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samedi, 09 juillet 2011

Démons et dévots.

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

[*] ____________________ [*>*][*][*][*]-[*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
(1)
[Mardi 5 juillet 2011 {*}{*}{*}]  (Lc)(*)(Lc)(Lc)
On présenta à Jésus un possédé qui était muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. La foule fut dans l'admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »
(Lc)(Lc)
(
Lc)(*)(Lc)(*)(Lc)(Lc) Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité [3]. Voyant les foules, il eut pitié d'elles [9] parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

         "Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies". Sur cette citation du prophète Isaïe, ainsi s’achevait récemment un Évangile précédent [1], du même Matthieu. Prendre nos souffrances, porter nos maladies ? Accomplir ainsi la parole prononcée par le prophète, cela commence par ne pas détacher la citation de son contexte : "ainsi", c’est à la suite immédiate de ce que Jésus avait alors guéri à distance le serviteur d’un centurion romain, pris la main de la belle-mère de Pierre afin que la fièvre la quittât, chassé par sa parole l’esprit mauvais de beaucoup de possédés et guéri tous les malades. Et s’Il a accompli ainsi la parole prononcée par le prophète Isaïe : "pris nos souffrances, porté nos maladies", Il ne s’est nullement retrouvé tout à coup au lit, paralysé et souffrant terriblement, couché avec de la fièvre, héritant enfin de beaucoup d’esprits mauvais et de toutes les maladies des gens qu’Il a guéris ! Pas davantage s’est-Il retrouvé souffrant d’hémorragies sitôt qu’une femme lui toucha la frange de Son vêtement par derrière… ou mort à l’instant, en saisissant la main d’une jeune fille [2, APR note 145]; plus qu’il n’en faudrait à ce qu’Il fût assez fatigué et abattu pour avoir encore quelque énergie à parcourir toutes les villes et tous les villages, enseigner dans les synagogues, proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume et bien sûr -plus que jamais-… guérir toute maladie et toute infirmité : charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même ? Sans compter qu’à poursuivre cette logique absurde (prenant néanmoins au pied de la lettre la parole prononcée par le prophète Isaïe… faisant abstraction de son esprit [3, APR note 4]), proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume va poser aujourd’hui une difficulté particulière [4]: en effet, n’est-ce pas un possédé qui était muet qu’on présente à Jésus ? Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler ? Formidable… mais dans ce cas, c’est Jésus qui devient muet ! Les foules seraient-elles assez familiarisées avec les méthodes gestuelles du langage des sourds-muets pour que l’un d’entre ceux-là enseigne ainsi dans leurs synagogues, et leur proclame ainsi la Bonne Nouvelle du Royaume (…du silence [5?]) ? Or, il est heureux que jamais rien de pareil ne se soit vu, ni en Israël ni ailleurs !
         À cette époque, tout du moins : parce qu’à la lettre, "prendre nos souffrances, porter nos maladies" n’est pas sans rappeler furieusement certaines méthodes [6, APR note 51] qui, à l’abri d’un vocabulaire [7, APR note 24] se voulant hautement "scientifique"©[8][9][10][11][12], (se) donnent l’impression, l’illusion [13, APR note 44] d’avoir tordu le cou à toute dimension méritant le qualificatif peu gratifiant de superstitieuse [2, note 174]. De telles méthodes s’étant imposées comme indiscutables [14, note 1][15][16], la conclusion logique à en tirer s’impose également : elles rendent muet !

         Fort éloignée de telles considérations (qui n’eussent cependant pas tantpareillé, de la bouche de pharisiens (mé)disant : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons »), la foule fut dans l'admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! » Ici, c’esticeberg.jpg bien la foule qui est dans l’admiration : non plus Jésus donnant en exemple la foi du centurion romain. Or, quel est donc ce "jamais vu en Israël" qui appelle autant d’admiration de leur part ? Un muet se mettant à parler : soit. Mais nous sommes là chronologiquement après l’épisode de Capharnaüm, après tout ce qui s’y est vu : centurion romain, belle-mère de Pierre, esprits mauvais -non moins efficacement chassés que celui d’aujourd’hui- et toutes maladies guéries. Nous sommes peu après la mort de la fille du chef et la femme souffrant d’hémorragies : à Capharnaüm comme aux alentours, il s’en est vu en Israël ! Alors, qu’un muet se mette à parler est certes une bénédiction, d’abord pour lui-même. Mais en réduisant l’événement à un langage purement journalistique, offre-t-il en lui-même matière à fournir un scoop [17] plus sensationnel que tous ceux qui l’ont précédé ? Aussi, ce « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! » est-il en partie la goutte qui fait déborder le vase -comme la parole peut à présentdéborder d’un homme qui en a été longtemps privé- : comptant évidemment pour celui-là, mais intégrant dans l’admiration de la foule tout ce qui s’est déjà vu avant lui. Puisqu’il est question de voir, cette partie n’est précisément que la partie visible : comme peut l’être la partie émergée de l’iceberg [18]. Or, quelle est donc la partie invisible et immergée qui, même en émergeant et se rendant visible, aurait peine à susciter la moindre admiration de la part de quiconque ? La question n’est pas secondaire puisque, de même que partie émergée et partie immergée se touchent, jamais l’Évangile n’évoque-t-il la partie invisible sans la relier aussitôt –ou à proximité- à la partie visible, douloureuse à la mesure de ce que celle-ci concerne des maladies de toutes sortes, depuis la simple fièvre jusqu’à l’impurissime lèpre [19, note 19] : sans omettre la mort elle-même qui, à vue humaine, est si irréversible que le pouvoir de la rendre réversible fait se moquer [2, AV note 146] ceux qui habitent dans cette vue humaine, refusant d’en sortir. (Bien que ce pouvoir ait été donné aux douze Apôtres eux-mêmes [>Mt(3)][19, APR note 15], sans doute n’auront-ils pas été épargnés par de telles attitudes –« Si l'on refuse de vous accueillir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds » [>Mt(3)]- : le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur [>Mt(5)].) Ici encore, qu’un muet se mette à parler, que toute maladie et toute infirmité soit guérie -jusqu’au mort qui ressuscite-, nous sommes là sur un aspect infiniment plus réjouissant et positif de la partie visiblemais nous sommes toujours dans cette partie visible : l’autre partie reste à approcher. Il se pourrait en effet que sur notre route, il n’y ait pas que les lumières du Royaume des cieux qui soient tout proches

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-33.
(2)
[Mercredi 6 juillet 2011 {*}{*}{*} (Mt 10,1-7)] [*]/(*)(Lc)(Lc)(Mc)(Lc)(*)(Mc)(Mc)
Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël
[*]. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche.
(3)[Jeudi 7 juillet 2011 {*}{*}{*} (Mt 10,7-15)] (*)(*)[1](*)[11](*)(*)(*)
(
Lc)(Mc)(Mc)(Lc)(Mc)(Lc)(Mc)(12)| (Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(72)|
Jésus disait aux douze Apôtres : «  Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. Car le travailleur mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu'à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l'habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Si l'on refuse de vous accueillir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »
(4)[Vendredi 8 juillet 2011 {*}{*} (Mt 10,16-23)](Lc)(*)(Lc)(*) « Voici que je vous envoie 277001122.jpgcomme des brebis au milieu des loups. Soyez donc adroits comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez [!], c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez [?] dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n'aurez pas encore passé dans toutes les villes d'Israël quand le Fils de l'homme viendra. »
(5)[Samedi 9 juillet 2011 {*}{*} (Mt 10,24-33)](*)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc) « Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Le disciple doit se contenter d'être comme son maître, et le serviteur d'être comme son seigneur. Si le maître de maison s'est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison. Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé [*][I][II][III][IV], tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour (*) ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne [>4][46] l'âme aussi bien que le corps [*]. Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde (Mt(2)). Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

         S’il y a ceux qui ressuscitent le corps, il y a aussi ceux qui le tuent. Mais si ceux-là ne peuvent pas tuer l’âme, c’est bien qu’ils partagent la partie visible avec les premiers. Il est à craindre que traiter de la partie invisible à la mode de la partie visible oblige plutôt à intégrer cette partie invisible corps et âme afin qu’elle devienne visible et par là, appréhensible selon les canons en vigueur d’un réel scientifique qui soit là, pour tous [13, AV note 41]. À cet égard, il existe le fameux phénomène de cette singulière expérience aux frontières de la mort, connue sous les initiales américaines de NDE (Near Death Experience)[20. Mais d’une part, ceux qui témoignent en avoir bénéficié l’ont connue à titre parfaitement involontaire : certes pas en vue de pouvoir traiter ensuite de la partie invisible après se l’être momentanément rendue visible ! D’autre part, l’expérience n’est pas valable dans un tel cadre. Car la partie invisible est alors intégrée par l’âmesans le corps : celui-là étant alors donné pour cliniquement mort selon les canons en vigueur d’un réel scientifique qui soit là, pour tous (est-il ressuscité -ou simplement réanimé- à l’issue de l’expérience ? c’est là une autre question…) C’est dire que celui qui est vraiment désireux d’étayer plus précisément dans le monde réel sa forme de conviction sur la vérification [13, AV note 30] de ce qui est écrit en Mt 10, 24-33 devra, en définitive, savoir renoncer aux illusions du mondeainsi qu’à tout le reste ! C’est-à-dire qu’il devra aller jusqu’à risquer [13, APR note 45] de se trouver dans un endroit à la vue imprenable pour l’objet de sa vérification, tout en n’étant pas exactement certain de pouvoir revenir ensuite dans la partie visible commune afin de partager ses nouvelles convictions acquises sur le terrain. Tant qu’il tâte du Royaume des cieux, soyons donc sans crainte : il devrait y obtenir quelque consolation en dépit de cette relative frustration. Cependant, ce n’est pas non plus exactement sur cet aspect de la partie invisible que Matthieu se prononce le plus explicitement en 10, 24-33 : il ne nous cache pas, en effet, que celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps n’est pas compté parmi les gens de la maison dudit Royaume. Par conséquent, la bonne nouvelle de voir celui-là sans voile (et donc, de pouvoir étayer sa forme de conviction, etc.) risque de s’accompagner d’une nouvelle moins bonne à l’usage : parce que le voir, c’est aussi voir la géhenne. Voir la géhenne et le proclamer sur les toits (à supposer que la possibilité en fusse offerte), est par ailleurs susceptible de refus d’accueil et d’écoute, ceci au même titre que s’il s’agissait de proclamer la proximité du Royaume des cieux : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.'[21] Dès lors, le risque en vaut de moins en moins la chandelle : à essuyer un refus, autant que ce soit au sujet de Celui pour qui on se sera prononcé ; si nos cheveux sont tous comptés, nous n’avons pas non plus à rendre compte du nombre de cheveux du refuznik [22, APR note 77].
       La question posée plus haut reste donc intacte : quelle est la partie invisible et immergée qui, même en émergeant et se rendant visible, aurait peine à susciter la moindre admiration de la part de quiconque ? Le disciple doit se contenter de glaner quelque élément de réponse au sein de la partie visible : dans un réel qui est là, pour tous, à portée de main. Pourquoi s’en priver ? Le fait est que dans cette partie-là, la moisson en négatif !- est surabondante : il suffit de se baisser pour la ramasser. Parce qu’il n’est pas besoin de se mettre en état de catalepsie (!) pour trouver sans peine du palpable et du visible peu enclin à susciter la moindre admiration de la part de quiconque : il suffit d’être abonné à un quotidien pour en avoir déjà la nausée !

