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lundi, 16 avril 2012

Tumultes de choix.

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[Lundi 16 avril 2012]
Psaume 2,1-3.4-6.7bc-9. {
*}
Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain
[Ec][Ec][Ec] murmure des peuples ? Les rois de la terre se dressent, les grands se liguent entre eux contre le Seigneur et son messie : « Faisons sauter nos chaînes, rejetons ces entraves ! »(*>12)
Celui qui règne dans les cieux s'en amuse, le Seigneur les tourne en dérision
[*|*|*|*|*|*|*|*] ; puis il leur parle avec fureur, et sa colère les épouvante (!) : « Moi, j'ai sacré mon roi sur Sion, ma sainte montagne. »
Le Seigneur m'a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière. Tu les détruiras de ton sceptre de fer, tu les briseras comme un vase de potier. »

          « Je te propose aujourd'hui de choisir ou bien la vie et le bonheur [1, note 63], ou bien la mort et le malheur… »[2,Dt, APR note 238][3, APR note 59]. Transposée de Dieu à César [4], sans excessivement forcer le trait, la formule devient à peu près la suivante : « Je te propose aujourd’hui de choisir la vie et le bonheur… dont je représente la modeste incarnation : celui "d’en face" représentant celle de la mort et du malheur. » Naturellement, chez celui "d’en face" le discours est rigoureusement identique : il aura évidemment pris soin de reprendre à son compte la première partie de la formule, laissant à son adversaire du moment l’image peu reluisante de la deuxième partie : c’est à qui parviendra le mieux à tourner l’autre en dérision. L’axiome est connu : « celui qui a le pouvoir, c’est celui qui peut déstabiliser l’autre [5, note 26]. »
          Même chez quelque affilié à César, il est arrivé d’entendre autrefois : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut [6,Jn(7){3}]… » Or, à ce qu’il paraît, on nous propose aujourd’hui de "choisir" entre  quelques "Césars", signifiant par là que le "choisi" final recevrait en définitive son pouvoir d’en bas. Ici encore, quel que soit le "César" pressenti par chacun, le discours de fond est rigoureusement identique : au mieux, d’en bas on croit "choisir""la vie et le bonheur"… mais au pire -et plus souvent (désillusion [7, APR note 44] oblige)- on "choisit" contre "mort et malheur" : axiome non moins connu, du "choix" entre la peste et le choléra. Ceci toujours quel que soit le "César" (qui sous-entend son anti-"César") pressenti par chacun. À ce qu’il paraît, un tel "choix" serait en lui-même une forme de "pouvoir" : l’exercer, ce serait être "responsable", "prendre en mains" son destin, être "acteur", etc. Inversement, celui qui ne l’exercerait pas est mûr pour être voué aux gémonies : "irresponsable", "spectateur", "complice" passif de "la mort et du malheur", les épithètes culpabilisantes risquent de l’assaillir comme grêle au printemps. Il ne veut pas mêler sa voix à celles des jeux cacophoniques du cirque ? S’il en est ainsi, de voix il n’en a plus : il n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même si le "César" du moment -"choisi" par les autres- ne l’agrée point. Il ira même jusqu’à être "responsable" (!) du "César""choisi" par les autres… chez ceux qui auront "choisi" leur anti-"César" du moment. Ce qui démontre bien la "puissance" dérisoire du "pouvoir" exercé par les "responsables", "acteurs", etc. : si fugace que la rosée du matin s’en fait moins volatile à la montée de la chaleur du jour.

