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jeudi, 06 juin 2013

Protagoras, Sophocle, Socrate, Aristote et les autres…

La leçon d’Aristote

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L’homme est-il la mesure de toutes choses ou existe-t-il des lois qui lui sont supérieures ?[ Soulevée par des admirateurs de canards sans tête [1]-et autres défenseurs de bestiaux imaginaires à longue queue [2]-, ]la question du « mariage pour tous »[3][4, notes 21 à 23][5, note 19][6, AV note 299][7, notes 436 à 439][8, note 45]a remis sur le devant de la scène cette antique question et souligne la nécessité de redécouvrir l’importance du droit naturel. Une exploration historico-juridique qui s’ouvre ici par une visite de l’apport d’Aristote.


       (§1) Dès la plus haute Antiquité, en Mésopotamie, les textes attestent d’une réflexion sur les notions de « droit », de « justice », et de « loi ». Ces textes définissent l’origine et la finalité du droit. Dans les cités grecques, les penseurs [9] qui s’intéressèrent à l’organisation de la cité se sont très tôt interrogés sur les fondements du droit.
       (§2) La contradiction possible entre une justice établie par la loi, c’est-à-dire par la volonté de ceux qui ont le pouvoir de l’édicter, et une justice qui serait l’expression d’un ordre naturel échappant à la volonté humaine fut, par les sophistes [10], tranchée au bénéfice de la volonté législative. Ainsi Protagoras [11] affirme que l’homme est la mesure de toutes choses ; que seule compte la loi humaine ; que rien n’est supérieur à celle-ci : « Quelles que soient les choses qui apparaissent à chaque cité comme justes et bonnes, elles demeurent justes et bonnes pour la cité tant qu’elle le décrète ».
       (§3) Face à eux se dressa Sophocle [12] qui invoque, dans Antigone [12bis], l’autorité des lois non écrites et immuables des dieux. De leur côté, Socrate [13][14, note 2] et ses disciples, Xénophon [15], Isocrate [16], Platon [17] affirmèrent l’existence d’un droit indépendant de la volonté humaine, supérieur à l’arbitraire des hommes. Leur réflexion fut approfondie par Aristote.

Aristote dans ses écrits

       (§4) Aristote [16] (384-322 av. J.-C.) s’intéressa au droit naturel et à la justice dans trois de ses œuvres : dans la Politique [17][18pdf], il traite de la nature de la société, de la notion de justice et de la constitution de la cité. Dans les Éthiques, notamment dans le cinquième livre, l’Éthique à Nicomaque [19][20doc], il traite de la morale et de la justice. Dans la Rhétorique [21][22pdf], il traite du rôle de l’avocat [23/1][23/2][23/3][24/1][24/2][24/3][25][25bis][26>27][28][29|30]. Deux notions jouent ici un rôle essentiel : l’idée du bien [0, notes 23>30 !!!]  et la notion de nature.
       (§5) Aristote affirme que l’homme recherche le bonheur [31, note 5], que ce bonheur consiste à agir « conformément à la vertu parfaite »[32][33, APR note 5] et à être « suffisamment pourvu de biens extérieurs »[34][35][36]. Ainsi, le bien est la finalité « dans toutes les sciences et tous les arts ».
     (§6) Or, la traduction de ce bien en politique est le juste : « Le juste, c’est le bien politique » (Politique, III, 12). Aristote consacre une place importante à définir la notion de justice. « La justice est un raccourci de toutes les vertus »[37]. Elle permet aux gouvernants de faire régner le bonheur dans la cité en encourageant l’accomplissement d’actes bons et en décourageant l’accomplissement d’actes mauvais [38].
     (§7) Ainsi, « la loi prescrit d’agir en hommes courageux [39][39bis][40] : elle interdit, par exemple, d’abandonner son poste, de fuir [40, notes 1 à 3][41][42, notes<595>][43], de jeter les armes [44] ; d’agir en homme intempérant : elle interdit par exemple l’adultère et la violence [45] ; d’agir en homme doux [46][46bis][47][48][49][50][51][52] : elle interdit par exemple de frapper et d’insulter [53], et ainsi de suite » (Éthique à Nicomaque).
     (§8) Dans les relations individuelles, Aristote distingue deux aspects : la justice comme vertu et la justice comme action. Dans les deux cas, la justice consiste dans l’attribution équilibrée des choses. « Elles relèvent du juste milieu » (EN, V, 9)
     (§9) Au sein de la justice politique [54, APR note 18], Aristote distingue entre la justice naturelle et la justice légale : « La justice politique (…) est de deux espèces, l’une naturelle et l’autre légale. Est naturelle celle qui a partout la même force et ne dépend pas de telle ou telle opinion ; légale, celle qui à l’origine peut être indifféremment ceci ou cela, mais qui une fois établie s’impose » (EN, V, 10).

