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dimanche, 06 mai 2012

Histoire sans paroles (mais pas sans voix)

Fin au lundi 14 mai 2012

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 [*|*|*|*]-[*|*]-[*|*]

Les sarments secs : "à la ramasse" ?

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(1)[Dimanche 6 mai 2012 (+ mercredi 9 mai)]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
{*}{*}{*}{*(1)}
À
l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés
[*][*|*|*|*|*](*) grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez [!], et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit [*|*|*][*] : ainsi (Jn 13,35), vous serez pour moi des disciples. »

         …Un aspect inédit de l’extraordinaire/spectaculaire [1, note 19/2>note 24] ? Trop inédit, sans doute, pour ne pas en forcer le trait ! "Personne n’est propriétaire de l’avenir"[1, APR note 22] : pas même d’un futur "raisonnable", puisque s’étant récemment projeté non pas sur "les cinq prochaines années"[2, note 45], mais plus modestement du jour au lendemain. S’apprêter à passer d’un "père" au même [1, AV note 1]  ? Préférer vivre dans le monde qu’on s’imagine [3, note 402], n’est-ce pas aussi aimer se donner l’impression, l’illusion [4, APR note 44] du "changement" parce que cela rassure… de pouvoir se dire, in extremis, que tant d’agitations, tant d’œuvres énergivores accomplies n’auront pas conduit trop ostensiblement à beaucoup de968191235.jpg bruit pour rien [5] ? Parce que le "choix" en trompe-l’œil, lui, demeure : s’il n’y manque pas un bouton de guêtre, il aura fourni juste ce qu’il fallait de rêve pour contenir encore un peu « les cris poussés pour se plaindre du roi voulu »[1, note 16]. Les cris inverses -pour s’en "glorifier"- se font d’ailleurs plus mesurés qu’en d’autres temps : chez beaucoup, la sauce de l’illusion peine à monter, tant elle offre finalement peu de prise en regard du contexte réel qui est là, pour tous [4, AV note 41].
         « Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit ». Or, "beaucoup de fruit", ce n’est pas nécessairement donner beaucoup de voix à un tel plutôt qu’à tel autre : à l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, Il savait mieux que personne combien l’on peut obtenir unanimité de voix au "premier tour"[6]… et beaucoup contre soi au "deuxième tour"[7,Jn(7),{3}]. Car en dehors de Lui, on ne peut rien faire : en tout cas, rien d’autre que de brûler un jour ce qu’on adorait la veillecomme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Si quelqu’un est comme un tel sarment -desséché-, tout autre sarment qui porte un peu de fruit lui devient insupportable [8][9,Sg], menaçant et "dangereux"©[10, APR note 26][11, notes 25 à 31] : il le fait enlever [12] par des sarments secs [13, notes 94 à 104][14] afin qu’ils le "nettoient"©[13, notes 106 à 114][15][16], pour qu’il en donne moins. Ainsi, à l'heure où les disciples se font gloire de se bien-porter [17] (et de se "protéger"©[7, notes 7 à 11][18][19] de leurs "mal-portants"©, passant… et repassant dans ce monde [20][21]), celui qui croit en Lui peine davantage à accomplir les mêmes œuvres que Lui [1]. Quant aux sarments secs, ils en accomplissent même de plus grandes… dans l’ordre de la trahison [22][23, APR note 34][24,com.13], puisque tout en Demandant [25][26] en invoquant (parfois) Son nom [27, notes 520 à 531], ils font [9, note 39] comme si Judas [7] demeurait en eux [11, notes 22 à 24]

            « Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit ». Trente 2084368158.jpgpièces d'argent [7,Mt(5)], c’est là une misère pour le multimillionnaire… mais c’est "beaucoup de fruit" aux yeux du sans-le-sou. Un tombereau de pommes empoisonnées [28][29], c’est encore "beaucoup de fruit". Un modeste panier contenant deux cerises et trois malheureux grains de raisin, c’est peu de fruit. Ni l’un ni l’autre ne plaident en faveur de la gloire du Père : ce n’est pas cette gloire -toute relative- du nombre qui saurait avantager le premier, le rendant plus aimable que le second. Ce qui fait la gloire du Père n’est d’ailleurs pas tant affaire de quantité –factuellement opposée à la qualité- que ce qui concourt à demeurer sur la vigne. La parabole est champêtre à souhait ; mais nulle part ne suggère-t-elle que la gloire du Père se mesurerait à la comparaison entre un grand cru millésimé –sur lequel se ruent les amateurs éclairés- et l’humble production vinicole, sans prétention gustative, ne dépassant guère les frontières d’une consommation locale. S’il est question de la gloire du vigneron, il n’est pas question de la placer en dehors du contexte où Jésus dit :« Moi, je suis la vraie [30, APR note 16] vigne, et mon Père est le vigneron. » Un vigneron qui aime d’ailleurs à déléguer le nettoyage à d’autres vignerons [31] : selon que ces derniers sont fidèles aux commandements ou non, qui les empêche de demeurer sur la vigne, tout en pouvant fairecomme un sarment qu'on a jeté dehors ? « Moi, je suis la vraie vigne », ce n’est pas tant stigmatiser toute autre vigne comme étant entachée de fausseté (!) que rappeler combien est à éliminer la thèse selon laquelle tout sarment qui est en Lui porterait automatiquement [32, notes 52 à 54] du fruit : « tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève… » Il l’enlève, comme le vigneron fait enlever le figuier [33] : il épuise le sol, se dessèche et dessèche activement les autres. Celui-là aussi peut donner "beaucoup de fruit" : dans la mesure où il se fait "gloire" de crier au "loup"©[34][35][36][37, APR note 39][9] (quand il n’y est pas [38] !) afin de polariser l’attention des sarments jusqu’à ce qu’ils demeurent dans la peur du "loup"©, oh que les fruits de commandements [39][40][41] "protecteurs"©[7, notes 7 à 11][18][19] en sont abondants [42][43] ! La fidélité aux commandements du vigneron, elle, devra malheureusement [4, APR note 30] attendre des "jours meilleurs" : lorsque le "loup"© aura été jeté dehors [44], par exemple.

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(2)[Jeudi 10 mai 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-11.
{*}{*}{*} {*}
À
l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes
[>104] commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. (*)(*)(*|*|*|*) »

            « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »[7,Mc(1)] Seul le verbe aimer est ici conjugué au futur ; moins pour l’exclure du présent… que pour exclure du futur celui qui est conjugué au présent : « il n’y a pas », ce n’est pas « il n’y "aura" pas »  ou « il y "aura" », en fonction de quelque hypothétique évolution de l’humanité. Ce qui est plus hypothétique, en revanche, c’est bien d’aimer le Seigneur son Dieu et son prochain selon les modalités indiquées. Hypothétique… parce qu’il s’agit de commandement  -au sens hébraïque du chemin- : non d’une froide ordonnance –juridique ou commerciale [45] à l’occidentale, balisant une sorte de voie obligatoire tout en sanctionnant simultanément le sens interdit. Si tel était le cas, alors le verbe aimer serait conjugable au présent ; alors, ne pas y demeurer, ne pas garder fidèlement les commandements constituerait en soi une forme de délit. C’est d’ailleurs bien ainsi [46, note 201] que l’entendent les commandeurs de contrefaçons (incluant le commanditaire [47], 1054882409.jpgcomme le spécialiste [46, APR note 194][15, note 6] auquel il se réfère…) : notamment lorsqu’ils s’arqueboutent à garder fidèlement le commandement de la fidélitéà la fidélité (?) [48, APR note 10], si impeccable qu’on la placerait volontiers en vitrine. Voici en effet une fidélité nette et purifiée… de tout amour : parce que l’amour, c’est inflammable [49] : ce peut donc être "dangereux"© ! Par excès, cela vire à l’"érotomanie"©[50, APR note 39][51] ; par défaut, on "observe"©[3, notes 188 à 193] un cruel manque de sérotonine [52, note 88/1][53] à combler, le plus souvent assorti d’un mineur [54,12] (mais cependant redoutable) excès de "psychopathologie"©[55][56][57, note 173] : de quoi merveilleusement [58] nourrir la peur du "loup"© auprès de moult "agneaux"©[37, APR note 30] en perdition, trouvant là plus urgent que de demeurer dans l’amour : à quoi bon y demeurer à l’état potentiel de gigot, n’est-ce pas ? L’important pour l’"agneau"©, c’est de connaître et d’aimer ce qui est essentielà sa survie. Ce sans quoi il va s’étioler ; ou ce sans quoi il ne va pas, finalement, assumer de façon heureuse le dessein qui est le sien [4, APR note 30]. "Assumer de façon heureuse" ? Lui dire cela, n’est-ce pas agir de sorte que la joie soit en lui, et qu’il soit comblé de joie ? Las : à observer (même de loin) l’"agneau"© qui garde fidèlement [59, note 17/3][60, note 29][32, note 2/3][61, note 35][62, note 24][63, note 29][64, note 27][65, note 36/2][66, note 52][67, APR note 104] de tels commandements, il apparaît que sa joie est nette et purifiée… de toute joie : le fruit desséché de la fidélité à la fidélité, sans doute… Quoi qu’il en soit, on aura beau demander tout ce qu’on voudra : nous obtenons manifestement une bien piètre copie de l’original.
            « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. [68] » Du "Chemin" et du commandement –toujours au sens hébraïque-, c’est tout un ; personne n’est formellement interdit de s’essayer à emprunter quelque raccourci… au risque de se heurter à une malencontreuse impasse [69][70]. Inversement, personne n’a à obliger quiconque à s’enfoncerà sa place [71,3°)] : comble de la mise en demeure instaurée par un sarment sec !- dans le cul-de-sac dont lui se garde bien d’aller s’engager : hier, aujourd’hui ou demain, IL N’Y A PAS de commandement plus grand… obtiendrait-il unanimité de voix aux deux tours. Il est vrai que l’amour de la loi donne aussi "beaucoup de fruit"… partout où, précisément, on lui demande de suppléer aux carences de la loi de l’amour [72, note 3].

