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mardi, 31 janvier 2012

Sur la touche...

Fin au samedi 18 février 2012

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(1)[Jeudi 12 janvier 2012]    [*(4)][+ Dimanche 12 février 2012]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 40-45. {*}{*}{*} (Mt)(Lc)(*)(Mt)(Lc)(Mt)(Lc)
foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéUn lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié
[9|9] devant cet homme, Jésus étendit la main, le TOUCHa [!][>48?][*][*][*] et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne (Mt), mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. 


            Un peu sorcier [1] sur les bords (mais surtout dans le fond [2, APR note 571]), un lutin [3] vient trouver le réalisateur du film [2, note 1] ; eu égard à la modestie de sa taille, il n’a pas besoin de tomber à ses genoux, y étant déjà. Jeune premier du film, il n’a pas besoin non plus de supplier quiconque : la vie de star [4][5][6][7] commande plutôt que ce fusse le réalisateur qui se plie (autant qu’il lui est possible, naturellement) aux caprices de son acteur fétiche. On aurait cependant bien tort [8] d’imaginer que les doléances de Philtrochu (car on n’aura pas eu tort de reconnaître ce nain [9] !) portent exclusivement sur l’issue heureuse de cet épisode de la version originale. Bien qu’il aille de soi qu’une guérison -témoignage pour les gens [2, APR note 413]- vienne heurter [10] de plein fouet [11,Jn(1),Lc(5)] sa sensibilité, ce n’est finalement pas tant sur cet aspect de la question que le sorcier voudrait la reconsidérer.
         Ainsi n’est-il pas si mécontent de la terminologie employée : « …tu peux me purifier. » Comme déjà largement suggéré antérieurement [12][13], l’usage d’un tel verbe n’est pas anodin puisque TOUCHant concrètement une réalité plus vaste que le seul CONSTAT [14, note 36]purement clinique [15, notes 48 à 50]- de ce qui afflige celui qui vient trouver Jésus.Celui-ci n’établit-Il pas de Lui-même une subtile distinction entre guérison et purification [16, APR note 18] ? Distinction mais non pas opposition :  au contraire, c’est la purification dans le dire qui entraîne la guérison dans le faire [2, APR note 414]. Sur ce point précis, on observe que la distinction s’estompe (en aval) entre un lépreux… et le paralysé de Capharnaüm [2, APR note 527,Mc(5)] qui, en amont, aura bénéficié, lui, d’un contexte d’approche de Jésus qu'il n'était pas possible de seulement envisager avec un "impur" plus ostensible… parce que notoirement plus contagieux. Il n’empêche que le mode opératoire conduisant à la guérison, lui, est interchangeable entre les deux hommes : dire « Je le veux, sois purifié » n’est guère différent de dire « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. ». La distinction revient ensuite : « Attention, ne dis rien à personne… » poserait pour le moins quelque difficulté particulière [17, AV note 15]   d’application (et de crédibilité) en un lieu où "tant de monde se rassemble qu'il n'y a plus de place, même devant la porte"[2,Mc(5)] ! Quoique cette distinction-là ne doive rien à l’éventuelle différence ontologique entre deux pathologies (et toutes les connotations symboliques [18, note 4/2] que chacune peut recouvrir), puisqu’elle s’inscrit dans le simple respect de la chronologie, renvoyant le lépreux à une période qui précède celle de l’arrivée de Jésus à Capharnaüm. "Une fois parti", -emporté par un enthousiasme faisant fi de "l’avertissement sévère"[19] qui lui avait été adressé-, "cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte" que ce disant/faisant, celui-là -de par son propre passif- n’aura pas été le dernier à faire accepter de tout le monde autrement plus consistant qu’une idée [20, APR note 12] (!) : quelque part en Galilée, à n’en pas douter, Quelqu’un incarnait personnellement l’ajustement jamais vu du binôme dire/faire [2, AV note 414]. À sa manière –et bien que ponctuellement en délicatesse avec l’obéissance due à son Purificateur-, notre homme s’est fait une sorte de "Jean Baptiste" : "aplanissant le chemin du Seigneur"[21]… qui Le conduisait précisément à Capharnaüm.

 

      « Attention, ne dis rien à personne… » : notre lutin sorcier, lui, se veut davantage en conformité avec l’obéissance : c’est pourquoi il va fairecomme [2, notes 0><411] s’il n’avait été rien dit à personne ! Il est vrai qu’étant plus à son aise dans l’exercice consistant à distendre assez le dire+faire jusqu’à ce qu’il devienne dire-faire [2, AV note 415], cette "obéissance"©-là ne lui est pas excessivement coûteuse. Son autre exercice favori (celui du saute-mouton [22, APR note 49][23, notes 50,51][24, notes 28 à 30]n’ayant par ailleurs aucun secret [25,11, note 70][26, APR note 95] pour lui, il lui suffit de dire « Je le veux, foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétén’existe pas » : à l’instant même, tout le monde accepte l’idée que ce qui existe "n’existe pas"©[27, APR note 76]sans que nul ne prenne garde [28] que ce qui n’existe pas [29, notes 53 à 56] se prenne malicieusement à exister [30, notes 69 à 72][31][32] : la nature a horreur du vide. (Attention : cela ne fonctionne pas -ou mal- sans la formule magique [33]…) Il conserve cependant ce qui lui est le plus précieux [25,3] : la lèpre (dans tout ce qu’elle implique de conséquences (a)sociales : son aspect organique lui étant parfaitement indifférent quant à son traitement), et cette exquise conscience aiguë [25,1?] du lépreux de passer pour impur auprès de ses semblables : l’impur n’est-il pas la "spécialité"©[34. APR note 191] par excellence de l’"expert"©©©[35][35bis][36] es "troubles"©[37, APR note 55] ?  Maintenant, si cette lèpre-là présente à ses yeux beaucoup d’avantages, il n’était pas possible au lutin de sauter ouvertement ses lieux communs. Ainsi, la lèpre se laisse si bien TOUCHer du regard que tout le monde sait [38être obligé d’éviter de la TOUCHer de la main. Or, cette idée- est déjà inacceptablpour Philtrochu : en effet, tout le monde "n’est pas médecin"©[39] ; tout le monde n’a pas fréquenté l’école des sorciers [40, notes 110,111][41,com.2§6] ! Malheureusement [18, APR note 30], ce n’est pas tout : l’ostracisme -relativement normal [21, note 102?]- qui frappe le lépreux ne frappe QUE lui, et personne d’autre que lui. Tellement personne d’autre que lui que, s’il en réchappe et retrouve la santé par un heureux concours de circonstances (comme dans l’épisode ci-dessus), personne n’ira raisonnablement s’opposer à sa réintégration pleine et entière parmi les siens.  Encore une idée inacceptable –voire insupportable [42]- aux yeux d’un Philtrochu se retenant à grand peine de crier au scandale [43, APR note 8][43bis].

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         Attention, ne dites rien à personne : l’affreux sorcier nous concocte de son côté une méga-surprise [2, note 296] ! Autrement dit, une méga-"lèpre"© de sa composition, réunissant les avantages cités à l’instant (qui, jusque là ne concernaient que la lèpre "traditionnelle"), tout en gommant résolument ses fâcheux inconvénients. S’ils avaient été maintenus en l’état, ces derniers eussent alors risqué de faire baisser "dangereusement"©[44, notes 4,5] le taux de sérotonine [45,com.3(§3),7(§6)][46, notes 88][47, note 150][32] de notre pressenti bienfaiteur de la "canité"[48, notes 40 à 55][49][50][51]. Une fois lancée sur le marché [52], sa méga-"lèpre"© sera proclamée [53][54][55], et sa nouvelle répandue exclusivement [56][57][58][59][60] par ceux qui n’en seront pas atteints [2, note 585] : leur efficience en la (non)matière pourra simultanément leur auto-garantir [61, notes 31 à 33] de remplir la fonction d’un merveilleux [62] (quoique fort mystérieux [63, notes 85,86]…) "vaccin"©[64][65"Anti-méga-lèpre"©[66,1Jn(3)]!
foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société         De sorte qu'il ne sera plus possible d’arrêter cette nouvelle [67][68, note 104]. Ici en effet, la consigne [69sera devenue :« Attention, dis-le à tout le monde… » ("Sécurité"©[70, APR note 7][71, AV note 26][72, note 31][73, APR note 44][74] oblige !…) Enfin -et c’est une botte [75][76] secrète du "savant"©- : tout le monde sera TOUCHé par la nouvelle, mais personne ne LE sera ni du regard ni de la main [15, notes 47 à 53][77][78][79][80] ! Ce qui constitue un must, puisque permettant au compositeur [81] lui-même de se préserver personnellement de tout risque de "contagion"©[82,im.6][83, APR note 87] en télé-composant [84, notes 2,3][85, APR note 82] son méga-"lépreux"© selon ce qu’on dit de lui [86, note 54][87, APR note 35(Is)][88,Dn] : il suffisait d’y penser [89] ! Ce qui, en prime, évite toute "guérison étant pour les gens un témoignage" : dans cet "ordre"©-, le seul qui vaille [90][91, APR note 66][92est celui d’un "regard"©[93acceptable par tout le monde [94dès lors qu’il représente un puissant rempart contre la terrifiante menace méga-"lépreuse"©.

