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jeudi, 18 octobre 2012

Un manteau à Troas pour deux ?

Fin d'habillage au mercredi 21 novembre 2012

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[*] – [*]

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[Jeudi 18 octobre 2012]
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée
4,9-17b {*}
Viens me rejoindre le plus vite possible
[57>59?], car Démas m'a abandonné par amour de ce monde, et il est parti pour Thessalonique ; Crescens est parti chez les Galates, et Tite en Dalmatie. Luc est seul avec moi. Amène Marc avec toi, il m'est très utile pour le ministère. J'ai envoyé Tychique à Éphèse. En venant, rapporte-moi le manteau que j'ai laissé à Troas chez Carpos. Apporte-moi aussi mes livres, surtout les parchemins.
Alexandre, le forgeron, m'a fait beaucoup de mal. Il recevra du Seigneur le salaire de ses actes. Toi aussi, prends garde à lui, car il s'est violemment opposé à nos paroles
[?][158?].
La première fois que j'ai présenté ma défense
[1|2|3], personne ne m'a soutenu[88/2][19] : tous m'ont abandonné. Que Dieu ne leur en tienne pas rigueur. Le Seigneur, lui, m'a assisté. Il m'a rempli de force pour que je puisse annoncer jusqu'au bout l'Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes.

           'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !'[1] En voilà un autre, qui commence à écrire ses articles… et qui ne les achève pas davantage. Cependant, il n’est pas dit qu’il ne puisse pas les achever : simplement, ne lui faudrait-il pas -à l’instar de Paul- être sacrément rempli de force pour qu’il puisse les mener jusqu’au bouten même temps ? Ce n’est donc pas qu’il les ait "abandonnés par amour de ce monde", mais voilà qu’il vient commenter –le plus vite possible ?- cet extrait de la deuxième lettre à Timothée : n’y a-t-il pas urgence, en effet ?
       De fait, ces quelques lignes ne sont-elles pas d’une si brûlante actualité qu’elles appellent aussitôt à retenir son souffle, à suspendre toute œuvre commencéeà venir rejoindre l’Apôtre le plus vite possible ? Démas est parti pour Thessalonique ? Crescens chez les Galates ? Tite en Dalmatie ? Tychique a été envoyé à Éphèse ? La "ménagère de cinquante ans" de 2012 ne se sent-elle pas toute émoustillée à l’énoncé de cette dispersion ? Non ? Elle a d’autres soucis, plus immédiats : c’est cela ? Elle n’ose pas l’avouer [2!] ; mais elle ignore qui sont Démas, Crescens ou Tychique, c’est cela aussi ? Ou bien, si elle ne l’ignore pas, elle pense (on l’en félicite [3][4]) que ce ne sont pas les gens -plus illustres que ceux-là- qui ont manqué depuis lors : meilleurs modèles "pour le ministère", c’est cela encore ? Nous évoquons ici la "ménagère de cinquante ans" ayant reçu l'Évangile jusqu'au bout et y adhérant… sans prendre garde un instant à toutes les autres : celles qui ont peu -ou rien- reçu, celles qui s’opposent violemment à ces paroles, ou enfin celles qui les ont abandonnées par amour de ce monde… quand bien même on leur citerait des noms de gens –ou de lieux- moins abscons que ceux qui nous sont servis ici. Jusque chez les membres du ministère actuel, ce passage ne semble finalement pas "très utile" : aussi orientent-ils plus volontiers l’attention des fidèles sur l'Évangile du jour : Luc seul (10, 1-9)[5][6][7][8][9][10][11][12] (…quoique avec pas moins de "soixante-douze disciples envoyés -pas seuls non plus, puisque deux par deux- comme des agneaux au milieu des loups").
       L’évangéliste est si seul qu’il se voit proprement escamoté ici même ! Non que lui aussi "soit abandonné" ; mais pour l’heure, n’est-ce pas précisément Paul lui-même qui nous laisse entendre que la première fois qu’il a présenté sa défense, personne ne l’a soutenu [13, note 88/2][14, note 19] ? il l’a pourtant présenté, sa défense. Ce qui, de surcroît, présuppose d’abord la 822489422.jpgpossibilité (relativement normale [15, notes 211>16] aux yeux de tout le monde) de se défendre, donc d’être présent ; ce qui suppose ensuite l’élimination de tout procédé douteux, de type attaque par contumace [17][18,Dn, AV note 144] se doublant de l’assistance unilatérale d’un souteneur [19] aux seuls côtés de l’attaquant. Est-il très utile de souligner que dans cette configuration aussi, le langage populaire incline volontiers à désigner un tel souteneur sous une dénomination plus crue [20>21,cf.Nc2], ne laissant de certain poisson que ses arêtes ? Toujours est-il que la première fois que Paul a présenté sa défense -fût-ce sous les conditions d’une équité [22, APR note 169] au moins plus apparente-, personne ne l’a soutenu  : tous l'ont abandonné. Le Seigneur, lui, l'a assisté… et la véracité de cette assistance est inversement proportionnelle à son coût [22, notes 160,161>23, note 203]. Néanmoins, tous ayant abandonné l’Apôtre, nous ne sommes finalement pas si éloignés de Luc… pourvu que l’art du poirier [24] ne nous rebute pas. En effet, à faire abstraction un instant des circonstances particulières liées au lieu et à l’époque, la situation fâcheuse de Paul ne présente-t-elle pas de frappantes similitudes avec celles… d’un "loup"©[25][26][27][28][29] au milieu des "agneaux"©[30][31] ? Cette similitude concerne cependant moins les personnes elles-mêmes : car, si Paul est abandonné et Luc seul… ce dernier l’est avec le premier, laissant sauf le "deux par deux" : notre séance impromptue de poirier ne parvient donc pas à placer chacun totalement sur la TOUCHe [32] : au désert [33]. Avant de pouvoir obtenir un tel fruit [34,(XII)][35][36, notes 408,409][37], il faudra patienter encore quelques siècles : le temps que la "médecine"©[38][39] accomplisse de substantiels "progrès"©[40][41, APR note 32][22, notes 71 à 75] !…

