Ainsi, revenons à Dieu "ayant détruit les villes de cette plaine: au-delà de l’apparente implacable justice divine, l’observateur avisé du ciel, lui, se fait plus mesuré en distinguant contre toute attente… la miséricorde. Il jette un œil sur le texte de la Genèse, l’autre rivé à son télescope. Ici comme ailleurs, à de rares exceptions près qui Lui appartiennent, le Seigneur n’enfreint nullement les lois de Sa propre création mais les accomplit plus que jamais afin qu’elles servent Ses desseins. Or, avec les progrès de sciences authentiques, on sait de mieux en mieux identifier "une pluie de soufre et de feu" telle que succinctement transcrite dans la Genèse. En associant les deux disciplines que sont l’astrophysique et la vulcanologie, on sait parfaitement étayer la forme de conviction sur la vérification de ce que décrit plus haut… Matthieu lui-même en 16,13-19 ! Tel n’était sans doute pas l’objectif premier (!) des scientifiques concernés : il n’en demeure pas moins que même à en rester à l’intérieur des trois dimensions relevant, elles, de leurs compétences, l’ouverture au prolongement quadridimensionnel de certains écrits peut difficilement leur échapper. Notamment lorsque Jésus s’adresse à Pierre en ces termes : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Le futur d’il y a deux mille ans a eu mille fois le temps de se sauver dans la montagne : le présent l’a rattrapé depuis longtemps (sans que ce soit nécessairement un fléau !). Or, ce présent-là n’est nullement confiné au sein de quelque sacristie poussiéreuse puisque tout honnête chercheur en astrophysique -travaillant de concert avec le non moins honnête vulcanologue- ne saurait démentir que tout ce qui est lié/délié sur la terre l’est également dans les cieux, et vice-versa : on ne les a d’ailleurs pas attendus pour connaître -entre autres- l’influence de la lune sur les marées. "Une pluie de soufre et de feu: voilà qui attire davantage l’attention, les conséquences en étant plus dramatiques. Les interactions ciel/terre, elles, fournissent les causes. Que s’est-il passé il y a fort longtemps dans la plaine de Sodome et de Gomorrhe ? L’Écriture remplit sa fonction d’Écriture, se "limitant" (monstrueux contre-sens, en un tel contexte !) à décrire des faits sous le regard de l’Esprit : en l’occurrence, une pluie de soufre et de feu tombant du ciel. Il en résulte une fumée semblable à celle d'une fournaise, montant de la terre. D’un point de vue scientifique, ces éléments sont assez parlants en soi, permettant de brosser un tableau rationnel de l’événement. A priori, sauf erreur, en dépit du soufre et du feu, on peut d’ores et déjà en exclure le phénomène volcanique : sinon le soufre et le feu auraient surgi des entrailles de la terre. Ce n’est pas incompatible avec une pluie de ces éléments destructeurs, phénomènes souterrains ayant souvent été observés en action combinée avec des phénomènes astraux, les uns répondant aux autres. Cependant, le texte ne parle ici que du ciel : de plus, la topographie des lieux indiquant une plaine, cela rend moins plausible l’hypothèse de l’émergence d’un volcan. D’autant qu’il est question de se sauver dans la montagne : lieu plus propice ! Et d’autant qu’il est question de Soar, petite ville toujours dans la plaine… dont les effets d’un proche volcan n’eussent fait qu’une bouchée : le Seigneur aime "faire plaisir cette fois encore" à Loth, mais Il n’aime pas beaucoup enfreindre les lois de Sa propre création : s’Il donne le mauvais exemple (!), qui restera-t-il pour Le suivre ? En revanche, le Seigneur peut susciter ici l’admiration des scientifiques… et de militaires pâlissant d’envie face à l’extrême précision d’un "tir" épargnant justement la minuscule Soar, qui eût subi de leur part ce qu’ils aiment appeler de l’illustre euphémisme de "dégâts collatéraux".

