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dimanche, 24 novembre 2013

Roitelets, valets et dames de pique contre Roi de cœur…

Montage cartes de pique.jpg

[*][*][*][*]

ATTENTION : il n'y a pas de joker dans le jeu.

[Dimanche 24 novembre 2013]
(Solennité du Christ, Roi de l’univers) {Mt}{Jn}
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 23,35-43. {*}{*(§4)}{*}
On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder.
Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauvelui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! »
[>54] Les soldats aussi se moquaient de lui [*]. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée [*], ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »[Mt(1)] Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »[Jn(7){§4}]
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait [>16] : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même [10], et nous avec ! »[>167]
Mais l'autre lui fit de vifs reproches [2Tm] : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons [Tt(3)]. Mais lui, il n'a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »  Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

[1Co 1,17-25 (extrait)]{*}{*}{(1)}
Car le langage de la croix
[*][*] est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu. L'Écriture dit en effet : La sagesse des sages, je la mènerai à sa perte, et je rejetterai l'intelligence des intelligents. Que reste-t-il donc des sages ? Que reste-t-il des scribes ou des raisonneurs d'ici-bas ? La sagesse du monde [Lc], Dieu ne l'a-t-il pas rendue folle ? Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n'a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile. Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale [204]pour les Juifs, folie pour les peuples païens. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu [Pr][Ec][Pr+Ep]. Car la folie de Dieu [*<*] est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme.[1Co][1Co][1Co][1Co][1Co]

          Laissons aux bergers [1] le soin de rassurer leurs ouailles au sujet de cet Évangile crucial  (théologiquement bien sûr, mais tout aussi littéralement [2]). À cet égard, on les surprendra volontiers la main dans le sac du… saute-mouton : n’est-ce pas un comble chez un berger ? À leur décharge cependant, soulignons que c’est ici sans qu’ils ne fassent rien de mal : ils sautent moins à la phrase conclusive afin d’éviter_[3,8]_le reste (à propos duquel ils reviennent ensuite, contrairement à des "joueurs" à sens nettement plus unique [4, note<67>][5, APR note 43][6, notes 36,37][7, notes 50,51][8, notes 36,37][9, notes 28 à 30][10, note<209>][11, note 45(>119)][12]…) que pour rassurer leurs ouailles, comme indiqué en préambule. Non pas un de ces rassérènements tout aussi discutables -parce qu’injustement intégré au sein de quelque spécieuse stratégie qui en prêche l’inverse de l’autre main [3, notes 2,3] (dans l’objectif précis de… se sauver soi-même !) ; ni parce que les deux premiers tiers de cet Évangile sont si désagréables (à l’œil et à l’oreille) qu’il se ferait impérieux de sauter vite fait à sa conclusion afin de ne point "traumatiser"©des brebis trop "fragiles"©[13] [sic]-, mais plus justement afin de nous rappeler à bon escient que le salut n’est pas exactement exclusif [14] à une sorte "d’élite des bénitiers"[15][16, notes 517 à 537] se voulant "propre sur elle"[17], à la mesure de ce qu’elle puisse se prévaloir d’avoir somme toute "fait peu de mal"[18][19] : ce en comparaison avec de fieffés coquins ayant mené à leur perte tout ce qui bouge. "Mené" plus spectaculairement [20, APR note 295] à perte, entendons : c’est-à-dire, de manière apparemment [10,[2]][21,[2]] plus dramatique [22, notes 53,54] (et irréversible) parce que plus sanglante [23][23bis].
           Ce qui n’exclut en rien d’autres manières qui, pour être plus discrètes -ou parce qu’elles le sont-, se gargarisent de "sauver" les corps (encore que [24, note 20>25][26, notes 244>280]…), tout en banalisant [27, note 923>28] inconsidérément ce qui va vers la perte des âmes [29][30, note<486>][31, note<985>] : une attitude plus irrémédiable que le pire des supplices contre la chair ; ce qui est clairement écrit [32, notes 80>86][33, notes 10,11][34, note<585+586][35, notes 58 à 60], depuis aussi longtemps que le reste [36,Mt(1)§3][37,Lc(4)][38,Sg(3)] (un aspect de la question à propos duquel il soit à craindre que les bergers ne se montrent pas toujours aussi irréprochables [39, note<14>][40, note<37>][41, notes 17][42, AV note 226][11, notes 133>43>44?>45, APR note 80])