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       [25>]"Alexandre, le forgeron, m'a fait beaucoup de mal. Il recevra du Seigneur le salaire de ses actes". Que vient faire un forgeron là-dedans, dont tout le monde se fiche éperdument quelques deux mille ans plus tard ? N’y a-t-il pas plus immédiatement péril en la demeure ? Une autre de ces "urgences que nous savons"[43, note 56], n’est-ce pas : à moins de vivre reclus au fin fond d’une grotte perdue à l’autre bout du monde, coupé de tout moyen de communication. Ce que vient faire un forgeron là-dedans n’est pas si révolutionnaire, puisque nous rappelant le bon vieux dicton suivant : "c’est en forgeant qu’on devient forgeron"[44]. Ce que Aristote reformule ainsi : "l’homme devient ce qu’il fait"[45]. Et ce que Paul complète ainsi : "le forgeron […] recevra du Seigneur le salaire de ses actes". Il s’agit bien pour lui de compléter le propos, non de vouer Alexandre aux gémonies. Nous savons que celui-ci lui "a fait beaucoup de mal", qu’il s'est "violemment opposé à ses paroles", mais nous ne savons rien d’autre. On peut néanmoins supposer que si le forgeron était lui aussi à Troas, Paul n’a matériellement pas eu le loisir de le rétribuer lui-même du "salaire de ses actes" puisque il ne s’y trouve plus au moment où il rédige sa lettre à Timothée. On peut également envisager que le forgeron ne manifestant de son côté aucun regret de ses actes –voire aucune conscience du mal commis-, Paul se soit alors trouvé dans l’impossibilité de lui pardonnernon de son fait, mais parce que le pardon ne peut s’exercer que dans sa libre acceptation par les deux parties [46][47,com.1§3]. Quel que soit le cas de figure, le résultat final est le même : Paul transmet en quelque sorte au Seigneur le soin du "salaire des actes". D’où cet aspect complétant de son propos ; car le forgeron lui-même est davantage un praticien qu’un théoricien. N’étant pas nécessairement philosophe dans l’âme, il fabrique aussi bien des outils [48] permettant d’augmenter le pouvoir laborieux de l’homme… qu’il peut fondre des canons qui, eux, augmenteront son pouvoir de destruction. Autrement dit, il symbolise –notamment chez Paul- celui qui peut indifféremment faire beaucoup de bien un jour… et beaucoup de mal le lendemain. "L’homme devient ce qu’il fait", en bien comme en mal… et dans la durée : l’homme ne devient pas un voleur parce qu’il aura incidemment volé une pomme à l’étalage ; il ne le devient que si l’incident se reproduit jusqu’à ce qu’il en ait pris l’habitude [15, APR note… 344(!)]… qu’il en soit comme "habité". Inversement, si l’homme fait du bien un jouril n’est pas devenu un saint pour le restant de son existence !
       Ceci d’autant moins que faire du bien à X ne le dissuadera pas nécessairement de faire du mal à Y : rien n’interdit d’ailleurs de relativiser quelque peu la qualité de ce bien dont bénéficie X, si l’objectif -plus ou moins voilé- en est précisément de "se racheter" du mal commis à l’encontre de Y. Un tel processus, lui aussi, est radicaleme1984035092.jpgnt étranger à toute forme de pardon : le bien accompli l’étant en faveur d’une personne différente de celle qui aura subi le mal. Bien par-dessus mal [49, APR note 32], oui mais… comment pourrait-il l’être ainsi ? La seule intention –et l’acte posé, a fortiori- est fondamentalement aussi absurde que si nous nous dirigeons sur une voie nord/sud alors que le GPS [50] (correctement réglé) indique formellement que la bonne voie est orientée sud/nord. En clair, c’est "faire du bien"… façon Robin des bois : si de la main droite, on donne "généreusement" au pauvre… ce qu’on a discrètement volé de la main gauche dans les rayons d’une grande surface, la facticité de cette "charité" ("airain qui sonne ou cymbale qui retentit" : un comble [51, APR note 48] !) saute aux yeux. Peut-être pas à ceux du pauvre -s’il n’en est pas informé-, mais plus sûrement à ceux du commerçant spolié. Ce schéma horizontal n’est rien d’autre que le schéma perpendiculaire croisant l’autretel que l’exprime très exactement Jérémie : "vous pourriez ["faire beaucoup de mal"][…], et ensuite venir vous présenter devant moi…"[52,Jr(1)]