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         Souvenons-nous de notre hurluberlu campeur de l’autoroute. Tous les astronomeslarge_497000.jpg savent qu’il existe. Tous les astronomes savent qu’ils n’ont pas besoin de leur matériel –aussi sophistiqué soit-il- pour le voir et le regarder à volonté. Tous les astronomes savent qu’ils sont comme de microscopiques poux dans la tête de notre hurluberlu campeur de l’autoroute. Bien qu’ils aient identifié la planète Terre à notre hurluberlu campeur de l’autoroute, -et parce que tous les astronomes ne sont pas astronautes dans l’âme-, ils se sentent plutôt bien à lui marcher dessus. Peut-être se sentiraient-ils mieux si, au bout de leur lunette, ils apercevaient moult feux qui règlent la circulation comme ici-bas : parce que tous les astronomes savent que d’une certaine manière, la place de l’Étoile à Paris aux heures de pointe n’a pas volé son nomEn bref, et sans entrer dans de fastidieux et magistraux cours d’astrophysique n’intéressant que les spécialistes chevronnés, ils savent reconnaître quantité d’objets volants –identifiés ou non- traversant les cieux de part en part, voire calculer leur trajectoire : notamment quand celle-ci projette de venir flirter de trop près à leur goût avec le campeur de l’autoroute. Car ils se souviennent que celui-ci -plus âgé encore qu’Abraham !- n’a pas vécu que de la miséricorde à 100% au cours de sa longue existence. Prenons par exemple de très gros poux : modèle dinosaure. Certes, personne n’était là pour constater de visu l’extinction de l’espèce : nonobstant il se murmure dans les milieux bien inffoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéormés qu’en fonction des connaissances actuelles (incluant, en sus des disciplines susnommées plus haut, celles qui se rapportent à la paléotobiologie et à la géologie), "une pluie de soufre et de feu" serait à même d’élucider les causes de la dite extinction. Cependant, cette pluie-là serait toute autre que celle qui "arrosa" jadis les villes de Sodome et Gomorrhe : d’une part, parce que ayant imposé la formule combinée ciel/terre ; d’autre part parce que ce qui tombe du ciel est d’abord un élément solide prenant feu en entrant dans l’atmosphère terrestre, puis générant soufre et feu au moment de l’impact avec la terre elle-même. La différence ne tient qu’au gabarit dudit élément : pour deux villes sises en plaine, quelques centimètres de diamètre suffisent. Si le sous-sol n’en manifeste heureusement pas de contre-coup néfaste, il convient cependant de ne pas se retourner lorsqu’on se trouve en surface : ce serait là prendre le risque de s’exposer aux intenses rayons gamma [46] généreusement émis par le souffle du choc ; effet garanti "colonne de sel"
         Pour opérer un grand ménage de dinosaures qui, eux, sont disséminés sur toute la terre, 1302514764.jpgl’envergure de l’astéroïde ne va plus se mesurer en centimètres, mais plutôt en kilomètres. Afin d’économiser la planète (quoique à cet égard, il soit alors un peu tard pour cultiver un tel souci …), pas besoin de sortir la 4L du garage : une bicyclette devrait permettre de le parcourir dans des délais raisonnables. (Il existe plus gros ; mais l’objectif est un gigantesque barbecue de dinosaures : pas de pulvériser la planète…) Les conséquences de l’impact, elles, se font nettement moins raisonnables que dans une plaine orientale bien connue : ici, les effets du céleste uppercut se propagent sur l’ensemble de la planète-cible, et lui fait vomir sa bilesous forme de soufre et de feu. Entre ces deux extrêmes, il existe également des calibres intermédiaires. Ainsi, Sodome et Gomorrhe auront tâté du cochonnet. Avec une boule, on voit déjà plus grand en matière de destruction : encore loin du compte pour les dinosaures, mais suffisant s’il s’agit de ranger définitivement la civilisation inca dans les livres d’Histoire… ou pour faire si bien oublier l’Atlantide qu’on ne sait plus si elle relève du mythe ou de la réalité.

