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jeudi, 30 juin 2011

Je te donnerai les clefs de l’auto, et la fournaise ne l’emportera pas sur la 4L.

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

[*] – [*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,18-27.  
[Lundi 27 juin 2011]
{*}{*}(Mt 8,18-22)(Lc)(Lc)(Lc) Jésus, voyant la foule autour de lui, donna l'ordre de partir vers l'autre rive du lac. Un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête [*]. »
Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père.
(*) » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. » [!|!|!|!|!|!|!|!|!|?][*]
[Mardi 28 juin 2011] {*}{*}(Mt 8,23-27)(Mc)(Mc)(Mc)(Mc) Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait (*)[>50]. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi (*) ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d'étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » (*|*|*|*|*|*|*|*|*)

      Quatre Évangiles en une seule note, n’y a-t-il pas également de quoi ne pas avoir d'endroit où reposer la tête ? Quatre Évangiles, mais cependant un seul Évangéliste sur cette barque : Matthieu ; ainsi peut-être serons-nous moins perdus, afin de mieux suivre partout où ira la dite note ? Parce qu’il ne va pas falloir avoir peur d’aller un peu partout, les péripéties d’Abraham s’y ajoutant à plaisir : au risque que les vagues de l’ancienne Alliance viennent recouvrir la barque de la nouvelle ! Et nous, que dirons-nous ? Pour nous, quelle mer agitée essuierons-nous ? Ce n'est pas la chair et le sang qui révéleront cela, limitées par essence aux trois dimensions que sont la largeur, la hauteur et la profondeur [1] établissant pour leur part dans un espace… que seul dépasse la quatrième dimension : l’amour, se déliant en longueur [2, APR note 26], ou lié par les trois autres l’emportant sur lui en fonction de l’attitude adoptée entre deux rives. Car, à pied sec et par beau temps [3][4], il n’est pas si difficile de s’approcher et de dire : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Chez un autre, cette difficulté commence cependant à émerger ; suivre, oui, mais à condition qu’il soit permis d’aller d’abord enterrer son ancienne vie : manière d’embarquer tout en se gardant un pied sur la rive. Chez un autre encore, la difficulté se prolonge dans la décision même d’aller enterrer son ancienne vie [5]. Chez d’autres enfin -dont il est vrai que l’initiative ne vient pas d’eux-mêmes-, c’est le Maître lui-même qui s’approche et dit [6] : eux ne disent rien sur le moment [7, note 2][8] (que ce soit pour manifester leur enthousiasme ou pour assurer leurs arrières), mais ils font [9, notes 16,17] : Le suivant de facto partout où Il va. Et comme Lui ne vient pas davantage abolir la chair et le sang qu’Il n’abolit la Loi [10] (ni inviter à reposer la tête sur une rive merveilleusement sablonneuse afin d’y parfaire son hâle estival !), Il en accomplit Lui-même les trois dimensions dans sa personne [11], y ajoutant bien entendu la quatrième… au point que la barque du temps elle-même en est parfois recouverte par les débordements -dans la chair- d’identification du Fils de l’homme, d'après ce qu’en disent les hommes : Jean Baptiste, Élie, Jérémie, l'un des prophètes… ou le(s) visiteur(s) d’Abraham ?

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19. (*)(*)(*)(*)(*)(*)
{Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité}
[?]/(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Mc)
[Mercredi 29 juin 2011]
{
*}{*}{*}  Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (*)(*)(*)(*)

Livre de la Genèse 18,16-33. (*)/(*)  [Lundi 27 juin 2011]  
(
<-) Les hommes se levèrent pour se rendre à Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire. Le Seigneur s'était dit : « Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ? Non, car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui. En effet, je l'ai choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit [*][>37 : X>X][>], afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham. » Alors le Seigneur lui dit : « Comme elle est grande, la clameur qui monte de Sodome et de Gomorrhe ! Et leur faute, comme elle est lourde ! Je veux descendre pour voir [X][X] si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu'à moi. Si c'est faux, je le reconnaîtrai. »
Les deux hommes se dirigèrent vers Sodome, tandis qu'Abraham demeurait devant le Seigneur. Il s'avança et dit : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Est-ce que tu ne pardonneras pas à cause des cinquante justes qui sont dans la ville ? Quelle horreur, si tu faisais une chose pareille ! Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ? »
Le Seigneur répondit : « Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à toute la ville. »
Abraham reprit : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre ? Peut-être, sur les cinquante justes, en manquera-t-il cinq : pour ces cinq-là, vas-tu détruire toute la ville ? » Il répondit : « Non, je ne la détruirai pas, si j'en trouve quarante-cinq. » Abraham insista : « Peut-être en trouvera-t-on seulement quarante ? » Le Seigneur répondit : « Pour quarante, je ne le ferai pas. » Abraham dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, si j'ose parler encore : peut-être y en aura-t-il seulement trente ? » Il répondit : « Si j'en trouve trente, je ne le ferai pas. » Abraham dit alors : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur ? Peut-être en trouvera-t-on seulement vingt ? » Il répondit : « Pour vingt, je ne détruirai pas. »
Il dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère : je ne parlerai plus qu'une fois. Peut-être en trouvera-t-on seulement dix ? » Et le Seigneur répondit : « Pour dix, je ne détruirai pas la ville de Sodome. » Quand le Seigneur eut fini de s'entretenir avec Abraham, il partit, et Abraham retourna chez lui.

            On peut se mettre à rire silencieusement [9, AV note 71] de cette négociation osée entre Abraham et le Seigneur, fleurant bon son "marchand de tapis" jusqu’à donner l’impression de placer le Seigneur Lui-même au pied du mur en L’interpellant vivement –quoique avec un grand calme- sur Sa propre justice ! Il n’empêche : quand le Seigneur eut fini de s'entretenir avec Abraham, ce dernier peut ne pas être mécontent du résultat obtenu. En attendant, qui trouverait un seul juste de la carrure d’Abraham ? Non point tant par son art d’éviter l’horreur du juste traité de la même manière que le pécheur (on n’ose imaginer sa colère en certains endroits [12, APR note 66][13, notes 38,39]…) que par celui de savoir reconnaître le vrai du faux : ceci parce qu’il sait d’abord reconnaître le Seigneur au-delà de Son apparence du moment : souvent ange de Lui-même(!) [14, APR note 57], parfois homme. Heureux est Simon, fils de Yonas, mais celui-là est plus long à la détente ! En effet, quand le Seigneur est avec lui dans une barque recouverte par les fantome.jpgvagues, lui ne voit que l’homme de chair et de sang… et le repos légitime qu’impliquent ces trois dimensions. Sous l’assaut de la peur (davantage que celui des vagues), il en a comme évacué la quatrième dimension : celle de l’amour ; autrement dit, celle de l’ange. La peur ne faisant pas excellent ménage avec cette dimension- lorsqu’elle n’est pas évacuée de la sorte, on sait par ailleurs ce qu’il en advient dans un contexte comparable : l’ange passe alors pour un fantôme [15] ! Plus tard –comme on le verra plus bas-, le même Pierre est confronté à d’autres tempêtes, alors que le Seigneur -en tant qu’homme de chair et de sang- a déjà disparu de son existence : pour l’heure, celui qui "lie sur la terre ce qui est lié dans les cieux" se trouve lié sous bonne garde par la terre, puisqu’il est emprisonné par le roi Hérode qui vient de supprimer Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. On imagine sans peine un climat pour le moins oppressant, presque jusqu’à faire regretter la mer violemment agitée d’un lac : de quoi en perdre le sommeil. Eh bien non : cette fois, c’est Pierre qui dort comme un bienheureux au fond de sa galère ! Ici, les rôles sont en effet inversés ; ce n’est plus lui qui s'approche et réveille en disant  « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus », mais le contraire : l’ange du Seigneur qui vient secouer l’Apôtre et le réveiller, lui disant : « Lève-toi vite »  afin qu’il soit sauvé et ne soit pas perdu. « Lève-toi » : justement ce que dit le Fils de l’homme à un paralysé qu’on Lui a apporté, couché sur une civière (à dormir entre deux soldats, attaché avec deux chaînes et des sentinelles montant la garde devant la porte de sa cellule (!), est-on beaucoup moins paralysé ?). « Debout ! » : ce qu’avaient dit deux anges à Loth, le poussant à fuir la ville de Sodome (à cause des crimes de cette ville, non afin d’échapper aux conséquences des siens [16] : une telle mesure étant néanmoins bien vue… lorsqu’elle est mal vue). « Mets ta ceinture et tes sandales », « Mets ton manteau et suis-moi » : où l’on retrouve un « Suis-moi »[6] pouvant évoquer quelque souvenir au prisonnier libéré ; ceinture, sandales et manteau n’étant pas non plus sans rappeler les premiers envois en mission [17]. Pierre obéit à tout cela… mais il attendra néanmoins que l’ange aie disparu avant de le reconnaître !
         Voilà précisément ce qui le distingue d’Abraham. Chez le patriarche, en effet, c’est maintenant qu’il se rend compte que c’est vrai : non le "maintenant" rétrospectif de Pierre, mais un "maintenant" immédiat, au moment même de l’apparition dont il bénéficie. Abraham a le privilège d’être un familier du Seigneur, à la mesure de ce qu’il est d’abord un familier de la quatrième dimension. Lorsque celle-ci surgit tout à coup dans l’ordinaire de ses trois dimensions habituelles -de chair et de sang-, l’étonnant est que lui n’en est pas saisi d’étonnement. En revanche, il en est saisi de crainte : non la crainte liée au châtiment [15, APR note 20] (sinon celui d’autrui : comme ici, au sujet des éventuels justes de Sodome), mais celle qui saisira la foule rendant gloire à Dieu après qu’à Capharnaüm, un paralysé se soit levé, aie pris sa civière, puis soit rentré chez lui…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,1-8. [*]/(Mc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc)
[Jeudi 30 juin 2011] {*}{*}  Jésus monta en barque, traversa le lac et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voilà qu'on lui apportait un paralysé [*|*], couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Or, quelques scribes se disaient : « Cet homme blasphème (*). » Mais Jésus, connaissant leurs pensées [Jr], leur dit : « Pourquoi avez-vous en vous-mêmes des pensées mauvaises ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés... » alors, il dit au paralysé : « Lève-toi, prends ta civière, et rentre chez toi (*)(*)(*)(*)(*)(*). » L'homme se leva et rentra chez lui [!]. En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir [*|*] aux hommes. (*)(*)(*)(*)

Livre des Actes des Apôtres 12,1-11. (*)/(*) [Mercredi 29 juin 2011]
paul-pierre-lippi.jpgÀ
cette époque, le roi Hérode Agrippa se mit à maltraiter certains membres de l'Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure était bien vue des Juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque. Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l'intention de le faire comparaître en présence du peuple après la fête. Tandis que Pierre était ainsi détenu, l'Église priait pour lui devant Dieu avec insistance.
Hérode allait le faire comparaître ; la nuit précédente, Pierre dormait entre deux soldats, il était attaché avec deux chaînes et, devant sa porte, des sentinelles montaient la garde. Tout à coup surgit l'ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. L'ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes tombèrent de ses mains. Alors l'ange lui dit : « Mets ta ceinture et tes sandales. » Pierre obéit, et l'ange ajouta : « Mets ton manteau et suis-moi. » Il sortit derrière lui, mais, ce qui lui arrivait grâce à l'ange, il ne se rendait pas compte que c'était vrai, il s'imaginait que c'était une vision
[65?]. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent à la porte en fer donnant sur la ville. Elle s'ouvrit toute seule devant eux. Une fois dehors, ils marchèrent dans une rue, puis, brusquement, l'ange le quitta.
Alors Pierre revint à lui, et il dit : « Maintenant je me rends compte que c'est vrai : le Seigneur a envoyé son ange, et il m'a arraché aux mains d'Hérode et au sort que me souhaitait le peuple juif. »