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Étend-bile de Philtrochu selon lui-même 1, 40-45.  
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Un léporidé [95] vient trouver Philtrochu ; il tombe à ses genoux [96][45,com.10] et se surplie [97, note 28] : « Puisque tu le peux [2, notes 559 à 566][98], je veux que tu me "purifies"©[99, notes 52 à 54][100]. » Pris de pitié conceptuellement redéfinie [96,6,9][25,6,9] devant ce petit être craintif et tremblant qui lui tendait un écrit non de sa main [101, APR note 27][102, APR note 10][103, notes 102,103], Philtrochu attendri par le lapin [104] fut émotionnellement TOUCHé [105][2,<<note 448] et lui dit : « Je le veux bien aussi, sois "confirmé"©[34. APR note 191]. » À l'instant même, la méga-"lèpre"© s’abattit sur un "fantôme"©[88, note 31], et le lapin, lui, fut "purifié"©[106, note 1]. Aussitôt Philtrochu le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, fais comme moi [107, APR note 25] : ne cache rien à personne, maintenant que tu es venu (sans te montrer à lui, ce qui était "prudent"©[108!) "montrer"© (!) le loup [3, notes 91 à 96] au trêtre [109, note 63][110, APR note 34] qui t’a "confirmé"© que c’était bien lui qui l’était. [ NB goguenard du réalisateur : tant d’années
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[111, AV note 33] pour en arriver à un résultat si lamentable ! Même dans la plus arriérée des cours de récréation [112], le tricheur [113][114] se ferait immédiatement rabrouer par ses camarades de jeu.
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Nul n’ignore en effet qu’est le loup [115celui qui a été formellement TOUCHé par le loupCelui-là est censé par ailleurs avoir officiellement consenti [116] à jouer au loup sans y avoir été contraint [47, note 165] le moins du monde ; à moins que les règles du jeu (pourtant des plus basiques !) n’en aient été conceptuellement redéfinies, tout le monde acceptant à présent le joueur aussi clandestin qu’inTOUCHable [117] ? Ce qui aurait alors des relents de tripot [118][119]… ] Félicitations : tu as donné pour ta "purification"©[120] ce que la mouise [121] prescrit dans l’Aboi [122][123] : ta bien-portance [124][125][126][127] sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, ce lapin se mit à proclamer et à répandre la "nouvelle"©[128,Ec?][129,Ec?], de sorte qu'il n'était plus possible au loup méga-surpris d'entrer ouvertement dans une classe sans que ses petits camarades ne craignent [130, APR note 20][131] qu’il joue les prolongations pendant les cours. Les habitants se voyaient obligés de l’éviter, car de partout on criait au loup.

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(2a)[Lundi 6 février 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 53-56.
{*}{*}{*}
Jésus et ses disciples, ayant traversé le lac, abordèrent à Génésareth et accostèrent. Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus : ils parcoururent toute la région, et se mirent à transporter les malades sur des brancards là où l'on apprenait sa présence. Et dans tous les endroits où il était, dans les villages, les villes ou les champs, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser
TOUCHer ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la TOUCHèrent étaient sauvés.

         Un jour, c’est un paralysé porté par quatre hommes [2,Mc(5)]. Un autre jour, c’est un lépreux [>Mc(1)]. Un autre jour encore, ce sera une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans [>Mc(5)]  : les jours se suivent où Jésus guérit toutes sortes de malades, chasse beaucoup d'esprits mauvais [2,Mc(2,5)]. Soit qu’Il vienne à eux, soit que ceux-là viennent à Lui par leurs propres moyens -ou ceux de leurs proches s’ils sont infirmes [>Mc(2a)]-, par derrière [>Mc(5)], par devant-ou par dessus (!) quand la foule est si écrasante qu’elle empêche toute approche [2,Mc(5)]-, dans le calme ou la précipitation [>Mc(3)], pendant que l'Époux est avec eux on n’aura seulement jamais entendu dire que ceux qui TOUCHaient ne serait-ce que la frange de son manteau [>Mc(2a)(5)] se fussent retrouvés gros Jean comme devant [132, note 71][133, note 44] parce que continuant de jeûner -malgré eux- de leur santé. Il n’est jusqu’à cette jeune fille de douze ans qui, elle, jeûnant de la vie même, sera précisément appelée en premier lieu à ne pas jeûner sitôt son réveil : "Il leur dit de la faire manger"[>Mc(5)]. Car le fait de manger est pour les gens un témoignage [>Mc(1)] élémentaire de santé et de vie ; les morts ne mangent pas : ce sont plutôt les vers qui les mangent.

(2b)[Lundi 16 janvier 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2, 18-22.
{*}{*}{*}    (Mt)(Lc)(Mt)(Mt)(Lc)(Mt)(Lc)(Mt)
Comme les disciples de
Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Jésus répond : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l'Époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé (?)[?] : ce jour-là ils jeûneront.
« Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d'étoffe neuve ; autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage. « Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement la fermentation fait éclater les outres, et l'on perd à la fois le vin et les outres.
À vin nouveau, outres neuves. »

            Or, en dehors du jeûne proprement dit, il règne précisément de quoi faire autour du manger : témoignage élémentaire de vie… et de savoir-vivre. Il convient déjà d’être paradoxalement exemplaire… à ne surtout pas incarner le binôme dire/faire [2, APR note 413] ! C’est qu’en effet, on ne parle pas la bouche pleine. Mais dans tous les endroits où Jésus était, dans les villages, les villes ou les champs, ce n’est certes pas sur cet aspect de la question qu’on L’observait le plus attentivement. Avec les pharisiens, on ne rigole ni avec le choix des con-vives [2,Mc(6)][134] (étymologiquement : "vivre-avec") à table ni avec le savoir-vivre… encore moins un jour de sabbat !

(2c)[Mardi 17 janvier 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2, 23-28.
{*}{*}{*}    (Mt)(Lc)(Mt)(Lc)(Mt)(Mt(5))
Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat ! Cela n'est pas permis
(*). » Jésus leur répond : « N'avez-vous jamais lu ce que fit David [*], lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Au temps du grand prêtre Abiathar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l'offrande que seuls les prêtres peuvent manger, et il en donna aussi à ses compagnons. »
Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l'homme est maître, même du sabbat. »

            « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. » [>Mc(5)] Le Texte ne nous précise pas quelle est la position personnelle de l’homme qui prononce cette parole : si, à ses yeux, le sabbat a été fait pour l’homme, ou bien l’homme pour le sabbat. En revanche, sa qualité de chef de synagogue laisse peu de place au doute quant à sa maîtrise de la plupart des règles qui le régissent alors ! Peu de place également au doute quant au jour où il la prononce : ce n’est vraisemblablement pas un jour de sabbat. Non parce qu’à son sens il n’était pas permis de guérir le jour du sabbat –et qu’il se devait alors d’être exemplaire en la matière-, mais parce que l'Évangile ne joue guère à saute-mouton [0, notes 22 à 24] avec le jour du sabbat ! Tout au contraire, il y saute à pieds joints lorsque Jésus ne se contente pas de dire que "le Fils de l'homme est maître, même du sabbat", mais qu’Il le fait par un acte si "abominable"©[135] que Ses détracteurs s’en taisent sur le moment… ou qu’un lutin sorcier en mangerait de rage son chapeau : pour celui-ci, guérir est déjà un scandale [0, notes 43]… mais guérir un jour de sabbat [>Mc(2e)] ne l’est pas beaucoup moins chez les petits "maîtres" du sabbat dictant à qui voulait les entendre ce qui était permis… avec toutefois un penchant plus certain vers ce qui ne l’était pas.
            Chez ceux-là, gardons cependant à l’esprit -et à leur propos- la recommandation suivante : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. »[2, note 411][136,Mt(1)] Ce qui veut dire qu’en dépit de la forme négative de ce qu’"ils ne font pas", cette forme n’est pas nécessairement négative en soi : parce que s’ils sont imbattables dans leur réelle compétence [34, AV note 204] à dire "ce qu’il n’est pas permis" de faireils ne se permettent pas davantage de le faire, eux. En effet, dès lors que tout ce qu’ils peuvent dire est praticable et observable, puisqu’"ils disent et ne font pas"il ne font pas non plus ce qu’ils disent aux autres de ne pas faire. Eussent-ils été dansL-ane-au-fond-du-puits.jpg le besoin et qu'il eussent faim, eux et leurs compagnons, ceux-là auraient même perdu de leur sens étymologique (!) puisqu’ils seraient demeurés sans pain à se mettre sous la dent. Les disciples se mirent à arracher des épis ? Cela n'est pas permis le jour du sabbat ! Jamais ne leur serait-il venu à l’esprit -certes rigide à l’excès [137, APR note 3][138, note 4/2] !- d’arracher eux-mêmes ces épis. (On ignore, du reste, si le(s) propriétaire(s) des champs de blé, lui (eux), l’ont permis ou non (!) : la question n’est pas seulement affleurée, tout -même cela- étant relatif au sacro-saint jour du sabbat…) Ne parlons pas de ce que fit David : cela n’était permis ni le jour du sabbat ni un autre jour ! "Mais n'agissez pas d'après leurs actes" : notamment lorsque ces deniers miment la configuration de l’âne préférant mourir de soif plutôt que de TOUCHer à son auge… bien que celle-ci soit pleine au ras bord d’eau fraîche !
            « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. »[>Mc(5)] Le Texte ne nous précise pas davantage quelle eût été la position personnelle de l’homme qui prononce cette parole, au regard du jour du sabbatsi sa petite fille avait été à toute extrémité ce jour-là : d’autant qu’"à toute extrémité" fait plus que suggérer combien son éventuel salut -et qu’elle vive- s’inscrit dans une urgence qui, assurément (et selon une terminologie moderne)met en jeu le pronostic vital de la jeune fille dans un délai extrêmement court : à supposer que l’on fût un jour de sabbat, il eût été manifestement trop tard d’attendre jusqu’au lendemain. (Ce que le Texte confirme [34, APR note 201] d’ailleurs par la suite  : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? ») On pourrait ajouter : à quoi bon être le plus scrupuleux des chefs de synagogue, à quoi bon être le plus tatillon des modèles d’exemplarité dans le respect inconditionnel du jour du sabbat si sa fille vient de mourir ? On a beau être chef de synagogue, on n’en est pas moins homme et pas moins père : que peut représenter la pâle satisfaction d’un "devoir d’état" pleinement accompli, là où celui-ci se heurte à la peine incompressible d’un cœur affligé par la perte d’un être cher ? Le sabbat a été fait pour l'homme, mais non pas pour le consoler alors même qu’en son nom on se serait obligé d’éviter le geste salvateur qui, lui, aurait évité la dite peine. Comparativement à une petite fille à toute extrémité, même l’arrachage de quelques épis à travers les champs de blé ne semble-t-il pas des plus dérisoires ? Presque une incartade de collégien !…
            « Viens lui imposer les mains… »[>Mc(5)] : jusque hors contexte de maladie -et même hors jour de sabbat-, les enseignants dans la chaire de Moïse ont beau dire et ne pas faire, ils ne sont néanmoins pas avares d’en imposer beaucoup avec les mains : gare à ceux qui négligent un peu trop ostensiblement -à leur goût- de pratiquer et d’observer tout ce qu’ils peuvent dire

