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dimanche, 27 avril 2014

Mets ta tente à Sion : il y tombe des cordes misérables.

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[Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la Miséricorde]
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           Saute-mouton [1, APR note 43][2, note<209>][3, note 45(>119)] dominical (!) autorisé au sujet de l'article ci-dessous. Du moins au seul sujet de l'axe de réflexion autour duquel tourne son auteur : "l'accès à la communion des divorcés remariés"(§1) pouvant à juste titre ressembler à une sorte d'auto-débat [4] pour qui ne se sent intéressé (ou concerné) ni par "la communion"[5] elle-même ("accessible" ou non) ni même par l'état de vie maritale dont il est question au regard dudit débat. À brièvement survoler cet aspect, précisons néanmoins que la question reste douloureuse pour qui y est davantage impliqué, sachant par ailleurs qu'il s'agit moins de stricte observance disciplinaire que d'un souci de cohésion sacramentelle.

          Si la première devait réellement constituer la priorité du "processus général" de la discussion, il faudrait alors considérer que celle-ci relève de quelque "mérite personnel" (à supposer que quiconque ait légitimité et compétence [6] pour en juger en for externe…) : ce qui –eu égard au sujet évoqué- éliminerait d'emblée… rien de moins que tout le monde [7,Rm(1)][8, note 168/2] ! Sans parler de ce qui se fait plus perceptible –négativement- de l'extérieur : partout où "la communion" (prise dans un sens plus large : non sacramentelle et horizontale) ne nécessite ni fine réflexion ni grand débat pour en CONSTATER [9, notes 118>119][10, AV note 636] de substantielles carences [11][12]. Un état des lieux qui ne relève pas davantage de perception extra-sensorielle : les dites carences étant observables à l'œil nu chez qui les subit de près en son for interne/externe, jusque chez de plus lointains [13, notes 154,155<14, APR note 19/2][13, note 130(>166)]. Ce quel que soit décidément l'état de vie de chacun : par ailleurs, nul besoin d'être fin théologien ou philosophe (que notre auteur du jour nous en fasse miséricorde !) pour en attester sans que cela ne relève d'un implacable jugement. (Mais voilà qui, en revanche, devrait ouvrir à l'exercice -parfois sportif- de la… miséricorde.)

865411594.jpg       C'est dire que si les critères de "l'accès" susnommé devaient ainsi dépendre de "bons points" de cet ordre, il est à craindre que nous allions de sacrées surprises [15, note 7] en surprises désacralisées ! À cette aune en effet –à ne considérer que l'ouverture de cœur [16,(§19)]-, moult "divorcés remariés" pourraient sans doute tenir la dragée haute à d'autres, ces derniers étant formellement plus "accédants" qu'eux parce que canoniquement "propres sur eux"[17][18][19][20][21][22][23] : après tout, n'est-il pas question quelque part de sépulcres blanchis [24]… tout aussi "propres sur eux" ? La miséricorde recommande de ne pas y regarder de trop près, tant les ressemblances_[25,6][25,6] peuvent s'en avérer elles aussi surprenantes :
- brillant de partout [26][8, notes 10,11][27, notes 13 à 15][28],
- éviter_[25,8][25bis,8] d'ouvrir [16,(§19)] hors nécessité_[25,6][25,6] du moment,
- "vitalité" globale plutôt discutable [29][30][31][32][33][34][35][36][37]
- …et autres efficaces répulsifs qui, pour l'illusion [38, APR note 44][39] passagère de s'offrir_[40,[19]] son petit salut perso [41][42, notes 6>16], ne sont vraisemblablement pas indifférents à ce quesoient de plus en plus nombreux_[8, AV note 7?][27, AV note 10?] ceux qu'indiffère plus directement un "débat" qui leur semble pour le coup appartenir à une autre planète [43]. Encore que… si leur apparaissait_[44, notes 1,2] inopinément un petit homme vert, qui sait s'ils ne le trouveraient pas moins étrange_[45,[4]] que "d'impeccables" "accédants" à une "communion" sans miséricorde [46] ? C'est fou, non ?

Petit homme vert+Perrier.jpg

            La miséricorde ? C'est bien au sujet précis de celle-ci que nous laisser à présent la parole à notre auteur : même à le "déconnecter" du strict contexte "catho-interne" de "l'accès à la communion des divorcés remariés", il est patent que la "dénaturation" de "la notion même de miséricorde"[16, note 8][47, APR note 88][48, notes 52 à 54][49] est à l'ordre du jour bien au-delà d'un tel contexte.

 

La méta-tentation de la miséricorde

TC ne pas détruire.jpg(§1) Débattu aujourd’hui à nouveau, l’accès à la communion des divorcés remariés s’inscrit dans un processus général qui en se déconnectant de la conversion dénature la notion même de miséricorde et méconnaît l’appel à la sainteté du Père de toute miséricorde. Sans péché [50, notes 10 à 12][51, notes 25 à 30][52, APR note 94][53, note 15][7, note<121>][54, APR note 72], plus de miséricorde possible ni conscience de la possibilité de se tourner vers Dieu.
Paradoxe ?

