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samedi, 16 juillet 2011

Celui qui a une corde à son arc, qu’il la tende !

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 [*][*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,1-23.
(1)
[Dimanche 10 juillet 2011 {*}] (*)(Lc)(Mc)(Lc)(*)(Mc)(*)(*)(Lc)
+[Mercredi 20 juillet 2011 (Mt 13,1-9) Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac. Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines [*], ils ont séché. D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »[*][*]
+[Jeudi 21 juillet 2011 (Mt 13,10-17) Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné [>(3)]. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a [*]. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder [*], qu'ils écoutent sans écouter [*] et sans comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi [?] : ils sont devenus durs [13/2?] d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas [*], que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. [*] Sinon, je les aurais guéris [>21][84] !
Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son cœur : cet homme, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est l'homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie 
[33]; mais il n'a pas de racines [*][28] en lui, il est l'homme d'un moment : quand vient la détresse (*)[>93] ou la persécution (*) à cause de la Parole [*], il tombe aussitôt [*]. Celui qui a reçu la semence dans les ronces [<27], c'est l'homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde (Mt(2)) et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit (*). Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

            Une foule immense se rassemble auprès de Jésus, si bien qu’elle se tient sur le rivage tandis que Jésus monte dans une barque. Fort bien : ce jour-là, que l’on soit sur l’eau ou à terre, l’atmosphère transpire de paix et de sérénité : voici que le soleil brille –la météo locale ne prévoit pas l’ombre d’un coup de vent susceptible de provoquer des vagues se jetant sur une barque [1,Mt(2)]-, voici que les oiseaux viennent manger ce qu’ils trouvent à portée de bec ; ils osent à peine chanter afin de ne point troubler la quiétude de cette foule immense : n’est-il pas impressionnant, du point de vue de l’oiseau, de la survoler sans rien entendre ? Serait-il devenu dur d’oreille, lui aussi ? Il est vrai que lui aussi regarde sans regarder, écoute sans écouter et sans comprendre. Mais ce n’est pas à lui non plus que l’on parle en paraboles ! À cet effet, il faudra attendre quelques générations –d’oiseaux et d’hommes- pour qu’un illustre prédicateur s’adresse plus nommément à lui : quelque part du côté d’Assise, mais non au bord d’un lac. Transposition temporelle moins digressive qu’il n’y paraît : car n’est-ce pas le même homme qui nous a laissé une prière si connue que celle-ci s’est perpétuée au-delà de tous les terrains -au bord des chemins, sur des sols pierreux, dans les ronces ou sur de bonnes terres- ? « Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant […] à être compris qu'à comprendre[2][3] » ; si connue que la "poverella"[4] aura déjà subi, en son temps, les affres d’une parodie iconoclaste [5, AV note 29] s’appliquant précisément là où il n’y a plus de racines [6, notes 123] : c’est-à-dire, là où on se fait fort d’avoir "compris"©[7] les tenants et aboutissants de la détresse [8] ou de la persécution [9] jusqu’à leur en faire porter du fruit [10] à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un… après avoir soigneusement abreuvé la terre, fécondée et fait germer de ces ronces et autres soucis du monde.

Livre d'Isaïe 55,10-11. (*)/(*)(*)(*)(*)[Dimanche 10 juillet 2011]
Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la  terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait
[8] ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.

            Ainsi peut-on mieux estimer la commune mesure entre les souffrances du temps présent -"souffrances"© incluses !- et la poire [11] que le Docteur a d’ores et déjà révélée sur ses esclaves [12][13][14] aspirants à la récréation [15, notes 16 à 18] depuis que -sans avoir recours à quelque prière poussiéreuse [16]- ils se savent plus richement "compris"© de lui. Nous le savons bien, la récréation toute en tiers crie [17] sa souffrance, elle passe par la couleur [18] d'un éléphant qui dure encore [19][20].

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,18-23. (*)/(*)(*)  [Dimanche 10 juillet 2011]
Frères, j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. En effet, la création aspire de toutes ses forces
[33/1!] à voir cette révélation des fils de Dieu. Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir [*]. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance...
podcast...; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps.

            Attention toutefois : il n’y a pas de commune mesure entre cette estimation de l’Apôtre et un extrait criant du Manifeste du parti pathomaniaque [21] ! En effet, ce serait là seprendre : car, s’il demeure vrai qu’à des disciples privilégiés, il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux -mais que ce n'est pas nécessairement donné à l’ensemble de ceux qui se rassemblent auprès du Maître- quelques signes (à peine) diffus ne laissent pas de décourager tout candidat spontané à s’alourdir le cœur, à s’obstruer assez les sens pour « se sentir tellement mieux après »[22, note 1]. Par conséquent, n’y voyons pas quelque blanc-seing à jeter l’éponge : en gardant ses précieuses qualités [23,3] plutôt que garder précieusement les préceptes, en relâchant l’attention de l’oreille à la sagesse, en inclinant le cœur vers l’erreur et le mensongefusse en toute sincérité et sans malice. C’est qu’avec l’Écriture, il est proverbial que le discernement et l’intelligence [24] –et subséquemment, la capacité à comprendre- ne poussent pas sur les arbres : le savent bien, en premier chef, tous ceux qui poursuivent de longues et studieuses années d’études [25] explorant des disciplines plus ou moins hermétiques au commun des mortels. Et même dans ce cas, cela reste bien entendu sous réserve [26,p.6] que de telles disciplines inclinent elles-mêmes vers la vérité (scientifique [27][28][29] ou autre), ne constituent pas un char d’assaut [30][31] (!) pour ceux qui suivent la mauvaise route, ne protègent pas des sentiers de la justice [32, notes 33 à 37], ne viennent pas tordre ce qui est droit [33], etc. Pour tout avouer, l’Écriture ne nourrit pas inconditionnellement une sympathie démesurée pour ce qui est d’accorder sa confiance les yeux fermés dans un mortel [34,Jr] ! Elle ne s'appuie ni sur un être de foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéchair ni sur une échelle permettant de grimper aux arbres (ceux-là fussent-ils purement intellectuels). Tout au contraire, elle invite à creuser ! Comme un chercheur de trésor, non comme un terrassier : sinon elle s’appuierait de nouveau sur un être de chair, celui-là étant doté de muscles à défautd’un diplôme gratifiant. En clair, la capacité à comprendre dont il est question ne relève pas exclusivement d’une sollicitation cérébrale extravagante, des biceps… ou de la qualité de la neurotransmission [35] : quand bien même la recherche scientifique dispose réellement d’un authentique outillage lui permettant d’étayer la forme de sa conviction sur la vérification de ce qu’elle décrirait [36,AV note 30] comme problématique à ce sujet, s’il concerne une foule trop immense [6, note 165] pour seulement soupçonner quelque altération congénitale [37,§2], un souci de cet ordre n’intervient qu’ensuite, en aval : fruit délétère [32, notes 77 à 84], précisément, d’appuis antérieurs inconséquents [38, notes 29 à 35] sur quelque être de chairs’étant "miraculeusement" présenté comme un ami [39, note 20][40, notes  27 à 34][41] "capable" de creuser à votre place. Si on ne présente plus les larges [42] sentiers qui mènent au malheur [43] -au nom du "bonheur", bien entendu !…-, l’aspect proverbial de l’Écriture, lui, incline beaucoup moins à la "prestation de services"©[44] livrée clefs en mains…

Livre des Proverbes 2,1-9. (*)/(*)(*)  [Lundi 11 juillet 2011] (Mt 19,27-29>[*](Mc))
Mon fils, accueille mes paroles, garde précieusement mes préceptes
(*), rends ton oreille attentive à la sagesse, incline ton cœur vers la vérité [>16](*). Oui, si tu demandes [X] le discernement [X], si tu appelles l'intelligence, si tu la recherches comme l'argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor, alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu. Car c'est le Seigneur qui donne la sagesse [V]; le savoir et l'intelligence sortent de sa bouche [V>*>*]. Il tient en réserve son secours [!] pour les hommes droits, il est un bouclier pour ceux qui suivent la bonne route [!] ; il protège [5?] les sentiers de la justice [5!], il veille sur le chemin de ses amis. Alors tu comprendras la justice [*|*], l'équité [*], la droiture [*] : les seuls sentiers qui mènent au bonheur. [*]

        S’il demeure donc vrai qu’à des disciples privilégiés, il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux -mais que ce n'est pas nécessairement donné à l’ensemble de ceux qui se rassemblent auprès du Maître- cela n’est pas cependant sans concourir activement à une certaine entraide éducative [45] du plus grand au plus petit : à charge de ceux à qui il a été davantage donné de donner à leur tour. Il est bien question de donner, non de vendre : même s’il faut bien vivre par ailleurs, « vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. [6,Mt(3)] » Il est également question de donner seulement selon ce qui a été reçu d’après ce que suggère ci-dessus le livre des Proverbes : même proposé à titre gracieux et "compréhensif"©[46][47, notes 94,95], un soutien reposant sur d’autres fondements [6, notes 114] sort immédiatement de cette catégorie… et manifeste de surcroît une magnifique incompréhension généralisée lorsqu’il s’agit d’en attendre la délivrance d’un autre corps que le sien [48, notes 97 à 100](!), "l’espérance" se dégradant ici à aspirer de toutes ses forces à être libéré des douleurs d’une…"souffrance importante"©[49, note 15]. Le bouclier est réservé à ceux qui suivent la bonne route ; son usage sur d’autres routes peut donner un moment l’impression, l’illusion que la vraie protection est là, mais nous constatons après coup, finalement, la vanité de tout ça [36, APR note 44] : à force de délit [50, note 34][51, notes 7 à 10], l’écu se délite ; le bouclier devient bouc lié [52, APR note 32][1,Mt(3)]