      Certains, plus hardis, vont même jusqu’à établir des périodes cycliques au cours desquelles il arrive que, décidément, notre hurluberlu campeur de l’autoroute rentre de vacances avec davantage d’égratignures que prévues. C’est-à-dire que le malheureux aura donc subi l’un de ces flirts poussés qu’il goûte modérément. À qui la faute ? À la fatalité ? Au Seigneur, qui joue à la pétanque au détriment de l’homme ? Mais le Seigneur n’a pas le temps de jouer, occupé à dévier d’une main sûre toute trajectoire menaçante. "Détruire", dans Son langage à Lui, n’est pas sans rencontrer d’écho avec la destruction du chirurgien : ce que la gent militaire elle-même n’a sans doute pas manqué de relever, récupérant parfois un tel langage à son profit en justifiant quelqu’une de ses interventions musclées -sur un théâtre d’opérations extérieures- par ce qu’elle dénomme une… "frappe chirurgicale". D’où les fameux "dégâts collatéraux" qui s’en suivent, l’art bruyant de la guerre ayant peine à s’accommoder du silence et de la concentration requis à exercer celui du bistouri. Le Seigneur, Lui, ne fait jamais que détruire un abcès… et le déni qui accompagnait cet abcès en amont : ne surtout pas confondre avec un autre illustre "déni"©[47, notes 3,4][48, notes 17,18], celui-là n’accompagnant aucun abcès puisque sa "dénonciation"va au contraire consister à en fournir matière à le fabriquer de toutes pièces en aval : sacrifice inversé [49, APR note 51], agissant comme un hommage indirect -et grimaçant- du vice à la vertu !

     Or, la terre répond au ciel, et le ciel répond à la terre : ce que n’ignorent pas les scientifiques –chacun dans sa discipline respective- en connaissant déjà assez pour s’étonner que l’hurluberlu campeur de l’autoroute ne soit pas davantage écrabouillé qu’il ne devrait l’être au regard de son lieu de campement. Laissons-leur le soin d’approfondir à l’envi l’analyse de la structure moléculaire d’un astéroïde dans les trois dimensions, le commun des mortels la simplifiant outrageusement en résumant le caillou à une sorte de conglomérat de pierre et de fer. Plus basiques, de tels matériaux permettent en effet de "seller son âne" afin d’aller chatouiller la quatrième dimension. Parce que, si la terre répond au ciel -et le ciel à la terre-, pourquoi le ciel ne répondrait-il pas au ciel, et la terre à la terre ? Entendons : le ciel des trois dimensions au ciel de la quatrième, idem pour la terre. Un acte d’amour, c’est une étoile qui brille dans le ciel ; mais tout ce qui est fait pour nuire à l’amour, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel : astre mort se condamnant à vagabonder pour les siècles des siècles… voire à devenir "la main de Dieu" ? Postulons à présent que, loin de formuler ici une sorte de figuration allégorique, la concrétisation de l’astre mort se traduise physiquement aux confins de l’univers par une agrégation de la pierre et du fer d’actes laissés pour compte à travers les siècles, ayant échappé au bistouri du chirurgien : crimes, trahisons, mensonges, statu quo divers ayant instauré et développé des situations d’injustices individuelles et collectives, pardons non demandés, etc. : en somme, tout ce qui ravit les spectateurs du fond de la salle [37], rendant leur film si attrayant. De fait, tout va bien dans le confort d’une salle de cinéma, elle-même ancrée dans les trois dimensions (fusse précisément en 3D !) : l’action s’initie aux confins de l’univers ? À la bonne heure : ils peuvent dormir sur leur deux oreilles ! Quelle que soit l’identité de l’objet volant en gestation (étoile, planète, comète ou simple météore), la vélocité de son déplacement dans l’espace et la menace qu’il peut train-cache.JPGéventuellement représenter de par une trajectoire inclinant au flirt, ce voyage peut s’effectuer à une allure se calculant dans une fourchette décoiffante de plusieurs centaines de milliers de kilomètres à l’heure qu’il lui faudra néanmoins des siècles et des siècles pour