            « Lève-toi, et rentre chez toi ». Abraham aussi s’est levé : non pour rentrer chez lui, mais au contraire, partir de son pays, laisser sa famille et la maison de son père, aller dans le pays que le Seigneur lui montre. Âgé alors de la bagatelle de soixante-quinze ans [18, APR note 29], n’eût-il pas été en droit de revendiquer une relative "paralysie" plutôt que de se lancer dans pareille entreprise ? C’est que si la chair et le sang sont , les rapides et confortables moyens de foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociététransport modernes, eux, n’y sont pas… le fussent-ils par de moindres qualités en la matière : handicap compensé par une certaine popularité (car, en toute essuye_mini.giftransparence, c’est moins la foi que la technique qui permet de traiter des illustrations laissant voir en apparence des véhicules à quatre roues qui n’existaient pas du côté de Sodome !…) Et si Abraham est un familier de la quatrième dimension, ce n’est pas là rendre gloire à quelque illustre série de science-fiction ayant donné aux hommes le pouvoir de la téléportation [19]. 'Lève-toi et marche' : tel est le lot commun de lépoque, y compris pour les plus valides. Cependant, « Lève-toi » ne consiste pas seulement à passer de la position assise, agenouillée ou couchée afin de se dresser, debout sur ses deux jambes ; cela consiste également, à l’instar d’Abraham, à porter le regard au-delà de la perception immédiate de la chair et du sang, soit à le lever au-dessus du visible [20] : à juger non selon les apparences mais selon les canons de la quatrième dimension qui, seule, exerce à les dépasser sans les occulter. Aux chênes de Mambré, lorsque le Seigneur apparaît à Abraham, celui-ci ne serait pas très crédible à invoquer une relative "paralysie". La scène se déroule chronologiquement après que Agar l’ait rendu père d'Ismaël [14, APR note 57] : ce n’est donc plus de soixante-quinze ans qu’il est âgé. De nos jours, il eût facilement passé pour étant l’arrière grand-père d’Ismaël ! Il avait en effet quatre-vingt-six ans. Parvenus à un tel âge, la chair et le sang ont le droit d’accuser quelque baisse de tonus. Ajoutons-y l'heure la plus chaude du jour (ce qui, sous ces contrées, est redoutable), et nous voyons que le mieux est encore de rentrer sous la tente et de s’y allonger pour la sieste, de s’épargner tout effort excessivement éprouvant sous une chaleur semblable à celle d'une fournaise. Abraham, lui, voit autrement : il n’est pas couché, mais assis ; il n’est pas sous la tente, mais à son entrée. Sur ces entrefaites, le Seigneur lui apparaît. "Combien" est-Il ? Abraham vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Le "maintenant" immédiat opère ici des merveilles : sans hésiter, c’est aussitôt qu’il court à leur rencontre, etc. Ceci en dépit de son grand âge et, bien sûr, de la chaleur vraisemblablement écrasante du jour : chaleur qui, de fait, pourrait générer un mirage "expliquant" la présence de trois hommes, là où il n’y en aurait qu’un seul. Mais un mirage, cela ne tient pas debout : encore moins près de soi, puisque c’est par définition de loin qu’il se voit. Trois hommes se tiennent debout près de lui… pas assez loin pour un mirage, mais pas assez près pour considérer qu’ils fussent également à l’entrée de la tente : sinon, pourquoi aller courir à leur rencontre ? Il lui eût suffi de se prosterner sur place, la rencontre coïncidant avec l’apparition. (Il n’a d’ailleurs pas fini de courir, se hâtant ensuite d'aller trouver Sara dans sa tente, puis courant au troupeau : quelle santé !) Trois hommes se tiennent debout près de lui… pas assez loin pour qu’ils échappent à deux de ses sens : l’ouïe et la vue.
- L’ouïe ? À quatre-vingt-six ans, elle aurait le droit de souffrir de quelque déficience : chez foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéAbraham, elle ne prend pas ce droit. Ce n’est donc pas parce qu’il est devenu sourd qu’il n’a pas entendu le Seigneur venir : c’est parce qu’il ne L’a pas entendu venir qu’il L’a reconnu. À cette époque, toujours pas de rapides et confortables moyens de transport modernes… mais néanmoins bruyants : pas d’avion au-dessus de la tête, pas d’autoroute ni de voie ferrée à proximité ; pas davantage de moyens médiatiques émettant ou recevant du son ; sous une chaleur accablante, le troupeau lui-même ne devait guère surenchérir en meuglements et autres bêlements. Pas assez de bruit pour parasiter le silence ambiant : en de telles conditions, le plus discret des voyageurs passant à proximité devrait se faire remarquer de loin ; a fortiori, trois voyageurs : ajoutant au bruit de leurs pas celui d’une possible conversation ensemble. Or, le Seigneur, Lui, ne vient ni de près ni de loin : Il vient de la quatrième dimension. Indépendant de tout délai de transport, Il surgit tout à coup (à l’exception de Son incarnation par Marie [21]) au cœur des trois dimensions de la chair et du sang. Dès lors, Sa présence peut se faire sentir.
- La vue ? À quatre-vingt-six ans, on aurait le droit d’être myope comme une taupe, hypermétrope, aveugle ou affligé de quantité de désagréments ophtalmologiques liés au grand âge. Abraham, lui, n’a pas la vue qui baisse. La phrase qui en atteste est d’une apparence très banale : Abraham leva les yeux. « Lève-toi », c’est aussi « Lève les yeux » ; soit : « Élève ton regard au-dessus ce que tu vois ». Abraham leva les yeux : s’il ne s’était agi que d’établir -sans plus d’exigence- le constat visuel d’un visiteur, aussi divin fût-il, il eût suffi de lever la tête. N’est-il pas vrai que, chez tout homme normalement constitué, lever la tête correspond à lever les opticien.jpgyeux, baisser la tête correspond à baisser les yeux ? Par l’apparence que délivre le langage de la chair et du sang, la tête haute n’exprime-t-elle pas la gloire, la tête basse la honte ? Ce qui est hors sujet dans le cas présent, avant l’apparition du Seigneur : il n’y a en soi ni honte ni gloire à être assis à l’entrée de sa tente ! En revanche, ce ne l’est plus à l’issue du constat de la présence du Seigneur… et mérite précisément d’être plus nuancé en prolongeant le regard : en effet, Abraham est bel et bien tête basse en se prosternant jusqu’à terre. Ce faisant, de quoi aurait-il honte ? Pratiquant la justice et le droit, il n’a rien à se reprocher. Mais pratiquant la justice, il se met à sa juste place face à celle due au Seigneur ; ce qu’il exprime lui-même sans forfaiture par la suite, au cours de cette fameuse négociation sur la route de Sodome : « moi qui suis poussière et cendre ». Ce qu’ironiquement vont êtreau sens cataclysmique des termes- les villes de Sodome et Gomorrhe, le "quota" des dix justes n’ayant pas même été atteint après que Loth et les siens en aient réchappé.
Beaucoup plus tard,
ce sera Jésus Lui-même qui lèvera les yeuxtête baissée. Exercice difficile en apparence ! Mais… « Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés... » alors, il dit… ailleurs, à des paralysés du cœur : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. [22, APR note 143] » Et il se baissa de nouveau : ce faisant, de quoi aurait-il eu honte ? Au contraire, ses antagonistes du moment s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés : c’est-à-dire, les plus honteux ! Naturellement, Abraham est là… qui nous invite -entre autres- à ne pas se hâter d’associer systématiquement le poids des ans avec des jougs moins glorieux.

Livre de la Genèse 19,15-29(*)  [Mardi 28 juin 2011]  (Lc)(Lc)(Lc)
Au cours de la nuit, les gens de Sodome avaient attaqué les deux voyageurs qui étaient venus chez Loth.
À l'aurore, les deux anges poussèrent Loth à fuir la ville, en lui disant : « Debout ! Prends ta femme et tes deux filles qui sont chez toi, si tu ne veux pas périr toi aussi à cause des crimes de cette ville. » Comme il hésitait, ces hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait l'épargner. Ils l'entraînèrent hors de la ville
(*). Une fois sortis, ils lui dirent : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t'arrête nulle part dans la plaine, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! » Loth leur dit : « Non, je vous en prie, mes seigneurs ! Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m'avez montré une grande miséricorde en me laissant la vie. Mais je n'ai pas le temps de me sauver dans la montagne : le fléau va me rattraper et je mourrai. Voici une ville assez proche pour que je puisse y courir -elle est si petite !- Permettez que je m'y réfugie -elle est si petite !- et j'aurai la vie sauve ! » Ils lui répondirent : « Pour te faire plaisir cette fois encore, je ne détruirai pas la ville dont tu parles. Vite, sauve-toi là-bas, car je ne puis rien faire avant que tu y sois arrivé. » C'est pour cela qu'on a donné à cette ville le nom de Soar (ce qui veut dire : Petite). Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.[*|*>?] Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation. Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel. Ce matin-là, Abraham se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence du Seigneur, et il porta son regard en direction de Sodome, de Gomorrhe et de toute la plaine : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise ! Lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.

            Quand est-il le plus facile de compter les étoiles ? À l'heure la plus chaude du jour, ou au cours de la nuit ? C’est un peu une question-piège : n’a-t-elle pas été formulée en son temps à Abraham lui-même ? « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... »[23, APR note 38] Le piège est d’ailleurs désamorcé en soi, le conditionnement à « si tu le peux... » suggérant assez qu’il ne le peut pas, mais le mettant justement en face de sa propre nature de poussière et cendre au regard de l’univers au sein duquel il se meut. L’Orient, les étoiles, la vie foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociéténomade sous la tente, les traversées de désert [24] : l’homme n’a pas attendu les découvertes de l’astrophysique moderne pour regarder le ciel à s’en tordre le cou. Même à renoncer de compter les étoiles, ce n’est guère en comptant ses orteils qu’on peut au moins les regarder : il convient de lever les yeux. À leur manière, si les étoiles manifestent quelque chose de la gloire du Seigneur, elles en manifestent depuis la nuit des temps Sa main ; ici également, cette main échappe cependant au sens cataclysmique du terme [25, APR note 20][26, note 54], étant celle du GPS avant le GPS. Durant des siècles, si le voyageur ne voulait pas périr en tournant en rond dans le désert, force lui était de scruter le ciel : lever les yeux relevait moins pour lui d’un hobby d’astronome amateur que d’une nécessité vitale. Or, quelle que soit la direction vers laquelle on porte le regard, si ce ciel-là n’est "que" le ciel en trois dimensions, chacune de ces dimensions porte en elle assez d’infini [27] pour ne pas en indiquer une quatrième. « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » : « Regarde le ciel, et décentre-toi de la terre, si tu le veux... ». « Lève les yeux » : moins afin de scruter quelque signe prométhéen de civilisation extra-terrestre que pour ne pas rester englué [28] dans une civilisation intra-terrestre [29] qui, tôt ou tard, finit au bout de sa course par épouser les contours de la barbarie. « Lève les yeux » : afin d’étayer la forme de conviction sur la vérification de ce que décrit [30, AV note 30] en permanence le cosmos. Car si la terre est elle-même poussière en regard de l’immensité du ciel, si elle n’est pas nécessairement le centre du monde connu -comme le nombril est au centre de l’abdomen-, le ciel n’est pas sans lui répondre, absorbant ses actes pour le meilleur et pour le pire. Lever les yeux, chez Abraham, c’est –à sa modeste échelle- désirer prendre autant que possible la mesureen largeur, hauteur et profondeur des conséquences [31, notes 29 à 35] de ces actes afin de s’y ajuster, ne rien faire qui contrarie ou empêche l’action de Dieu [32, AV note 65]. Moïse ne disait-il pas déjà au peuple d'Israël : « Je te propose aujourd'hui de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur ? »[33, APR note 29] De fait, -et pour rappel [9, AV note 77]- : c’est toujours chacun des membres d’un peuple qui répond de ses propres actes : ceux-là n’étant pas sans influencebonne ou mauvaise- sur l’ensemble ; non seulement l’ensemble du peuple, mais –plus vertigineusement- l’ensemble du cosmos. Un acte d’amour, c’est une étoile qui brille dans le ciel ; mais tout ce qui est fait pour nuire à l’amour, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel : astre mort se condamnant à vagabonder pour les siècles des siècles… voire à devenir "la main de Dieu", recours ultime pour faire entendre Sa voix ; cette fois oui : dans le sens cataclysmique du terme.
         L’âme "sensible"se formalise de ce que le Seigneur fisse tomber du ciel une pluie de soufre et de feu sur Sodome et Gomorrhe ? Mais l’âme "sensible" est-elle un juge impartial dans sa justice ? S’est-elle bien battue, de son côté [18] ? A-t-elle échappé à la gueule du lion… ou a-t-elle incarné la gueule du lion ? A-t-elle échappé à tout ce qu’on fait pour lui nuire… ou s’est-elle échappée à l’abri [16] de ceux qui font pour nuire jusqu’à prétexter de "la faire échapper à tout ce qu’on fait pour lui nuire"(!) ? Enfin, l’âme "sensible" désire-t-elle avec amour la manifestation du Seigneur dans Sa gloire… ou bien la craint-elle pour sa honte ? S’est-elle déjà offerte en sacrifice [34, AV note 31]… ou a-t-elle offert aux chiens ce qui est sacré [35] ?