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        Sur le fondement du premier Évangile, à tout point de vue l’exemple vient du Maître foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétélui-même : en introduction, la parabole est émise à l’adresse de la foule immense rassemblée auprès de Lui : ni ici ni ailleurs l’orateur ne vient vérifier –ou influer sur- la position du bouton de chacun [53, note 6] : même la recommandation « celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » intervient nettement en conclusion du discours : non pour en susciter l’attention ; ce qui évite toute ambiguïté quant à l’éventuelle tentation d’en dériver le sens vers des considérations d’ordre anatomique ou organique ! Et si les oiseaux osent à peine chanter, sans doute est-ce justement parce qu’ils ont été impressionnés par le silence inhabituel d’une telle foule : silence obligé, tendant les oreilles pour entendre avant d’entendre puisque –hormis ce petit plus qu’est l’élément liquide "absorbant" moins immédiatement la voix que sur la rive- il n’est évidemment pas question d’électro-acoustique l’amplifiant. En cercle plus restreint, ce sont les disciples seulement qui s’approchent ensuite de Jésus : à eux, il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, soit l’explication immédiate de la parabole. (Ce qui confirme combien le Royaume des cieux est tout proche [6,Mt(2)] ! En effet, les mystères de certains tribunaux [54] sont comparativement plus lointains et plus épais, tant il y a très longtemps [55] que l’explication [56, note 88] de leurs fariboles [57] se fait attendre : faudrait-il prendre le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence [>Mt(2)] ?) À eux il est donné… mais sapristi : n’est-il pas donné à nous également ? Texte, plus explication de texte incluse : Celui qui a des yeux, qu'il lise ! « Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple… etc. » Formidable : cela fonctionne aussi !

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société        Formidable, à condition de se trouver plus près du Royaume des cieux… que de grands amateurs de mystères. Ici encore, Jésus donne l’exemple : sitôt qu’Il apprend que de grands amateurs de mystères se réunissent à proximité, hop ! Il quitte l’endroit où Il se trouve. Puis, ne faisant pas mystère de l’être également un peu à sa manière, Il défend vivement de Le faire connaître à beaucoup de ces gens qui L’ont suivi et qu’Il a tous guéris, eux : il est vrai que si s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe, il ne s’agit pas exactement de la même prophétie qu’au bord du lac [>Mt(6)] !
        Les grands amateurs de mystères se réunissent aussi dans les salles obscures : puisque ce sont de grands amateurs, ceux-là ne partent pas avant la fin du film [58]. Et ceux-là sont plutôt inoffensifs, s’en tenant aux mystères se déployant sur grand écran… et à l’entracte pour les plus gourmands : en version glacée délicieusement chocolatée [59,im.5]. Grands amateurs, ils écoutent, ils comprennent. Ils regardent, ils voient : sinon ce ne seraient pas de grands amateurs ! La prophétie du bord du lac ne les concerne pas non plus : heu-reux !

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     Malheureusement [36, APR note 30], on trouve aussi d’autres grands amateurs de mystères dans un réel qui est là, pour tous [36, AV note 41] (une foule immense ?). S’ils peuventpourquoi pas- se réunir avec les premiers dans les salles obscures, ils s’en distinguent cependant à ce qu’eux partent avant la fin du film : ce qui est plutôt dommage, sachant que le plus souvent l’explication du mystère est donnée à la fin du film. Il est vrai que s’ils avaient eu la patience de rester jusqu’au bout [60], il n’est pas du tout certain qu’ils comprennent l’explication elle-même. Car, à mieux les regarder, on observe chez eux quelque chose d’étrange. Celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a ? Mais oui : c’est cela ! « Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » Cette phrase, ils l’ont bien entendue : hélas, l’ayant interprétée au premier degré, ils ont oublié de passer le verbe entendre en caractères gras et verts. Ce fut néanmoins comme une révélation pour eux : en effet, pour être certains [61] de ne rien perdre, adroits comme les serpents [6,Mt(4)]… et grisâtres comme les pigeons [62], ils ont entrepris de se laisser pousser de grandes oreilles [63] : ainsi, ils entendront mieux. Hélas, ils ont oublié que ce qui a été caché aux sages et aux savants, a été révélé aux tout-petits [>Mt(3)]. Et les tout-petits ont bien entendu de toutes-petites oreilles : ils savent fort bien qu’avec de grandes oreilles ils peineraient sous le poids du fardeau [>Mt(4)]. Ils ont bien compris ce que veut dire cette parole [>Mt(5)] : « Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » Ainsi, gardant leurs oreilles d’origine, leur joug est facile à porter, et leur fardeau, léger.

Quant aux autres, gardant l'espérance d'être en meilleur état d’écoute avec leurs grandes oreilles, ils n’ont pas encore été jusqu’au bout de la dégradation. Plus leurs oreilles poussaient, moins ils comprenaient. Les tout-petits se sont alors mis à leur faire des reproches [>Mt(2)], leur disant qu’il n’y avait pas lieu de se faire pousser de si grandes oreilles. Hélas, n’étant pas à leur place ils ne se rendaient pas compte des redoutables effets de cet artifice : de fait, qui dit grandes oreilles dit grands pavillons ; qui dit grands pavillons est prié de ne pas le dire trop fort : car la résonance est à l’avenant. Ainsi, même lorsque les tout-petits leur chuchotaient dans le creux de l'oreille [6,Mt(5)], leur mince filet de voix se convertissait en impression, illusion de terrible hurlement [48, note 133] ; les malheureux tout-petits ont été alors plus sévèrement traités [64, notes 38,39] que s’ils s’étaient tus, contraints [6, note 165] de prendre le vêtement de1712700026.jpg deuil et la cendre pour leur pénitence. Simultanément, la dégradation de la compréhension va bon train. À défaut de miracles, on assiste alors à une succession ininterrompue de prodiges. Le livre des Proverbes est jeté : jugé incompréhensible, trop injuste, inéquitable et de style gauche. La lettre de saint Paul Apôtre aux Romains, elle, a été gardée avec une gourmandise à peine voilée : certes, elle a néanmoins subi un léger toilettage, l’aspirateur ayant été passé [56, note 83] sur quelques broutilles, comme la gloire de Dieu (et de ses fils), ainsi que le Saint-Esprit. Mais tout le reste rencontre une formidable sympathie auprès des grandes oreilles, l’importance de leur organe allant de pair -écho oblige- avec la "souffrance"© du même nom [0, note 49]. S’élevant ensuite jusqu’au cielc’est-à-dire en remontant jusqu’à Mt 13,1-23-avec sous le coude leur Rm 8,18-23 tout propre (espérant secrètement [I][II][III][IV] qu’il les aide à comprendre), ils coupent la poire en deux : gardent la première partiesans doute pour sa poésie un rien rupestre- mais jettent tout le reste… explication comprise. [ NB : non, ce n’est pas une faute d’inattention que d’avoir laissé "comprise" en caractères normaux : "comprise" étant ici à comprendre dans le sens "incluse" : prise-avec (ce qui met le doigt non dans la prise [65], mais sur l’étymologie du mot) ; en caractères gras et verts, on ne pouvait qu’être incliné à comprendre que l’explication avait été comprise par les grandes oreilles. Ce qui, en l’état, eût été sinon miraculeux au moins incompréhensible… ] Ainsi sont-ils tranquilles : qui pourrait se mettre à leur faire des reproches ? N’y est-il pas question de grains et de petits oiseaux ? Or, ils ne sont ni l’un ni l’autre : d’humbles pratiquants [66] goûtant à la bonté automatiquement miséricordieuse 4112960498.jpg[67, notes 52 à 54] de l’Écriture, c’est tout. En tout cas, les tout-petits ne leur déclarent plus rien : comment condamneraient-ils ceux qui n’ont commis aucune faute [>Mt(5)]… à rassembler sur eux toutes les fautes qu’il leur était possible de commettre sur des textes bénéficiant pourtant de deux confortables millénaires d’exégèses diverses et variées ? Car ils ont bien compris le prodige accompli en face d’eux : grâce à leurs grandes oreilles, leurs mal traitants n’ont rien raté. Le terrain ensemencé au bord du chemin ? C’est le leur. Le sol pierreux ? C’est le leur… cumulé avec le bord du chemin. Les ronces ? Ce sont les leurs… poussant aussi bien sur le sol pierreux qu’au bord du chemin. La bonne terre ? C’est la… fin du film : dommage.
     Eurêka ! Il se murmure encore aujourd’hui que l’un d’entre eux aurait tout à coup compris (comment est-ce possible ? ce mystère est grand…) que la taille de ses oreilles était inversement proportionnelle à celle de sa compréhension. Aussi a-t-il fait ce qu’il n’est pas permis de faire [>Mt(5)] lorsqu’on est normalement constitué : prenant son courage à deux mains… et sa paire de ciseaux [68] avec les deux autres, clac ! le sens du sacrifice aidant, il a tout coupé au ras. Il l’a voulu ainsi, ayant cru comprendre qu’il comprendrait mieux ensuite. Malheureusement, nous ne cacherons pas que le résultat esthétique ne révèle guère d’amélioration, pour peu que l’ambition fût de procurer un air plus intelligent. Ce qui n’est qu’un fardeau bien léger en regard de l’ouïe : en effet, il trouve désormais le repos dans le monde du silence [69]. Il est brai qu’en contrepartie, le dépaysement n’est pas immense [70]Ainsi s'accomplit pour lui la prophétie prononcée par le Prophète des prophètes : « Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a »… oreilles comprises. [ NB : non, ce n’est pas… cf. NB précédent ! ]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,20-30.
(2)
[ Mardi 12 juillet 2011 {*}{*}{*} (Mt 11,20-24)](Lc) Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas converties : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence (Jon). En tout cas, je vous le déclare : Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous, au jour du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome (Gn(1,2)), cette ville subsisterait encore aujourd'hui. En tout cas, je vous le déclare : le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi, au jour du Jugement. » (Mt(3))
(3)
[ Mercredi 13 juillet 2011 {*}{*}{*} (Mt 11,25-27)]  (Lc)(Lc)(Lc)(Lc) (*)(*) En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange  : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits [*][4][3][15]. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
(4)
[ Jeudi 14 juillet 2011 {
*}{*}{*} (Mt 11,28-30)](*)(*)(*) « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux [*] et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

