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mardi, 13 novembre 2012

Réalités augmentées. (le sont-elles pour tous ?)

Stabilisation au samedi 24 novembre 2012

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       « Augmente en moi la productivité épistolaire ! », pourrait murmurer "l’e-scribe" aux mille et une "symphonies" inachevées [1, note 1]. Difficile cependant d’être capable, à la fois, d'exhorter les autres sur un front et de se trouver sur un autre [2]. Pour autant, difficile également d’éviter les quelques messages se profilant au travers des textes du moment –notamment de leur association [3,Ep(2)]- ; même si cela ne donnerait pas nécessairement lieu à un scandale [4, APR note 8] gros comme une graine de moutarde

(1)[Lundi 12 novembre 2012] 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,1-6.
{*}{*}{*(3)}  {*}
Jésus disait à ses disciples : « Il est inévitable qu'il arrive des scandales qui entraînent au péché, mais malheureux celui par qui ils arrivent. Si on lui attachait au cou une meule de moulin et qu'on le précipite à la mer, ce serait mieux pour lui que d'entraîner au péché un seul de ces petits.
Tenez-vous sur vos gardes ! Si ton frère a commis une faute contre toi, fais-lui de vifs reproches, et, s'il se repent, pardonne-lui. Même si sept fois par jour il commet une faute contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : 'Je me repens', tu lui pardonneras. »
Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.


            « Augmente en nous la foi ! » Aussi associés soient-ils "au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Évangile"[3,Ep(2)], ce ne sont pas des païens qui formulent cette demande : rien de moins que les Apôtres eux-mêmes. Ils ont pourtant Jésus en face d’eux : "en live", pour ainsi dire. Le paradoxe n’est qu’apparent ; le Maître est ouvertement interpellé au sujet de la foi qui, par définition, embrasse ce qui ne se voit pas : non ce qu’ils voient [5]. Chez ces mêmes Apôtres, au temps fixé, a été manifestée la foi de celui qui est "heureux en croyant sans avoir vu"[6][7,Jn(2)] et "la foi" -inverse- de celui qui est malheureux, n’ayant pas cru en ayant vu : par celui-là arrive précisément le "scandale qui entraîne au péché"[8][9,Jn][10][11, notes 22 à 27][12,Ac][13, APR note 123][14, notes 21>22].
         L’un n’ayant pas la vue plus basse que l’autre, les deux sont là pour nous rappeler en tout temps que la foi livrée au seul "ressenti"[15, notes 84>92][16][17] du moment entraîne vers deux écueils majeurs [18] :
1°) elle se limite à ce qui "se voit"fût-ce en interne
2°) revendiquant alors une certaine autonomie, elle n’est jamais qu’une auto-foi projetée [11, note 119], se suffisant à elle-même : elle ne "ressent" pas le besoin d’être augmentéeencore moins de l’extérieur ! Quoiqu’elle prétende "s'appuyer sur l'espérance de la vie éternelle"[>Tt(1)], elle s’appuie surtout sur ses propres forces, se voulant sa propre source : la dite "espérance" s’en voit d’ailleurs déçue [19], le seul "ressenti" fournissant bien plus souvent la "raison" d’une foi si peu augmentée qu’elle diminuera [20] plus sûrement… jusqu’à disparition [21][22,com.3,4(!)] : celle-ci ne manquant pas d’être parfois soutenue [23, note 88/2][24, note 19] par l’augmentation d’une "foi"[25, APR note 44][26][25] adverse -inévitablement de substitution- très prompte à flatter le "ressenti" dans le sens du poil [26,2Tm(2,3)][27][28,com.1,2§1]; d’ que par sa… "spontanéité", celle-ci, il n’y a pas besoin de la demander
         Assurément, la raison n’est pas davantage la source de la foi [29] ; mais elle n’interdit pas de la canaliser [30][31] : dans un sens positif [32], comme dans un autreplus obscur. Dans3032218600.jpg celui-ci, par exemple, on pourrait « aimer lire et étudier Hegel [33] à fond, en croyant que c’est le philosophe qui répond le mieux à ses questions et sa vision du monde »[34]. Hegel, pour qui "un texte est dépassé aussitôt qu’il est promulgué" : un discours qu’il convient sans doute de ne pas prendre stricto sensu au pied de la lettre [35, APR note 4]sinon le philosophe lui-même se tire une balle dans le pied : ses propres textes étant alors dépassés aussitôt qu’il les aura promulgués ! De fait, il s’exprime ici en se référant à sa vision dialectique de l’Histoire (avec un grand H) qui est bien la siennevision que l’on partage ou non : selon lui, en effet, "le texte fixe l’esprit qui, par nature, cherche à se réaliser dans le processus, toujours mouvant, de l’Histoire". Il existe aussi des sables [36] toujours mouvants : libre à chacun de s’y aventurersi cela "répond le mieux à ses questions et sa vision du monde"(!) ; mais chacun est déjà moins libre "d'entraîner un seul de ces petits" dans cette direction : il semble au contraire que la règle du jour en soit plus dissuasive, puisque consistant à "faire de vifs reproches" à qui abonderait en ce sens vis à vis de son frère. L’avantage de Hegel, c’est évidemment que la dite règle étant énoncée au fil d’un texte accusant ses deux mille ans d’âge, on n’ose imaginer son "dépassement" depuis sa promulgation !…
      Ainsi, « augmente en nous la foi ? » Quelle foi pourrait-on seulement songer à "augmenter", si elle ne s’appuyait sur aucun texte… ou sur des textes tenus pour caducs ; ce au nom d’un très hypothétique sens de l’Histoire qui, depuis Hegel, a tout de même quelque peu perdu de sa superbe ? Augmenter [37] est inconcevable depuis le néant : on pourra toujours "augmenter" le zéro de multiples zéros [28,com.3§2] que la somme en restera zéro [38; un processus dont on aurait aimé… qu’il se fasse plus mouvant qu’il ne l’est ! Le processus d’augmentation, quant à lui, suggère plutôt de partir non depuis le néant, mais depuis le moins (aussi infime soit-il) pour aller vers le plus : depuis plus bas vers plus haut [39, note 21][40, notes 47 à 54][41, notes 437 à 440], plus petit vers plus grand : très exactement le schéma prévalant (ou censé prévaloir) au cours d’un processus éducatif [42][39, notes 10,11][40, note 29/2] relativement normal [43]. Ce qui vaut naturellement pour toute forme d’augmentation, celle-ci fusse-t-elle étrangère à la question de la foi : le modeste salarié, par exemple, se voit plus heureux d’être augmenté que diminuésauf si ce sont ses horaires de travail que l’on augmente ! N’est-ce pas le cas du serviteur venant de labourer ou de garder les bêtes ?

