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mardi, 25 décembre 2012

Retour à Raihël !

Un zoli conte de Noël

un conte

       Il était deux fois un joli pays que l’on nommait Raihël, peuplé d’adorables créatures : les raihëliens et les raihëliennes. Deux fois, parce que512552320.jpg souvenez-vous : il y a bien longtemps déjà que nous y étions allés une première fois [1]. Ce n’est pas parce que le conte est assurément du genre fictif qu’il est censé nous laisser croire au père Noël [2, notes 236 à 239] en nous baratinant de faits peu conformes à un Raihël qui soit là, pour toutous [3, AV note 41][4][5] ! D’où qu’il fusse plutôt deux fois qu’une : et toc [6].


       Souvenons-nous également : notre première visite ne s’était-elle pas achevée sur une note inquiétante [7, note 2], malheureusement [3, APR note 30/2] infidèle à la règle du conte voulant qu’ils fussent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Comment en effet en avoir beaucoup s’ils disparaissent les uns après les autres ? Il y avait de moins en moins d’enfants et de plus en plus de gentils docteurs. La question se pose alors, aussi lancinante qu’oppressante : qu’en est-il à présent de cette mutation de la population raihëlienne que nous avions laissée à son triste sort ? Que faire des cubes de toutes les couleurs, des petits trains, des poupées, des ours en peluche et des petites voitures télécommandées dont on n’avait jamais besoin de changer les piles : toutes distractions qui, pour plaisantes qu’elles fussent, devaient vraisemblablement passer pour méprisables aux yeux de la population devenue massivement majoritaire : à savoir, celle des gentils docteurs ?


       De toutes les couleurs ? Vous allez rire : Raihël était devenu un pays en noir et blanc ! Non que la couleur en eusse été explicitement bannie -ou que l’on y eût exhumé des projecteurs d’ancienne génération [8, APR note 64]-, mais il se trouvait tout simplement que le noir et le blanc en était devenus au fil du temps les deux teintes prédominantes. On entend d’ici les esprits forts croyant avoir déjà deviné de quoi il retournait [9] : le noir est sûrement celui du croque-mort [10, notes 85 à 96][11, note 214], le blanc celui du gentil docteur. Ces esprits forts en seront pour leurs frais : car ni l’un ni l’autre ne sont réputés marcher à quatre pattes. Eh oui : la grande nouveauté de Raihël était que désormais on y marchait ainsi. Même dans le plus fantaisiste des contes, il est en effet de bon ton que le loup [12][12bis] et l’agneau [13][13bis][14] marchent à quatre pattes. Ah, voici que les esprits forts se ressaisissent in extremis : ils viennent bien sûr de mieux identifier la distribution du noir et du blanc !
       Perspicaces jusqu’au bout, ces mêmes esprits forts ne seront-ils pas simultanément saisis d’effroi à la pensée que cette relative monochromie revête un sens plus symbolique [3, note 4/2] ? Cette fois, ils auront raison : car le doux [15]|15bis][16] pays de Raihël était en proie à une guerre [17][18, notes 86 à 96][19, notes<116>] incessante. Larvée [20][21, APR note 1][22] sans doute : mais néanmoins incessante. Ils auront raison, parce qu’ils auront bien compris que cette cohabitation loups/agneaux sur un même territoire ne pouvait guère se dérouler sans heurts [23][24, APR note 159]. Enfin, ils auront raison… parce qu’ils considèrent ces événements de loin, ne vivant pas sur place : c’est-à-dire, là même où depuis des temps immémoriaux il n’était plus nécessaire d’user de la raison [25] pour avoir raison [26][27]. À condition d’être de la "bonne" couleur, bien entendu. Le fait est que s’y était imposée l’idée saugrenue que seul le blanc avait raison ! Il pouvait bien être surpris quatre-cents fois [2, note 223] la main dans le sac de son tort [28][29] tout noir, peu importait [30, notes 29 à 35] : à Raihël, c’est lui qui avait "raison". Dans un réel qui est là, pour tous [3, AV note 41], on imagine aisément les cris d’indignation vertueuse [31, APR note 5][32, note 40] poussés par la plupart des ligues antiracistes [33][34, APR note 32][35] de la planète : hélas, nous sommes dans un conte. Et dans un conte, rien ne choque personne [36, APR note 142][37, note 305] : c’est dire que le conteur n’a pas à se gêner aux entournures pour y ajouter de la fantaisie.