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18. (*)/(*)(*)(*)(*)
[Mercredi 29 juin 2011]
Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle
[>17/3][29][2/3][35][24][29][27][36/2][52][*]. Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur : dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire [*]. Le Seigneur, lui, m'a assisté (*). Il m'a rempli de force pour que je puisse annoncer jusqu'au bout l'Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes. J'ai échappé à la gueule du lion ; le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu'on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer au ciel, dans son Royaume. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

            Sodome et Gomorrhe, elles, n’ont donc pas échappé à la gueule d’un lion de soufre et de feu. Non pas, évidemment, dans la configuration paulinienne, puisque ce qu’elles ont subi est au contraire le fruit [23] manifeste de leur infidélité. Parallèlement, lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait. Les unes laissent apparaître la justice de Dieu, l’autre Sa miséricorde. Or, cette miséricorde s’arrête-t-elle à Loth seulement ? Pour le savoir« levons les yeux », étendons de nouveau le regard en direction du cosmos. Avec ou sans Dieu, mais néanmoins pourvu d’un minimum d’outillage optique ad hoc, n’importe quel observateur amateur ou professionnel averti- sait parfaitement que la quiétude d’un ciel azuréen à l’heure la plus chaude du jour n’est qu’une apparence à l’œil nu… voire un formidable leurre. S’il pousse jusqu’au bout l’examen de tout ce qui se fait –et se défait- au-dessus de nos têtes, il en arrive aux questions suivantes : comment l’homme tient-il encore debout ? Comment fait la terre -poussière planétaire perdue quelque part dans l’univers interstellaire- pour échapper encore et encore à tout ce qui peut lui nuire ? Imaginons un instant l’inconscient venant à entreprendre 3155519097.jpgde planter sa tentesur la voie gauche de l’autoroute. Supposons simultanément que personne ne l’en empêche… et qu’aucune force civile, judiciaire, "sanitaire"© ou sociale ne vienne l’en déloger dare-dare, en dépit de ce qu’il représente alors un exemple –insurpassable et croustillant- de "danger pour soi et pour les autres"©[36]. Pour faire plaisir cette fois encore aux spectateurs du fond de la salle [37], offrons-leur en prime un Bison futé sur les dents : car notre campeur improvisé a choisi le jour de chassé-croisé le plus chaud de l’année pour accomplir sa performance. Eh bien ! pour que vous sachiez que grande est la miséricorde du Seigneur sur la terre, personne ne s’est mis en colère, le campeur passe d’excellentes vacances sur la voie gauche de l’autoroute (tous les goûts sont dans la nature [38]), aucun véhicule ne l’ayant seulement affleuré (aucun véhicule non plus ne provoquera d’accident en essayant de l’éviter). Sans une égratignure, il rentre chez lui en sifflotant (donc, sans huissier de "justice"©©©[39, APR note 97] devant chez lui non plus) après un merveilleux séjour de deux semaines [40]. "À lui la pleine forme pour repartir du bon pied dans la vie courante. Amen."
         Naturellement, dans un réel qui est là, pour tous [30, AV note 41], chacun va user à raison de son bon droit pour dénoncer la crédibilité"proche de l’Ohio"[41] de pareil "Évangile" ! À moins d’être soi-même huissier de "justice"©©©… ou -moins prosaïquement- un observateur avisé du ciel, auprès duquel cet étrange scénario n’est pas sans rencontrer une certaine résonance avec ce que lui indique son télescope. En effet, "lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine", surgit de nouveau cette ambiguïté déjà soulevée [42, APR note 17] d’une formulation prêtant à Dieu Lui-même un acte délibérément fait pour nuire. Avec le reproche habituel assorti (ouvertement exprimé ou non) : « si Dieu était si bon et miséricordieux… », etc. Remarquons ici qu’en rapportant ce type de vue à des mesures humaines plus directement accessibles aux sens, cela procède du patient refusant l’acte de chirurgie au motif que le bistouri est un outil destructeur. Simultanément –et fort opportunément-, disparaît de la conscience de celui-là un "argument" dont il ne manque pourtant pas d’être friand en d’autres occasions, le brandissant alors avec autant d’assurance que s’il s’agissait d’un précieux [43,3?] bouclier : il n’est pas médecin [44] ! Argument qui se justifierait pourtant : il ne sait pas –ou préfère ne pas savoir- que l’acte envisagé se destine d’abord à enrayer l’inéluctable progression d’un mal afin que celui-ci ne s’étende pas à ce qui est encore sain : il voit à peine ce mal, voit mieux le mal de ce qui l’arrête… et s’y arrête lui-même en occultant le résultat à plus long terme jusqu’à refuser de voir l’évidence du mal étendu s’il reste livré à lui-même. « Si Dieu était si bon et miséricordieux… » revient en l’espèce à : « si le chirurgien était si compétent… ». Par un tel raisonnement, à rebours d’Abraham on se fait hamster [45] : tournant indéfiniment à l’intérieur des trois dimensions en se fermant à la quatrième, voyant sans regarder.

         Ainsi, revenons à Dieu "ayant détruit les villes de cette plaine: au-delà de l’apparente implacable justice divine, l’observateur avisé du ciel, lui, se fait plus mesuré en distinguant contre toute attente… la miséricorde. Il jette un œil sur le texte de la Genèse, l’autre rivé à son télescope. Ici comme ailleurs, à de rares exceptions près qui Lui appartiennent, le Seigneur n’enfreint nullement les lois de Sa propre création mais les accomplit plus que jamais afin qu’elles servent Ses desseins. Or, avec les progrès de sciences authentiques, on sait de mieux en mieux identifier "une pluie de soufre et de feu" telle que succinctement transcrite dans la Genèse. En associant les deux disciplines que sont l’astrophysique et la vulcanologie, on sait parfaitement étayer la forme de conviction sur la vérification de ce que décrit plus haut… Matthieu lui-même en 16,13-19 ! Tel n’était sans doute pas l’objectif premier (!) des scientifiques concernés : il n’en demeure pas moins que même à en rester à l’intérieur des trois dimensions relevant, elles, de leurs compétences, l’ouverture au prolongement quadridimensionnel de certains écrits peut difficilement leur échapper. Notamment lorsque Jésus s’adresse à Pierre en ces termes : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Le futur d’il y a deux mille ans a eu mille fois le temps de se sauver dans la montagne : le présent l’a rattrapé depuis longtemps (sans que ce soit nécessairement un fléau !). Or, ce présent-là n’est nullement confiné au sein de quelque sacristie poussiéreuse puisque tout honnête chercheur en astrophysique -travaillant de concert avec le non moins honnête vulcanologue- ne saurait démentir que tout ce qui est lié/délié sur la terre l’est également dans les cieux, et vice-versa : on ne les a d’ailleurs pas attendus pour connaître -entre autres- l’influence de la lune sur les marées. "Une pluie de soufre et de feu: voilà qui attire davantage l’attention, les conséquences en étant plus dramatiques. Les interactions ciel/terre, elles, fournissent les causes. Que s’est-il passé il y a fort longtemps dans la plaine de Sodome et de Gomorrhe ? L’Écriture remplit sa fonction d’Écriture, se "limitant" (monstrueux contre-sens, en un tel contexte !) à décrire des faits sous le regard de l’Esprit : en l’occurrence, une pluie de soufre et de feu tombant du ciel. Il en résulte une fumée semblable à celle d'une fournaise, montant de la terre. D’un point de vue scientifique, ces éléments sont assez parlants en soi, permettant de brosser un tableau rationnel de l’événement. A priori, sauf erreur, en dépit du soufre et du feu, on peut d’ores et déjà en exclure le phénomène volcanique : sinon le soufre et le feu auraient surgi des entrailles de la terre. Ce n’est pas incompatible avec une pluie de ces éléments destructeurs, phénomènes souterrains ayant souvent été observés en action combinée avec des phénomènes astraux, les uns répondant aux autres. Cependant, le texte ne parle ici que du ciel : de plus, la topographie des lieux indiquant une plaine, cela rend moins plausible l’hypothèse de l’émergence d’un volcan. D’autant qu’il est question de se sauver dans la montagne : lieu plus propice ! Et d’autant qu’il est question de Soar, petite ville toujours dans la plaine… dont les effets d’un proche volcan n’eussent fait qu’une bouchée : le Seigneur aime "faire plaisir cette fois encore" à Loth, mais Il n’aime pas beaucoup enfreindre les lois de Sa propre création : s’Il donne le mauvais exemple (!), qui restera-t-il pour Le suivre ? En revanche, le Seigneur peut susciter ici l’admiration des scientifiques… et de militaires pâlissant d’envie face à l’extrême précision d’un "tir" épargnant justement la minuscule Soar, qui eût subi de leur part ce qu’ils aiment appeler de l’illustre euphémisme de "dégâts collatéraux".

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         Souvenons-nous de notre hurluberlu campeur de l’autoroute. Tous les astronomeslarge_497000.jpg savent qu’il existe. Tous les astronomes savent qu’ils n’ont pas besoin de leur matériel –aussi sophistiqué soit-il- pour le voir et le regarder à volonté. Tous les astronomes savent qu’ils sont comme de microscopiques poux dans la tête de notre hurluberlu campeur de l’autoroute. Bien qu’ils aient identifié la planète Terre à notre hurluberlu campeur de l’autoroute, -et parce que tous les astronomes ne sont pas astronautes dans l’âme-, ils se sentent plutôt bien à lui marcher dessus. Peut-être se sentiraient-ils mieux si, au bout de leur lunette, ils apercevaient moult feux qui règlent la circulation comme ici-bas : parce que tous les astronomes savent que d’une certaine manière, la place de l’Étoile à Paris aux heures de pointe n’a pas volé son nomEn bref, et sans entrer dans de fastidieux et magistraux cours d’astrophysique n’intéressant que les spécialistes chevronnés, ils savent reconnaître quantité d’objets volants –identifiés ou non- traversant les cieux de part en part, voire calculer leur trajectoire : notamment quand celle-ci projette de venir flirter de trop près à leur goût avec le campeur de l’autoroute. Car ils se souviennent que celui-ci -plus âgé encore qu’Abraham !- n’a pas vécu que de la miséricorde à 100% au cours de sa longue existence. Prenons par exemple de très gros poux : modèle dinosaure. Certes, personne n’était là pour constater de visu l’extinction de l’espèce : nonobstant il se murmure dans les milieux bien inffoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéormés qu’en fonction des connaissances actuelles (incluant, en sus des disciplines susnommées plus haut, celles qui se rapportent à la paléotobiologie et à la géologie), "une pluie de soufre et de feu" serait à même d’élucider les causes de la dite extinction. Cependant, cette pluie-là serait toute autre que celle qui "arrosa" jadis les villes de Sodome et Gomorrhe : d’une part, parce que ayant imposé la formule combinée ciel/terre ; d’autre part parce que ce qui tombe du ciel est d’abord un élément solide prenant feu en entrant dans l’atmosphère terrestre, puis générant soufre et feu au moment de l’impact avec la terre elle-même. La différence ne tient qu’au gabarit dudit élément : pour deux villes sises en plaine, quelques centimètres de diamètre suffisent. Si le sous-sol n’en manifeste heureusement pas de contre-coup néfaste, il convient cependant de ne pas se retourner lorsqu’on se trouve en surface : ce serait là prendre le risque de s’exposer aux intenses rayons gamma [46] généreusement émis par le souffle du choc ; effet garanti "colonne de sel"
         Pour opérer un grand ménage de dinosaures qui, eux, sont disséminés sur toute la terre, 1302514764.jpgl’envergure de l’astéroïde ne va plus se mesurer en centimètres, mais plutôt en kilomètres. Afin d’économiser la planète (quoique à cet égard, il soit alors un peu tard pour cultiver un tel souci …), pas besoin de sortir la 4L du garage : une bicyclette devrait permettre de le parcourir dans des délais raisonnables. (Il existe plus gros ; mais l’objectif est un gigantesque barbecue de dinosaures : pas de pulvériser la planète…) Les conséquences de l’impact, elles, se font nettement moins raisonnables que dans une plaine orientale bien connue : ici, les effets du céleste uppercut se propagent sur l’ensemble de la planète-cible, et lui fait vomir sa bilesous forme de soufre et de feu. Entre ces deux extrêmes, il existe également des calibres intermédiaires. Ainsi, Sodome et Gomorrhe auront tâté du cochonnet. Avec une boule, on voit déjà plus grand en matière de destruction : encore loin du compte pour les dinosaures, mais suffisant s’il s’agit de ranger définitivement la civilisation inca dans les livres d’Histoire… ou pour faire si bien oublier l’Atlantide qu’on ne sait plus si elle relève du mythe ou de la réalité.