que sa seule existence commence seulement à être perceptible aux observateurs du ciel. Ce qui, du reste, ne présume en rien que dans son approche ceux-là la perçoivent… ou veuillent la percevoir. Car s’il est question d’identité et de vélocité, la quantité entre aussi dans la danse ; toujours "la place de l’Étoile" aux heures de pointe, pare-choc contre pare-choc : il n’y a pas qu’un train qui puisse en cacher un autre. Pour ce qui est de vouloir –ou non- la percevoir, c’est ici la qualité de l’observateur lui-même qui entre en jeu : non pas à l’intérieur de ses propres compétences tridimensionnelles, mais dans sa redoutable compétence à évacuer la quatrième là où celle-ci indique une réalité désagréable. Dans la mesure où a été pris le pli à propos d’une telle réalité appartenant au passé [50, note 64], il serait hâtif et prématuré [51, APR note 21] (suspect, en conséquence) de le cristalliser commodément en une unique attitude dite "mythomaniaque"©[52, note 49]… à moins, évidemment, de considérer que l’ensemble de l’humanité tombe en de tels travers ! Dès lors, si apparaît dans ce climat une réalité désagréable [53, note 34] dans le présent -ou dans un proche avenir-, c’est la compétence à se transformer en autruche [54] qui est mise à l’épreuve du feu : dérisoire même au sein des trois dimensions, parce qu’il ne suffit évidemment pas d’évacuer une réalité désagréable pour qu’elle"n’existe pas"[55, APR note 76] ; infiniment plus dérisoire aux abords de la quatrième dimension, quand il s’agit de poursuivre en pure perte le déni accompagnant l’abcès en amont. De fait, lever les yeux dans les trois dimensions n’interdit nullement l’hypothèse de les baisser devant la quatrième : du publicain et du pharisien de la parabole, lequel des deux en fournit-il l’exemple le plus achevé ? Facile en apparence, puisque c’est écrit : "Le publicain, lui, […] n'osait même pas lever les yeux vers le ciel"[56]. Pourtant, "quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui […] qui était devenu juste: c’est lui -et lui seul- qui est parvenu à ajuster ses trois dimensions à la quatrième. Dans le texte, c’est encore lui seul qui rentre chez lui : non le pharisien, celui-là étant alors au Temple comme chez lui ; celui-là n’ayant "levé les yeux" que vers une fausse quatrième dimension, d’impression et d’illusion [57, note 18], ressemblant en tout point [43,1!] au reflet de ses trois dimensions à lui. À l’inverse, c’est à cause de ses trois dimensions à lui –sur lesquelles il ne comptait pas- que le publicain n’osait pas lever les yeux vers le ciel… depuis ces dimensions- : en réalité, comptant sur une miséricorde les dépassant depuis la quatrième dimension, il se laissait crever l’abcès tandis que l’autre aura conservé le sien.

         Ce qui nous a éloignés un instant de l’objet volant ; mais qu’importe, puisque il prend son temps : libre avis, émis par les spectateurs du fond de la salle ainsi que par tout observateur du ciel, indifféremment de ce que celui-là joue ensuite les cachottiers ou non. Il est d’ailleurs le premier à savoir que  l’établissement d’une "carte du ciel" n’est jamais figé, en dépit d’une remarquable stabilité dans le temps des systèmes connus : c’est encore le ciel qui est le plus fort en matière de cache-cache, se réservant régulièrement le droit de faire découvrir quelque nouvelle comète à l’œil attentif. ("Nouvelle" uniquement dans le sens de la découverte, le calcul de la date probable de sa naissance conduisant le plus souvent à faire passer comparativement Abraham pour un bébé, n’en déplaise à ses valeureux quatre-vingt-six ans). Or, ce que le ciel peut faire dans un sens, pourquoi ne pourrait-il pas le faire dans l’autre sens ? Pourquoi ne se réserverait-il pas également le droit de ne pas faire découvrir un astéroïde inconnu avant que la plus obtuse des autruches elles-mêmes s’en trouve assez troublée pour qu’il lui soit impossible de seulement consentir [58!] au déni de son existence ?
         Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Remarquons que chez Pierre et ses compagnons, personne ne s’est avisé un instant de nier l’existence d’une mer violemment agitée : phénomène météorologique local assez banal, limité dans le temps et dans l’espace, ne concernant alors qu’un groupe de disciples que la banalité de l’événement interpellait moins que la peur de boire une tasse définitive : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus », telle est la préoccupation du moment. Autrement dit, la proximité immédiate du risque devrait avantageusement permettre à l’autruche de s’ébrouer le sable qui s’est accumulé sur son bec. Cette réaction épidermique fonctionne d’ailleurs à toute époque et sous toute latitude. Supposons par exemple que le risque aie été identifié dans la barque même. Dans ce cas, pour être sauvés et ne pas être perdus, la solution est simple et radicale : il suffit de jeter le risque à l’eau et la quiétude revient. Ce qui n’est pas une boutade, Jonas étant là pour en témoigner [59, APR note 19]. Ce qui lui a valu trois jours de poisson… à ceci près que c’était lui qui était dans le poisson, et non l’inverse ! Plus près de nous, la réaction épidermique est encore observable : de nouveau dans la configuration d’un risque identifié dans la même  barque. La solution reste toujours aussisimple et radicale : il suffit de jeter le risque à l’eau et la quiétude revient [60, AV note 26][61, note 16][62, note 31]. À ceci près que cette fois, le risque, la barque et l’eau sont symboliques… ce qui veut dire : psychologiques [30, AV note 4/2]. Ce qui suffit cependant à jeter néanmoins -dans un réel qui est là, pour tous [30, AV note 41] !- le risque symbolique : car, si celui-là a bien été identifié dans la barque même, ici il ne l’a pas été depuis la barque même (!), mais hors d’elle… et hors de tout risque [62, AV note 20]. Ainsi, un autre occupant de la barque aura-t-il pu crier [63] à son tour : « Sauvons-nous ! Nous sommes perdus. [64] » Hors de lui également (mais à titre symbolique), le malheureux avait en effet peur de rééditer les mésaventures de Jonas, plus risquées encore : puisque à un poisson aura été substitué un redoutable "loup"©[65, notes 30 à 33] : brrrrrrrr ! Mais pourquoi avoir peur ? Car, même si Jésus dort, le risque étant toujours symbolique, il n’y a pas de difficulté particulière à le jeter [66, AV note 15][67! (Jésus aussi ? Jésus aussi [68] : par voie de faits [69, notes 7 à 10] ; mais chut : ne pas dévoiler les mauvaises pensées [I][II][III][IV]…) Le risque étant plus que jamais symbolique, pourquoi seulement se préoccuper de lever les yeux ou de les baisser ? Qu’importe une éventuelle myopie [70] : pas besoin d’yeux non plus [71][72][73][74] pour jeter le risque ! Et si Jésus dort, ce ne sont pas les serviteurs qui manqueront afin d’y suppléer [75] : d’autant plus à l’aise dans leurs œuvres [76] que le risque est décidément symbolique
       Ainsi, lorsqu’on prend la mesure du mal qu’on peut se donner à combler de bénédictions [77, note 32][78, note 26] quelque disciple aux prises avec un faux risque identifié au ras du sol (voire depuis un sous-sol de renard), combien plus un risque identifié comme tombant du ciel devrait-il nettoyer quelques abcès purulents !…

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       Dieu merci, il est parfois permis de regarder en arrière sans risquer de devenir une colonne de sel : sinon, comment envisager de suivre les pas d’Abraham lorsque Dieu le mit à l’épreuve ? Il n’y a pas à hésiter, tant que l’ange du Seigneur ne nous a pas saisis par la main, désireux de nous épargner un imminent cataclysme : ce qu’à Dieu ne plaise. Avec l’Écriture -de l’ancienne ou de la nouvelle Alliance-, s’agit-il d’ailleurs véritablement de regarder en arrière ? Car le Seigneur, Lui, ne vient toujours ni de près ni de loin : la quatrième dimension étant en elle-même étrangère aux notions d’avant ou d’arrière. « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » : la question serait-elle devenue caduque avec le temps ? « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » Les vents et la mer -ou tous autres éléments susceptibles de se déchaîner- auraient-ils pris leur indépendance avec le temps ? « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » À quoi bon poser pareille question à Ses disciples si Jésus ne la posait quà ceux qu’Il avait alors sous les yeux ? « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Les scientifiques seront-ils les derniers à conjuguer au présent ce qui n’était alors qu’au futur ? Ce serait un comble ! Car si la puissance de la Mort ne l'emporte pas sur elle, Pierre peut être lui-même emporté par la mort sans que l’Église le soit. « Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ? » Même sans avoir le privilège d’être assez familier avec le Seigneur pour converser avec Lui sur la route, n’est-il pas encore aujourd’hui du plus grand intérêt de rappeler que traiter le juste de la même manière que le pécheur, c’est rendre une sentence contraire à la justice ? Au nom de quoi ce qui constitue ouvertement une horreur aux yeux d’un juste deviendrait-il tout à coup sinon un bienfait au moins une possibilité acceptable ? Au nom de quoi… la puissance de la Mort l'emporterait-elle tout à coup sur la justice ? Notamment entre disciples d’une Église [79, AV note 16] bâtie sur la pierre que nous savons… « Dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire. » Si la puissance de la Mort l'emporte tout à coup sur la justice, dès lors comment être simultanément de ceux qui mettent cette puissance en action… tout en désirant avec amour sa manifestation dans la gloire ? Parce qu’il s’agit bien entendu de la gloire du Seigneur d’Abraham : non de celle du "Seigneur" projeté [80, APR note 16] en 3D d’un pharisien dans le Temple.
       Et voilà que Dieu mit à l’épreuve Abraham. Est-ce parce que le patriarche a un fils unique que cette unicité devrait indiquer que lui uniquement soit mis à l’épreuve ?

Livre de la Genèse 22,1-19. (*) [Jeudi 30 juin 2011]  (Jc)(He)(He)
foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéDieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac
(Gn), va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. »
Abraham se leva de bon matin, sella son âne
[?], et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l'endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »  Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s'en allèrent ensemble. Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! - Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allaient tous les deux ensemble. (He)(He)
Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils
(!). Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel (Ex)(Ex) et que le sable au bord de la mer (Dn)(Is), et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »(Ac)(Ac)
Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.

            Mettre le père des croyants à l’épreuve, n’est-ce pas mettre le croyant à l’épreuve ? Celui d’hier, celui d’aujourd’hui, celui de demain : descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer. Mettre le père des croyants à l’épreuve, ce n’est pas nécessairement mettre le croyant à la même épreuve que lui ! C’est mettre le croyant à une épreuve proportionnée à sa foi. Lorsqu’un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras », aurait-il suivi s’il lui avait fallu prendre son fils, son fils unique, celui qu’il aime, et aller l'offrir en sacrifice sur la montagne ? Lorsqu’un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père », eût-il débordé d’enthousiasme d’aller ensuite enterrer son fils, son fils unique, celui qu’il aime ? Sur une mer agitée, alors même que Jésus est dans la barque, imaginerait-on le Seigneur demander à l’un de ceux qui le réveillent -hommes de peu de foi, ayant peur- d’aller prendre leur fils, etc. ? Certes, un peu plus tard, Jésus aura vu la foi de ceux qui Lui ont apporté un paralysé couché sur une civière. En voyant ce dernier se lever, prendre sa civière et rentrer chez lui, la foule rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. Des uns ou des autres, en