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samedi, 04 août 2012

Exécution possible ?

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

[*|*] – [*][*][*] – [*][*][*] - [s.n.p.?]

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(1)[Samedi 4 août 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.
{*}{*}{*}{*(3)}
[*]/{
Mc}{Lc}{Mc}{Mc}{Lc}{Mc}{Lc}{Mc}{Mc(8)}[Mercredi 29 août 2012 : {Mc}]
En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée
[*], apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c'est Jean le Baptiste, il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »  Car Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. » Hérode cherchait à le mettre à mort, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l'anniversaire d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa [?] devant tout le monde, et elle plut [>54] à Hérode. Aussi s'engagea-t-il par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait [*|*]. Poussée par sa mère [*], elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié, mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l'apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, l'ensevelirent et allèrent en informer Jésus.


          Chez Matthieu, Hérode cherchait à mettre à mort Jean le Baptiste, mais il avait peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Chez Marc, c’est de Jean lui-même que Hérode avait peur… mais c’est Hérodiade qui, en voulant à Jean, cherchait à le faire mettre à mort [107][108,Mc(8)]. En ce temps-là -comme en tout temps-, lorsqu’on détient un certain pouvoir temporel mais que l’on a peur de la foule, cette peur n’est pas de même nature que celle prévalant sur un seul homme, arrêté, enchaîné et mis en prison : à la mesure de ce que "les grands font sentir leur pouvoir"[109 ,Mt][110, note 87],ils y sont au moins aussi… attachés que leurs prisonniers sont enchaînés : dans ce cas, avoir peur de la foule, ce n’est pas tant en avoir peur -en ce qu’elle se montre menaçante : au bord de l’émeute- qu’avoir peur de perdre son pouvoir sur elle. Il n’empêche : à cause de son prisonnier du moment, Hérode avait donc peur de la foule. En revanche, comment peut-on avoir peur de Jean ? Ce dernier fusse-t-il tenu pour un prophète, il n’en est pas moins retenu comme un prisonnier. Fusse-t-il le plus effrayant [111?] des1457830894.jpg prisonniers, il serait a priori plus vraisemblable que la peur change de camp : rendu inoffensif par son enfermement –voire enchaîné-, le captif n’est-il pas à la merci de son geôlier, celui-là étant libre comme l’air ? D’où que cette peur ne soit pas de même nature : puisque étrangère à un conflit de pouvoirs. En effet, Jean lui avait dit son droit… plus exactement son non-droit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. » Ce disant, Jean était prophète : non prince de Galilée, ou d’ailleurs. Or, c’est celui-ci qui est censé représenter le droit, non le premier. Jean est également Le précurseur [112]… y compris lorsque il s’agit de rappeler le droit [113] à son représentant officiel, quand celui-là le foule aux pieds [114][115][116]. Il rappelle ce droit -avec fermeté, si nécessaire- mais n’a pas le pouvoir d’exercer la moindre coercition contre celui qui l’enfreint, afin de le mener -de force- à ce qu’il le pratique.
          En revanche, sur son terrain à lui, il ne frotte pas davantage dans le sens du poil, reste maître de ne pas se laisser forcer la main par des bien-pensants [117] ("précurseurs" des non-pensants [118] ?) ne faisant pas [>Mt(3)][119, notes 8 à 20] :  précurseur jusqu’à  précéder Jésus [>Mt(3,4,5)], dans ses mémorables frictions vis à vis de pharisiens et de sadducéens [120] s’étant essayés à vouloir le beurretout en gardant l’argent du beurre. Quelle que soit la catégorie sociale à laquelle appartenaient ceux qui venaient à sa rencontre -depuis les foules anonymes jusqu’à la cour d’un prince de Galilée-, le dessein de Jean n’était pas toujours de s’attirer –ou de ne s’attirer que- de nombreux amis [121, notes 12,13] ! En cela, comme en sa qualité de prophète, Jean ne renie évidemment pas le malheureux Jérémie [122,Jr(1,2)][>Jr(1,2)].