         On présenta à Jésus un possédé qui était muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. Quelqu’un a-t-il entendu Jésus mentir que ce possédé était possédé ? "Lorsque le démon eut été expulsé…" : quelqu’un a-t-il vu le démon sortir ? En amont, quelqu’un avait-il vu le démon entrer ? Si on avait présenté à Jésus un possédé qui ne l’était pas –la thèse rétrospective étant qu’il "souffrait"© simplement d’une "maladie"© inconnue à l’époque [23, note 1][24, AV note 17](!): "maladie"© qui, pourquoi pas, pouvait le rendre muet-, admettons qu’Il la guérisse puisque Il guérit toute maladie et toute infirmité : c’est là une heureuse issue pour le principal intéressé… mais une mauvaise nouvelle pour la foule. En effet, osons être iconoclaste : en ne démentant pas que ce possédé fût possédé, Jésus maintient délibérément une foule ignare dans une forme de conviction superstitieuse et "obscurantiste"©, lui faisant croire à l’existence d’un démon que, par définition, personne n’a vu. Si le maître de maison traite ainsi la foule, qu’en sera-t-il pour les gens de la maison ?
       Maintenant, que se passe-t-il avec un démon -invisible ou se rendant "visible" en possédant un homme- mis en présence de Jésus ? Cherche-t-il à gagner du temps, à négocier une prolongation, un temps aménagé ou partiel (!) de sa possession, comme inversement Abraham cherchait à négocier le salut de Sodome auprès du Seigneur [25, AV note 9/2] ? La seule "négociation" qui nous soit rapportée -émise par un esprit mauvais- fut de passer d’un homme à un troupeau de porcs [26! Côté Jésus, que se passe-t-il ? Cherche-t-Il à négocier le salut d’un démon, à le gagner à Sa cause, à le convertir ? Jamais : l’esprit mauvais se reconnaît à ce qu’il est dépourvu de marche arrière. Étranger –voire hostile- à toute notion de regret, de pardon ou de réparation, il n’en est pas moins esprit : c’est-à-dire qu’il inspire. Il ne peut inspirer que ce qui répond à son image : tout ce qui est dépourvu de marche arrière [27], de regret, de pardon ou de réparation, etc. Soyez donc sans crainte : même si vous n’en voyez rien dans la partie invisible, vous devriez trouver sans peine du fidèle [28, note 52] répondant quelque part dans la partie visible. Ce que savent déjà ceux qui ont présenté à Jésus un possédé : ils n’ont pas besoin d’avoir vu un petit diablotin cornu –ou senti une vague odeur de soufre- pour ne pas confondre un cas de possession avec une symptomatologie organique "naturelle". Encore une fois, s’ils avaient néanmoins opéré une telle confusionerrare humanum est-, si le disciple n’est pas au-dessus du maître, celui-ci est là pour dévoiler ce qui est voilé. Ils savent également –et le démon aussi : y compris quand il "négocie"- qu’avec un esprit mauvais -invisible ou se rendant "visible" en possédant un homme- il n’y a rien d’autre à faire que le chasser, l’expulser. Tout ce qui est en plus -et pour cause !- vient du Mauvais [29].

        Maintenant, que se passe-t-il lorsque le démon "n’existe pas"[25, notes 54,55] ? Qu’en est-il du répondant dans la partie visible si la question est fermée dans l’invisible ? Aussi mauvais soit-il, un esprit est un esprit : il inspire, il aspire, ce qui produit de l’air. De l’air aux courants d’air, il n’y a qu’un pas. La question est fermée dans l’invisible ? Oui mais, par la porte seulement : chassez l’indésirable par la porte, il revient par la fenêtre. Soit celle-ci est mal fermée, et il s’engouffre grâce aux courants d’air ; soit elle est mieux fermée : dans ce cas, il suffit juste d’un 1364615387.jpgpeu de ruse mettant en scène de la patte blanche [30][31] épousant les courants (d’air) de pensée du moment, et elle vous est ouverte de l’intérieur. Or, « le vent souffle où il veut  : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit »[32] Il en est également ainsi du souffle d’un esprit plus ténébreux, à une exception près : si on ne sait pas toujours d’où il vient, on sait mieux où il va. Maniaque de la propreté, il va… passer l’aspirateur [33, APR note 24]. (Que la fée du logis ne s’offusque pas : il ne s’agit pas là de décourager l’hygiène domestique, puisque nous traitons de la partie invisible…) Alors, il s'en va… mais il prend ensuite sept autres esprits encore plus mauvais que lui, ils y entrent, et ils s'y installent [34]. Sept, cela provoque davantage de remue-ménage qu’un seul : davantage de courants d’airdavantage de répondant dans la partie visible. La ruse de la patte blanche, c’est l’art de l’imitation [35] (que les imitateurs professionnels ne paniquent pas non plus : cultivant leur art dans la partie visible, ils ne sauraient répondre de la partie invisible !…) : le loup cherchant à investir la place en proclamant « Coucou ! Méga-surprise [36, notes 1] : je suis le grand méchant loup » essuierait un échec aussi cuisant que l’on saurait même d’où il vient. D’une part parce que, à l’évidence [37, APR note 70] il serait reconnu comme tel ; d’autre part -et c’est là une bonne nouvelle- parce que tant que porte et fenêtres sont correctement fermées, l’homme reste maître dans sa maison : jouissant d’un libre arbitre lui permettant encore de ne pas prendre des vessies pour des lanternes. Si nous ajoutons à ce constat une inclination naturelle de l’homme normalement constitué à un plus grand bien plutôt que vers de plus grands maux, la bonne nouvelle n’en devient que meilleure. En effet, l’esprit mauvais n'est pas au-dessus de lui, puisque fonctionnant à sens unique : il vient du mal et va au mal ; handicap qu’il ne peut compenser [38] qu’en demeurant dans l’ombre (de la partie invisible), qu’en susurrant dans le creux de l’oreille [>Mt(5)]. Et si "la main de Dieu" (dans son acception éprouvante [39][21, APR note 17][40, APR note 20][41, note 54][25, APR note 26]) pourrait volontiers se définir comme l’art de se servir d’un mal existant en vue d’un plus grand bien, l’imitateur, lui, n’a de cesse que de se servir d’un bien existant en vue d’un plus grand mal : c’est dire que si le disciple doit se contenter d'être comme son maître [>Mt(5)], il ne saurait se contenter du bien-être d’un bien existant en ne comptant qu1509429215.jpge sur ce bien-être pour baisser la garde et reposer la tête [41], s’installant dans l’assurance de la pérennité d’un bien par sa seule qualité de bien. « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups »[>Mt(4)] n’offre pas précisément la merveilleuse perspective d’un billet gracieux pour l’île aux enfants [2, notes 75 à 77]  : là où tout le monde est gentil avec vous [43][44, note 1] parce que tout le monde est normalement constitué, inclinant à un plus grand bien plutôt que vers de plus grands maux ; se laisser pousser de plus grandes oreilles [45], par exemple, n’atteste en rien d’un plus grand bien en soi : la procédure en devient même suspecte, étant superflue [46] pour entendre dans le creux de l'oreille [>Mt(5)]
        « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. »[>Mt(4)] Voilà qui a au moins le mérite d’être clair aux yeux du disciple. "Adroit comme le serpent"[>Mt(4)], celui-là a flairé l’entourloupe : il a donc refusé l’offre gracieuse d’un billet pour l’île aux enfants, lieu idyllique s’il en est mais tellement opposé en tout point [47,1] à des hommes dont il faut se méfier pour les raisons énumérées ci-dessus que sa cohérence avec un réel qui est là, pour tous, se fait discutable. Le disciple sait renoncer aux illusions du monde [13, APR note 45] ! Content d'être comme son maître [>Mt(5)], il est "candide comme la colombe"[>Mt(4)]: jamais l’imitateur ne viendra s’aventurer sur un terrain aussi miné. Ce sacripant, lui, se sert d’un bien existant en vue d’un plus grand mal : ce qui, peu ou prou, répond à la définition de la séduction [48]. Se méfier des hommes, se faire livrer par eux aux tribunaux et se faire flageller dans leurs synagogues : autant de critères étrangers au bien commun ou individuel (attendu que dans un tel contexte, de tels actes sont perpétrés alors que le disciple, lui, n’a aucun mal consistant à se reprocher, tant au regard d’une saine conscience collective que de la loi du moment). Si peu séduisant, le terrain est donc bel et bien miné… et "la colombe" vire bel et bien augrisâtre [49].
        Car hélas, si on se méfie des hommes, on ne se méfie pas assez des effets étranges du saute-mouton [28, note 85]. « Soyez donc adroits comme les serpents, et candides comme les colombes. » Il est notable que les deux qualificatifs se suivent immédiatement, la conjonction "et" étant d’ailleurs là pour en renforcer plus visiblement la coordination. La séduction appelant étymologiquement à la séparation [50], la scission de deux éléments –ouvertement et originellement coordonnés- présente alors le risque d’ouvrir la voie à une séduction qui, jusque là, ne trouvait pas de prise ; si la porte est bien fermée, voilà qu’une fenêtre l’est plutôt moins bien : attention aux courants d’air. Cette scission n’est pas nécessairement maligne (voulue en concertation [51] avec le loup afin de lui faciliter la tâche), mais résulte néanmoins d’une pratique assidue du saute-mouton. En effet, les deux qualificatifs se suivant immédiatement, lorsque le dit praticien (endiablé ?[52, note 41]) atterrit sur « Soyez donc adroits comme les serpents… », hop ! il passe par-dessus « …candides comme les colombes ». S’il atterrit sur « …candides comme les colombes », il vient de passer par-dessus « Soyez donc adroits comme les serpents… » Il n’y a donc pas que les lois les plus élémentaires de la zoologie qui interdisent d’être simultanément serpent et colombe : le saute-mouton aussi [19] ! Ce qui est encore sans compter sur le constat suivant : lorsque le mouton sauteur est en hauteurle disciple est au-dessus de son maître, et le serviteur au-dessus de son seigneur [>Mt(5)].

        « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. » Phrase peu séduisante : soit ; encore n’interpelle-t-elle que le disciple, champion du saute-mouton ou non. Parce que l’ensemble de l’Évangile apparaît peu séduisant à beaucoup ; chez ceux pour qui les ténèbres du démon "n’existent pas"[25, notes 54,55], la lumière "d’en face" n’est souvent pas à meilleure enseigne : loin d’être dans l’admiration, la foule la plus bienveillante accorde à la rigueur quelque "existence historique" à ce Jésus qui parle ainsi à ses disciples, mais elle prie le maître de la moisson de ne pas venir les importuner plus que de mesure avec ses démons, ses bergers et ses brebis, ses loups, ses serpents, ses colombes et autres moineaux. Ce n’est pas tant qu’elle s’estime au-dessus de foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétépareil défilé de bestioles visibles et invisibles, mais elle a trop à faire [53] dans un monde si duuuuuuuuur [54, note 9] : ce serait être sans pitié d’elle que de lui servir ainsi de quoi la fatiguer et l’abattre davantage. « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. » Rien à faire : phrase peu séduisante. Alors, pourquoi celles-ci séduisent-elles donc tant les foules ? « …Bagout extraordinaire, tchatche exceptionnelle, faconde hors-norme. Méfiance.[55,1][56, APR note 35]» ou bien : « Ils ont aisément recours à des menaces. […] Certains ont un tempérament explosif et peuvent en venir aux mains aisément. Ils abusent des procédures juridiques… »[55,10] Et encore ne s’agit-il ici que de quelques minces extraits, naturellement sélectionnés en fonction de leur proximité sémantique criante avec la fameuse "phrase peu séduisante", le reste étant à l’avenanten bien pire, ce qui est d’ailleurs écrit depuis longtemps : « Si le maître de maison s'est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison. »[>Mt(5)]. De plus ne s’agit-il ici que d’un seul auteur : ce qu’il dit au grand jour, combien d’autresconnus [57][58, notes 93,94][59][60][61] ou inconnus- ne le proclament-ils pas sur les toits ? Et si on en trouve beaucoup dans l’ombre des tribunaux [16][62][63, notes 34 à 38][15][64], cela flagellera-t-il les yeux du disciple que de CONSTATER [65, note 17] qu’ils ne sont pas exactement du côté des livrés dans l’esprit de Mt 10, 16-23 ? Le disciple y parierait-il son entrée au Royaume des cieux [66, APR note 31] ? Le Royaume des cieux ? Qu’est-ce donc ? répond comme en écho celui d’entre eux qui pratique [67] la lettre seulement- le même Mt 10, 16-23 ? Parce que sans l’esprit, aïe : ce n’est pas tant qu’il présente de difficulté particulière [4] à le pratiquer ; mais le réalisateur [68] –dont on connaît par ailleurs l’inflexibilité- est formel en matière de distribution : à celui-là échoit exclusivement le rôle du disciple craignant ceux qui tuent le corps, ne se tourmentant pas pour savoir ce que dire ni comment le dire… laissant faire à sa place "ceux qui savent"©©©[69, notes 66 à 70](!), ne persévérant pas jusqu’à la fin (mais persévérant jusqu’au lapin [70][71, APR note 23]), livrant son frère pour se "sauver"©, soutenu par tous à sa cause [72, note 59], reniant le Maître devant les hommes par ses actes [73, note 2][74, note 2][75,Jc][76,Jc], etc. Un tel rôle est déjà si étoffé [77] en soi que le disciple a trop à faire [28, note 79] avec celui-là pour seulement en envisager un autre, plus reluisant ! Il peut d’ailleurs trouver sa consolation en comptant sur les applaudissements nourris des spectateurs du fond de la salle [78] qui, un rien candides comme les colombes, saluent la performance de l’acteur-méchant-du-film depuis qu’ils l’ont imaginé différent à la ville qu’il n’est sur le plateau [79, APR note 47][80, note 38] (comment le pourrait-il, craignant jusqu’à la différence elle-même [81] ?…).
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Quant à ceux-là, même s’ils saluent ainsi, il ne faudra cependant pas compter sur eux pour faire le salut de l’acteur-méchant-du-film à sa place…

        Or donc, en dépit de ce que l’Écriture cite les "démons" dans quarante et un versets, l’épithète "démoniaque" au sein de treize versets, "Satan" dans quarante-sept, "diable" dans trente-deux [23, note 29], en dépit de ce qu’on suive à la trace l’esprit mauvais par ses œuvres [82][83,Jn(2)] dans la partie visible, la nouvelle tombe sur les téléscripteurs, implacable mais néanmoins réjouissante au cœur du mécréant qui peut ainsi continuer à se moquer du détestable disciple y croyant encore : le démon est une fable pour disciples attardés, sur lesquels on a fait pression afin de les effrayer. L’objectif de cette "mystification" était à l’évidence [37, APR note 70] de maintenir ces affreux "obscurantistes"© sous la sujétion de la peurComme n’importe quel observateur -ayant les yeux en face des trous- peut à présent le remarquer : depuis qu’on les a gentiment délivrés de cette funeste sujétion –c’est-à-dire, depuis que le démon a suivi le chemin de la méchanceté [84, APR note 50] et du péché [84, notes 29,30] : soit en "n’existant pas", soit en étant contenu au forceps dans une "réalité"©[85, note 70] la plus extraordinairement vague [86, note 61] possible–, les voilà rassurés [47, note 3] : débarrassés [87] de tout monstre pas gentil ("fantôme"©[88][89] de type "psychopathe"©[90], "personnalité manipulatrice"©[60], "personnalité maniacoparaschizoïdotripolaire [91] à basse pression inversée et arbre à came en tête"©[92, notes 11 à 14] [sensiblement la même que la précédente, proposée ici dans une séduisante version grand luxe, toutes options], "pervers narcissique"©[93][86, APR note 65], "mythomaniaque"©[94, note 7],"schizophrène"©[86, notes 62 à 64][95], chien méchant [28, APR note 12], "loup"© [ vorace ou féroce[31, note 38] : à la Demande[96] ] et autres appellations à faire frémir), les disciples "désobscurantisés"© n’ont plus peur de rien, transpirent de joie (intérieure [97][98, APR note 26]) et de bonne humeur (intérieure aussi : sans doute leur a-t-on déconseillé [54, APR note 57] le cabriolet [99] en cas de pluie [100][101][102][103] ?) tant ils se sentent tell534482711.jpgement mieux [104, note 1]. En fermant les yeux sur les "quelques"[101, note 49] monstres pas gentils émaillant la parenthèse ci-dessus, on pourrait même se laisser aller à les admirer d’incarner aussi impeccablement la phrase suivante : « Oui, mon joug est facile à porter [105, APR note 4], et mon fardeau, léger [2] » ! Puis, en rouvrant les yeux sur les "quelques" monstres pas gentils émaillant la parenthèse ci-dessus (sont-ce leurs incompréhensibles grognements qui ont attiré notre attention ?), on relèvera un amusant petit détail : que fait-on (dans la partie visible) de l’un de ces épouvantables "esprits mauvais"© (dans la partie invisible… sauf aux "experts"©[2, notes 63 à 65][106][107][108][109, APR note 55][110, notes 24 à 28] !) si l’on est fatigué et abattu [111] de son refus d’être livré au tribunal de la "santé"©[112, notes 3,4][16, notes 17,18] et a fortiori, d’être flagellé de "soins"©[69, notes 80,81] ? Malheureusement [13, APR note 30], il n’y a rien d’autre à faire que le chasser, l’expulser [113]. Heureusement, pour ce faire il y a d’autres fondements [114, note 7] (hautement rationnels [115][116][117] : si, si…) que de moyenâgeuses diableries !