Les critères de distinction

     (§10) Quels sont les critères qui permettent de distinguer la justice naturelle de la justice légale ?
1. La justice naturelle est fondée sur la nature alors que la justice légale est fondée sur la volonté de l’homme.
2. La justice naturelle est objective, elle a « partout la même force », alors que la justice légale est subjective, elle dépend de « telle ou telle opinion ».
3. La justice naturelle a une autorité en elle-même tandis que la justice légale a besoin d’être établie pour s’imposer.
4. La justice naturelle est plus stable que la justice légale, tout en étant, selon Aristote, susceptible de changement.
     Quel est le contenu de cette justice naturelle ? La justice naturelle consiste à attribuer à chacun ce que la nature lui destine. Le contenu de la justice naturelle résulte de l’observation objective de ce qu’est la nature.
     (§11) Plusieurs principes s’imposent à cet égard dans l’œuvre d’Aristote :
1. La société est naturelle à l’homme (P, III, 9).
2. L’union de l’homme et de la femme en vue de la procréation.
3. Le lien d’amitié entre les membres de la cité
[55].
4. La recherche d’une vie heureuse, la recherche du bien et du juste
[56][57][58][54][59] etc. !.
5. L’existence au sein de la cité d’un gouvernement dont la conduite est confiée aux meilleurs
[1!!!][3!!!][60][61][62][63].
6. La propriété privée des biens fonciers
[64][65][66, note 19][67].
     (§12) La réflexion d’Aristote exercera une grande influence à Rome, sur Cicéron d’abord, sur les grands jurisconsultes romains ensuite, mélangée à des influences stoïciennes.

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Philippe Pichot-Bravard
Docteur en droit et écrivain, auteur de

Conserver l’ordre constitutionnel (XVIe-XIXe siècle),
Ed. LGDJ, 534p., 45,65 €

Conserver l'ordre constitutionnel.jpg
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Article librement reproduit de 

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(édition papier)
n°1537 du 2 mars 2013 (p.23)

"L’interprétation" typographique de la mise en page -distinction et numérotation de paragraphes(§), ajout (parfois abondant) de notes de renvoi ([x]) et autres liens intégrés, ainsi que l’ensemble des illustrations- est de l’entière initiative de l’auteur du présent blog.

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       Hormis la dite "interprétation" énoncée ci-dessus -et hormis l’addition (placée entre crochets) du paragraphe introductif en vert-, pas une virgule n’aura été ôtée ou rajoutée à ce texte, reproduit tel quel et reflétant par conséquent la réflexion de son auteur. Une réflexion à laquelle on adhère ou non, de même que l’on adhère ou non à celles auxquelles il nous renvoie : chez Aristote, bien sûr, comme chez nombre de ses contemporains grecs. Ce qui, précisément, dépend de « telle ou telle opinion »(§10)… ou de la volonté de réflexion propre à tout un chacun. Contrairement au texte original –sur papier-, cette reproduction numérique s’autorise également des notes de renvoi en externe : plus précisément, vers des sources proposant elles-mêmes des éditions en ligne (parfois dans leur version intégrale) des différents ouvrages cités par l’auteur.
       Cependant, il est permis de ne pas être assez courageux pour aller s’y aventurer de manière exhaustive… sans être immédiatement suspect d’être concerné par le (§7) ! Il l’est également de ne pas être juriste dans l’âme –ce qui est ici exprimé ne ressortant guère d’un jargon ésotérique-, pour que ce rapide survol historico-juridique suffise déjà en soi à prendre la mesure de certaines choses, celles-ci nous étant plus proches que la haute Antiquité.

