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lundi, 13 mai 2013

La tour, les pères en manque.

[>Dernière M.A.J. : mercredi 15 mai 2013]

Pères en manque tour sud.jpg[*]

Merci à Patrick Demoulin pour ce montage express !…


        Pour trouver la détresse dans le monde, ayons confiance : prenons les mots père, unité ou amour ; tous à la fois, précipitons-nous sur eux, entraînons-les hors de la ville et commençons à leur jeter des pierres. Laissons mariner, puis rentrons en ville. Levons les yeux au ciel et regardonspar exemple du côté de la tour sud d’une cathédrale (où donc va-t-on chercher de pareils exemples ?…) ; le tout sans employer de paraboles (à moins, naturellement, d’avoir recours à la télévision par satellite). Il n’y a en effet pas besoin de s’interroger sur ce dont il est question, tant le monde a reconnu, lui aussi, que là où nos trois mots trouvent eux-mêmes la détresse, sonne l’heure de leur dispersion chacun de son côtéainsi que celle de tout ce qui peut venir à l’esprit au travers d’eux. L'heure vient -et même elle est venue- où, bien que tout le monde [1, note<12>] se soit habitué depuis longtemps à ce que des nuées de vautours [2] se précipitent sur ce qui manque à l’unité et à l'amour -quand ils ne le favorisent pas [3]-, certains pères s’habituent plutôt moins à la paix univoque fournie par de tels volatiles [4]. D’où qu’à défaut d’être eux-mêmes pourvus d’ailes, ils se fassent encore connaître [5][5bis] du monde en montant plus haut que ce qui vole bas.

(1)[Dimanche 12 mai 2013]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,20-26.
{*}{*}{*}{*}{*(5)}
À
l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient
un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi {Jn}, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde. Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »
(2)[Lundi 13 mai 2013]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,29-33.
{*}{*}{*}
À
l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il parlait à ses disciples. Ceux-ci lui disent alors : « Voici que tu parles ouvertement, sans employer de paraboles. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et qu'il n'y a pas besoin de t'interroger : voilà pourquoi nous croyons que tu es venu de Dieu. » Jésus leur répondit : « C'est maintenant que vous croyez ! L'heure vient -et même elle est venue- où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; pourtant je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la
paix {Jn(2)}[>31]. Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde. »

        À
l'heure où
le calendrier liturgique dévoile des extraits de l’Écriture paraissant si décalés par rapport à ce qui se passe dans le monde, qui en accueillerait la parole ? Quant à y croire ! Hormis la détresse -que l’on trouve sans la chercher-, face à ce décalage qui en confinerait presque à l’absurde, n’y a-t-il pas de quoi s’en boucher les oreilles et se mettre à pousser de grands cris [>Ac] ? Absurde… ou surréaliste ? Pour peu que l’on définisse ce dernier comme un réalisme se hissant au-dessus du réalisme, voici que nous contemplons une ouverture vers une interprétation moins absurde –voire moins décalée- qu’il n’y paraissait. Même horizontale, une interprétation au sujet d’actions spectaculaires hissant à la verticale constitue déjà un bon début… notamment lorsque ce croisemententre hauteur et longueur- se laisse contempler sur un monument dédié à la Sainte-Croix [6]. Ce qui entraîne non plus hors de la ville mais en son cœur, à regarder vers le ciel… mais pas toujours en y voyant la gloire de Dieu. La honte des hommes est davantage au rendez-vous : elle est moins celle des quelques hommes -debout à droite et en hauteur- que celle d’accusateurs de l’ombre : ceux qui ne sont pas là mais dont les noms circulent, connus, eux aussi, pour être "justes"©©©… d’une "justice"©©©[7, note 1] établie selon des normes du monde si peu paternelles [sic][>Jn(1)] qu’en leur sein rejaillit ce fameux décalage qui offre tant de matière à pousser de grands cris ; quitte à s’en aider de quelque mégaphone depuis un promontoire choisi.

