Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 17 mars 2013

Rencontre au sommet (d'une falaise).

Une légion d'horreurs ?

La mission secrète de Maya l'abeille.jpg

ACTE 10 :  LES FINS DU MONDE DE MAYA L’ABEILLE

[>>>>>]

- Parce que c’en sont, tout simplement. En plus grand, bien sûr : nous parlons des hommes, non d’abeilles. Et nous parlons de "logements" individuels qui, pour appartenir à un ensemble collectif dit ruche, n’en sont pas moins "étanches", c’est-à-dire dépourvus d’accès transversaux ENTRE eux. Toutes ce alvéoles étant les unes À CÔTÉ des autres, à quel ancien préfixe grec cela vous fait-il penser ?
- Enfantin : à "anti", dans son acception originelle
[318, AV note 41][172, note 42].
- Très bien. Maintenant, même question… mais cette fois, à propos de nos "frères ennemis".
- À même question, même réponse, je suppose ? "L’anti" passant alors plus volontiers sur la deuxième partie de l’expression ! Ce qui nous fait rejoindre le sens commun… sans tout à fait quitter celui de la première partie.
- N’est-ce pas ? Voilà justement où je voulais vous mener : à un phénomène de juxtapositions, de cloisonnements de ces alvéoles dont chacun des occupants finit par ne plus avoir qu’une seule fin existentielle : demeurer à l’intérieur de ses parois respectives, dissuader quiconque d’y demeurer à sa place… et finalement suspecter quiconque d’une telle intrusion, dès lors que celui-là demeure moins résolument que soi à l’intérieur de sa propre alvéole.
- Bigre ! Si vous me passez l’expression –et pour employer notre suffixe-, vous nous brossez là un  redoutable schéma… d’anti-religion !
- Eh oui : avec une particularité.
- Ah bon ? Vous trouvez que le tout que forme votre ruche n’est pas assez réduit en particules ?
- Réduit en particules ? "Les éléments en feu se désagrègent", dirait-on. Deux mille ans avant l’avènement du nucléaire, Pierre ne se débrouille pas si mal avec le vocabulaire de son époque... Toujours est-il que pour répondre à votre question, bien sûr que si : je trouve que le tout de notre ruche l’est bien assez, réduit en particules. Il l’est excessivement, mais nous nous bornons là à constater des effets : les déplorer n’est pas très efficace pour les supprimer ou les amenuiser ! La particularité à laquelle je fais allusion se déploie AUSSI dans les dits effets, mais l’erreur serait de fermer les yeux sur ce "aussi"… qui signifie un débordement depuis des causes que l’on occulte, volontairement ou non.
- Vous tournez autour du pot, et me faites languir avec votre particularité : allez-vous enfin vous décider à me dire en quoi elle consiste ?
- Mais oui… en vous questionnant à votre tour ! À votre avis, ce schéma "anti-religieux" (sur lequel vous avez fort justement  mis le doigt), qui concerne-t-il ? Les tenants de notre première option (toute religion "out") ? Ceux de la deuxième (religion adaptée à SA "religion") ?
- Vous vous moquez de moi ? Autant me demander la couleur du cheval blanc d’Henri IV… ou celle du nez du clown ! Les premiers, cela coule de source, non ?
- …Ou cela coule comme ce qui déborde selon ce que j ‘évoquais à l’instant. Pas difficile de montrer l’arbre, en effet ; mais ne cache-t-il pas la forêt ?
- J’imagine donc que ma réponse ne vous suffit pas. Répugneriez-vous à ce qui est visible ?
- Non, bien sûr. Mais ce qui l’est est…
- … trompe-l’œil ?
- Oui et non, encore une fois. Oui, si vous en restez à l’arbre ; non, si cet arbre vous amène à vous interroger sur ce qu’il pourrait cacher. Je répugne davantage à ce qu’on m’empêche d’aller y voir de plus près : après tout, le caché n’a rien de si invisible… mais le fait est que certains répugnent, eux, à le rendre plus visible [233,Jn(3),AV note 171][273,Jn(2)] ! Ne nous trompons pas de cible…
- Soit.
- Par conséquent, vous admettrez avec moi que votre réponse est celle de l’arbre… et que vous n’aviez pas grand mérite à me la formuler.
- Ça non ! Ce qui veut dire que vous fourrez les tenants des DEUX options dans le schéma "anti-religieux" ?…
- Naturellement ! Et ceci sans rien ternir des deux consonances possibles de notre "anti" : "à côté", et "contre". En revanche…
- … voilà la forêt ! Côté "religieux", pour ce qui est de ternir… ce n’est pas brillant, n’est-ce pas ?
- Eh non ! À moins que l’on ne considère "brillante" la farce caricaturale qu’il représente alors !… En témoigne précisément ma représentation de la ruche composée d’alvéoles farouchement hermétiques entre elles.  Ici, nous rencontrons de nouveau "les cieux disparaissant avec fracas".
- Ah ?
- Mais oui… et avec cette même "brillance", je vous prie ! À vouloir que je "répugne à ce qui est visible", vous me prêtiez là de bien piètres intentions ; mais qui donc y "répugne" le plus ? Celui qui s’y arrête… ou celui qui s’en sert de tremplin pour examiner ce qui l’est moins ? En retournant la question, si chérir ce qui est visible jusqu’à ne plus croire QUE ce que l’on voit témoigne assurément de l’indifférence –sinon de l’hostilité- à ce qui ne se voit pas, est-ce encore aimer le seul visible "de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toute sa force"[305,Mc(2)] ?
- Je n’en jurerais pas.
- Et vous faites bien. Parce qu’aller examiner ce qui est moins visible, ce n’est PAS non plus perdre de vue ce qui l’est davantage ! Au contraire : cela affine le regard
[319]… autant que celui-ci s’aveugle dans la posture inverse.
- Vous croyez ?


[Suite ->]

Les commentaires sont fermés.