       Maintenant, est-ce bien seulement la chronologie qui nous éloigne de Protagoras, Sophocle, Socrate, Aristote et d’autres penseurs de cette époque ?…
       S’intéressant à l’organisation de la cité [68] –de la citoyenneté [69]- ils se sont très tôt interrogés sur les fondements du droit (§1). En dehors de notre auteur du moment –et de ses lecteurs-, qui s’interroge sur le droit sinon pour le revendiquer, l’appliquer, le contourner… voire le contourner en le revendiquant [70][71] afin de ne pas (!) l’appliquer [72, note 51][56, notes 10 à 14][73, note 0/1(>336)] ? Au milieu de la cacophonie de ses Codes [74, notes 40 à 44] -rendus de plus en plus inapplicables par les contradictions qui en submergent leurs articles-, qui ose encore parler de "fondements" du droit… ailleurs que dans une jurisprudence [73, notes 0/7,0/8(>336)][75, notes 273>274][76] de la dernière chance ? "Fondements" bien misérablesau demeurant : le mot lui-même pourrissant sur pied depuis que son préfixe et son suffixe ont été à leur tour atteints par les métastases, il serait presque plus facile de chercher des poux dans la barbe (parfois fournie) des aïeux grecs que de trouver du "droit" ou de la "prudence" dans ce que l’on prétend désigner ainsi.
       Redécouvrir l’importance du droit naturel ? Même à se souvenir qu’il existât –qu’il préexistât à l’autre-, encore faudrait-il commencer par crever la baudruche de celui qui lui supplée et l’asphyxie : le droit "culturel"[10, AV note 26][77, notes<503>]. Ne plus savoir "fonder" le droit que sur la jurisprudence, c’est déjà fonder du droit "culturel" ; puis de la "justice"… de même nature si l’on ose dire : le "goût" de la justice naturelle, mais la stabilité en moins. Ce "goût" reste entre guillemets, celui de l’injustice acquérant quant à lui un mordant plus prononcé, ainsi qu’une étonnante stabilité.