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            Être fidèles à ses commandements, c’est demeurer dans Son amour : non dans notre propre niche [73] de chien de garde de la fidélité [74]. En l’espace d’à peine quelque lignes de l’Évangile de ce jour, il suffit de compter : l’amour (ou dérivé) revenant à cinq reprises -la fidélité deux fois seulement-, lequel est-il le plus important [75], le plus grand ? Certes, l’un est conditionné à l’autre (…si vous êtes fidèles…) ; mais l’autre n’a aucune autonomie en soi : va-t-on parcourir beaucoup de distance à bord d’un tender [76] que l’on aura surqualifié en "locomotive"[77] afin de complaire [78, APR note 54] à une majorité [54,12] de voyageurs ? Ceux-ci en inspireront-ils mieux l’amour ? Seront-ils comblés de joie… à l’arrêt ? Après tout, leur train ne demeure-t-il pas fidèlement dans ses rails ?

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         "À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples" : dire à ses disciples à cette heure-là [7,Jn(4),Mt(5)] n’est pas anodin. Lui, le Chemin, Il est alors en chemin de donner sa vie pour ses amis [>Jn(3)]. Lui qui s’est voulu Serviteur [7,Jn(6)], Il n’ignore pas ce que veut faire -laisser faire [7,Jn(7)], plus exactement- son Père. Ce n’est pas Lui qui l’a choisi, mais c’est Lui qui a choisi de se laisser "nettoyer" comme aucun disciple ne peut l’être (même en demeurant en Lui, même en étant fidèle à Ses commandements). Il est doublement le Chemin… la Vie n’étant pas elle-même sans double sens : celui de la "via", la voie. Or, si elle est ferrée, la voie répond davantage aux contingences de ce monde qu’à son Père. Ainsi, à l'heure où Jésus passe de ce monde à son Père, à l’heure où Il a choisis et établis Ses disciples afin qu’ils partent, qu’ils donnent du fruit, et que leur fruit demeure [>Jn(3)]… ce n’est pas nécessairement un billet de train qu’Il leur offre. « Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples [>Jn(1)]. » "Ainsi", c’est bien en donnant beaucoup de fruit qui fasse la gloire du Père : non celle surenchérissant de "valeurs", celles-ci fussent-elles des plus vertueuses. Les uns pourrontfoi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société donner beaucoup de fruit en demeurant sagement sur les rails… d’autres non ; « tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève [>Jn(1)] » : l’enlever, c’est concevoir que celui-là en donnera davantage… hors rails. « Ainsi, vous serez pour moi des disciples » ; ainsi, c’est aussi ne pas laisser l’inimitié prendre le pas sur l’amitié. Car les serviteurs ignorant ce que veut faire leur maître [>Jn(3)], bien malin celui d’entre eux qui saurait à l’avance lequel est choisi et établi pour voyager à bord du train… et lequel sera comblé de joie [>Jn(2)] à partir selon un mode différent. « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera »… si vous êtes d’abord accordés entre vous, en dépit de vos différences [39, APR note 10][54, note 4]. D’où cet opportun rappel de l’unique commandement « en dehors duquel nous ne pouvons rien faire [>Jn(1)] »… sinon préjuger [9, APR note 50] qu’un tel "est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche", ou que tel autre "a gardé fidèlement les commandements".

