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vendredi, 08 mars 2013

Une légion d’horreurs ?

Fin au jeudi 23 mai 2013

Montage la dernière légion.jpg
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[Lundi 4 février 2013]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,1-20
{
*}{*} {Mt}{Mt}
Jésus et ses disciples arrivèrent sur l'autre rive du lac, dans le pays des Géraséniens [*][*]. Comme Jésus descendait de la barque, aussitôt un homme possédé d'un esprit mauvais sortit du cimetière à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l'attacher, même avec une chaîne ; en effet on l'avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres.
Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria de toutes ses forces :
« Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me fais pas souffrir ! »
Jésus lui disait en effet :
« Esprit mauvais, sors de cet homme ! »
Et il lui demandait :
« Quel est ton nom ? »[37]
L'homme lui répond :
« Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup. »
Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays.
Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture [Mt][Mt(IX)]. Alors, les esprits mauvais supplièrent Jésus :
« Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. »
Il le leur permit. Alors ils sortirent de l'homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils s'étouffaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s'était passé. Arrivés auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et devenu raisonnable, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Les témoins leur racontèrent l'aventure du possédé et l'affaire des porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de partir de leur région. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n'y consentit pas, mais il lui dit :
« Rentre chez toi, auprès des tiens [!], annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
Alors cet homme s'en alla, il se mit à proclamer [*][*][*] dans la région de la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'admiration.

        À notre tour, risquons-nous sur l’autre rive du lacnon pas dans le pays des Géraséniens, mais dans celui de Raihël [1][2][3, note<113>], doux royaume [4][5, note 81] de la tranquillité d’esprit [6, note 402/2][7][8, note<82>][9, notes 182 à 191] : car il faut bien apprendre à vivre avec sa fin de temps.

Blonde sur l'autre rive.jpg
         Alors, inutile de vous dire [10, note 102] que la grille de lecture du récit de Marc va s’en trouver passablement modifiée : à l’état brut, on imagine en effet le traumatisme psychologique –voire la violence  [11, note 88/2§14][12, notes 268,269][13] de même adjectif- que produirait cette éprouvante lecture auprès des "fragiles"©[14] Raihëliens, si on leur servait -telle quelle, et sans précaution oratoire- cette horrible histoire d’un homme habitant dans les tombeaux, que personne ne puisse plus attacher -bien qu’on s’y fut souvent essayé- : avec des fers aux pieds et des chaînes, mais que paf [15] ! il rompe les chaînes, brise les fers, et que personne ne puisse le maîtriser, qu’il soit sans arrêt, nuit et jour, parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. L’affaire est claire : il s’agit là d’un "monstre"©[16] ! Or, nous le savons : à Raihël les "monstres"©[17] ne sont pas les bienvenus [18][19] (sauf s’ils sont gentils [20][21][22][23][24][25][26][27], naturellement)Montage LA FRANCE COULE extrait avant2.jpgD’où qu’à cette aune déjà, il vaut mieux se trouver à Raihël que chez les Géraséniens : dès lors que ces derniers se mettent à supplier Jésus de partir de leur région, il devient raisonnable d’en déduire qu’eux aussi ont identifié leur "monstre"© du moment ; dans ce cas, DISONS [9, notes 147,148] qu’il serait beaucoup moins raisonnable de monter à bord de leur barque. Parallèlement, remarquons qu’ils n’ont manifestement [28] pas attendu les époustouflants "progrès"©[29] de la "cervo-médecine"©[30] moderne pour savoir identifier les "monstres"©. Le "monstre"© est "monstrueux"© ? S’il avait rompu ses chaînes, brisé ses fers, n’est-ce pas précisément parce que ces entraves [31] ne lui agréaient point ? Il nous fournit donc le parfait –et lointain- prototype du « non-demandeur »[32,3°)][33] de chaînes et de fer. Le "monstre"© est toujours "monstrueux"© ? En dépit de cette "monstruosité"© à faire frémir un troupeau de Raihëliens, il ne faisait pas assez peur [34, notes 151/2>195] (ou l’on parvenait encore efficacement à surmonter sa peur) pour dissuader de l’attacher souvent avec des fers aux pieds et des chaînes. À l’inverse, ils le voient plus tard assis, habillé, et devenu raisonnable ? Notre homme est par conséquent devenu relativement normal [35, APR note 3][36] : le "monstre"© n’est plus "monstrueux"© ! Il auraient été peu dépaysés à Raihëlpuisque c’est précisément à ce moment qu’ils sont saisis de crainte. On observe alors déjà les fâcheuses prémices de la difficulté particulière [37, AV note 15] que pose le regrettable phénomène du défaut de marche arrière [38] : qu’un non-"monstre"© devienne "monstre"©[39, APR note 569][40, notes 91 à 93], oui ; mais qu’un non-"monstre"© devenu "monstre"© ose [41] redevenir non-"monstre"©, voilà qui n’est malheureusement [42, APR note 30/2][43, note 9] correct que dans les intentions et les discours [44, note<171>][45, note 193(>217)] ! En pratique –soit, dans un Raihël qui est là, pour tous [42, AV note 41]-, il est à craindre que l’expérience [46] révèle une redoutable bouffée de violence psychologique assénée contre la tranquillité d’esprit des non-"monstres"© vierges de toute "monstritude"©[47].

