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lundi, 17 juin 2013

Des coquilles dans le texte ?…

Un Calimero enthousiaste.jpg
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Calimero, un héros très français

Alors que le petit poussin dépressif fête ses 50 ans au festival d'Annecy, Gaumont animation produit 104 nouveaux épisodes de ses aventures pour une diffusion sur TF1 en 2014. Plus actuel que jamais, Calimero ?

[1]  « C'est vraiment trop injuste ». L'expression que l'oisillon pleurnichard ne cessait de bredouiller dans le dessin animé des années 70, pourrait bien être le leitmotiv d'une France qui n'a pas le moral. Calimero [LF1] revient en 2014, dans une nouvelle série fort à propos. Pour le sociologue Jean Viard [LF2][2], qui a publié Nouveau portrait de la France [3], nous Jean Viard.jpgvivons dans « une société de bonheur [4] privé et du malheur public ». C'est un peu la grande maladie de Calimero, dont les nouvelles déconvenues seront diffusées par TF1 : avoir le sentiment d'être le vilain petit canard [5]. « Deux tiers de l'humanité est sortie de la pauvreté s'enorgueillit le sociologue. C'est une avancée historique, mais en France, nous voyons ça comme de la concurrence des pays émergents. De même, tout le monde est terrorisé par le chômage, dont les chiffres sont élevés, certes. Mais globalement 90% d'actifs travaillent. »


[2]Le Français aurait le don de toujours voir les mauvais côtés des choses, comme le anti-héros du dessin animé créé par Toni et Nino Pagot, en 1962. Depuis la fin des années 80, le pessimisme serait même une seconde nature dans notre société. Calimero, qui avait été privé d'antenne pendant quinze ans, avait d‘ailleurs fait son grand retour dans les chaumières au début des années 90. « La France est un pays profondément dépressif parce que le projet français est détruit depuis un quart de siècle poursuit le sociologue. Il y a une nécessité de produire un nouveau récit politique et collectif français. Le seul affrontement capital/travail, le moteur depuis la Seconde Guerre mondiale, n'est plus en phase avec notre temps. Nos politiques devraient se frotter à l'intégration de la France dans l'Euroméditerranée [LF3], ou au défi écologique. »


Une génération Calimero sortie de l'œuf ?


[3]Vingt ans plus tard, une nouvelle génération, née avec la crise, peut-elle se reconnaître dans le spleen de Calimero ? « Le bonheur diminue toujours après vingt ans, car le marché du travail casse le moral. Mais j'ai l'impression que les jeunes sont plus heureux qu'on veut bien le dire. Le fond du problème : les gens mettent sur le même plan le travail et la vie privée. Hors, les Français n'occupent que 10% de leur temps au travail. Même s'il n'y pas de généralités, les jeunes sont heureux pendant leurs études », explique encore Jean Viard.

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[4]Autre point de comparaison, Calimero, petit oisillon noir avec une coquille d'œuf sur la tête, a toujours le sentiment d'être mal perçu. L'Hexagone aussi. « La France oublie qu'elle a de vrais atouts, comme l'industrie du luxe par exemple. Ça n'est pas innocent. Notre pays suscite le désir, même si nous sommes peu compétents[6] en matière de service à la personne. »


[5]Si le moral de la France est morose, celui de Calimero remonte doucement. En 2014, il revient plus optimiste, sans zozoter et toujours coiffé de sa coquille d'œuf ébréchée. « On a essayé de faire en sorte que le personnage ne soit plus la victime qu'il a été dans le passé », confessait Pierre Balaïsch, patron de Gaumont [LF4] Animation à 20 minutes. La perception de Calimero aurait changé. Les Français ne le trouveraient plus si plaintif que ça....

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Maxime PARGAUD. 