       Dans un registre comparable –et une actualité brûlante nous ramenant à l’horizontale-, ce bien par-dessus mal (en décalage faussement compensatoire [53][22, notes 171,172]) se reformule ainsisans difficulté particulière [54, AV note 15] : "vous pourriez faire mentir verticalement Paul, Jérémie et beaucoup d’autres (incluant le "Pierre" d’aujourd’hui [54][55][56]), faire mentir horizontalement les lois civiles de votre nation -on ne présente plus l’article 220-1 [57, notes 6 à 20>58] du Code ad hoc…- en amont comme en aval (l’article cité ayant parfaitement su, prolongation comprise (par qui [59,1Co] ?), dépasser allégrement ses trois ans réglementaires), et ensuite venir vous présenter la bouche en cœur… à la "manif’ pour tous"[57, note 38>60]", entre autres. Ajoutons-y cette autre déclinaison, moins directe… mais non moins folle [15,Ga(2)][59,1Co] : "vous pourriez faire mentir verticalement les mêmes que pour le précédent (sans aucune exception) en ayant instillé la peur [27, notes 151 à 195][15, notes 346,347] au cœur du mariage [54,(§6,7,10)] d’autres que vous-mêmes [61, AV note 21][62, note 82], être complices de facto des mensonges horizontaux instillés ensuite pa504878162.jpgr les lois civiles de votre nation, et ensuite venir vous présenter… au même lieu que le précédent". Sans omettre moult autres déclinaisons intermédiaires, semblables à celle-ci quoique de moindre gravité : même cause, mêmes effets. Une moindre gravité de par sa "qualité"… malheureusement compensée par la quantité : à l’instillation de la peur, il suffit en effet d’y substituer sa transmission [63] –voire son expansion- et son fidèle [64, APR note 104] entretien sur la durée [65, notes 85 à 95].