Sens unique et marcha arrière blonde.jpg

         "Comme Jésus descendait de la barque, aussitôt un homme possédé d'un esprit mauvais sortit du cimetière à sa rencontre" : en voilà donc un qui ose la rencontre [41], vraisemblablement à l’encontre de tous ceux qui auraient plutôt été "contre"[48] : l’homme ayant démarré aussitôt, ceux-là n’ont pas eu le temps de mettre sur pied une manifestation [49][50] montrant qu’ils étaient "contre"[51]. Sans compter qu’ils étaient largement sous-motorisés : avec une légion d’esprits mauvais "sous le capot", l’homme devait être imbattable au quatre-cents mètres départ/arrêté. L’adverbe "vraisemblablement" n’est évidemment… vraisemblable que dans la version originale : adverbe et adjectif sont à proscrire chez les Raihëliens, qui les craignent sans doute davantage qu’une légion d’esprits mauvais. Chez eux, le "vrai" s’écrit avec un b [52][52bis] ; quant au "semblable", la règle raihëlienne est invariable : ignorer la déclaration "tu es pareil à moi". Vous ne l'êtes pas.[53,11!! Alors, inutile de vous dire que la seule perspective de comparaison "monstre"©/non-"monstre"© rend déjà fortement suspect celui qui s’y risquerait d’être Montage-P-S2.jpglui-même possédé sinon d’une légion du moins [54] d’un esprit mauvais. Il est vrai (avec un v) qu’à Raihël, on ne se convertit pas [55][56,Ez][57][58,Mt][59,Mc(2)][60,Ac(3)] (une attitude "dangereuse"©[61, notes 44 à 46][62, APR note 141], réputée particulièrement néfaste [63, APR note 26] à la préservation de la tranquillité d’esprit: mais on y convertit le langage [64, AV note 13][53, notes 13][2, notes 70 à 73][65][65bis] avec une ardeur jalouse [66]. Ce qui permet d’une part de convertir tout mal [67, notes 9 à 15] en "maladie"©[68, notes 10 à 12][69, notes 25 à 30][70, AV note 46][71, notes 143,144], d’autre part d’en saisir ainsi les tenants et les aboutissants… ou de supplier [72] le "spécialiste"©[9, notes 315>316] raihëlien ad hoc de les saisir pour vous. La règle de l’"humilité"©[73, APR note 342] raihëlienne est également invariable : lorsqu’on n’est pas "spécialiste"©[74, notes 167 à 171] du "mal"© (et bien sûr qu’on ne "l’incarne"©[75, note 176][76] pas soi-même !), le recours obligatoire au discernométreur [2, notes 48 à 57] est de rigueur [77, APR note 3]. Auréolé du prestige [78][79] relatif à un solide bagage [80][81] "intellectuel"©[82][83][84][84bis] et "scientifique"©[85][86][87][88, note 204][89][90], celui-là peut alors rendre braisemblable [91][92][93][94][95][96][97] ce qui apparaîtrait invraisemblable partout ailleurs qu’à Raihël, notamment sur les deux rives du lac : y compris chez les Géraséniens eux-mêmes. Notons cependant que les Raihëliens ne s’en portent pas plus mal [98][98bis], n’ayant ainsi pas à se casser la tête à apprendre moult langages [99][74] !…

