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mercredi, 22 mai 2013

Rencontre au sommet (d'une falaise).

Une légion d'horreurs ?

Montage-H-ou-S.jpg

ACTE 16 :  LES HÉROS SONT-ILS DES SALAUDS ?

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- Bien vu ! Parce que vous, vous l’avez trouvé et l’avez manipulé comme il convient. Mais précisément : c’est ici que les problèmes commencent pour d’autres, moins heureux. Soit ils ne l’ont pas trouvé, soit ils ne l’ont pas même cherché, estimant peu ou prou que leur "lumière" se suffit. Dans un cas comme dans l’autre, encore une fois, soit la "lumière" des autres alvéoles coïncide avec la leur et elle se voit bien accueillie. Soit elle se voit rejetée parce qu’elle ne coïncide pas. Sans autre forme de procès.
- Qu’entendez-vous par "autre forme" ?
- Tout simplement que ce rejet vaut aussi bien (ou aussi mal !) pour une forme authentique -qui contribuerait efficacement à davantage de lumière- que pour une autre, enfonçant davantage dans les ténèbres.
- Tant mieux : cela limite les dégâts, non ?
- En un sens, oui. Mais dans l’autre, cela limite aussi la lumière ! Si vous limitez efficacement le risque négatif dans un premier temps [195,[3], APR note 221][196]… vous limitez également ce temps-là. À la longue, ce risque reprend le dessus puisque en quelque sorte vous aurez "coupé les ailes" du risque inverse. Entre l’énergie insufflée par ce dernier et l’inertie plombante du premier, quelle est la réaction la plus spontanée à votre avis ?
- La deuxième, je le crains.
- Bien sûr. Les héros (réels ou supposés
[336]) se font toujours plus sympathiques par fiction interposée que par le réel : la fiction est moins engageante ! Demeure néanmoins une certaine propension à s’y identifier plus ou moins. Savez-vous pourquoi ?
- Pour échapper un moment à ses propres ténèbres, je suppose ?
- De nouveau, vous touchez là l’aspect le plus visible de la question, jeune homme. Mais encore ?…
- Je ne vois pas… à moins que ? J’y suis : ne serait-ce pas parce qu’ils reflètent l’image de ceux qui n’auront PAS "coupé les ailes" du risque inverse ? À rebours de la réaction la plus spontanée, ils se seraient engagés dans la première option plutôt que dans la deuxième !
- Eh bien voilà ! Les héros (toujours réels ou supposés) sont là, qui entretiennent comme la flamme d’une certaine nostalgie de cette capacité à repousser les limites du risque positif : une nostalgie n’atteignant évidemment que ceux qui, précisément, auront "coupé les ailes" à la dite capacité.
- Votre "que" me semble bien gentil…
- Vous avez raison : à cet égard, parler d’une
légion [0][337] de "nostalgiques" serait plus juste. Ce qui ouvre à un phénomène de massification [338, APR note 57], l’inertie étant immanquablement plus contagieuse que l’énergie. À l’abdication de la force interne, on oppose la surenchère à une force externe qui apporte l’impression, l’illusion [42, APR note 44] de pallier le défaut d’énergie. On ne porte plus : on se laisse porter. Mais il y a pire…
- Aïe : quoi donc ?
- On incline tant et si bien à relativiser la portée de la nuisance d’autrui que l’on ne reste pas toujours dans la complicité passive à ce sujet : incidemment, il se trouve qu’à se laisser porter -à se poser des limites positives-, on en vient aisément à "déployer les ailes" du risque négatif. On bascule alors dans une part de plus en plus active à la nuisance à l’encontre d’autrui… tout en la niant, à la mesure de ce que l’on s’appuie sur la "lumière" commune aux "nostalgiques". Le pire réside évidemment en ce que non seulement on "coupe les ailes" à ses propres risques positifs, mais que l’on s’acharne à les couper chez ceux qui voudraient exercer leur capacité… autrement. Encore une fois, autant les héros sont admirables dans la fiction, autant le réel les rend insupportables ! Trop présents, ils sont perçus comme une insulte… à des "nostalgiques". Mais il y a pire…

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INTERLUDE

         Attention : cet interlude est bien un interlude. C’est-à-dire qu’il n’est pas le pire, mais qu’il le suspend un instant. Il serait un comble qu’il le soit, attendu que par la prolongation temporelle (interminable ?) de cette rencontre au sommet d’une falaise, les "hasards" du calendrier liturgique en viennent à rencontrer eux-mêmes les propos tenus par le mystérieux vieil homme assis ! Comme un lointain écho…