        Sans reculer jusqu’au Moyen-Âge (à considérer d’une part en amont qu’aucun obstacle ne se dresse à cet effet [27], d’autre part que personne n’en devienne une colonne de sel [25, APR note 46] en aval !…), il y a aussi d’autres fondements qui, bien qu’ayant été proclamés sur les toits par les sages et les savants de leur époque, ne nécessitent pas de longues années d’études [118] aux tout-petits, pour qu’à ces derniers rien n’en soit caché qu’ils n’en aient à peiner sous le poids du fardeau [2,Mt(1)] d’un jargon ésotérique leur interdisant de fagenie2.jpgcto d’en saisir la plus petite révélation. Ainsi de cette phrase qui, si elle n’est pas directement redevable de l’Écriture, n’est pas censée nécessiter davantage de longues années d’études (théologiques et exégétiques, celles-ci) pour que le plus limité des tout-petits n’y distingue immédiatement quelque "clin Dieu"fusse en négatif, eu égard à son contenu comme au contexte au cours duquel elle a été prononcée. Nous sommes en 1945 après Jésus-Christ, personnage bien connu de nos sages et savants puisqu’ils l’ont "hautement conçu" comme la plus illustre des figures de proue de la "paranoïa clinique"©[14, note 1][119, AV note 1]. C’est d’ailleurs là le trait le plus dominant du sage et du savant : il "conçoit hautement" afin de se hisser au-dessus [2, note 175] du tout-petit. [ Cependant, ne nous y trompons pas ; en soi, de longues années d’études sanctionnées par le diplôme ad hoc peuvent légitimement situer l’heureux titulaire au-dessus du tout-petit simple bachelier sans y voir systématiquement chez le premier une attitude obligée de condescendance et de mépris à l’encontre du dernier : le fait est qu’il n’y a aucune malignité à ce que les connaissances acquises de l’un se situent bien au-dessus de celles de l’autre. Le possesseur de la lampe magique peut tout aussi bien en frotter les parois afin de faire apparaître le génie qui exaucera ses vœux : bénéfiques s’il s’agit de faire le bonheur de son entourage, maléfiques [120, note 15] s’il s’agit de lui faire accomplir des actes nuisibles à ce même entourage. Il peut également s’abstenir d’en frotter les parois, se contenter d’exposer sa lampe au–dessus de sa cheminée à titre d’ornementation… la mettre de côté dans un linge [121] ou l’enfouir dans la terre [122] : dans tous ces cas de figure, c’est toujours le même possesseur, la même lampe magique, le même génie… ]
        Nous sommes donc en 1945 après Jésus-Christ : « la réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie »[123, note 14]. Du seul point de vue scripturaire –le fameux "clin Dieu"-, le tout-petit est déjà saisi au cœur. En effet, quel que soit son degré personnel de connaissances -et aussi peu que lui chaille la seule notion de psychothérapie-, l’objectif souligné dans cette courte phrase dévoile au grand jour d’autres notions qui, même à pousser l’indifférence jusqu’à la personne de Jésus, peuvent difficilement l’inciter à passer son chemin en lui laissant accroire que rien ne le concerne : à moins de se ranger (de lui-même [124]…) parmi les bêtes [47,1, note 7][125, AV note 116], les notions du bien et du mal n’exigeront pas de lui qu’il se saisisse d’un dictionnaire encyclopédique pour en appréhender le sens : s’ils peuvent différer dans leur contenu selon que l’on soit Juif ou païen, simple ouvrier de la moisson ou polytechnicien, etc., s’ils peuvent entraîner moult confusions pouvant mener jusqu’au conflit ouvert (le "bien" de l’un étant interprété le "mal" pour l’autre, ou vice-versa : attitude aussi ancienne que l’humanité !), bien et mal ne soulèvent pas d’opprobre en tant que notions. Si opprobre il y a, celui-ci devrait au contraire être immédiatement dirigé contre l’être assez indigne et nuisible pour témoigner vouloir réinterpréter et finalement éradiquer le bien et le mal. Il n’y a pas même à se méfier [>Mt(4)] d’un tel être : il suffit simplement de refuser de l’accueillir et d'écouter ses paroles [>Mt(3)]. Il n’y a rien d’autre à faire que le chasser, l’expulser [>Mt(1)]… et secouer la poussière de ses pieds [>Mt(3)] : il y a là un témoignage pour lui et pour les païens [>Mt(4)]. Nous étions en 1945 après Jésus-Christ : nous sommes à présent en 2011 ; qu’en est-il de l’objectif exprimé par le Brock sévèrement [>Mt(3)] fêlé suivi de ses potes [126, notes 21,22] ?
        Parce que, sans être spécialement fort en thème -voire en se contentant de la seule connaissance livresque de la Genèse (ce qui ne présume donc pas de la foi)-, il est question d’éradication. L’éradication évoque la racine. La racine évoque l’arbre. Où donc est-il question d’arbre dans la Genèse ? Surtout, quel est le nom de cet arbre dans la Genèse ? L’arbre de la connaissance du bien et du mal [126, AV note 33] : excusez du peu ! Est-il néanmoins utile d’être bardé de connaissances délivrées par Paris V [127, note 37] et consorts pour en mesurer la portée au sein des seules trois dimensions [25, note 1] ? À ce propos, ne serait-il pas question du bien et du mal chez le Brock fêlé suivi de ses potes ? Ce monsieur n’a-t-il pas porté à la connaissance du monde un certain objectif bien pire [>Mt(5)] que de manger du fruit interdit ? Car, personne ne mange plus du fruit -interdit ou non- d’un arbre abattu [>Mt(1)]: celui-là est d’ailleurs comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent [128,Jn(1)]. Oui mais, n’en restera-t-il pas quelques-uns ? Selon le Brock fêlé suivi de ses potes, la réponse est clairement négative. En effet, déclarer que « la réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie », ce n’est pas déclarer que « la réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de telle "école de pensée"(sic) psychothérapeutique plutôt que telle autre. De la sorte, si l’une "condamne à mourir"[126, AV note 33] à la suite de l’éradication, une autre viendra voiler cet échec en prenant le relais ». Le Brock fêlé suivi de ses potes est un gourmand : avec lui, c’est tout ou rien. Ce qui, dès 1945, a le mérite d’être parfaitement clair pour tout le monde : Juif ou païen, simple ouvrier de la moisson ou polytechnicien, croyant ou incroyant, etc. Ce qui, dès 1945, a le mérite de parfaitement situer la genèse de pareil discours au croyant : toujours pas de petit diablotin cornu ou de vague odeur de soufre à l’horizon… mais est-ce encore indispensable ? Quelqu’un irait-il présenter à Jésus [>Mt(1)] la thèse indiscutable d’un Brock fêlé… inspiré de l’Esprit Saint, puisque celui-là n’a pas été rendu muet (!)? Maintenant, hors sa fonction individuelle de "psychiatre"©[119, APR note 4] -et puisque nous sommes dans la ligne d’autres fondements-, QU’EST le Brock fêlé ? Il est cofondateur de la Fédération mondiale de la "santé mentale"©[127] : excusez du peu également…

        Voilà donc à nouveau de quoi "conçevoir hautement" afin de se hisser au-dessus du tout-petit. S’il est à craindre quelque absence d’humilité en la matière, tant qu’il s’agit de jongler avec des connaissances quantifiables dans la partie visible, demeure sauve la légitimité d’une telle position : au pire la confrontation au réel permettra-t-elle avantageusement de ramener à de plus justes proportions en invitant à descendre quelques échelons. En attendant, le sage et savant "conçoit hautement" : de même que le forgeron manie l’enclume, le sage et savant manie le concept. L’enclume n’est pas un concept : en revanche, c’est un objet qui, en son temps, a pu être conçu par le sage et savant [128]. L’enclume n’appartient pas au sage et savant : elle appartient au forgeron. Si le sage et savant vient trouver le forgeron en lui disant avec insistance « rends-moi mon enclume ! », le forgeron va concevoir à son tour une enclume… en traitant comme telle le sage et savant (à un tel régime, ce ne sont plus "quelques échelons" mais une vertigineuse dégringolade !) L’enclume n’est pas un concept : à moins de la fondre, elle n’est pas redéfinissable [129, note 4] en machine à laver. Nonobstan402962439.jpgt, puisqu’elle appartient au forgeron, libre à celui-là de redéfinir son enclume en machine à laver. Simplement, son linge restera sale, et lui seul devra en répondre : sauf si lui-même l’a redéfinie au préalable en machine à laver -tout en lui gardant sa conception d’origine-, le sage et savant est ici hors de cause, la qualité de la lessive [130] également. Même à envisager la pire des thèses –à savoir, la redéfinition préalable incriminant le sage et savant-, voire la thèse inverse (c’est la machine à laver qui est alors redéfinie en enclume…), la terre ne va pas s’en inverser les pôles pour autant, le forgeron de la localité voisine n’en sera pas empêché de forger sur sa propre enclume, la mère Denis [131, note 17] de laver dans sa (propre, évidemment) machine à laver, etc.
        Le sage et savant manie le concept : un sage et savant sans concept, c’est un peu un forgeron sans enclume. Le sage et savant définit et redéfinit le concept : le plus téméraire va étayer précisément la forme de sa conviction sur la vérification dans le monde réel de ce qu’il a [13, AV note 30] défini conceptuellement. La redéfinition dudit concept vient précisément de ce qu’à l’issue de cette vérification, le sage et savant a obtenu une machine à laver dans le monde réel alors que ses calculs sont formels : c’était bien une enclume qu’il avait conçu. Encore que cette redéfinition ne s’impose pas nécessairement dans le produit fini lui-même s’il est bénéfique : combien d’inventions n’ont-elles pas résulté d’erreurs conceptuelles ? Après tout, le forgeron peut ne pas être mécontent de disposer d’une machine à laver… pourvu que celle-ci lui ait bien été définie comme telle : il n’y a de mal ni à posséder une machine à laver, ni à s’être trompé au départ en 302171857.jpgla concevant comme une enclume. De fait, comme la machine à laver appartient au forgeron, le concept appartient au sage et savant : ce bien-là est certes plus immatériel ; mais il demeure néanmoins possédable, voire matérialisé : notamment au moyen d’un dépôt de brevet. Matériel ou non, un bien est un bien : ce que même le plus petit des tout-petits devrait pouvoir comprendre… Et si le plus petit des tout-petits peine encore à comprendre qu’un bien soit un bien, on lui fera beaucoup de bien en lui expliquant qu’un bien est un bien parce qu’il fait du bien : ne serait-ce égoïstement qu’à soi-même. On ne lui fera aucun mal à lui expliquer qu’un bien faisant davantage de mal que de bien (y compris lorsqu’au seul bien fait à soi-même répondent -de manière systématique [131, APR note 15]- des maux commis à l’encontre d’autrui [132, note 1]), ce "bien"-là a le droit -et surtout, le devoir- de rejouer la carte de la redéfinition conceptuelle. En outre, on lui fera un énorme bien en lui précisant que dans le monde réel, si une machine à laver peut appartenir au forgeron, un concept au sage et savant, personne n’a encore jamais déposé de brevet -ou d’acte de propriété- concernant le bien et le mal. Parce que ce sont moins des concepts que des valeurs appartenant irréductiblement au bien commun de l’humanité : indépendamment de tout lieu, époque, culture, race, religion et tutti quanti.
        Le sage et savant définit et redéfinit le concept… puis en livre le produit fini : le bien et le mal ne sont jamais des "produits finis", toujours à redéfinirjamais, jamais, JAMAIS à "réinterpréter et éradiquer". La nature a horreur du vide : là où on lui éradique un conceptvrai ou faux- un autre vient, qui lui est substitué. Or, que substitue-t-on au bien et au mal "réinterprétés et éradiqués" ? C’est-à-dire, au regard de la foi, que fait-on exister à la place d’un démon "n’existant pas" ? Parce que le démon étant le mal personnifié, "éradiquer" le mal, c’est "éradiquer" le démon lui-même. Mais ce n’est nullement l’avoir expulsé ! En effet, il faut garder en vue que le bien aussi est "éradiqué: si le bien est "éradiqué", au nom de quoi –ou de qui- viendrait-il seulement à l’esprit d’expulser les démons ? Par le chef des démons [>Mt(1)], peut-être ? Si les pharisiens se sont montrés singulièrement stupides [133, APR note 8] –et blasphémateurs de surcroît [109]- en disant cela au sujet de Jésus, seraient-ils toujours dans le faux… de nos jours ? Non plus au sujet de Jésus, mais à celui de "beaucoup de Ses disciples qui sont prophètes en son nom, chassent les démons (sic) en son nom, font beaucoup de miracles en son nom"[134]… le premier -et non le moindre- étant de s’être aventurés là où Lui-même aura secoué le plus énergiquement la poussière de ses pieds. Que font-ils de ce qu’on a fait exister à la place d’un démon "n’existant pas" ? La première question (que fait-on exister à la place d’un démon "n’existant pas") a d’ailleurs été laissée en suspens. Faux suspens au demeurant, puisque la réponse nous a été livrée sur un plateau depuis au moins 1945, par le Brock fêlé, toute sa clique… et depuis lors -sans discontinuer- par tous leurs héritiers, SANS exception. Parce que le démon ne se voit pas (idem pour le Seigneur, le Royaume, les saints et les anges chez les plus "éradiquants"), pouf pouf [135] ! il "n’existe pas". Ce qui, en soi, reste de bonne guerre ; pourvu que personne ne contraigne personne à croire dans un sens ou dans un autre : « Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne vers vous »[>Mt(3)], ce n’est pas « Si elle n'en est pas digne, mettez-la à feu et à sang » !