(3)[Vendredi 11 mai 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,12-17.
{*}{*}{*} {*}
(
Mc)(Mc)(Mc)(Mt)(Mt)(Lc)(Mt)(Mc)(Mc)(Mt)(Mt)(Lc)(Mc)(Mc)(Jn)(Mc)(Mc)(Lc)(Mt)(Mt)(Lc)(Mc)(Mc)(Jn)(Mc(1))
À
l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites
[>414](Jc)(Jc)(Jc4,6) ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. »

            « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. » Ce qui n’est pas un vain mot (comme le serait un déni [81, APR note 12] de fait), puisque ne répondant pas à une logique de ce monde. (Tous les fournisseurs ne deviennent pas des amis parce qu’ils font ce qu’on leur commande… mais il arrive à des amis de se faire fournisseurs [82, APR note 37][83, note 23/2][84, notes 94,95] : il vaut mieux alors ne pas être de leurs ennemis !…) Dans une logique de ce monde, en effet, il serait aisé d’en déduire la formule inverse : "ne serait pas de Ses amis celui qui ne fait pas ce qu’Il commande". Ce serait oublier d’une part que le maître n’ignore pas non plus ce que veut faire le serviteur. D’autre part, celui à qui il est dit de "faire sa besogne" (sa besogne à lui seul, foulant aux pieds le commandement du Maître) est néanmoins appelé « mon ami »[85, note 20] jusqu’au bout [7,Jn(6)] ! Mais –au regard de sa trahison [0, notes 22 à 24] comme, bien sûr, de ce qui fait la gloire du Père- il n’est plus pour Lui un vrai disciple [>Jn(1)] : « vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande », ce n’est pas : « vous êtes mes disciples si vous faites ce que je vous commande ». Ce qui est heureux… car, à cette aune comme à celle d’une joie comblante [>Jn(2)]! -sachant par ailleurs que c’est l’amour qu’ils auront les uns pour les autres qui montrera à tous les hommes qu’ils sont Ses disciples [86]- les dits hommes pourraient être tentés d’ignorer avec superbe ceux qui se font connaître à eux comme serviteurs, tout en faisant comme s’ils ignoraient -non moins superbement- ce que veut faire [87, Mt(1)][7,Mt(2)] le Maître.
            Ce ne sont pas les serviteurs qui choisissent le Maître (sauf à aimer se faire battre, à en croire quelques auteurs, anciens [2, note 23] ou plus modernes [88][2, notes 39 à 43]), mais ce sont eux qui choisissent [2, notes 2,3] une fidélité aux commandementsà géométrie variable. Plus que jamais, "c'est Lui qui les a choisis et établis afin qu’ils partent, qu’ils donnent du fruit, et que leur fruit demeure". Mais ce n'est pas Lui qui choisira de les établir au cachot (!) s’ils ne partent pas (ou partent dans une mauvaise direction [23][89]), ne donnent pas de fruit (ou en donnent d’amers [90][91][92][93][94][95]), et que leur fruit se dessèche.

            « Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. » Voilà qui vient recouper le second commandement : Tu aimeras ton prochain comme toi-même [7,Mc(1)]. Le hic est qu’aimer son prochain comme soi-même est un objectif à double tranchant, non garanti d’être l’équivalence de s’aimer les uns les autres comme Il nous a aimés. Ou plutôt… c’est un risque à courir. Ce risque, c’est de s’aimer les uns les autres comme… on s’aime soi-même : parce que cela nous est plus immédiatement accessible que de s’aimer les uns les autres comme Il nous a aimés ; ou parce que soi-même n’est pas nécessairement notre meilleur ami. Charité [97,1Co][98,Col] bien ordonnée commence par soi-même : la pratique de ce qu’on pourrait qualifier d’auto-fuite aime, elle, à se déguiser derrière une insatiable surenchère à l’amitié (ou l’amour) avec le prochain, à se donner l’impression, l’illusion [4, APR note 44] de "s’aimer les uns les autres"  afin de ne pas demeurer… en soi-même. Cette pratique peut volontiers être communément partagée : elle ne fait jamais qu’entretenir l’illusion en foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétérepoussant ses limites depuis soi-même vers les autres. Mais dans ce cas, "les autres" ne sont plus tant d’autres… que d’autres "soi-même" : une sorte de soi-même multiplié [99] par deux, dix, cent, mille. Rien de plus rassurant [54, note 3][3, note 402] qu’un autre "soi-même" ! Revers de la médaille : rien de plus inquiétant [54, note 2] que "les gens"[100, APR note 4]c’est-à-dire, d’autres qui, eux, ne se veulent pas nécessairement se plier [99] comme les uns. De fait, si tout le monde n’était constitué que de "soi-même" indéfiniment dupliqués [99], le commandement de s’aimer les uns les autres serait parfaitement inutile [3, APR note 83] ! Nul besoin de se faire commander, en effet, pour rencontrer de la complicité [99][101] les uns avec les autres… si les uns sont comme les autres. Cependant, une telle complicité n’est encore qu’un ersatz d’amour : en soi, elle peut indifféremment en favoriser l’émergence… ou signer a contrario la marque de la conspiration négative [2, notes 29,30(+Ac)][102, note 32], si elle s’inscrit explicitement [99] dans un contexte d’"union sacrée" contre [103,(3)][104, note 59][105, note 6][106, note 26] quelque "loup"© de service, ennemi désigné… pour ne pas avoir fait ce que commande de s’aimer les uns les autres… "agneaux"©. Le "loup"© se fait ici l’emblème exacerbé de l’autre hors de "soi-même". Tenir des propos qui jettent chez les "agneaux"© le trouble et le désarroi, par exemple, c’est leur apprendre qu’il n’est pas des leurs : donc, le commandement ne s’applique pas à lui.
            Ce n'est pas le "loup"© qui s'est choisi tel, ce sont les "agneaux"© qui l’ont choisi et établi afin qu’il parte. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis, certes ; mais a-t-on jamais vu que le "loup"© fusse l’ami de l’"agneau"© ? D’ que les pauvres bêtes aient décidé à l'unanimité de choisir des hommes qu’elles enverraient chez le "loup"©[13, notes 94 à 114], mandatés de leur part pour agir afin quil n’y soit plus [12]. Ainsi, chacun pourra "fidèlement garder les commandements", sans crainte de se faire dévorer par le "loup"© qui n’y demeure plus. Tous se réjouissent alors de l’encouragement qu’apporte cet éloignement (quoique insuffisant [35,<>note 36][9, APR note 184])à aimer plus sereinement son prochain comme soi-même.