(2)[Mercredi 22 mai 2013]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,38-40
{*}{*}{*}{Lc}{Lc}[4,5]
Jean, l'un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu'un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l'en empêcher, car il n'est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n'est pas contre nous est pour nous. »
[>32][*]

Nous faisons peur.jpg
[Mercredi 22 mai 2013]
Livre de l’Ecclésiastique
4,11-19 {*}
La sagesse conduit ses fils à la grandeur, elle prend soin de ceux qui la cherchent. L'aimer, c'est aimer la vie ; ceux qui la cherchent dès l'aurore seront comblés de bonheur ; celui qui la possède obtiendra la gloire en héritage ; là où il entre, le Seigneur donne sa bénédiction. Ceux qui rendent un culte à la sagesse célèbrent le Dieu saint, ceux qui l'aiment sont aimés du Seigneur ; celui qui l'écoute jugera les nations, celui qui s'attache à elle sera en sécurité dans sa demeure. S'il se confie en elle, il en prendra possession, et tous ses descendants la recevront en héritage. Pour commencer, elle le conduira par des chemins sinueux, elle fera venir sur lui la peur et l'appréhension
[>23][151/2>195][*][*>*>*][*][*][*][*][*>*], elle le tourmentera [I][II] par la sévérité de son éducation [9>21][313,314], jusqu'à ce qu'elle puisse lui faire confiance [*][*] ; elle l'éprouvera par ses exigences [Ec (*)]. Puis elle reviendra tout droit vers lui, elle le comblera de bonheur en lui dévoilant ses secrets.
Mais s'il s'égare loin d'elle, elle l'abandonnera et le laissera aller à sa perte.

Mais ne nous laissons pas aller à perdre le fil : fin de l’interlude… et retour au pire.