      Certains, plus hardis, vont même jusqu’à établir des périodes cycliques au cours desquelles il arrive que, décidément, notre hurluberlu campeur de l’autoroute rentre de vacances avec davantage d’égratignures que prévues. C’est-à-dire que le malheureux aura donc subi l’un de ces flirts poussés qu’il goûte modérément. À qui la faute ? À la fatalité ? Au Seigneur, qui joue à la pétanque au détriment de l’homme ? Mais le Seigneur n’a pas le temps de jouer, occupé à dévier d’une main sûre toute trajectoire menaçante. "Détruire", dans Son langage à Lui, n’est pas sans rencontrer d’écho avec la destruction du chirurgien : ce que la gent militaire elle-même n’a sans doute pas manqué de relever, récupérant parfois un tel langage à son profit en justifiant quelqu’une de ses interventions musclées -sur un théâtre d’opérations extérieures- par ce qu’elle dénomme une… "frappe chirurgicale". D’où les fameux "dégâts collatéraux" qui s’en suivent, l’art bruyant de la guerre ayant peine à s’accommoder du silence et de la concentration requis à exercer celui du bistouri. Le Seigneur, Lui, ne fait jamais que détruire un abcès… et le déni qui accompagnait cet abcès en amont : ne surtout pas confondre avec un autre illustre "déni"©[47, notes 3,4][48, notes 17,18], celui-là n’accompagnant aucun abcès puisque sa "dénonciation"va au contraire consister à en fournir matière à le fabriquer de toutes pièces en aval : sacrifice inversé [49, APR note 51], agissant comme un hommage indirect -et grimaçant- du vice à la vertu !

     Or, la terre répond au ciel, et le ciel répond à la terre : ce que n’ignorent pas les scientifiques –chacun dans sa discipline respective- en connaissant déjà assez pour s’étonner que l’hurluberlu campeur de l’autoroute ne soit pas davantage écrabouillé qu’il ne devrait l’être au regard de son lieu de campement. Laissons-leur le soin d’approfondir à l’envi l’analyse de la structure moléculaire d’un astéroïde dans les trois dimensions, le commun des mortels la simplifiant outrageusement en résumant le caillou à une sorte de conglomérat de pierre et de fer. Plus basiques, de tels matériaux permettent en effet de "seller son âne" afin d’aller chatouiller la quatrième dimension. Parce que, si la terre répond au ciel -et le ciel à la terre-, pourquoi le ciel ne répondrait-il pas au ciel, et la terre à la terre ? Entendons : le ciel des trois dimensions au ciel de la quatrième, idem pour la terre. Un acte d’amour, c’est une étoile qui brille dans le ciel ; mais tout ce qui est fait pour nuire à l’amour, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel : astre mort se condamnant à vagabonder pour les siècles des siècles… voire à devenir "la main de Dieu" ? Postulons à présent que, loin de formuler ici une sorte de figuration allégorique, la concrétisation de l’astre mort se traduise physiquement aux confins de l’univers par une agrégation de la pierre et du fer d’actes laissés pour compte à travers les siècles, ayant échappé au bistouri du chirurgien : crimes, trahisons, mensonges, statu quo divers ayant instauré et développé des situations d’injustices individuelles et collectives, pardons non demandés, etc. : en somme, tout ce qui ravit les spectateurs du fond de la salle [37], rendant leur film si attrayant. De fait, tout va bien dans le confort d’une salle de cinéma, elle-même ancrée dans les trois dimensions (fusse précisément en 3D !) : l’action s’initie aux confins de l’univers ? À la bonne heure : ils peuvent dormir sur leur deux oreilles ! Quelle que soit l’identité de l’objet volant en gestation (étoile, planète, comète ou simple météore), la vélocité de son déplacement dans l’espace et la menace qu’il peut train-cache.JPGéventuellement représenter de par une trajectoire inclinant au flirt, ce voyage peut s’effectuer à une allure se calculant dans une fourchette décoiffante de plusieurs centaines de milliers de kilomètres à l’heure qu’il lui faudra néanmoins des siècles et des siècles pour que sa seule existence commence seulement à être perceptible aux observateurs du ciel. Ce qui, du reste, ne présume en rien que dans son approche ceux-là la perçoivent… ou veuillent la percevoir. Car s’il est question d’identité et de vélocité, la quantité entre aussi dans la danse ; toujours "la place de l’Étoile" aux heures de pointe, pare-choc contre pare-choc : il n’y a pas qu’un train qui puisse en cacher un autre. Pour ce qui est de vouloir –ou non- la percevoir, c’est ici la qualité de l’observateur lui-même qui entre en jeu : non pas à l’intérieur de ses propres compétences tridimensionnelles, mais dans sa redoutable compétence à évacuer la quatrième là où celle-ci indique une réalité désagréable. Dans la mesure où a été pris le pli à propos d’une telle réalité appartenant au passé [50, note 64], il serait hâtif et prématuré [51, APR note 21] (suspect, en conséquence) de le cristalliser commodément en une unique attitude dite "mythomaniaque"©[52, note 49]… à moins, évidemment, de considérer que l’ensemble de l’humanité tombe en de tels travers ! Dès lors, si apparaît dans ce climat une réalité désagréable [53, note 34] dans le présent -ou dans un proche avenir-, c’est la compétence à se transformer en autruche [54] qui est mise à l’épreuve du feu : dérisoire même au sein des trois dimensions, parce qu’il ne suffit évidemment pas d’évacuer une réalité désagréable pour qu’elle"n’existe pas"[55, APR note 76] ; infiniment plus dérisoire aux abords de la quatrième dimension, quand il s’agit de poursuivre en pure perte le déni accompagnant l’abcès en amont. De fait, lever les yeux dans les trois dimensions n’interdit nullement l’hypothèse de les baisser devant la quatrième : du publicain et du pharisien de la parabole, lequel des deux en fournit-il l’exemple le plus achevé ? Facile en apparence, puisque c’est écrit : "Le publicain, lui, […] n'osait même pas lever les yeux vers le ciel"[56]. Pourtant, "quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui […] qui était devenu juste: c’est lui -et lui seul- qui est parvenu à ajuster ses trois dimensions à la quatrième. Dans le texte, c’est encore lui seul qui rentre chez lui : non le pharisien, celui-là étant alors au Temple comme chez lui ; celui-là n’ayant "levé les yeux" que vers une fausse quatrième dimension, d’impression et d’illusion [57, note 18], ressemblant en tout point [43,1!] au reflet de ses trois dimensions à lui. À l’inverse, c’est à cause de ses trois dimensions à lui –sur lesquelles il ne comptait pas- que le publicain n’osait pas lever les yeux vers le ciel… depuis ces dimensions- : en réalité, comptant sur une miséricorde les dépassant depuis la quatrième dimension, il se laissait crever l’abcès tandis que l’autre aura conservé le sien.

         Ce qui nous a éloignés un instant de l’objet volant ; mais qu’importe, puisque il prend son temps : libre avis, émis par les spectateurs du fond de la salle ainsi que par tout observateur du ciel, indifféremment de ce que celui-là joue ensuite les cachottiers ou non. Il est d’ailleurs le premier à savoir que  l’établissement d’une "carte du ciel" n’est jamais figé, en dépit d’une remarquable stabilité dans le temps des systèmes connus : c’est encore le ciel qui est le plus fort en matière de cache-cache, se réservant régulièrement le droit de faire découvrir quelque nouvelle comète à l’œil attentif. ("Nouvelle" uniquement dans le sens de la découverte, le calcul de la date probable de sa naissance conduisant le plus souvent à faire passer comparativement Abraham pour un bébé, n’en déplaise à ses valeureux quatre-vingt-six ans). Or, ce que le ciel peut faire dans un sens, pourquoi ne pourrait-il pas le faire dans l’autre sens ? Pourquoi ne se réserverait-il pas également le droit de ne pas faire découvrir un astéroïde inconnu avant que la plus obtuse des autruches elles-mêmes s’en trouve assez troublée pour qu’il lui soit impossible de seulement consentir [58!] au déni de son existence ?
         Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Remarquons que chez Pierre et ses compagnons, personne ne s’est avisé un instant de nier l’existence d’une mer violemment agitée : phénomène météorologique local assez banal, limité dans le temps et dans l’espace, ne concernant alors qu’un groupe de disciples que la banalité de l’événement interpellait moins que la peur de boire une tasse définitive : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus », telle est la préoccupation du moment. Autrement dit, la proximité immédiate du risque devrait avantageusement permettre à l’autruche de s’ébrouer le sable qui s’est accumulé sur son bec. Cette réaction épidermique fonctionne d’ailleurs à toute époque et sous toute latitude. Supposons par exemple que le risque aie été identifié dans la barque même. Dans ce cas, pour être sauvés et ne pas être perdus, la solution est simple et radicale : il suffit de jeter le risque à l’eau et la quiétude revient. Ce qui n’est pas une boutade, Jonas étant là pour en témoigner [59, APR note 19]. Ce qui lui a valu trois jours de poisson… à ceci près que c’était lui qui était dans le poisson, et non l’inverse ! Plus près de nous, la réaction épidermique est encore observable : de nouveau dans la configuration d’un risque identifié dans la même  barque. La solution reste toujours aussisimple et radicale : il suffit de jeter le risque à l’eau et la quiétude revient [60, AV note 26][61, note 16][62, note 31]. À ceci près que cette fois, le risque, la barque et l’eau sont symboliques… ce qui veut dire : psychologiques [30, AV note 4/2]. Ce qui suffit cependant à jeter néanmoins -dans un réel qui est là, pour tous [30, AV note 41] !- le risque symbolique : car, si celui-là a bien été identifié dans la barque même, ici il ne l’a pas été depuis la barque même (!), mais hors d’elle… et hors de tout risque [62, AV note 20]. Ainsi, un autre occupant de la barque aura-t-il pu crier [63] à son tour : « Sauvons-nous ! Nous sommes perdus. [64] » Hors de lui également (mais à titre symbolique), le malheureux avait en effet peur de rééditer les mésaventures de Jonas, plus risquées encore : puisque à un poisson aura été substitué un redoutable "loup"©[65, notes 30 à 33] : brrrrrrrr ! Mais pourquoi avoir peur ? Car, même si Jésus dort, le risque étant toujours symbolique, il n’y a pas de difficulté particulière à le jeter [66, AV note 15][67! (Jésus aussi ? Jésus aussi [68] : par voie de faits [69, notes 7 à 10] ; mais chut : ne pas dévoiler les mauvaises pensées [I][II][III][IV]…) Le risque étant plus que jamais symbolique, pourquoi seulement se préoccuper de lever les yeux ou de les baisser ? Qu’importe une éventuelle myopie [70] : pas besoin d’yeux non plus [71][72][73][74] pour jeter le risque ! Et si Jésus dort, ce ne sont pas les serviteurs qui manqueront afin d’y suppléer [75] : d’autant plus à l’aise dans leurs œuvres [76] que le risque est décidément symbolique
       Ainsi, lorsqu’on prend la mesure du mal qu’on peut se donner à combler de bénédictions [77, note 32][78, note 26] quelque disciple aux prises avec un faux risque identifié au ras du sol (voire depuis un sous-sol de renard), combien plus un risque identifié comme tombant du ciel devrait-il nettoyer quelques abcès purulents !…