aurait-on trouvé un seul qui, s’il lui avait fallu prendre son fils, etc. ? Mais aucun non plus d’entre eux n’a été "choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit, afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham"À fils unique, père unique… épreuve unique. Unique aussi dans la foi : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. » Aucune ambiguïté dans la formulation : c’est là un appel à passer Isaac dans la quatrième dimension… mais en brisant irréversiblement le lien qui le rattache aux trois dimensions. « Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ? » se dit le Seigneur sur la route de Sodome. Il ne l’a pas caché non plus quand Il l’a mené au pays de Moriah : confiance du Père au père… et confiance du père au Père jusque dans cette épreuve au sommet. Confiance également du fils, Isaac, au père, Abraham ; bien qu’ici, le père aie manifestement caché les desseins du Père au fils qui, légitimement, l’interroge : « mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » La réponse peut apparaître biaisée : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils ». Elle n’est pas un mensonge, Dieu étant de fait le premier responsable de cette situation étrange, ayant bien su trouvé l’agneau pour l’holocauste : auraient-ils continué d’aller tous les deux ensemble si Abraham lui avait répondu : « Méga-surprise [81, notes 1] : c’est toi, l'agneau pour l'holocauste, mon fils ! » ? De même, Dieu a bien su maintenir la confiance du fils envers le père jusqu’au bout : arrivés à l'endroit indiqué, Abraham y élève l'autel et dispose le bois, puis il lie son fils Isaac et le met sur l'autel, par-dessus le bois. Amen. Amen ? Soit : à plus de quatre-vingt-six ans, Abraham jouit toujours de toutes ses facultés sensorielles, ne craint pas de se lever de bon matin, de seller son âne, de fendre foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétédu bois puis de cheminer deux jours, enfin de grimper sur une montagne le troisième jour, trouvant encore la force d’y élever un autel et d’y disposer du bois. Malgré cet appareillage qui doit vraisemblablement avoir une certaine hauteur (difficile d’élever un autel en le rabaissant !), il met son fils sur l'autel, par-dessus le bois. Combien, à vingt ans, n’eussent pas été épuisés par le dixième de pareille entreprise ? Ses forces trouvent d’ailleurs ses limites, puisque sur la dernière étape du parcours –sans doute la plus rude, puisque en montée-, le bois pour le sacrifice est transporté à dos d’homme : plus exactement de fils d’homme, Isaac en étant lui-même chargé. Ayant en soi-même des pensées mauvaises, ne serait-il pas facile de se dire : 'Mais bien sûr : c’est parce que le fils s’est trouvé lui-même épuisé -arrivé au sommet de la montagne après avoir transporté tout le bois-, qu’il s’est tranquillement laissé lier sans récriminer' ? Parce qu’il y a tout de même ce détail : d’un côté, un très vieil homme ; de l’autre… de l’autre ? L’autre nécessite un nouveau calcul : en effet, Abraham avait donc quatre-vingt-six ans quand il devint père… d'Ismaël [14, APR note 57], non d’Isaac. Celui-ci naît un an après la visite des mystérieux trois hommes aux chênes de Mambré [9, APR note 70]. Abraham a donc quatre-vingt-sept ans… au mieux : demeure en effet une incertitude sur le temps écoulé entre la naissance d’Ismaël et cet épisode des chênes de Mambré : temps qui peut être nul si les deux événements se suivent immédiatement, hors sujet s’ils se chevauchent… ou conséquent s’ils s’étalent sur plusieurs années. C’est qu’avec Abraham, le Seigneur prend son temps ! Il ne lui fait pas quitter son pays avant qu’il n’ait atteint soixante-quinze ans. Ce n’est qu’à l’issue de dix ans de résidence à Canaan que Sara entreprend de rendre Abraham père, par Agar interposée : à ce point, est-on encore à quelques années près ? À rester fidèles à cette logique, la troisième hypothèse semble plausible : soit plusieurs années entre les deux naissances. Imaginons cependant la position intermédiaire, la plus courte possible : les deux événements (naissance d’Ismaël et