420838228.jpg            « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. » Un même texte d’Évangile aura beau revenir à quelques jours d’intervalle [71,Mt(1)]s’offrant dès lors de nouveau au regard- il ne sera exactement le même qu’aux oreilles de ceux qui auront beau écouter…, aux yeux de ceux qui auront beau regarder…,etc. Pour d’autres -s’efforçant de creuser davantage-, il va de soi que se fait perceptible cette différence tenant en partieil y a longtemps que la chose a été révélée ici même- à son accompagnement contextuel : rebondissant sur quelque texte de l’ancienne Alliance. N’est-ce pas un peu à l’image de l’art culinaire ? Avec des ingrédients de base identiques, selon les goûts, l’expérience et l’adresse aux fourneaux, le résultat obtenu peut aller du savoureux… à l’immangeable [72][73]. Ce qui ne tient pas seulement à la qualité intrinsèque des dits ingrédients : entre les mains les moins habiles, les meilleurs d’entre eux susciteront le rejet gastrique –perles jetées aux cochons [42]- ; entre les mains les plus habiles, il arrive que les moins ragoûtants révèlent des saveurs à se lécher les doigts. Notons cependant cette exception contextuelle qui se fait connaître ces jours : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, t1635426076.jpgu l'as révélé aux tout-petits ». En effet, ici le texte de la nouvelle Alliance fait échoà un autre texte de la nouvelle Alliance : celui qui le précède immédiatement. Si on se réfère de nouveau à l’analogie culinaire, on comprend mieux pourquoi ces deux textes -bien que se suivant-, sont foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéordinairement pris séparément : le premier pourrait représenter le sel et le poivre, le deuxième le sucre ; le premier porte l’accent sur le reproche sévère, le deuxième sur la louange. Leur contraste est si saisissant qu’il faut en effet y regarder à deux fois : vérifier la numérotation des versets afin de s’assurer que rien ne s’est perdu en route entre les deux. Rien à faire : le premier est Mt 11, 20-24, le deuxième est Mt 11, 25-27. L’Évangile n’est pas Harry Potter® : de même que les chiffres s’arrêtent à l’unité -sans décimale-, ici il ne faut pas compter sur un "quai" intermédiaire entre le 24 et le 25. Sel, poivre et sucre sont bel et bien rassemblés auprès de Jésus : le même Jésus, de "mauvaise humeur" face aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles… et "d’humeur" presque primesautière l’instant d’après, fort peu "rancunier" à l’égard de son Père qui "l'a voulu ainsi dans Sa bonté" ! Traduit en psylangue [23, note 13] –ce dont peut témoigner de l’intérieur [74] quelque candidat volontaire non-monstre [6, APR2752747957.jpg notes 180,181]-, le "diagnostic"© est sans appel : Mt 11, 20-24, phase "dépressive"© ; Mt 11, 25-27, phase "hypomaniaque"© ; Jésus peut aller jouer dans la "cour des grands"[75, note 24]. Cela exprimé, jamais deux sans trois : après Mt 11, 25-27, surgit opportunément Mt 11, 28-30. Celui-là est moins "pareil", puisque intégré au précédent lors de sa dernière édition [71,Mt(1)]. Et avec celui-là, il devient permis d’espérer mieux comprendre le mélange des saveurs. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » De fait, si toutes ces humeurs hautement "pathologiques"© illustrent parfaitement combien "nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance" (!), il est à craindre que le Saint-Esprit n’y fasse pas assez recette. « Venez à moi ? » Chiche : mais d’abord, débarrassons-nous du fardeau volontaire ! Ouvrons en grand la somptueuse poubelle inox de l’arrière-cuisine qui, si elle ne comprend rien à rien, aura au moins le mérite de ne faire qu’une bouchée de tous ces détritus : psylangue, "diagnostic"©, "dépression"©, "hypomanie"© et autres infâmes ingrédients dont la seule fonction consiste à rendre incompréhensible tout ce que des générations de tout-petits comprenaient jusque là, sans même qu’on aie la peine de leur fournir des explications 

          « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. » Allons donc : mais c’est tout vu ! Nous avons bien entendu que Jésus s’est mis à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas converties : n’est-ce pas écrit noir sur blanc ? Au jour du Jugement,  elles seront traitées sévèrement : au menu, coups de trique et martinet pour Corazine, Bethsaïde et Capharnaüm. (Les autres, ce n’est pas la peine : elles ont déjà reçu leur pénitence.) Enfin quoi : comment est-il possible de ne pas se convertir lorsqu’on est témoin privilégié de tant de miracles ? (Dans un tout autre registre, le libre penseur suspicieux, lui, dira : « Enfin quoi : quel est ce chantage odieux à la conversion forcée, sous une pluie de miracles ? ») Carton rouge [76] à Capharnaüm, notamment : à quoi bon avoir manifesté tant d’admiration en disant : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! » [6,Mt(1)][77] si c’est pour obtenir un si piètre résultat ? À Capharnaüm toujours -et à l’inverse-, qui a bénéficié d’un témoignage d’admiration ? Pas même un autochtone : un étranger. Pas n’importe lequel : un occupant. Et pas n’importe lequel occupant : un haut gradé [78,Mt] ! Haut peut-être… mais s’étant révélé tout-petit. Peut-être mesurait-il de surcroît un mètre quatre-vingt dix ? En tout cas, on avait beau regarder son  autorité de centurion romain et son mètre quatre-vingt dix… on ne voyait pas sa toute-petitesse ! On ne saurait en dire autant de tout ce qui s’est vu en Israël. Un muet qui parle [6,Mt(1)], par exemple… eh bien, n’est-ce pas parlant ? Jésus Lui-même n’a-t-Il pas été parlant : enseignant, tant au bord d’un lac que dans les synagogues [79, notes 2] ? Jusque dans la synagogue, s’est-Il seulement satisfait de capter l’attention de Son auditoire [80, APR note 18], se gardant bien de traduire en actes Ses belles paroles ? Au diable [81] "ce qui est permis le jour du sabbat" ! Ce jour-là ne s’est-il pas maintes fois révélé Son jour de prédilection ? Jour même où Il a le chic –ou l’"hypomanie"©(sic) ?- pour les guérir tous [82][83][84] ! Ainsi, non seulement Il dit ET fait [85, note 2][86, note 2] ; voilà qu’en prime, loin de lier de pesants fardeaux et d’en lier les épaules des gens [85, note 3][86, note 3], Son joug est facile à porter, et Son fardeau, léger. Ne devient-il pas léger, de fait, de parler de conversion forcée ? « Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtementfoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société de deuil et la cendre en signe de pénitence » : hypothèse gratuite, invérifiable à l’entendement humain ? Pas tant que cela : Ninive [71, note 118] avait-elle la réputation d’un couvent de Bénédictines ? Quel miracle a-t-il donc eu lieu pour que les gens y aient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence ? Un prophète fondant sur elle à bord d’un char de feu, la menaçant de lui lâcher une bombe atomique (ou pire encore : une terrifiante bombe thermopsychique contaminant instantanément la ville d’un virus maniacoparaschizoïdotripolaire [87] ayant la redoutable propriétés’il n’est pas locataire [88]- de déclencher l’implosion de "l’appareil psychique"©[89, note 6] ; à faire frémir…) si elle ne se convertissait pas sur-le-champ ? Le même, arrivant plus discrètement, et à l’inverse, guérissant toute maladie et toute infirmité sur son passage ? C’est là faire beaucoup d’honneur à Jonas qui, sortant d’un séjour poissonnier [1, note 59] pour s’être quelque peu fait prier, n’avait guère le cœur à jouer les gros bras ! Et Sodome ! Pas non plus une ville d’enfants de chœur. Mais pas davantage de signe explicite avant-coureur ayant pu l’alerter sur son sort : traitée sévèrement à l’échelle humaine, qu’elle le soit moins que Capharnaüm au jour du Jugement constitue en revanche un signe pour toute "Capharnaüm" : toute nation n’ayant rien à envier à Capharnaüm pour ce qui est de (faire) connaître un Jésus dont il est permis de penser que la vive défense [>Mt(6)] -comme l’envoi aux seules brebis perdues d’Israël [90]- a été levée il y a longtemps ! Il n’empêche : la note paraît salée. Mt 11, 20-24 : n’est-ce pas précisément le sel et le poivre ? Le sel et le poivre ? Mais n’est-ce pas aussi le lot des sages et des savants ? Or, ceux-là sont en Mt 11, 25-27… rayon sucre. Or, les sages et les savants ont tendance [91] à prendre beaucoup de place, à donner de la voix sur les places publiques -protestations et cris inclus-, à écraser le roseau froissé, à éteindre la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’ils aient fait triompher [>Mt(6)] leurs tout-petits jugements. Toute cette place est perdue pour le sucre lui-même ! Qu’en faire, sinon le transférer au rayon sel et poivre, nettement moins convoité ? Ce n’est pas la place qui y manque. Il dit ET fait : par conséquent, ne pas s’étonner de devoir chercher le sucre… au rayon sel et poivre. Ce qui, finalement, sera moins miraculeux que de s’invertir [92][93] à de la "médecine"© sage et savante qui fait le contraire de ce qu’elle dit : parlant beaucoup d’amour [23,12][94, notes 88][32, note 92] jusqu’à le faire extraordinairement vague [36, APR note 30], prédisant les prédateurs [95][96] afin de mieux les faire [97], distribuant abondamment des "apaisants"©[32, notes 77 à 84][98][99] afin de récolter les fruits de la discorde, etc. Il dit ET fait ; Il ne dit pas : « Garce es-tu, Corazine ! Garce es-tu, Bethsaïde ! » Il ne fait pas en fonction de ce qu’Il n’a pas dit : ne leur envoie pas un feu vengeur tombant du ciel. Ils ont Moïse et les Prophètes [34; ils ont plus grand que tous ceux-là, ET abondance de miracles à la clef. Ils ont la liberté : à commencer par celle de passer à travers les champs d’amour, d’avoir faim et de rester sur leur faim parce qu’il n’est pas permis d’aimer selon telle ou telle autre loi [>Mt(5)]. Il dit ET fait ; l’abondance de miracles, c’est l’abondance de déclarations d’amour. Celles-ci tombent tantôt au bord du chemin, tantôt sur le sol pierreux, tantôt dans les ronces… 603_9deef024b4873ceab0aebe1141800cf1.JPGtantôt sur la bonne terre, fût-ce une terre étrangère pleine de centurions romains. « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! » L’être aimant veut le bonheur de l’être aimé ; il déplore son malheur… mais ne l’appelle pas, par dépit ! Car il est libre, l’être aimé : s’il ne l’est pas, son bonheur est d’être libéré de l’esclavage. Il est libre également d’aimer son esclavage lui-même : l’ayant "compris"© comme une "délivrance". Dans ce cas, c’est la liberté qui passe pour un "esclavage", et l’être aimant… pour un oiseau de malheur, à la mesure de ce que celui-là veut pour l’autre un bonheur que l’autre ne veut pas : puisque évidemment réinterprété en "malheur"[43]. L’être aimé aura beau écouter, il ne comprendra pas. Il aura beau regarder, il ne verra pas. L’être aimant est comme un monstre à l’être aimé : un monstre caché, mais un monstre tout de même ; il n’en est d’ailleurs que plus monstrueux en se cachant. Un monstre, il convient de s’en "protéger"©[100, note 5] (sans omettre de protéger les siens [101]) avant qu’il ne se révèle. L’urgence de s’en "protéger"© se fait d’autant plus saisissante qu’il a déjà été télé-révélé par un télé-détecteur [102, notes 9 à 13] de monstres : celui-là ayant alors œuvré par"compréhension"© d’un non-monstre effarouché. Ce qui permet ainsi d’inscrire dans la durée une logique de peur induite par le non-monstre : grâce à une telle logique, celui-ci se voit assuré de pouvoir passer -la faim au ventre- à travers tous les champs d’amour sans même être tenté d’en arracher un seul épi. Pour que son malheur soit complet, il veut cependant le "bonheur" de l’être aimant ; il déplore son "malheur"©… et il l’appelle, par dépit de ce que lui-même ne veut pas l’appeler spontanément [103, notes 3,4][104, notes 17,18] ; en effet, le "malheureux"© qui ne veut pas "comprendre"© son"malheur"© est très agaçant à celui qui l’a "compris"© : notamment si à celui-là a été fournie en sus -et avec beaucoup d’"amour"© "compréhensif"©- toute une "explication"© au dit "malheur"©. Tant et si bien qu’il n’est pas permis au "malheureux"© de ne pas être "malheureux"©. Certes, il n’a commis aucune faute (d’ailleurs, plus personne n’en commet [84, notes 25 à 30] ; encore moins chez les disciples, depuis qu’ils ont confié tout "malheur"© au "mystère du mal"© : fruit des amours exquises de Rm 8,18-23 et Mt 13,1-2310 revisités…) ; cependant, n’agréant point à son "malheur"©, non seulement il est handicapé (puisque"mal-comprenant"©), mais il devient contagieux [105,im.6] en altérant le "bonheur" des "comprenants"© : aussi ceux-là en viennent-ils à se réunir