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(2)[Mardi 13 novembre 2012] 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,1-6.
{*}{*}{*} 
Jésus disait aux Apôtres : « Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table'? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »

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      Un "devoir" qui, on s’en doute, ne sera pas nécessairement du goût des disciples de Marx : celui-ci faisant traditionnellement la paire avec Hegel ! Cependant, que les syndicalistes du fond de la salle [44, notes<138>] cessent de vitupérer ainsi ce maître "exploiteur", et se rassoient ; ceci n’était qu’une simple parabole [45], non un quelconque Code du travail. Une parabole qui n’intervient pas par l’effet du hasard, puisque prolongeant immédiatement les Apôtres disant au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Par cette prière d’apparence si anodine, les Apôtres ont évité les deux écueils décrits plus haut : manifestant au contraire leur compréhension -grosse comme une graine de moutarde… mais "déracinant et plantant dans la mer" les dits 201912The-Marx-Brothers-Posters.jpgécueils !-d’une foi originaire et dépendante de plus grand que soi [46, notes<244>][13, Jr(3)][11, Jn(1,3)]. « La foi, si vous en aviez… »[>Lc(1)] : ce sont toujours les mêmes qui n’en ont pas même gros comme une graine de moutarde. Ce sont néanmoins les mêmes qui, parallèlement, ne prétendent nullement à l’arrogance d’être inattaquables sur ce point.

      Enfin, la parabole laisse de toute évidence transparaître la notion de service : camouflet à l’auto-foi -projetée ou non-, agissant comme une sorte d’assurance vie [47, notes 5 à 10] insipide vidant de son sens "la foi qui nous est commune"[>Tt(1)], la réduisant à une foi si renfermée sur son propre salut -ou supposé tel- qu’elle rend hermétique à celui des autres… quand elle ne le menace pas ouvertement. (À ce propos, bonne chance au frère contre lequel une faute a été commise. Qu’il se tienne en effet sur ses gardes ; non plus à dessein de pardonner… mais au risque qu’il court : de se rendre "impardonnable"©[48, AV note 30] au moindre reproche en retour !) Laisser transparaître la notion de service, ce n’est jamais que laisser parler Jacques [15,Jc(1>7)][49,Jc][14,Jc] : très en verve contre cette foi d’"assurés sur la vie" ne laissant que trop volontiers le souci des œuvres à "l’assureur". Il faudra plus qu’un Hegel pour que ses textes soient "dépassés", tant ils palpitent plus que jamais de contemporanéité.
      
En
résumé, « augmente en nous la foi ! », c’est reconnaître que la foi ne vient pas de nous : elle est un appel, auquel on répond… ou on ne répond pas. La parabole illustre délibérément une réponse exagérée : l’ombre au tableau n’est là que pour assurer davantage de contraste à sa lumière. Cette lumière est que le serviteur estle serviteur : le champ qu’il vient de labourer n’est pas le sien, mais celui de son maître. Les bêtes qu’il vient de garder ne sont pas les siennes, mais celles de son maître. Ce dernier "sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ?" La question reste ouverte, rien n’indiquant formellement qu’il ne le sera pas, reconnaissant. La réponse demeure cependant dans l’ombre… afin de mieux inviter à la reconnaissance inverse. 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' Non une sorte de "devoir d’état" froid, rigide [50, APR note 3], imprégné de dhimmitude [20][51, notes 69,70][52, note 75][53, note 81][54,com.10] servile s’inscrivant à rebours de toute perspective d’augmentation ontologique, mais un devoir de reconnaissance. Aux champs et aux bêtes -jusqu’à la préparation du dîner-, il suffit d’y substituer la foi. Le paysan ne se contente pas d’admirer son champ : il le laboure, sinon il n’y pousse rien. Il ne se contente pas de se savoir à la tête d’un cheptel : il garde ses bêtes, sinon elles se dispersent et finissent par disparaître (parfois jusque dans le ventre du loup !). Qu’il s’agisse ici de son propre champ -ou de ses propres bêtes- ne modifie en rien le fond du propos : la foi non labourée se prête aux herbes folles ; la foi non gardée (« Tenez-vous sur vos gardes ! »[>Lc(1)]) se laisse absorber par d’autres fois… ce qui ne va pas sans les "faux prophètes venant à vous déguisés en brebis"[7,Mt(XII)].