          Jean n’est pas moins précurseur, en ce qu’il témoigne -de sa personne- du peu d’appétence de l’infracteur à s’entendre rappeler le droit par quelqu’un n’ayant aucun pouvoir contre lui… surtout quand c’est lui qui, au contraire, est le mieux placé en matière de pouvoir. Qu’importe la raison –du reste, il n’y en a pas avec Jean : il n’a évidemment commis aucun délit- : seul compte le pouvoir [27, note 5]… et les tentations qui s’y associent : à commencer par la réduction au silence de qui en a le moins contre l’autre. Ce qui, en ce temps et en ce lieu, passe par l’arrêt, l’enchaînement et la mise en prison. De quoi, déjà, diviser [123,(§13,14)] Hérode en lui-même : "quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre"[107][108,Mc(8)]. Sans omettre une division plus externe : avec Hérodiade. Celle-ci –qui, en l’espèce, n’est pas sans exercer un pouvoir plus subtil sur Hérode- aimait beaucoup moins entendre Jean (!), et songeait davantage à s’en débarrasser [124] qu’à être embarrassée. En ce temps et en ce lieucomme, finalement, en tout temps et en tout lieu-, pour se débarrasser de quelqu’un de manière radicale et définitive, on ne fait pas dans la finesse (et pas encore dans cette hypocrisie [237,Mc,Mt][125][126] des dérivatifs que nous devinons…) : l’exécution du perturbateur de la tranquillité d’esprit [97, note 402/2][127][122, AV note 70] -élément de contestation et de dispute [122,Jr(2),APR note 186]- est non seulement possible, mais ouvertement envisagée. Le paradoxe est que -avant que l’occasion ne se présente- Hérodiade n'y arrivait pas, justement parce que Hérode avait peur de Jean [128, APR note 20] ! Non qu’il craignît que celui-ci se jette sur lui afin de le dévorer tout cru (!), ou -plus raisonnablement (?)- qu’il s’empare de sa couronne de prince de Galilée, mais… parce qu’"il savait que c'était un homme juste et saint", et -cerise sur le gâteau [129]-"il le protégeait"sous-entendu, des griffes de Hérodiade (toujours faute de dérivatifs ad hoc [130], les faux alibis "protecteurs"©[2, APR note 162][115, notes 94,95][131] ne sont pas d’actualité.) Or, puisqu’il le savait, simultanément il ne pouvait pas ignorer que lui-même était -par contraste-, plutôt moins juste et moins saint [66] que son "protégé".
          Aussi, attendu qu’il est de bon ton de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César [132], rendons à Hérode ce qui est à Hérode, mais ce qui n’est pasà titre exceptionnel !- à Jean Baptiste : à savoir, son rôle momentané de… précurseur. En effet, le prince de Galilée est un exemple de malédiction pour toutes les nations de la terre [>Jr(1)], ayant contracté (avec plus de deux mille ans d’avance, s’il vous plaît !) le funeste syndrome du chat-qui-tourne [83, note 42][98][133]
         Quoi qu’il en soit, si on lui ajoute la peur de "serviteur mauvais""maître"), le cocktail hérodien se fait décapant… et décapitant. Ce qui, à s’en tenir à Jérémie[>Jr(1,2)], pourrait sembler contrariant : si Jean a subi le malheur d’une mort aussi injuste et expéditive, est-ce parce qu’il ne "s’est pas détourné de sa route mauvaise"[>Jr(1)] ? (Au contraire, n’a-t-on pas réclamé sa tête pour ne pas avoir à se détourner de sa propre route mauvaise ?) Alors que le plus grand des prophètes [134] L’avait inlassablement servi tout au long de son existence, comment le Seigneur aurait-Il pu "décréter le malheur contre lui"[>Jr(2)] ? C’eût été là"négliger ce qu'il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité"[>Mt(5)]; aussi impénétrables que soient les voies du Seigneur [135,Rm][136, AV note 24][137(He), APR note 37], jamais ne sont-elles injustes, sans miséricorde et châtiant la fidélité ! Ce serait surtout négliger de lever un coin du voile, à l’aune du livre de la Sagesse : "la vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux. Celui qui ne réfléchit pas [117][118?] s'est imaginé qu'ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu'ils sont dans la paix. Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité. Ce qu'ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l'épreuve et les a reconnus dignes de lui"...etc [137,Sg(3), APR note 160].
          À la bonne heure pour tous ceux-là ! Il n’empêche que chez ceux qui ne nous ont pas encore quittés, rien ne différencie -à leurs yeux- les morts "justes" des morts "injustes". À supposer, naturellement, que l’on puisse seulement postuler -sans faillir- du degré de "justice" de telle ou telle autre mort : le degré de son "injustice" heurte plus volontiers l’imagination lorsque le coupable a notoirement frappé l’innocent, ou lorsqu’elle "s’invite" à la fleur de l’âge pour les uns, quand d’autres bénéficient d’une si longue existence que celle-ci chevauche les générations, etc. ("Injustice" se prolongeant jusque au-delà de la mort : s’il "fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes"[93,Mt(4)], soleil et pluie n’arrosent pas moins la tombe des uns que celle des autres.) En somme, "le tourment"[56] offre quelque prise sur ceux qui –indépendamment de leur espérance du moment- n’ont pas "déjà l’immortalité"rien ne pressant à cet égard ! Maintenant, que "ce qu'ils aient encore à souffrir soit peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés" leur fait une belle jambesi leur "espérance du moment" se réduit à un bonheur plus immédiat : "la vie des justes est dans la main de Dieu"… mais la vie des moins justes aussi, "la main de Dieu" n’étant alors pas avare de s’exprimer autrement que chez les morts [138, APR note 17][139, APR note 20][140, note 54][141, APR note 26]. En effet, "Dieu met à l'épreuve et reconnaît qui est digne de lui"… en passant souvent par qui l’est moins -digne-, voire ne l’est pas [142]. Ce n’est pas que celui-là ne veuille en rien être "digne de lui"[143,Mt(XIII)] : c’est plutôt que son "espérance du moment" s’étant réduite à un bonheur plus immédiat, palpable, la perspective de la "mise à l’épreuve" vient contrecarrer un tantinet cette espérancepuisque "passant pour un malheur". Aussi va-t-il s’empresser de contrecarrer celui qui -à ses yeux- incarne le dit "malheur". Ce faisant, il se moule dans la peau… de celui qui va incarner l’épreuve : il est toujours plus confortable de la faire subir [144, AV note 9], plutôt que de la subir soi-même [145][146][132]. Attitude ne contrecarrant pas moins le Deutéronome : "choisir [27, notes 1 à 3] ou bien la vie et le bonheur [68, note 63][36,com.35][104,com.15 à 19], ou bien la mort et le malheur"[97,Dt, APR note 238][105, APR note 59] est de tout temps un choix personnel, ne consistant en rien à le détourner [147] sur autruià l’effectuer à la place d’autrui [48,3°)].


          Ainsi, la vie de Jean Baptiste s’est-elle visiblement achevée sur "la mort et le malheur"… alors que son choix personnel relevait évidemment de "la vie et du bonheur". À l’inverse, lui survivent le prince de Galilée et sa cour, le choix de chacun s’apparentant davantage à "la mort et au malheur". Ce qui ne saute pas toujours aux yeux… notamment à l’occasion d’un anniversaire [148][108, APR note 351][97, note 26][93, note 3][147, note 4][149, AV note 203] ! Au début du règne de Joakim, fils de Josias, roi de Juda [>Jr(1)], le choix de "la vie et du bonheur" est aussi celui de Jérémie… prophète dont le seul nom évoque jusqu’à nos jours un choix diamétralement opposé [150][151, note 12]. « Malheur à moi, ô ma mère ! Pourquoi m'avoir enfanté, moi qui suis un élément de contestation et de dispute pour tout le pays ? Je ne suis le créancier ni le débiteur de personne, et pourtant tout le monde me maudit ! »[122,Jr(2)]. Or, dans ce contexte, qui est ce "tout le monde"[82, note<12>]? Plus précisément, qui a "entendu Jérémie prononcer ces paroles dans le temple du Seigneur" ? "Les prêtres, les prophètes et tout le peuple"[>Jr(1)]. Qui a dit, à propos de Jérémie : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville ; vous l'avez entendu de vos oreilles [>Jr(2)] » ? "Les prêtres et les prophètes". Qui dira, plus tard : « Méfiez-vous des faux prophètes [152][44, notes 86 à 110] qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups [153][153bis?][154] voraces… »[143,Mt(XII)][0, notes 59 à 64] ? Quelqu’un qui donnera Jérémie comme exemple du signe du vrai prophète… par les béatitudes [155][144][136][156][157,Mt].

tranquillité d'esprit

[*] - [*][402]