Blondes monollinguistes.jpg

         Se sachant entouré de la sollicitude de tant de "spécialistes"©, le raihëlien se voit donc rassuré [53, note 3]  ; il peut "faire son trou" en abordant ce récit de l’autre rive du lac… tout en restant sur la sienne : "prudence"© oblige. "Un homme possédé d'un esprit mauvais" ? On ne saurait le posséder avec un tel langage ! Néanmoins (bien qu’en plus [100][101]88.jpg.png[102]), on observe chez lui un puissant élan d’empathie [103, APR note 55][104] à l’endroit de ce malheureux, réduit à habiter dans les tombeaux. Il rompt ses chaînes, brise ses fers, et personne ne peut le maîtriser ? Autant de signes cliniques [105, notes 47 à 50] de violence qui ne trompent pas : faut-il qu’il manque de sérotonine [106, notes 88][107, note 12][108][109] pour en arriver à de telles extrémités !… À Raihël, on raffole en effet de cette "explication"© de la sérotonine [110, notes 158,159], grande copine [111] de ses autochtones : elle confère une excuse minimale à l’hypo-sérotonimétré [112] auteur des violences [113, notes 16>17][114, note 228], tout en "confirmant"©[115, AV note 202][116][117, AV note 77] implicitement le sérotonimétré relativement normal [35, APR note 3][36] dans sa virginale innocence en la matière [118] ; ce qui, le cas échéant, lui permet de faire valoir ses droits à la retraite dans la victimisation [53,6][110, note 66], comme de "lutter"©[119] avec davantage de violence  détermination "contre la violence"©[120, APR note 32][121]. Sans compter que l’usage de ce grisant [0, notes 91 à 97][39, notes 347 à 354] vocabulaire sérotonimétrant [122, notes 25 à 45] apporte (même chez les profanateurs [123, APR note 95][124, AV note 52][110, APR note 71] profanes [125, note 2]) un certain chic dans les conversations raihëliennes, y donnant presque l’impression, l’illusion [42, APR note 44] de maîtriser le sujet… à défaut d’un habitant de cimetière. (Encore qu’il serait hâtif d’associer une habitation aussi morbide à la possession d’un esprit mauvais : il arrive au contraire qu’elle porte la marque de la possession matérielle la plus douloureuse, que l’infortuné locataire n’aie nul besoin d’être attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, et que loin de crier sans arrêt, nuit et jour, il aspire à une certaine discrétion…)

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            « Je t'adjure par Dieu, ne me fais pas souffrir ! » L’empathie du lecteur raihëlien se fait ici plus vibrante : n’eût été cette malencontreuse hypo-sérotonimétrie affectant notre homme (et ses violences subséquentes), "par Dieu" ne lui apparaîtrait-il pas comme "juste et religieux"[126, notes 517 à 537] ? En effet, en pathomaniaque [127] averti, n’a-t-il pas reconnu [128][129][130] du premier coup d’œil [131, APR note 28] l’épouvantable"monstre"© risquant de le "faire souffrir" ? Ce "monstre"©-là n’est-il pas infiniment plus"monstrueux"© que lui-même ? Les signes en sont également là, qui tapissent le texte : en dépit de tout ce qu’il possède "sous le capot"[0, APR note 51], notre homme se prosterne, crie de toutes ses forces, adjure ; c’est donc qu’il a rencontré plus terrible que lui !… Dans ce cas, puisqu’il l’a si bien reconnu, comment se fait-il qu’il soit accouru ainsi au devant de lui, ayant été de loin le premier à l’avoir cueilli à sonbarquement ? Comment a-t-il pu oser cette rencontre [41], alors que tout lui indiquait combien le rencontré n’était pas du modèle ordinaire [132>133,134] ? Possédé, oui… mais pas fou ; pathomaniaque, oui… mais masochiste, non ! Ici, les "spécialistes"© –et le lecteur raihëlien avec eux- se perdent en conjectures : nous en serons quittes pour un copieux "mystère de la souffrance"©[135, APR note 105][136, notes 85 à 89] servi chaud