(2d1)[Mardi 7 février 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 1-13.
{*}{*}{*}    (Mt)(Lc){*}(Lc)(Lc)
Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéet voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. » Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi 
[11](1Co)[20]. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent [5,6] ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains [*][*][*][91]. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » 
(Mt|Mt|Mt)(Mt|Mt)(Mt|Mt)
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition. En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort. Et vous, vous dites : 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.' Vous l'autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez [*/523>>537]. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
(2d2)[Mercredi 8 février 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 14-23. {*}{*}{*}       [>23]
Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. » Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient (*)[>258] sur cette parole énigmatique. Alors il leur dit : « Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre (*)[Mt,(1/2)][Mt,(1/2)] ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il leur dit encore : « Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui le rend impur. Car c'est du dedans [72][30][>51][!][88>*], du [ cerveau_[58>*/*/*|*] (!) ] cœur_de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols [*], meurtres [*], adultères, cupidités [*][174>179][*], méchancetés, fraude [*][*], débauche, envie, diffamation [109], orgueil [*] et démesure [*][14>21][39>46]. Tout ce mal [14][33/2][123] vient du dedans, et rend l'homme impur. »

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            Pour l’heure, bottons en TOUCHe [139,(2)] : de nos jours, ne se lave-t-on pas les mains [140, APR note 2][141, notes 4 à 6][142, APR note 47] de toutes ces pratiques si désuètes qu’on ne saurait les attacher à nuls autres qu’à ces anciens pharisiens et scribes d’un autre temps comme d’un autre lieu : en un mot, d’une toute autre culture ? Il y a si longtemps qu’ils ne sont plus à l’affiche [42bis] ! Comment "lavage de coupes, de cruches et de plats" -et beaucoup de choses du même genre- ne nous apparaîtraient-ils pas délicieusement caducs [143, APR note 68][144, note 88] à défaut d’être corbane ? C’est même encore plus simple que cela : puisqu’ils n’existent plus aujourd’hui [145, note 2], les doctrines qu'ils enseignaient ont disparu avec eux ; elles ne sont donc plus guère que des prétextes à stimuler l’intérêt des seuls historiens [146, note 31]… voire des paléontologues ! Laissons donc de côté ces ringardises pour nous attacher aux commandements du pur principe de "réalité"©[143, notes 66 à 68] : peut-être cela rendra-t-il ses couleurs à notre jeune premier ? En effet, le réalisateur [2, note 1] n’a pas été sans observer qu’à l’énoncé –assez dense, il est vrai- des deux épisodes originaux ci-dessus [>Mc(2d1/2)], son nain est devenu si jaune [147, note 46] que, paradoxalement [148], il s’en est rendu momentanément incapable de jouer ! Voilà qui lui semble énigmatique : ce qui lui était extérieur jusqu’alorsà savoir, les sévères ballonnements ayant récemment remué les entrailles des spectateurs [2, APR note 311]- aurait-il pénétré celles du sorcier jusqu’à le rendre impur… du moins, plus impur qu’il ne l’était déjà ? Alors, promenant sur lui un regard de compassion [149] (et, bien sûr, d’inquiétude pour sa santé), le réalisateur décida de surseoir au développement des thèmes entourant les invectives de Jésus aux pharisiens (le temps que le lutin en élimine toute l’émotion [105] qu’elles lui ont causées !), et se précipita [>Mc(3)] sur un épisode en souffranceparce que plutôt par derrière dans l’ordre chronologique. Car il avait fait beaucoup de digressions, si bien qu’il devait malheureusement [18, APR note 30] abandonner le principe de "réalité"© au profit d’une réalité plus TOUCHable. Mais précisément : pas pour tout le monde [>Mc(2e)] ! (Question subsidiaire, en rapport avec cet épisode : est-il permis, le jour du sabbat, de… penser par soi-même ?)

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            Un jour, c’est un paralysé porté par quatre hommes [2,Mc(5)]. Un autre jour, c’est un lépreux [>Mc(1)]. Un autre jour encore, ce sera une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans [>Mc(5)]  : les jours se suivent où Jésus guérit toutes sortes de malades, (à l’exception [29, notes 53 à 56], malheureusement, des "phobiques sociaux"© que seuls les "médicaments"©[47, APR note 240] ad hoc [111, APR note 93][150] peuvent "traiter"©[31][32](sic)), où Il chasse chasse beaucoup d'esprits mauvais [2,Mc(2,5)]. En comparaison, ce jour-là ne va-t-il pas être reposant ? L’homme n’a pas besoin d’être porté : il est vraisemblablement venu par ses propres moyens. Il n’a pas de pertes de sang, ne vient pas par derrière, n’est pas à toute extrémité et ne supplie personne : on n’entend pas même le son de sa voix ! C’est dire que les circonstances se prêtent décidément au repos : ce qui ne tombe pas si mal, attendu que nous en retrouvons l’inénarrable obligation avec le jour du sabbat. À la limite, il serait même permis de s’interroger sur l’importance [151] (toujours en comparaison avec ces handicaps -infiniment plus lourds- dont les Textes ne manquent pas de nous abreuver par ailleurs…) que Marc confère à l’épisode relaté ci-dessous de sa main. D’autant que le facteur "risque" semble lui-même disproportionné : "on pourrait ainsi l'accuser". (De fait, on a "pu" : en "se réunissant, une fois sortis, pour voir comment le faire périr"…) N’eût-il pas été plus "rentable" de prendre un tel risque (que Jésus connaissait mieux que personne) à propos, par exemple, de la fille de Jaïre… ou encore d’un tétraplégique jusqu’aux oreilles [2, note 571!] qui, dans son état, aurait pu légitimement envier le sort de cet homme qu’il y avait là, dans une synagogue, avant même que Jésus y entre à son tour ?…

(2e)[Mercredi 18 janvier 2012]    

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3, 1-6. {*}{*}{*} 
(
Jn)(Lc)(Lc)(Jn){Lc}(Lc)(Lc)(Jn)(Lc)(Jn){Lc}{Lc(2)}

Un jour, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était paralysée. On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat ; on pourrait ainsi l'accuser. Il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Viens te mettre là devant tout le monde. » Et s'adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal [85>87]  ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Mais ils se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère (*), navré de l'endurcissement de leurs cœurs, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il l'étendit, et sa main redevint normale [102?]Une fois sortis, les pharisiens se réunirent [>24(1Co)][>15(1Co)avec les partisans d'Hérode contre [8->(3)] Jésus, pour voir comment le faire périr.


            Il y a là comme un renversement de perspective si on compare la scène avec celle du lépreux, plus haut [>Mc(1)]. Autour de celui-ci, il peut lui être dit : « Attention, ne dis rien à personne… » parce qu’il n’y a personne d’autre que Jésus et lui, en face à face. "Un jour, Jésus entra dans une synagogue"… dans laquelle il était exclu qu’on laissât entrer un lépreux. Celui-ci "tombe à ses genoux et le supplie" : l’homme dont la main était paralysée, lui, se taisait… mais pas pour les mêmes raisons que les "observateurs" de Jésus (candidats à "pouvoir l’accuser", ceux-là se déclaraient alors moins compétents à pouvoir répondre à la question posée !). Il est permis de supposer que la seule présence de ces "observateurs" aie pu lui fournir une raison plus substantielle : quand "on observe Jésus pour voir s'il guérit le jour du sabbat", c’est qu’on observe le guéri au même titre que son guérisseur ! Si "on pourrait ainsi accuser" celui-ci, on ne pourrait pas moins accuser celui-lànotamment s’il se montrait trop entreprenant à se faire guérir le jour du sabbat. Sachant cela, l’homme se taisait donc. « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Dans le contexte du lieu et de l’époque, nous retrouvons là un exemple concret de "doctrine enseignée n’étant qu’un précepte humain : doctrine annulant la parole de Dieu"[>Mc(2d1)] puisque prenant au pied de la lettre une loi de Moïse de laquelle l’esprit en a été implacablement expurgé [152, APR note 4]. Pour autant, ce reproche n’a pas encore été formulé tel quel aux "docteurs enseignants" : pour rappel, la scène se déroule par derrière dans l’ordre chronologique. Ici, Jésus se fait plus modéré à leur égard, les plaçant simplement au pied du mur en leur suggérantpar son habituelle formule interrogative [153]- l’incohérence (pour ne pas dire l’absurdité) de leur formule affirmative [154] à eux : bien ou mal, à leurs yeux, "il n’est pas permis de faire le jour du sabbat". C’est pourquoi le handicap d’un homme dont la main était paralysée est beaucoup moins anodin (plus que jamais en comparaison avec des infirmités plus lourdes !) qu’il n’y paraît : une main paralysée, c’est à l’évidence une main qui est hermétique au TOUCHer. Une main paralysée, c’est aussi une main qui ne peut rien faire. Autrement dit, cette main-là est presque une "bénédiction" (aux yeux de "docteurs enseignants" qui, eux, n’en sont nullement affectés !) en ce que celui qui en souffre est bien obligé d’exceller à respecter le jour du sabbat. "On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat"… avec peut-être plus d’acuité que s’il s’était agi d’un paralysé total, d’un sourd, d’un aveugle, d’un possédé ou de toute sorte de malade dont la présence dans une synagogue ne met pas ouvertement en péril la santé de ses coreligionnaires. Guérir une main paralysée un jour de sabbat, c’est peut-être un détail pour nous… mais pour les Juifs de l’époque, ça veut dire beaucoup : ça les dérange [155, note 5] ! Parce que TOUCHer à une main qui ne peut rien faire, c’est indirectement TOUCHer au jour du sabbat lui-même en TOUCHant à ce qui permet de le respecter… fût-ce par contrainte organique : geste hautement symbolique… voire "psychologique"©[18, note 4/2] !
            Sur cet aspect de la question, on observe précisément l’extrême délicatesse de Jésus. Il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Viens te mettre là devant tout le monde. » Or, cet homme ne lui a rien demandé formellement : on devine qu’il n’était pas moins paralysé -lui et ses coreligionnaires- par la crainte d’un éventuel retour de bâton de la part des "observateurs". Cependant, cette crainte commune n’est pas assez prononcée pour tant le troubler que son consentement s’en fusse trouvé impossible [156](sic). Il n’est pas tombé à genoux, n’a pas supplié, n’a manifesté aucun signe extérieur d’initiative personnelle : par conséquent, quoi qu’il lui arrive à présent, personne ne pourra lui en tenir le moindre grief. « Viens te mettre là devant tout le monde. » D’ores et déjà, tout le monde est ainsi appelé à témoigner en sa faveur : n’ayant manifesté aucun signe extérieur d’initiative personnelle, il va se mettre là par obéissance. On lui a dit de se mettre là, il se met là et basta ; si les "docteurs enseignants" sont ce qu’ils sont, accordons-leur la grâce de n’en être pas encore à reprocher à quelqu’un -devant prétendument obéissance à l’autorité du moment- de ne pas vouloir répondre de LEUR autorité [157, notes 29 à 35][158][159] en plus de la sienne ! Notre homme, lui, est à l’abri de telles avanies : placé ainsi devant tout le monde, le plus obtus (le plus enfermé dans son système [107, APR note 15/1][160, note 6/2][161, note 37][162, notes 32,33] clos) des pharisiens est mis lui-même dans l’impossibilité de l’accuser, lui, d’être en délicatesse avec le jour du sabbat : loin de se précipiter sur Jésus, il s’est fait prier devant tout le monde. D’où cette délicatesse de Jésus qui, en l’appelant de Son initiative à Lui, lui évite obligeamment d’avoir à subir des conséquences… plus désagréables de sa guérison à venir. Délicatesse qui ne vaut d’ailleurs pas moins à l’égard de Ses détracteurs du moment : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » ; à leur soumettre une telle question, ils y perdaient nettement moins la face devant tout le monde que si Jésus avait pris un peu d’avance sur le timing, leur lâchant déjà -et tout de go- au beau milieu de la synagogue :« Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.[>Mc(2d1)] » etc. ! Ils ne s’en seraient pas moins tus, Jésus n’en aurait pas moins guéri la main paralysée (y gagnant de surcroît une plus forte légitimité !), l’homme qui en souffrait n’en eût pas été davantage accusé… mais une fois sortis, les pharisiens eussent été la risée de tous les gens de la synagogue. À moins que –dans un cas plus extrême, à l’énoncé de ce passage de l'Écriture qui eût ostensiblement visé les sortants mot pour mot–, tous ces gens en devinssent d’assez méchante humeur… jusqu’à se réunir entre eux pour voir comment les faire périr, eux ?…

