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dimanche, 17 mars 2013

Rencontre au sommet (d'une falaise).

Une légion d'horreurs ?

Montage LES RIPOUX.jpg

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ACTE 8 :  LES GENS D’ÂMES ET LES VOLEURS

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- À la bonne heure. Du coup… qu’est-ce donc qui est écrit noir sur blanc ? Ce que vous énonce votre anticipateur, par exemple, vous ne me l’avez pas beaucoup anticipé, à moi !
- Vous avez raison. Rappelez-vous : nous sommes ici avec l’élément feu ; donc, ne vous alarmez pas. Mettez-vous également en tête que si votre première question est laissée en suspens, c’est AUSSI parce que "pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour"
[276,2P].
- Comparé à Élie ou Abraham, cela aussi nous "rapproche" dans le temps… puisque vous me citez le premier des Apôtres. Mais bien sûr ! Où avais-je la tête ? Votre anticipateur se voit comme le nez au milieu de la figure : avec son inénarrable Apocalypse au sujet de laquelle les exégètes "se cassent les dents" depuis deux mille ans, ce ne peut être que Jean lui-même !
- Anticipateur, il l’est : assurément. Remarquez d’ailleurs qu’avec son livre de l’Apocalypse, nous avons les quatre éléments réunis à foison. Ainsi que l’exemple le plus abouti de tout ce que je vous ai suggéré depuis le début de notre dialogue : notamment ce redoutable travail d’avoir eu à transcrire dans un langage nécessairement limité des réalités qui, pour le moins, ne le sont pas ! Mais permettez cependant que nous laissions un peu de côté Jean et l’Apocalypse. D’abord parce que si nous commencions à plonger le nez là-dedans, nous serions fichus : après être tombé à l’eau, notre troupeau de porcs finirait par passer à la trappe ! Ensuite… parce que vous faites fausse route sur un point.
- Lequel ?
- Navré… mais ce n’est PAS Jean "mon" anticipateur.
- Ça par exemple ! Mais alors, qui donc ?
- Eh, eh : vous venez vous-même de me le citer !
- Pierre ?
- Mais oui : Pierre en personne. Et ce qui ne gâte rien… à peine quelques lignes plus bas que cette phrase de lui que vous avez si efficacement identifiée, puisque dans le même passage ! Écoutez plutôt : "Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments en feu seront détruits, la terre, avec tout ce qu'on y a fait, sera brûlée". Et plus loin : "vous qui attendez avec tant d'impatience la venue du jour de Dieu (ce jour où les cieux embrasés seront détruits, où les éléments en feu se désagrégeront)."[276,2P] Vous ne remarquez rien ?
- Si. Que ce n’est peut-être pas l’Apocalypse de Jean, mais que ces quelques lignes n’ont pas grand chose à lui envier !
- Parce que vous interprétez incorrigiblement tout ceci selon cette manière "terrestre" qui peine à s’extraire de la définition commune apocalypse = tout fiche le camp. Une définition qui, encore une fois, n’est pas erronée… mais qui risque d’induire en erreur dès lors qu’elle monopolise excessivement l’attention. Et même dans ce cas… le texte s’applique.
- Ah ?
- Oui : sur lui-même… et accessoirement sur l’interprète, qui montre là quelque fébrile impatience.
- Celle de "la venue du jour du Seigneur" ?
- Eh bien non, justement [42,1Co(APR note 48)] ! N’en pouvant mais de "l’attendre", il jette l’éponge et se forge en quelque sorte son petit "jour du seigneur" à lui [277, note<16>]. Il "anticipe" aussi [278, notes 1 à 6][279][280]… mais certes pas dans le sens de Pierre ou de Jean ! Ce faisant, "les éléments en feu" qui "se désagrègent", ce sont ceux du texte. Quant aux "cieux embrasés" qui "sont détruits", ils sont à le mesure réductrice [281] du "seigneur"[282][283][284] et de son "jour" improvisé. Ils ne sont donc pas au-dessus de sa tête… mais dedans [285, AV note 19][286, note 10][287]. S’étant ainsi auto-constitué [288, notes 31,32] son propre "seigneur", étant à la fois le "maître" et le "serviteur" -"l’alpha et l’oméga"-, il se forge parallèlement sa propre "religion" : soit qu’il n’en revendique aucune d’officielle jusqu’à toutes les fustiger (ou PARCE QU’il en est venu à toutes les fustiger [289, note<171>] !), soit -plus subtilement- il s’appuie [77, APR note 3] sur une existante qu’il affiche [126, notes 517 à 537], MAIS sur laquelle il ancre la "sienne"[290][290bis][291]. Dans les deux cas, nous obtenons bien des "éléments désagrégés" puisque cette étrange "religion"… ne relie rien d’autre que lui-même [292], tournant radicalement le dos au "religare"[293][294][295, APR note 4][296, APR note 31] latin ! Ce qui s’observe à l’usage, sur le terrain : qu’elle soit réellement transcendante ou qu’elle soit également auto-constituée, la religion de L’AUTRE n’est la bienvenue QUE si elle participe peu ou prou à la "construction" de la "sienne". A contrario, la moindre interférence aura pour effet le rejet systématique… et la bonne fortune d’un suffixe grec actuellement très en vogue [297][298][299, AV note 1][300, AV note 79][51, APR note 1/2]. Moyennant quoi, les tenants de la première option (toute religion "out") ont ensuite beau jeu de gloser contre ceux de la deuxième option (religion adaptée à SA "religion") : pourquoi voudriez-vous que ceux-là soient des mieux disposés à savoir distinguer le vrai du faux quand les autres ne le savent pas eux-mêmes ?
- Les autres ? Vous voulez dire… ceux qui, comme vous et moi, se plaisent éventuellement à scruter les Écritures [301,Jn] afin justement d’apprendre à rejeter -non l’autre (!)-, mais le faux ?
- Oui, bien sûr : pourquoi les exclure ?
- Eh bien, parce qu’ils sont a priori mieux outillés pour distinguer le vrai du faux, non ? Contrairement à ceux de votre première option, ils ont accès à des données visibles. Même si je vous concède bien volontiers que ces dernières le sont à tous, sans exclusion ; "l’invisible" n’est ici pas le vôtre : mais celui du visible auquel on ne prête aucune attention.
- Et alors ? Vous pourriez avoir à votre disposition l’outillage le plus performant : cela suffit-il à ce qu’il l’accomplisse de lui-même, cette performance ? À quoi vous sert votre magnifique garage, abritant votre non moins magnifique véhicule… si celui-ci est posé sur parpaings et n’en sort jamais [302, APR note 10][303, note 65][304, note 5][88, AV note 206] ? Le plaisir des yeux, sans doute : mais pour vous tout seul ; hors de "votre" garage, "l’invisible" règne aussi. Notez bien que nous obtenons ainsi deux schémas "frères ennemis"[305,Lc(1,3)].


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