219741816.JPG   Le démon ne se voit pas… l’"appareil psychique"©[136, note 6] ou la "psychose paranoïaque"©[136, note 11] non plus. Si l’automne venu, on demandait au plus avisé des mycologues s’il n’a pas aperçu au cours de sa cueillette quelque émanation "champignonesque" de "santé mentale"©, ne serait-il pas à parier, si l’on s’en tient à sa réaction immédiate, qu’il réponde 'non' au demandeurtout en pensant 'oui' au sujet du demandeur (!) ? (Attention : tout ce qui est en plus vient du Vénéneux [29]…) Ce qui est de bonne guerre, c’est de ne pas croire à ce qui existe : va-t-il être de "bonne paix" de croire [137] à ce qui n’existe pas [138, note 11][139] ? S’il est vrai qu’en 1945 le monde avait d’ardentes raisons d’aspirer à la paix, il n’en est pas moins vrai que le Brock fêlé ne présente pas exactement le profil du forgeron local, voire du sage et savant local ; être cofondateur d’une Fédération mondiale, c’est cultiver l’ambition d’apporter une réponse au monde : pas seulement au fin fond d’une localité perdue du Canada. Être cofondateur de la Fédération mondiale de la "santé mentale"©, eu égard à l’objectif visé plus haut, ce devrait a minima répondre de plain-pied aux critères internationaux définissant le crime contre l’humanité : au moins la tentative, de par la teneur "philosophique" du discours proclamé sur les toits. Ce qui n’est encore là que la partie émergée de l’iceberg : la partie immergée, elle, n’aura pas cessé depuis1945 de faire émerger beaucoup de succursales terrestres [140, APR note 47][2, notes 166,167] de ce dont il est explicitement question en Mt10, 24-33 : à savoir, la géhenne. Celle-ci n’est tempérée que par la présence d’un personnel humain… qui, justement, l’est encore un peu. Le démon ne se voit pas… et dans un certain sens, c’est heureux. Rendons invisible le personnel humain cité à l’instant : à sa place, rendons visibles les vrais maîtres [141] de ces endroits. À supposer que la chose fût possible, la réaction humaine immédiate serait alors un tantinet différente de celle de notre placide mycologue… les entreprises locales de démolition étant sollicitées séance tenante afin de raser ce qui doit l’être. La chose n’étant pas possible telle quelle, le disciple doit alors se contenter de l’attester selon d’autres fondements : visibles de tous. Ce qui ne pose pas de difficulté particulière, tant les médias les plus officiels ne manquent pas régulièrement de s’en faire l’écho. Par conséquent, point n’est besoin de remonter jusqu’en 1945 : un article d’il y a à peine quelques jours y suffira. La "Haute Autorité de santé" (comme si la santé devait dépendre de quelque autorité -la hauteur lui en ajoutant sans doute-, mais passons…) vient de rendre public son rapport sur la question de la « dangerosité [142] chez les malades mentaux »[95]. C’est-à-dire, « chez les "démons"©» des temps modernes, mais passons également. Intéressant coup de gueule d’un membre de personnel humain affilié à une succursale terrestre de la géhenne : « C’est honteux ce que l’on a pu entendre ces derniers mois […]. À chaque fait divers, on pouvait lire : "Un schizophrène a tué" Comme s’il y avait un lien automatique. Personne n’oserait écrire : "Un Noir a tué." Mais, là, cela ne choque personne.» Eh non : cela ne choque personne. Et si cela ne choque personne, ne nous fions pas au trompe-l’œil comparatif qui nous est présenté ici. Celui-ci pourrait en effet laisser entendre que si personne n’oserait écrire : "Un Noir a tué", c’est à l’évidence [37, APR note 70] de crainte de se mettre à dos toutes les ligues antiracistes de la planète… ultimes collectivités humaines qui semblent avoir encore la faculté de se choquer, mais passons derechef. Un "schizophrène"©[86, notes 62 à 64] peut réellement avoir tué [143] ; un Noir peut réellement avoir tué ; il existe cependant un grand abîme [144] entre les deux… à une seule exception : si le "schizophrène"© est Noir ! En effet, aussi "schizophrène"©(sic) puisse-t-il être, il ne peut pas ne pas être Noir s’il l’est. Cela exprimé, et à la décharge de l’auteure du coup de gueule, gageons que si notre exception faisait l’objet d’un fait divers sanglant, on pourra lire : "Un schizophrène a tué"… mais saura-t-on qu’il est Noir ? Il n’y a pas de lien automatique ; simultanément, il y a ce grand abîme. Un Noir peut être noir comme l’ébène : 1°) cela se voit ; 2°) il est noir dans sa chair, comme d’autres sont Juifs, païens, forgerons ou sages et savants : encore que certaines de ces caractéristiques soient moins figées que la couleur de la peau : il n’est pas interdit d’être forgeron et sage et savant, sage et savant et le dernier des imbéciles, ou encore de se convertir si on est païen : l’important est que cela se voit, soit plus ou moins vérifiable dans le monde réel. Le climat régnant autour du Noir est normalement humain : parfois exagérément lorsqu’il jouit d’une surprotection émanant des ligues susdites, avec discrimination2405817949.jpg positive à la clef ; mais c’est un autre débat. "Un schizophrène a tué" ? Ici, c’est un autre monde : souterrain. 1°) cela ne se voit pas ; 2°) il est "schizophrène"© depuis que le démon est persona non grata ; faute de grives, on mange des merles. À chaque fait divers, on ne veut pas entendre parler de démon… mais on veut pouvoir coller une étiquette, parce que cela rassure. Celle de "schizophrène"© remporte depuis longtemps un tel succès que celui-ci finit par déborder sur les "spécialistes"© eux-mêmes qui s’en agacent… selon d’autres fondements apparents. Depuis la funeste affaire XDDL, il y a pourtant bien d’autres étiquettes [86, notes 58 à 70] qui remontent en lice, mais rien à faire ; avec le "schizophrène"©, c’est un peu comme avec le fantôme [145] de son vieux château écossais : on s’est habitués à lui. Et comme nous sommes là dans de l’irrationnel mâtiné de superstition, les mêmes "spécialistes"© pirates_asterix.gif(ceux qui sabordent à droite la coque à coups de hache [146], puis écopent ensuite à gauche avec un dé à coudre…) peinent à faire entendre la voix de la "science"©[8][9][10][11][12] !Y compris auprès des plus "Hautes Autorités" : celles-ci n’entendraient-elles pas les cris de la foule [147] ?
   Le sage et savant manie le concept : un sage et savant sans concept, c’est un peu un forgeron sans enclume. Le sage et savant définit et redéfinit le concept : le plus téméraire va étayer précisément la forme de sa conviction sur la vérification dans le monde réel de ce qu’il a défini conceptuellement. Le moins téméraire, lui, ne va pas risquer de se prendre une enclume sur le crâne… voire de seulement toucher [2, note 181] un "schizophrène"© ou assimilé : à la mesure de ce qu’un si bel hommage est rendu –tant par le grand public que par les "Hautes Autorités"- à "son" "schizophrène"© plus vrai que nature, bon prince [148] il s’en voudrait de rompre le charme de la psypnose [19, notes 12][135, note 53][149, notes 14,15].