Epouvantail-dangereux.jpg
[*]

         Ainsi, l’estomac plein, notre lecteur raihëlien n’a-t-il plus à "chercher sa nourriture" : il s’en trouve paradoxalement plus légerplus aérien. Alors, plutôt que d’entamer une sieste digestive [137][138], en profite-t-il pour se livrer à de formidables séances de saut ! "« Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup »" ? "Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays" ? Alors qu’il n’y a toujours que deux interlocuteurs visibles face à face -chacun étant singulier par définition-, Marc se pique tout à coup d’une conjugaison plurielle qui, dans le contexte, laisse entendre à davantage d’intervenants ? On n’osera pas suspecter l’évangéliste d’avoir commis une faute d’orthographe ! Il répond tout simplement à la première phrase : "nous sommes beaucoup". Au regard raihëlien, il s’agit là d'un "beaucoup" extrêmement symbolique [42, note 4/2] : déjà, ne supplie-t-on pas beaucoup au cours de cet épisode ? Ensuite, puisque l’empathie est elle-même beaucoup sollicitée [0, notes 103,104], il n’y a pas de lézard [139] (tout au moiMontage-L-aveu.jpgns de petite taille [140, APR note 120][141, note<230>][142, note<230>]) : elle rencontre nécessairement [53,6] beaucoup de "souffrance"©. « Ne me fais pas souffrir ! » ; sous-entendu, « ne me fais pas souffrir davantage ; j’ai déjà ma dose, merci ! » À l’œil pénétrant raihëlien, même les plus costauds des Générasiens (ceux qui se sont si souvent dévoués àattacher notre homme "avec des fers aux pieds et des chaînes") peuvent aller se rhabiller avec leur "souffrance importante"©[143, notes 254 à 256][39, notes 582 à 585] ! Ah mon Dieu qu’c’est réjouissant [144, APR note 22] ! En effet, pas besoin un instant de s’embêter avec du "déni de souffrance"©[40, notes 68 à 72] chez notre homme : il en dégouline de partout ! Non de "déni"©, mais tout au contraire : d’aveu. « Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup » ? Redéfinie [53,6][145, APR note 129][44, APR note 44][146, note<189] à la mode raihëlienne pour toutous [42, AV note 41][147][148], cette phrase est d’une clarté éblouissante [149][150][140, APR note 121][62, notes 165 à 172]à condition, bien sûr, de la traduire de la manière honorable et convenable [151] qui  suit : "Taxesurleprix.jpgnous sommes beaucoup", c’est-à-dire que "moi aussi [152, notes 57 à 63], je suis affecté de beaucoup de "symptômes"©". Ce "beaucoup" en signe donc merveilleusement [153] –mais toujours symboliquement [42, note 4/2]- leur abondance : les "symptômes"© du gars sont légion ! Pour ne pas s’embêter avec une liste "symptomatologique"© dithyrambique, pourquoi ne pas résumer succinctement la pénible situation "pathologique"© de notre homme en lui "diagnostiquant"©[154] la toute indiquée bouffée de crise "maniacoparaschizoïdotripolaire"©©©[155][155bis] à basse pression [156][157][158][159][160][161] inversée [162] et arbre [163] à came [164] en tête [165, notes 89,90] ? C’est beaucoup aussi, mais il faut ce qu’il faut…

« Pssst, gentil Raihëlien ! (fait prudemment le touriste quelque peu égaré)
- Oui ? C’est à quel sujet, honorable visiteur ?
- Eh bien, tout ceci est fort sympathique [104, note<55>]. Mais euh… il semble que l’histoire ne soit pas terminée…
- Comment cela, pas terminée ?
- Ben non : et le troupeau de porcs, alors ?
- Quoi, le troupeau de porcs ?
- Si j’ai bien lu, "il y en avait environ deux mille" : ça fait aussi beaucoup, non ? »

Troupeau et blonde.jpg

         Beaucoup trop pour le Raihëlien interpellé, assurément : voilà en effet que, sans demander son reste, celui-ci lui fait sur-le-champ la démonstration parfaite de son estomac plein. Plus léger, plus aérien, il se précipite à son tour dans la mer du haut de la falaise : ce n’est pas la politesse qui l’étouffe !