          « …si vous n'écoutez pas les paroles de mes serviteurs les prophètes, que je vous envoie inlassablement… » ; "…les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir !… »" Observons que ces "prophètes"-là sont "cul et chemise" avec les prêtres et tout le peuple : non seulement personne ne songe un instant à les faire mourir, mais ils se rangent sans difficulté particulière [158, AV note 15] du côté de ceux qui ne dédaignent pas faire mourir. Ils ne sont pas les derniers meneurs, faisant ici partie d’une certaine élite sociale. Il sont désignés comme "prophètes", mais ne semblent pas très concernés par« mes serviteurs les prophètes, que je vous envoie inlassablement… » : de fait, on les écoute -on suit la Loi qu’ils donnent- parce qu’ils "prophétisent" au nom du Seigneur [143,Mt(XIII)], dans le Temple du Seigneur. Mais on se fie à des paroles trompeuses, sans valeur : on pourrait donc voler, tuer, commettre l'adultère, faire des faux serments, offrir de l'encens au dieu Baal, suivre des dieux étrangers que l’on ne connaît pas, et ensuite venir se présenter devant le Seigneur, dans cette Maison qui porte son Nom [143,Mt(XII)], en se disant : 'Nous sommes à l'abri'. Quant au Seigneur, c'est ainsi qu’Il la voit, Lui [122,Jr(1), APR note 77] : en principe, Lui en est le seul maître [122], et les prophètes ses serviteurs. En principe, le maître est censé être doté d’une bien meilleure vue [159, APR note 2][160, note 3] que celle des serviteurs : ce qui va au-delà de l’aspect ophtalmologique [161][162, APR note 12].
          « La parole agréable attire de nombreux amis, le langage aimable attire de nombreuses gentillesses.  [121, note 13>163, APR note 57] » Ce que savent bien ces "prophètes", dont le langage aimable offre plus volontiers de l'encens au dieu Baal de la tranquillité d’esprit [97, note 402/2][127][122, AV note 70] –et accessoirement aux représentants des pouvoirs en place [164]- qu’au Maître du lieu. De même savent-ils parfaitementnon sans trembler pour leur précieux [3,3][4,3][165] statut- retourner [149] cette petite phrase : « La parole désagréable attire de nombreux ennemis [94], le langage -simplement perçu comme- non aimable et déplaisant [22][68, APR note 54] attire de nombreuses méchancetés. » À commencer par faire passer pour le "méchant de service" celui qui la prononce : « …je traiterai ce Temple comme celui de Silo, et ferai de cette ville un exemple de malédiction pour toutes les nations de la terre », voilà qui, précisément, ne passe guère pour une gentillesse.

(1)[Vendredi 3 août 2012]{Mt}
Livre de Jérémie
26,1-9 {*}{*} (*)
Au début du règne de Joakim, fils de Josias, roi de Juda, cette parole fut adressée à Jérémie de la part du Seigneur : « Ainsi parle le Seigneur : Tiens-toi dans la cour du Temple. Aux gens de toutes les villes de Juda qui viennent se prosterner dans le Temple, tu diras toutes les paroles que je t'ai ordonné de leur dire ; n'en retranche pas un mot. Peut-être écouteront-ils, et se détourneront-ils chacun de sa route mauvaise ? Alors je renoncerai au malheur que je prépare contre eux pour châtier le mal qu'ils font. Tu leur diras donc : Ainsi parle le Seigneur : Si vous ne m'écoutez pas, si vous ne suivez pas la Loi que je vous ai donnée, si vous n'écoutez pas les paroles de mes serviteurs les prophètes, que je vous envoie inlassablement, et que vous n'avez pas écoutés, je traiterai ce Temple comme celui de Silo, et ferai de cette ville un exemple de malédiction pour toutes les nations de la terre. »
Les prêtres, les prophètes et tout le peuple entendirent Jérémie prononcer ces paroles dans le temple du Seigneur. Et quand Jérémie eut fini de dire à tout le peuple tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de dire, les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir ! Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur, que ce Temple deviendra comme celui de Silo, que cette ville sera dévastée et vidée de ses habitants ? »

(2)[Samedi 4 août 2012]
Livre de Jérémie
26,11-16.24. {*}{*}
À
la porte du Temple, les prêtres et les prophètes dirent aux chefs et à tout le peuple à propos de Jérémie : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville ; vous l'avez entendu de vos oreilles. »
Jérémie répondit, en s'adressant à tous les chefs et à tout le peuple : « C'est le Seigneur qui m'a envoyé prophétiser contre ce Temple et contre cette ville, et dire toutes les paroles que vous avez entendues. Et maintenant, changez de route, conduisez-vous bien
(*), écoutez l'appel du Seigneur votre Dieu ; alors il renoncera au malheur qu'il a décrété contre vous. Quant à moi, me voici entre vos mains, faites de moi ce qui vous semblera bon et juste. Mais sachez-le bien : si vous me faites mourir, c'est d'un sang innocent que vous allez vous charger, vous-mêmes et cette ville et tous ses habitants. Car c'est vraiment le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles pour que vous les entendiez. »
Alors les chefs et tout le peuple dirent aux prêtres et aux prophètes : « Cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. »