Montage-Danse-avec-les-Loups-2.jpg      À l’égard de ces derniers, en quoi est-il tenu de se méfier [55] (c’est-à-dire, de diminuer sa foi de son propre chef, sans attendre de dépendre de quiconque) ? « C'est à leurs fruits que nous les reconnaissons », assurément : encore faut-il vouloir les reconnaître, ces fruits ! Une foi autre ne peut-elle pas aussi concourir à entretenir jusqu’au déni [40, notes 12,13][56, notes<448>] d’un tel vouloir ? « Mais au-dedans ce sont des loups voraces »[7,Mt(XII)] ; au-dedans, ce n’est pas en-dehors : appartenant dès lors à de l’invisible immédiat, cet au-dedans répond donc aux critères de la foifût-ce en négatif, ce qui fonctionne aussi. Si l’on vient à vous armé jusqu’aux dents de couteaux, de pierres, d’un bidon d’acide sulfurique, d’une guillotine, d’une hache, d’un rouleau compresseur, d’un aller simple à votre intention pour une zone océanique truffée de requins, ou d’une kalachnikov [57, note 230][58, note 88][59, note 189][60, notes 182 à 184], rien de tout ceci n’est au-dedans, étant très immédiatement visible ; c’est l’augmentation de vos performances à la course à pied qui est alors en jeu, non celle d’une foi : positive ou négative. À armes inégales face à l’adversaire, s’impose en effet la fuite extérieure : peu glorieuse, mais néanmoins salvatrice à court terme. Hors de cette exhibition d’artillerie lourde, à quoi peuvent ressembler en-dehors des loups voraces au-dedans ? N’inclineront-ils pas à projeter en-dehors l’image inverse de ce qu’ils sont au-dedans ? Plutôt que de se livrer à une guerre ouverte, n’auront-ils pas de "l’amour" plein la bouche [3, notes 171,172] ? Avec tout ce qui permet d’y associer cette image rassurante : ’honnêteté et le respect de la parole donnée, la vertu toujours récompensée [56], entre autres. Pour autant, n’omettons pas l’autre aspect de la question, plus interne. Parce qu’au-dedans, ce n’est toujours pas en-dehors, n’est-ce pas ? Cela commence précisément au-dedans [49,Mc(1)] : a-t-on vu que le "faux prophète venant à vous déguisé en brebis" ne pouvait venir que de l’extérieur ? "Les voleurs perçant les murs pour voler"[7,Mt(VIII)] sont-ils toujours à l’extérieur des murs ? Au-dedans : faut-il oser [61] l’auto-détection, un poil (d1721673639.jpge loup ?) moins spontanée que certaines "détections"©[62][63, note 16(>364)][281](!)-8 ?  En clair, peu importe pour l’heure la réalité de ce que nous augmentons en-dehors, pour tous [64, AV note 41] ; la question se porte ici vers ce qui se passe au-dedans, vers ce que nous voyons (ou ne voulons pas voir), ce que nous y augmentons… ou pas. Une question qui, en soi, n’est pas si difficile : elle est peut-être douloureuse. Mais elle ne l’est qu’en fonction de la gradualité des réponses possibles. Ainsi, quelle est notre position -la nôtre : pas celle du voisin- au regard du phénomène dit du bouc émissaire [65, notes<323>] ? L'inaction ?  Comme dirait Edmund Burke : « pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens bien. »[57,[15]][66,[15]] Tant que nous y sommes, quelle est notre position au regard de la "cause"© que défend sur place l’auteure de cette citation ? Si nous dégringolons un peu plus bas dans la gradualité douloureuse, n’allons-nous pas rencontrer une expression courante extrêmement2662914023.jpg parlantey comprise en-dehors de tout contexte de foi (entendons : foi positive) ?
     Cette expression est la suivante : « hurler avec les loups »[67]. Une expression qui, soit dit en passant, ne déparerait pas beaucoup si nous la formulions différemment : « bêler avec les "agneaux"©[68][69] », par exemple :$. D’où la variété des réponses possibles au-dedans. Il y a ceux qui choisissent  en connaissance de cause l’option de ne pas « hurler avec les loups », pour les avoir reconnus avant même leurs fruits. Il y a ceux qui choisissent la même option, sans nécessairement les avoir reconnus comme tels : soit ils les ont néanmoins pressentis, soit c’est plutôt l’option tranquillité d’esprit [15, note 402/2][70] qui les aura guidés en ce sens ; pas excessivement héroïque [71] (!), mais au moins ne hurle-t-on pas avec les loups. Il y a les loups eux-mêmes qui sont bien Extrait montage coqbrebispommesfumiervers.jpgsûr les premiers à hurler ; à la limite, ce ne sont pas ceux-là les plus féroces : répondant en effet aux critères de l’exhibitionniste de l’artillerie lourde, ils ne cachent pas -et ne se cachent pas- d’être "les loups". Ils ne cachent pas -et ne se cachent pas- de l’être de par leur propre vouloir. L’épithète "cruel" leur sied davantage que celle de "féroce" : celle-ci exprimant le paroxysme de la méchanceté [72]. Or, la méchanceté est le fruit de la peur [73, notes 154>195][74,[6]][44,[2]+AV note 149] en soi : au-dedans ; "les loups", eux, font peur en-dehors… mais ils n’ont  quasiment peur de rien ni de personne. Il s’agit toujours des loups auto-déterminés, bien entendu : cependant, le schéma n’est pas si mal reproduit symétriquement… chez les "loups"©"vus"©[15, notes 187 à 193] par les "agneaux"©[75] ;) ! Notre expression courante -« hurler avec les loups »- se fait décidément très parlante : "avec" associe [3, notes<101>] "hurleurs" :x et"loups"… tout en distinguant les uns des autres. "Avec" désigne une complicité de fait [76, note 32][77, note 26], non la confusion des complices : qui hurle avec les loups ne se veut pas un "loup"… et se veut moins visible qu’un "loup". Qui hurle avec les loups… s’augmente en lui ses foies [78]. Qui hurle avec les loups… hurle assez fort pour en inviter d’autres à hurler avec lui : qui hurle avec lui hurle à son tour avec les loups, etc. Tout en bas de la gradualité douloureuse, se pose enfin cette question : QUI HURLE AVEC LES LOUPS ? Ou plus bas encore s’il en est possible : QUI fait RENTRER LES LOUPS [79] dans sa propre bergerie [73, APR note 158]jusque dans celle d’un autre [81] ? Ceci comme il se doit : avec de "l’amour" plein la bouche [3, notes 171,172] à revendre. De la fuite extérieure [82], nous passons ici le relais à la fuite intérieure [83, notes 1 à 3][84, AV note 174][85][15, APR note 59][58, notes 83,84][86, note<192][87, AV note 218] : la première s’étant déjà révélée peu glorieuse [0, APR note 60], alors, inutile de vous dire [65, note 102] que celle-ci l’est infiniment moins… et ne sauvera personne, au-delà des fragiles et superficielles impressions et illusions [64, APR note 44] du moment.