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            NB : il convient de rappeler inlassablement [163], en effet, combien à cette époque les dérangeants [155, note 5] étaient physiquement éliminés aussi aisément [164][164bis, AV note 11] que… tout ce qui entre dans l'homme en venant du dehors [>Mc(2d2)], ou (moins crûment) que l’on arrache une dent [30, notes 13 à 15]. Ce qui n’est en rien comparable à la nôtre, celle-ci s’étant dotée d’une sensibilité [165] assez aiguë [166] pour que pareil projet fasse d’emblée frémir d’horreur [167, APR note 3] toute conscience bien née [25,1]. Conséquemment, nous pouvons dormir tranquilles [168][169] : qui, de nos jours, pourrait se permettre de SUCCOMBER [170, notes 5 à 7][171] quiconque pour un malheureux dérangement ? Personne ne se réunissant plus pour voir comment faire périr quelqu’un, il est alors clair devant tout le monde que l’on ne tue plus… ou DISONS, pas aussi directement [21, notes 6 à 43][172][173][174][175][176] : parce que dans l’obligation tacite d’éviter les lieux habités par les petits n’enfants [177][178, notes 94,95?] qui pourraient foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéen subir quelque "traumatisme psychologique"©s’ils venaient à l’apprendre. CONSTATONS que l’ « on fait ce qu’on peut, mais il y a la manière »[40, note 286(+vidéo)] : sans doute TOUCHonsnous là au formidable abîme [179][180] qui sépare irrémédiablement les ténèbres de la lumière. En d’autres termes, nous laissons [181] loin derrière nous la barbarie [182][183][184] afin de mieux rejoindre les insurpassables "sommets"©[27][185, APR note 10][70, APR note 10][186][187][188][189] de la merveilleuse [62] civilisation que nous avons atteint aujourd’hui [190][191]

 

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            Le renversement de perspective vaut également à l’échelle du TOUCHer. Avec le lépreux, c’est Jésus Lui-même qui étend la main et le TOUCHe ; à l’homme de la synagogue, lui est dit : « Étends la main. ». Il l'étendit, et ce n’est qu’alors que sa main redevint normale. " « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Mais ils se taisaient" : qui ne dit mot consent. D’autant que la question était volontairement exagérée par rapport à la situation à laquelle étaient confrontés ceux à qui étaient demandés de lui apporter une réponse, ce contraste devant contribuer à leur faciliter la tâche sans qu’ils ne s’en trouventfaussés : jour de sabbat ou non, une main paralysée est incapable de rien faire : en bien comme en mal. Elle constitue un sérieux handicap dans la vie quotidienne, mais ne menace pas celle-ci aussi fondamentalement qu’une maladie –ou une blessure- mortelle : ne pas avoir fait le bien (pour qui peut faire autrement : mal par omission [192, APR note 32]) de l’avoir guérie n’eût pas vraiment tué notre homme ; faire le bien de l’avoir guérie lui améliore notablement la vie, mais -au sens strictement clinique du terme- ne lui sauve pas réellement. Ce qui veut dire qu’au-delà de l’apparent caractère manichéen de la question posée, celle-ci n’est en rien fermée : comme prenant au piège ceux à qui elle s’adresse. Elle reste au contraire suffisamment souple pour leur suggérer toutes ces nuances… voire leur offrir l’opportunité de rebondir sur elles afin de s’y réfugier pour mieux éviter une réponse trop directe à la question ! Car, fusse-t-on dans un contexte de guérison potentielle, ce qui est permis ou non le jour du sabbat -faire le bien ou faire le mal- ne se limite pas au guérisseur mais concerne tout le monde. De plus, l’exagération appuie également sur un aspect volontairement absurde : aussi rigoureuses pouvaient être les règles de la loi de Moïse alors en vigueur, encore plus rigides pouvaient en être ses gardiens, ni ceux-là ni personne eût explicitement concédé que le jour du sabbat permette de faire le mal (!) : une telle interprétation viderait la loi (celle de Moïse comme n’importe quelle autre) de tout sens, et par conséquent de sa raison d’être. On peut (se) tromper : prendre un mal pour un bien (voire se donner l’impression, l’illusion [18, APR note 44] de "ne plus s’y tromper" en éradiquant le concept [47, note 123]comme on casse le thermomètre pour "ne plus avoir de fièvre" !) ; mais, à moins de nourrir le sombre dessein d’exercer un pouvoir dictatorial, personne n’ira songer à décréter qu’il soit ouvertement permis de faire le mal le jour le plus sacré d’entre tous. Même aux jours ordinaires, il devrait aller de soi que l’hypothèse est déjà absurde : c’est pourquoi ceux à qui Jésus adressait sa question avaient davantage d’arguments possibles à faire valoir… qu’à se taire. Mais ils se sont tus. On ne se tait que pour les raisons suivantes :
- soit que
l’on soit sourd, soit que l’on soit muet (les deux handicaps n’allant pas sans se combiner [>Mc(3b)]),
- soit que l’
on n’aie pas bien entendu la question, qu’on l’aie mal -ou pas- comprise [>Mc(2d2)]; ou encore qu’on ne sache pas -tout simplement- y répondre parce qu’elle dépasse la compétence propre du question(ne pas confondre avec l’inverse : une compétence sale [34, AV note 204] par laquelle il serait assurément préférable de se taire plutôt que de répondre n’importe quoi qui fasse -et répande [0, notes 56 à 60]- du mal à tout jour de la semaine !…)
- soit que l’
on aie parfaitement entendu la question, non moins parfaitement comprise (surtout quand elle le serait d’un enfant, parce que ne relevant pas exactement d’une science pointue [35, note 88(!)] : ce qui est le cas de la question posée par Jésus dans la synagogue…)mais que sa réponse en fusseplaisante [88, APR note 54] parce que venant déranger [155, note 5] quelque intérêt catégoriel du moment : ici, c’est moins par la survenue inopinée d’un handicap organique que l’on est muet [193, notes 7 à 9]… que par un accès de ce que, beaucoup plus tard, une science non exacte [35][35bis] pointera comme un malheureux accès d’"incommunicabilité"©[193].

         Dans cette dernière hypothèse, nous sommes sortis d’un classique schéma connaissance/ignorance pour entrer de plain-pied sur un terrain marécageux que l’on nomme communément la mauvaise foi. En un tel domaine, un plus un égalent deuxsauf si cela vient déranger quelque intérêt catégoriel du moment. Ainsi, Jésus peut guérir tous ceux qui souffrent de quelque mal (qu’ils se précipitent sur lui ou non), seuls à l’écart ou en foules, se faire connaître… ou leur défendre vivement.->


(3a)[Jeudi 19 janvier 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3, 7-12. {*}{*}{*}
(Mt)(Lc)(Lc)(Mc)(Mt)(Lc)(Mc)(Mt)(Lc)(Mc) 

Jésus se retira avec ses disciples au bord du lac ; et beaucoup de gens, venus de la Galilée, le suivirent ; et aussi beaucoup de gens de Judée, de Jérusalem, d'Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon avaient appris tout ce qu'il faisait [<414|>18], et ils vinrent à lui. Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour qu'il ne soit pas écrasé par la foule. Car il avait fait beaucoup de guérisons [3][39], si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui [!][!][!][>606] pour le TOUCHer [438!!!]. Et lorsque les esprits mauvais le voyaient, ils se prosternaient [?>!] devant lui et criaient [>577] : « Tu es le Fils de Dieu ! »[Jn] Mais il leur défendait vivement de le faire connaître(Mt)


         -> S’il leur recommande de n’en rien dire à personne, jusque en dehors de sa "circonscription" habituelle, ils peuvent partager avec le lépreux [>Mc(1)] le même enthousiasme… et par conséquent, la même propension que lui à se faire un peu trop sourds et pas assez muets…

(3c)[Vendredi 10 février 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 31-37.
{*}{*}{*}   (Mt){*}(Mt)
Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui
TOUCHa la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne (Mt) ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

            Qu’Il soit en Galilée, dans la région de Tyr, qu’Il aille en plein territoire de la Décapole en passant par Sidon –et quelles que soient les vives défenses qu’Il oppose à se faire connaître !-, il n’y a rien à faire (!) : de partout, on venait à Lui [>Mc(1)]; partout où Il passait, à son corps défendant Il s’était fait connaître. Parce que s’Il frappe dans la synagogue par ce qu’Il dit [63,Mc(2)][2,Mc(1)] et fait [>Mc(2e)], en dehors c’est surtout par ce qu’Il fait qu’Il frappe et suscite l’admiration. Non qu’Il n’aie rien eu à dire en dehors de sa Galilée (ni rien à y faire… ou rien à en faire !), mais n’a-t-Il pas été d’abord envoyé (comme Il a envoyé les siens [195][54][196]) aux brebis perdues d’Israël [197][198] ? Aux autres les miettes, dont certaines ne se le faisaient pas dire deux fois pour les ramasser !… Bref flash back sur cette région de Tyr qu’Il quitta :

(3b)[Jeudi 9 février 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 24-30.
{*}{*}{*}   (Mt)(Mt)(Mt)(Mt(7))
Jésus se rendit dans la région de Tyr. Il était entré dans une maison, et il voulait que personne ne sache qu'il était là (Mt!) ; mais il ne réussit pas à se cacher. En effet, la mère d'une petite fille possédée par un esprit mauvais avait appris sa présence, et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne, et elle lui demandait d'expulser [?] le démon (*)(*)(*)[*] hors de sa fille. Il lui dit : « Laisse d'abord les enfants manger à leur faim, car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Mais elle lui répliqua : « C'est vrai [>16], Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants. » Alors il lui dit : « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. » Elle rentra à la maison, et elle trouva l'enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d'elle.