       S’il n’est pas un mystère que la pensée des sophistes et d’un Protagoras (§2) est très largement partagée de nos jours, il apparaît en revanche que celle d’un Sophocle (§3) ne l’est pas moins. Sauf que nous ne sommes plus dans la plus haute Antiquité : c’est-à-dire que, loin de se dresser face au néo-Protagoras, le néo-Sophocle fait désormais chorus avec les premiers. Nous obtenons alors le cocktail suivant : par les premiers, "l’homme est la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine ; rien n’est 313695480.jpgsupérieur à celle-ci" ; par le second, fait "autorité"[78, notes 79,80][79, notes 311] l’inénarrable loi non écrite [80, notes 253,254][81][82, note 60(<190)][83, notes 116,117][1, note 46][84, notes<72>][85, AV note 317][59, notes 24 à 26][86, notes 31 à 33] et comme immuable [86, APR note 125][87,[7]][88, notes 32 à 36] des… néo-dieux [89] ! En effet, grâce à ces derniers –et pour eux (accessoirement, afin de résoudre le casse-tête inextricable de lois inapplicables)-, une seule loi écrite gomme à présent toutes les autres comme par enchantement (leurs infractions [90] incluses, ce qui accentue son intérêt), conférant ainsi à ces dernières un statut de lois non écrites [91] : les articles jokers universels L-3212-1 [92][93] et  L-3213-1 [86, notes 50>94][86, notes 114>95] du code de la "santé publique"©[96][97] mettant à eux seuls un terme à toute tentative de réflexion sur la moindre notion de « droit », de « justice » ou de « loi »[98][99].
       Grâce à eux encore, s’il reste d’actualité que l’homme recherche le bonheur (§5)[100], celui-ci ne consiste plus désormais qu’à agir « conformément à la néo-vertu [33, APR note 5] parfaite » et à être « suffisamment pourvu de biens intérieurs » : soit de bénéficier d’une attribution équilibrée (§8)… de la chimie de son cerveau [101][102, note 194][103, note 65][104][105, notes<100>][106]. Protagoras se voit ainsi paraphrasé à l’échelle individuelle comme à l’échelle collective. "Le tiers est la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine du tiers ; rien n’est supérieur à celle-ci" : si le message passe, le L-3212-1 suffira. S’il ne passe pas, on le bascule à l’échelle collective : "l’"ordre public"© est la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine de l’"ordre public"© ; rien n’est supérieur à celle-ci"… sinon le L-3213-1 qui se donne pour "vertu" de le rétablir en dissolvant le "trouble"© afférent : un "trouble"© assez extraordinairement vague [107] pour que sa définition puisse englober la moindre contrariété à quelque tranquillité d’esprit [108, note 402/2][109]privée. Dans un cas comme dans l’autre, l’auberge espagnole [110] de "la "santé mentale"©[111][112,com.60>62] se fait la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine de la "santé mentale"©[38] ; rien n’est supérieur à celle-ci"… sinon une "santé publique"© qui va lui offrir une caisse de résonance à la mesure de ce qu’elle y trouve son propre intérêt.
       Ou encore : "le "culturel"© est la mesure de toutes choses… y comprises des plus naturelles (!) ; seule compte la loi humaine du "culturel"© ; rien n’est supérieur à celui-ci".

       Il n’est toujours pas besoin d’être juriste –ou aussi fin lettré que Protagoras, Sophocle, Socrate, Aristote et les autres, de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui- pour savoir se livrer à l’observation objective de ce qu’est (§10)… cette "culture" de la "santé mentale"©, concept (heureusement) inexistant avant le XVIIIe siècle [112,com.61>113,[3]] : un pied de nez magistral à la culture en général… et à la pensée d’Aristote en particulier.
       « La justice est un raccourci de toutes les vertus »(§6) ? La "santé mentale"© se constitue un raccourci de tous les vices. Sous son auspice, les arbitrairissimes articles de type L-3212-1/L-3213-1 "affirment l’existence d’un droit indépendant de la volonté humaine, supérieur à l’arbitraire (!) des hommes"(§3)… en poussant cet arbitrairetumblr_mmsebzm5J81qbdir4o3_r1_4001.gif jusqu’à l’incandescence [114] par l’impression, l’illusion [115, APR note 44] de le calquer sur "l’attribution équilibrée des choses"(§8) entre la "justice naturelle" et la "justice légale" : "l’accident naturel" présupposé (totalement arbitraire, par définition) d’un prétendu "déséquilibre chimique du cerveau"©[0, notes 101 à 106] accomplit la première… ainsi que "l’accident thérapeutique"©[116] qui l’entretient alors "naturellement" [sic] dans la durée ; véhiculée par les alibis -tout autant arbitraires- de la "culture" "santé mentale"© et consorts, la deuxième "s’impose" en effet par son besoin croissant "d’être établie"[38](§10,3.). Si des textes de type L-3212-1/L-3213-1 attestent d’une "réflexion" sur les notions de « droit », de « justice » et de « loi », une telle "réflexion" atteste surtout de la volonté délibérée d’évacuer toute amorce de réflexion peu ou prou étrangère au concept "santé mentale"© ; comme le serait par exemple l’approfondissement d’une réflexion… sur le droit, la justice et la loi. Phagocytée par le dit concept jusqu’à la moelle [117][118, notes 34 à 38][119][120][56], sa réflexion étant paralysée hors "santé mentale"©, la justice devient à son tour le raccourci de tous les vices.