            Maintenant, à s’en tenir à la raison pure –et à concéder de se mouler dans les mœurs de l’époque et du lieu, voulant que tel homme "mérite" la mort sur de simples paroles : pas même assorties de faits criminels ou délictueux [93, APR note 55][147, APR note 137]-, tout le monde admet –et personne ne conteste- que cet homme a prophétisé. En un tel contexte, un châtiment aussi sévère ne devrait valoir que parce que ces paroles auront été interprétées comme blasphématoires [166], cet homme ayant alors prophétisé contre le Seigneur. Si tel était le cas, on prendrait le Seigneur Lui-même à témoin : dans son Temple. Or, ce n’est pas là que se tiennent les prêtres et les prophètes, mais à la porte du Temple : on place ainsi le Seigneur comme hors du coup ! En effet, ce n’est pas exactement ce chef d’accusation que nous pouvons lire de nos yeux : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville. » Quel que soit le prestige [122, note 187] que l’on puisse accorder à une ville, celle-ci serait-elle donc si "sacrée" qu’elle prétende jouer à armes égales avec le Seigneur ? Mérite-t-elle que l’on sacrifie ainsi la vie d’un homme en son nom, parce qu’il aurait parlé contre elle ? N’aurait-il pas suffi de s'écrier : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! »[>Jn(2)] ? (Ce qu’on observera beaucoup plus tard, à propos d’une polémique dont le sujet portera infiniment plus au scandale [167, APR note 8].) À partir de ce moment, ne suffisait-il pas de s’en aller et de ne pas marcher avec lui… sauf, éventuellement, pour le pousser hors de la ville [139][>Lc(3)] afin qu’il n’y revienne plus ? L’affaire s’arrêtait là, et on n’en parlait plus. Au lieu de cela, quand Jérémie eut fini de dire à tout le peuple tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de dire, les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir ! » Voilàune réaction ô combien épidermique : de la chair. "C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien"[>Jn(2)] ? "N’être capable de rien", c’est au moins se rendre capable… de dévaster et de vider de son sens [3, notes 13][32, note <414>]  -soit, dans l’esprit avant que cela ne s’incarne dans la chair- ce qui en avait encore, précisément à la mesure de ce que la chair se fait prométhéenne, tend à s’arroger les prérogatives de l’esprit, cherchant à le soumettre à son seul pouvoir [169, APR note 18][10][0, notes 59 à 64][170,(*)]. C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien… sinon de faire mourir (ce qui la dénonce déjà comme antinomique) jusqu’à l’esprit, quand celui-là n’a "rien à voir" (?)[122, notes 188 à 195][171, notes 23][172, note 23][173, note 23][174][175, note 23][176, note 23][177][178, note 23] avec lui-même [179!][180] !
            Pour l’heure, avec Jérémie et ses contradicteurs nous sommes bien à la porte du Temple, sans qu’aucun des prêtres et des prophètes ne prétende s’enhardir à transposer son affaire à l’intérieur du Temple : celui du Seigneur… ou le sien [181,1Co][182,1Co].
            « Tu vas mourir ! » La menace est sévère et disproportionnée, mais nous sommes toujours à la porte du Temple : elle s’applique au détriment de la chair, non de l’esprit.
« Tu vas mourir ! » La menace est absurde : qu’il y en ait parmi eux qui ne croient pas Jérémie, c’est évident. Ce qui l’est moins pour notre prophète, c’est qu’il n’est pas Jésus : lui ne savait pas "depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, qui le livrerait"[>Jn(2)]… si tant est que quelqu’un le livre plus qu’un autre. En revanche, tout bon prophète -s’il ne connaît pas davantage par lui-même les récriminations dont il peut faire l’objet- les devine assez pour… récriminer parfois lui-même : souvenons-nous  par exemple de Jonas [183], qui n’a pas exactement foncé tête baissée vers Ninive [184][185, APR note 19][32,Jo]. Parce que tout bon prophète se soucie moins de flatter les pouvoirs en place que de leur livrer des paroles qu’il sait plutôt désagréables, il craint un tantinet pour son matricule : en ce sens, il ne s’étonne pas outre-mesure de cette sentence lapidaire : « Tu vas mourir ! » Il n’empêche qu’elle est absurde : à supposer que la prophétie délivrée fusse factice, pourquoi la sanctionner de manière aussi abrupte ? N’est-ce pas au contraire lui conférer une raison d’être plus véritable, justifier a posteriori son contenu par un surcroît d’injustice au détriment de celui qui l’énonce ?  Idem si elle est vraie ; mieux : le surcroît d’injustice ne contribue qu’à démontrer a fortiori son contenu ! Dans les deux cas, c’est l’esprit qui l’emporte : la chair n’est décidément capable de rien. Par conséquent, dans tous les cas, à quelle cohérence répond la menace « Tu vas mourir ! » ? A-t-on jamais vu ou entendu que faire mourir le prophète avait pour "vertu" de faire mourir le contenu de sa prophétie ? L’inverse n’est-il pas plus aisément vérifiable, lui donnant corps ? À quelle cohérence ? On pourrait répliquer à cela : à celle du maintien en place d3251457633.jpge quelques potentats locaux, se voyant -ou se croyant- eux-mêmes menacés dans l’exercice de leur autorité du moment. Ce qui, en soi, est de courte vue. À leurs yeux, « ne vaut-il pas mieux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que l'ensemble de la nation ne périsse pas [149,Jn(5), APR note 112][186,Jn(7){1}? » Le peuple a bon dos… d’autant qu’une telle phrase laisse la question intacte, à peine reformulée : a-t-on jamais vu ou entendu que faire mourir un seul homme pour le peuple ait eu pour "vertu" de sauver la vie de l’ensemble de la nation ?
      Il y a bien sûr une autre cohérence qui s’inscrit en filigrane, répondant moins à la raison (fusse-t-elle d’État !) qu’obéissant à un mythe [187] multiséculaire, toujours prompt à renaître de ses cendres, génération après génération. « Tu vas mourir ! » Pourquoi ? Jérémie serait-il un "faux prophète" ? (Il est vrai que le vrai prophète est toujours le "faux vrai prophète" du vrai faux prophète [44, notes 86 à 110][94, notes 37 à 40] : l’un des deux est en trop !) Encore une fois, peu importe : la menace reste sévère, et disproportionnée au regard des quelques intérêts en jeu. Parce que s’il convient de "se méfier des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis"[0, note<152>] (ce qui n’est pas un appel à les massacrer (!)… bien qu’une fois morts, la méfiance puisse alors avoir logiquement matière à se relâcher), il ne convient pas moins de se souvenir qu’"au-dedans ce sont des loups voraces"[188] : c’est-à-dire, de ces vrais faux loups voyant du "faux vrai loup"© partout… si "partout" que certains d’entre eux parviennent à les "voir"© sans les voir [97, notes 187 à 193]. (Ici, la "cohérence" (?) tient sans doute à ce que, se tenant à distance [189, AR note 82], le vrai faux loup soit assuré de ne pas se faire dévorer tout cru par le "faux vrai loup"© !) Or, si ce sont des loups voraces, ils aiment la chair fraîche : particulièrement la chair ovine. D’où leur goût à "venir à vous déguisés en brebis" : sans déguisement, ce seraient eux qui seraient poussés hors de la ville [139][>Lc(3)]. Avec, ce sont eux qui poussent hors de la ville [190][191][192]. Parce qu’ils viennent avec deux déguisements : le leur -de brebis- et un autre, pour un autre. De bouc, celui-ci : afin d’en déguiser le "faux vrai loup"©, dont il pourra ensuite appeler le troupeau [193][194][195] à se méfier [3, note 67]. Au sujet de ce déguisement, on aura bien sûr reconnu le modèleémissaire [122, notes 23 à 26], dans sa splendide version contemporaine.