[Vendredi 11 mai 2012]
Livre des Actes des Apôtres 15,22-31.
{*}{*}{*} 
Les Apôtres et les Anciens, décidèrent, avec toute l'Église, de choisir parmi eux des hommes qu'ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C'étaient des hommes qui avaient de l'autorité parmi les frères : Jude (appelé aussi Barsabbas) et Sila. Voici la lettre qu'ils leur confièrent :
« Les Apôtres et les Anciens saluent fraternellement les païens convertis, leurs frères, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie. Nous avons appris que quelques-uns des nôtres, sans aucun mandat de notre part, sont allés tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi. Nous avons décidé à l'unanimité de choisir des hommes que nous enverrions chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul qui ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et
Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d'autres obligations que celles-ci, qui s'imposent : vous abstenir de manger des aliments offerts aux idoles, du sang, ou de la viande non saignée, et vous abstenir des unions illégitimes. En évitant tout cela, vous agirez bien. Courage ! »
Alors on invita les messagers à se mettre en route, et ils se rendirent à Antioche. Ayant réuni l'assemblée des fidèles, ils communiquèrent la lettre.
À sa lecture, tous se réjouirent de l'encouragement qu'elle apportait.

            De même, à la lecture de cette lettre, tout gardien [107] fidèle du commandement de la fidélitéà la fidélité [0, AV note 48] se réjouira-t-il de l'encouragement à choisir parmi ces lignes de quoi le confirmer [46, APR note 191]lui aussi- dans sa "netteté et sa pureté"©[>Jn(1)?][108]. Ce qui requiert chez celui-là une autre fidélité, sous-jacente : celle de la pratique assidue du saute-mouton [109, APR note 49][110, notes 50,51][111, notes 36,37][112, notes 28 à 30]. L’avantage de cet exercice, c’est que l’assemblée des fidèles [113] n’y trouve rien à redire puisqu’il est effectué par quelque "agneau"© ayant de l’autorité parmi les frères. Premier message en leur faveur : ne pas faire peser sur eux d’autres obligations que celles qui s’imposent, selon le lieu et l’époque. Ainsi, "s’abstenir de manger des aliments offerts aux idoles, du sang, ou de la viande non saignée", telles sont les obligations régnant alors à Antioche, en Syrie et en Cilicie. Il est aujourd’hui licite d’éviter tout cela, sans même que cela ne relève du saute-mouton : le monde n’est pas figé dans des usages qui, s’ils se justifiaient, ne convaincraient personne de nos jours. En revanche, l"agneau"© va sauter à pieds joints -et avec délectation- sur la deuxième catégorie citée par l’Apôtre : "s’abstenir des unions illégitimes". Sta3528353361.jpgkhanoviste de la fidélité à toute épreuve, notre "agneau"© ne fait pas dans la finesse sémantique : il ne faut pas lui demander de creuser plus avant le sens hébraïque [0, AV note 45] d’une expression. C’est à la lettre [72, AV note 3]… qu’il lit la lettre. Pour ce qui est de l’esprit de cette lettre, le sujet revient gaillardement au saute-mouton : option survol rapide. Il est bien question de "l’Esprit Saint et nous-mêmes", mais tout va bien aux yeux du fidélissime "agneau"© : ce qui est décidé l’est explicitement afin de corriger les conséquences de ce "quelques-uns, sans aucun mandat de la part des Apôtres et des Anciens, sont allés tenir des propos qui ont jeté chez eux le trouble et le désarroi." Ô merveille, l’Esprit Saint étant donc là pour mettre de l’ordre, on va voir ce qu’on va voir : les non-mandatés n’agiront bien qu’en rentrant dans le rang. Cerise sur le gâteau [114] : "jeter le trouble et le désarroi", c’est "s’opposer" ostensiblement à "l’Esprit Saint". Esprit d’amour par excellence, décider avec Lui, c’est décourager ce qui s’oppose à Lui : c’est 112884814.jpgdonc "se confirmer" dans l’amour… et infirmer qui s’y oppose. C’est surtout commencer par inverser la proposition de Paul : substituer "nous-mêmes et l’Esprit Saint" à "l’Esprit Saint et nous-mêmes". Grâce à quoi, avec l’appui de cet "Esprit Saint" taillé sur mesure [115, APR note 10]cool, avaliseur, qui fait toujours "bien-agir"[116,He]-, il devient possible de tenir des propos qui, malheureusement [4, APR note 30][2, APR note 8], obligent à jeter le trouble et le désarroi : ceux-ci ne vont-ils pas se justifier a posteriori [117] de la lutte méritoire contre [118][118bis] les "mal-agissants" d’"en face" ? Notons qu’à appeler à "l’Esprit Saint" en pareille configuration ne présente que des avantages à l"agneau"© vertueux : car Il lui permet d’étendre le soi-disant "mal-agir" (contre lequel il s’oppose), au-delà des actes posés.