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- Pire ? encore ? N’est-ce pas déjà plus qu’assez ?
- Assez pour nuire, je vous le concède. Cependant il serait dommage que le collectif occulte tout à fait ce qui se passe à l’échelle individuelle. Fatalement, si j’ose dire, l’un rejaillit sur l’autre.
- Alors, que se passe-t-il à cette échelle ?
- Il se passe que l’on ne raisonne plus guère que façon "alvéole"… en externe comme en interne.
En externe, le plateau de la balance penche davantage vers le négatif que le positif : pour peu que toute autre alvéole que la sienne ne "communie" pas à la "lumière" ambiante de la sienne, elle devient de plus en plus un "agresseur" potentiel ; plutôt qu’un contributeur à plus de lumière… ou à plus de poignée intérieure à la porte
[0/11] ! On a alors tôt fait d’en appeler à des co-"lumineux" (internes et externes [339][340]), chargés de vous "aider"[341, notes 358>360][342] à repousser "l’ennemi".
En interne, toute parole, tout geste, tout acte posé en vient à revendiquer "l’autonomie" de sa propre "alvéole". "Alors les cieux […] embrasés sont détruits, et les éléments en feu se désagrègent.
"[276,2P][0/8] Autrement dit, en se désignant comme un "tout", chacun des éléments n’ayant plus "rien à voir"[343,(5)][344, notes 23][345, APR note 247] avec son voisin, la "solution" tranquillisante [0, notes 6 à 9] est d’agir en sorte qu’il n’y ait en effet rien à voir [346]. Y compris en interne : ce qui permet ainsi de poser les pires actes de nuisance (pourvu qu’ils demeurent discrets et non spectaculaires) sans que cela ne fasse remuer un cil à celui qui les commet : son alvéole "acte" est tout aussi hermétique à l’alvéole "conséquences de l’acte"[347, notes 29 à 35][348] qu’elle l’était à l’alvéole "causes de l’acte". À l’occasion, ces deux dernières ne manquent d’ailleurs pas de permuter [349][350] : ce qui a au moins le mérite d’apporter une certaine lumière sur un tel processus.
- Soit. Mais où voulez-vous en venir ?
- Aux porcs, jeune homme : à ce fameux troupeau.
- Ah ! Au moins ne vous produit-il pas le même effet qu’à ce Raihëlien [0, APR note 165] !
- Eh non : d’autant moins que c’est ici que les choses se corsent un peu ! Ce malheureux l’a d’ailleurs bien senti [351][352] : c’est pourquoi il a cru "résoudre" la difficulté par ce grand plongeon.
- Si vous le dites… mais en quoi exactement les choses se corsent-elles ?
- En ce que les porcs ne sont pas toujours ceux que l’on décrit, ceux que l’on voit (ou qu’on ne voit plus sitôt qu’eux aussi ont effectué le grand plongeon !)… en somme, ceux dont il est ouvertement question à un moment donné et à un lieu donné.
- Ah, je vois à quoi vous faites allusion : vous nous en remettez une couche au sujet de cette vilaine réputation, qui colle à la peau de cette pauvre bête ! Jusqu’à nos jours encore, certaines traditions en demeurent intransigeantes… persistant à décocher sur le cochon
[353?]. Rapport, évidemment, à cette image mythique d’"impureté"[354, note 6] qu’il véhicule plus que jamais. Pourtant, on sait bien que tout est bon dans le cochon ! Avons-nous d’ailleurs attendu les charcutiers [355] pour l’apprendre [324,Mc(2d2][356,Mc(1)] ?…
- Hum… oui et non.
- Comment cela, oui et non ? Ignoreriez-vous que c’est oui OU non, tout ce qui est en plus
[357,Mt§3] venant du…
- Non, bien sûr !
- Bien sûr que oui ?…
- Mais non : bien sûr que non ! Enfin, jeune homme : vous devez bien imaginer que je le savais avant même que vous ne soyez né.
- Oui, évidemment. Excusez-moi : je crois que je me suis laissé emporter. Je me demande si ce n’est pas ce
Raihëlien, là, qui m’a un peu agacé ?…
- Eh bien, tant mieux !
- Tant mieux que ce
gars m’ait agacé ?
- Non, pas exactement : tant mieux que vous en réagissiez ainsi. S’il ne vous avait pas un tantinet agacé, c’est que vous auriez partagé avec lui son souci de tranquillité d’esprit [0, notes 6 à 9]. Dans ce cas, nous n’aurions pas pu poursuivre cette intéressante conversation. Je gage que vous n’auriez pas même osé [41] l’entamer ! Qui sait si vous n’auriez pas été jusqu’à l’accompagner dans son plongeon ?
- Bah : nous n’allons pas refaire l’histoire, n’est-ce pas ? Il n’empêche que nous en sommes restés à votre énigmatique "oui et non" : oui ou non, me suggérez-vous votre participation à cette fichue réputation "boueuse" du porc ?
- Oui… mais en partie seulement. Moi non plus, je ne vais pas refaire ce qui existe en la matière : encore ne s’agit-il toujours QUE de la partie visible… toujours la plus facile, qui ne "révèle" rien de vraiment nouveau en soi ; en dehors des faits qui se sont déroulés par ici -impressionnants, je vous le concède- cette partie-là n’est pas "apocalyptique" pour un sou !
- Pourtant, lorsque nous avons entamé cette discussion, ne m’avez-vous pas déclaré que ces porcs avaient quelque chose d’apocalyptique [0/1] ? Ne me conduiriez-vous pas par des chemins sinueux, vous aussi [>Ec] ?
- Un peu, je vous le confesse ! Mais rassurez-vous : je n’irai pas jusqu’à faire venir sur vous la peur et l’appréhension ni vous tourmenter ! Je ne serai pas si exigeant… sans doute parce que je ne suis pas assez sage.
- Vous m’en voyez ravi !
- De ne pas être assez sage ?
- Non… ça, je ne me permettrais pas d’en juger ! Mais le reste me va bien.
- À la bonne heure ! Pour autant, peur, appréhension et tourments sont bel et bien au rendez-vous : seulement, ils ne vous concernent pas. Et pas davantage votre serviteur… du moins pas directement.
- À la bonne heure, en effet… mais alors ? QUI concernent-ils ? Et que voulez-vous dire par "pas directement" ?
- Depuis le temps que nous devisons ensemble, je pense pouvoir vous faire confiance
[>Ec], n’est-ce pas ? Alors revenons tout droit vers notre troupeau, je vais librement [358, APR note 95] vous en dévoiler ses secrets. »

Montage tu peux garder un secret.jpg
podcast
Philou en live : 23/01/2013 Plus de secret… 1mn25
(extrait -à 0h45mn45s- de Radio Libertaire, émission « l’Entonnoir » c/o CRPA)

Version intégrale
 mp3 : 1h04mn01s

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(fichier Word 22 pages, sans les images)

>>> ...Épilogue au sommet de la falaise.

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