            Au début du règne de Joakim, fils de Josias, roi de Juda, les prêtres et les prophètes, les2033302699.jpg chefs et tout le peuple n’en sont heureusement pas là à propos de Jérémie : ils sont plus que jamais à la porte du Temple, celui du Seigneur comme celui de l’autre… celui-là fût-il un prophète désagréable. « Tu vas mourir ! » La menace est sévère, disproportionnée et absurde, puisque répondant déjà à une version locale -moins subtile que de nos jours- d’un défoulement populaire sur un bouc émissaire désigné. « Il va mourir ! » Ce qui devrait leur donner l’impression, l’illusion [196, APR note 44][197!] qu’à l’issue de ce rituel ("cruel, mais nécessaire"[198, note 9(APR notes 69)]…), tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est également moins subtil que la "non-existentialisation"©[0, notes 171 à 178][55, APR note 191][94,note<147>+212 à 216][83, notes 163,164], mais présentant toutefois l’assurance de ne pas se heurter ensuite à des "fantômes"©[31, note 23][68, notes 34 à 39][199][199bis] de (mauvaise) rencontre. Sans oublier qu’à en demeurer "à la porte du Temple", on TOUCHe [108] à la chair d’un seul. Mais on ne compromet pas nécessairement l’esprit [200][201, notes 1,2][202, notes 22 à 24][2,Mt(5), AV note 22][76, notes 93 à 95] : le sien ou -pire encore-, celui d’un ensemble [203, APR note 30][204, note 59][119, note 32][156, note 6][205, note 26][48][117].
            À la porte du Temple, l’ensemble est moins homogène, moins unanime qu’il n’y paraît. Il y a d’un côté les prêtres et les prophètes, de l’autre les chefs et tout le peuple. L’unanimité ne s’observe finalement que lors de cette réaction première, épidermique, tous se saisissant de lui en disant : « Tu vas mourir ! » etc. Un "etc." qui, cependant, n’est pas anodin : introduit par un « pourquoi ? », il relativise déjà la portée de la menace première, renvoyant à un autre « pourquoi ? », plus implicite : « pourquoi le ferait-on mourir ? » Parce qu’en soi, la question posée à Jérémie est elle-même absurde : « Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur, que ce Temple deviendra comme celui de Silo, que cette ville sera dévastée et vidée de ses habitants ? » En effet, la réponse est pour ainsi dire contenue dans la question : s’il prophétise au nom du Seigneur, pourquoi se serait-il tu ? Ajoutons à ceci quelques habitudes solidement acquises : les "prophéties au nom du Seigneur"… d’une certaine tranquillité d’esprit [0, note<127>], régulièrement annoncées par les "prophètes" en place. Il va de soi que celle de Jérémie tranche singulièrement de cet ordinaire, le prenant à rebrousse-poil : le "Seigneur" des "prophètes" ne présente pas 1195756677.jpgexactement le même profil que Celui de Jérémie, autrement plus déconcertant. Aussi cette question traduit-elle davantage une plainte mêlée de reproches, plutôt qu’une réelle interrogation. Elle s’apparente un peu à celle du petit garçon qui a passé de longues heures sur la plage afin d’y confectionner un somptueux château de sable. Survient un galopin facétieux… qui saute à pieds joints sur le chef d’œuvre : « Pourquoi m’as-tu détruit mon château de sable ? » Le "Seigneur" des "prophètes" est à l’image du "château de sable", une belle illusion [0, notes 196,197]parce qu’une belle projection [206, APR note 16] d’eux-mêmes ; Jérémie, lui, incarne le "galopin facétieux"… encore que ce qu’il énonce pour sa défense n’inspire évidemment guère à la fantaisie. En contrepartie, au matériau friable et fragile qu’est le sable [143,Mt(XIII)], il leur substitue le roc d’un Seigneur qui, s’Il est plus "dur"[207, note 13/2?]… n’en est pas moins plus résistant aux marées.
            Autre élément tranchant de l’ordinaireet relevant de l’extraordinaire non spectaculaire [97, APR note 295] : au-delà de cette apparente absurdité de la question posée, le signe qu’elle exprime dans son intitulé. Ce signe marque un doute : l’extraordinaire résidant en ce que ce doute est émis par ceux-là même qui sont -ou devraient être- en position de force, sachant qu’il est à propos d’eux-mêmes, davantage qu’à propos de celui qui est censé se trouver en position de faiblesse. Reprenons le début de la question : « Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur… ? » Pas une voix, pas un "esprit fort" ne s’est levé pour s’écrier qu’il est intolérable que Jérémie prophétise au nom du Seigneur : au contraire, le "pourquoi" est , qui l’atteste et ne le dément en rien. Le "pourquoi" est également , qui fragilise l’unanime réaction première. Passée l’émotion, le soufflé retombe : c’est ici que l’on commence à percevoir d’un côté les prêtres et les prophètes, de l’autre les chefs et tout le peuple.
           
Ce sont les premiers qui, sentant ce "flottement", en rajoutent une couche à l’adresse des seconds : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville ; vous l'avez entendu de vos oreilles. [>Jr(2)] » L’insistance du propos produit l’effet inverse du résultat escompté, renforçant le doute. En effet, qu’entendent-ils de leurs oreilles à cet instant ? Que les représentants officiels du Seigneur leur parlent de quelqu’un ayant prophétisé… contre leur ville, non contre le Seigneur. Et le Seigneur, c’est leur affaire ainsi que celle du Temple : eux, ce sont les représentants officiels de cette ville, non du Seigneur. Autrement dit, ils sont des mieux placés pour avoir pu, les premiers, tenir le raisonnement envisagé plus haut : au pire, Jérémie aura injurié [208, APR note 16] leur ville… mais cela ne vaut pas le qualificatif de blasphème [0, note 166]. D’autre part, cet intérêt des prêtres et des prophètes pour la ville signe par contraste un relatif désintérêt pour le Temple et le Seigneur : ils se tirent ainsi une balle dans le piedtout en venant marcher sur les plates-bandes de chefs qui peuvent en tirer quelque ombrage. Intérêt prononcé d’un côté, désintérêt relatif de l’autre : voilà qui relativise également le chef d’accusation. De plus, si les chefs sont chefs, ce n’est pas nécessairement -ou seulement- par appétit insatiable du  : c’est aussi parce que n’étant ni abrutis ni idiots [209], ils savent mener leur barque -et leur peuple-, n’ignorant pas davantage la tentation du "religieux" -toujours lancinante-, de venir interférer sur le"civil". "Prophétiser contre cette ville" : voilà précisément un verbe fondamentalement "religieux" venant interférer sur la cité, soit une tentative maladroite de manipulation. Ce qui peut déjà suffire à mettre la puce à l’oreille de qui sait relier les points. De plus, qui aura entendu les représentants du Temple sur le fond du problème : à savoir, le contenu même de la prophétie de Jérémie ? Personne : ils se sont essayés à une diversion à propos du contenant, mais en rien au plus petit démenti. Or, ils le disent eux-mêmes :« vous l'avez entendu de vos oreilles. » "Vous", c’est tout le monde : civils et religieux. Maintenant, à quoi bon être chef… d’une ville courant le risque d’être dévastée et vidée de ses habitants ?
            Jérémie répondit. À qui ? "En s'adressant à tous les chefs et à tout le peuple" : soit, au deuxième groupe, laissant délibérément de côté les prêtres et les prophètes officiels ! Ce qui est d’autant plus piquant qu’il leur parle ouvertement au titre de prophète, au nom du Seigneur. À ce titre, ce qu’il leur dit n’a rien de très révolutionnaire, appartenant au registre –presque banal- de la correction fraternelle [210] à laquelle les circonstances confèrent simplement une dimension collective. D’autres que lui ont tenu à peu près le même langage dans des conditions similaires… mais avec un dénouement nettement moins heureux ; tant et si bien que l’on pourrait légitimement s’étonner de ce revirement final : « Cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. » En effet, nous savons que le Maître lui-même -le Saint de Dieu [>Jn(2)]- "méritait" la mort infiniment moins que tout autre : Lui aussi -pour le moins- parlait au nom du Seigneur notre Dieu. Pourtant, Il n’a pas bénéficié [186,Jn][211] -loin s’en faut- de cet improbable revirement. Certes, à Son sujet, il fallait que l’Écriture s’accomplisse : ce mystère est grand [>Ep]… mais Jérémie est a priori moins grand (!) ; aussi l’explication du mystère à son sujet s’avère-t-elle moins satisfaisante.
            « Cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. » Ici, la manipulation des "religieux" a donc échoué : ce ne sont pas eux qui parlent, mais ceux à qui s’adressait Jérémie. Mieux : ce qu’ils disent là, ils le disent aux prêtres et aux prophètes eux-mêmes ! Mieux encore… avec la contre-manipulation [40, APR note 85][44, APR note 231][75, note 11(APR62)] : en leur disant cela, eux les "civils", ils leur reprochent -de manière à peine voilée- de ne pas "leur parler au nom du Seigneur notre Dieu" -y compris à propos de Jérémie-, voire de les mener au désastre. Cela vous heurte ? Et quand vous voyez [>Jn(2)] des médecins [212, APR note 86] ne pas pratiquer la médecine (pire : pratiquer de l’anti-médecine [213,1Jn][214][215][216][217]) –fondamentalistes "religieux"[0, notes 59 à 64] de surcroît, venant interférer sur la cité [218][219, notes 34 à 38], est-il indispensable d’être médecin pour leur reprocherde manière moins voilée [220] ?