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,1-8.
(5)
[Vendredi 15 juillet 2011 {*}{*}{*}](Lc)(Mc)(Lc)(Mc)(Mc)
En ce temps-là, Jésus passait, un jour de sabbat, à travers les champs de blé, et ses disciples eurent faim ; ils se mirent à arracher des épis et à les manger. En voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu'il n'est pas
permis (*) de faire le jour du sabbat ! » Mais il leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, ainsi que ses compagnons ? [*] Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l'offrande ; or, cela n'était permis ni à lui, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seulement. Ou bien encore, n'avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre aucune faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices [*], vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute (Dn). Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. » 

1925063793.jpg          Or, si nous ne comprenons pas ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices, TOUT devient permis… dans l’objectif de condamner ceux qui n’ont commis aucune faute : ceci sans commettre aucune faute au seul regard de la Loi. Pour l’heure, cela ne vaut dans le contexte que pour les pharisiens à l’égard de Jésus et de Ses disciples… sans anticiper sur d’autres voix sur les places publiques : lorsque celles-ci entreprennent de pousser cette même logique –ce même objectif- jusque dans ses derniers retranchements, elles font connaître par leurs jugements qu’elles en ont perdu tout contrôle [106,§4][8, APR note 51] : commettant alors faute sur faute au seul regard de la Loi [107][108] ; chacune de ces fautes se destinant à écraser, éteindre ou affaiblir les effets délétères –et délictueux [50, note 34][51, notes 7 à 10]- de la faute précédente, dans une fuite éperdue en avant [48, note 100][38, notes 29 à 35]. Dérisoire et pitoyable est l’attitude adoptée par celui qui commet la faute au seul regard de la Loi (au nom même de la Loi [106, note 3][109, note 39] !!!) à l’encontre de celui qui la subit de plein fouet. "Oui, son joug est facile à porter, et son fardeau, léger" (sic) sitôt qu’avant de prendre la fuite pour ne pas en subir les ultimes effets sur lui-même (!), il s’essaie lamentablement à projeter [110, notes 7,8] sa fuite en avant [106, APR note 10] sur celui qui n’a commis aucune faute [106, APR note 10]...  Plus de deux ans après un forfait perpétré sur la place publique par ignobles ingérences -privées et publiques [47, notes 85 à 95]- dans une place privée [23,11, notes 70 à 80][54], le scandale du trou [111, APR note 8] est toujours là : intact [112, notes 66,67] et béant… beaucoup de gens ayant suivi [113, note 7]. Seraient-ce donc les douleurs d'un enfantement qui dure encore ? On n’ose imaginer la couleur [0, note 18] du bébé…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,14-21.
(6)
[Samedi 16 juillet 2011 {*}{*}{*}]
Les pharisiens se réunirent contre
[7,8] Jésus pour voir comment le faire périr [20]. Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous [3][>240]. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître (*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)[54](*)(*)[7](*)[>(3)]. Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe (Is)(Is)(Is) : Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé [12][39][88](*) en qui j'ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix sur les places publiques [?][?]. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas [*][*](*) la mèche qui faiblit [?], jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom.

         Et beaucoup de gens auront suivi ce formidable pied de nez de Jésus aux pharisiens : à la logique de mort qui les meut, Il répond à l’évidence [114, APR note 70] par la Vie –un surcroît de vie- : Il les guérit tous ! Du tout-petit au plus obtus des sages et des savants, qui ne comprendrait pas une telle interprétation ? La vive défense ayant été levée, il n’est pas réservé aux prêtres seulement de voir plus grand ! En effet, Jésus les guérit tous. Fort bien… mais Il les guérit de quoi ? Poser la question, ce n’est pas exiger que l’Écriture se fasse le prototype du Vidal® : sur le médecin repose le soin de faire connaître plus ample détails quant à la froissure du roseau, à l’affaiblissement de la mèche : en somme, à la manifestation symptomatologique… pour voir comment faire périr cette manifestation (en évitant de faire périr le malade avec !). Cependant, sans s’étendre sur de tels détails, l’Écriture n’est pas totalement muette à ce sujet : justement nous précise-t-elle qu’un muet est muet, qu’un sourd est sourd, qu’un aveugle est aveugle, qu’un lépreux est lépreux, qu’un paralysé est paralysé, etc. Il lui arrive même de nous en apprendre un peu plus sur la genèse du handicap : de naissance [83][84], accidentelle… voire par la voie de la possession. Au pire, là où le récit va embrasser toute une foule, il sera néanmoins explicitement question de maladies et d’infirmités concernant l’ensemble [79, notes 2][6,Mt(1)] : puis guérissant la totalité de l’ensemble, ou beaucoup de l’ensemble. Or, ici, beaucoup de gens le suivirent… mais -en esprit et vérité- de QUOI souffraient-ils [115, APR note 69] ? Ici, l’Écriture est parfaitement muette à ce sujet : naturellement, la thèse causale du démon est à expulser [6] ! Dans tous les sens du terme, l’Écriture ne fait pas dans le détail : en amont, beaucoup le suivirent -en dehors du funeste projet des pharisiens à l’encontre de Jésus, nous ignorons ce qui les affectait- ; en aval, Il les guérit tous… et nous ne sommes pas mieux informés. L’ayant appris, il reste donc à le comprendre. À cet égard, retournons un instant sur le bord du lac : Jésus d’un côté, Isaïe de l’autre. « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris! » Coucou, revoilà la guérison ! L’oreille est dure, les yeux sont bouchés… et les plus éminents spécialistes de l’oto-rhino-laryngologie ou de l’ophtalmologie peuvent profiter de leur séjour au bord du lac pour organiser une partie de pêche : ils n’y pourront RIEN. Au mieux pourraient-ils peut-être en déceler quelque éventuelle trad1981676890.jpguction somatique –et par conséquent, symptomatologique-, réfréner ou stabiliser cette traduction : ce ne sont que des effets qu’ils traiteraient là ; les causes, elles, seraient sauves. "Sauve", c’est l’adjectif du salut : du latin salūtem, accusatif de salus (« santé, salut »)[116; c’est dire l’ironie du "salut" de causes pathologiques ! Cependant –et à titre de consolation-, ce n’est pas moins souligner combien Jésus guérit au-delà de tout aspect pathologique, caché ou révélé. Beaucoup de gens le suivirent… et, à Dieu ne plaise, beaucoup de gens le suivent encore aujourd’hui : tous, loin s’en faut, ne sont pas à Lourdes sur des brancards ou des fauteuils roulants ! Jour du sabbat ou non (!), il est permis de le suivre en étant dans une forme éblouissante, ceci sans nécessairement être rattrapé au collet par… le mystère du mal, réel ou fantasmé [0, AV note 105] par commodité personnelle. « Sinon, je les aurais guéris ! » Beaucoup de gens, oui : beaucoup de gens également sur le bord du lac. Mais non : ce ne sont pas les mêmes. Ceux-là écoutent, ils comprennent. Ils regardent, ils voient. Et s’il leur est si vivement défendu de Le faire connaître, c’est pour leur éviter le malheur d’en pâtir eux-mêmes (malheur passif, subi alors sans faute [117,1P], contrairement aux malheurs actifs de Corazine, Bethsaïde ou Capharnaüm) : la prophétie d’Isaïe en concerne encore beaucoup autour d’eux. Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr ? À eux seuls, les pharisiens ne pouvaient RIEN s’ils n’avaient pas d’abord trouvé d’appuis parmi le peuple [118, note 59]

         Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit. « Il a eu peur et Il s’est enfui, c’est bien cela ? » demande timidement un spectateur du fond de la salle [119], malheureux parce que pressentant son imminent renvoi. Soucieux de son salut comme de celui de ses compagnons, le réalisateur [120] s’en serait voulu de le maintenir dans le doute… donc, dans la salle : n’eût-ce pas été comme garder un fruit gâté au milieu de la corbeille [6, APR note 215] ? Car, si « c’était bien cela », comment comprendre ensuite cette apostrophe de Jésus à ses disciples : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? »[1,Mt(2)] ? Profitant des vagues du moment, la peur surfe explicitement avec le peu de foi. Par conséquent, supputer que Jésus ait eu peur, c’est Lui suspecter un manque de foi : face à une telle énormité, on a bien vu comment rendre le réalisateur tout rouge. Sentant monter à gros bouillons la colère de celui-ci, notre spectateur ne demande plus rien : pas même son reste ; comprenant –mais un peu tard- sa bourde, sans attendre la notification formelle de renvoi, il a eu peur et il s’est enfui.
         Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit. Or, cet endroit n’est pas une salle obscure : Jésus peut donc le quitter en toute sérénité sans qu’en plus, on Le suspecte de partir avant la fin du film [0, note 58] ! Ce serait d’ailleurs si peu vrai qu’Il quitte précisément cet endroit pour ne pas partir avant la fin du film… ou ne pas en précipiter la fin : à chaque jour suffit sa peine [121,Mt(2)]. Pour l’heure, les pharisiens se réunissent pour voir comment le faire périr. Comment ? Depuis lors, tout le monde le sait : scandale pour les uns, folie pour les autres [122,1Co]. Pourquoi tant d’agitation de la part des uns ou des autres ? À cause de cette réunion des pharisiens contre Jésus ? Non : cela, mais c’est en soi comme un fait divers : là, cela ne choque personne [6, APR note 142]. À condition toutefois de rester gentiment dans le "comment" : surtout, surtout ne pas aborder le "pourquoi". Passe encore la réponse théologique toute cuite, pourvu qu’elle soit ânonnée dans les sacristies et ne s’en échappe point : « pourquoi Jésus est-Il mort sur la croix ? –pour la rédemption des péchés et le salut de tous les hommes ». Jusque là, tout va bien : le croyant se bat la coulpe [123, note 26][124, APR note 28][125, note 17], l’incroyant hausse les épaules, le "médecin"© sort son carnet d’ordonnances afin de prescrire du Zyprexa [126][127][128][129: ayant "décelé"© un départ inquiétant de "psychose"©[130,com.3] à forte inclination"mystico-délirante"©[9; en somme, que du banal. Surtout, surtout rester fidèle [131, note 52] au texte : "les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr", ce n’est pas : "les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir pourquoi le faire périr". Oui, mais c’est oublier qu’un seul spectateur du fond de la salle est parti : les autres, eux, sont toujours là. Ils n’aiment toujours pas les films insipides. Malheureusement [36, APR note 30], ils voudraient bien savoir pourquoi les pharisiens veulent faire périr Jésus. Parce qu’au fond (de la salle comme d’eux-mêmes), s’ils raffolent des méchants du film [132], ils aiment aussi comprendre pourquoi ils le sont devenus. Il y a bien la réponse plus ou moins politico-religieuse -impliquant quelque conflit de pouvoir [133][134] entretenu par de la jalousie [49, AV note 48]-, mais ils la trouvent encore un peu banale et passe-partout. "Voir comment le faire périr" ; "Il les guérit tous" : le mal et le bien sont ici trop flagrants (dans leurs effets comme dans leurs causes) pour qu’il vienne seulement à l’esprit de se donner pour objectif d’en "éradiquer le concept"[6, note 123]. Ce qui contribue d’ailleurs à prolonger le questionnement jusqu’à nos jours : comment se fait-il -tout étant accompli en matière de rédemption-, que non seulement les disciples (de Celui qui a accompli) aient laissé passer pareil objectif –dont la contradiction n’est pas beaucoup moins flagrante que la réponse active de Jésus apprenant qu’on veut le faire périr- mais qu’ils y participent activement ? Ah oui : ils veulent sans doute "convertir" le concept, de l’intérieur ? C’est-à-dire qu’à la place de Jésus apprenant etc. (et à supposer qu’ils les aient tous guéris !), ils leur auraient vivement recommandé de les faire connaître, les envoyant têtes baissées au casse-pipe. Après quoi, ils auraient eu largement matière à invoquer… le terriiiiiiiiiiiible "mystère du mal"©.
         Le terrible mystère du mal ? Ne réside-t-il pas surtout dfoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéans cette gourmandise –aussi malsaine que secrète [I][II][III][IV]- suscitée par les pharisiens ? Oh que ces braves gens savaient vivre ! Et faire périr aussi. Car, abstraction faite de toute considération morale, faire périr ne présente guère d’inconvénient qu’au péri lui-même. Pour les autres, c’est tout bénéfice : que des avantages ! Pour une raison ou une autre (bonne ou mauvaise), quelqu’un vous fait de l’ombre, vous gêne, vous dérange, vous inquiètevous fait peur ? Hop : on le fait périr, et on n’en parle plus ! « Il a eu peur et Il s’est enfui… » : non seulement ce n’est pas cela, mais c’est très exactement le contraire. Prenez une bonne palanquée de pharisiens gentils lapins [135][136, APR note 23], secouez bien fort. Que sort-il du chapeau ? Un superbe loup féroce [137][138], prêt à en découdre. Et –ô merveille de la nature (un peu forcée aux entournures)-, le loup se jette sur l’agneau [139] (pressenti à faire périr), et n’en fait qu’une bouchée. La bête étant rassasiée, chacun peut alors rentrer chez soi en s’essuyant la bouche, un rien penaud, se demandant (de manière extraordinairement vague [36, APR note 30]) si, d’aventure, il n’aurait pas cédé à quelque instinct archaïque. L’instinct de survie prend alors le dessus, proposant qui le terrible mystère du mal, qui la "fatalité"… voire un monde cruel qui, décidément, se fait de plus en plus duuuuuuur [140, APR note 13/2] : à chacun selon sa sensibilité du moment !

         Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr : autrement dit, pour voir comment ne plus le voir. Faire périr, c’est faire en sorte que ce qui existe n’existe plus à l’issue du "comment". C’est estimer -à tort ou à raison- que ce qui existe nuit à sa propre existence : nuire définitivement à cette existence, c’est entretenir le mythe d’une existence propre délivrée de la source de sa nuisance désignée. Dans la logique la plus radicale, c’est enfin ne pas craindre de tuer le corps afin que ce corps ne voit plus : car voir comment ne plus le voir, c’est aussi voir comment ne plus être vu de lui. Ici comme ailleurs, Jésus dit ET fait ; Il dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. »[6,Mt(5)] Il fait : donc, « ce n’est toujours pas cela »[0, AV note 119]. C’est d’autant moins cela que les pharisiens ne peuvent pas tuer l’âme : sinon la leur -et de leur proche chef-, lorsqu’ils se risquent à anathématiser l’Esprit [141][142]. Ils voient comment faire périr, font périr : ce en quoi il sera demandé compte à tous les vivants et à tout homme, à chacun compte étant demandé de la vie de son frère [143,Gn]. Verser le sang de la chair, ce n’est pas verser le sang de l’âme : pas encore [143, APR note 88]. Les pharisiens savaient que Jésus est vrai, ne se laisse influencer par personne [144]. S’ils ont voulu le prendre au piège ou le mettre à l’épreuve, ils en restaient sur le terrain de la Loi : se gardant bien de s’aventurer sur celui de l’âme ; s’ils étaient obnubilés de leur propre existence jusqu’à occulter tous les signes de bien accomplis par Jésus -dont ils étaient visuellement aussi témoins que d’autres-, hormis certains d’entre eux qui disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons », jamais ne se sont-ils appropriés ces signes de bien poufoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétér les "désanimer" en signes de "mal". Leur jalousie est au contraire l’hommage du vice à la vertu : l’expression de leur impuissance à reproduire –ou à récupérer en leur faveur- ces signes de bien. Se réunir contre Celui qui les accomplit pour voir comment le faire périr, c’est vouloir saboter la source des signes de bien, de rage de ne pouvoir la faire jaillir soi-même. L’enfant jaloux brise le jouet de son petit frèrejouet qu’il convoitait évidemment parce qu’il était "mieux" que les siens- : l’objet est à présent moins bien (!) pour tout le monde, mais au moins ne vient-il plus le faire enrager ; pour autant, jamais l’indélicat n’aura feint de commettre cet acte en prétextant, par exemple, sa crainte que le légitime détenteur du jouet ne se blesse avec.

      Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr : le "comment" consommé, il n’est de "mystère du mal" qui tienne. Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule : « Que tout le peuple d'Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. » Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »[145, APR note 23] De ceux qui l’entendaient -qui l’entendaient (ce qui n’exclut pas quelques auditeurs concernés par la prophétie d’Isaïe du bord du lac…)-, ayant connu le jugement, aucun n’a crié, n’a protesté qui de son "bon droit", qui de son éventuelle absence physique au moment des faits, qui de sa sincérité à surfer sur une ambiance collective communiant [118, note 59] dans une même cause, qui de la "fatalité" ou de la dureté des temps : aucun n’a joué la carte de "l’enfant jaloux ayant brisé le jouet de son petit frère" –ou seulement de "l’enfant ayant vu l’acte se commettre sans l’en empêcher"pour aller se réfugier ensuite derrière "l’argument" de la "crainte du jouet risquant de blesser son possesseur" : "ce même Jésus que vous avez crucifié" n’évoque pas assez une mort "accidentelle" (!) pour ne pas remuer jusqu’au fond de lui-même celui qui –nonobstant sa participation (active ou passive) à faire périr le corps- cultive encore quelque souci de l’âme : la sienne, comme celle des autres. Il n’en va pas autrement après la guérison de l’infirme à l’entrée du Temple, où Pierre ne fait pas davantage dans la dentelle à l’égard d’un peuple qu’il ne craint pas de "blesser"©(sic) : « Lui, le saint et le juste, vous l'avez rejeté, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier. Lui, le Chef des vivants, vous l'avez tué… »[146, APR note 7] Vous, c’est vous : pas le voisin d’en face, votre père, votre mère, vos frères, etc. ; vous, ce ne sont pas "les gens"[147, APR note 4]. Vivement interpellé dans le mal commis, le peuple ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas la voix de quiconque déclarant que, pour sa part, il n’aie commis aucune faute. Jusque chez les détenteurs de l’autorité locale –en toute première ligne de la participation active au mal commis-, si ceux-là ne pouvaient souffrir de voir Pierre et Jean enseigner leurfoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société doctrine au peuple [148, APR note 34], ce sont également eux qui ont été apostrophés ainsi : « Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d'lsraël : c'est grâce au nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par vous, ressuscité par Dieu, c'est grâce à lui que cet homme se trouve là devant vous, guéri. Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d'angle. » L’autorité leur conférant toutes les cartes en mains, tout pouvoir, qu’avaient-ils en face d’eux ? Une légion romaine armée jusqu’aux dents ? De leur propre CONSTAT (visuel [149, note 83][150]!), des hommes quelconques et sans instruction ! RIEN qui, de près ou de loin, ne ressemble à un équivalent Paris V [151] de l’époque : c’est dire qu’eux disposaient au contraire de TOUT pour n’en faire qu’une bouchée ; à la limite, pour voir comment les faire périr à leur tour. Pourtant, alors même qu’ils sont ouvertement pris à partie devant tout le peuple d’Israël, ils ne trouvaient RIEN à dire contre eux [38, APR note 5]. Depuis la base jusqu’au sommet, personne n’a joué la carte de "l’enfant jaloux ayant brisé le jouet de son petit frère" etc. : chacun en a pris pour son grade [152, APR note 33], n’y trouvant RIEN à redire. Le Brock fêlé et ses potes [6, notes 123] n’étant pas encore passés par là, aussi douloureux que fussent certains abcès, depuis la base jusqu’au sommet, personne ne s’avise de les panser à la hâte sans les cautériser [152, APR note 57]… et encore moins d’extraire du produit de ces abcès afin de l’inoculer à autrui : telle est en méfait [153] la griffe de celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. 

            « Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »[145, APR note 23] Qu’est-ce donc qu’être remué au fond de soi-même ? Se creuser le nombril en se battant la coulpe afin de combattre quelque angoisse existentielle ? Ce serait en omettre la question subséquente : « Frères, que devons-nous faire ? » Faire, c’est déjà être désireux de ne pas en rester au dire : ne pas en rester à quelque bonne parole qui, pour consolatrice qu’elle fusse sur l’instant, désigne éventuellement le problème, mais sans le dissoudre en rien ; dire que le jouet est cassé, ce n’est pas encore user de l’habileté de ses mains et de la colle pour faire en sorte qu’il ne le soit plus. Que devons-nous faire : pour nous faire pardonner [146], pour essayer de réparer [147, AV note 19] ce qui peut l’être… pour extirper du fond de nous-mêmes tout résidu de l’abcès -afin d’en être délivrés et de refermer une plaie propre- ? Que devons-nous faire afin de pouvoir repartir du bon pied, afin de passer d’une logique de mort -ou de moindre vie- à une logique de plus grande vie ? La question est plus ardue qu’il n’y paraît : car, s’il s’agit en l’occurrence de la résoudre à la suite des fruits d’une manifestation d’hystérie collective, si en l’espèce le fardeau en a été jusque là plus léger pour chacun -puisque partagé entre tous-, l’inconvénient est justement, qu’à présent tous doivent suivre le chemin inverse : à quoi bon recoller le jouet cassé si des pièces en sont délibérément laissées de côté alors qu’elles sont là, ne demandant qu’à recomposer le puzzle afin que celui-ci recouvre son unité ? Que devons-nous faire ? Pluriel, ce "nous" n’en est pas moins de la première personne… et n’exclut personne.
            « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. »[6,Mt(5)] Or, la géhenne est un lieu de perdition : c’est-à-dire un lieu où la question « Frères, que devons-nous faire ? » résonne dans le vide, sans trouver de réponse. De guerre lasse, le roseau froissé d’une question sans réponse s’écrase, la mèche qui faiblit s’éteint d’elle-même, faisant sombrer l’âme dans un fatalisme [148][148bis] sans issue : le mystère du mal n’est pas loin, dans une acception négative à sens unique. Craindre plutôt -c’est-à-dire, d’abord- celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps, c’est craindre celui qui conduit à un tel fatalisme. S’il peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps, sa priorité est de faire périr l’âme. À cet effet, il ne va pas nécessairement faire périr le corps : au contraire, tout en gardant son objectif de faire périr l’âme, il peut ponctuellement contribuer à une logique de plus grande vie du corps seulement [6, APR note 239]. À la question « Frères, que devons-nous faire ? », il peut donner l’impression, l’illusion [36, APR note 44] d’en fournir quelque réponse en désignant le problème sur d’autres fondements [0, APR note 47] que ses fondements réels, faire dire que le jouet est cassé, et faire faire en fournissant simultanément une colle redoutablement efficace… à dissoudre les morceaux épars. Si la question initiale est identique dans certains de ses développements -que devons-nous faire pour essayer de réparer, de pouvoir repartir du bon pied, afin de passer d’une logique de mort -ou de moindre vie- à une logique de plus grande vie ?-, d’autres passent déjà à la trappe : se faire pardonner, extirper du fond de nous-mêmes tout résidu d’abcès, à la mesure où elles deviennent incompréhensibles si le mal est redéfini [6, APR note 129] en "maladie"© (il n’y a alors rien à se faire pardonner !), l’abcès en manifestation de la dite "maladie"©. Le mystère du mal se réduit au"mystère de la maladie"©… qui trouve sa consolation et ses "réponses"© auprès des "spécialistes"© que nous subodorons déjà : chez eux -qui ont effectué de longues études [32, APR note 32][149,com.2]-, la "maladie"© n’est-elle pas réputée se faire moins "mystérieuse"© ? "Sauve", c’est toujours l’adjectif du salut : du latin salūtem, accusatif de salus (« santé, salut »)[0, note 116] ; de là à confiner le "salut" à ce qui représente la santé, il n’y a qu’un pas : à franchir sans crainte quand la détresse du corps est connue –même sans être exactement désignée dans l’immédiat- ; à franchir sinon avec la même crainte que celle qui prévaut au sujet de celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. Cette crainte est de l’ordre de la vigilance, non de la peur. Si un peu de peur nourrit la vigilance, beaucoup de peur l’obstrue ; s'accomplit alors la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Ce à quoi on pourrait lui ajouter : Vous aurez beau vouloir passer d’une logique de mort -ou de moindre vie- à une logique de plus grande vie, vous allez laisser derrière vous un sillage relevant d’une logique de mort, et d’une logique de mort seulement.