   Alors, puisque nous disposons d’une "Haute Autorité de santé" -sans doute assez haute pour nous définir les monstres depuis son éminente non-monstritude (c’est-à-dire, ces fameux "malades mentaux" qui fournissent jusqu’à ce jour la partie visible -mais néanmoins ténébreuse- du produit fini mondialement fédéré par les héritiers du Brock fêlé…)-, puisque nous disposons par ailleurs de l’indignation d’un membre de personnel humain affilié à une succursale terrestre de la géhenne (c’est-à-dire, le porte-parole emblématique de ces non-monstres de l’intérieur qui parviennent à survivre en des conditions éprouvantes), puisque enfin était restée en suspens une question précédente, comment ne pas en effectuer ici le rapprochement ? Car si son taux de sérotonine [150, notes 88] s’est révélé jusqu’ici irréprochable [151][152][153][134], ne serait-il pas hautement regrettable que le non-monstre de l’extérieur (celui-là même qui tressaille d’épouvante à la seule perspective d’un toucher involontaire devêtement de monstre [2, note 181]) pèche malencontreusement par un taux excessif d’adrénaline ? Craindrait-il quelque épanchement –non moins excessif- d’hémoglobine [154] à son détriment ? Telle pourrait être en effet la raison de cette crainte (en fermant les yeux un instant sur le syndrome du chat-qui-tourne [155], comme sur ce qui s’est lu en Israël [156, APR note 20] !), à ne s’en tenir qu’à ce qui motive officiellement la "qualité" de monstre ("schizophrène"© ou autre : les ligues antiracistes étant assez vigilantes pour dénoncer comme monstre celui qui se risquerait à ranger le Noir dans cette catégorie !…): l’inénarrable "danger pour soi et pour les autres"©[25, note 36] dont la seule formulation met les sens en alerte… ou semble mettre les sens en alerte. Car il semble plutôt, tout au contraire, que ces derniers passent allégrement en phase de profonde hibernation [157, notes 5 à 7] : le "danger pour soi et pour les autres"© pourrait n’être qu’une plaisanterie de potache de mauvais goût s’il n’était pas l’exemple même de la formule magique psynoptique n’ayant -dans ses effets- pas grand chose à envier à la femme de Loth lorsque celle-ci s’est retournée à un moment inopportun [25, APR note 46]. Le "danger pour soi et pour les autres"© pourrait aller jusqu’à offrir la trame de fond de scénarii désopilants -en vue de comédies à se rouler par terre (attention toutefois aux taux excessifs de "rigoline"©[158,com.7,§6]…)- si, loin de toute fiction, il ne faisait pas parler les chiffres dans un réel qui est là, pour tous. Et les chiffres, c’est terrible : rien de plus visible qu’eux dans la partie visible ! "Un schizophrène a tué" : là, cela ne choque personne. « Quelques 70 000 personnes sont "hospitalisées"©[159, notes 40] en "psychiatrie"©contre leur volonté chaque année en France [160, APR note 60], parce qu’elles "présentent"©[161][162, notes 2,3] un "danger pour elles-mêmes ou pour les autres"©. La nouvelle "loi"©©©[163], promulguée cette semaine, étend [164] le dispositif de l’"hospitalisation"© sous contrainte.[165» (source toujours puisée dans la grande presse : y ont été ajoutées les quelques corrections typographiques -et annotations- habituelles : mais le texte lui-même n’a subi aucune modification dans son contenu…) 70 000 personnes chaque année en France : ce chiffre est d’ores et déjà supérieur à celui des incarcérations de détenus de droit commun [166, APR note 66][167]sachant que ces derniers ont a priori, eux, commis quelque forfait [168, note 34] -réputé "mal" en dépit de l’"éradication" que nous savons !- dont la forme de conviction s’est précisément étayée sur la vérification dans le monde réel [13, AV note 30]. "Un schizophrène a tué" :"pour faire plaisir cette fois encore"[25, AV note 23] à notre indignée non-monstre de l’intérieur, accordons-lui une poignée de "schizophrènes"© parmi les (ex)personnes [169] dont la nouvelle "loi"©©© dispose [170, notes 52,53][171][85] (à un gré inversement proportionnel à ce qui est bien spécifié comme contrainte); mais irons-nous lui accorder 70 000 "schizophrènes"© ou assimilés ? Assimilés, car –et c’est ici que réside le cœur du grand abîme-, 70 000, ce sont 70 000 monstres : le Noir ne touche que la couleur de la peau ; qu’il soit "schizophrène"© tueur ou non, le monstre est monstrueux à la mesure [171] de ce qu’on est venu lui toucher l’âme. Le véritable "danger" qu’il présente pour les autresà commencer par ceux qui tressaillent d’épouvante à la seule perspective d’un toucher involontaire [2, note 181] -à proportion de leur part active à ce toucher (d’autant plus agressif quand il est pratiqué sous contrainte)-, c’est de leur dévoiler ce qui est voilé, de faire connaître ce qui est caché [>Mt(5)]. 70 000 monstres, c’est difficile à cacher ; c’est archi-connu. Mais, là, cela ne choque personne. Or, là où il est question de loi (!), ne devrait-il pas être question de justice (!)? Là où il est question d’hospitalisation (!), ne devrait-il pas être pour le moins question de santé (!) et de médecine (!) ? 70 000 ! Eu égard à un chiffre aussi massif, ne devrait-il pas être question en la matière d’une quasi-pandémie (!)chaque année en France ? 70 000 : ne devrait-il pas être question… de remettre sérieusement en question [172] quelques formes de conviction dans le monde réel s’étayant de moins en moins dans la précision et de plus en plus dans l’extraordinairement vague [13, APR note 30] ? Comment se fait-il qu’à une époque où le démon "n’existe pas", -, simultanément, l’homme se glorifie d’avoir substitué à toute forme de superstition des formes de conviction hautement rationnelles-, il reproduisesans frein et de manière exponentielle- les schémas les plus éculés de la superstition ? 70 000… et pas un cil ne bouge : parce que c’est là -à ce qu’il paraît- l’affaire de la "médecine"©[173] ! Sans doute une excellente affaire… sur le plan foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétécommercial [174], s’entend [175][176: tant il apparaît que le taux de croissance de certaines "maladies"©[177][178] va de pair avec celui de la "médecine"©[179] correspondante. Et parce que c’est là l’affaire de la "médecine"©, elle appartient à des sages et aux savants l’étant si peu que, sur le seul plan rationnel un authentique tout-petit [2, Mt(1)] rétablit immédiatement les liens de cause à effet. Le faux tout-petit, lui, "se prémunit" contre la monstruosité : répondant par l’affirmative à la question de santé (!) et de médecine (!), il soutient dévotement la cause des sages et savants, en subit lui-même les effets par une pratique assidue -et nonfoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société contrainte- de sa médicocroyance [180, notes 75 à 94][181, note 68/1] : ce qui lui permet, à l’instar des sages et savants prescripteurs, de "réinterpréter" les effets en causessans jamais pouvoir éradiquer ces dernières (et pour cause, oserait-on ajouter…). Dans ce cas, la "médecine"© affiliée à cette "santé mentale"© si chère au Brock fêlé en sort toujours gagnante : quand bien même le candidat volontaire non-monstre se fait objectivement du mal en s’assommant de "soins"© afin de se prémunir d’un mal hypothétique dans le futur (!), le démon "n’existant pas" peut continuer de ne pas "exister", la "médecine"© prescriptrice des dits "soins"© peut continuer d’être glorifiée (parallèlement, tout monstre réfractaire étant très ouvertement associé au… méchant [182][183][44, note 37] !) et "d’étendre ses dispositifs"[184, APR note 40] : la "cause" unique du mal réside dans une "maladie"© contre laquelle on se fait fort de "lutter"© ! Dès lors que l'on refuse d’accueillir et d'écouter toute parole [>Mt(3)] réfractaire [185] -donc, méchante et "irréaliste"©[181, notes 66/2 à 68/2]-, la boucle est bouclée. Et cela ne choque toujours personne
         Le comble est que cette absence généralisée d’indignation peut se définir d’un seul mot : l’apathie ! Apathie face à des injustices flagrantes au yeux du tout-petit (et souvent, à l’encontre du tout-petit) apathie ("a" privatif + "pathos" !) face à un non moins flagrant tsunami de pathos [186] officiel : un gigantesque chameau de 70 000 monstres, cela laisse loin derrière le moucheron [187] d’une poignée de tueurs livrés à la vindicte sous l’étiquette de "schizophrènes"©. Apathie qui n’est pas un concept, mais qui réduit à l’état de concept tout ce qui est sous son empire, à sa portée. On a prononcé les mots de loi ou de justice ? Dormez en paix, braves gens : loi et justice suivent leur cours. On a prononcé les mots de santé, de médecine, d’hospitalisation ou de "soins"©[7, APR note 24], etc. ? Dormez en paix, braves gens : on "lutte"© contre un mal : soit afin de parvenir à l’éradiquer, soit afin de faire advenir un plus grand bien ! Or, le plus grand bien pour un démon "n’existant pas", n’est-ce pas encore l’amnésie ? Amnésie au sujet de son existence d’abord, amnésie ensuite au sujet d’un récit –pourtant illustre- relatif à un certain arbre de la connaissance du bien et du mal [126, AV note 33] : celui-là pouvant avantageusement être réduit à l’état de symbole… donc psychologique [13, note 4/2], tout au plus. Plus près de nous, et dans la même logique, amnésie au sujet d’un Brock fêlé déclarant : « la réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie »[123, note 14]. Amnésie efficace au demeurant, puisque c’est aujourd’hui aux héritiers (!) d’une telle déclaration qu’il est demandé de "lutter"© contre un mal : soit afin de parvenir à l’éradiquer, soit afin de faire advenir un plus grand bienAvec un tel parrainage d’un côté, et 70 000 monstres de l’autre, quel symbole que Jésus guérissant toute maladie et toute infirmité [>Mt(1)] !

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       C’est que le démon "n’existant pas" ne tombe pas du ciel, si l’on ose dire (quoique [188][189]…) : lui est l’héritier du démon qui "existe" : c’est-à-dire, qui existe dans une logique aussi manichéenne que binaire. Qui dit démon dit mal personnifié ; qui dit Jésus dit bien personnifié. Mal personnifié, le démon est "incapable de faire du bien" ; bien personnifié, Jésus est "incapable de faire du mal". (Sous certaines cultures, cette logique aura d’ailleurs été poussée jusqu’à faire du démon une sorte de "dieu" du mal, opposé -mais néanmoins à égalité- au Dieu du bien, dans une lutte permanente). L’amnésie commence déjà à produire son œuvre ! Parce que, de nouveau sans êtrefort en thème -voire en se contentant de la seule connaissance livresque de l’Écriture -Moïse, les Prophètes d’avant et d’après lui [21]- (ce qui ne présume toujours pas de la foi)-, la moisson est abondante de ces récits ramenant ce type de logique à de plus justes proportions. "Mais, là, cela ne choque personne: rien de plus choquant, au contraire, qu’un Dieu "faisant du mal"[21, APR note 17] ! Rien de plus choquant que la "main de Dieu"[39][21, APR note 17][40, APR note 20][41, note 54][25, APR note 26] dans sa configuration éprouvante : est-ce en soi "faire du bien" à son plus fidèle serviteur que de lui demander de prendre son fils, son fils unique, celui qu’il aime afin de l'offrir en sacrifice [25, APR note 80] ? Est-ce en soi "faire du bien" à un autre de ses serviteurs que de demander à un gros poisson de l’avaler [190, APR note 19] ? Est-ce en soi "faire du bien" à Ses disciples que de dormir comme un bienheureux pendant qu’ils sont aux prises avec une barque recouverte par les vagues [25,Mt(2)] ? Est-ce en soi "faire du bien" à des changeurs et des marchands de colombes que de renverser leurs comptoirs, à un figuier de le dessécher [191] ? Est-ce en soi "faire du bien" à Ses disciples que de les envoyer dans le monde, dans la détresse, les pleurs et les lamentations [33], la haine et la persécution [192], comme des brebis au milieu des loups [>Mt(4)]? Etc., etc. : depuis la Genèsejusqu’à nos jours, est-ce bien l’esprit régnant en quelque succursale du Club Med’ qui soit censé attester en soi du bien et du mal sous toutes leurs coutures ?