       Le reste est à l’avenant : quels sont les critères qui permettent de distinguer (§10)… cette néo-"justice" "légale" et "culturelle" de la justice naturelle ?
1. La justice "culturelle" est fondée sur une "culture" elle-même fondée sur la volonté de l’homme, qui en fonde enfin sa "justice légale" : l’ensemble tourne alors en circuit fermé.
2. La justice "culturelle" est ô combien subjective, elle capte « partout la même force »… de la justice naturelle à son profit, rendant la "justice légale" plus subjective encore que ce qu’elle était déjà, elle dépend plus que jamais de « telle ou telle opinion » : celle-ci étant déguisée [85] tantôt en "nécessité thérapeutique"© tantôt en exécution docile de la dite "justice légale".
3. N’ayant en elle-même qu’une fragile "autorité"©[78, notes 79,80][79, notes 311] "médicale"©, la justice "culturelle" a un besoin pressant d’être établie par la "justice légale" pour s’imposer… afin d’être imposée, par exemple, à qui s’intéresse de trop près à la pensée d’Aristote : aussi dévoyée soit-elle, la "justice légale" garde encore de nos jours comme une aura de représentation du "bien et du juste"(§11,4.)… chez ceux qui n’en subissent pas directement les effets [121, APR note 19][122, notes 29 à 35], il va sans dire.
4. La justice "culturelle" est aussi stable que la "justice légale", tout en étant, selon les "autorités"© "médico-judiciaires"©, susceptible d’améliorer cette stabilité… notamment par l’entretien en externe [123] de cette aura évoquée au point précédent.
       Quel est le contenu de cette justice "culturelle" ? La justice "culturelle" consiste à confisquer arbitrairement à chacun ce que la nature lui destine. Le contenu de la justice "culturelle" résulte de la quasi-phobie [124][125][126, APR note 73][127, notes 478,479] à l’encontre de l’observation objective de ce qu’est la nature.

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       Plusieurs principes s’imposent à cet égard dans l’œuvre de saccage méthodique du droit, de la justice et de la loi (§11) :
1. La société est "dangereuse"©[128, APR note 151][40, notes 4,5][129, APR note 46][130][131] à l’homme.
2. La désunion [132] de l’homme et de la femme en vue de la "protection"©[119,7,8][133,7,8][134, notes 36 à 38] contre le plus "dangereux"© des deux [95].
3. Le lien de complicité [135, note 59][136, note 32][137, note 6][138, note 26][139,(3)][140][140bis] entre les membres les plus peureux dangereux "protecteurs"©[141, APR note 32][142] de la cité.