visite aux chênes) se chevauchent, mais il reste indubitable que la naissance d’Ismaël intervient avant celle d’Isaac. Ce qui signifie qu’il peut s’être écoulé moins d’un an entre les deux naissances, Abraham aura néanmoins allégrement dépassé ses quatre-vingt-six ans à l’occasion de la deuxième. À présent, retournons dans la montagne en compagnie de ce deuxième -son fils, son fils unique : l’aîné n’étant pas de Sara- et de son père. Ce fils unique pose des questions pleines de bon sens : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Premier point : il parle. Un bébé, c’est super-mignon (à condition toutefois d’être un vrai bébé [82, APR note 21]) : quand cela ne pleure pas trop fort, cela sourit et gazouille ; mais cela ne parle pas. De plus, cela se moque éperdument du feu, du bois ou de l’agneau pour l’holocauste. Or, celui-là sait ce qu'est du feu, du bois, de l'agneau et de l'holocauste : il sait même relier entre eux ces différents éléments, se projetant sainement dans un avenir immédiat puisque s’inquiétant non pour lui-même (!) mais pour la complétude de l’holocauste. À l’issue d’un si brillant constat, il y aurait mauvaise grâce à le prendre pour un bébé. Deuxième point : il porte. Il porte du bois. Il porte du bois en côte. Même en vue de l’objectif final (voire surtout en vue de : pour épargner ses derniers instants), c’est Abraham qui eût mauvaise grâce à charger ainsi un enfant de moins de dix ans. Isaac a plus de dix ans. Abraham a donc plus de quatre-vingt-seize ans ! Isaac, lui, est assez fort pour porter à lui seul une quantité de bois conséquente : le combustible doit en effet le consumer, lui. Cependant, il n’a pas atteint l’âge adulte : s’il l’avait atteint, Abraham eût fendu son bois en fonction de cet âge. S’il l’avait fendu en fonction de cet âge, la quantité eût largement excédé celle qui était nécessaire à un agneau. Dès lors, un fils unique posant des questions pleines de bon sens n’aurait pas manqué de poser celle-ci : « Voilà le feu et le bois, mais pourquoi tant de bois pour un agneau ? » L’âge d’Isaac oscille quelque part autour d’une quinzaine d’années : on ne manquera pas de féliciter son heureux papa, celui-ci étant désormais un centenaire bien accompli. On ne félicitera pas moins son fils, celui-là ayant de qui tenir : car son ouïe est excellente. En effet, lui qui n’a jamais vu son père mentir l’a parfaitement entendu dire à ses serviteurs : « Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. » Nous, c’est nous : père et fils. Le père n’a pas dit aux serviteurs : « Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis je reviendrai vers vous. » Eu égard à des circonstances portant à une issue fatale, en matière de foi se doublant de confiance -tant au sein des trois dimensions qu’aux abords de la quatrième-, le père n’a pas à rougir du fils : que pouvait physiquement un centenaire contre un adolescent dans la force de l’âge si celui-ci, au lieu de se laisser docilement lier, s’était rebiffé et avait fui, comme le lui commandait un minimum de logique humaine de survie ?

         Dieu mit Abraham à l’épreuve : épreuve redoutable et cruelle s’il en est. Il est pourtant possible de l’aggraver encore : à cet effet, il suffit d’en reprendre l’introduction… en se souvenant d’abord que la quatrième dimension est en elle-même étrangère aux notions d’avant ou d’arrière : ceci dans l’espace comme dans le temps. L’anachronisme ne vaut donc que d’un point de vue tridimensionnel :
Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va hors de la ville, et là tu l'offriras en sacrifice à l’entrée de l’
"
hôpital"©[83, note 68][84, notes 25,26] que je t'indiquerai. » Travaux pratiques : imaginer la suite !…

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Commentaires

4L ... ça permet de monter plus haut, non ? " Au Ciel, au ciel, au ciel ... j'irai la voir un jour ! " ... bof ! (à cette heure ci, on fait s' qu'on peut) - C'est Ts' Eu qui m'a réveillée ... Bon dimanche, Michel !

Écrit par : Agnostica | dimanche, 03 juillet 2011

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