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            Pour l’heure, au début du règne de Joakim, "c'est au nom du Seigneur notre Dieu que l’on parle" : certes pas au nom de la médecine ! D’où que l’on puisse également s’étonner de cepoint de vue des chefs et de tout le peuple, a priori moins versés à la reconnaissance de ce nom que le groupe de la première catégorie. En dépit de ce qu’implicitement, ils admettent que cet homme aurait "mérité" la mort s’il n’avait pas parlé "au nom du Seigneur Dieu", ils n’admettent pas moins la nécessité de l’écouterjusqu’à ce que sa défense vaille finalement plus que l’attaque des porte-paroles officiels "au nom du Seigneur Dieu". Comme énoncé plus haut, on observe donc une certaine fragilisation de l’union-contre [221,(3)][0, APR note 207] Jérémie. Ceci par la conjonction favorable de facteurs qui, en soi, se font étrangers à la défense directe du "nom du Seigneur" : à commencer par ces possibles conflits d’intérêts divisant [123,(§13,14)] entre eux le pouvoir religieux et le pouvoir civil. Beaucoup moins étranger à la défense directe du nom du Seigneur : ce qu’énonce Jérémie lui-même, bien sûr. Ainsi le facteur… peur est-il aussi de la partie. À ce détail près qu’il intervient ici, non pas à dessein de graisser la patte du mal [93, APR note 189], maispour menacer de châtier les responsables de celui qui a déjà été faitet naturellement (dans l’ordre précis de la crainte du châtiment [128, APR note 20]) de dissuader d’en faire davantage. Par conséquent, il intervient en paralysant non plus le bien [119, APR note 32][222,[15]][223,[15]] en amont, mais le mal en aval. "A-t-on jamais vu ou entendu que faire mourir le prophète avait pour "vertu" de faire mourir le contenu de sa prophétie ? L’inverse n’est-il pas plus aisément vérifiable, lui donnant corps"[0, AV note 185] ? Les chefs et tout le peuple, eux, ne tiennent ni à vérifier, ni à donner corps !
            Enfin, ultime
facteur : un Jérémie –seul contre tous- qui ne cherche pas à esquiver la menace qui pèse sur lui (« Quant à moi, me voici entre vos mains… »). « Si vous me faites mourir, c'est d'un sang innocent que vous allez vous charger… ». En soi, l’argument offre habituellement peu de prise à une foule déchaînée, dont la raison est rarement la caractéristique la plus criante : "innocent, il est bien connu qu’« ils disent tous cela ». (Jean Baptiste lui-même n’était évidemment pas le dernier à pouvoir dire cela [>Mt(1)]!) Sauf que cette foule-là est moins déchaînée que divisée, empreinte d’un doute quant au sort à réserver à cet homme : rappelons que l’interpellation « Tu vas mourir ! » est aussitôt assortie du « pourquoi ? »… L’argument est surtout précédé d’un autre, qui appelle lui-même à élever [224, notes 10,11] l’argumentation6.Controle_fiscal___Conseil.jpg plutôt qu’à en rester à une réaction épidermique, à solliciter la conscience plutôt que les passions les plus viles : « bon, les gars : vous faites comme vous le "sentez"[225, APR note 27], hein ? » « Faites de moi ce qui vous semblera bon et juste », voilà qui est d’un tout autre tonneau, puisque invitant explicitement à mettre en déroute ce qui est mauvais –voire méchant- et injuste. Explicitement, mais sans contrainte : le verbe "sembler" est qui l’atteste. Si ce verbe présente souvent l’inconvénient d’ouvrir la voie à l’erreur -sollicitant les sens premiers en escamotant volontiers le recul de la réflexion-, il s’inscrit ici dans un contexte particulier au sein duquel la marge de cette erreur se fait étroite : la prophétie elle-même a quelque peu déblayé le terrain, ciblant en vérité le mauvais et l’injuste déjà consommés. De plus, nous avons vu que cette marge apparaissait plus large chez les prêtres et les prophètes : y compris aux yeux de ceux à qui s’adresse alors Jérémie, celui-ci ne se trompant pas d’interlocuteurs. In fine, ce sont d’ailleurs ces derniers qui retournent la balle à l’envoyeur : « Cet homme ne mérite pas la mort… », ce sont bien les chefs et tout le peuple qui, eux, s’adressent aux prêtres et aux prophètes. Ils rendent ainsi… l’exécution impossible.

(2)[Dimanche 26 août 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,60-69.
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Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s'écrièrent : « Ce qu'il dit là est intolérable
[*][<23?], on ne peut pas continuer à l'écouter ! » Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?… C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. [*] » Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À
partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »


            « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! » Intolérable, du seul point de vue de la chair qui, livrée à elle-même, aurait beau multiplier les journées de la tolérance [225] (!) : elle ne le tolérerait pas davantage. Intolérable de ce point de vue, en ce que (au-delà de entretien_avec_un_vampire.jpgl’aspect premier "anthropophage") "manger la chair et boire le sang" présuppose un véritable défi à la raison. Sauf à verser dans un sordide scénario de zombies [226][227, notes 93,94], personne ne mange de chair vivante ; sauf à verser dans un autre –de vampires [228] : pas beaucoup plus ragoûtant-, personne ne boit de sang coulant encore dans les veines. En clair, "manger la chair et boire le sang" n’est tolérable à la raison qu’à la condition de ce que cette chair et ce sang soient au préalable passés de vie à trépas. Quant à celui qui mange cette chair et boit ce sang, il se prolonge la vie dans sa propre chair et son propre sang… ce qui est relativement normal [229, note 102][230], mais ne présume en rien de la vie éternelle. donc en effet largement de quoi heurter : non seulement il est question de manger une chair et boire un sang n’appartenant pas au registre cadavérique habituel (pas même au registre animal), mais ce qui devrait être"cadavre remue encore tant et si bien qu’il ne promet pas moins que la vie éternelle ! C’est dire que, pour venir à Lui, le coup de pouce donné par le Père n’est pas qu’une simple option : sans lui, personne ne peut. À partir de ce moment -du coup de pouce-, il y en a qui croient, d’autres qui ne croient pas ; il y en a qui restent, d’autres qui s’en vont et cessent de marcher avec Lui : mais ce n’est encore qu’un commencement, non une fin.
         « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Celui-là est
a priori de ceux qui  croient et qui restent, de ceux qui restent parce qu’ils croient… particulièrement à la vie éternelle. Or, s’il croit à la vie éternelle, il devrait pouvoir continuer à écouter ce qui a trait à l’éternité -aux paroles de la vie éternelle- sans que cela ne lui apparaisse intolérable. Si cela lui apparaît néanmoins aussi insupportable que du poil à gratter [231, AV note 16][59, APR note 13][232, note 24][55,2Tm(3), APR note 97], qu’il fait feu de tout bois par moult diversions et autres détournements [147], il y a alors comme un lézard… à commencer par un sérieux malentendu au sujet de l’éternité, dont tout porte à croire qu’elle soit entendue selon la chair plutôt que l’esprit : c’est-à-dire qu’au lieu de dépasser la dimension du temps [141, notes 1,2], c’est au contraire celle-ci qui vient l’absorber en son sein. Quels qu’en soient les habillages du moment et du lieu, l’intérêt de l’opération est toujours le même : d’une part, renvoyer cette "éternité" (aux forts accents de ligne d’horizon inatteignable) le plus loin possible dans le futurafin de pouvoir faire ce que l’on veut dans le présent ; d’autre part, fuir [233] ce même présent -avec ce qui l’incarne [3,8][4,8][40, notes 1 à 3][234]- à proportion de ce que l’on redoute d’y croiser ce qui ne se soumet pas [>Ep] à cette vision réductrice de l’éternité [235,p.12].