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          Or, hier, aujourd’hui ou demain, proposer de choisir, c’est d’abord impliquer la liberté : la sienne, comme celle de l’autre. Il n’est de choix libre qu’entre plusieurs biens : choisir entre un bien et un mal, c’est déjà s’engager sur la pente glissante d’un choix tronqué, réduit. Quant à "choisir" entre un mal… et un "moindre mal" (plus que jamais selon quelque axiome ô combien ressassé…), appelons cela un "choix" si le mot paraît rassurant[2, note 402]… mais –ici comme ailleurs- n’oublions pas les guillemets [8, APR note 9] : ultimes pailles autorisant à respirer à la surface de l’eau du réel, évitant in extremis la noyade… mais hélas pas le fatalisme, exacte antithèse de la liberté. Celle-ci « n’existant que là où l’intelligence et le courage parviennent à mordre sur la fatalité [9] »[Roger Caillois]. De fait, qui dit "choix" rassurant laisse déjà entendre ce recours à la fatalité, comme vecteur obligé d’un réel agréant… à défaut d’être agréable : ne pas vouloir savoir la vérité, préférer vivre dans le monde qu’on s’imagine, aimer le mensonge parce que cela rassure [2, note 402], n’est-ce pas surtout vouloir nier [10, note 12] le facteur peur à l’heure du choix ? Peur de faire le mauvais choix, pour commencer. Peur que d’autres vous en accusent, ensuite (à bas celui qui aura opté pour "la mort et le malheur"c’est-à-dire interprété comme tels par ceux du "choix" d’en face). Peur que d’autres optent en masse pour "la mort et le malheur", etc. À ce régime, il ne faut pas gratter bien loin pour s’apercevoir du caractère surfait de moult enthousiasmes d’un jour s’agrégeant sur quelque "choix" de "vie et de bonheur", celui-là étant davantage dicté par la peur d’être emporté par les conséquences du "choix" inverse que par l’adhésion d’un seul cœur et d’une seule âme [11,Ac] au séduisant corpus d’un projet de "vie et de bonheur". Du reste, seuls des "spécialistes"©[12, notes 7 à 9] auront conçu le dit projet, et "sauront" officiellement nous le décrypter et nous l’expliciter.

          Le "choix" final viendrait en définitive d’en bas ? À pousser une telle logique jusque dans ses retranchements, il conviendrait alors que n’importe qui puisse être choisi, pourvu que sa force de conviction l’emporte sur celle des autres… et qu’aucun obstacle ne lui soit dressé sur sa route. Il conviendrait parallèlement de tenir compte du choix des non-"amateurs de mensonge parce que cela rassure" : préférant le non-choix à un "choix" si tronqué que son comburant en est invariablement devenu la peur, son carburant la liberté : consumée, qu’en demeure-t-il ? Les temps changent –les systèmes [13, note 6/2][14, notes 72 à 74][15, note 54][16, note 60] avec eux-, mais la pression exercée par un "choix" final venant d’en bas n’est pas exactement le perdreau de l’année : n’est-ce pas le schéma qui se dessinait déjà aux temps fort reculés du gouvernement d’Israël ? « Tant pis ! il nous faut un roi ! Nous voulons être, nous aussi, comme toutes les autres nations ; notre roi nous gouvernera, il marchera à notre tête et combattra avec nous. [17, APR note 36(1S)] » Ici, le "choix" relevait déjà de la peur : celle de ne pas être "comme toutes les autres nations". C’est dire que la peur de la différence [18, APR note 3][19, note 4] n’est pas exclusive à l’individu : le cas échéant, elle ne dédaigne pas se foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétérépandre -par capillarité- à l’échelle d’un peuple ou d’une nation. Avec les débordements de violence que cela implique [20, note 59] lorsqu’elle atteint des proportions que plus personne ne parvient à contrôler (et surtout pas au moyen d’artifices chimiques [21, note 94] désuets : ce qui est de prétention plus récente…). Plus près de nous, le "choix" final venant d’en bas était manifestement un sujet qui fâche à l’esprit -rationnel et matérialiste- d’un Hippolyte Taine [22] : « Plusieurs millions de sauvages sont lancés par quelques milliers de parleurs et la politique de café a pour interprète et ministre l’attroupement de la rue. La force brutale se met au service du dogme radical, le dogme radical se met au service de la force brutale, et voilà dans la France détruite les deux seuls pouvoirs sur les débris du reste. On a prêché au peuple qu’il est souverain et le souverain agit en massacreur. Car le Peuple en soi n’existe pas. Le Peuple n’est qu’une abstraction. Et quand il existe dans les faits, quand il se manifeste, c’est toujours sous la forme de foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétépopulace, sans que cette société désagrégée, sans que dans ces provinces pliées à la centralisation mécanique, il puisse se former des centres d’initiative et de résistance, sans que dans cette haute classe, désarmée par son humanité même il se trouve un politique exempt d’illusions et capable d’action, sans que tant de bonnes volontés et de belles intelligences puissent se défendre contre les deux ennemis de toute liberté et de tout ordre, contre la contagion de la chimère démocratique qui trouble les meilleures têtes et contre les irruptions de la brutalité populacière qui corrompt les meilleures lois. [23(T.1)] »(in Les origines de la France contemporaine [24].) Texte rédigé en 1870… à l’issue des tumultes de la Commune de Paris : si son auteur pouvait rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois (ces jours-ci, par exemple…), s’amuserait-il des derniers soubresauts de "la contagion"… ou en serait-il épouvanté ?