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            Ainsi, de simples propos -eux-mêmes opposés à "l’Esprit saint" auto-projeté [119, note 16]- vont-ils pouvoir être conceptuellement redéfinis [120, APR note 129] comme relevant d’un comportement étrange [121][122]… voire "délictueux"©[46, APR note 191] ! Ça veut bien dire qu’on peut arrêter et condamner les gens alors même qu’ils n’ont encore rien fait [12][123][124][124bis], qu’on considère, de fait, qu’ils ne sont pas libres de leurs actes, et ne peuvent rien changer à leur avenir [125, note 16]. Ceci non seulement grâce aux moyens "médicaux"© que nous savons… mais également par l’opération du "Saint Esprit" inspirant (?) l"agneau"© en trouble et désarroi. Pourtant, même au regard de l’Apôtre des païens [126, APR note 8], on ne voit pas comment un Esprit d’amour pourrait s’opposer… à Lui-même, se révélant simultanément -au gré des circonstances- un Esprit de peur : car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison [127,2Tm]en somme, de tous ces ingrédients qui disparaissent [128] furieusement sitôt que "nous-mêmes et l’Esprit Saint" "nous sentons tellement mieux"[129, APR note 34] que l’inverse.
            Pourtant, « l’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d'autres obligations… » "Décision", "pesanteur" et "obligation" sont moins des notions appartenant à l’Esprit Saint qu’à"nous-mêmes" : c’est-à-dire à des contingences temporelles, liées à la chair. Les Apôtres et les Anciens, les païens convertis et les frères ne sont pas de purs esprits : s’ils l’étaient, en amont personne ne tiendrait de propos jetant le trouble et le désarroi ; en aval, personne n’aurait à décider de faire peser la moindre obligation sur quiconque afin d’en atténuer les effets, etc. L’Esprit Saint… inspire, par définition ; mais Il n’impose pas, n’oblige pas selon les modes contraignants de la chair. C’est l’inspiré qui impose, oblige ou décidetout en veillant à en alléger les conséquences : parce qu’à la mesure de son attention à l’Esprit, il privilégie l’esprit à la chair. Et parce qu’il ne se privilégie pas au détriment de ses obligés, il évite de se décharger pour surcharger : "déshabiller [130] Paul afin d’habiller Jacques"[131, note 31][132, note 1][133, note 38] n’appartient pas à son registre. Autant "nous-mêmes et l’Esprit Saint" réduit l’Esprit Saint à nous-mêmes -captant, détournant [35] et contraignant l’esprit au seul profit de la chair-, autant "l’Esprit Saint et nous-mêmes" cultive un espace maximal et infini de liberté : aussi les décisions prises sous Son influence discrète ne le sont-elles pas nécessairement sous Sa dictée… au sens dictatorial du terme : qui se réjouirait d’une feuille de route apportant encouragement à privilégier les uns au détriment des autres ? Les privilégiés eux-mêmes ? À courte vue, sans doute… mais les fruits [134] parleraient contre eux : les Églises s'affadiraient dans la foi et le nombre de leurs fidèles s’amenuiserait chaque jour.