les raisons de la foi

         « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. » Cela, c’est la réponse de Simon-Pierre, premier des disciples… mais surtout de ceux qui restèrent et continuèrent de marcher avec lui : mettons à part l’épisode ponctuel de la dispersion à Gethsémani [186,Jn(7){1}; encore qu’en dépit de sa trahison –non moins ponctuelle [236]- le même Simon-Pierre n’ait pas immédiatement cédé à cette dispersion [186,Jn(7){2}]. Ce qui, néanmoins, lui aura alors douloureusement permis d’expérimenter -d’intérioriser- l’une ou l’autre de ces "paroles de la vie éternelle" : « Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé [237,Mt(1)]. » Ou encore : « Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers [55,Mc(6)]. » Pour l’heure, beaucoup de disciples n’en sont pas moins à la croisée du chemin, même si celle-ci n’est pas encore soumise à la violence. Justement parce qu’elle n’y est pas soumise, chacun peut encore s’exprimer sereinement , exprimer son libre arbitre… quitte à aller vers les récriminateurs. « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ?… » Simon-Pierre ne se distingue pas des autres parce qu’il "comprend" que l’on puisse "avoir la vie éternelle en mangeant sa chair et en buvant son sang" : il lui suffit de le croire et de le savoir. Ici, Jésus reprend à Son comptepar sa chair et son sang- le choix du Deutéronome [0, APR note 146][27, notes 1,2] : on Le suit ou on ne Le suit pas ; mais si on Le suit, on suit aussi Simon-Pierre (dans son acte de foi plutôt que dans ses faiblesses !) : vers qui d’autre pourrions-nous aller, que Celui qui a les paroles de la vie éternelle ? Dès lors que cette question trouve une réponse… c’est-à-dire, un autre vers qui nous pourrions aller –et plus encore : vers qui nous prenons acte d’aller tête baissée-, c’est un autre que nous croyons sans le savoir, parce que celui-là prend soin de se présenter avec le "savoir"[238]. « …Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu ? » Ce "nous" n’est pas celui de "peuples païens"[239,1Co] : qu’ils s’en aillent ou qu’ils restent, il n’est question que de "beaucoup de ses disciples". Ce qui ne condamne pas nécessairement ceux qui s’en vont… et ne sauve pas automatiquement [240, notes 52 à 54] ceux qui poursuivent. Car, à tout prendre, si le choix de ne pas dire (et en conséquence, de ne pas faire) est peu glorieux, il a cependant le mérite d’être moins incohérent que celui de dire mais de ne pas faire [32, note<414>][97,Jc1>7][237,Mt(1)] (jusqu’à parfois faire DIRE [143, AV note 150][241, note 54] ce qui n’a été ni vu et entendu [97, notes 187 à 193][242], ni dit ni fait !)Par ailleurs, à la mesure de ce qu’il aura été moins plombé [234] de contrefaits [119, notes 32 à 34], c’est un choix qui, jusqu’au bout, reste plus facilement réversible [211,Lc][242]. C’est enfin un choix qui, parce qu’il comprendne pas comprendre [243, APR note 6][244, APR note 33][245, notes 36 à 46](!) (et bien sûr, parce qu’il aura réduit son adhésion au seul degré de cette compréhension, voulant en quelque sorte "voir" pour croire [143,Jn(2)]), ne feint cependant pas de s’attacher à des "comprenants"© factices qui se proposent de faire "briller"[143,Mt(I)] les paroles de la vie éternelle en les "purifiant" (?) par le bain [>Ep]… du "recours à la sagesse du langage humain"[239,1Co][246, APR note 18][247, notes 528 à 531]. (Ainsi, le critère de la nouvelle "compréhension"© est-il par exemple redéfini [2, APR note 129] par cette dernière "vertu cardinale"©, très en vogue : l’empathie [44, note 132][248][249, APR note 55]. Qui est dépourvu de cette précieuse qualité [3,3][4,3] est au mieux un "handicapé"© de la "comprenette"© ; au pire, il n’a plus toute sa tête [0, notes 28 à 30] !…) Ce qui, à terme, est encore la meilleure méthode… pour amener à jeter le bébé avec l’eau de son bain : en pensant au Christ et à l'Église, le mystère se fait si grand[>Ep]  que ce n’est plus même le langage de la croix qui est folie pour les païens [239,1Co], mais… la "religion"[44, APR note 171] elle-même. Il est vrai que si, là où "tous deux ne devraient faire plus qu'un"[>Ep], on observe tous avec l’un contre l’autre [204, note 59][221,(3)][163?]-et personne avec l’autre !-, l’un livrant l’autre [0, notes 52 à 58] à qui aura pris soin de se présenter avec le "savoir"[0, note 238] alors même que l’autre sait que celui-là ne sait pas (et l’aura largement fait savoir [40, notes 100 à 105][113] !), voilà qui, vu de l’extérieur, est si peu engageant en matière d’"Église resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut"[>Ep] qu’à partir de ce moment, on imagine sans peine beaucoup de disciples qui s'en vont et n’ont de cesse de trouver l’issue de secours avant la fin du film [32, note 22][250, notes 4,5]. 