          Si le catholicisme ne lui avait pas « semblé une religion par trop baroque propre à exciter les puissances du sentiment, tout juste bonne pour les femmes, les simples et les enfants », sans doute eût-il plus spontanément comparé ce qu’il décrivait lui-même de son tempsavec une "force brutale se singes%20%2877%29.gifmettant au service du dogme radical, un dogme radical se mettant au service de la force brutale" longtemps avant lui : quelque part du côté de la Judée. « Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les chefs des prêtres répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié, et ils se saisirent de lui. [6,Jn(7){3}] » "La forme de populace se manifestait" déjà à Jérusalem : était-elle alors moins "exempte d’illusions" que celle qui, des générations plus tard, battra le pavé parisien ? Elle l’était si peu que Taine lui-même (pour le moins désespéré de la condition humaine), tenait que le « fond de l’homme, aujourd’hui comme aux temps préhistoriques, c’est le gorille lubrique et féroce » : chaque époque a ses "loups"©[25][26][27] !… (À cet égard, on pourrait légitimement se demander par quel prodige la voix du "loup"© -réputée sans valeur dans la sphère privée- aurait tout à coup plus de poids dans la sphère publique : à l’occasion de quelque "choix" final, par exemple…) 

  Georges Brassens - Le gorille .mp3  
   
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          Quoi qu’il en soit, à toute époque, si le "choix" final venait réellement d’en bas, pour le moins il commencerait par ne pas se laisser assujettir d’emblée à moult pouvoirs parallèles (étrangers, sinon hermétiques à toute notion de "choix") : pouvoir flagrant des "spécialistes"© de tous bords, pouvoir de l’argent, pouvoir adoubant de potentats locaux, régionaux ou au-delàautant de pouvoirs dont les seuls intérêts sont de se maintenir en place, tout en agitant des hochets à ceux d’en bas, afin de leur laisser accroire à un "pouvoir"sitôt acquis qu’ils leur délèguent déjà en sens inverse (!), leur demandant d’en répondre à leur place : étrange définition de la "responsabilité", de la "prise en mains", de "l’action", etc. De voix, il n’y en a plusy compris chez ceux qui auront "choisi" ; mais y en aura-t-il seulement jamais eu ? Ici comme ailleurs, même cette infinitésimale micro-graine de pouvoir semble brûler les doigts : plus que jamais, on la laisse aux "spécialistes"© 
          En somme, si le pouvoir du "choix" final d’en bas répondait aux "responsables" comme ils l’entendent, ce serait comme si… on pouvait rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois.

[Lundi 16 avril 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,1-8.
{*}{*}{*}
Il y avait un pharisien nommé
Nicodème ; c'était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. (*) Il lui dit : « Rabbi, nous le savons bien (*), c'est de la part de Dieu que tu es venu nous instruire, car aucun homme ne peut accomplir les signes que tu accomplis si Dieu n'est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux ? Est-ce qu'on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit [16](*)(*)(*), ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n'est que chair [*][>18] ; ce qui est né de l'Esprit est esprit [!][>53]. Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut (*)(*)(*) : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas [*] d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit [>10]. »

[Lundi 16 avril 2012]
Livre des Actes des Apôtres 4,23-31. {
*}{*}{*}
Lorsque les chefs des prêtres et les anciens eurent relâché Pierre et Jean, ceux-ci rejoignirent les frères et rapportèrent
(*)(*)(*) tout ce qu'on leur avait dit. Après ce récit, tous, d'un seul cœur, adressèrent à Dieu cette prière : « Maître, c'est toi qui as fait le ciel, la terre et la mer, et tout ce qu'ils contiennent. C'est toi qui, par l'Esprit Saint, as mis dans la bouche de notre père David, ton serviteur, les paroles que voici : Pourquoi ces nations en tumulte, ces peuples aux projets stupides [>8][*][*|*|*|*|*|*|*|*|*|*][*], ces rois de la terre qui se groupent [*][*], ces grands qui conspirent [32?][?] entre eux contre [6] le Seigneur et son Messie ? Et c'est vrai : on a conspiré [32!][*] dans cette ville contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, que tu as consacré comme Messie. Hérode et Ponce Pilate, avec les païens et le peuple d'Israël, ont accompli tout ce que tu avais décidé d'avance dans ta puissance et ta sagesse. Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à ceux qui te servent d'annoncer ta parole avec une parfaite assurance. Étends donc ta main pour guérir les malades [*|*|*|*], accomplis des signes et des prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. »Comme leur prière se terminait, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler [!](*)[*], ils furent tous remplis de l'Esprit Saint et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance.