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       Dieu merci, il est parfois permis de regarder en arrière sans risquer de devenir une colonne de sel : sinon, comment envisager de suivre les pas d’Abraham lorsque Dieu le mit à l’épreuve ? Il n’y a pas à hésiter, tant que l’ange du Seigneur ne nous a pas saisis par la main, désireux de nous épargner un imminent cataclysme : ce qu’à Dieu ne plaise. Avec l’Écriture -de l’ancienne ou de la nouvelle Alliance-, s’agit-il d’ailleurs véritablement de regarder en arrière ? Car le Seigneur, Lui, ne vient toujours ni de près ni de loin : la quatrième dimension étant en elle-même étrangère aux notions d’avant ou d’arrière. « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » : la question serait-elle devenue caduque avec le temps ? « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » Les vents et la mer -ou tous autres éléments susceptibles de se déchaîner- auraient-ils pris leur indépendance avec le temps ? « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » À quoi bon poser pareille question à Ses disciples si Jésus ne la posait quà ceux qu’Il avait alors sous les yeux ? « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Les scientifiques seront-ils les derniers à conjuguer au présent ce qui n’était alors qu’au futur ? Ce serait un comble ! Car si la puissance de la Mort ne l'emporte pas sur elle, Pierre peut être lui-même emporté par la mort sans que l’Église le soit. « Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ? » Même sans avoir le privilège d’être assez familier avec le Seigneur pour converser avec Lui sur la route, n’est-il pas encore aujourd’hui du plus grand intérêt de rappeler que traiter le juste de la même manière que le pécheur, c’est rendre une sentence contraire à la justice ? Au nom de quoi ce qui constitue ouvertement une horreur aux yeux d’un juste deviendrait-il tout à coup sinon un bienfait au moins une possibilité acceptable ? Au nom de quoi… la puissance de la Mort l'emporterait-elle tout à coup sur la justice ? Notamment entre disciples d’une Église [79, AV note 16] bâtie sur la pierre que nous savons… « Dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire. » Si la puissance de la Mort l'emporte tout à coup sur la justice, dès lors comment être simultanément de ceux qui mettent cette puissance en action… tout en désirant avec amour sa manifestation dans la gloire ? Parce qu’il s’agit bien entendu de la gloire du Seigneur d’Abraham : non de celle du "Seigneur" projeté [80, APR note 16] en 3D d’un pharisien dans le Temple.
       Et voilà que Dieu mit à l’épreuve Abraham. Est-ce parce que le patriarche a un fils unique que cette unicité devrait indiquer que lui uniquement soit mis à l’épreuve ?

Livre de la Genèse 22,1-19. (*) [Jeudi 30 juin 2011]  (Jc)(He)(He)
foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéDieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac
(Gn), va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. »
Abraham se leva de bon matin, sella son âne
[?], et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l'endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »  Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s'en allèrent ensemble. Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! - Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allaient tous les deux ensemble. (He)(He)
Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils
(!). Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel (Ex)(Ex) et que le sable au bord de la mer (Dn)(Is), et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »(Ac)(Ac)
Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.

            Mettre le père des croyants à l’épreuve, n’est-ce pas mettre le croyant à l’épreuve ? Celui d’hier, celui d’aujourd’hui, celui de demain : descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer. Mettre le père des croyants à l’épreuve, ce n’est pas nécessairement mettre le croyant à la même épreuve que lui ! C’est mettre le croyant à une épreuve proportionnée à sa foi. Lorsqu’un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras », aurait-il suivi s’il lui avait fallu prendre son fils, son fils unique, celui qu’il aime, et aller l'offrir en sacrifice sur la montagne ? Lorsqu’un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père », eût-il débordé d’enthousiasme d’aller ensuite enterrer son fils, son fils unique, celui qu’il aime ? Sur une mer agitée, alors même que Jésus est dans la barque, imaginerait-on le Seigneur demander à l’un de ceux qui le réveillent -hommes de peu de foi, ayant peur- d’aller prendre leur fils, etc. ? Certes, un peu plus tard, Jésus aura vu la foi de ceux qui Lui ont apporté un paralysé couché sur une civière. En voyant ce dernier se lever, prendre sa civière et rentrer chez lui, la foule rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. Des uns ou des autres, en aurait-on trouvé un seul qui, s’il lui avait fallu prendre son fils, etc. ? Mais aucun non plus d’entre eux n’a été "choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit, afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham"À fils unique, père unique… épreuve unique. Unique aussi dans la foi : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. » Aucune ambiguïté dans la formulation : c’est là un appel à passer Isaac dans la quatrième dimension… mais en brisant irréversiblement le lien qui le rattache aux trois dimensions. « Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ? » se dit le Seigneur sur la route de Sodome. Il ne l’a pas caché non plus quand Il l’a mené au pays de Moriah : confiance du Père au père… et confiance du père au Père jusque dans cette épreuve au sommet. Confiance également du fils, Isaac, au père, Abraham ; bien qu’ici, le père aie manifestement caché les desseins du Père au fils qui, légitimement, l’interroge : « mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » La réponse peut apparaître biaisée : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils ». Elle n’est pas un mensonge, Dieu étant de fait le premier responsable de cette situation étrange, ayant bien su trouvé l’agneau pour l’holocauste : auraient-ils continué d’aller tous les deux ensemble si Abraham lui avait répondu : « Méga-surprise [81, notes 1] : c’est toi, l'agneau pour l'holocauste, mon fils ! » ? De même, Dieu a bien su maintenir la confiance du fils envers le père jusqu’au bout : arrivés à l'endroit indiqué, Abraham y élève l'autel et dispose le bois, puis il lie son fils Isaac et le met sur l'autel, par-dessus le bois. Amen. Amen ? Soit : à plus de quatre-vingt-six ans, Abraham jouit toujours de toutes ses facultés sensorielles, ne craint pas de se lever de bon matin, de seller son âne, de fendre foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétédu bois puis de cheminer deux jours, enfin de grimper sur une montagne le troisième jour, trouvant encore la force d’y élever un autel et d’y disposer du bois. Malgré cet appareillage qui doit vraisemblablement avoir une certaine hauteur (difficile d’élever un autel en le rabaissant !), il met son fils sur l'autel, par-dessus le bois. Combien, à vingt ans, n’eussent pas été épuisés par le dixième de pareille entreprise ? Ses forces trouvent d’ailleurs ses limites, puisque sur la dernière étape du parcours –sans doute la plus rude, puisque en montée-, le bois pour le sacrifice est transporté à dos d’homme : plus exactement de fils d’homme, Isaac en étant lui-même chargé. Ayant en soi-même des pensées mauvaises, ne serait-il pas facile de se dire : 'Mais bien sûr : c’est parce que le fils s’est trouvé lui-même épuisé -arrivé au sommet de la montagne après avoir transporté tout le bois-, qu’il s’est tranquillement laissé lier sans récriminer' ? Parce qu’il y a tout de même ce détail : d’un côté, un très vieil homme ; de l’autre… de l’autre ? L’autre nécessite un nouveau calcul : en effet, Abraham avait donc quatre-vingt-six ans quand il devint père… d'Ismaël [14, APR note 57], non d’Isaac. Celui-ci naît un an après la visite des mystérieux trois hommes aux chênes de Mambré [9, APR note 70]. Abraham a donc quatre-vingt-sept ans… au mieux : demeure en effet une incertitude sur le temps écoulé entre la naissance d’Ismaël et cet épisode des chênes de Mambré : temps qui peut être nul si les deux événements se suivent immédiatement, hors sujet s’ils se chevauchent… ou conséquent s’ils s’étalent sur plusieurs années. C’est qu’avec Abraham, le Seigneur prend son temps ! Il ne lui fait pas quitter son pays avant qu’il n’ait atteint soixante-quinze ans. Ce n’est qu’à l’issue de dix ans de résidence à Canaan que Sara entreprend de rendre Abraham père, par Agar interposée : à ce point, est-on encore à quelques années près ? À rester fidèles à cette logique, la troisième hypothèse semble plausible : soit plusieurs années entre les deux naissances. Imaginons cependant la position intermédiaire, la plus courte possible : les deux événements (naissance d’Ismaël et visite aux chênes) se chevauchent, mais il reste indubitable que la naissance d’Ismaël intervient avant celle d’Isaac. Ce qui signifie qu’il peut s’être écoulé moins d’un an entre les deux naissances, Abraham aura néanmoins allégrement dépassé ses quatre-vingt-six ans à l’occasion de la deuxième. À présent, retournons dans la montagne en compagnie de ce deuxième -son fils, son fils unique : l’aîné n’étant pas de Sara- et de son père. Ce fils unique pose des questions pleines de bon sens : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Premier point : il parle. Un bébé, c’est super-mignon (à condition toutefois d’être un vrai bébé [82, APR note 21]) : quand cela ne pleure pas trop fort, cela sourit et gazouille ; mais cela ne parle pas. De plus, cela se moque éperdument du feu, du bois ou de l’agneau pour l’holocauste. Or, celui-là sait ce qu'est du feu, du bois, de l'agneau et de l'holocauste : il sait même relier entre eux ces différents éléments, se projetant sainement dans un avenir immédiat puisque s’inquiétant non pour lui-même (!) mais pour la complétude de l’holocauste. À l’issue d’un si brillant constat, il y aurait mauvaise grâce à le prendre pour un bébé. Deuxième point : il porte. Il porte du bois. Il porte du bois en côte. Même en vue de l’objectif final (voire surtout en vue de : pour épargner ses derniers instants), c’est Abraham qui eût mauvaise grâce à charger ainsi un enfant de moins de dix ans. Isaac a plus de dix ans. Abraham a donc plus de quatre-vingt-seize ans ! Isaac, lui, est assez fort pour porter à lui seul une quantité de bois conséquente : le combustible doit en effet le consumer, lui. Cependant, il n’a pas atteint l’âge adulte : s’il l’avait atteint, Abraham eût fendu son bois en fonction de cet âge. S’il l’avait fendu en fonction de cet âge, la quantité eût largement excédé celle qui était nécessaire à un agneau. Dès lors, un fils unique posant des questions pleines de bon sens n’aurait pas manqué de poser celle-ci : « Voilà le feu et le bois, mais pourquoi tant de bois pour un agneau ? » L’âge d’Isaac oscille quelque part autour d’une quinzaine d’années : on ne manquera pas de féliciter son heureux papa, celui-ci étant désormais un centenaire bien accompli. On ne félicitera pas moins son fils, celui-là ayant de qui tenir : car son ouïe est excellente. En effet, lui qui n’a jamais vu son père mentir l’a parfaitement entendu dire à ses serviteurs : « Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. » Nous, c’est nous : père et fils. Le père n’a pas dit aux serviteurs : « Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis je reviendrai vers vous. » Eu égard à des circonstances portant à une issue fatale, en matière de foi se doublant de confiance -tant au sein des trois dimensions qu’aux abords de la quatrième-, le père n’a pas à rougir du fils : que pouvait physiquement un centenaire contre un adolescent dans la force de l’âge si celui-ci, au lieu de se laisser docilement lier, s’était rebiffé et avait fui, comme le lui commandait un minimum de logique humaine de survie ?

         Dieu mit Abraham à l’épreuve : épreuve redoutable et cruelle s’il en est. Il est pourtant possible de l’aggraver encore : à cet effet, il suffit d’en reprendre l’introduction… en se souvenant d’abord que la quatrième dimension est en elle-même étrangère aux notions d’avant ou d’arrière : ceci dans l’espace comme dans le temps. L’anachronisme ne vaut donc que d’un point de vue tridimensionnel :
Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va hors de la ville, et là tu l'offriras en sacrifice à l’entrée de l’
"
hôpital"©[83, note 68][84, notes 25,26] que je t'indiquerai. » Travaux pratiques : imaginer la suite !…

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dimanche, 26 juin 2011

Si Sara rit à rat qui rit, l’ara rit et la vache aussi ; là, il y aura des rires et des princes charmants dehors.