         Maintenant, ne nous y trompons pas… et ne jetons pas le bébé avec l’eau de son bain : il est possible 8| d’avoir réellement de l’amour plein la bouche à revendre.

(3)[Mercredi 14 novembre 2012] 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,11-19.
{*}{*}{*}{*}
{
Mt}{Lc}{Mc}{Mc}{Mt}{Lc}{Mc}{Mt}{Lc}{Mc}{Mc(4)}{Mc(1)}
Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.  L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »

        « Relève-toi… » ; une autre manière de dire : « Augmente-toi ». Sa foi l’a sauvé. Mais la foi, c’est comme les antibiotiques : moins que jamais automatique [88, notes 52 à 54]. La reconnaissance dans la foi non plus. Comme dans le précédent épisode, elle est celle du serviteur à l’égard du maître : ce qui est ici plus explicite, puisque au laboureur –ou au gardien des bêtes- on substitue pas moins de dix lépreux ne pouvant pas même effectuer de telles tâches : dix proscrits "impurs" qui, par effet de balancier, en ont une foi plus pure parce que moins tentés de compter sur leur propre volonté -et leurs propres forces- que s’ils avaient été valides. Cette tentation reste la même, comme suggéré chez le serviteur plus valide : inverser les rôles en attendant davantage de reconnaissance de la part du maître que de lui manifester sa propre reconnaissance. Dans le domaine de ce qui est censé relever et sauver, cela revient à prier le maître d’être reconnaissant de ce que l’on lui donne quelque signe de foi à son endroit. Une pente douce qui, tôt ou tard, conduit éventuellement jusqu’à cette fausse reconnaissance serviteur/maître stigmatisée par l’illustre épisode du pharisien et du publicain au Temple : le premier "rend grâce"[89], assurément… mais c’est pour mieux jeter l’autre "la face contre terre" ! Le premier s’augmente (ou croit "s’augmenter") sa "foi" en diminuant (ou croyant "diminuer") celle de l’autre : nous avions déjà là le signe patent de l’auto-foi vernie et "propre sur soi"[90][0, AV note 47]. À rebours de cette attitude, nous rejoignons ici "la foi plus pure" du lépreux en ce que le premier pathos dont il est guéri est celui qui est le moins visible… et celui dont il est, pour ainsi dire, "vacciné" : celui de l’amour-propre. « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? » Les autres ? Où voit-on qu’ils fussent moins reconnaissants… ou que leur foi ne les ait pas sauvés, puisque justement ils n’ont pas été moins purifiés que le Samaritain ? Rappelons que c’est "en cours de route" qu’ils le furent : ils ne se sont donc pas mis en route parce que purifiés, mais pour aller rendre grâce auprès des prêtres avant même d’avoir obtenu ce motif de reconnaissance. Ce faisant, n’ont-ils pas tout simplement obéi à Jésus ? « Allez vous montrer aux prêtres. » Et les neuf autres, où sont-ils ?  Aller se montrer aux prêtres ! Ces derniers n’y sont pour rien, mais étant néanmoins les représentants légitimes de la gloire rendue à Dieusans doute à voix plus feutrée- ils en sont aussi les premiers témoins. "On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu"… à pleine voix : il n'y aura eu qu’un étranger pour manifester -librement et gratuitement- une augmentation de reconnaissance, non pour diminuer la reconnaissance plus discrète de ses ex-compagnons d’infortune. « Et les neuf autres, où sont-ils ? »  Ici comme ailleurs, Jésus pose question [91, note 2] : Il est Lui-même "étranger" (!)… au premier épisode de cette note [>Lc(1)] : ne faisant de "vifs reproches" à personne, d’autant que personne n’a "commis de faute" contre Lui : paradoxalement, on pourrait presque considérer que c’est même le plus expansif des dix qui Lui aura le moins obéi, revenant sur ses pas au lieu d’aller voir les prêtres. Que celui-là soit un étranger n’est pas simplement anecdotique : sur le plan de la foi, il fournit bien sûr l’incarnation ponctuelle de cette inclusivité [92] universelle du salut dissuadant "l’esprit de chapelle; celui-ci n’est-il pas en effet prompt à incarner de son côté -ou encourager- cette fameuse auto-foi vernie et si "propre sur soi" que ce serait risquer de la "salir" en la partageant avec quelque "étranger" ? Sur un plan plus culturel, l’étranger est plutôt moins attaché que l’autochtone aux usages du lieu : ce qui le rend plus libre de ses mouvementsy compris ses mouvements de (bonne) humeur !