            CONSTATONS -en passant par Tyr- que chez Jésus, "d’abord" n’exclut pas "ensuite" : à partir de là, Il ne passe pas par Tyr en passant outre la foi de cette femme qui est grande [198]mais qui est bonne [0, APR note 194] (au point, précisément, de savoir reconnaître un esprit mauvais sans se laisser posséder par l’aspect extérieur -innocent- d’une petite fille…) ; car, après tout, "grande" est aussi la "foi" des accusateurs de la synagogue [>Mc(2e)]: ne s’imposent-ils pas comme de "grands défenseurs"[199][200, APR note 16][201, note 24][202, note 31] de la loi de Moïse [203][204][205][206][207] devant l’Éternel ? Cette femme était peut-être païenne, mais Jésus se laisse moins TOUCHer par la nationalité, le bagage d’autorité [208] -ou par l’impressionnant [18, APR note 44] "contenu" de la demande [209][210][211!]- que par son "contenant", à la mesure [212] de la foi exprimée : ce qui peut expliquer, du reste, que la main paralysée de l’homme fut guérie alors même que le "contenu" était formellement "vide"
            Parallèlement, CONSTATONS que, bien qu’inTOUCHable par définition (!), le démon réussit encore moins à se cacher, ainsi qu’à ne pas se prosterner devant Lui [>Mc(3a)]… ceci même s’il n’est pas devant Lui ! C’est une situation que nous retrouverons beaucoup plus tard, sur une large [213] échelle… mais dans le cadre -que nous subodorons- du parfait renversement [214][215][2, notes 261 à 264] des acteurs. Cependant, à une échelle plus réduite, un tel renversement désORDONNANT s’inscrit déjà en germe puisqu’il est CONSTATÉ, DITet CONDAMNÉ [216, note 11] dès cette époque : précisément cela concerne-t-il en premier chef… quelques premiers chefs appartenant au cercle de ceux qui se taisaient [>Mc(2e)] à la suite d’une question à laquelle un enfant aurait pu répondre…

(3d)[Lundi 23 janvier 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3, 22-30.
{*}  
(
Lc)(Mt)(Lc)(Mt)(Lc)(Lc)(Mt)(Lc)(Lc)(Mt(1))
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul 
[>16](*); c'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »[->][->] Les appelant près de lui, Jésus disait en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan [?] ? Si un royaume se divise, ce royaume ne peut pas tenir. Si une famille se divise [1/2][1/2/3], cette famille ne pourra pas tenir. Si Satan s'est dressé contre lui-même, s'il s'est divisé, il ne peut pas tenir ; c'en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens [*][1/2], s'il ne l'a d'abord ligoté [*|*|*|*|*|*|*|*|*]. Alors seulement il pillera sa maison. « Amen, je vous le dis : Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et tous les blasphèmes qu'ils auront faits. Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint*, il n'obtiendra jamais le pardon. Il est coupable d'un péché pour toujours. [52>54] »
Jésus parla ainsi, car ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur
[>Mc(2d2)!][1Jn]. »
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(*)[>10]>>[Ep][Ep][Ep][1Co][1Co][1Jn][Ep][Ep][1Co][Ep][Ep][1Co][1Co][Jn]>>[<7][53][7][117][*][*][*]

            En somme, quand on ne "descend pas de Jérusalem" pour rendre l’inexplicable encore plus inexplicable en "l’expliquant" par son contraire (!), on ne va pas chercher midi à quatorze heures : de partout on venait à lui [>Mc(1)], tous ceux qui souffraient de quelque mal ne se précipitant pas davantage sur lui [>Mc(3a)] parce que poussant la carte de la solidarité jusqu’à souffrir de quelque mal comme eux ! On ignore s’ils avaient appris ce que les scribes disaient de Jésus, mais eux n’ignoraient pas tout ce qu'il faisait : même si d’aventure une femme, elle, avait appris ce qu'on disait de Lui [>Mc(5)], gageons que la version qui lui était parvenue aux oreilles était plutôt celle de l’un ou l’autre de ces ex-souffrants, plus crédible à ses yeux que le discours convenuaussi élaboré fût-il- d’un scribe assez bien portant pour se montrer foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéindifférent aux signes qui accompagnent la guérison. Puisque celle-ci est pour les gens un témoignage [>Mc(1)], comme tel, il est reçu… ou pas [217, note 6]. Et partout où il l’est, il l’est tel quel : sans ajout ni omission. Partout, il se dit qu’un certain Jésus est "le roi Midas" de la santé : Le TOUCHer -ou être TOUCHé par Lui-, c’est assurément trouver (ou retrouver) "l’or" de la pleine santé [>Mc(2a)] (avec les inconvénients en moins : être en pleine santé, c’est aussi pouvoir manger [0, APR note 133] ; à cet égard, l’or du roi Midas est un peu dur sous la dent…).
            Soulignons en passant que c’est aussi parce que ce "roi Midas" n’est pas venu pour être fait roi [218][218bis], Lui [219,com. 1 à 6] (en dépit de succès réels pour tous [18, AV note 41] sur le terrain), qu’Il Lui arrive parfois de jouer à cache-cache en recommandant une discrétion que les premiers témoins ont tant de mal à respecter. Non pour « contenir la foule, éviter que les gens n’accourent en masse vers lui, et qu’il se retrouve complètement débordé »[220] (Il se laisse si peu « déborder » que même Ses disciples s’étonnent -à juste titre- que dans une foule qui L’écrase, Il se retourne afin de demander qui a TOUCHé Ses vêtements [>Mc(5)]!…)

            Leur joie émerveillée d’avoir retrouvé la santé suffit-elle d’ailleurs à expliquer de tels débordements chez les ex-souffrants ? En effet, cette exubérance est-elle toujours de leur propre fait ? Lorsque vous avez toujours –ou longtemps- été connu muet de vos proches, n’est-il pas difficile de le rester si on vous demande pourquoi -et comment- vous ne l’êtes plus ? Si vous avez toujours été connu sourd de vos proches, allez-vous longtemps leur faire la sourde oreille ? Si vous avez toujours –ou longtemps- été connu de vos proches (alors moins proches !) comme ayant "sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre"[>Lv], est-il possible qu’aucun d’entre eux ne s’interroge survotre "peau de bébé"… et votre silence puisque n’ayant manifestement plus de raison de crier 'Impur ! Impur !' ?…

[Dimanche 12 février 2012]
Livre du Lévitique 13, 1-2.44-46. (*)(*)(*)/
{*}
Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu'aux lèvres, et il criera : 'Impur ! Impur !' Tant qu'il gardera cette plaie, il sera impur. C'est pourquoi il habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp. »

            …Si vous étiez paralysé –partiellement [>Mc(2e)] ou totalement [2,Mc(5)]-, où donc avez-vous trouvé tout à coup la force de porter votre brancard [221] en sifflotant ? Etc. "Il voulait que personne ne sache qu'il était là", "Il défendait vivement de le faire connaître"… mais Il n’a jamais encouragé quiconque à mentir [222], surtout à Son propos : pas même afin de Lui "protéger" Ses arrières. Certains se taisaient [>Mc(2e)], mentant par omission [192, APR note 32] : au moins les ex-malades, eux,ne mentaient-ils pas !
            S’il va de soi qu’un témoignage tel que le leur TOUCHe d’abord les "pauvres" sous cet aspect précis, il ne leur est pas exclusif sur un aspect plus traditionnel : ne faut-il pas disposer de ressources confortables pour avoir dépensé tant de biens durant douze ans, pour avoir matériellement pu être traitée par de nombreux médecins ?

(5) [Mardi 31 janvier 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5, 21-43. {*}
{*}    (Mt)(Mt){*}
Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac.  Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans... -Elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré [>86]-... cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus [<414], vint par derrière dans la foule et TOUCHa son vêtement. Car elle se disait : « Si je parviens à TOUCHer seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a TOUCHé mes vêtements ? » Ses disciples lui répondaient : « Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes : 'Qui m'a TOUCHé ?' » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste. Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher - elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés. Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache (Mt) ; puis il leur dit de la faire manger.