           Ne craignez pas ceux qui tuent le corps : hors état de guerre (civile ou militaire), actes de terrorisme ou crimes crapuleux, l’avènement de l’abolition de la peine capitale a sans doute fait passer au second plan cette crainte. La vigilance s’en étant relâchée, l’autre crainte a-t-elle alors bénéficié de davantage de considération ? D’une certaine manière, oui… mais pas exactement en l’ayant comprise "dans la bonne terre". La logique de mort trouvant dans le corps "une maison balayée et bien rangée"[150], où donc va-t-elle trouver à se rassasier sept fois plus [6, APR note 34] ? Il suffit de la suivre à la trace. Pour une raison ou une autre (bonne ou mauvaise), quelqu’un vous fait de l’ombre, vous gêne, vous772663557.jpg dérange, vous inquiètevous fait peur [0, AV note 135] ? Allons bon : jour du sabbat ou pas (!), il n’est pas permis de le faire périr pour qu’on n’en parle plus ! « Frères, que devons-nous faire ? » : ici, même si on échappe à la prophétie du bord du lac, il est néanmoins conseillé de se boucher l’un de ses sens : celui du nez. Car, dans ce contexte –allons comprendre pourquoi ?-, la question « Frères, que devons-nous faire ? » a comme des relents de soufre. De fait, "essayer de réparer" va consister ici… à essayer de casser ce qui ne l’est pas ! Il n’est pas permis de faire périr le corps : la cause est entendue. Dans ce cas, on va compenser [151] sept fois plus ailleurs, voilà tout ! Faire périr, c’est faire en sorte que ce qui existe n’existe plus [0, APR note 140] ? Faute de grives, on mange des merles ; faute de pouvoir faire en sorte que ce qui existe n’existe plus, sept fois plus d’ersatz devraient pouvoir faire en sorte que ce qui existe… "n’existe plus"[79, APR note 76]. Il existe (si l’on peut dire) également une méthode parallèle : faute de pouvoir s’en prendre directement à l’existence elle-même, il suffit de tout casser ce qui est possible de casser des conditions gravitant autour de l’existence. Prenons une superbe plante verte en pot, ôtons-lui toute sa terre puis plaçons-la en plein soleil au beau milieu du désert du Sahara. Il va sans dire qu’il est hors de question de l’arroser. Si tout va bien, dans un délai plutôt raisonnable, elle devrait s’être "suicidée"©[40, APR note 40][152, note 27]. Cette méthode offre généralement d’excellents résultats sur le terrain : on remarque d’ailleurs son efficacité sans pareille à faire périr l'âme aussi bien que le corps. Coup double : d’abord, celui-ci "n’existe plus" ; ensuite, c’est de lui-même qu’il n’existe plus ! Malheureusement [36, APR note 30], ce qu’on remarque moins -puisque concernant l’âme-, c’est que l’âme que fait périr la dite méthode N’APPARTIENT PAS nécessairement au corps qu’elle fait périr : il serait plus juste qu’elle soit celle de l’utilisateur de la méthode lui-même… grand amateur malgré lui de saint Augustin [153].
           Et puisque il est question d’être juste, cela n’interpelle-t-il pas derechef sur le concept de justice ? On pourra toujours en éradiquer également le concept (ce qu’on fait d’ailleurs très bien), le redéfinir à l’envi, faire le poirier ou jouer à saute-mouton [154, notes 50,51], tenter de relativiser la portée d’un certain vocabulaire (parce qu’il ne serait que l’expression d’un milieu professionnel donné), rien n’y fera : même s’il n’y a pas de mort d’un corps d’homme dans son application concrète, le dernier des imbéciles ne croira jamais que le verbe SUCCOMBER [155,im.4,§8][156, note 2][149, note 84] serve une logique de plus grande vie !!! En revanche, il s’avère idéal à ORDONNER [55] que ce qui existe "n’existe plus" : ce qui ne présente pas de difficulté particulière [157, AV note 15] quand ce qui "n’existe plus" n’existait déjà pas avant d’exister [150! (C’est difficile à comprendre, mais on peut relire la phrase…) L’important, c’est de connaître et d’aimer ce foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéqui est essentiel. Ce sans quoi nous allons nous étioler [36, APR note 30] : or, ce qui est essentiel en matière de justice, c’est que le bourreau soit "victime"©[158, note 13], et que la victime soit "bourreau"© ; encore une belle marque de fabrique de celui qui veut tout : l’âme et le corps. Ce grâce à quoi la "victime"© aura la joie éphémère de ne pas s’étioler. En effet, quand bien même celle-ci serait une pratiquante assidue de la méthode "plante verte" énoncée ci-dessusdonc, traînant dans son sillage autant de "suicidés"© que de vrais SUCCOMBÉS-, c’est une "victime"©, qu’on se le tienne pour dit. Par conséquent [38, notes 29 à 35], la famille de son "bourreau"© peut bien avoir été décimée par les œuvres de sa"victime"© que ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel, c’est qu’il soit le "bourreau"© (sinon la "victime"© va s’étioler). Et la meilleure "démonstration"©[159][160] de son état de "bourreau"© est bien le crime odieux dont il s’est rendu coupable à la face du monde (des gentils lapins[0, notes 135,136]: à savoir, le "harcèlement psychologique"©, époux fidèle de la "violence"©[161,im.2] du même nom. Il est d’ailleurs heureux que la peine capitale fût abolie : à l’évidence [162, APR note 70], le "bourreau"© n’y eût pas coupé (si l’on ose dire). Car, sitôt que se fait entendre la voix du "harcèlement psychologique"© sur les places publiques de France et de Navarre, tout ce qui porte robe noire [163] est au garde-à-vous comme l’épagneul est à l’arrêt (non judiciaire) en ayant flairé l’odeur de la bécasse : bien qu’officiellement réputé défenseur, le psyvocat [164][165, APR note 29] n’a ici rien à envier au plus féroce [0, notes 137,138] des attaquants. À son service, il y aurait bien l’article 220-1 du Code civil [165] qui prévoit et CONDAMNE durement ce 4162613731.jpgdélit gravissime, mais son application présente ici une difficulté particulière : en effet, contrairement à la Légion d’honneur, il n’est pas pratiqué post mortem. Ce qui pose problème, le corps du demandeur éventuel n’étant malheureusement plus disponible pour lancer la procédure contre le défendeur non moins éventuel. Cependant, qu’on se rassure : pleine de ressources, la "justice"©©© de France et de Navarre n’excelle-t-elle pas à répandre [166][167] sa logique (mais laquelle ?) sur d’autres fondements [0, APR note 47] ? Il était donc inéluctable que le "bourreau"© soit CONDAMNÉ : où irait-on si on laissait s’étioler les "victimes"© des "bourreaux"© ? Ce ne peut pas être accepté [168,com.2] : qui sait en effet si la jurisprudence ne favoriserait pas alors les "souffrants"© n’acceptant pas de "souffrir"©[169, notes 3,4][170, notes 17,18], en acceptant tout à coup qu’ils ne l’acceptent pas ? (On peut également relire la phrase…)

        Bien que relevant de l’actualité la plus torride, le cas ci-dessus n’est pas sans rappeler : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, ainsi que ses compagnons ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l'offrande ; or, cela n'était permis ni à lui, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seulement. Ou bien encore, n'avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre aucune faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. »[>Mt(5)] Il suffit naturellement d’en éradiquer David, la maison de Dieu et le jour du sabbat (il est néanmoins permis d’envisager pour ce dernier une connotation sorcière…), puis de réinterpréter selon le contexte et les données du moment. « N’avons-nous pas lu ce que fait le psycho-dépendant [169], quand il a faim de "casser du jouet", ainsi que ses compagnons [170, APR note 30] ? Il perce le mur [171] de la maison de son petit frère [172,Ep][173,1Co], y entre, et ils mangent les pains de l'offrande ; or, cela n'est permis ni à lui, ni à ses compagnons, mais aux trêtres [174, note 63] certifiés Paris V seulement. Ou bien encore, n'avez-vous pas lu dans l’Aboi que la nuit du massacre, les trêtres, dans le temple d’un autre, mangent [0, notes 72,73] au repas du massacré sans commettre aucune faute [83, notes 10 à 12][84, notes 25 à 30] ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand [83, note 60] que le temple d’un autre. » On pourra même poursuivre (dans le texte, ainsi qu’en "justice"©©©: « Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices, vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. »[>Mt(5)] se réinterprète en : «  Vous avez bien "compris"© ce que veut dire cette parlote [175]: C’est la miséricorde automatique [0, note 67] que je désire, et donc les sacrifiés [176][177, note 72] ; vous devez alors condamner ceux qui n’ont commis aucune faute. Car le Ficeleur de l’homme [178] est maître du massacre. Ainsi sa parlote, qui sort de sa bouche, ne lui revient pas sans résultat, sans avoir fait ce qu’il veut [179], sans avoir accompli sa mission… selon le livre d’Aïeaïeaïe [0, APR note 10] : parce que le "bourreau"© -au contraire de sa"victime"©- n’a pas bien "compris"© ce que veut dire cette parlote, il est CONDAMNÉ à "un an d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans"[168]. La "victime"©, elle, a pu "affirmer « concevoir [la] souffrance » du "bourreau"© mais a nié toute responsabilité dans le "suicide"© de sa fille, assurant ne pas avoir « surdosé » son "traitement"©". On notera d’emblée qu’il est question de traitement"©par conséquent de "médecine"© : celle-ci n’aura volé ni ses guillemets, ni son © -et encore moins la teinte de la police- puisque, en dépit des appellations officielles, il est dûment certifié, attesté et tamponné -par voie de greffier assermenté d’un tribunal varois- qu’un médecin n’est plus là pour apaiser une souffrance : il la traduit par un "concept". Ce qui est logique, attendu que la "victime"© est très officiellement une héritière du Brock fêlé et de ses potes : celui-là même qui, rappelons-le, déclarait en 1945 après Jésus-Christ : « la réinterprétation et finalement l’éradication du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie »[85, note 14] La phrase complète est d’ailleurs «…l’éradication du concept du bien et du mal…»[180][181,im.5] : cet art de la conceptualisation permet ainsi de mieux comprendre aujourd’hui qu’un "médecin"© « conçoive [la] souffrance » en plein tribunal sans que personne ne trouve rien à y redire. De même, le bien et le mal ayant été réinterprétés et finalement éradiqués par ses pères, il ne fallait pas s’attendre à ce que la "victime"© réponde [182] du sillage de mort qu’elle laisse derrière elle. D’autant moins que par son "éminente"©[183] qualité de "médecin"©, non seulement elle incarne le "bien"© mais davantage encore le "salut"© des temps nouveaux. "Harceler psychologiquement"© un représentant du "salut"© des temps nouveaux, c’est "mal"©, très "mal"© : pouah ! Ce-ne-peut-pas-être-accepté. Le "bourreau"© peut bien produire –non sans difficulté, et à ses (gros) frais- un dossier "médical"© accablant de plusieurs centimètres d’épaisseur -désignant on ne peut plus clairement les liens de causes à effets-, ce-ne-peut-pas-être-accepté de la part d’un tribunal qui, ici –et à l’instar de nombre d’autres [184]…-, se montre à la face du monde pour ce qu’il est dans un réel qui est là, pour tous [36, AV note 41] : non une Cour de justice, mais une minable cour de récréation [185] au service exclusif des voyous. Car nous sommes là au cœur de la configuration suivante :
1°) "l’enfant" "victime"© a brisé le jouet de son petit frère "bourreau"©poup%C3%A9e1.JPG
2°) "le petit frère" est précisément devenu "bourreau"© à la mesure où il a manifesté sa vive et logique  désapprobation : il a avec lui quantité de "frères" pouvant témoigner que c’est bien "l’enfant" "victime"© qui lui a brisé son jouet
3°)
"le petit frère" "bourreau"© demande à "l’enfant "victime"© de lui réparer son jouet ; tout au moins (s’il s’avère irréparable) de reconnaître a minima que c’est bien lui qui l’a brisé
4°) "l’enfant "victime"© nie toute responsabilité sur le jouet brisé ; il a lu avec attention la notice d’utilisation du jouet, son constructeur spécifiant qu’il ne fallait pas mettre de piles trop puissantes à l’intérieur du bateau radio-commandé, sous peine de provoquer un court-circuit ou de griller le moteur : fort de ces informations, "l’enfant "victime"© peut assurer ne pas avoir « surdosé » en piles le bateau radio-commandé
5°)
"l’enfant""victime"© brise le jouet ; la notice d’utilisation qu’il avait lu avec attention peut ne pas être totalement inexacte ; simplement, le jouet n’était pas un bateau radio-commandé : c’était une poupée de cire ; les poupées de cire n’ont pas besoin de piles… quelle que soit la puissance de celles-ci ; enfin, les poupées de cire n’aiment pas l’eau : l’élément liquide a tendance à les dissoudre…
6°)
"le petit frère" "bourreau"© pleure très fort : "l’enfant""victime"© lui a dissous sa poupée de cire
7°) "l’enfant "victime"© nie jusqu’à l’identité de la poupée de cire : "expert"©[186, notes 34 à 38] es bateaux radio-commandés, il affirme que le jouet était un "bateau radio-commandé"©
8°) "le petit frère" "bourreau"© pleure de plus en plus fort : au mal de sa poupée de cire dissoute s’ajoute celui, insupportable, du déni de l’auteur dudit mal, auquel celui-ci ajoute encore -contre toute évidence- les mensonges les plus éhontés quant à l’identité du jouet lui-même
9°)  bien et mal étant éradiqués chez "l’enfant""victime"©, il réinterprète les pleurs du "petit frère" "bourreau"© comme le désir irresponsable de se faire offrir un bateau radio-commandé tout neuf ; convaincu du caprice, il appelle "papa-maman" à la rescousse
10°)  "l’enfant" "victime"© est le chouchou de "papa-maman" : ils lui passent tout ; "l’enfant" "victime"© vient pleurer très fort auprès de "papa-maman"
11°)  "le petit frère" "bourreau"© montre tout à "papa-maman" : les photos de la poupée de cire, les références du constructeur, les conseils d’utilisation incluant ce qu’il lui faut éviter (l’eau est citée en premier)
12°)  sans photo de la poupée de cire, sans références du constructeur, sans conseils d’utilisation, "l’enfant" "victime"© intervient à son tour : "le petit frère" "bourreau"© n’arrête pas de l’embêter depuis qu’il lui a dissous brisé par mégarde son "bateau radio-commandé"©
13°) "papa-maman" sont très fâchés ; s’ils sont bien d’accord que c’est une "situation dramatique exceptionnelle" que de briser par mégarde un "bateau radio-commandé"©, "pour autant" ce n’est pas une raison pour embêter ainsi "l’enfant" "victime"©
14°) "papa-maman" sont de plus en plus fâchés ; et pour montrer combien ils nourrissent le souci de l’éducation, ils administrent au "petit frère" "bourreau"© une fessée mémorable : "un an de cachot avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans"[168].