      Ce qui vaut en sens inverse. Le démon serait "incapable de faire du bien" ? C’est tellement faux que sous d’autres cultures -plus marginales, il est vrai-, leur logique les pousse à renverser la vapeur, poussant jusqu’à faire du démon une sorte de "dieu" du bienet la "main de Dieu" si choquante que Dieu en vient à être Lui-même réinterprété comme celui du "mal" ! N’est-ce pas d’ailleurs ce qu’on peut observer plus près de nous, au travers d’un rejet massif de la religion, celle-ci étant réinterprétée comme l’incarnation du "mal" ? Ce qui, précisément, n’est pas sans poser question en premier chef à ceux qui incarnent la dite religion : car si l’expression de celle-ci tient légitimement compte de toute une diversité culturelle, son atomisation en moult courants contradictoires plaidera, elle, en faveur de la réinterprétation susdite [193], à la mesure de ce qu’elle conduit à contredire la définition de la religion elle-même, dans son étymologie : religare = relier [194,p.6]L’Histoire passe aussi par là, qui, fort injustement, associe dans la mémoire collective le nom de l’un des douze Apôtres (Barthélemy [>Mt(2)] : celui-là même qui ne sait pas mentir [132] !) à un événement [195, APR note 27] dont les interprétations et réinterprétations, elles, n’accomplissent pas nécessairement les promesses de la vérité historique Quoiqu’il en soit –et même à supposer que la religion fût le véritable ressort de "joyeux" massacres-, la trame de fond, elle, demeure invariable à travers les siècles : « j’incarne le "bien" ; l’autre incarne le "mal".[196, APR note 16][197, note 30][6, APR note 51] » Ce qui nous ramène gentiment au démon, puisqu’il excelle à ancrer cette forme de conviction dans le monde réel [13, AV note 30]. Cependant, du mal ou du bien cela ne fait pas de lui une sorte de dieu : si tel était le cas, il aurait accès à l’esprit. Si tel était le cas, la désincarnation du monde réel serait effective depuis si longtemps que plus personne ne serait là pour en parler. Le monde réel étant toujours là, cahin-caha, celui qui "n’existe pas" a néanmoins accès à la chair de l’autre : ce qui, précisément, lui confère alors quelque existence plus substantielle !
    On présenta à Jésus un possédé qui était muet [>Mt(1)]. Le récit ne précise pas s’il est également possédant, c’est-à-dire propriétaire. Dans ce cas, être possédé c’est être propriétaire tout étant traité comme locataire : ce qui veut dire qu’on est alors rendu comme muet, la seule parole valide étant celle du possédant vous rendant possédé. Du temps de Jésus, les intermédiaires sont supprimés : ce qui a le mérite d’être simple. Simple à définir, simple à identifier, simple à reconnaître : pourtant, étant lui-même dépourvu de chair, le démon ne se voit pas mieux ainsi que lorsque… il ajoute quelque intermédiaire. Ici, les choses se compliquent un peu : le possédant vous rendant possédé étant lui-même possédé. S’il est possédé, il est donc pourvu de chair : il a donc un locataire qui, lui, en est dépourvu. L’ambition de celui-là, c’est de posséder : donc, de devenir propriétaire. Si quelqu’un pourvu de chair s’oppose à son ambition, il tente de le posséder à son tour. Tenter, c’est son job : il y excelle également. Ici, c’est aussi pour lui que les choses sont un peu plus compliquées : car il veut posséder un bien qui est conjointement possédé par deux possédants de chair ! Or, si plusieurs esprits pas beaux peuvent posséder un seul être pourvu de chair, un seul esprit pas beau ne peut pas posséder plusieurs êtres pourvus de chair (c’est dire qu’ils devaient être un sacré troupeau -ce qui, en l’occurrence, s’appelle légion- chez les Géraséniens [198][26]  !) Tout va bien pour lui : le premier possédant est possédé. Pour le deuxième, il lui faut donc du renfort : alors, il s'en va… mais il prend ensuite sept autres esprits encore plus mauvais que lui, ils y entrent, et ils s'y installent [34]. À notre époque, depuis que le démon "n’existe pas" –ou est "incapable de faire du bien" s’il existe encore, trouver sept autres esprits encore plus mauvais que soi ne pose pas de difficulté particulière [199, AV note 15] : il suffit simplement de les requérir sous d’autres fondements [114, note 7] que de la diablerie, l’idéal étant de leur faire miroiter au pire un moindre mal, au mieux un plus grand bien [200]. Les sept autres esprits encore plus mauvais1793572907.jpg que lui arrivent donc, forts de tous leurs autres fondements : posséder le deuxième possédant va alors être un jeu d’enfant ! Ils y entrent, mais las : celui-là n’a pas enlevé l’équipement de combat qui lui donne confiance [34], ne se laisse pas distribuer tout ce qu’on lui prend [201]. Nonobstant, une telle fin de non-recevoir est assortie d’autres fondements antérieurs : ceux-là ayant réinterprété une telle posture comme faisant reconnaître un cas gravissime de… "possession"©[112, notes 3,4][16, notes 17,18][202]. Et un "possédé"©, c’est hyper-"dangereux"©"pour lui-même et pour les autres"© : surtout avec ce fichu équipement de combat ! Un "possédé"©, c’est décidément trop monstrueuxpour ne pas êtrepossédé. Ainsi, le possédant vous rendant possédé –plus exactement : "possédé"©- étant lui-même possédé, vient de récupérer de son côté un locataire dépourvu de chair. Pour celui-là, comment faire pourposséder un possédant non possédé ? Faciiiiiiiile : grâce à son étiquette de "possédé"© -fidèlement transmise [203, APR note 47] dans la chair aux frères, pères, mères, enfants et parents par le premier possédant possédé- le deuxième en gagne une nouvelle : celle de "locataire"©[204], bien sûr. Le reste coule ensuite de source : il n’y a rien d’autre à faire que le chasser, l’expulser. Ainsi, l’état du possédant restant est pire à la fin qu’au début [34] Oui mais –à propos de source-, on présenta à Jésus un possédé qui était muet : or, ici le "possédé"© n’a jamais été présenté [205][206, notes 47 à 53] au proclamateur de "démons"© (également habilité à "guérir toute maladie et toute infirmité"[207], mais les résultats se font attendre… dans le sens de la guérison [208][208bis][209][180, notes 77 à 84], s’entend: ni avant, ni pendant, ni après. Alors, comment peut-il proclamer avec une forme de conviction telle que tombent dans les pommes [210][211]tous ceux qui ont encore le courage (ou l’inconscience [47,1] ?) de croiser le chemin du "possédé"© ? Faciiiiiiiile : le démon ne se voit pas, isn’it ? Eh bien, le "démon"© c’est pareil ! D’ que cette fois, la foule ne puisse pas dire : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Raihël ! »

    Le démon serait "incapable de faire du bien" ? S’il n’était capable que de faire du mal, visible ou non, le possédé ne se laisserait pas si aisément posséder. Parce qu’avant d’être possédé, il possède lui-même une boîte de vitesses avec marche arrière incorporée. C’est-à-dire qu’il est capable de faire du bien en dessein de faire du bien : il lui arrive cependant d’avoir à déplorer quelque contrariété dans le dessein en question, le bien visé virant manifestement au mal. Résonne ici le fameux aphorisme de Paul : « Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne voudrais pas. [100, APR note 5] » Ce qui, Dieu merci, ne fait pas de l’Apôtre des païens un possédé ! S’il l’était, il serait d’ailleurs incapable de dire : « je fais le mal que je ne voudrais pas » ; parce que l’un des tout premiers signes de possession (ou, à tout le moins, d’influence mauvaise) est précisément d’actualiser un très ancien texte de l’Écriture par la connaissance du bien et du mal [126, AV note 33], leur confusion –voire leur inversion- jusqu’à la négation forcenée du mal commis [212, AV note 28/2] (celle-ci conduisant in fine à vouloir en "éradiquer" le Le-Lievre-et-la-Tortue-100x.jpgconcept même !) : quand celui-ci se fait trop visible dans ses effets pour être caché, il suffit alors de "s’en sauver"[213] en le projetant [197, APR note 16] sur autrui. Dire : « je fais le mal que je ne voudrais pas », ce n’est pas tant se battre la coulpe d’une insurmontable fatalité que de n’offrir aucune prise à l’attitude ci-dessus. En revanche, voilà un intéressant point supplémentaire de distinction : le démon, lui, ne fait jamais le mal qu’il ne voudrait pas. Et il réalise le bien qu’il veuten dessein du mal visé. Tout en haut de l’échelle de Jacob [2, AV note 93], le Seigneur, Lui, réalise le bien qu’Il veut [214,Is] en dessein du bien visé. Il ne fait jamais le mal qu’Il ne voudrait pas… ou qu’Il voudrait. Moins que jamais ne "fait-Il le mal" au sens humain du terme : Il lâche la bride de celui qui réalise le bien qu’il veut en dessein du mal visé. Ce qui ne consiste nullement à lui accorder un pouvoir qu’il n’a pas : a-t-il été accordé un turbo-réacteur fixé à la carapace de la tortue afin que celle-ci puisse remporter sa course contre le lièvre [97, APR note 16] ? "Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille."[>Mt(5)] Non que le Père veuille activement que tombe un moineau (!), mais plutôt que le Fils veuille rappeler par là que si nous volons plus bas qu’eux, nous valons beaucoup plus qu’eux [215,Mt(2)] : notamment en possédant en nous-mêmes non seulement la capacité de faire du bien, mais encore celle de discerner le bien du mal. Au pire, si cette capacité est prise en défaut dans les actes menés en son nom, les fruits [31] sont là qui parlent d’eux-mêmes : si l’un se dévoile pourri, ne va-t-on pas le retirer de la corbeille avant qu’il n’aie gâté l’ensemble du contenu de celle-ci ? "Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés."[>Mt(5)] De même, ne valons-nous pas beaucoup plus que nos cheveux ? (Ici, les chauves sourient [216]…) Or, si même nos cheveux sont tous comptés, il n’arrive pas d’épreuve que le Père ne fournisse en contrepartie beaucoup plus de moyens permettant de l’affronter et de la surmonter : envoyés comme des brebis au milieu des loups, oui ; envoyés en tant que brebis sans défense [217][110][218], à la merci des loups, non. L’adresse (aspect positif des serpents) est là, rectifiant l’aspect négatif de la colombe : sa naïveté et sa crédulité [219][220]. En retour, l’aspect positif de la colombe est là, rectifiant l’aspect négatif du serpent : malignité, hostilité et autre venin [221][222]. Aussi, pas un seul –qui trouve le juste équilibre dans ce bestiaire- ne saurait tomber à terre sans qu’il le veuille, lui.