       "Alexandre, le forgeron, m'a fait beaucoup de mal. Il recevra du Seigneur le salaire de ses actes". Où voit-on qu’un tel "salaire" doive être versé… sur un lit de mort, ou au jugement dernier ? Depuis quand les morts ont-ils besoin d’un salaire pour vivre ? Quand Paul parle de salaire, il ne parle pas de "la récompense du vainqueur"[66,2Tm(3)][53]… ou, en l’occurrence (et par funeste symétrie), de "la punition du vaincu: ce que l’onTOUCHe [67][15, note 249] au soir de sa vie s’appelle au mieux une retraite, non un salaire ! Si "l’homme devient ce qu’il fait"[45], il reçoit aussi son salaire en fonction de ce qu’il fait… ou défait. [<46]
       "Viens me rejoindre le plus vite possible" : son manteau, ses livres (plutôt "utiles pour le ministère" !) ; tout laisse à penser que Paul, lui aussi, est parti "le plus vite possible" de Troas, sans armes ni bagages, dans une certaine précipitation et un non moins certain dénuement, jusque dans ses quelques biens propres. Sans doute n’est-ce pas indifférent à ce "beaucoup de mal" que le forgeron a fait à l’Apôtre : relevons simplement une urgence que nous devinons plus que "nous savons"[43, note 56]. Rappelons également que n’en déplaisent aux apparences textuelles, ce n’est pas un réquisitoire accusateur qu’un Paul amer et vengeur dresse à un tiers contre Alexandre, dans le dos de ce dernier : ceci avec d’autant plus d’aisance qu’il a pris le large entre temps. Du reste, le tiers en questionTimothée- n’est-il pas chargé de jouer les "voitures-balais" ? À lui de rapporter à Paul ses quelques biens propres : donc, à lui de s’exposer au voisinage du même Alexandre. Timothée est chargé de jouer les "voitures-balais", non les 2128480533.jpgpelles à poussière des autres ; d’ que lui aussi doive "prendre garde" au forgeron : non que celui-ci fût marqué au fer rouge (le monde à l’envers !) et condamné d’avance à être définitivement incorrigible (laissons cela à quelque mythe contemporain que nous savons mieux [68][69, notes 72>81][70,(46>52)][71][72]etc.…) mais toujours parce que Paul lui-même n’a pas réussi -ou n’a pas eu le temps- de lui verser "le salaire de ses actes". Un "salaire" qu’il est donc censé recevoir du Seigneur : non d’un Timothée qui, d’une part, n’est pas personnellement concerné [65, notes 85 à 95]]73, notes 115>][30, APR note 51][74] par cette affaire [75; d’autre part, il eût été étonnant que celui-ci rencontre le succès là même où Paul a échoué. Écrire "Alexandre, le forgeron, m'a fait beaucoup de mal", c’est bien déplorer beaucoup de mal fait, subi et "consommé" ; ce n’est en aucun cas fantasmer et médire d’un mal qui "pourrait"©[76][77, APR note 65] être fait, à la mesure d’une oreille complaisante [78, APR note 10][18, APR note 54][79, APR note 55][80] en direction d’un autre mal faitdont l’auteur se trouve lui-même en mal de déni [81, note<12>]. Écrire "il recevra du Seigneur le salaire de ses actes", c’est aussi décharger explicitement le destinataire d’une telle mission… voire le dissuader de toute initiative en ce sens : si elle échoit au Seigneur en personne, Timothée ne fait décidément pas le poids ! Écrire "toi aussi, prends garde à lui, car il s'est violemment opposé à nos paroles", ce n’est pas crier au "loup"©[0, notes 25 à 29]"réel" ou supposé- mais laisser entendre que s’être opposé violemment à nos paroles n’exclut pas qu’il s’y oppose de nouveau de la même manièrepuisque justement "le salaire de ses actes" n’a pas été versé. Enfin, écrire "il s'est violemment opposé à nos paroles", ce n’est pas avoir écrit "il s'est violemment opposé à mes paroles" : jusqu’au bout [82][66,2Tm(3)], alors même qu’il se voit abandonné de tous, momentanément privé de son manteau et de ses livres, Paul ne cède pas un pouce à la tentation de faire régler son compte au forgeron par un autre : façon état-major planqué dans son bunker [83][84, APR note 93], tout en envoyant à sa place la chair à canon sur le front. Au contraire, "nos paroles" expriment assez des paroles qui, Si Paul les a faites siennes, sont notamment partagées par Timothée : ce que tout le monde saitAlexandre aussi.
       Un Alexandre qui, encore une fois, n’est nullement voué à la géhenne [85] bien que tout l’accuse. À propos de géhenne, en effet, prendre garde à un malheureux forgeron n’est jamais que craindre l’un de ceux qui, au pire, "tuent le corps, et après cela ne peut rien faire de plus, ne pouvant pas tuer l’âme". « Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d'envoyer dans la géhenne [86, notes 45 à 48], l’âme aussi bien que le corps [87,Mt(5)] » Or, avoir un tel pouvoir, c’est en avoir un autre qui lui est associé : celui de rétribuer aussi du "salaire des actes". Alors, inutile de vous dire que c’est quelque chose d’assez dangereux, parce qu’on ne sait que trop l’issue que ça pourra avoir : ça peut aller loin [88, AV note 13]mais en profondeur uniquement [53, note 466] : pas de marche arrière [89] ni de syndicat en cas de réclamation sur un "salaire" dont les "critères sociaux" ne sont pas exactement d’un modèle comparable à celui du Seigneur… qui seul, sait quel a été le destin d’Alexandre depuis lors. Pour nous, nous savons qu’au moment où Paul rédige sa lettre à Timothée, leur adversaire commun a toujours le choix [90] de fabriquer des outils… ou de fondre du canon [0, note<48>]. Car "c’est en forgeant qu’on devient forgeron", "l’homme devenant ce qu’il fait"[0, notes 44,45]