         Pour l’heure, en quoi consiste leur soin à "rassurer leurs ouailles" au sujet de cet Évangile peu amène sur ses deux premiers tiers ? À appuyer sur le dernier tiers, assurément : soit -toujours sans édulcorer ce qui le précède-, à appuyer sur cette "folie de la croix" que l’Apôtre a si bien su annoncer en son temps. En d’autres termes, la dite "folie" est de nous signifier que le tout premier sauvé (non par lui-même, mais par un autre) se faisant la parfaite antithèse de "l’élite (feinte ou non) des bénitiers" -puisque ayant eu vraisemblablement assez de sang sur les mains pour être lui-même condamné à l’infamant supplice de la croix, jusqu’à ce que mort s’ensuive-, qui peut le plus devrait pouvoir le moins : d’où qu’il soit rassurant à qui na jamais tué personne (!) d’espérer être sauvé à son tourà un coût moins exorbitant que le sinistre gibet !
         Espérer, oui mais… la satisfaction de cette légitime espérance n’est pas toujours au rendez-vous ; en témoigne au premier chef Celui par Qui est sauvé le tout premier : « mais lui, il n'a rien fait de mal. » Nonobstant, ne subit-Il pas -dans Sa chair, et dans Sa chair seulement- le même châtiment que ceux réputés en avoir fait, et non du moindre ? Après Lui, combien d’autres en témoigneront-ils à leur tour ? Impitoyablement condamnés sans qu’ils n’aient rien de fait de maltout au moins de mal qui méritât -de près ou de loin- un tel sort : tantôt par les faux témoignages [46,Dn, AV note 144][47][48] de ceux qui veulent "se sauver eux-mêmes", tantôt par les funestes remous d’une Histoire [30, APR note 480][49] devenant folle jusque chez les "sages" (?), ivre [50/1][50/2][50/3] de sacrifier en nombre ses boucs émissaires [51] du moment ?
         Pour en revenir à Celui dont tout le monde [52, note<12>] se moquait -à l’exception d’un co-condamné-, ne va-t-Il pas jusqu’à en subir davantage que Ses compagnons d’infortune ?
- moralement d’abordparce qu’Il a (loin s’en faut) ce qu’Il ne mérite pas- ;
- physiquement ensuiteparce que si la scène morbide nous décrit sommairement trois suspendus à leur croix, un certain chirurgien [53] nous a décrit plus récemment –et beaucoup plus précisément (cf. notre dernière note, relative à la même solennité liturgique du jour [54, notes 43(+57,58])- les principes cliniques [55] qui permettaient à l’époque de faire passer le condamné de vie à trépas. Des principes assurément efficaces -de ce sordide point de vue-, mais surtout d’une cruauté sans égale si on la compare à des modes opératoires plus instantanés, tels la guillotine [22bis, notes 123 à 126], une substance puissamment (et ouvertement) létale [35, notes 1 à 3], la hache [56] du bourreau… ou le peloton d’exécution [57][58] : la croix signifiant déjà par elle-même de longues heures d’agonie s’achevant sur le décès par asphyxie [59,§3], il suffisaitsi l’on ose dire- que le condamné y soit solidement attaché. À cet effet, si la pendaison était moins de mise que la crucifixion, ce n’était nullement faute d’avoir inventé la corde (en témoigne -à sa façon-l’un des Douze qui, peu avant la scène décrite ci-dessus, se sera condamné lui-même à se suspendre… sans croix [60, notes 31><32]) : mais sans doute était-elle également jugée trop instantanée. La croix seule semble répondre au souci des juges de l’époque : que le condamné ait le temps d’expier sa faute en sus de rendre l’âmeavant même de la rendre. Une explication qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui se voit complètement, entièrement [61]… et très sévèrement invalidée au sujet de Quelqu’un qui n’a rien à expier. « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu  » ? Parce que Messie de Dieu, Il est le premier à incarner jusqu’au bout [62] ce qu’Il dit [63, note<414>][64, notes 70>73] : « celui qui veut sauver sa vie la perdra »[65,Mt(1)]. Parce que moqué de tout le monde, les chefs ricaneurs ont alors les coudées franches pour ajouter de la jalousie vengeresse contre l'Élu, au prétexte [66, notes 1,2] (peu crédible au demeurant… mais déjà, tout le monde s’en moque éperdument) d’exercer un semblant de "justice" humaine. Une jalousie féroce, que nous illustrerons par la question suivante : en subir physiquement davantage que Ses compagnons d’infortune, cela ne passerait-il pas par un mode de "suspension" incomparablement plus douloureux que la simple corde ?
"Le mécanisme de la mort sur la croix est maintenant bien élucidé : il s’agit d’une asphyxie, plus ou moins rapide selon la possibilité donnée au condamné de pouvoir soulever son corps, et c'est d’ailleurs pour cette seule raison qu'on lui cloue les pieds"[59,§3]. Au sujet des clous, il est bien question des pieds : non des mains… ou plus exactement, des poignets (à cet égard, on sait qu’une certaine iconographie traditionnelle a longtemps "péché" contre le vraisemblable : la chair des mains ne pouvant supporter à elle seule le poids du corps entier sans se lacérer…). D’où la prolongation de la question posée à l’instant : les deux autres crucifiés étaient-ils cloués, ou étaient-ils simplement ligotés ? Dans la première hypothèse, l’étaient-ils aussi par les membres supérieursplus sensibles encore -s’il en est possible- à la douleur ? Des questions qui resteront probablement sans réponse formelle de ce côté-ci du voile. Encore qu’il ne faille jurer de rien : de facture relativement récente au regard de l’éloignement temporel de l’événement décrit, les fruits remarquables de la science chirurgicale contemporaine ne nous offrent-ils pas quelques réponses que durant des siècles, d’aucuns eussent unanimement considéré [67][68, note 43/633] comme impensables ?