      « La réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie »[123, note 14]. Pour trouver quelque trace de "thérapie" en pareille phrase, il faut vraiment le vouloir ! Ou alors, il faut avoir une cervelle de moineau : dans ce cas, il n’est guère étonnant que le Père veuille que celui-là tombe à terre. Si Gn 2,5-9.15-17 [126, AV note 33] était un camion de pompiers [223], il roulerait à tombeau ouvert, toutes sirènes hurlantes et tous gyrophares scintillants. Les soldats du feu se moquent de savoir si l’incendie est accidentel ou déclenché par un pyromane : leur objectif à eux est d’éteindre avec l’urgence que nous savons [199, APR note 8/2], de sauver ce qui peut encore l’être. S’ils disposent d’un camion-citerne, le contenu de cette citerne est de l’eau : d’apparence superflue, cette précision est pourtant utile à qui aurait pu les confondre avec le livreur de mazout… tant certains fruits pourraient de facto laisser entendre que la citerne contient du mazout [224][225] : ce que c’est que d’éradiquer le bien et le mal… « La réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie » : depuis 1945, on a eu le temps de s’apercevoir à l’usage que l’objectif était allé bon train… mais que toutefois, il manquait un tantinet aux entournures d’aspect « chrétien ». Ainsi a-t-il fallu tout de même près de cinquante ans pour que soit lancé en parallèle du premier objectif -jamais menti- un deuxième : « pour une psychothérapie chrétienne ». Tel est en tout cas le sous-titre explicitement affiché d’un ouvrage qu’on ne présente plus [161] !…

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      De même qu’on ne présentera pas les fruits déjà abondants [226][227, note 91][228][229] de ce deuxième objectif (partagé depuis longtemps par des "experts"©[2, notes 63 à 65] de la question, ouvriers avant l’heure [230, note 1][231, note 47] de la moisson), de crainte ici que le lecteur ne fuie en poussant des cris d’horreur : le "traumatisme"© subi pourrait alors le conduire à de mauvaises fréquentations… L’amnésie également va bon train. Avec un esprit mauvais -invisible ou se rendant "visible" en possédant un homme- il n’y a rien d’autre à faire que le chasser, l’expulser ? Tout ce qui est en plus vient du Mauvais [29] ? Dans la corbeille, trône un fruit pourri : il n’y a rien d’autre à faire que le retirer avant qu’il n’aie gâté l’ensemble ? Pfuit : terminé que tout ceci. Avec un "esprit bon" –c’est-à-dire hyper « chrétien »–, s’aventurer là où Jésus Lui-même aura secoué le plus énergiquement la poussière de ses pieds [0, APR note 134/1], cela se traduit concrètement par la volonté de chouchouter le fruit pourri afin qu’il ne le soit plus ; ou encore par celle de négocier avec le démon afin qu’il le soit moins : qu’il revienne à de meilleurs sentiments… voire qu’il se convertisse !
      Ce qui nous permet de souligner en passant que ce démon "incapable de faire du bien" est lui-même capable de convertir. En effet, reprenons par exemple l’événement historique dont il était fait allusion plus haut [0, note 195] : à présent, prenons une légion de démons. Leur mission consiste à convertir un groupe humain à une religion… et simultanément, un autre groupe humain, à une autre religion : est-il utile de préciser que les deux religions, en dépit de leur signification étymologique, vont –ô surprise- être en froid l’une avec l’autre ? Il suffit ensuite de passer du froid au chaud… très chaud : si chaud que les relations en deviennent brûlantes. Hélas, les cœurs [232][233] ne suivent pas vraiment la température ambiante, la chaleur contribuant plutôt à allumer quelques mèches [234][235]. Qui peut le plus peut le moins : ce démon "incapable de faire du bien" est un excellent médecin ! Non parce qu’il est muni d’un diplôme long comme le bras, mais parce qu’il guérit, lui. Quand il veut, bien entendu. Et s’il veut, c’est comme pour la conversion : ce n’est pas exactement pour que le guéri se sente mieux après [0, note 104]. L’idéal est au contraire le non-guéri qui se sente de moins en moins bien… et qui, en dépit de ce joug pesant, assure brillamment la promotion de ses œuvres. « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! [>Mt(1)] », s’écrie alors le lecteur, fin connaisseur de l’Écriture. (Ce qui, en soi, n’est pas significatif [236, APR note 18] : car, après tout, le démon aussi est fin connaisseur de l’Écriture [237,Mt]) En Israël, difficile à dire : mais en France, c’est possible : tout devient possible depuis que le bien et le mal sont sujets à réinterprétation. Ici, l’exemple nous vient à nouveau de notre candidat volontaire non-monstre [0, AV note 185] :  tout juste si un séjour dans une succursale de la géhenne ne lui a pas produit un effet Club Med’ ![238]

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      Quelques témoins-pilotes tels que celui-là, disséminés un peu partout, blogueurs assidus de surcroît : cela apporte un sérieux coup de pouce à la mystification sémantique tournant autour de questions de "santé"© et de "médecine"©. Car le grand public a tendance [239] à mémoriser ce qui est agréable, et à évacuer le reste [240]. Ce qui soulève par ailleurs une nouvelle question, difficile à résoudre dans l’instant : combien faut-il de témoins-pilotes volontaires pour obtenir 70 000 monstres non-volontaires ? Le démon en connaît certainement la réponse, ayant opéré le calcul depuis longtemps : s’il y a un volontaire pour lui demander ? S’il n’y en a pas, on pourra toujours se consoler avec les questions suivantes, beaucoup plus faciles. Combien de "médicaments"© dits "psychiatriques"© guérissent-ils ? Réponse : aucun. Des "médicaments"© dits "psychiatriques"©, y en a-t-il quelques-uns qui aggravent l’état de santé ? Réponse : pas quelques-uns, mais tous ; sans exception, et quelle que soit leur indication du moment. Pourtant, n’est-il pas vrai que beaucoup s’en trouvent parfois soulagés ? Exact : parce qu’il est vrai également que le démon sait guérirmomentanément ; le démon adore donner l’impression, l’illusion que la vraie vie est là [13, APR note 44] : dans le "médicament"© salvateur [180, APR note 74]. Mais enfin, si ces "médicaments"© sont si mauvais, comment se fait-il qu’ils inondent le marché depuis des décennies ? Aussi notoires soient les intérêts commerciaux [239], peuvent-ils expliquer à eux seuls pareille avanie ? Non : toujours parce que le démon sait guérirc’est-à-dire, tromper l’ensemble des professionnels liés à ces "médicaments"© : du fabriquant jusqu’au prescripteur, en passant par l’organisme étayant précisément la forme de sa conviction sur la vérification dans le monde réel des bénéfices (autres que financiers !) qu’apporte un "médicament"© avant d’en autoriser la distribution officielle. Le démon étant interdit de posséder l’esprit, il surenchérit dans la chair [240, APR note 39/1], y fait tout ce qu’il veut (avec la capacité de développer toute une gamme symptomatologique, pourvu que celle-ci soit ensuite réinterprétée en "cause" et non en "effet" : grande spécialité de la ci-derrière "psychiatrie"©, sur laquelle il compte beaucoup), là où il rencontre de la chair de pigeon, de veau, de serpent sans colombe ou de colombe sans serpent : soit de la chair invertébrée [241, APR note 1] de l’esprit, assez crédule pour avoir adhéré [242] à la fable d’une "médecine"© capable de traiter l’esprit avec des moyens relevant exclusivement de la chair [243, APR note 18] ; assez crédule pour continuer d’y adhérer en dépit de l’hécatombe monumentale qu’elle traîne dans son sillage : sanction immanente et immédiate ; assez apathique pour s’imaginer qu’il suffit d’oublier les petites phrases du Brock fêlé, d’en sélectionner le meilleur, de fermer les yeux sur le pire, de bâtir différemment… tout en gardant les fondations ; assez apathique toujours pour ne plus supporter le plus petit pet de mouche d’épreuve sans succomber au très conditionné réflexe psy ; assez présomptueuse dans son volet « chrétien » pour s’imaginer que le Père ferme Lui-même les yeux en venant "bénir" le pire, là où le Fils chasse et expulse sans discussion ; assez violente enfin pour faire adhérer massivement [244, APR note 57] sous contrainte qui ne VEUT PAS y adhérer. Rien qu’avec ce dernier point, est-il encore besoin de voir un démon pour se demander si, oui ou non, existe ce bestiau invisible ?

      « Au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement… »[>Mt(3)]: au jour d’aujourd’hui, on comprend de mieux en mieux pourquoi.

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