       Hors du forgeron, observons-nous "beaucoup de mal" autour de Paul ? La première fois qu’il a présenté sa propre défense, personne ne l'a soutenu  : tous l'ont abandonné. À l’exception cependant de Tychique : envoyé àÉphèse, celui-ci ne l’a "abandonné"que sur sa demande formelle. Concernant Crescens et Tite,la question reste ouverte ; ils sont assurément partis, mais on ignore dans quelles conditions : "par amour de ce monde"à l’instar de Démas- ou parce qu’également envoyés vers leur destination respective ? La question inverse reste également ouverte à propos de Luc : celui-ci "est seul avec Paul"… mais tous l'ont abandonné. Paul ne dit pas : "presque tous", ou tous sauf Luc. Maintenant, il dit aussi : "Luc est seul avec moi", mais ne dit pas "Luc était seul avec moi au moment où tous m’ont abandonné; ce qui n’exclut donc pas l’hypothèse que Luc ne l’ait rejoint qu’après cet abandon total.

Quoi qu’il en fusse, "tous l'ont abandonné" : c’est moins mal que de "s’opposer violemment à nos paroles"; mais sans même appeler à un héroïsme [91] à tout crin, il semble que l’on puisse faire beaucoup mieux au sujet de "beaucoup de bien" ! Comme dirait Edmund Burke, « Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens bien. »[92,[15]][93,[15]] Ce que ne dirait pas Paul (en dépit de ce que cet abandon total autour de lui ressemble trait pour trait à un tel triomphe) : non parce que la formule est fausse en soi, mais parce que l’Apôtre n’est pas Edmund Burke : s’il ne balance personne à l’avance dans la géhenne, s’il n’insulte pas davantage son monde, s’il "annonce jusqu'au bout l'Évangile et le fait entendre à toutes les nations païennes", il ne faut pas trop compter sur lui pour les ronds de jambe et autres manifestations d’empathie [79, APR note 55] inconditionnelle made in Bisounours-City [94, AV note 81][95]fussent-ils plus ou moins inconscients. C’est peut-être moins chez Edmund Burke lui-même, mais la canonisation à l’avance de gens bien n’est pas beaucoup plus recommandable que l’inverse, ouvrant chez d’autres auteurs -le citant- la tentation que ce fusse plus… quitte à exciter leurs propres lecteurs en ce sens : alors, êtes-vous quelqu'un de bien ? ("vous aussi", lit-on entre les lignes; même le forgeron n’aurait pas osé [2] ! Du reste, hors du cas emblématique d’Alexandre, chez tous ceux qui ont vertement abandonné Pauly avait-il seulement "quelqu'un de mal" (sic) ?
       "Démas m'a abandonné par amour de ce monde". Comme pour Alexandre, Dieu seul sait quel a été le destin de Démas depuis lors. Ici, nous savons simplement qu’il a effectué un choix dont nous ignorons tout de ses suites : il n’a pas nécessairement fait moins de bien –ou plus de mal- que s’il était resté aux côtés de l’Apôtre. Remarquons d’ailleurs que, loin de se comporter en garde-chiourme de pénitencier, Paul a respecté ce choix… sans, bien sûr, en avoir redéfini le concept [22, APR note 44][96,6! Par ailleurs, moins relativement qu’à l’égard de moult autres textes, il convient ici de tenir compte de l’aspect temporel de la situation : nous sommes là à l’époque des toutes premières annonces de l'Évangile aux nations païennes. Ce qui signifie que l'Église naissante en est encore à ses balbutiements : y compris à l’échelle de ses structures internes liées aux différents ministères. Au regard de ce qui existe alors, qu’en est-il de l’engagement du ministre de l'Évangile au sein de l'Église ? Cet engagement n’étant pas encore clairement défini, il devient  redéfinissable. "Tous m'ont abandonné" : au-delà de la personne de Paul, l’abandonner c’est abandonner un peu de l'Église externe puisque il en est l’un des piliers : Pierre étant de son côté le pilier interne [15,Ga(5)]. Mais l’abandonner, ce peut être aussi afin de rejoindre Pierre ! Ce qui nous rappelle aux récentes "étincelles" entre l'Apôtre des Juifs et celui des païens [15, notes 331>345]… qui, rappelons-le, relevaient davantage de la conjugaison de deux tempéraments différents que de la plus petite tentative de scission entre deux "partis" opposés. Une perspective que Paul a d’ailleurs très tôt rejetée, tant pour lui-même que pour les autres : « chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j'appartiens à Paul », ou bien : « J'appartiens à Apollos », ou bien : « J'appartiens à Pierre », ou bien : « J'appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce donc Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?