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4. La recherche d’une vie peureuse heureuse, en évitant [133,8] (ou en s’en débarrassant [143] lorsqu’on n’a pas su l’éviter "préventivement"©) tout "dangereux"© fauteur de malheur [144][114, APR note 51][145>146][147>148] afin de continuer à faire partie des gens bien [149,[15]][150,[15]] et "culturellement" "justes"©
5. L’existence au sein de la cité d’un gouvernement dont la conduite [151] est confiée aux "meilleurs"… des gens bien et "culturellement" "justes"© : s’il s’avère à l’usage (et il s’avère assez vite… jusqu’à parfois dépasser l’entendement [1][3]) qu’elle a été confiée aux pires, il sera toujours temps d’invoquer pêle-mêle la dureté des temps [152, note 13/2], les rouages grippés du "système"[153, APR note 15] en place, la "fatalité"[154, note 9], le "mystère de la souffrance"[155, APR note 105][156, notes 31 à 34], les insuffisances de l’évitement "préventif"©, etc. [42, notes<595>]. Autant d’alibis qui permettent avantageusement aux gouvernants de faire régner le malheur dans la cité par la "lutte contre"©[141, APR note 32][142][157] celui qui existe déjà : non sans dresser à cet effet moult épouvantails destinés à pétrifier le citoyen en lui brossant la terrifiante [158][159] Epouvantail-dangereux.jpgperspective de malheurs plus grands.
podcastCe qui encourage ainsi l’accomplissement d’actes mauvais
[160, notes 151/2>195] et décourage efficacement l’accomplissement d’actes bons (§6). Grâce à quoi, la néo-loi proscrit d’agir en hommes courageux (§7) (sinon pour oser aller à la rencontre [161][162, APR note 171] de "monstres"©[163][164][165][166][167] redoutables [168][169][170]…) : elle interdit recommande, par exemple, de chasser le "monstre"© de son poste, de le fuir [40, notes 1 à 3][171], sinon de le découper en tranches, le lapider [172], le dissoudre dans un bain d’acide sulfurique, le guillotiner [173][174,com.1][175][176], le hacher menu comme chair à pâté [177], le laminer au rouleau compresseur, le jeter aux requins, le ratatiner [178][179] à la kalachnikov [180, notes 66,67][181] (tout ceci donnant au "monstrophobe"© l’impression, l’illusion [115, APR note 44] de suivre -encore un peu- Aristote en s’étant attaché à ne pas jeter les armes [182][183]…) ; d’agir en homme intempérant : elle interdit recommande par exemple l’adultère (en allant se Trois-dames-de-pique-biseautees.jpgjeter dans les bras de l’ennemi afin qu’il vous "aide"©[184, note 61][185, notes 358>360][186, notes<120>] à chasser le prochain [187][188][189(>190)]) et la violence (au nom de la "lutte contre"©[157][157bis][45][191, note<94>][192], bien entendu : aussi "fructueuse"© dans ses résultats que l’"extinction"© d’un incendie [193] par pompage du contenu d’une citerne -de mazout [194]]195, APR note 95]-, ou l’usage d’un VSAV [86, APR note 133>196] transportant n’importe qui… à l’exception d’une VICTIME) ; d’agir en homme "doux"©[0, notes 46 à 52][197][198] (notamment lorsque le "monstre"© peine à accepter [199] sa "monstruosité"©[200, notes 3,4][117, notes 17,18][201]: elle interditrecommande par exemple de frapper [202][203][204][205][206][207][208][209] à titre "préventif"©[210] et d’insulter [53][211], et ainsi de suite. (Et tant pique [212][213][214][28] à Nicomaque (§7))

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6. La propriété privée des biens fonciers… sauf "naturellement" chez les plus "dangereux"©fauteurs de malheur et autres "monstres"©"troublants"© de la tranquillité privée d’esprit "l’ordre public"© : "de plein droit"©[64][215], ces derniers n’en ayant aucun [0, notes 34 à 36][65][91][156, notes 5,6], ils doivent subséquemment trouver asile [216][217, APR note 83] sur d’autres fondements [218][219, note 188]. 


       "La réflexion d’Aristote exercera une grande influence à Rome, sur Cicéron d’abord, sur les grands jurisconsultes romains ensuite, mélangée à des influences stoïciennes"(§12).
       La… quoi : "réflexion" ? Qu’est-ce donc [220][221] ? Ah mais oui : n’est-elle pas bien pratique pour se raser [222][223], en effet ? Pourtant, à en juger par la longueur de la barbe [224>252] de ces penseurs [253] si intéressés à l’organisation de la cité -qui se sont très tôt interrogés sur les fondements du droit (§1)-, leurs bustes respectifs n’attestent-ils pas de leur manque abyssal de réflexion quant aux vertus d’un menton glabre ?

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 [224][225][226][227][228][229][230][231][232][233][234][235][236][237][238][239][240][241][242][243][244][245][246][247][248][249][250][251][252]


       La réflexion d’Aris… qui ? Ne nous laissons pas influencer [254] : d’abord Cicéron, ne sommes-nous pas condamnés à tourner [255][256] en boucle ? Ensuite, sachons demeurer stoïques en ne nous mélangeant pas aux Romains : à ce qu’on dit, ils seraient [257] fous…
       C’est dire que cette leçon d’Aristote ne vaut pas un fromage, sans doute [258].

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