     
Que la foi soit augmentée ou non, qu’elle fournisse un soutien (notamment à celui qui, par ailleurs, est affligé d’une substantielle diminution) ou non, elle n’est toujours pas un "acquis" venant de nous (et y retournant, a fortiori), de notre "ressenti" ou même de notre raison : on ne se réveille pas un beau matin en se disant « tiens ? et si j’avais la foi aujourd’hui ? ». Par ailleurs, tout le monde n’est pas Paul : appelé à la foi sur le mode vigoureux "route de Damas"[93]. Le même Paul s’appuie d’ailleurs explicitement "sur l'espérance de la vie éternelle"[>Tt(1)] : non sur un "ressenti" et une raison dont l’association détonante [3,Ep(2)] aura donné comme fruit sa fameuse ardeur jalouse [94]avant l’épisode du chemin de Damas. Ce qui ne veut pas dire qu’il les ait laissés derrière lui comme son manteau à Troas [1] : "ressenti" et raison sont simplement organisés autrement chez lui, selon des priorités différentes. "Autrement chez lui", c’est bien chez lui, par lui : c’est-à-dire, par sa réponse personnelle à un appel personnel à propos duquel lui seul est juge. C’est dire qu’il n’y a aucun enseignement solide à attendre d’opposants (tacites [95] ou déclarés) cultivant la prétention de "savoir"©[96] mieux que l’intéressé lui-même (Paul ou quiconque) ce qu’il en est de son ressenti [61!!!][97][98]… et de sa raison : à défaut d’être "avide de propos honnêtes"[>Tt(1)], l’héritier [99][22,com.1,2§6] de Hegel et consorts aura au moins eu le mérite d’amuser la galerie…
         Que l’on n’aie pas la foi n’est pas tant le problème que l’arrogance du manque de foi lorsqu’il est associé à la présomption de s’afficher d’une intelligence augmentée en comparaison avec celle d’un autre, moins mal pourvu du côté manque : que celui-ci soit "responsable d'une communauté d'Église" ou non. Ce n’est plus même la souris qui, courant de concert avec l’éléphant, se glorifie de la poussière qu’"ils" soulèvent derrière eux [100,cock., APR note 35]… mais le moucheron [101, APR note 324/2] se sentant assez mûr pour venir piétiner le pachyderme en lui sautant dessus.

            Augmenter demeure toujours aussi inconcevable depuis le néant [0, APR note 37] : à du Robe Cendrillon.jpgvent, on n’augmente rien d’autre que du vent. Celui-ci peut "décoiffer", donner un moment l’impression, l’illusion [64, APR note 44] de quelque augmentation : les fruits [0, APR note 55][3, APR notes 181] n’en montreront rien d’autre que de la diminution. En revanche, le négatif est pluspositif que le néant : sa diminution signera toujours une augmentation ; une règle à propos de laquelle même la fiction des contes de fées [102][103] ne s’affranchit nullement, jouissant pourtant d’une substantielle liberté par rapport au réel. Si Cendrillon [104] n’avait pas disposé d’une robe en haillons (aspect négatif), celle-ci n’aurait pu être transformée en somptueuse robe de bal (aspect négatif… très diminué ; aspect positif augmenté)… baguette magique ou non. De même fallait-il une citrouille pour un carrosse… et quelques souris afin de composer le personnel d’intendance autour du carrosse. La pierre philosophale [3, note 128] transforme du plomb en or ? Fort bien ; mais du plomb est encore du plomb : métal assez dense (il oiseau.jpgest d’ailleurs réputé toxique [105] : aspect négatif en soi) pour ne pas être compté comme du rien ! Quoi de plus négatif qu’une marée noire de pétrole brut ? Aussi infâme que soit le produit basique, n’est-il cependant pas l’emblème par excellence de multiples augmentations dont il serait fastidieux d’énumérer une liste exhaustive ? Etc.
      Pour en revenir aux seuls textes du moment, voici d’abord « la foi […] gros comme une graine de moutarde»[>Lc(1)] : se sert-on de la moutarde comme de la confiture, au petit déjeuner ? Des goûts et des couleurs [106], sans doute… mais tout le monde n’a pas l’estomac assez blindé pour encaisser. Par ailleurs, n’est-ce pas précisément la même graine de moutarde qui "pousse, devient un arbre, dépasse les autres plantes potagères si bien que les oiseaux du ciel en font leur nid dans ses branches"[13,Mt(2)][3,Lc] ? Au titre de l’emblème de l’augmentation, la graine de moutarde ne craint non plus personne ! Un serviteur venant de labourer ou de garder les bêtes [>Lc(2)] avait bien une terre à labourer, des bêtes à garder : de telles réalités ne surgissent pas de nulle part… et sont assez palpables pour n’avoir que faire de ces extrapolations conceptuelles [107, notes 9 à 15][108, note 108][109, APR note 123]définissables et redéfinissables [3, APR note 44>110,6][111, APR note 129] au gré des humeurs et des caprices [26,2Tm(3)]- ne brassant rien d’autre que du vent ; au-delà de la parabole, Jésus "exhorte les autres en leur donnant un enseignement solide"[>Tt(1)], non un enseignement dont le seul objectif soit de chatouiller les oreilles ou de conforter des gens bien dans leur  inaction [57,[15]][66,[15]]. De l’auto-augmentation mutuelle à la consternation [112], il n’y a souvent qu’un pas… ou le temps d’une chanson.

        Rien de plus solide que la terre, par exemple : qu’est-ce que la labourer sinon en diminuer ces éléments diminuants que sont les mauvaises herbes, les pierres et tout ce qui risque d’empêcher ce que l’on y sème de pousser ? À propos de pousser, "le règne de Dieu" n’était-il donc pas récemment "comparable à une graine de moutarde qu'un homme a jetée dans son jardin"[3,Lc] ? "Elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches"… mais encore fallait-il au minimum que notre homme ne la thésaurise pas avaricieusement dans son sac de graines [113,Mt(2),Lc(3)>73,notes 142(>157)] : qu’il la jette dans son jardin ! Sinon les oiseaux n’avaient plus qu’à aller faire leur nid ailleurs. Le règne de Dieu n’était-il pas comparable ensuite "à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine"[3,Lc] ? Encore fallait-il qu’elle l’enfouisse, ce levain. Sinon rien de la pâte n’aurait jamais levé : pas même dans une seule petite mesure de farine ! Dès lors, à quoi compare-t-on le règne de Dieu ? À quelque chose d’aussi "extraordinaire"[15, APR note 295] qu’inaccessible au commun des mortels, réservée à quelque caste ésotérique de spécialistes [114] ? S’il faut déjà être "spécialiste" pour "jeter une graine de moutarde dans son jardin" ou "enfouir du levain dans de la farine", il n’est guère étonnant que le monde apparaisse d’une effarante "complexité"[115, note<4>][116][117, AV note 21][22,com.4,§2] à quelques-uns !…
        Ce qui permet sans doute de moins mal distinguer ceux qui "sont attachés à la parole sûre et conforme à la doctrine" et d’autres, sensiblement plus "souples" dans leur "vécu" d’une religion… quand ils prétendent encore en vivre une, naturellement.