          « Est-ce qu’on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois ? » À question de la chair, réponse -non étonnante- de la chair : non, on ne le peut pas. Et personne ne prétend le pouvoir : rendre à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu, c’est aussi veiller à ne pas se laisser abuser par les prétentions de ce qui est né de la chair à se vouloir "de l’esprit" : porte ouverte, précisément, à un volet fataliste consistant à "entendre le bruit qu’il fait" (ce qu’il ne manque pas de faire… à proportion de sa vacuité), "ne pas savoir d’où il vient ni où il va". Bien entendu, si personne ne prétend le pouvoir, il n’en va pas exactement de même pour ce qui est de prétendre au pouvoir. Or, à paraphraser la question de Nicodème, celle-ci pourrait s’énoncer de la manière suivante : "est-ce qu’on peut rentrer dans le sein de sa mère pour… choisir son père" ? C’est bien sous cet angle- qu’il faut comprendre "ces peuples aux projets stupides" : "stupidité" ne tenant pas tant à leur éventuelle inintelligence –ou même à leur contenu- qu’à cette prévalence qui est leur (sinon leurre) à laisser croire qu’"ils savent d’où ils viennent et où ils vont". "Ils vont" d’ailleurs si vite que le présent leur brûle les doigts ; le premier tour (de manège) est à peine refroidi que d’aucuns se sont déjà projetés en 2017 ! (comme en 2007, on pouvait se projeter en 2012, etc. : l’allergie au présent est aussi un signe remarquable du "projet stupide"). De fait, ce qui est né de la chair n’est que chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit ; le projet se faisant stupide à la mesure où il "stupéfie"[28, APR note 8] l’esprit en l’enfermant dans la chair, le "conspirationnisme"lui aussi !- souffle où il veut : ne soyons pas étonnés de le trouver davantage au sein des conformismes les plus figés (qu’un Taine remettrait plus que jamais "au service de dogmes radicaux") : chez ceux qui, bien qu’instruits par le cumul de signes contraires à moult paroles annoncées, se consacrent des petits "messies" rassurants [2, note 402] (quoique dépourvus de toute puissance et sagesse) avec la parfaite assurance de "conspirer" contre de plus grands "maux"… et accessoirement, contre ceux "d’en face", pour qui les plus grands "maux" seront au contraire de plus grands "biens". Ce qui prolonge la question paraphrasée : "est-ce qu’on peut rentrer dans le sein de sa mère pour… choisir ses frères" ?
          Les frères ? Relâchés par les chefs des prêtres et les anciens, Pierre et Jean les rejoignirent ; c’est d’un seul cœur que tous s’adressèrent à Dieu : non quelques-uns afin de défendre tel projet, les autres en défendant un autre. D’un seul cœur, ils conspirent entre eux… avec "le Seigneur et son Messie" : au sens noble du terme [29, note 6]. Ceci jusqu’au respect de l’étymologie du mot : con-spirateurs, ils mettent leur esprit en commun [30], dans l’esprit d’un bien commun que tout le monde [10, note 12][31, note 59][32, note 26] partage sans arrière-pensées ; un bien commun qui n’exclut -ou n’écarte- personne [11,Ac]… par le nom de quelque menace, réelle ou imaginaire [33] : conspiration n’est pas nécessairement complot. Les fruits [34][35] immédiats ("comme leur prière se terminait") sont d’ailleurs à l’avenant : le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis de l’Esprit Saint et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance.