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[*][*][*][*][*][*]-[*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-17.  {*}(*){*}{*}(*)  [Samedi 25 juin 2011]
(
Lc)(Lc)[3] Jésus était entré à Capharnaüm ; un centurion de l'armée romaine vint à lui et lefoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société supplia : « Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé [*|*], et il souffre terriblement. [15!] » Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 'Va', et il va [17?], à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
À
ces mots, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux, et les héritiers du Royaume
[*] seront jetés dehors dans les ténèbres ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents [*](*)(*). »
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi
[*], que tout se passe pour toi selon ta foi. [*] » Et le serviteur fut guéri à cette heure même.
(
Lc)(Mc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc) Comme Jésus entrait chez Pierre, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui prit la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on lui amena beaucoup (*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*) de possédés ; il chassa les esprits [*] par sa parole et il guérit tous les malades (Ac). Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances [>4](*), il a porté nos maladies [>51].

          À ces mots, Jésus fut dans l’admiration, n’ayant trouvé une telle foi chez personne en Israël. Cette foi ne se manifeste pourtant pas dans l’exercice ostentatoire d’un culte au Temple, au beau milieu d’une assemblée recueillie [1] au sein de laquelle celui qui la manifeste multiplierait les signes extérieurs de piété, en vue de reprendre des forces spirituelles avant d’aller plus loin… mais pas toujours sans quelque arrière-pensée comparative à son avantage_[2] ! Non seulement Jésus n’ira pas donner un jour en exemple "une telle foi" à ceux qui Le suivent -quand Il la fustige un autre jour-, mais le contexte est à l’évidence hors-sujet. Y compris chez le sujet demandeur lui-même, représentant officiel d’une force d’occupation [3] -extérieure et païenne- dont tout porte à croire que la seule présence dans le Temple ne serait pas exactement la bienvenue. Aussi est-ce sur un autre fondement_[4, notes 8,9] que Jésus va asseoir le motif de Son admiration.
1005925696.jpg        De fait, qui est-Il, Lui, pour avoir pu trouver grâce aux yeux d’un centurion de l’armée romaine ? Plus précisément, où est-Il, Lui ? Il entre à Capharnaüm, petite ville grouillante et cosmopolite (on y vient déjà de l’orient et de l’occident !) au bord du lac de Galilée. Certes, le mont Thabor n’est guère éloigné, mais Jésus n’y a pratiqué qu’une seule séance de "pleins phares"[5][6][7: et encore cette unique séance n’aura-t-elle été réservée qu’à Ses disciples. Pas même à tous ceux qui Le suivaient, mais seulement à trois d’entre eux : c’est dire que César [8] en personne aurait pu être en déplacement dans la région que l’empereur n’en aurait rien vu ni su. Soumis à son autorité, bien que plus longuement fixé dans la région de par sa fonction, un centurion de l’armée romaine n’est pas à meilleure enseigne. Lorsqu’il vient à Jésus et Le supplie, il ne Le connaît que de réputation ; comme il en connaît vraisemblablement beaucoup d’autres : Capharnaüm n’est alors pas le dernier des carrefours [9] ayant vu passer foule de rabbis et autres guérisseurs, plus ou moins recommandables. Et voilà que parmi eux, entre à son tour un certain Jésus : en quoi se distingue-t-Il de ceux qui L’ont précédé ? Par Sa réputation, qui L’a elle-même précédé ? Et après ? l’humanité n’a pas attendu la formidable explosion des grands médias pour savoir qu’une réputation, cela se fait en lumière_[10][11] ou se défait en ténèbres [12][13], qu’il y a à en prendre et à en laisser : en somme, qu’elle offre bien davantage matière à étendre de la crédulité [14][11]… qu’à y trouver, précisément, une foi telle que celle du centurion romain : moins que tout autre, celui-là -indépendant des courants de pensées religieuses qui traversent Israël- n’est de la dernière pluie. Plus que tout autre, celui-là est simultanément à cheval sur la soumission à l’autorité. À ses mots, Jésus fut dans l’admiration… mais quels mots ? « Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait » ? En soi, hors de leur contexte, de tels mots suscitent au mieux un respect poli de la hiérarchie, que l’autorité supérieure sait faire respecter à son tour, cultivant le souci de maintenir une harmonie de bon aloi au sein de chaque échelon ; toutes choses dont il n’y a pas à tirer orgueil puisqu’elles relèvent d’un bien commun accessible en dehors de toute considération de foi : ce qui rend d’autant plus saisissante l’admiration de Jésus !

          Jésus qui, Lui non plus, n’est pas de la dernière pluie : car, aussi officiellement païenne que soit l’autorité de l’homme qui se présente à Lui, c’est bien cette autorité-là qu’Il donne plus volontiers en exemple à ceux qui le suivent que celle des scribes et des pharisiens [15: ces derniers font-ils ce qu’ils disent [16, note 2][17, note 2] ? En effet, ceux-là aussi peuvent dire à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à encore un autre : 'Fais ceci', et il le faitMais, à l’image du centurion romain, peuvent-ils auparavant dire en vérité [18, APR note 16][19, note 3/2] : « moi qui suis soumis à une autorité », eux, qui, plutôt à l’image de l’âne sauvage indépendant [19, APR note 57](!), se mettent à rire silencieusement de la seule perspective d’être soumis à une autorité autre que la leur ? Quant au centurion romain lui-même, si Jésus prend acte qu’il dit à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à son esclave : 'Fais ceci', et il le fait, Il ne sait pas moins que la soumission à l’autorité dont il est ici question n’a que faire de la violence : en amont, par son usage injuste et arbitraire [20][21, APR note 11][22] ; en aval, par une obéissance servile et foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéaveugle dictée par la crainte [23, APR note 23][24][25, APR note 20]. Comme toute autorité –religieuse, civile ou militaire-, la "pax romana" n’est certes pas exempte de défauts : raison de plus pour ne pas lui en ajouter en s’en servant plus qu’en la servant ! Ainsi, si notre centurion dit à l'un : 'Va te jeter dans le lac la tête la première' [26, notes 36], tant que se jeter dans le lac contribuera davantage à semer la désolation et la zizanie que cela ne servira le bien commun, eh bien il n’y va pas ! S’il dit à un autre : 'Viens te jeter dans la gueule du loup'[27, notes 50], eh bien l’autre n’y va pas non plus. S’il dit encore à un autre : 'Fais ceci' (sous-entendu : en vue de complaire [28, APR note 54] aveuglément à la demande [29][30] d’un tiers [31][32] -fusse moi-même-, tout en sachant que ce que tu vas faire ira violemment_[33] porter préjudice à un autre [34], semer en prime la désolation et la zizanie [35, APR note 30] en desservant gravement le bien commun [36][36bis]), eh bien –si celui-là a seulement deux ou trois neurones convenablement connectés [37]-, il NE-LE-FAIT-PAS… sans que cela n’abolisse en rien son discernement [27, notes 28 à 32] au sujet de son éventuelle "désobéissance"[38] (!). L’autorité, elle, est en effet à l’image de la charité [39, note 47] : bien ORDONNÉE [40, note 35], elle commence par soi-même [4]. Elle répond de soi-même [41, notes 100 à 105], avant même de préjuger des réponses [42][43, APR note 7][44] restant [45, notes 29 à 37] à déposer (à son propos) de la part de diverses -et factices- "autorités" s’étant très exactement livrées au 'Fais ceci' énuméré à l’instance [46] l’instant, tous sous-entendus inclus : factices d’une part en ce qu’elles se soient ainsi livrées à pareil exercice, d’autre part en ce que la "hâte" de répondre de leurs conséquences donnerait largement le temps à une mère d’enfanter plusieurs fils [47, notes 70 à 80]  et à la tortue d’arriver avant le lièvre [48, APR note 16]. De (mé)fait [49, notes 32 à 34], n’est-ce pas là demander à de telles "autorités" de pratiquer la course à pied… alors même qu’elles se sont publiquement  faites hara-kiri aux yeux de qui elles prétendent imposer leur invraisemblable soumission ?

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          « Et (je dis) à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. » À ces mots (incluant donc celui-ci), Jésus est toujours dans l’admiration : serait-Il donc par derrière un admirateur inconditionnel de l’esclavage ? Comment pourrait-Il dire simultanément 'Vive l’esclave' et 'Vous deviendrez libres' [50,Jn(2)] ? Dans le même esprit, qu’est-ce qui peut trouver grâce aux yeux du Seigneur ? N'est-ce pas dénoncer à son peuple ses fautes [51, APR note 20][19, APR note 41], […] faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs [52, APR note 37]? Au sein d’un tel programme –dont le fer est toujours à battre-, y-a-t-il place au moindre prosélytisme en faveur de l’esclavage ? Lorsque Jésus évoque ouvertement la question, Il l’étend "sous son arbre", c’est-à-dire à sa racine puisque associant –et Paul après Lui [53, APR note 33][54, APR note 36][55,Rm]- l’esclavage au péché : ce qui n’avait d’ailleurs pas l’heur de plaire à tous les descendants d’Abraham [56][50,Jn(2)]. Mais sans aller aussi loin, il règne comme une ambiguïté sur la définition du mot, l’esclave d’une époque [57, APR note 4] (ou d’une culture) se tenant debout là où l’homme libre (ou se désignant tel) d’une autre ferait trembler d’indignation le premier, à se prosterner jusqu’à terre par sa soumission servile [57, notes 69,70][58, note 75][59, note 81] à l’autorité surfaite du moindre maître de rencontre [60, note 63] : comme s’il suffisait de s’arrêter à une belle plaque dorée [61, APR note 44][17, APR note 19] pour justifier ensuite une "obéissance" de serpent et de scorpion [4, notes 68 à 70], dans la mesure [62] où on est allé chercher la dite "autorité" afin d’imposer ses œuvres à qui n’est pas concerné… ou ne la reconnaît que dans des proportions moins agressives à l’égard d’un réel qui soit là, pour tous [63, AV note 41] : hommes libres et esclaves, Juifs et païens, etc., sans privilégier les uns au détriment des autres [64, note 1].
          Si l’identification d’esclave coïncidait à toute époque et sous toute latitude à de la maltraitance systématique, pourquoi Agar a-t-elle fui [19, APR note 57], elle qui a justement fui en conséquence d’une maltraitance ? Quelqu’un l’a-t-elle seulement empêchée de fuir ? Pour peu qu’elle aie fui en cachette –ce que le texte ne précise pas-, après constat de son absence, quelqu’un s’est-il seulement lancé à sa poursuite ? Lui a-t-on lâché les chiens… ou l’équivalent local d’un huissier de "justice"©©©[65, note 99] ? Même si le rôle joué par l’ange du Seigneur n’y a pas été indifférent, n’est-elle pas retournée chez ses maîtres de son plein grésans pour autant se faire lapider (!) à son retour ? Avant cela, si l’esclave n’était rien de plus qu’une sorte d’objet vivant, corvéable à merci, compterait-on sur cet "objet" pour "avoir peut-être un fils" quand on a le malheur d’être une femme stérile ? Enfin, qu’importe au "propriétaire" de "l’objet" que celui-ci le méprise ? Comment un "objet" peut-il d’ailleurs mépriser son "propriétaire"… et pourquoi celui-ci s’en offusquerait-il tant s’il n’était qu’un "objet" ? Plus près dans le temps, à Capharnaüm, la maltraitance ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur : paralysant un serviteur cloué au lit, y souffrant terriblement.
          À cet égard, Jésus est aussi dans l’admiration au sujet d’un homme qui, non seulement vient à lui en renversant ouvertement l’ordre de l’autorité –puisque représentant de l’occupant-, mais ne vient ni pour lui ni pour un père, une mère ou un enfant ; pas même pour un membre (supérieur, inférieur ou égal) de l’armée romaine : pour un simple serviteur, qui, dans un autre espace/temps (se glorifiant par ailleurs de mœurs apparemment plus libres), n’eût sans doute pas été digne du plus petit intérêt  de la part de ses maîtres.