(1)[Lundi 12 novembre 2012] 
Lettre de saint Paul Apôtre à Tite
1,1-9 {*}{*}  
Moi, Paul, serviteur de Dieu, je m'adresse à toi, Tite, mon véritable enfant selon la foi qui nous est commune, moi qui suis Apôtre de Jésus Christ, chargé de conduire ceux que Dieu a choisis vers la foi et la connaissance de la vérité dans une religion vécue. Je m'appuie sur l'espérance de la vie éternelle, promise depuis toujours par Dieu qui ne ment pas ; au temps fixé, il a manifesté sa parole dans le message qui m'a été confié par ordre de Dieu notre Sauveur. Je te souhaite grâce et paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Sauveur. Si je t'ai laissé en Crète, c'est pour que tu finisses de tout organiser et que, dans chaque ville, tu institues des Anciens comme je te l'ai commandé. L'Ancien doit être un homme sans reproche, époux d'une seule femme, père de famille dont les enfants soient croyants, et inattaquables pour leur conduite et leur obéissance. Il faut en effet que le responsable d'une communauté d'Église soit un homme sans reproche, puisqu'il est l'intendant de Dieu ; il ne doit être ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni violent, ni avide de propos malhonnêtes ; il doit ouvrir sa maison à tous, être ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de lui. Il doit être attaché à la parole sûre et conforme à la doctrine, pour être capable, à la fois, d'exhorter les autres en leur donnant un enseignement solide, et de répondre aux opposants.


            Une religion vécue ne peut l’être que selon une foi commune, donc reliant la foi verticale médiate -"l'espérance de la vie éternelle"- à une con-fiance horizontale immédiate… dont il faut espérer qu’elle n’attendre pas "la vie éternelle" pour s’exprimer ! Ainsi de Paul qui peut s’adresser à Tite selon la foi qui leur est commune, tant entre eux horizontalement qu’ensemble verticalement : vers un même, unique et Dieu commun. Pourquoi d’ailleurs souligner ce qui devrait être une évidence : "un Dieu qui ne ment pas"… sinon pour rappeler en demi-teinte que d’autres ne sont pas à l’abri du mensonge ? "La connaissance de la vérité dans une religion vécue" n’est pas qu’une simple option facultative, au gré des humeurs du croyant. En effet, quel est le premier mensonge ? N’est-il pas de tout miser surla foi verticale médiate… au détriment de l’immédiat ? La foi qui est commune, c’est aussi en soi la foi qui ne divise pasjusqu’à les séparer- le médiat de l’immédiat : attitude que l’on reconnaît dans ce qui conduit à s’appuyer sur une "pure""espérance de la vie éternelle"[118, APR note 31]se dégageant de toute contrainte horizontale (implicitement tenue pour "impure"[49,Mc(1)])-, soit une "foi" sans sujet [119, APR note 339](!)… autre que soi-même [120, APR note 16] : l’auto-foi vernie et "propre sur soi"[11, note 119][90][0, AV note 47] -encore elle- de la fuite en avant [0, notes 83 à 87], version verticale. "Rien de nouveau sous le soleil"[14,Ec(1)] : cela peut s’apparenter, par exemple, à une "foi" versus cathare [121], dont il serait peu conforme à l'enseignement solide[>Tt(2)] d’estimer aujourd’hui qu’elle se confine à une époque –et des générations- lointaines. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme [122] » : si la formule n’est pas magique, elle n’est pas que chimique… ou qu’horizontale [14,Ec(1)].
            Si nous considérons par exemple la foi médiate sur une île déserte, l’aspect le plus visible en est assurément le défaut de con-fiance horizontale immédiate. Maintenant, un tel défaut n’est pas nécessairement rédhibitoire, étant davantage d’origine externe qu’interne : le naufragé n’ayant pas réellement choisi l’isolement -n’étant pas la cause de la tension entre médiat et immédiat-, l’absence de sujet(s) de con-fiance horizontale ne saurait lui être imputable… et stigmatiser sa foi comme non-commune, donc porteuse des germes du mensonge.
         Ceux que Dieu a choisis vers la foi dans une religion vécue, Il ne les isole en rien de la Le petit poucet.jpgpoursuite inlassable de "la connaissance de la vérité"[0, notes 29 à 31]. À l’inverse du naufragé sur son île déserte, si la foi dans une religion vécueen assemblée [122] suffisait à tordre le cou à toute tension entre médiat et immédiat-, il semble que cela se saurait. Il existe parfois des "réunions qui font plus de mal que de bien"[123,1Co][124,(3)] : cela se sait aussiy compris de l’anti-"religion"[125, APR note 159], qui voit là son terrain de prédilection. Avec ou sans la foi, un "Dieu qui ne ment pas", cela se connaît mais ne se voit pas ; une religion non vécue, cela se reconnaît et se voitavec les yeux de la chair comme avec ceux de la foi : nul besoin de recevoir abondance de "grâce et paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Sauveur"[>Tt(1)] pour savoir distinguer les cailloux que le petit Poucet sème sur son chemin.
        Prenons par exemple "l’Ancien, responsable d'une communauté d'Église"[>Tt(1)]. Avant même que d’instituer quelque "Ancien" au service de communautés externes -notamment en assemblées-, celle-ci est d’abord interne : micro-assemblée dans une maison. C’est d’ailleurs bien par là que commence l’Apôtre : "L'Ancien doit être un homme sans reproche, époux d'une seule femme, père de famille dont les enfants soient croyants, et inattaquables pour leur conduite et leur obéissance". "Il faut en effet que le responsable d'une communauté d'Église soit un homme sans reproche, puisqu'il est l'intendant de Dieu ; il ne doit être ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni violent, ni avide de propos malhonnêtes ; il doit ouvrir sa maison à tous, être ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de lui", etc. Ce qui commence toujours dans la maison : on imagine sans peine que si celle-ci est un lupanar sans discipline -le portrait de "l’Ancien" pressenti répondant en négatif à tous ces critères-, ce serait conduire au désastre que d’exporter son "autorité" vers des communautés plus larges. Quand bien même il s’avérerait (par miracle ?)"capable d'exhorter les autres en leur donnant un enseignement solide", il serait incapable "de répondre aux opposants" : surtout si ces derniers nourrissent moins leur argumentation d’incantations [125, notes 78,79][126, notes<47>] consensuelles que de la simple observation de ce qui se passe dans sa propre maison.