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            « C'est vraiment trop injuste », en effet. Car si on a essayé de faire en sorte que calimexpert2.jpgle personnage ne soit plus la victime [7] qu'il a été dans le passé [5], on s’essaie dans le présent [8] à faire en sorte que la perception de Calimero change… mais peut-être pas exactement dans le sens sociologique qui nous est proposé. Qui donc fête ses 50 ans au festival d’Annecy ? Aura-t-il seulement le goût de la fête [9][10] ? Il s’agit en l’espèce d’un petit poussin "dépressif"©[11][12][13][14]. Or, quand on est "dépressif"©, le moral n’est-il pas morose ? Ne prend-on pas ses "médicaments"©[15,com.7][16, APR note 74][17, APR note 333][18][19,com.8§3] "antidépresseurs"©[20][21] ? Font-ils remonter doucement ? Font-ils revenir plus optimiste [22][15], etc. ? Dans le cas contraire, oui… « ce serait vraiment trop injuste ».
            « C'est vraiment trop injuste [23, note 51/2][24, note 51(<129)][25, note 308] », en effet : que cette expression soit associée à un petit poussin "dépressif"©. Cela fait en sorte que la perception de Calimero change… en associant [26, APR note 107] inversement « ce qui est vraiment trop juste [27, notes 1,2] » à ce qui n’est pas"dépressif"©. Or, il se trouve que ce qui est le "moins" suspect de l’être est précisément ce qui "soigne"©[28][28bis] la "dépression"© ! Et là, « c'est vraiment trop injuste »[29] ! [...] « Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de disciplines qui aient fait autant de progrès en trente ans que la psychiatrie. Nous avons appris à savoir reconnaître et à soigner une dépression dans 80% des cas.[30][31][32, notes 57 à 59]

http://img.over-blog.com/542x397/3/70/52/12/La-raison-du-bon-os/Bonheurerie.jpg


            Les Français ne le trouveraient plus si plaintif que ça [5] ? Ils ont bien raison,1610586661.jpg cependant : ne trouvent-ils pas d’oiseaux autrement plus friands de plaintes qu’un fragile oisillon pleurnichard [32>32bis][34][35>36][37] ? Ce qui leur fournit abondante matière à se trouver beaucoup plus plaintifs que ça ! « On a essayé de faire en sorte que le personnage ne soit plus la victime qu'il a été dans le passé »[5] : essai réussi, mais on n’a pas attendu le patron de Gaumont Animation pour le transformer. Dans le présent, le personnage ne se sent-il pas mieux dans sa peau, comme bourreau [38][39][40][41][42][43, notes 36 à 38] des "bourreaux"©[44] des "victimes"©[45][46][47, note 6][48][49][50][51] ? De fait, c’est le sociologue qui n'est plus en phase avec notre temps : « la France est un pays profondément dépressif parce que [2]… » surpeuplée de "dépressifs"© d’un côté -et de "héros"©[52][53] anti-héros [54, APR note 32][20] de l’autre- depuis qu’ils "perçoivent"© que « ce qui est vraiment trop juste» n’est pas "dépressif"©. Dans ce cas, ils n’ont pas même besoin de subordinateurs de la comprenette [55] pour en avoir saisi la commutativité :  ce qui n’est pas "dépressif"© « est vraiment trop juste [56][57] » ! C’est pourquoi  le nouveau récit politique et collectif français [2] consiste plutôt –sauf rupture momentanée [58]- à confier « ce qui est vraiment trop "justice"©©©[59, APR note 458][60, APR note 309][61] » à qui "soigne"© la "dépression"©[62][63, notes 34 à 38][64][64bis]. Contre une avancée historique, rien de moins qu’un recul préhistorique [65][66][67][68][69][70][71][72][73][74][75][76][77, APR note 57][78][79] !

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            L’inconvénient en est cependant que la perception de la terreur [1] change aussi [80][81][82][83][84] : plutôt que le chômage, elle concerne à présent les "monstres"©[27][85][86][87][88][89][90] et autres "fantômes"©[91][92][93][94][95]. Au sujet de ces derniers, rien à faire : puisqu’ils passent au travers des murs [96], il convient de fuir [97][98][99]. Pour les premiers, en revanche, il y a une nécessité de les enfermer [100] Arthur faisant fuir.jpgafin d’éviter l’affrontement "bourreau"©/"victime"©[101] à qui ne l’ose [102] pas… tout en osant « vraiment trop justement » demander [103,3°)][104][105][106] leur enfermement. Les chiffres aussi sont élevés, certes [1][107][108]. Mais globalement 90% de tranquillisés d’esprit [17, note 402/2][109] s’en trouvent "aidés"©[110, note 61][60, notes 358>360][111, notes<120>] à devenir plus vaillants [112][113].
            Aussi, afin de continuer de vivre dans « une société de bonheur privé »[1] -de se le préserver à tout prix dans un monde si "dépressif"©[114] par ailleurs !-, que personne n’aille s’aviser de se reconnaître dans le spleen [3] de ces 50% de "Calimeros" dont même les "spécialistes"©[115, APR note 106][116, note 6][117][118][119] parviennent à distinguer la coquille d’œuf [120] : ce qui casserait le marché [121][122][123] le moral de tout le monde [124, note<12>] en renforçant le « malheur public »[125]

Montage amityville4.jpg

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