         Considérons plutôt ce que nous avons sous les yeux… et ce que le tout premier sauvé avait à l’oreille, comme au cœur : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Une parole résonnant comme une happy end, mais nous ne sommes pas au cinéma : ici, les morts ne se relèvent pas afin d’entamer le film suivant dans "une autre vie" ; "le Paradis", c’est une vie autre… mais c’est la même. Une vie autre est autre par définition : elle passe donc par l’abandon de la vie une (au sens premier du terme : gageons qu’à celui de l’unité, on y gagne davantage que ce que l’on a perdu et abandonné). Une happy end que peu suivront avec un enthousiasme démesuré : les deux premiers tiers de l’Évangile sont toujours là, fort éloignés du profil-type de la miséricorde [69] à boîte automatique [70, notes 52 à 54] ; en revanche se font-ils plus proches de celui de la justice. Soit par le paravent dérisoire de sa contrefaçon, soit par l’aveuinfiniment plus authentique- du justiciable lui-même : « Pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. »
         Ici, la question n’est pas de débattre sur la peine capitale, sa légitimité ou celle de son abolition : il s’agit d’une part de faire avec la culture du lieu et de l’époque (à deux mille ans de distance, personne ne changera ni l’un ni l’autre), d’autre part de ne pas tenir une telle question pour unique responsable de l’aspect quelque peu désagréable des deux premiers tiers de l’Évangile.
         La couche encore superficielle de cet aspect, c’est que tout le monde [52, note<12>] -ou presque- ricane et se moque à qui mieux mieux du Roi des innocents. Et tout le monde se trouve à Jérusalem : pas exactement le profil-type d’une Las Vegas dévergondée, transposée avant l’heure en Orient. À Jérusalem, on est plus à cheval sur les préceptes laissés par Moïse que par les règles du black jack. À Jérusalem, une semaine avant de ricaner et de se moquer du Roi des juifs, on l’acclamait [71] -comme tel !- tout aussi sincèrement. À Jérusalem… comme partout ailleurs, ce n’est pas d’hier que les foules sont d’une effarante versatilité ; ce n’est pas d’hier non plus que la plus honnête des sincérités ne coïncide pas nécessairement  [3,6] avec la vérité [72, note 386] : celle des faits, comme celle des hommes. Enfin, ce n’est décidément pas d’hier que la manipulation des émotions [73,[6]][74] est le premier vecteur de celle des hommes et des foules [75]. Mais ce n’est que d’aujourd’hui qu’on se croit plus malins à "détecter"©[76][77][11, note 16(>195)] à tour de bras ceux qui soi-disant l’incarnent : comme si cela pouvait avoir pour effet d’en éradiquer le phénomène… alors même qu’on observe plus volontiers l’effet inverse. C’est dire qu’à se croire plus malins que les générations précédentes, on le devientau sens non figuratif [78] du terme : entre le bien et le mal [79, notes 36>39], il n’y a pas de troisième voie.
         En un mot comme en cent, ou le disciple est moqué… ou bien il se range lui-même parmi les moqueurs : il n’y a toujours pas de troisième voie… sinon celle de se dire –honorablement et convenablement [80]- que "nous avons ce que nous méritons", au cas où nous le mériterions en effet. L’avantage d’une telle attitude, c’est qu’elle permet justement de changer de rang si on a été quelque peu emporté par la vague dominante du mauvais : "prendre sa croix" n’étant pas nécessairement être suspendu dessus (à moins d’y avoir été condamné : mais c’est loin de concerner tout le monde), rien ne l’empêche formellement. Parce qu’il n’y a pas vraiment de date de péremption au prétexte que nous survolons des faits établis il y a deux mille ans : c’est aujourd’hui que le Paradis attendra se pose l’alternative énoncée. C’est encore aujourd’hui que nous lisons combien se ranger soi-même parmi les moqueurs n’a jamais posé de difficulté particulière [81, AV note 15] à quiconque : c’est toujours aujourd’hui (a fortiori quand cet aujourd’hui inclut les conséquences d’hier…) que nous DISONS et CONSTATONS combien il est au contraire d’une facilité déconcertante d’y SUCCOMBER [82, APR note 158]

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À suivre…

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