          Ainsi, lui qui est soumis à une autorité visible et palpable, le centurion romain vient se prosterner devant une autorité supérieure à celle-là alors même qu’à l’œil humain, elle n’apparaît pas plus digne qu’une autre. Parallèlement, il ne se veut lui-même pas digne que le Seigneur entre sous son toit, moins par une sorte d’esprit d’auto flagellation (qui ne serait jamais que de l’auto complaisance [61, notes 31 à 33][2][28, APR note 54] en négatif) –flattant de surcroît l’autorité du moment- que par symétrie. En effet, en dépit de sa position avantageuse d’officier d’une armée occupante, il n’en profite nullement pour outrepasser l’autorité religieuse de la nation occupée. Or, au regard de celle-ci, le non Juif circoncis n’est pas digne d’entrer sous le toit du Temple consacré au Seigneur : ce qui, naturellement, est son cas. Une telle interdiction d’accès est sans importance à l’incroyant, qu’elle indiffère. Pour l’homme de foise voulant serviteur du Seigneur-, il en va tout autrement : carelle le paralyse, et le fait terriblement souffrir, le confinant dans une impasse à la mesure de ce que, soumis aux autorités occupant/occupé –et sans doute forgé à une certaine discipline militaire-, il ne veut en trahir aucune ! En l’état, entrer sous le toit du Temple consacré au Seigneur serait pour lui trahir le culte dû à l’empereur (abstraction faite de la légitimité d’un tel culte: les Juifs ne seraient alors pas les derniers à pouvoir lui reprocher de "ne pas être ami de l’empereur" (menace qu’ils brandiront d’ailleurs plus tard -et plus au sud- sur la personne d’un goufoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéverneur romain [66, APR note 50] dont l’entrée dans le Temple était pourtant le cadet des soucis). Simultanément, ce serait pour lui trahir le culte même de la nation occupée, puisque en enfreindre ouvertement des règles au grand scandale [67, APR note 8] de leurs gardiens dont on sait -et il sait !- la vigilance excessive et chatouilleuse [68][69]. Quand bien même il prendrait le parti de se soumettre aux dites règles afin de ne pas les enfreindre, il resterait encore en porte-à-faux par rapport au culte dû à l’empereur… ainsi qu’à sa propre fonction : comment se faire Juif parmi les Juifs tout en demeurant centurion romain ? Avant même d’aller si loin, il serait considéré comme déserteur par ses pairs : passant à "l’ennemi", il serait vraisemblablement traité comme tel.
          « Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé, et il souffre terriblement. » Se soumettant des autorités lui étant hiérarchiquement inférieures tout en étant soumis à des autorités lui étant hiérarchiquement supérieures, rien ne peut se passer pour lui selon sa foi : le serviteur souffrant n’est pas sans lui renvoyer sa propre image. Celui-là non plus ne peut pas venir au Seigneur –pas même, plus modestement, à quelque guérisseur-, étant au lit et paralysé ; mais voilà que se présente une occasion inespérée pour son maître : ne pouvant venir au Seigneur dans son Temple, c’est le Seigneur qui vient à lui hors du Temple. Si le centurion peut trouver grâce à Ses yeux, qu’Il ne passe pas sans s’arrêter près de son serviteur ! Et puisque Il est d’abord le Seigneur des Juifs, que lui n’est pas Juif et n’est donc pas digne que le Seigneur entre sous son toit, cela n’enlève rien à Sa dignité à Lui de Seigneur : qu’Il dise seulement une parole et le serviteur sera guéri. Ainsi, non seulement aucun témoin de la scène ne pourra se formaliser que Jésus entre chez un païen… mais le Seigneur n’en apparaîtra que plus Seigneur aux yeux de tous en étendant son pouvoir de guérison à distance. Ce qui distingue évidemment cette guérison avec la suivante, intervenant sur la belle-mère de Pierre. Ici, un esprit un tantinet mauvais pourrait suggérer que ce mode de guérison ne suffisait pas à venir à bout d’une fièvre de belle-mère, qu’il convenait au minimum de la prendre par la main, le Seigneur apparaissant alors "moins" Seigneur aux yeux de tous : ce qui serait faire peu de cas d’une différence de poids. En effet, il ne s’agit pas de la belle-mère d’un païen (centurion romain ou autre), mais de Pierre lui-même : l’Apôtre étant Juif -et nullement en délicatesse avec la loi juive-, rien ne s’oppose à ce que Jésus entre chez lui. Et pour tordre définitivement le cou à l’esprit un tantinet mauvais, ce sera sous ce toit-là que, au contraire, Jésus va également requérir Sa parole pour y chasser beaucoup d’esprits mauvais [70] et y guérir tous les malades. Beaucoup, ce ne sont pas tous. Tous, c’est plus que beaucoup

Livre de la Genèse 18,1-15. (*)  [Samedi 25 juin 2011]
Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l'entrée de la tente. C'était l'heure la plus chaude du jour
(*). Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes (*) qui se tenaient debout près de lui. Aussitôt, il courut à leur rencontre, se prosterna [*] jusqu'à terre et dit : « Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t'arrêter près de ton serviteur. On va vous apporter un peu d'eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. Je vais chercher du pain, et vous reprendrez des forces avant d'aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « C'est bien. Fais ce que tu as dit. »  Abraham se hâta d'aller trouver Sara dans sa tente, et il lui dit : « Prends vite trois grandes mesures de farine, pétris la pâte et fais des galettes. » Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre (*)(*)(*), et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. Il prit du fromage blanc, du lait (*)(*), le veau qu'on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, pendant qu'ils mangeaient. Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l'intérieur de la tente. » Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi dans un an, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils. » Or, Sara écoutait par derrière, à l'entrée de la tente. (Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara était vraiment une vieille femme.) Elle se mit à rire silencieusement ; elle se disait : « J'ai pourtant passé l'âge de l'amour, et mon seigneur est un vieillard ! » Le Seigneur Dieu dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : 'Est-ce que vraiment j'aurais un enfant, vieille comme je suis ?' Y-a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment fixé, je reviendrai chez toi, et dans un an, Sara aura un fils. » Saisie de crainte, Sara se défendit en disant : « Je n'ai pas ri. » Mais le Seigneur répliqua : « Si, tu as ri. »

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            Aux chênes de Mambré, ni malade ni esprit mauvais. Et s’ils ne sont pas beaucoup, le texte éprouve un peu la raison en ce qu’on ne sait pas toujours combien ils sont ! On sait seulement qu’en orient, l’usage du vouvoiement n’est pas davantage connu à Mambré qu’il ne l’est à Capharnaüm… ou à Cana en Galilée [71, AV note 31]. Par conséquent, lorsque Abraham formule ses propositions hospitalières de reprendre des forces, il les adresse bien à plusieurs personnes : ne vit-il pas trois hommes qui se tenaient debout près de lui ? Levant les yeux une ligne plus haut –soit en vue de le préparer à l’entrée en scène de ces trois hommes-, le lecteur esbaudi lit que le Seigneur apparut à Abraham. Or, le Seigneur, il n’y en a pas d’autre que Lui [72, APR note 14] ; « avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS [50,Jn(3)] », dit le Seigneur longtemps après cet épisode de Mambré. Le lecteur, lui, a plus de difficulté à suivre : prêt à répliquer que s’"il n’y en a pas d’autre que Lui", même en apparaissant à Abraham sous les traits foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéd’un homme (ni plus ni moins qu’aux yeux d’un centurion romain), alors qui sont les deux autres ? Or, cette difficulté apparaît si peu aux yeux d’Abraham (premier concerné, et témoin direct de l’événement) qu’avant même de se lancer dans ses diverses propositions, il entame son discours au singulier. L’usage du tutoiement n’est pas non plus de rigueur (il ne l’a jamais été) dans une conversation impliquant plus de deux personnes, sauf à s’adresser explicitement –à l’instar de Moïse- à un peuple dans son ensemble. Le fait est que, attentif à ce que son singulier visiteur pluriel reçoive bon accueil (qu’il n’a pas moins reconnu Seigneur que le centurion L’aura reconnu, lui, sous les traits de Jésus), Abraham ne se demande pas comment il peut connaître Sara alors qu’elle est à l’intérieur de la tente… ou comment ils lui demandent où elle est pendant qu’ils mangent, et reprendre la parole l’instant d’après en tant que voyageur unique : que sont tout à coup devenus les deux autres ? Auraient-ils été pris pour un veau gras et tendre… et mangés par le voyageur ? Même si le cinéma peut tirer orgueil de produire de remarquables effets spéciaux, il est conseillé au réalisateur [73] s’imposant de tourner pareille séquence d’être chauve : ainsi pourra-t-il s’arracher les cheveux sans que cela ne prête à conséquence. Mais, de même que trois grandes mesures de farine permettent de pétrir une seule pâte, l’allusion trinitaire [74] n’est ici plus à faire : bien avant le cinéma, l’iconographie ne s’en est-elle pas chargée ? Cependant, si une telle allusion demeure une épreuve à l’entendement dans le sens récepteur/émetteur [75, note 6], cette étrange communion [76?] n’est-elle pas moins inabordable en sens inverse ? À cet égard, souvenons-nous, justement, de cette longue marche du peuple d’Israël auquel Moïse s’adresse au singulier.

Livre du Deutéronome 8,2-3.14b-16a. (*)  [Dimanche 26 juin 2011]
podcast
M-L. Valentin / H. Bourel : Un peuple en marche 4mn50
(extrait de « Un Peuple en Marche », Studio SM)

Moïse
disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
(Ez)(*)(*)(*)(*) Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain (Mt)(*), mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'en tire pas orgueil (2Co), et n'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser (*|*) ce désert, vaste et terrifiant (*), pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif (*)(*)(*)[*]. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne - cette nourriture inconnue de tes pères - pour te faire connaître la pauvreté et pour t'éprouver (2Co) avant de te rendre heureux.

            D’Israël ou d’ailleurs, il s’agit bien d’un peuple : non d’une masse anonyme au sein de laquelle se fond chacun de ses membres. Et s’il est éprouvé dans son ensemble afin de savoir ce qu’il a dans le cœur, c’est toujours chacun de ses membres qui est personnellement éprouvé afin de savoir ce qu’il a dans le cœur. C’est encore chacun de ses membres qui répond de ses propres actes : ceux-là n’étant précisément pas sans influencebonne ou mauvaise- sur l’ensemble. Dans le rapport d’un peuple avec le Seigneur son Dieu, la foi d’un seul joue sur celle de l’ensemble… et inversement. Et ce rapport, contrairement à celui qui existe entre les Trois Personnes divines, n’est pas toujours des plus heureux : faisant connaître la pauvreté, la faim, l’esclavage et force misères ravissant les spectateurs du fond de la salle [77, APR note 74]. Est-ce qu’ils vont rester jusqu’à la fin du film, oui ou non ? Sortir de la salle avant [78], c’est en effet comme imposer une fin de non recevoir à l’épreuve, tirer orgueil d’oublier le Seigneur son Dieu tout en conservant l’odeur : regarder les commandementssans les garder. Qu’ont donc dans le cœur un mendiantconnaissant la pauvreté par définition- et un aubergiste ? Plus près de nous, la réponse est suggérée depuis la Bretagne par cet illustre récit… quoique il en existe des versions plus lointaines venues de l’orient :
Un mendiant est accusé par un aubergiste d'avoir été pris à rôder autour des cuisines ; comme l’aubergiste ne peut l'accuser d'avoir volé de la nourriture, il l'accuse de se nourrir des odeurs de sa cuisine… Requis sur place afin de juger cette affaire, Yves Hélory [79] prend quelques pièces dans sa bourse et les jette sur la table devant lui ; l’aubergiste tend la main pour les prendre mais saint Yves retient sa main. L'aubergiste s'exclame : « c'est à moi ! » Yves lui répond : « ah non ! le son paye l'odeur : à cet homme l'odeur de ta cuisine, à toi le son de ces pièces ! »

         Ainsi peut-on prendre au pied de la lettre le possessif « c'est à moi ! » du Seigneur son Dieu en humant sur soi (et en faisant humer) l’odeur de sainteté [19]… mais qu’ensuite la faim se fasse toujours sentir : à la mesure [80] de ce que, à rebours des bénédictions de l’Apôtre aux Corinthiens, tous n’aient pas exactement part à un seul pain… voire qu’il ne saute pas immédiatement aux yeux que ce pain rende heureux  -davantage qu’il n’éprouve !- tous ceux qui y prennent part [81, notes 87 à 90][82, note 24]. La multitude que nous sommes est un seul corps… mais qui dit corps ne dit ni "fantôme"©[28, note 31/2][83, note 40][84][85] ni "chasseur"©[86] ad hoc en son sein !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,16-17. (*) [Dimanche 26 juin 2011]
La coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain
[<45], la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part (*) à un seul pain [39].