          Et maintenant, soyons attentifs à ceux qui, plus près de nous, revendiquent de Le servir : annoncent-ils la parole avec la même assurance ? Le lieu où ils se réunissent [36] se met-il à trembler (!)… ou bien ferait-il plutôt trembler d’indignation ? En effet, est-ce bien encore l’Esprit Saint qui inspire quelque prière Lui demandant d’"éclairer" ceux qui douteraient de "l’importance" du "choix" entre quelques "Césars", au jour J ? a-t-on lu que Moïse fût descendu de la montagne avec onze commandements au lieu de dix ? Plus près dans le temps –et sur une autre montagne-, a-t-on lu qu’une nouvelle (et étrange) béatitude se fusse glissée, tenant pour plus "heureux" celui qui "choisira" son "César" du "moindre mal"… au nom d’un "bien commun" ô combien paradoxal : sa seule notion n’étant plus guère partagée que par une poignée d’irréductibles ??? a-t-on lu que l’Esprit Saint ait à "bénir" tout ce que les hommes ont décidé d’avance, a-t-on lu qu’Il ait à se mettre à leur remorque [37] alors même qu’ils accomplissent le côté obscur de l’Écriture : conspirant entre eux contre le Seigneur, son Messie… et naturellement, contre tous ceux qui, tant bien que vaille, s’attachent à Le suivre ? Enfin, a-t-on lu que ce même Esprit Saint ait à "maudire" ceux qui, avec une parfaite assurance, font le choix de ne pas cautionner -par leur "choix" (?) actif- le cirque autistique de ce tumulte national, du murmure d’un peuple ayant atteint un rare degré de vanité ? Pourquoi cette nation en tumulte ? Quelle nation, du reste, là où des rois de la terre se sont tant et si bien groupés que rien ne se décide plus sur sa propre terre… ou que ce qui s’y décide encore est systématiquement [0, notes 13 à 16] contredit –et contrefait- par ce qui se décide ailleurs ? En a-t-on mieux "guéri les malades"… ou seulement accompli le moindre "signe" ou "prodige" ? a-t-on lu que le jeûne volontaire de complicité active à la mascarade fusse un péché ? Certes, on se garde bien de prononcer ouvertement le mot, tant il apparaîtrait monstrueux en un contexte aussi laïque ; mais les attitudes parlent pour lui, puisant jusqu’à plus soif dans une sémantique se voulant délibérément culpabilisante : "devoir", "responsabilité", "mort et malheur", désintérêt, "dérision", etc. Autant de mots vides de sens, là où les bouches qui s’en gargariseraient se mettent à trembler dès qu’il s’agit de les incarner auprès du prochain qui est sous les yeux : que vaut par exemple une voix à l’échelle nationale, là où on aura décidé à l’avance de la faire taire à l’échelleinfiniment plus modeste- de sa propre maison [38, notes 94 à 104] ? Par quel signe -ou quel prodige- une voix domestique (micro-politique) "brisée comme un vase de potier" aurait-elle valeur de "sceptre de fer"[>Ps] en s’exprimant macro-politiquement ? Qui ne peut pas le moins ne pourra pas le plus… mais répond néanmoins en macro –s’en amuse et tourne en dérision, pourquoi pas- à quelques maquerelles lui ayant parlé avec fureur : prière de leur renvoyer les mots vides de sens.