            Que l’on fusse sur une rive ou sur l’autre, à cet endroit et à cette époque, ni "les enfants" ni "les petits chiens"[>Mc(3b)] ne connaissent les assurances sociales, privées ou publiques. C’est dire que si, comme beaucoup d’autres, cette femme était "pauvre" de pleine santé, elle était par ailleurs assez fortunée pour être possiblement possédée par un esprit qui, pour ne pas être nécessairement celui de Béelzéboul (!), l’eusse plus volontiers apparentée à celui de l’Argent [223, Mt(2)][224, Mt(3)]. Non pas tant un esprit de mépris et du souci pervers d’écraser plus pauvre que soi, mais un esprit blasé de tout : quand on a dépensé tous ses biens sans aucune amélioration et que son état a plutôt empiré, on peut bien avoir appris ce qu'on disait de Jésus, n’a-t-on pas eu le temps, en douze ans, d’avoir appris ce qu’on disait de tel médecin ou tel autre guérisseur ? Du reste, l’un ou l’autre de ceux-là n’aura pas nécessairement été un charlatan, ayant à son actif quelques guérisons étant elles-mêmes des témoignages pour les gens… mais des guérisons plus "traditionnelles: s’inscrivant dans les limites de son art. Or, cette femme avait des pertes de sang : une maladie qui, elle, dépassait (et pour une part, dépasse encore de nos jours) les limites de l’art médical. Ces limites ne s’arrêtent d’ailleurs pas à des considérations d’ordre exclusivement clinique : les aléas du sang ne viennent-ils pas interroger un sens infiniment plus vaste ? En effet, lorsque c’est le Seigneur qui interroge, -demandant compte du sang de son frère [225,Gn, APR note 77][40, APR note 14(Ez)]-, Il ne réduit pas davantage ce compte-là à :
- reprocher -dans le sens du bien- en filigrane d’avoir échoué à guérir une maladie du sang : Il tient évidemment compte des limites des connaissances humaines, ne vient pas complètement les bouleverser ; ce qui fournit là une raison supplémentaire à Jésus Lui-même de réclamer une certaine discrétion autour des guérisons qu’Il opère, l’ordre clinique n’en constituant "que" les signes les accompagnant [>Mc(4)]
- reprocher -dans le sens du mal (et c’est sans doute moins évident)- d’avoir versé le sang jusqu’à avoir fait passer de vie à trépas : ici, Il tient compte non seulement des intentions qui 3226999601.jpgont présidé à la perpétuation du geste fatal à l’encontre d’autrui [ dans ce domaine (ô combien subjectif au regard humain !), Il est -irrémédiablement et définitivement- SEUL EXPERT[226, note 103][227][227bis][227ter][35][35bis][36][228][229]…], mais surtout des… signes (négatifs, ceux-là !) accompagnant le dit geste, tant dans ses causes que dans ses conséquences [157, notes 29 à 35] : celles-ci ne sauraient s’arrêter au passage de vie à trépas, partie visible d’un iceberg [230] sous lequel on évite volontiers de plonger [231] (d’autant qu’il est écrit quelque part [232] que ne sont pas les plus à craindre ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme [47, Mt(5), AV note 20] …). En temps de guerre conventionnelle, le sang le plus impur est-il en toute vérité celui qui abreuve les sillons [233, notes 10,11]? N’appartient-il pas plutôt à celui qui use de son autorité pour ligoter d’abord [>Mc(3d)] sa chair à canon dans une cause "grandiose" aussi impressionnante, illusoire [18, APR note 44] que mensongère [40, APR note 72], se gardant bien de se placer lui-même en première ligne de front [234, APR note 5][235, APR note 13][236, APR note 11][237, AV note 20] ? Primat de l’économie [20]oblige -alors porté à incandescence (comme à indécence) !-, le sang le plus impur n’appartient-il pas à l’armurier [238] que les scrupules à entretenir (pour ne pas dire créer) le toujours florissant marché de la mort [21, notes 6 à 90] n’étouffent guère ?

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[*][*]


            En temps de guerre absurde [239], le schéma ne varie guère non plus : il suffit juste d’y adapter les décors [30][240, notes 51 à 56][241, note 40], les costumes [242][243]… et bien sûr, les armements [244][245].

            En tout temps, fol qui se fie aux seuls signes accompagnateurs ; quand bien même ceux-là trahiraient des gestes ne faisant pas de différence dans le résultat morbide obtenu :
-
entre le soldat faisant feu sur ordre, et l’autorité supérieure le lui commandant pour des raisons étrangères à de la stricte défense, auquel des deux le Seigneur demandera-t-Il compte de son "sang impur" ?
-
entre le tueur à gages [246][247][71] faisant également feu, et son commanditaire [248] gardant "les mains propres"[249], lequel des deux remportera-t-il le pompon du "sang impur" ?
-
entre le tueur (sous l’emprise de la peu ragoûtante énumération concluant Mc2d2, lui faisant commettre avec préméditation un meurtre "façon" Abel contre Caïn [250,Gn][251]) et le tueur foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société"avolontaire" parce que sous l’emprise de psychotropes inhibants [252][253][254][255][256][257] (par action/absorption ou par omission/sevrage non contrôlé), est-ce bien l’absence de mobile du dernier qui va déterminer un "sang impur" ? Le premier répond seul de ses actes : concernant le deuxième tueur… il semble que les psychotropes [31][32][258] ne poussent pas sur les arbres
- dans
le cas particulier du tué sans intervenant extérieur [259, note 63][260][261][262][263] (tout au moins dans l’acte final…) -voire sans emprise de psychotropes inhibants [263][264]-, le "sang impur"© de la "dépression"©[265][266][267][268] suffit-il à refermer le dossier sans qu’à nul n’en soit demandé compte [269, APR note 98][270, notes 36,37] avant le jugement dernier ? La ficelle est parfois si grosse que, bien que férus de l’usage du conditionnel (conjugaison aussi postulatrice [226, note 105] qu’inexactement scientifique), même les "experts"©©© se font occasionnellement craintifs et tremblants à presser leur citron de la "dépression"©[35, note 64/2] !

            Ainsi, quoi qu’il en soit, on pourra toujours se proposer de "lutter contre" les signes accompagnant quelque geste de violence [271][259]  entraînant la mort physique (ou, dans 1722077224.jpgune mesure plus subtile, la mort relationnelle [272, note 94][46, notes 88]) : ce sera -au mieux- traiter les conséquences, comme on coupe une mauvaise herbe sans la déraciner ; les causes, elles, resteront intactes. Au pire -et en prime-, de son côté la dite  "lutte contre" n’aura pas manqué de multiplier suffisamment les signes accompagnant une "anti-violence"[27, note 42][66,1Jn(3)] ressemblant en tout point [25,1] à celle "d’en face"… quand elle ne lui est pas largement supérieure (!) : ce qui est le cas dans la configuration précise d’une violence concrète "luttant contre" une "violence"©[273, note 78] abstraite qui, "elle", aura abondamment puisé dans un imaginaire fécond [17, AV note 19][274][72]. Comme on coupe de mauvaises herbes sans les déraciner… puis qu’on répand sur leur sol de l’engrais à satiété, peu importe que l’emballage du produit portât le signe du "désherbant"© : les mauvaises herbes y repousseront, plus drues… ou bien elles seront encouragées [73, AV note 34(Ph)] à pousser là où elles n’étaient pas apparues jusqu’alors [275][276][277][278].
- Ce qui veut déjà dire qu’avec de tels "ennemis"© (comme nombre d’"ennemis"© de la "maladie"©, et autres "amis"© de l’"amour"©[25,12][46, note 88/4][96, note 39][279] : ce sont d’ailleurs souvent les mêmes !…), la violence n’a pas besoin de s’accompagner de défenseurs à sa cause : ceux-là risqueraient plutôt de se révéler moins efficaces sur le terrain !

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- Ce qui veut dire ensuite que, hors considérations de sang versé (au sens clinique du terme) -hors même pathologie clinique liée au sang-, il est heureux que seul un homme "ayant sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre" ait à crier : 'Impur ! Impur !'[>Lv]. Sinon, quelle cacophonie…

(4)[Mercredi 25 janvier 2012]    

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16, 15-18. {*}{*}{*}   {*}{*}

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera [1,2?] de croire sera condamné !>[!][!][!][>606]. Voici les signes qui accompagneront [415>] ceux qui deviendront croyants [*] : en mon nom, ils chasseront [*|*] les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau [<415][>13] ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera PAS de mal [*][*][*|*(*)|*|*|*|com.3,§5|*|*][?] ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. [85>87][*|*][*]»[>34/*][*|*][77>84][36][49][50>53][69][71][72]


673775923.jpg            Et voici les signes qui accompagnent les "amis"© de l’"amour"© : en son nom, ils… fêteront [280] la saint Valentin [281], of course ! Certes, c’est là un peu léger pour qu’ils en deviennent croyants, chassent, parlent, boivent et imposent très exactement selon les modalités indiquées ci-dessus : mais là ne réside sans doute pas la moindre prétention pour la plupart. Proclamer la saint Valentin, pourquoi pas ? Mais un saint un brin light, consensuel (voire sensuel !), "expurgé" de "Bonne Nouvelle à toute la création" (sous peine de crier à son encontre : 'Impur ! Impur !' ?) Un saint qui, a contrario de son compère Nicolas, n’a malheureusement [18, APR note 30] pas trouvé son alter ego laïque aupr402962439.jpgès duquel les païens "s’en trouveraient bien" : on demande donc un équivalent du père Noël [282][283][284] disponible pour le quatorze février ! Ce qui, du reste, est tant et si bien "expurgé" de "Bonne Nouvelle à toute la création" que notre bon saint répond ici naturellement davantage aux canons du calendrier commercial qu’à ceux du liturgique : au sein de celui-ci, il irait presque jusqu’à voler la vedette à Cyrille et Méthode [285] qui, c’est ben vrai, sont plus difficiles à "expurger" de "Bonne Nouvelle à toute la création". De fait, non seulement ces deux frères s’inscrivent dans une parfaite continuité des onze Apôtres, mais n’est pas moins abondante la résonance du scénario prévu au jour même où ils sont rappelés au bon souvenir de nombreux successeurs aux soixante-douze.

(6)[Mardi 14 février 2012]    
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10, 1-9.
{*}{*} 
(
Mt)(Mt)(Mt)(Mt)(Lc)(Mt)(Mc)(Mt)(Mt)(Mc)(Lc)(Mt)(Mt)(Lc)(Mc)(Mt(3)){12}|{*}{*}{*}{*}{*}{*}{72} 
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers
[>449] sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa [1] moisson. Allez ! Je vous envoie comme [<411] des agneaux au milieu des loups [>68]. N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route. Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison. 'S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' »