Fessee-Chaunu-Ouest-France.jpg

        « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. »[>Mt(1)] La prophétie d’Isaïe n’a-t-elle pas trouvé sa pleine mesure en 1945 ? Loin d’être un "concept" (sic), le mal s’y laissait voir et entendre : un mal absolu, inimaginable, dépassant l’entendement au fur et à mesure que l’on découvrait les camps de la mort. En ce temps-là, c’est tout un peuple qu’on réunissait pour voir comment le faire périr : à un tel degré de mort industrielle, il devient patent que c’est l’âme même de ce peuple qui était visée. Un homme, de ci de là, cela peut encore ne pas se voir : surtout quand on se bouche les yeux, etc. Un peuple entier qui ne se voit pas (?) alors que des trains bondés l’acheminent vers l’horreur depuis toute l’Europe, c’est un camouflet sévère à l’égard des autres peuples : le cœur de ces peuples s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, etc. ; soit un mystère du mal qu’il serait sans doute plus confortable d’évacuer à l’extérieur, tant il peut empester de l’intérieur… Quoi qu’il en fut, en 1945 -notamment avec les fameux procès de Nuremberg-, la cécité n’est plus de mise pour personne : le mal est là, extraordinairement net [187], immense, irréparable, terriblement concret… dans un réel qui est là, pour tous [36, AV note 41] : c’est-à-dire tous les survivants, chez lesquels ne peuvent qu’éclater les bulles d’impressions, d’illusions [36, APR note 44]. L’important, c’est aussi de connaître ce qui est essentiel… y compris dans ce qu’il a de moins aimable [36, APR note 30] : tant pis si cela étiole un tantinet l’âme fragile ; parce que l’essentiel, c’est encore de se donner les moyens de fermer la porte à la géhenne, à toute géhenne. En 1945 comme de nos jours, qui n’associerait pas les camps de la morttous les camps de la mort, de tous camps- à une géhenne ressemblant fort peu à quelque pieuse abstraction ? Qui aurait osé dire en 1945 que le mal était une abstraction ? Qui ? Le Brock fêlé, avec l’approbation de ses potes, a dit en 1945 que le mal était une abstraction : un concept… et comme tel, malléable, réinterprétable, éradiquable ! Ceci alors même qu’on n’en finissait pas, simultanément, de dénombrer des millions de cadavres : morts qui criaient aux vivants qu’ils ne l’étaient pas par "maladie", par "accident" ou par quelque autre "fatalité". Pas même pour raison de guerre. Dire à pareille époque  « la réinterprétation et finalement l’éradication du concept du bien et du mal sontl’objectif de toute psychothérapie », c’est déjà cracher sur les tombes de ces morts. En sus, ce n’est pas tant énoncer une imbécillité -aussi présomptueuse qu’utopique- que de profiter de ce que l’attention du monde entier est alors portée sur l’urgence que nous savons : celle de fermer les portes de la géhenne du corps, voire de les murer… et accessoirement, de se demander comment elles ont pu être ouvertes si longtemps. Guerres et régimes politiques implacables sont des explications un peu courtes : souvent des effets, rarement des causes. Dire à pareille époque  « la réinterprétation et finalement l’éradication du concept du bien et du mal sontl’objectif de toute psychothérapie », c’est précisément prendre les effets pour les causes, et inversement : marque de fabrique de toute psychothérapie. Comme l’est ce qu’on pourrait désigner par le syndrome de "l’enfant briseur de jouet", finalement aussi ancien que le monde. Le "jouet" « du bien et du mal » s’est enrayé, sombrant dans le mal ? Alors, brisons-le : ainsi, il ne fera plus de mal à personne ! Ainsi fut dit en 1945. Les portes de la géhenne du corps n’étaient pas fermées que, déjà, on ouvrait à deux battants celles de la géhenne de l’âme. La tombe du n°2 du régime hitlérien est à peine détruite que son ex-locataire (expulsaire [188] post mortem, celui-là !…) nous désigne encore lui-même le syndrome de "l’enfant briseur de jouet" : à Nuremberg, « il n'a pas exprimé le moindre regret et a rejeté toute culpabilité, se félicitant au contraire d'avoir fidèlement servi l'Allemagne et son Führer. [189] » N’eussent été la politique et la guerre, Rudolf Hess avait assurément tous les atouts pour faire un excellent "médecin"©… rayon psychothérapie, bien entendu.

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

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mais ne vaut-il pas mieux une note sans chanson qu'une chanson sans notes ?)

Commentaires

Y'a un bémol, là, Michel : votre archer ne regarde la cible ... comment voulez-vous qu'il l'atteigne ? Mmm ! ...

Écrit par : une amazone | dimanche, 17 juillet 2011

Parce que c'est un archer aguerri, pardi : même qu'il l'atteindrait les yeux bandés, sa cible ! Encore un bémol comme celui-là, et je vous colle dare-dare sur Photoshop ; vous préférez comment : avec, ou sans les yeux bandés ?...

Écrit par : Michel | lundi, 18 juillet 2011

Et celui qui en a plusieurs ?

Écrit par : Guy | lundi, 18 juillet 2011

Ça, ce n'est pas compliqué :
1°) Il se met d'arrache-pied au solfège (s'il a des lacunes en la matière, naturellement !)
2°) Il joue de la harpe.

Écrit par : Michel | lundi, 18 juillet 2011

... " Il joue de la harpe " - ça, c'est excellent ! un esprit d'à-propos que je salue au passage ... Whaou ! ...
Salut, Guy ! ... d'où viens-tu ? D'un voyage interstellaire ? Nous ne devions pas voguer sur les mêmes galaxies depuis queques temps. Comment vas-tu ? ... bises satellitaires .. bip ! bip !

Écrit par : simone | mardi, 19 juillet 2011

C'est quoi, ça Michel ? Vous avez flanqué le paquet de dates par terre ? ... Et même en soufflant dessus !
J'espère que vous aviez balayé avant ?

Écrit par : Mone | samedi, 23 juillet 2011

Même pas ! Alors, vous imaginez la poussière... (tseu ! tseu ! tseu !)
(si un chat me saute dessus, pas sûr que ce soit à cause de mon nom...)

Écrit par : Médor | samedi, 23 juillet 2011

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