Une telle expression joignant miséricorde et tentation n’est-elle pas un paradoxe douteux ?
(§2) Jean-Paul II dans Dives in misericordia note que« plus peut-être que l’homme d’autrefois, la mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde »[55,2.,§3]. Il me semble qu’une des figures de cet effacement est une représentation mentale pervertie de la miséricorde. On peut en effet s’opposer à quelque chose soit en le rejetant, soit en s’en faisant une image tronquée et dénaturée. La deuxième attitude est plus subtile car elle ne se présente pas comme une opposition mais bien au contraire comme une manière d’honorer ce qui est, en réalité, bel et bien rejeté dans sa nature propre.

La question des divorcés-remariés

(§3) La question de l’accès aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation des fidèles divorcés et remariés civilement est revenue au cœur de l’actualité ecclésiale et médiatique. À cette occasion beaucoup ont de nouveau réclamé une approche pastorale et non plus juridique de ce problème majeur. La première serait attentive aux personnes accueillies dans leur unicité ; la seconde serait objective et impersonnelle. Ces deux approches s’incarneraient dans deux pratiques opposées de la vie sacramentelle. La miséricorde est alors invoquée pour souligner à quel point seule la première correspond au cœur de Dieu. La loi n’est-elle pas liée à la justice dont la miséricorde est le dépassement ? Rester sur une approche légaliste de l’accès aux sacrements serait une nouvelle forme de pharisaïsme. Le magistère ecclésial aurait jusqu’alors toujours privilégié la loi et le dogme, ressemblant étrangement à ces pharisiens disposant de lourds fardeaux sur les épaules de leurs disciples. Le temps serait enfin venu de vivre pleinement les valeurs évangéliques dont la miséricorde est la quintessence. Au terme d’un temps de pénitence, dont les conditions seraient à préciser, les divorcés remariés devraient être admis à la réconciliation sacramentelle et à l’Eucharistie. Leur refuser serait faire preuve d’obstination aux antipodes de l’empressement de Jésus à guérir les blessés de la vie et à pardonner aux pécheurs.

Le pardon de Dieu

(§4) Si Dieu n’est que pardon pourquoi l’Église s’entêterait-elle à mettre des conditions au don de Dieu ? La médiatrice de la grâce divine deviendrait-elle son principal obstacle dans une sorte d’avarice insupportable ? Une telle Église serait davantage un organe de pouvoir (nostalgique d’un temps de chrétienté ?) qu’une servante de l’humanité souffrante. Depuis quand le Bon Samaritain [16, notes 13>56,Lc(2)] ou n’importe quel médecin digne de ce nom ­pose-t-il des conditions objectives au soin qu’il dispense ?

(§5) J’utilise à dessein le préfixe « méta » car celui-ci renvoie en grec à une dimension plus fondamentale et englobante [57, APR note 390]. La méta-tentation assume [38, APR note 30/2][58, note 223] toutes les autres et donc les rend vaines [22][59,Ec(1)]. Comme le dit Jean-Paul II, la mentalité contemporaine a du mal avec la miséricorde car celle-ci semble impliquer la misère, et du coup être synonyme de pitié. Être l’objet de la miséricorde, c’est perdre sa dignité d’homme capable et autonome. Est-ce paradoxal avec ce que je viens de dire plus haut ?

Miséricorde sans conversion

(§6) Non car ce refus de la miséricorde, chez beaucoup de chrétiens imprégnés de la mentalité actuelle, se drape justement dans l’appel à la miséricorde. En effet, le présupposé de tout ce que j’ai exposé consiste à déconnecter la miséricorde de la conversion [60, note<15>]. Les divorcés remariés sont bien sûr l’objet de la miséricorde de Dieu comme n’importe quel pécheur mais seuls la contrition de son péché reconnu comme tel et le ferme propos de le rejeter peuvent permettre de recevoir la miséricorde. Vouloir être pardonné sans reconnaître son péché est une contradiction dont l’apparente solution consiste à dénaturer ce que l’on entend par miséricorde. En fait, c’est tout simplement le péché qui est nié en tant que tel. Ainsi les divorcés remariés ayant de nouveau accès à la vie sacramentelle ne seraient ni mariés ni adultères, ils seraient dans un entre-deux qui en tout cas ne serait pas peccamineux. Or s’il n’y a pas de péché, vaine et inutile est la miséricorde, puisque celle-ci est la réponse de Dieu à la misère de l’homme. Avec l’évacuation du péché disparaissent aussi la conscience de la liberté et sa capacité à se tourner vers Dieu en réponse à l’appel à la sainteté qu’Il adresse à tous les hommes quel que soit leur péché.

Thibaud Collin est philosophe. Dernier ouvrage paru : Sur la morale de Monsieur Peillon, Salvator, 142 p., 14,50 €.

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Article librement reproduit du blog de

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reproduisant lui-même sa propre édition papier
du n° 1563 du 29 mars 2014 (p.3)

 

"L’interprétation" typographique de la mise en page -distinction et numérotation de paragraphes (§), ajout de notes de renvoi ([x]), ainsi que l’ensemble des illustrations- est de l'initiative de l’auteur du présent blog. L'introduction (en (§1)) et les intertitres sont de L'Homme Nouveau.

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