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         S’il y a des pères pierres que l’on commence à jeter [8][9][10] afin de détruire ce qu’on ne supporte pas [>Ac], il en est assurément d’autres qui, à se supporter les unes les autres, laissent à contempler ce qui a été construit entre terre et ciel. Tout au moins de l’extérieur : "la cathédrale étant totalement fermée et n’ayant pas été rouverte tant que les pères retranchés l'occupaient"[11,§13]. Pour autant, la hauteur de vue extérieure n’invite-t-elle pas à une autre hauteur de vueplus intérieure, plus indifférente à ce qui est ouvert ou fermé ? De fait, est-ce bien afin de se donner gloire les uns aux autres que l’on manifeste [12][13, note 152][14] de si haut ? Voici une "gloire" dont la plupart des intervenants se seraient volontiers passée : à choisir entre elle et un anonymat plus serein en privémoins empreint de victimisation ne leur étant pas propre [15,6][16, AV note 62]- y a-t-il encore besoin de s’interroger ? Il y a donc d’un côté ceux que l’on voit (quoique difficilement, puisque haut perchés !), qui disent et font tout cela parce que ne trouvant pas en eux la paix tant que les "justes"©©© se seront acharnés à les disperser des leurs. Il y a de l’autre côté ceux que l’on voit moins : ces mêmes "justes"©©© que les premiers, eux, s’acharnent à faire connaître en croyant qu’ils sont tenus de rendre justice, à eux commeen leur nom- à beaucoup de leurs accusés, laissés pour compte dans des situations comparablesplus comparables que celle d’Étienne, par exemple :
- s’ils nous font regarder vers le ciel, nos manifestants n’en prétendent pas être des petits saints : il n’est cependant pas inopportun qu’ils nous rappellent indirectement cette propension d’une certaine"justice"©©© accusatrice à forcer le trait dans ses propres prétentions à "reconnaître"© des anges [17, APR note 7] et des démons [18] là où ces derniers ne sont pas… ou là où sont les uns et les autres, à condition de ne pas omettre d’en redistribuer éventuellement les rôles respectifs.
- s’ils sont en face de leurs accusateurs (il semble que cela arrive aussi [19] !), ces derniers ne se précipitent pas sur nos manifestants, ne les entraînent pas hors de la ville –sauf "type d’excitation extrême avec accès de violence chez patient présentant un "délire"©[20, APR note 254] mystique très construit contre le demandeur [21][22,3°)] qui serait envoûté, l’avérant dangereux (le non-demandeur [23]) pour lui-même et pour son entourage et nécessitant son placement d’office dans un établissement"spécialisé"©[26>27][16, APR note 25]– et ne commencent pas à leur jeter des pierres, etc.

         « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu. » On pourrait néanmoins comparer Étienne –et sa contemplation- avec la traduction de celle-ci sur un mode contemporain : le "délire"© mystique très construit [16, notes 245>252] n’est-elle pas précisément la première qui saute aux yeux ?
      De même, si les accusateurs d’Étienne se montrent aussi peu discrets que particulièrement expéditifs vis à vis de leur accusé du moment -et si des accusateurs plus contemporains se veulent, eux, plus policés-, cela ne signifie pas qu’il n’y ait aucun élément de comparaison entre les anciens et les nouveaux. Et si nous procédions à une juste redistribution des rôles respectifs, des deux côtés ? C’est précisément parce que les accusateurs contemporains se bouchent les oreilles aux doléances de leurs accusés que ces derniers se mettent à pousser de grands cris,à monter de plus en plus haut, de plus en plus nombreux… et de moins en moins seuls.

[Dimanche 12 mai 2013]
Livre des Actes des Apôtres
7,55-60. {*}
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Étienne
était en face de ses accusateurs [*]. Rempli de l'Esprit Saint [*><159>], il regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu. » Ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris [*] ; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui, l'entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres. Les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu'on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis il se mit à genoux et s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s'endormit dans la mort.

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