          Plus généralement, on ne peut toujours pas"rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois" : c’est-à-dire que l’on peut de moins en moins user de la sémantique culpabilisante pour assimiler le refuznik de "choix" en trompe-l’œil au "pêcheur à la ligne" -goguenard et anarchiste- qu’il pouvait être à l’heure de "choix" précédents. On peut de moins en moins lui faire dire ce qu’il n’a pas dit : comme dirait Monsieur de la Pallice, un quart d’heure avant sa mort il est toujours vivant. Il l’est tant qu’il peut encore parler… et ne s’en prive pas. Ainsi l’argument du "désintérêt" tombe-t-il de plus en plus à plat, tant les réseaux sociaux fourmillent de tribunes offrant un moyen observable d’expression dudit refuznik qui, par ce biais, non seulement répond de son choix de non-"choix", mais vient interpeller sur leur terrain les zélateurs de la sémantique culpabilisante habituelle. Les raisons varient en fonction du parcours de chacun [39][40][41][42][43] : on y adhère ou non, mais qu’on laisse à celui qui les exprime le soin d’être cohérent avec lui-même : c’est-à-dire de se les appliquer sans autre forme de procès. Hormis leurs discours incantatoires convenus, qu’auront à répondre les non-adhérents, par exemple, à cent raisons de ne pas cautionner le "choix" en trompe-l’œil [44] ? En répondre, ce n’est pas nécessairement les cautionner en retour, naturellement ; mais c’est déjà remarquer qu’elles ont été émises, posées, réfléchies… et rendent peu suspect leur auteur d’indifférence (!) à l’égard du sujet concerné : ce qu’il ne serait déjà plus avec seulement un dixième. "Devoir", "responsabilité", "mort et malheur", désintérêt, "dérision", etc. ? Soit ; mais au-delà de quelques incantations auto-rassurantes, trouvera-t-on à lui opposer un dixième de raisons inverses ? Sans nécessairement lui opposer, d’ailleurs, toutes n’ont évidemment pas la même valeur, et peuvent être discutées. Ainsi, par exemple, de la raison suggérée au 75 : "Voter, c’est valider la gabegie électorale. Cet argent aurait mieux servi à soutenir les plus démunis."[44,75.] Le premier point n’est guère à démontrer : scandale permanent en temps dit de "crise". Pour autant, le deuxième point reste prudemment assez hypothétique pour avoir été conjugué au conditionnel : dans l’absolu, en effet, il est peu vraisemblable que les plus démunis eussent aperçu un centime de cet argent. En revanche -et en amont-, attendu que ce même argent ne surgit pas de nulle part, il faut bien supposer qu’il aura été prélevé sur les forces vives de la nation… donc, qu’il contribue indirectement à fabriquer des plus démunis : coût bien élevé, chez ceux-là, pour exprimer leur sens du "devoir" ou de la "responsabilité". Par ailleurs, sur un tout autre registre (et sans présumer le moins du monde d’y assimiler l’auteur de la proposition !), "l’argent qui aurait mieux servi à soutenir les plus démunis"n’est pas sans rappeler l’un des disciples disant : « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ? [6,Jn(3)] » On sait parfaitement ce que les pauvres de l’époque en auraient vu, de ces pièces d’argent : pas même l’odeur. Répéter comme un leitmotiv les mots de "devoir" et de "responsabilité" rend-il plus vertueux de nos jours ? Gageons que si tel était le cas, la question du  choix de non-"choix" ne se poserait même pas… et personne ne prendrait la peine d’en élaborer une seule raison : c’est dire qu’il vaut au moins la peine d’en examiner cent.

          Pourquoi ces nations en tumulte, ces peuples aux projets stupides… ? "C’est maintenant que se joue l’avenir de telle nation pour les cinq prochaines années", lit-on encore [45] (tout en précisant aussitôt qu’il ne serait guère judicieux de tomber dans le travers trop répandu d’une dramatisation affolante !) Maintenant ? Par définition, "maintenant" s’applique au présent : quels sont donc ces dieux mystérieux qui (descendus de leur non moins mystérieuse olympe !), auraient ainsi donné aux hommes la faculté d’accomplir tout ce qu’ils ont décidé d’avance, que ce soit pour le lendemain… ou les cinq, dix, vingt, cent années à venir ? Si on entend certes "le bruit qu’ils font", qui peut prétendre "savoir d’où ils viennent et où ils vont" ? À l’échelle de la nation –ou simplement à celle de sa personne-, qui peut prétendre être le "propriétaire" d’un "avenir" dont nulle part il soit écrit qu’il ait été « sacré roi sur Sion, sa sainte montagne »[>Ps?  Que sont donc "les cinq prochaines années"… sinon une goutte d’eau dans l’Histoire, mais surtout une projection hypothétique puisque s’appliquant à ce qui n’existe pas encore ? À qui le Seigneur a-t-Il dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière… » ? Aux tenants du "devoir", de la "responsabilité", etc., au détriment des autres ? À ce qu’il semble, ni aux uns ni aux autres. "Celui qui règne dans les cieux s'en amuse, le Seigneur les tourne en dérision", puis… Il siffle la fin de la récréation au moment voulu : soit, au moment qu’Il veut, Lui, indépendamment de toute considération humaine.