[Samedi 12 mai 2012]
Livre des Actes des Apôtres 16,1-10.
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Paul, qui avait quitté Antioche avec Silas, arriva à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, et son père était païen.
À Lystres et à Iconium, il était estimé des frères. Paul désirait l'emmener, et il le prit avec lui. Il le soumit à la circoncision, pour tenir compte des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était païen. Dans les villes où Paul et ses compagnons passaient, ils transmettaient les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu'elles entrent en vigueur. Les Églises s'affermissaient dans la foi et le nombre de leurs fidèles augmentait chaque jour. Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés d'annoncer la Parole dans la province d'Asie. Arrivés en Mysie, ils essayèrent d'atteindre la Bithynie, mais l'Esprit de Jésus s'y opposa. Ils traversèrent alors la Mysie et rejoignirent la côte à Troas.
Or, Paul eut une vision pendant la nuit : un Macédonien était là debout, et l'appelait : « Traverse la mer pour venir en Macédoine à notre secours. » Après cette vision de Paul, nous avons cherché à partir immédiatement pour la Macédoine, car nous étions certains que Dieu venait de nous appeler à y porter la Bonne Nouvelle.

            Or, n’observe-t-on pas ici comme une apparente contradiction à un Esprit Saint non contraignant, ne se soumettant personne par la force ? "Le Saint-Esprit les avait empêchés", "l'Esprit de Jésus s'y opposa" : ne sont-ce pas là des verbes mettant à mal la liberté des enfants de Dieu ? Cependant, au-delà de la première lecture, superficielle, qui soumet qui ? Qui se soumet à qui ? Paul soumet Timothée à la circoncision : ce qui n’est pas une fin en soi chez lui (il ne fait pas mystère de son adhésion pour le moins relative [135,Ga] à ce rituel !), mais constitue ponctuellement un passage obligé. Il tient compte des Juifs de la région : s’il désire emmener Timothée avec lui, il ne désire pas jeter le trouble et le désarroi chez eux. C’eût été manifestement le jeter que de passer outre : le père de Timothée étant païen, le fils n’eût pas été crédible à porter la Bonne Nouvelle… ou plutôt les Juifs ne l’eussent pas écouté, estimant qu’il n’était pas des leurs. On peut déplorer cette soumission purement horizontale à une pratique relevant davantage de préceptes humains [136,Mc2d1/2] que d’esprit ecclésial, mais Paul Juif de Tarse [137,Ac][138,Ac]- est le premier à savoir qu’on ne peut l’éviter sans remous. Transmettre les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu'elles entrent en vigueur, est une chose : empêcher et s’opposer à ce qu’elles soient mal reçues (fût-ce pour des raisons subalternes comme une non-circoncision) en est une autre.
            Maintenant, voici que le Saint-Esprit les avait empêchés d'annoncer la Parole dans la province d'Asie. Ce qui sous-tend que Paul et ses compagnons ont désiré un temps aller dans cette province. Le Saint-Esprit, combien de légions dissuasives de soldats armés jusqu’aux dents ? Aucun, bien entendu : l’empêchement n’est pas de l’ordre de la chair. Y  porter la Bonne Nouvelle n’est pas non plus de cet ordre (le plus étonnant est d’ailleurs qu’ils en aient été empêchés, porter la Bonne Nouvelle n’étant pas en soi un acte mauvais ou délictueux (!), dès lors que chacun demeure libre d’y adhérer ou non). Il s’agit assurément d’une question de "stratégie" divine, à l’occasion de ces première missions extra-israéliennes : une stratégie de fondements ecclésiaux sur le long terme qui échappe à leur entendement immédiat. Il s’agit également d’en tirer une leçon durable, valide pour les générations suivantes, la nôtre incluse : là où règne le schéma « l’Esprit Saint et nous-mêmes » (nous-mêmes étant soumis à l’Esprit), la foi s’affermit et le nombre de fidèles augmente. Là où règne le schéma inverse (l’Esprit "alibi placé à la remorque"[2, note 37] de nous-mêmes)… les résultats le sont également sur le terrain. De fait, si porter la Parole relève des meilleures intentions, elle n’est pas beaucoup plus qu’une idéologie quand la mission se revendique "autonome" par rapport à l’Esprit Saint. "Stratégie" divine de la part de Celui-ci : non sans y inclure la mise à l’épreuve [139] continue des frères. Il "empêche" parfois, "s’oppose" ? En réalité, Il n’empêche en rien… de s’opposer à Ses empêchements ! Si Paul et ses compagnons avaient voulu passer outre : faire du zèle en annonçant la Parole dans la province d'Asie, aller atteindre la Bithynie, le feu du ciel [140] ne leur serait pas tombé sur la tête ! Les païens les eussent peut-être accueilli avec bienveillance, voire écouté sans leur jeter de pierres. Mais leurs visiteurs ayant alors été dans la configuration "nous-mêmes et l’Esprit Saint", ces derniers eussent pu s’estimer heureux que quelques-uns s’en convertissent. L’Esprit n’empêche en rien… pas même qu’en Son nom, on L’empêche [141][142,Mt(1)][143,Lc(1)] en tout. Ce qui devient ici de l’ordre de la chair.