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            Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? La "science"©[251][251bis] aurait-elle aussi les paroles de la vie éternelle, pour que ceux qui "restent et continuent de marcher avec lui"[0, APR note 235]… marchent -courent !- également, voire davantage, avec elle ? Il est vrai qu’à défaut de savoir fournir des résultats probants –et cohérents- de sa  compétence [252]  à traiter de ce qui échappe définitivement à son entendement, elle est plus efficace dans son art consommé de savoir saisir le vent de ce qui contribue –ou contribuera- à calmer la démangeaison d'entendre du nouveau [55,2Tm(3), APR note 97]. Nous étions déjà priés de nous soumettre à de réconfortantes théories, d’autant plus "resplendissantes, sans tache, ni ride, ni aucun défaut"© qu’elles consistent précisément à se "purifier"©[253][254] conceptuellement du péché [143, APR note 353)][255, notes 10 à 12][256, notes 25 à 30] au grand profit de la "pathologie"©[257][258]celle-ci se concentrant alors opportunément sur un pourcentage limité et prédéfini de la population [171, notes 17 à 22]afin que la majorité [3,12][4,12] puisse en être miraculeusement "indemne"© (!)-, mais ce mystère se fait à la longue si petit qu’il a tendance [259] à prendre eau de toutes parts [260][261][262].
         Autres concentrations : les camps de ce nom [263][130, notes 9 à 17][264][265][266], bien sûr (à condition toutefois de savoir les rebaptiser [0, notes 80 à 89] de manière plus irréprochable [267] aux yeux des personnes qui méprisent le corps des autres !) ; mais surtout la clef de voûte (attention : elle est basse) de l’usine à gaz grâce à laquelle "c'est la chair qui fait vivre (sans doute parle-t-on ici de l’industrie pharmaceutique [214][215][216][217][268][269] ?), l’esprit n'est capable de rien"© ! Postulat qui, rappelons-le, est implicitement partagé par ceux qui "restent et continuent de marcher avec lui"[0, APR note 235], alors qu’il se présente plutôt tête-bêche [270] si on le compare avec l’original. Postulat qui trouve sa justification dans la clef de voûte suivante : hors du cerveau [271][10][170,(*)], point de salut. Il n’y a plus que cela qui soit tolérable, on peut continuer à écouter ! Ce qui crée assurément de "légères" interférences [235,p.8][272, notes 6 à 11][273] sur ce que le disciple relativement normal [229, foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociéténote 102][230] est censé écouter par ailleurs, mais quelle importance ? Songe-t-on encore seulement à la vie éternelle quand le cerveau a des "ratés"©[0, notes 28,29] ? En revanche, si les survivants de la chair [226][227, notes 93,94][274, notes 74 à 77]toujours prompts à brandir prématurément le précieux [3,3][4,3][165] étendard universel de la "fragilité psychologique"©[275] afin d’assurer leurs arrières [276]- ont eux-mêmes des ratés parce qu’ayant malheureusement [196, APR note 30] dû essuyer l’échec [277] d’un "suicide"©[278][279, APR note 63][280, notes 29,30] de disciple, cela ne risque-t-il pas d’aiguiller  ce dernier sur cette question épineuse de la vie éternelle ? Question épineuse, parce qu’il va de soi que "scientifiquement"©, la vie éternelle est absorbée d’emblée dans la dimension du temps [0, APR note 232][141, notes 1,2]. Ce qui pose déjà une difficulté particulière [0, note 158], attendu qu’en dehors de considérations purement météorologiques, ce fichu temps présente l’inconvénient de manquer lui-même d’une certaine assise matérielle [197,6)>(66>78)! De même que l’éclairage fourni par la lampe n’est pas la lampe, la pendule est un marqueur, un repère du temps : mais elle n’est pas le temps [281?]. Alors, comment localiser ce temps si évanescent ? Dans quelle zone du cerveau va-t-on parvenir à le dénicher ? Aussi était-il urgent de procéder à une nouvelle et intéressante avancée "scientifique"© en direction… du temps, rien de moins ! Au sein des camps de concentration, on savait déjà le ralentir jusqu’à pratiquement l’arrêter [282, APR note 13][283: mais la performance est cependant à double tranchant. En effet, le risque majeur est alors que le temps s’arrête pile-poil sur le présent. Situation extrêmement (et "psychiquement"©) "dangereuse"©[40, notes 4,5], le "loup"© vie éternelle ayant été surpris à plusieurs reprises parmi le personnel "soigné"©, affolant [284] subséquemment le personnel "soignant"©sans grande 62984023.jpgdifficulté,_il est vrai [285, notes 7][285bis, notes 7]. Le personnel "soignant"© cadre ne disposant pas d’un budget illimité -à dessein de verser d’éventuelles primes de risque au personnel "soignant"© subalterne-, nous "comprenons"© mieux cette urgence de la nouvelle et intéressante avancée "scientifique"© : il n’y a pas de petites économies. Prenant donc le taureau bouc [122, notes 23 à 26] par les cornes, les "spécialistes"©[286] ont alors paré [287] au plus pressé… ce qui, de prime abord, pourrait sembler "incompréhensible"© ; car, comment tuer_localiser letemps dans le cerveau lorsqu’on n’a pas le temps [281] ? Ce mystère n’est pas si grand ; les "spécialistes"© cultivant en effet une longue tradition pour ce qui consiste à traiter de ce qu’ils n’ont pas sous la main [97, notes 187 à 193][189, AR note 82], ils ont assez l’habitude de ce léger handicap pour ne pas rencontrer d’obstacle insurmontable -sur cet aspect- avec le temps. Le plus pressé, c’est aussi le plus accessible : c’est pourquoi les "spécialistes"© ont dû momentanément renoncer (certes, la mort dans l’âme [76, AV note 93]) à leur temps de prédilection : le passé lointain [288][289, APR note 57][290][291][89][292]. Idem pour le futur… de crainte que leur "spécialité"© en fusse rayée de la carte : dans ce cas, il est évident que le léger handicap en deviendrait cruellement plus lourd.

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         Seigneur, vers quel temps pourraient-ils aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle… mais ils ont  particulièrement peur [97,Jc4] de ce "loup"©[0, AV note 284] ! Eurêka ! Frères, par respect (non redéfinissable [2, APR note 129][3,6][4,6][242]) pour la crise "spécialisée"©, soyez soumis les uns les autres à la toute nouvelle et intéressante avancée "scientifique"© : à cause de la zone du cerveau responsable de la métacognition se situant dans le cortex frontal, l'homme quittera… tout espoir de "vivre l'instant présent".[293] Ils rendent ainsi… l’exécution possible. Mais pas la vie éternelle ! On ne saurait tout avoir

[Dimanche 26 août 2012]
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens
5,21-32 {*}
464728112.jpgFrères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable. C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même. Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture : À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.

Lettre de Phil’os à poutre malsain aux Daltoniens de la santé 5,21-32
2499003792.jpgFrères chiens [1], par respect pour la redéfinition [2, APR note 129] de 1862228145.jpgvotre concept du respect [3,6][4,6], soyez soumis les Huns [5][6][7][8] aux autres "médecins"©[9>10,com.9§2][11, notes 69,70][