… »[97,1Co] Quoi qu’il en fut, le terrain d’action de Pierre et Paul étant lui-même différent, il était relativement normal [15, notes 211>16] que les deux hommes n’eussent pas mené existence commune : en clair -et en matière d’engagement clairement défini-, même à faire abstraction de son aspect géographique, totalement anachronique et éthique (ce qui demande ici un redoutable effort…), ils n’eussent pas été intéressés le moins du monde par… le projet de "loi"©©© n°344 [57, notes 23]. Leur engagement personnel était alors d’ordre verticalvis à vis du Christ et de l'Église- avant que d’être horizontal : dans le cadre organisationnel des relations entre frères. Il en va de même au sujet de Démas : abandonner Paul "par amour de ce monde" ne signifie pas nécessairement la rupture unilatérale d’un engagement tripartite entre les deux hommes et l'Église du moment.
       Pour parler crûment, depuis Alexandre le forgeron jusqu’à Luc, que l’on "s’oppose violemment à ses paroles", qu’on "l’abandonne par amour de ce monde", que l’on parte pour des raisons plus ou moins connues ou qu’on le soutienne, personne n’est marié avec Paul ; Paul n’est marié avec personne : il ne se dégage nulle part… d’engagement rendant "inévitable qu'il arrive des scandales entraînant au péché"[98,Lc(1)]. Chacun étant libre de revenir sur ses choix premiers, Paul ne retient manifestement personne ; que cela lui plaise ou non… dans l'Église du moment.
       "Il y a une correspondance évidente entre la crise de la foi et la crise du mariage ?"[54,(§7), notes 1 à 11]. La correspondance n’est pas moins évidente entre la crise de la foi et "l’amour de ce monde"dans l'Église d’aujourd’hui. DISONS [99, note 11] que cela se traduit tout autrement qu’entre Paul et Démas, l’engagement n’étant pas de même nature. Que l’on présente alors sa défense une, deux ou cent fois (à distance [100][88, notes 100 à 105][101], pour éviter toute infection), il n’en est tenu aucune rigueur : à l’unanimité, tout le monde a soutenu [13, note 88/2][14, note 19]"l’amour de ce monde" plein la bouche [22, AV note 264]. Ce qui permet avantageusement de "faire beaucoup de mal" sans que personne ne reçoive jamais ici-bas "le salaire de ses actes". À l’exception des vautours [102], peut-être ?…

[Vendredi 16 novembre 2012]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,26-37.
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Jésus disait à ses disciples : « Ce qui se passera dans les jours du Fils de l'homme ressemblera à ce qui est arrivé dans les jours de Noé. On mangeait, on buvait, on se
mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche. Puis le déluge arriva, qui les a tous fait mourir. Ce sera aussi comme dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait [Ec(1,2)] ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu et de soufre qui les a tous fait mourir ; il en sera de même le jour où le Fils de l'homme se révélera. Ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et qui aura ses affaires dans sa maison, qu'il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu'il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth [Gn(2)]. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l'une sera prise, l'autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l'une sera prise, l'autre laissée. »
Les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où il y a un corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

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Fin d'habillage au mercredi 21 novembre 2012

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