            "S’abstenir des unions illégitimes"[>Ac(1)] : n’est-ce pas précisément de l’ordre de la chair chez le stakhanoviste de la fidélité à toute épreuve [0, APR note 113] ? Or, les unions illégitimes embrassent sémantiquement un champ infiniment plus vaste que celui de préceptes humains s’approchant de cet esprit prévalant là où des questions subalternes externes (comme celle de la circoncision, par exemple) prennent le pas sur des considérations plus intérieures… et plus verticales : à l’écoute de l’Esprit Saint. "Nous-mêmes et l’Esprit Saint", voilà déjà une emblématique union illégitime : elle n’est légitime que dans l’autre sens. Empêcher d’aimer, -voire s’empêcher d’aimer- (ou d’être aimé) au nom même d’un "Esprit d’amour" (ressemblant trait pour trait à un esprit de peur unissant faiblesse, démission et déraison [127,2Tm][144]), voici également un pur chef-d’œuvre d’union illégitime ! (Celle-ci s’inscrit d’ailleurs dans le cadre de la première). Dans tous les cas de figure, s’abstenir des unions illégitimes, c’est d’abord s’abstenir [89?] d’unir deux (ou plusieurs) éléments qui, ensemble, contribuent davantage à empêcher, à s’opposerau premier des commandements [7,Mc(1)]- que s’ils étaient pris isolément. C’est ensuite s’abstenir d’unir deux (ou plusieurs [27, notes 520 à 531]) éléments qui s’annihilent [145,1Co] les uns les autres ; ce qui en demeure étant le plus éloigné de l’intention initiale [132, note 21][54, APR note 13][146, APR note 414] : pas de chance… C’est enfin s’abstenir de confondre ce qui est légitime avec ce qui est légal : il va sans dire qu’à cet égard –et selon une sémantique contemporaine très occidentale : à des années-lumière de toute consonance hébraïque [0, AV note 45] !-, s’impose un sérieux travail de défrichage d’esprits recouverts d’une singulière chape de plomb. En attendant, cela ne va pas sans accomplir quelques remarquables prodiges de derrière les fagots (de sarments secs [>Jn(1)]…) : comme, par exemple, rendre illégitime ce qui était légal [147][147bis] dans de puissants accès d’illégalité [148][123, note 51][124, notes 39,40] ; ou délégitimer violemment [81, note 12] ce qui est légal pour cause d’"union illégitime"© (!!!) "loup"©/"agneau"©[34, notes 159 à 169]. À cet effet, moult unions [103,(3)][0, notes 104 à 106][131, notes 40 à 42][149, notes 85 à 95] apparaissent à l’usage  pour ce qu’elles sont : d’indépassables modèles d’unions illégitimes !

            "Nous-mêmes et l’Esprit Saint", cela donne aussi "beaucoup de fruit" : virant d’abord à "nous-mêmes sans l’Esprit Saint", puis à des commandements compensatoires [150, APR note 3] "de plus en plus grands"… en quantité [151, notes 40 à 44] ; soit (se) faire peser de plus en plus d’obligations, qui s'imposent et dessèchent : jusqu’à obliger à ce à quoi on devait s’abstenir en d’autres temps, voire à ce dont on désirerait aujourd’hui s’abstenir. Au menu ? Manger -ne serait-ce que symboliquement- "des aliments offerts aux idoles [152], du sang [153, APR note 14(Ez)], ou de la viande non saignée"[154][16] ! Et bien sûr, encourager lourdement toutes sortes d’unions illégitimes. À l'heure où l’on passe des films pareils aux païens, ils comprennent bien que chez les croyants (mais en quoi [155][156]ou en qui [157] ?), il y a "plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" : celui de leur voler la leur. En ces conditions, ils gagnent à ne pas se convertir… comme à partir avant la fin du film [146, APR note 22][158, notes 4,5][159?]. N’ont-ils pas assez de malheurs [160] dans un réel qui est là, pour tous [4, AV note 41] sans que la "religion"[153, APR note 171] (?) ne vienne leur en rajouter ?

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Fin au 14 mai 2012

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