         Revenons à présent à ce qui est moins immédiatement observable : une religion vécue… "différemment" (sic) dans une maison, selon une foi se faisant de moins en moins commune, l’un comme disant : « Augmente en nous la foi !  »[>Lc(1)], l’autre se disant : « De ce côté-là, tout va à peu près bien… ». Ajoutons-y la foi verticale médiate qui se heurte à une -fiance horizontale immédiate, consécutive à des con-fiances horizontales immédiates externes, unilatérales et méprisantes. Encore que ce "moins immédiatement observable" soit relatif ; d’abord, il ne l’est pas à l’intérieur de la maison : parce que très immédiatement observable parles enfants [40, notes 55 à 59]. Il ne l’est alors qu’à l’extérieur de la maison, selon ce que l’on en rapporte, de nouveau  unilatéralement : ce qui rend d’éventuels opposants externesquels qu’ils soient [68, APR note 51][127, notes 85 à 95]- incapables d’en juger [73, APR note 158] selon une "parole sûre et conforme à la doctrine"[125, notes 6 à 20], quelle que soit également celle-ci. D’où qu’ils n’en répondent pas ensuite [128, notes 29 à 35].
         "L'Ancien doit être un homme sans reproche, époux d'une seule femme, père de famille dont les enfants soient croyants, et inattaquables pour leur conduite et leur obéissance"[>Tt(1)]. Ce qui est ensuite plus immédiatement observable, ce sont les enfants non-croyants. À cet égard fusent immédiatement les "réponses"© toutes "prêtes", tant de l’extérieur que de ceux qui restent à l’intérieur (entre temps, il y manque en effet quelqu’un). Ces "réponses"© toutes prêtes vont d’ailleurs être formulées par les mêmes qui, par ailleurs, n’avaient pas répondu ensuite des jugements antérieurs et extérieurs- dont ils avaient pourtant été incapables, et le restent plus que jamais. Depuis le "mystère de la foi"© (parfait décalque de celui de la "souffrance"©[129, APR note 105]), en passant par moult "explications"[130] psychosociales plus ou moins de comptoir ("mimétisme de groupe", "rébellion ado", "recherche perso", etc.), on trouve aisément de quoi se rendre "inattaquables" tout en ayant proprement escamoté la première explication qui saute aux yeuxrien qu’en lisant Paul dans le texte. Comment donc les enfants peuvent-ils "être inattaquables pour leur conduite et leur obéissance" ? Parce qu’ils seraient menés à la trique, au martinet et à la fessée [131] : en résumé, à la seule "crainte du châtiment"[132, APR note 20] ? Ici comme ailleurs, on parle bien d’obéissance [133][134] : soit de réponse positive à l’autorité, non de dhimmitude servile [3, notes 207 à 211]. De plus, si le procédé est déjà discutable au seul regard de la question éducative [39, notes 10,11][40, note 29/2][42], il s’agit des enfants : ces derniers restent "les enfants"même s’ils mesurent un mètre quatre-vingt et pèsent plus de soixante kilos ; simultanément, les parents restent "les parents: la croissance de leur force physique ne fonctionnant pas exactement dans le même sens, c’est dire que les intéressés eux-mêmes auraient des "arguments" de poids à faire valoir contre la moindre menace dudit "procédé discutable" ! Dans le contexte paulinien (ce qui n’exclut pas d’autres contextes), pourquoi les enfants doivent-ils "être inattaquables pour leur conduite et leur obéissance" ? Parce que n’étant pas menés à la baguette, ils sont à l’extérieur comme le miroir de ce qui se passe à l’intérieur. "Être inattaquable pour sa conduite et son obéissance", ce n’est jamais que refléter un autre caractère –antérieur- inattaquable pour sa propre conduite et sa propreautorité : en l’occurrence, celle de "l’Ancien" selon Paul ; celle "d'une seule femme" n’étant pas en reste. Alors, inutile de vous dire [65, note 102] que lorsque Paul parle "d'une seule femme", il ne parle pas un instant du "parent solo: la redéfinition conceptuelle [0, notes 107>111], ce n’est pas vraiment son truc…
         En définitive, il arrive aussi que les enfants soient non-croyantsalors qu’il serait "de propos malhonnête" d’en déduire immédiatement qu’ils soient "attaquables pour leur conduite et leur obéissance". Quelle est donc cette première explication -proprement escamotée- qui sautait aux yeuxrien qu’en lisant Paul dans le texte ? Celle de l’exemple, bien sûr… ou de son contraire.
       "Il ne doit être ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni violent, ni avide de propos malhonnêtes"[>Tt(1)] ? Rien de très renversant dans ces quelques menues exigences : tout un chacun étant en droit de pouvoir s’appuyer sur un "Ancien" solide. Mais ce qui vaut pour lui ne vaut-il pas autant pour le reste de sa maisonnée ? À cet égard, nous avions déjà "les enfants croyants, et inattaquables pour leur conduite et leur obéissance", et l’Apôtre ne parle toujours pas de "parent solo: qui donc pourrait "travailler au malheur de son prochain, alors qu'il vit sans méfiance auprès de lui, chercher querelle sans raison à quelqu'un qui ne lui a pas fait de mal, porter envie à l’homme violent jusqu’à adopter ses procédés"[14,Pr(1)] ? Ce qui consiste notamment à satisfaire sa propre "avidité de propos malhonnêtes" en faisant précisément passer "l'Ancien" -à l’extérieur- pour quelqu’un répondant à l’un ou l’autre de ces critères peu enviables. Celui-ci pourrait se faire réputer "agressif et véhément"[125, note 52], par exemple. Ceci au grand scandale des petits qui, depuis l’intérieur, sont mieux placés que quiconque pour avoir un aperçu de "la connaissance d’une vérité" très étrangère à une telle réputation ; « si on lui attachait au cou une meule de moulin et qu'on le précipite à la mer, ce serait mieux pour lui que d'entraîner au péché un seul de ces petits »[>Lc(1)] : celui qui entraîne est décidément moins inattaquable que celui qui est entraîné.
       "L'Ancien doit être un homme sans reproche, époux d'une seule femme, père de famille dont les enfants soient croyants, et inattaquables pour leur conduite et leur obéissance" : à mieux examiner cette phrase, "les enfants" y sont-ils les seuls sujets s’accordant à l’adjectif "inattaquables" ? S’il n’y avait qu’un seul enfant, par exemple, sommes-nous bien certains que l’adjectif eût alors été conjugué au singulier ? Il n’est jusqu’à "l’Ancien"qui, tout détenteur qu’il soit d’une certaine autorité, n’est en rien exclu de ce qui relève de la conduite (ce qui est évident) et de l’obéissance (ce qui l’est moins: à Dieu ou à quelque autorité supérieure [135,Mt(1)] –ici Tite, suppléant de Paul-. Aussi suprême soit-elle, toute autorité visible est tempérée par une certaine forme d’obéissance (fût-ce à l’institution dans laquelle elle officie, qui l’a précédée et lui succédera) : sinon elle vire au despotisme (pas même éclairé)… et à la désobéissance elle-même. Aussi légitime soit-elle, toute autorité visible fournissant l’exemple d’une telle désobéissance appelleà la désobéissance de la désobéissance si l’on veut simplement restaurer l’obéissance : ici et , il se murmure d’ailleurs que nous pourrions avoir sous la main un somptueux exemple [125, notes 23]… de cet exemple.
       "L'Ancien doit être un homme sans reproche"… mais s’il est attaqué de l’intérieur à cet égard [14,Pr(1)][136, APR note 108] "d'une seule femme" -voire de plusieurs [86, notes 338,339] !-, sous les yeux mêmes des enfants, la conduite et l’obéissance formellement attaquables sont-elles bien celles que l’on montre du doigt à coups de sirènes et de tampons officiels ?… "Il doit ouvrir sa maison à tous, être ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de lui" ? Dans ce registre-, la jolie perle que voici : "être ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de soi", pourquoi pas ? Mais comment fait-on exactement pour "ouvrir sa maison à tous"  lorsque cette maison a été violemment fermée à soi [137, notes 93 à 115] par amitiés adverses du mal, déraisons (dont le préfixe privatif laisse encore trop de latitude à la raison), injustices (payées au prix fort [138, notes 201 à 206] à des artisans officiels de la "justice"©©©[18, note 1]) et congés sans solde accordés au plus petit rudiment de sainteté et de maîtrise de soi, le tout toujours sous les yeux des enfants [139, APR note 6] ? Accessoirement, comment fait-on pour que "les enfants" ne soient pas non-croyants (ou soient simplement d’une conduite et d’une obéissance inattaquables) si on leur offre en pâture l’exemple parfait de l’attaqueouverte et impunie- de l’autorité, à rebours de toute sobriété, de tout respect, de toute raison, de toute foi, de toute charité et de toute persévérance [>Tt(2)] ? Qui méprise aussi ostensiblement la parole de Dieu s’expose au mépris [123,1Co(2)], l’expose au mépris [>Tt(2)]sans même avoir à sortir de chez soi !

