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dimanche, 17 mars 2013

Rencontre au sommet (d'une falaise).

Une légion d'horreurs ?

Montage flûte de pan.jpg

ACTE 13 :  FLÛTE : UN PAN !

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- Par conséquent, ce que vous percevez comme "fictif" n’est rien d’autre que ce que je m’attache à vous montrer au-delà du reflet : aussi appréciable que soit notre pan de la réalité, nous considérons bien qu’il n’est jamais qu’un pan, nous sommes d’accord ?
- Oui.
- Or, qu’est-ce qu’un pan sinon un élément ? Dès lors, nous ne considérons pas moins qu’il n’est pas tout seul, cet élément ! S’il l’était, il formerait un tout, non plus un élément : nous sommes toujours d’accord ?
- Si vous voulez…
- Si JE veux ? À quoi bon… si VOUS ne voulez pas ?
- Mais je veux bien, moi !
- Je m’en doute ! Sinon il y a beau temps que vous m’auriez tiré votre révérence. Je rebondissais simplement sur votre expression… plus juste que vous ne l’imaginez.
- Ah ?
- Oui ? Car –malgré vous, je vous l’accorde-, vous venez tout simplement d’appuyer ce que je vous énonce.
- Appuyer ? Sur quoi ?
- Sur le bouton.
- De la lumière ?
- En quelque sorte, oui : du vouloir, de la volonté. Tenez, par exemple, si nous retournons dans notre alvéole sans porte ni fenêtre, qu’observons-nous ?
- Euh… pas grand chose, je le crains.
- Pourquoi ?
- Eh bien, parce que la lumière du jour ne peut y pénétrer : a priori, il y fait tout noir, non ?
- Exact. Et vous vous sentiriez à votre aise, vous, dans l’obscurité ?
- Pas franchement, non !
- Alors, que feriez-vous ? En premier chef, vers quoi vous conduirait votre volonté propre ?
- À y voir plus clair, pardi !
- N’est-ce pas ? Et comme je ne suis pas totalement cruel dans ma "fiction" -qui est plutôt une métaphore éminemment symbolique, vous l’avez bien compris-, je vous annonce une bonne nouvelle : vous n’avez peut-être pas de poignée intérieure de porte… MAIS vous avez cependant un petit avantage technique de votre côté.
- J’y suis ! Un bouton, je parie ?
- Et cette fois, vous ne le perdez pas, ce pari…
- Chic ! Et je gagne quoi ?
- D’appuyer sur le bouton, bien sûr. Il vous sert à quoi, au fait ?
- À allumer la lumière !

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- Parfait : donc, vous y voyez déjà plus clair. Ce faisant, que se serait-il passé si vous n’aviez pas appuyé ?
- Ma foi, je serais toujours à tâtonner dans la pénombre.
- N’est-ce pas ? Nous avons donc un premier pan de la réalité observable : vous n’y voyez goutte. Vision immédiate… fusse-t-elle de non-vision. Deuxième élément : le bouton. Remarquez en passant que vous ne le voyez pas non plus, puisque vous êtes plongé dans le noir. Je veux bien être moins cruel dans ma "fiction", mais point trop n’en faut : ce bouton, lui aussi, est SANS voyant !
- Comment ai-je pu appuyer dessus, alors ?
- Avec votre doigt.
- Merci : je me doute bien que ce n’est pas avec mon nez !
- Pourquoi pas… si le bouton avait été à hauteur ? Mais dans ce cas, l’acte eût 1877021213.jpgvraisemblablement été INvolontaire. À ce propos, de combien d’yeux est pourvu votre nez… ou le doigt avec lequel vous avez appuyé sur le bouton ?
- Mais… aucun !
- Fort bien. Ce qui veut dire que, déjà, il nous a bien fallu outrepasser notre premier élément : celui de la vision immédiate. De fait, nous avons sollicité un autre sens : celui du
TOUCHer
[324]. Sans lui, MÊME si le bouton vous avait été parfaitement visible, vous n’auriez jamais pu appuyer dessus. Avec lui, MÊME INvolontairement, vous auriez pu.
- Évidemment.
- Dans les deux cas, même si le sens du
TOUCHer fonctionne de manière relativement autonome, vous avez néanmoins la capacité d’exercer votre volonté sur lui.
- Que voulez-vous dire ?
- Que si vous approchez d’une clôture électrique, d’une flamme ou d’un fauve menaçant, je ne crois pas beaucoup faire fausse route si je suggère que vous allez hardiment exercer votre volonté à ne PAS 
TOUCHer. SURTOUT si vous aviez pré-VU de surcroît ces quelques potentielles sources de péril imminent…
- Ici, c’est vous qui gagnez votre pari !
- Ce n’était pas difficile. Toujours est-il que pour en revenir à notre sombre alvéole, vous avez vous-même pallié votre déficit de vision immédiate par l’augmentation
[327] substantielle de votre TOUCHer.
- Ce qui est réputé être un passage obligé chez tous les aveugles organiques, non ?
- Absolument. Ce qui signifie que vous avez bel et bien exercé votre volonté sur ce sens, mais également sur tout ce qui l’entoure : vous avez d’abord VOULU rechercher de la lumière, vous avez ensuite VOULU vous déplacer dans votre alvéole afin de mener à bien cette recherche ; enfin, vous avez VOULU appuyer sur le bouton, sitôt que votre recherche s’est avérée fructueuse par le seul
TOUCHer. Eh bien, vous savez quoi ?
- Quoi donc ?
- Vous y gagnez l’obtention de la vision immédiate : mais avec une intéressante nuance.
- Ah ? Laquelle ?
- Celle-ci n’intervient qu’en fin de parcours, non au début : elle agit comme une sorte de "récompense" à vos quelques efforts, non plus comme un "acquis" qui vous en aurait dispensé.
- Soit : mais en quoi est-elle si intéressante, cette nuance ? Après tout, elle est purement temporelle : au lieu de pré-VOIR, je post-VOIS, c’est tout.
- Non : vous avez préVU et vous êtes donné les moyens de VOIR "après" ce que vous voyez, soit au-delà de votre vision immédiate.
- Ce n’est plus de la nuance : c’est de la subtilité !
- Sans doute. Mais c’est aussi de l’observation… notamment par la comparaison.

[Suite ->]

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