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,51-58. (*)(*)(*)(*)(*) [Dimanche 26 juin 2011]
{Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité}
{*}
Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons
(<-), Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

         Or, si celui qui mange ce pain vivra éternellement, celui-là est bien de ceux qui auront pris part à un seul pain : c’est-à-dire que, quel que soit le peuple auquel il appartienne –et quelle que soit la protection particulière (spirituelle, politique, militaire) dont bénéficie ce peuple… ou, a contrario, l’occupation qu’il subit dans l’épreuve–, c’est celui-là qui est appelé à ressusciter ; au dernier jour, s’il n’y a plus ni Juif ni païen [86, AV note 23], il n’y a plus de peuple au sens temporel du terme : le peuple n’a de vie en soi qu’en fonction de la multitude des membres qui le composent. Nulle part Jésus n’a-t-Il dit : « le peuple qui mange ce pain vivra éternellement. » Celui qui, de par sa naissance malencontreuse, appartiendrait à un "mauvais" peuple, pourrait alors avoir une foi à déplacer les montagnes : il se verrait condamné ! Celui qui, de naissance plus heureuse, appartiendrait à un "bon" peuple, vivrait éternellement en dépit de ce qu’il n’aie rien gardé des commandements, que tout ce qui soit venu de sa bouche aie répandu [87][88][89][90] la pauvreté, la faim, l’esclavage et force misères : autant de serpents brûlants [91][92] et de scorpions éprouvant préférentiellement un tiers afin de mieux se rendre "heureux! Celui-là pourra bien en crever [93] à l’image de « vos pères » : ne suffit-il pas [19] ensuite d’aller "manger ce pain" afin de "vivre éternellement" ? « Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. » Nulle part Jésus n’a-t-Il précisé : « il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé… parce que celui-là, pouf pouf [94] ! il est magique. » Car ce pain-là descend du ciel : infiniment plus haut que celui [95, note 10] de l’auto-"heureux"[61, notes 31 à 33] captant "sa chair à manger" à son seul profit [96, notes 39,40] voire, ponctuellement, au profit "charitable"[97, note 47] d’un autre (qui en soit lui-même empêché) afin de mieux (se) donner l’impression, l’illusion [63, APR note 44] de ne pas entrer soi-même dans cette catégorie-. Aussi, pas davantage qu’il ne saurait couvrir [98, notes 52 à 54] ce qu’il y a de ténèbres dans le cœur, ce pain-là ne sort d’un couvre-chef [99][100] : il y aura dehors des pleurs et des grincements de dents, en communion avec ce qu’il y a dedans les héritiers du Royaume

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vendredi, 24 juin 2011

Il a fait de moi sa flèche préférée, il m'a serrée dans son carquois.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,57-66.80.  [*]/{*}(*){*}(*){*}(*)
{Nativité de saint Jean Baptiste, solennité}

Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. » On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette
[>69][>21] sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Et tout le monde en fut étonné. À l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia (<-)(<-) : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L'enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël. (->)(->)

      Jésus ayant achevé son discours sur la montagne, le calendrier liturgique profite solennellement de la nativité du précurseur [1, note 16] pour substituer Luc à Matthieu, le livre d’Isaïe à celui de la Genèse : cependant –au-delà de cette gymnastique temporelle, faisant ponctuellement reculer la nouvelle Alliance… et avancer l’ancienne !-, cette rupture textuelle n’attire-t-elle pas plutôt l’attention sur tout ce qui, en filigrane, rend témoignage à la continuité dans la différence des protagonistes ? Déjà, longtemps avant le discours sur la montagne, celle-ci résonne d’autres discours : ceux qui racontaient tous ces événements.
      Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Jusque là, rien que de très commun : quand arrive le moment où une femme doit enfanter, elle met son enfant au monde. Or, si ses voisins et sa famille se réjouissaient avec elle, ce n’est pas tant pour la naissance proprement dite que pour le contexte dans laquelle elle se déroule : ils avaient appris que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde. En d’autres termes, cette prodigalité réside bien sûr dans la levée de cette fameuse malédiction atteignant la femme stérile [2, AV note 53] dans ses entrailles. Difficile d’évoquer Élisabeth sans la rapprocher de Saraï, les deux femmes ayant partagé d’avoir souffert -à touts points de vue- d’une longue stérilité se soldant par une maternité conçue à un âge avancé : maternité mettant au monde un enfant sortant de l’ordinaire… dont le nom aura été prononcé quand il était encore dans les entrailles de sa mère. Élisabeth s’en distingue cependant en ce qu’à son propos, on sait qu’on l’appelait : 'la femme stérile' [3]. Il n’est jusqu’à rappeler l’enfant que porte Agar elle-même : si la conception de celui-là relève davantage de la nature humaine -et moins directement d’une prodigalité de miséricorde (l’esclave de Saraï n’est, elle, ni stérile ni âgée)-, Ismaël initie cependant une descendance tellement nombreuse qu’il sera impossible de la compter [2, APR note 57]. C’est dans le désert que son nom d’Ismaël lui est donné : lui-même étant encore dans les entrailles de sa mère ; n’est-ce pas dans le désert que Jean Baptiste ira vivre à son tour ? Toutes proportions gardées entre deux destinées bien différentes, ne relève-t-on pas ici comme un "précurseur" du précurseur ?

Livre d'Isaïe 49,1-6. (*)/(*) 
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coutez-moi, îles lointaines
(<-)[30?] ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J'étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m'a appelé ; j'étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m'a protégé par l'ombre de sa main ; il a fait de moi sa flèche préférée, il m'a serré dans son carquois. Il m'a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai. » Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c'est pour le néant, c'est en pure perte que j'ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait aux yeux du Seigneur, ma récompense auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël. Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma force. Il parle ainsi : « C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la lumière des nations (*), pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. (Mi) » (Ac)(Ac)(Ac)

            « Je me suis fatigué pour rien, c'est pour le néant, c'est en pure perte que j'ai usé mes forces. » Parole ô combien fataliste et résignée, qui n’aurait pas dénoté si elle avait été prononcée par la bouche de Zacharie. Parole qui a bien été prononcée de la bouche de Zacharie ! Elle a simplement été formulée autrement, comme en écho à Isaïe : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée. [4] » En effet, si les voisins et la famille –les mêmes que ceux qui, à présent, se réjouissent- ne les avaient alors pas écarté de leurs relations, c’est essentiellement parce que tous les deux "se sont fatigués" à vivre comme des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur d'une manière irréprochable [4]. De plus, à l’image de la fonction de patriarche réservée à Abram, celle, éminente, de prêtre chez Zacharie devait contribuer à les mettre à l’abri de tout ostracisme excessif, lié à la stérilité d’Élisabeth. Il n’empêche : les coutumes ont la vie dure, et le vieux couple a dû user bien des forces pour réduire les préjugés extérieurs à des proportions qui leur soient supportables. C’est en ce sens que la réponse de Zacharie à l’ange annonciateur du Seigneur [5] peut être comparée au soupir d’Isaïe : en ce sens qu’en réponse à la réponse, "voici que le vieux prêtre devra garder le silence, et il ne pourra plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce qu’il n'a pas cru à ses paroles : elles s'accompliront lorsque leur temps viendra"[4]. Quand arrive le moment où Élisabeth doit enfanter, elle met au monde un fils. Et ce moment vient précisément signer le temps de l’accomplissement.
         Les coutumes ont la vie dure ? Même si, a priori, celles qui régissent le choix du nom portent moins à conséquence qu’une réputation entachée de stérilité, elles ne font pas exception à la règle : le premier-né mâle est censé se nommer comme son père. Fort heureusement, il est également censé être nommé par son père ; peu importe ce que veulent les voisins et la famille : c’est le père qui a le dernier mot, la volonté du père qui s’accomplit sur sa descendance. Naturellement, chez Zacharie vient se greffer une difficulté particulière [6] : lui, cela fait neuf mois qu’il a prononcé son dernier mot ! Ceci sur un autre fondement [7, notes 8,9] que celui consistant à nommer. D’où l’étonnement de tout le monde lorsque, s’ajoutant au nom écrit sur la tablette, sa bouche s'ouvrit à l’instant même [8] (signant le lien [9] de cause à effet) et que sa langue se délia : l’événement est cependant assez frappant en soi pour y manifester la main du Seigneur -dans une configuration moins catastrophique [10, APR note 20][11, note 54] que merveilleuse : il parlait et il bénissait Dieu-… et par suite, dissuader quiconque de passer outre la volonté du père.

Livre des Actes des Apôtres 13,22-26. (*)/(*)(*)
Dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a suscité David pour le faire roi, et il lui a rendu ce témoignage ; J’ai trouvé David, fils de Jessé, c’est un homme selon mon cœur
(1S) ; il accomplira toutes mes volontés [*](Mt). Et, comme il l'avait promis, Dieu a fait sortir de sa descendance un sauveur pour Israël : c'est Jésus, dont Jean Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un baptême de conversion (*)[*][*][91][*]pour tout le peuple d'Israël. Au moment d'achever sa route, Jean disait : 'Celui auquel vous pensez, ce n'est pas moi. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales.'(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*) Fils de la race d'Abraham, et vous qui adorez notre Dieu, frères, c'est à nous tous que ce message de salut a été envoyé.

         Les coutumes ont peut-être la vie dure ; mais elles ont au moins l’avantage de laisser au père sa dignité, sa souveraine liberté et son autorité : c’est-à-dire, tout ce que réduit à néant l’épée tranchante après laquelle aucun droit ne subsiste [12][13] quand elle a été tirée du fourreau par quelque serviteur de la "médecine"©[14, note 17] ayant à son tour [15][16] suscité un "juge aux affaires familiales"©©©[17][18][19] sous psypnose [20, notes 12][2, note 53][21; foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société234599_Y471AMPN446I25VB5HC3R52RBYNAGV_aspirine_H135420_L.jpgcelui-là accomplissant alors toutes ses veulontés [22][23] selon son cœur, à la mesure [24] de ce qu’elles abolissent [25] simultanément celles du père. Il est sauvagement brai [2, APR note 57] que, ce dernier ayant été préalablement télé-"gratifié"[26, APR note 82][27][27bis] d’une "abolition de son discernement"©[28, APR note 57][29,§2][30][31][32] (usage sémantique proclamant implicitement l’égalité de fait entre le Docteur et… Dieu [33] -excusez du "peu" !…-, puisque le réputant adorablement "compétent" à sonder les reins et les cœurs [34][35,Jr]…), voici qu’il n’est plus même digne de défaire ses propres sandales ! C’est dire que dans la vérification a posteriori de ce qui a été décrit à son sujet afin d’étayer la forme de conviction dans le moIdefix_messager.gifnde réel [36, AV note 30], celui-là pourra faire tomber une pluie dissolvant la dite "forme étayée", faire dévaler des torrents de convictions autrement mieux étayées [37, notes 100 à 106], souffler des tempêtes qui s'abattent sur cette raison des années durant [38, APR note 37][39, APR note 69] : celle-ci étant absente [40] -au même titre [41][42] qu’un père réduit à néant [13][43]-, pouf pouf [7, notes 25] ! comment pourrait-elle s’écrouler ? À dissolvant, dissolvant et demi : celui auquel on pense, ce n’est pas lui qu’on préfère [44! Toujours plus loin [2, notes 32 à 37], comme promis [45] ; mais c’est par un seul [46, notes 97 à 104] que le message est envoyé au dahu [37, note 5] : les coutumes, elles, ne sont pas seules [47][48][49][50][50bis,Ac][51][52!] à avoir la vie dure [53, note 13/2]

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