          "En réalité le refus de choisir cache un choix implicite qui s’apparente soit à la politique du pire, soit à l’instrumentalisation du scrutin à d’autres fins, soit à une démission", lit-on plus bas [45]. "En réalité" ? C’est une "réalité" exprimée par le seul rédacteur de cette phrase, qu’il partage sans doute avec d’autres ; au travers de la "politique du pire", de l’"instrumentalisation" ou de la "démission", on reconnaît les arguments habituels qui se destinent à culpabiliser le refuznik du "choix" en trompe-l’œil : un peu étrange sur un site qui affiche la "liberté politique" pour enseigne, le refus de choisir ne cachant pas un choix explicite d’affirmer sa liberté jusqu’à ne pas vouloir se laisser instrumentaliser par un "choix" en trompe-l’œil qui s’apparente précisément à valider "la politique du pire" ! Le choix le plus libre est encore celui qui inclut le non-choix… non l’inverse. "En élisant (ou en laissant élire par notre abstention) un Président de la République, nous votons (ou nous acceptons que d’autres votent à notre place et pour notre compte) pour un homme de chair et de sang qui détiendra un pouvoir considérable, à qui nous devrons le respect et l’obéissance dus au détenteur légitime de l’autorité politique"[45]. Un "pouvoir considérable" ? Il n’est en aucun cas à "considérer" au-delà de ce que Jésus en disait à Pilate : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut…[6,Jn(7){3}] » Par ailleurs, à l’heure où des rois de la terre se sont tant et si bien groupés que rien ne se décide plus sur la propre terre de la République [0, APR note 37], ce "pouvoir considérable"… mérite pour le moins d’être reconsidéré. D’autre part, est irrecevable l’argument selon lequel "nous acceptons que d’autres votent à notre place et pour notre compte" : ceux qui votent le font stricto sensu à leur place (éventuellement à la place de quelqu’un leur en ayant fourni procuration), mais certes pas à celle de ceux qui en réprouvent explicitement le principe : comment ne pas accepter le dit principe, tout en "acceptant" soi-disant "que d’autres votent à notre place" ? La formule est intrinsèquement contradictoire ! "En élisant" ? Élire, c’est choisir. Or, jamais n’aura-t-on autant lu que ces derniers jours combien il n’y avait de "choix" qu’au premier tour : le deuxième étant celui de l’élimination de celui qu’on ne "choisit" pas. À ce titre, il est fait feu de tout bois : à commencer par celui de la peur [0, note 9]. Quel que soit le camp qui attire le plus d’affinités (ou qui se fait le moins repoussant), gare au cataclysme prédit si c’est le camp "d’en face" qui l’emporte : prévaut la surenchère à la "mort et au malheur" ! Quel que soit le camp "choisi" a priori, on n’a jamais lu autant de témoignages attestant de votes envisagés avec des pieds de plomb, des nez bouchés de dégoût à la seule perspective d’apporter sa voix à celui qu’on se serait bien gardé de "choisir" si, en réalité, le choix existait : ceci naturellement, afin de barrer la route à tout prix à celui "d’en face". D’ores et déjà, d’où que l’on se place, le gagnant est… une gagnante : la F-A-T-A-L-I-T-É [0, note 9]. Dès lors, en réalité le refus de choisir ne cache pas le choix explicite de ne pas cautionner une parfaite antithèse de la liberté. "Nous votons pour un homme de chair et de sang" ? Très précisément ! En conséquence, un homme de chair et de sang n’a rien d’un dieu, ou même d’un demi-dieu : ce qui rend profondément exaspérants les discours moralisateurs de ceux qui, par ailleurs, revendiquent de servir le Seigneur. Si Hippolyte Taine (qui n’était pas une grenouille de bénitier, loin s’en faut) revenait en 2012, il serait effaré d’entendre ce qu’on entend aujourd’hui de la bouche (ou de la plume) des… "meilleures têtes" : c’est dire qu’il n’ôterait pas une virgule à ce qu’il exprimait déjà de son temps. Voici que, "contre les irruptions de la brutalité populacière qui corrompt les meilleures lois", on lui oppose ci-dessus "un homme de chair et de sang […] à qui nous devrions le respect et l’obéissance dus au