Puisque maintenant nous savons voler.jpg

         Se croyant abandonné, notre touriste égaré se retourne… et que voit-il alors ? Un homme assis, habillé, et apparemment beaucoup plus raisonnable que ce Raihëlien volant bas. Bon sang : ne serait-ce pas celui-là qui avait eu la légion de démons ? Et il fut saisi… non de crainte (cette histoire est à présent si ancienne) mais de curiosité. Les témoins ayant raconté son aventure -et l'affaire des porcs- ont disparu depuis longtemps : aussi, voulant en avoir le cœur net, pourquoi ne pas profiter de l’occasion qui se présente à lui ? En effet, tant qu’à s’être momentanément égaré dans cet espace spatio-temporel, plutôt que de s’adresser à ces témoins –ou à quelque Raihëlien non moins égaré que lui-, il ne serait pas fâché d’entendre la version de beaucoup mieux que tous ceux-là : le "méchant du film"[3, note 109][166, note 13] en personne ! Certes, celui-là est un peu juge et partie [110, note 48]… mais encore une fois, l’histoire est si ancienne que l’usure du temps aura accompli son ouvrage chez lui, arrondi les angles, poli les aspérités… conféré -qui sait- une certaine sagesse à notre homme après une si cruelle expérience.
         Au moins est-on assuré que celui-là ne pratique pas le saute-mouton [167][168, APR note 43][169, notes 36,37][170, notes 50,51][171, notes 36,37][148, notes 28 à 30] : un jeu plaisant que les plus timorés des Raihëliens n’hésitent pas à commuer si nécessaire [53,6] en saute-kangourou [172, APR note 45][173, note 53/2(>107)][34, APR note 145][174, note<421>], la tranquillité raihëlienne d’esprit [0, notes 6 à 9] requérant parfois des bonds de plus grande amplitude [175][176][177][178] : sans doute la crainte de finir en lapin sauté [179][180, notes 76 à 78>181][182, note 13][183][165, note<233>][184][185][186][187][188][189][190] n’est-elle pas tout à fait étrangère à leur motivation sur le terrain… ou plutôt au-dessus. Les Géraséniens se sont également attachés à inculturer cette activité ludique chez eux, mais sous l’appellation -plus modeste- de saute-cochon : sûrement une réminiscence de cette ancienne histoire

Oh qu'il a peur.jpg

         L’homme assis portait une longue barbe blanche, signe d’un âge déjà avancé : eh non, ce n’était pas celui-là qui avait eu la légion de démons ! Cependant, s’étant alors présenté comme étant l’un de ses lointains aïeux, la piste n’est pas si mauvaise. Car c’est bien celui-ci qui, de génération en génération, aura si efficacement annoncé auprès des siens tout ce que le Seigneur a fait pour lui dans SA miséricorde [191, notes 52 à 54][192][193][194] que c’est un peu comme si cet ultime descendant avait lui-même vécu l’affaire. Et si ce dernier porte une longue barbe blanche, notre touriste égaré va rapidement s’apercevoir que le risque de le confondre avec le père Noël… est de l’ordre du zéro [195,[3], APR note 221][196] : non seulement il n’y croit pas lui-même [197][198][199][200][201] mais son interprétation de "l’affaire des porcs" va fort peu concourir à y laisser accroire quiconque. D’autre part, si le seul porc port de la barbe (longue ou non, blanche ou non *[202>229]) fournissait nécessairement le signe extérieur d’une plus grande sagesse [229], il y aurait parfois de quoi épaissir le "mystère de la souffrance"©[0, notes 135,136].
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         Il importe que le touriste égaré s’assoie à son tour, tant ce qu’il est sur le point d’apprendre de la bouche du vieillard bascule de fond en comble ce qui s’en disait ici et là jusqu’à présent : n’est-il pas déjà à couper le souffle que perdurent tant de "pré"jugés [230][230bis][231]si longtemps après les faits ?

>>> Rencontre au sommet (d'une falaise).
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>>> Épilogue au sommet de la falaise.

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