            'S'il y a là un ami de la paix' ? Mais la paix n’a-t-elle pas QUE des amis ? La paix n’envoie-t-elle pas deux par deux devant elle dans toutes les villes et localités l’"amour"© et la "lutte contre" la violence ? Hors le cas marginal de quelque dictateur ouvertement assoiffé de sang, quelqu’un est-il jamais entré par inadvertance dans la maison d’un 'ami déclaré de la guerre' ? La paix n’est-elle pas si chérie qu’avec un grand P elle fait l’objet d’un prix Nobel ? Ce qui est d’ailleurs assez pratique pour l’éventuel lauréat adoubé de ce prix qui, ne s’attardant pas en salutations sur la route -mais hélas "agneau" au milieu des "loups"-, se voi729938309.jpgmalheureusement [18, APR note 30] obligé d’œuvrer [2, AV note 415][86, AV note 47] à exterminer ces "derniers" afin de "sauver" les "premiers" de leurs méchants crocs [40, APR note 72]. "Sauvés" ils le sont, assurément : des "loups" (qui préfèrent la viande à la mode tartare plutôt que calcinée), comme de toute maison où ils ne pourront plus entrer (si d’aventure ils avaient l’esprit -et le corps- à nourrir un tel projet), attendu que celle-ci aura été ruinée par une bombe à l’uranium appauvri. Il n’empêche : la méthode (qui ne doit rien à l’un des deux frères de ce jour) est efficace, puisque les "loups" non plus ne peuvent y entrer. DISONS [216, note 11] que, pour les villes et localités que cela concerne (ainsi que leurs survivants), un "agneau"-"ami de la paix"© leur "témoignera" implicitement de la "toute proximité du règne de Dieu" par l’exquis "argument" du "dommage collatéral"© : formule qui devrait immédiatement les combler d’aise ; sinon, elle reviendra sur l’"agneau"-"ami de la paix"©Or, si elle revient sur lui, il n’aura aucun regret puisque ayant alors eu la brillante démonstration [285][286] d’avoir été confronté à des "ennemis de la paix". Ceci braisemblablement au péril de sa propre existence : n’est-il pas connu [9], en effet, qu’il est extrêmement "dangereux"©[44, notes 4,5][287] de s’égarer parmi les "loups"©[2, APR note 217][3, notes 91 à 96][24][115] lorsqu’on est "agneau"©[288] ? Heureusement pour celui-ci, la pâture [289][290][291] est abondante, et les agneaux sont nombreux. Très nombreux [94]. Si nombreux qu’avec toutes les"précautions de sécurité"©[0, notes 70 à 73] qui auront été prises contre lui [72, notes 25 à 30], on pourrait s’étonner que le règne du "loup"© persiste à être tout proche de nous !… Ce règne n’est-il pas scandaleux [43, APR note 8][43bis]   à une époque où les "médicaments"©[111][292][293eux-mêmes sont des "amis"© de la "paix"©[294], de "l’amour"© et de la "non-violence"© ? Un homme n’aura sur la peau ni tumeur, ni inflammation ni tache, ni aucun signe qui soit –de près ou de loin- une marque de maladie [295, APR note 28][226, APR note 126/3]… mais il sera néanmoins le "loup"© ? Hop, l’élixir du sorcier et pouf pouf [296: e "loup"© est transformé en"agneau"© Telles sont en tout cas les intentions (le dire) unanimement exprimées par un enthousiaste troupeau d’"agneaux"-"amis de la paix"© (et de tout ce qui les repose d’un monde si duuuur [297, note 13/2]) : si enthousiaste qu’il en oublie les vieux proverbes rappelant pourtant inlassablement que si les bonnes intentions suffisaient en soi à générer de bonnes actions [2984128120184.jpg] (le faire [2, APR note 414]), ils en seraient moins vieux que dépassés. On ignore si quelques prix Nobel de sorcellerie médecine sont également dans le coup : toujours est-il qu’on observe aussi une abondante moisson de "dommages collatéraux"©[21, notes 6 à 90]. Avec toutefois un "plus"© (en comparaison avec les bombes à l’uranium appauvri) : en effet, au cas où l’administration de la paix éternelle échoue [299][300,com.2], DISONS que la vapeur s’inverse un tantinet : paf [301] ! c’est alors l’"agneau"© qui est transformé en "loup"©[255][256, notes 27(APR33)][257]. Ah mon Dieu qu’c’est embêtant [2, AV note 497][30, APR note 26] ! Mais pas pour tout le monde. Car nous sommes là un peu à l’image de la saint Valentin : le marché a toujours besoin  (sans quoi il s’étiole [18, APR note 44], lui aussi…) d’être sans cesse entretenu et renouvelé, chacun faisant avec les "bonnes nouvelles" qu’il peutÀ cet égard, l’armurier [238] ne manquera pas de nous fournir une agréable –et "professionnelle"©- synthèse de l’"amitié de la paix"©.

         Or, les arrières ne nous renvoient-ils pas en arrièrepar derrière ? « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. » Lorsqu’une foule suivant Jésus est si nombreuse qu'elle l'écrase [>Mc(5)], elle ne saurait alors être assimilée à une foule d’ouvriers de la moisson ! Lorsqu’un lépreux vient trouver Jésus, tombe à ses genoux et le supplie  [>Mc(1)] , on imagine que peu nombreux sont les témoins de la scène : ce qui ne les apparente pas nécessairements’il y en a- à des moissonneurs. Mais est-ce toujours la masse qui écrase dans une foule ? À notre époque plus qu’à toute autre, on sait bien que la solitude n’est pas moins écrasante dans une foule compacte qu’au beau milieu du désert : parce qu’elle est celle de l’anonymat, désidentification de la personne se fondant dans un troupeau indifférencié… et indifférenciant [301]. Sans aller jusqu’aux mystifications [302] contemporaines -s’étant emparées d’un épiphénomène qu’elles exploitent à leur seul profit afin de conceptualiser [25,6] du "phénomène de société" (voire de la "phobie sociale"©[0, AV note 150]avec -ou grâce [31][32] au-"traitement"© fourni à la clef), nous rencontrons là le plus souvent une pierre d’achoppement -relativement normale [21, note 102] !entre le bien commun et les intérêts particuliers. Une pierre dont on reconnaît les arêtes derrière des formules à l’emporte-pièce, de type : « la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres » Une pierre que l’on préfère parfois ne pas reconnaître : en se fondant dans la foule, par peur de la différenciation [25, note 4]. En l’espèce, on se voile ainsi l’anonymat subi en y prenant une part plus active : la foule joue alors un rôle catalyseur de "protection", de préservation rassurante [25, note 3] d’un anonymat auquel on demande finalement d’émousser les arêtes de la pierre d’achoppement. « …Je ne parlerais jamais de ma démarche croyante, ou très peu, à mon entourage […]. On ne connaîtrait pas mon nom. Et surtout, je n’aurais aucun contact concret avec l’Eglise, ses fidèles et ses représentants. Pas de sacrements non plus. Pas de vie chrétienne publique. Tout en privé, dans l’anonymat. »[303] La "phobie sociale"© en moins (sic), nous retrouvons ici quelques similitudes avec la démarche intérieure d’une femme ayant beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins [>Mc(5)]. Pour le moins échaudée par tous ces traitements –et par les "traiteurs" avec eux !-, sa foi va finalement la sauver… mais finalement seulement. Pour l’heure, cette foi est à l’image de son sang : impure. C’est-à-dire qu’elle la manifeste en vérité partielle, et non en toute vérité : les mots utilisés dans le Texte ne sont pas anodins. La manifester en vérité partielle, c’est adopter une posture très exactement inverse de celle du lépreux : en lieu et place de « Si tu le veux, tu peux me purifier »[>Mc(1)], elle évite soigneusement d’en appeler publiquement à Son vouloir, de se mettre en avant devant tout le monde : tout en privé ; un privé paradoxal, puisque se protégeant derrière l’anonymat que confère un public écrasant. La foi réside bien sûr dans cette phrase : « Si je parviens à TOUCHer seulement son vêtement, je serai sauvée. » ; mais elle a néanmoins des relents… magiques.

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Certes, cette magie-là ne confine nullement ici à requérir à du sortilège de sorcier : d’une part parce que cette femme a payé –de sa personne comme de ses biens- depuis assez longtemps pour savoir que sa souffrance ne doit rien à l’imaginaire (le sien ou celui d’un autre), d’autre part parce qu’il s’agit justement pour elle d’en finir avec cette souffrance qui l’affecte, elle -et elle seule- : non de quémander les services [304][305] sulfureux d’un "spécialiste"© qui lui "confirme"©[34. APR note 191] la "souffrance"© imaginaire d’un tiers absent… à qui -moins que jamais- on demandera son bon vouloir ! Drôle de "spécialiste"©, dont « on ne connaîtrait pas le nom »[306] si le "souffrant"© imaginé ne l’avait extirpé au forceps à son entourage [107, APR note 25]. « Et surtout, » drôle de "spécialiste"© "médical"© « n’ayant eu aucun contact concret avec » le "souffrant"©[15, notes 47 à 53] : « tout en privé, dans l’anonymat » !...

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            Demeure évidemment une magie commune en ce que la femme vint par derrière dans la foule : ce faisant, elle cherche donc en quelque sorte à court-circuiter le vouloir de Jésus : à lui voler, pour ainsi dire, la guérison. Naturellement, c’est infiniment moins mal que d’employer un "spécialiste"© à voler conceptuellement la santé d’un autre que soi… mais cela restemoins bien que de demander plus ouvertement : en sa "qualité" de "petit chien", l’emblématique syro-phénicienne [>Mc(3b)] eût été plus justifiée qu’elle de recourir à pareil artifice. Néanmoins, qu’observe-t-on ensuite ? Jésus se retourne, etc. Mais c’est surtout la situation qu’Il retourne. N’est-il pas étrange qu’Il achève ainsi Son dialogue avec la femme : « Va en paix et sois guérie de ton mal » ? En effet, lorsque Il prononce cette phrase, n’est-elle pas déjà guérie de son mal ? "À l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal" : à cet instant-là, elle était toujours dans un  parfait anonymat. Mais –quand bien même sa guérison se fusse maintenue- serait-elle allée en paix ? Or, Jésus n’est pas un simple thaumaturge –un de plus- : c’est un Spécialiste de la paix. Mais un Vrai Spécialiste, bien sûr. (Si Vrai qu’on pourrait légitimement se demander s’Il ne subirait pas un cuisant échec s’Il lui prenait de vouloir concourir au prix Nobel éponyme !…) C’est-à-dire qu’Il voit des loups où il y a des loups -ni plus ni moins-, des agneaux où il y a des foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéagneaux -ni plus ni moins-… et accessoirement, des chèvres où il y a des chèvres [307][308][61: le gros du cheptel de ces dernières se constituant précisément de bestiaux ne partageant pas exactement la même vision que Lui… (À cet inconvénient, on pourra non moins légitimement se demander si, munis de leur carte -à jour de cotisation- auprès de l’Association des Guides Aveugles [309][310][311][312], ils savent encore eux-mêmes dans quelle catégorie se ranger…) Ainsi, bien que :
-
voyant où d’autres ne voient pas (incluant ce qu’ils "voient"©[295, APR note 28]…),
-
voyant ce qu’Il voit où Il le voit,
Il ne voit pas ce qu’il n’y a pas à y voir
[29, notes 53 à 56] ! Ce qui, en toute vérité, évite avantageusement nombre de "dommages collatéraux"©. (Sauf éventuellement un léger accès de migraine pointant chez le lecteur un peu pressé : mais n’étant pas jour de sabbat, il lui est permis  [>Mc(2c,e)]  de relire la phrase plus lentement !…) Ce qui, par ailleurs, permet à notre Vrai Spécialiste d’avoir comme… des "yeux dans le dos". Ainsi, telle est prise qui croyait prendre : en dépit de la foule écrasante, aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Cet "aussitôt"- est un peu comme un pied de nez (ou un échoaux "aussitôt"  [>Mc(3b,c)][2, Mc(5)] –et autres "à l’instant même"[>Mc(1)] - habituels qui, eux, sont les signes qui accompagnent une guérison plus volontaire… des deux parties : guérisseur/guéri. (C’est bien pourquoi le seul mot de "guérison" est parfaitement Antinomique [66,1Jn(3)] à tout contexte contraignant [47, note 165] …) "Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité". Autrement dit, elle se place aussi au pied du mur : dévoilant ce qui était caché de la vérité. Elle n’évite plus ce qu’elle voulait éviter, puisque se résolvant enfin à restaurer l’ordre de la prééminence "demanderesse", comme observé chez beaucoup d’autres. Notons qu’elle est alors craintive et tremblante : c’est dire que si "elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal", elle ne ressentait pas moins dans son âme… comme un lézard [313, APR note 20]. (Il existe d’ailleurs à ce sujet une expression –presque amusante dans ce contexte- qui décrit bien ce genre d’état d’âme : cela s’appelle « se faire du mauvais sang »[314]!) À partir de où toute la vérité a été dite devant tout le monde (ce qui est sans doute moins humiliant qu’il n’y paraît : le brouhaha aidant dans une foule écrasante, seuls les plus proches ont pu être directement témoins de la scène…)- à partir de donc, ce qui paraissait jusqu’alors une itération factuelle n’en est plus une. En disant « …sois guérie de ton mal », Jésus ne vient pas non plus "solidifier" une guérison d’ores et déjà acquise : en assurer -in extremis et presque malgré Lui- une sorte de "service après-vente". D’abord, parce qu’Il évoque la paix avant la guérison : ensuite, parce qu’en associant ainsi cette paix à la guérison, Il attribue à celle-ci un sens plus large que celui des apparences organiques : plus que jamaisla purification dans le dire entraîne la guérison dans le faire [0, APR note 16]… mais une telle purification est du fait du purificateur avant que d’être celui du purifié. « …Sois guérie de ton mal » prend donc ici un sens que l’on peut davantage comparer à « Mon fils, tes péchés sont pardonnés »[2, Mc(5)] qu’à « Étends la main. »[>Mc(2e)]  Car Jésus TOUCHe aussi à l’âme. Mais jamais, jamais, JAMAIS Il n’y TOUCHe par la violence, ni par derrière : si nécessaire… Il SE retourne -à l’horizontale [315, note 30] !-, regardant tout autour pour voir celui qui ferait un tel geste. Tout autour, c’est bien tout autour : ce n’est donc pas à l’intérieur… pas même à l’intérieur (moins délicat) de l’auteur d’un tel geste.