(2)[Mardi 13 novembre 2012] 
Lettre de saint Paul Apôtre à Tite
2,1-8.11-14 {*}  1783316777.jpg
Proclame ce qui est conforme à l'enseignement solide. Dis aux hommes âgés d'ê
tre sobres, dignes de respect, raisonnables, et solides dans la foi, la charité et la persévérance. Quant aux femmes âgées, dis-leur de mener une vie sainte, de ne pas dire du mal des autres, de ne pas être esclaves de la boisson, de donner de bons conseils ; qu'elles apprennent aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants, à être raisonnables et pures, bonnes ménagères, aimables, soumises chacune à son mari, afin que la parole de Dieu ne soit pas exposée au mépris. Exhorte aussi les jeunes à être raisonnables en toutes choses. Toi-même, sois un modèle dans ta façon de bien agir : par le sérieux et la pureté de ton enseignement, par la solidité inattaquable de ta parole, pour la plus grande confusion de l'adversaire qui ne trouvera aucune critique à faire sur nous. Car la grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s'est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le BIEN [9>15].


       "Solides dans la foi, la charité et la persévérance", il le faut en effet ! C’est là un minimum vital pour survivre à :
1°) la redéfinition du respect [3, APR note 44>110,6] à votre égard, signant des partages externes à ce qui n’est pas conforme à l’enseignement solide
2°) les conséquences directes de ce qui n’est pas conforme à l’enseignement solide, mais dont vous héritez néanmoins [65, notes<323>] alors que vous n’en avez rien partagé
3°) les conséquences directes d’actions menées sous l’inspiration de méchants conseils [140, notes 12,13] donnés par des "femmes âgées disant du mal des autres"[141, APR note 350][73, APR note 138] ("astucieusement" reconverti en "maladie"©[142] des autres afin que