Montage les 400 coups.jpg

       Tenez, par exemple : que l’on marchât sur ses deux jambes ou à quatre pattes, il n’y avait rien de changé à la règle fondatrice de Raihël : défense d’y compter jusqu’à plus de dix [1]… sous peine de se faire peinturlurer en noir : pouah ! Alors, inutile de vous dire que [38, AV note 13]  les fruits étaient à l’avenant. D’abord, le gouvernement raihëlien n’avait pas attendu les derniers résultats scientifiques montrant [39] que les tests de mesure du QI étaient insuffisants pour mesurer l’intelligence globale [40] : un brin précurseur, il les avait rigoureusement interdits depuis des décennies. En effet, les lobbies liés au C.O.N. (Comité d’Organisation de la Niaiserie [41, notes 61 à 66]) avaient été en leur temps assez efficaces pour le mener à cette décision. Celle-ci était d’ailleurs inutile, puisque l’objet de cette interdiction l’était lui-même. De fait, à Raihël personne n’était jamais parvenu à faire décoller un tant soit peu l’aiguille du plus sensible des "QI-mètres" : en dépit de sa potentialité, les rares exemplaires de ce remarquable instrument de précision avaient donc rapidement été délaissés ; à ce jour, tous sont irrémédiablement si grippés que même un visiteur étranger serait bien incapable d’en soutirer la moindre indication !


       Ce qui n’a pas grande importance ; avec ou sans interdiction, l’autochtone raihëlien n’éprouvait strictement aucun intérêt au QI : celui-ci lui était devenu en quelque sorte un quotient d’indifférence [42]. De plus, régnait à Raihël un redoutable concurrent, omnipotent : le QD. Il y avait le QD global, à l’usage des blancs agneaux. Et l’hyper-QDD [43], à l’usage exclusif des gentils docteurs. Voilà qui demande certainement [44] un minimum d’explications [45], les esprits forts eux-mêmes séchant lamentablement devant le caractère abscons de ces initiales. Le QD ? Quotient de dangerosité [38, notes 4,5][46], voyons ! Ce qui coule de source [47], là où loups et agneaux devaient péniblement se partager le même territoire.france-monte-zone-rouge-L-1.jpeg Quant à l’hyper-QDD, si le premier D appartenait plus que jamais à la dangerosité [48, APR note 151], son alter ego était tout simplement celui du discernement. Afin que les gentils docteurs ne soient pas trop surmenés par l’utilisation de leur discernomètre, le fabricant de ce merveilleux instrument de mesure avait eu le bon goût de leur en simplifier le mode d’emploi ; pas de cadran muni d’une aiguille sur celui-ci : ce qui lui confère un risque zéro [49] en rapport avec une fréquentation trop assidue de zone rouge, à l’image de ce qu’en attestait par exemple celle des jalousimètres [50]. En lieu et place du cadran ? Un seul curseur, qui se positionnait automatiquement sur trois degrés, en fonction du mesuré : "discernement OK" dans la position la plus haute avec voyant vert (souvent aussi grippée qu’un "QI-mètre"), "middle-discernement" dans la position intermédiaire (voyant orange, signifiant "l’altération du discernement"[51, notes 13 à 15][52, note 262]), enfin "discernement-out" dans la position la plus basse (voyant rouge, signifiant "l’abolition du discernement"[51, note 16][52, notes 263,264]). Notons que l’ampoule du voyant rouge étant réputée être celle qui grillait le plus rapidement, certains utilisateurs faisaient montre d’astuce en la remplaçant subrepticement par celle du voyant vert, évitant ainsi avantageusement à celui-ci de se gripper. Soulignons également que ce précieux [53, note 38(<411)] discernomètre leur fournissait ainsi une formidable démonstration "clinique"[54] de la dangerosité du mesuré. De leur côté, les agneaux étaient ravis de se voir ainsi confirmés [55, APR note 153][56] dans leur crainte des loups [57], puisque ce matériel ultra-performant ne leur était pas accessible.