        Tout autour, c’est toujours tout autour : ce qui vaut au-delà de la guérison proprement dite, et dépasse, par conséquent, les compétences (aussi réelles soient-elles [34, AV note 204]) du plus efficient –et du moins charlatan- des thaumaturges. En effet, si celui-ci guérit éventuellement quelqu’un de son mal, à la bonne heure pour celui-là. Mais à quoi aura-t-on TOUCHé ? Aux effets cliniques du mal qu’on aura réussi à circonscrire. Le malade en sera déjà gré en premier chef : notamment lorsque les signes qui accompagnaient son mal étaient particulièrement douloureux. Pour peu que les causes cliniques du mal aient été également élucidées -et TOUCHées en conséquence : soit, moins "tout autour" et davantage "à l’intérieur"-, la guérison en sera certes moins superficielle, plus assurée de sa continuité dans le temps. Cependant, même dans le meilleur des cas, nous sommes ainsi dans une configuration au sein de laquelle c’est plutôt la guérison qui apporte la paix… et non l’inverse, tel qu’il est observé chez la femme ayant eu des pertes de sang. Par ailleurs, en dehors de Jésus –ou d’un disciple agissant formellement en Son nom (à l’exclusion de tout autre nom [66, notes 523 à 531]…)–, on n’a jamais entendu dire d’un thaumaturge ordinaire qu’il "se fusse rendu compte qu'une force soit sortie de lui" à son corps défendant. Sauf à être dans l’imposture [315] du gourou [316, APR note 4], on n’a jamais entendu un thaumaturge ordinaire dire : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés »[2, Mc(5)], « …va te montrer au prêtre »[>Mc(1)], « …guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' »[>Mc(6)], « …en mon nom, ils chasseront  les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien »[>Mc(4)], « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? »[>Mc(4)], etc. A fortiori, on n’a jamais entendu un thaumaturge ordinaire dire « … je te le dis, lève-toi ! » à une jeune fille réputée morte [>Mc(5)]: signe extraordinaire, assez  fort en soi pour ne pas nécessiter de longs discours à propos de ce qui dépasse les schémas habituels d’une pure guérison.

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        Parce que, tant que nous ne sommes pas parvenus à l’imposture du super-gourou [317][318] -qui, lui, prétend TOUCHer aussi à l’âme [319, APR note 4][320]-, les malades s'en trouvent bien. En dehors de Son nom, ils s'en trouvent éventuellement pires [>Mc(5)] -pourvu que cela demeure dans des limites plus ou moins acceptables [20, APR note 12][321][322, APR note 46][323, note 115][324]-. Ceci pas systématiquement sous l’effet de mauvaises intentions dictées par le goût du lucre ou du pouvoir [98], mais aussi par le manque de moyens -ou de connaissances- qui eussent permis d’élucider plus justement les causes cliniques d’un mal : ce manque, précisément, est le signe d’un "tout autour" organique (en-deçà de la guérison) qui n’aura pas pu –ou su- être suffisamment dépassé pour générer la guérison elle-même.
         Or, au-delà de cette guérison -là où elle est plus heureusement au rendez-vous-, et en dehors de ce qui vient d’être rappelé ci-dessus (à propos de ce qu’on n’entend jamais dire par un thaumaturge ordinaire), n’y a-t-il toujours que la guérison en elle-même qui soit pour les gens un témoignage [>Mc(1)] ? Assurément, ce témoignage reste fort, acceptablet suffisant partout où il concerne une guérison manifestement extraordinaire pour tout le monde : transiter instantanément de l’état de lépreux, sourd-muet, aveugle, paralysé, etc. à celui d’un homme en bonne santé ne passe pas inaperçu. Y compris là où règnent les mauvaises intentions : observer attentivement le guérisseur pour voir s'il braverait l’interdit -aux yeux de l’observateur-, pouvoir l’accuser [>Mc(2e)] s’il le brave de fait, c’est déjà pour celui-ci une guérison n’étant pas pour lui un témoignage. On voit donc qu’en dépit de son caractère extraordinaire, cette guérison-là n’est pas un témoignage pour tout le mondey compris auprès de témoins privilégiés, puisque en première ligne, sur place. C’est dire qu’ils n’ont pas même la pâle "excuse" du lointain commentateur occasionnel, inconstant –et un brin féru d’"évangile intermittent sur paillasson"[325, note 64]…- pour lequel la guérison (ordinaire comme extraordinairen’est pas davantage un témoignage enthousiasmant. Chez ceux-là aussi en effet, -alors qu’eux étaient, encore une fois, aux toutes premières loges pour assister à la scène-, la guérison« c’est finalement de peu d’intérêt, sinon d’aucun. » (tellement "d’aucun" que le fameux commentaire s’y rapportant aura eu lui-même une durée d’existence publique de seulement deux ou trois jours sur la Toile !…) 

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         Tout autour, au-delà de la guérison proprement dite, qu’observe-t-on au travers de ses conséquences à brève échéance ? Mises à part les éventuelles consignes de discrétion données aux guéris -dont on a vu que le respect à la lettre s’est avéré quelque peu… fantaisiste auprès de quelques-uns d’entre eux-, elles relèvent donc du témoignage par la parole (ou la seule présence : un ex-paralysé pourrait encore être muet que, s’il se met à gambader comme un cabri du jour au lendemain, son témoignage ne devrait pas présenter de difficulté particulière [17, AV note 15] à être accueilli…) Mais aussi parfois, par des actes qui eussent été impensables s’ils n’avaient pas été guéris. Non pas tant des actes extraordinaires en soi (parce qu’il faut en effet être en bonne santé pour les accomplir), mais au contraire des actes très ordinaires… si ordinaires qu’ils passeraient complètement inaperçus si on ne polarisait pas l’attention dessus. Ainsi, "un jour, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était paralysée. On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat"[>Mc(2e)]. Nous connaissons la suite : l’homme a été guéri le jour du sabbat. Soit… mais était-ce bien la première fois que Jésus guérissait un jour de sabbat ? N’y a-t-il pas eu une fois précédente, où Jésus a guéri quelqu’unun jour de sabbat ? Remember : "Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait." [2,Mc(1)][63,Mc(2)] Et c’est aussi qu’Il chassa l’esprit mauvais qui tourmentait un homme. Bon ou mauvais, un esprit est un esprit : par conséquent, il est physiquement… inTOUCHable. Autrement dit, même s’il y avait parmi l’assemblée de cette synagogue-là quelque fondamentaliste du jour du sabbat, il ne "pouvait" pas accuser Jésus avec les critères de la synagogue relative à l’homme dont la main était paralysée ; avec un esprit mauvais, pas besoin de l’étendre (la main), pas besoin de mettre les doigts dans les oreilles, de prendre de la salive, de TOUCHer la langue [>Mc(3c)] ou de quelque autre geste : du reste, il semble que l’homme lui-même n’était nullement affecté par le moindre handicap organique. Pourvu qu’elle soit de foi, la parole suffit elle vaut d’ailleurs éventuellement pour le tiers demandeur [211!!!], comme observé chez la syro-phénicienne : « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. »[>Mc(3b)]  (Inversement, chez une femme venant par derrière dans la foule [>Mc(5)], la foi était là… mais c’était justement la parole qui lui faisait défaut !) Oril est permis de parler le jour du sabbat ! (Dans une synagogue, c’est même assez recommandé si on ne veut pas que l’assemblée ne s’assoupisse trop rapidement…) Si on se tait ce jour-là, c’est parce que l’on est organiquement muet, ou parce que l’on écoute -religieusement, pour le moins !- celui qui parle : notamment s’il s’agit de celui qui enseigne dans la synagogue. Passons pudiquement sur une troisième raison de se taire le jour du sabbat [>Mc(2e)]: celle-ci ne ressortissant pas exactement des deux premières… et pas davantage d’un langage nouveau [>Mc(4)](!) ayant subrepticement institué