détenteur légitime de l’autorité politique". Par quoi une "autorité politique" détient-elle sa "légitimité", par quoi est-elle "respectable" ? Par le vote ? Quel vote ? Un vote d’adhésion à un projet… ou le vote de rejet d’un autre projet ? L’un est un choixl’autre non : sur le papier, les deux ont pourtant même valeur. Élire, c’est choisir : il est un secret de polichinelle qu’en réalité, "élire" c’est rejeter. Il n’est pas moins un secret de polichinelle que les votes de réelle adhésion constituent une non moins réelle minorité : le reste relève de manipulations, de chantages à la peur… et de force discours moralisateurs, toujours axés sur les thèmes du "devoir", de la "responsabilité", etc. (En poussant cette logique jusqu’au bout, ceux que l’on dénomme les "indécis" –qui, au dernier moment, vont se décider… sur un coup de tête, pour "les cinq prochaines années"- sont plus "responsables" que les refuzniks !!!) Il faudra aussi nous expliquer sur quoi repose la "légitimité d’une autorité politique" au sein d’un "système électoral permettant de se faire élire président avec 77% de la nation contre soi au premier tour"[46]… ou mieux, permettant de se faire "élire" alors que –première historique- on n’est arrivé qu’à la deuxième place à l’issue du premier tour. Le dit "système" n’est-il pas censé tirer sa propre "légitimité" de l’expression d’une majorité ?
          Pour en revenir aux discours moralisateurs, en appeler à la "conscience et à la prudence au service du bien commun"[45], pourquoi pas ? Mais encore une foisen réalité, n’y a-t-il pas qu’une infime minorité d’"électeurs" qui s’intéresse encore à cet aspect [0, APR note 30] de la question ? Quant aux "éligibles" eux-mêmes… le "service du bien commun" a-t-il encore chez eux une signification autre que le hochet électoral agité le temps de la période ad hoc, accessoire mal dégrossi de la poursuite effrénée d’intérêts partisans radicalement étrangers au bien commun comme à ceux de la nation ? Nonobstant, en dépit de tant de réserves, nous apprenons que "c’est dans cette circonstance précise que nous aurons à poser concrètement un acte qui sera bon ou mauvais, que nous agirons bien ou mal"[45]. Dans le contexte de l’article cité, cette phrase de conclusion délivre un message à peine subliminal (!), à forts relents jésuitiques : serait "bon" l’acte de voter, serait "mauvais" celui de ne pas voter ; voter, c’est "bien agir" ; ne pas voter, c’est "mal agir". " a-t-on lu que le jeûne volontaire de complicité active à la mascarade fusse un péché"[0, AV note 38] ? Réponse : très précisément dans cette phrase de conclusion… entre autres. Ici comme ailleurs, on se garde bien d’y ajouter la moindre "consigne de vote" explicite. Cependant, le discours ayant porté sur une thématique d’élimination… et les "éligibles" en lice n’étant plus que deux, un enfant de trois ans comprendrait sur quel nom effectuer son prétendu "devoir du moindre mal" : la coupe se faisant pleine plus souvent que de mesure -confinant au matraquage-, cela ne va pas sans exaspérer, à juste titre, jusque dans les rangs de ceux à qui s’adressent en priorité ce type de discours [47,com.15][48,com.12]
          Ce qui est se donner beaucoup de peine, rapport à "l’instrumentalisation du scrutin à seule fin" d’en amuser un peuple à demi lobotomisé : bien que non ressortissants de la nation, d’autres n’auraient-ils pas déjà voté à notre place et pour notre compte ? Le fait est que le "service du bien commun" s’étant étrangement transporté vers un projet international sis du côté de la capitale de l’Illinois (USA), annoncé pour les 21/22 mai prochains, y sont attendus quelques leaders occidentaux dûment nommés… dont un [49], censé être fraîchement "élu" quelques semaines avant l’événement programmé ! Outre-Atlantique, connaîtrait-on le résultat d’"élections" plusieurs semaines avant qu’elles n’aient eu lieu ??? Parce qu’eu égard à la notoriété mondiale de l’institution hôtesse, il est peu vraisemblable qu’elle n’en ait pas été informée

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