Discernometre-dernier-cri.jpg


       Approfondissons un peu la réponse à la question aussi lancinante qu’oppressante [0, APR note 7] : un singulier détail ne pouvait échapper aux visiteurs de Raihël qui en étaient demeurés à leurs premières impressions [3, APR note 44] à l’issue de leur voyage précédent [1]. Ce détail est qu’il est partiellement inexact de souligner qu’on y marchait à présent à quatre pattes. Il serait en effet plus juste de 1052230513.jpgpréciser qu’on y marchait plutôt avec quatre pattes. Car on y marchait sur le dos [58, note 30], conformément aux nouvelles réglementations en vigueur. Autrement dit, si les pattes bénéficiaient d’une certaine promotion, passant du statut de membres inférieurs à celui de membres supérieurs, les raihëliens et les raihëliennes en subissaient la fâcheuse contrepartie par un mode de locomotion étant devenu si incommode qu’il passait, lui, du supérieur à l’inférieur. Certains étrangers auraient reçu quelques confidences de leur part, apprenant avec stupéfaction que nombre d’entre eux enviaient souvent l’anatomie des vers [59] -et autres serpents [60][60bis]-, bestiaux ayant l’heur de ne pas être affublés de ces proéminences inutiles constituant une véritable insulte à l’aérodynamisme nécessaire… particulièrement lorsqu’il s’agit de fuir [61][62][63][64][38, notes 1 à 3][65][66][67] les loups.

Agneau à l'envers.jpg


      Naturellement, ayant remarqué qu’ils fuyaient plus vite sur leur pattes que sur le dos, nombre de blancs ont bien essayé de se soustraire à ces nouvelles réglementations en vigueur. Mais le gouvernement raihëlien s’était montré implacable à leur sujet : sitôt rattrapés, ils étaient proprement CONSTATÉS, ORDONNÉS, DITS, CONDAMNÉS et SUCCOMBÉS [24, notes <167>]. En clair (si l’on peut dire), ils étaient précipités sur-le-champ dans un baril de goudron, d’où ils émergeaient tout noirs : dura Raihël lex, sed Raihël lex. S’en suit la légitime 3004844474.jpginterrogation qui, elle, émerge de tant de rigueur : pourquoi avoir si amèrement redéfini le concept de la pitié [7,6,9] ? La réponse est aussi simple que mystérieuse [68, APR note 105?] : tous les gentils docteurs de Raihël avaient été frappés de plein fouet [69][69bis] par le syndrome du poirier [70][70bis]. Ce qui veut dire qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que le contraire de ce qu’ils disaient [7, notes 13][71][72, APR note 414]. Ou bien, ils ne pouvaient rien dire [73, notes 25 à 45] d’autre que le contraire de ce qu’ils faisaient : ce qui ne valait guère mieux. Or, comme ils s’étaient déjà taillé dans tout le royaume une solide réputation de spécialistes compétents [74][75] à transformer les loups en agneaux [76, note 85(<185)], ils redoutaient que chez ces derniers, l’un ou l’autre ne finisse par s’apercevoir que le seul aspect sur lequel ils étaient imbattables ne dépassât guère celui de leur hyper-compétence à transformer les agneaux en loups [76, notes 27/1>14][77][77bis][78][79][80][81][82][83][84][85][86]. Afin de se prémunir d’un tel choc (les plus empathiques [45, APR note 55] désirant plutôt préserver les agneaux de tout traumatisme, les sachant fragiles [2, note 248]…), quoi de mieux que les contraindre habilement à se retourner [9] ? Ainsi, que "voyaient"[87, notes 187 à 193] les raihëliens et les raihëliennes dans une telle position ? Uniquement des gentils docteurs "transformant les loups en agneaux" : le tour était joué ! De plus, obnubilés par l’inconfort de leur situation et tout à leur soumission [88][89][90, notes 167 à 171] aux loups gentils docteurs, qui, parmi les agneaux songerait encore à leur subtiliser clandestinement un de leurs discernomètres ? Aucun !


      Puisqu’il était deux fois… et que vient l’heure de rendre conte [30, notes 29 à 35][91, notes 200 à 202], voici que se profile une grande joie : en effet, ces deux fois ne méritaient-elles pas de se solder [92] par deux fins ? Aussi proposerons-nous d’abord celle-ci :

1°) Les noirs furent heureux, et ils firent beaucoup d’enfants [93>114:].

[93][94][95][96][97][98][99][100][101][102][103][104][105][106][107][108][109][110][111][112][113][114]

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      Enfin, celle-là, à l’intention des contés [115] au cœur plus solide :
      2°) Les blancs furent peureux [116][117][118][119][120][121][122][123], et ils étranglèrent [124][125] beaucoup de petits n’éléphants [126][127][128][129].

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