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vendredi, 02 octobre 2009

"Enquête sur l’existence des anges gardiens"

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Un après-midi de janvier à Fremont en plein cœur de la Silicon Valley, je venais de terminer la visite de l'usine d'assemblage des ordinateurs portables Grid. Avec mon amie, nous reprîmes notre voiture de location et après avoir cherché pendant dix minutes, finîmes par trouver le chemin de la Highway 101 qui nous ramenait à San Francisco. Sur l'autoroute, tout paraissait normal, calme. La journée était ensoleillée et, ne conduisant pas, je regardais les gros camions bien américains, étincelants de tous leurs chromes que nous doublions, lorsque soudain, sans même réfléchir, je me jetai sur ma gauche. Dans la seconde qui suivait, une balle traversait le pare-brise, exactement en face de la place passager. Ma place… (suite de cet extrait du premier chapitre)

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Lors d'un reportage à San Francisco, alors qu'il se trouvait dans une voiture, Pierre Jovanovic se jette soudain sur la gauche, une fraction de seconde avant qu'une balle ne pulvérise son pare-brise. En discutant avec ses confrères journalistes, il découvre d'autres histoires étranges similaires: journalistes arrachés à la mort par miracle alors qu'elle était inévitable, temps qui "ralentit" mystérieusement, "voix intérieures" qui avertissent d'un danger, sentiment d'insécurité, gestes "inexpliqués" qui sauvent... Tout le monde connaît au moins une histoire totalement incompréhensible de ce genre, et ce livre recense les différentes variantes de ces faits quotidiens inexplicables.

"Enquête sur l'Existence des Anges Gardiens" est également le premier ouvrage qui étudie d'une manière approfondie les apparitions d'Anges dits "gardiens" dans les expériences aux frontières de la mort (NDE), révélées par le docteur américain Raymond Moody.

Les résultats de cette investigation de six ans dans le domaine des NDE ont poussé Pierre Jovanovic à examiner les apparitions d'Anges chez les grands mystiques chrétiens et à les comparer à celles des NDE, ce qui constitue également une première.

La presse internationale, d'une voix unanime, a qualifié cet ouvrage d'exceptionnel : le lecteur est progressivement plongé dans l'impénétrable des NDE, parce que la démonstration est menée à la façon d'une enquête policière.

Une fois l'ouvrage commencé, le lecteur ne peut plus s'arrêter, emporté par la curiosité et la volonté de savoir s'il possède, lui aussi, son Ange gardien...

La version est augmentée d'une cinquantaine de nouveaux cas et histoires, portant la pagination à 600 pages.

(Ce texte fait référence à l'édition Broché )

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"Le Mythe de la violence religieuse"

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Dans un essai magistral qui sort simultanément aux Presses de l’Université d’Oxford dans sa version originale et aux Éditions de l’Homme Nouveau pour sa traduction française, le théologien catholique américain William Cavanaugh déboulonne l’un des principaux fondements du sécularisme. Au carrefour des différentes disciplines scientifiques, il offre une réponse claire et argumentée à une accusation fréquemment adressée aux chrétiens. Il ouvre aussi de nouvelles voies à la réflexion contemporaine sur l’origine de la violence.

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Depuis le 11 septembre 2001, articles et livres [ NB : ajoutons-y, bien sûr, nombre de sites et de blogs !…] prolifèrent pour dénoncer la religion comme cause de violence. Dans l’introduction de son livre, William Cavanaugh précise la portée de la critique de cette idée convenue. Extraits :

« L’idée que la religion a tendance à promouvoir la violence fait partie de la pensée collective (1) des sociétés occidentales. Cette idée imprègne nombre de nos institutions et politiques, depuis les limites posées au rôle public des Églises jusqu’aux efforts menés pour promouvoir la démocratie libérale au Moyen-Orient. Ce que j’appelle "mythe de la violence religieuse" est l’idée selon laquelle la religion est une caractéristique transhistorique et transculturelle de la vie humaine, fondamentalement distincte de caractéristiques "séculières" telles que la politique et l’économie, et dotée d’une tendance particulièrement dangereuse à promouvoir la violence. La religion doit donc être domptée en réduisant son accès au pouvoir public. L’État-nation séculier apparaît alors comme tout naturel en ce qu’il correspond à une vérité universelle sur les dangers inhérents à la religion.

Dans ce livre, je conteste cette idée de la pensée collective (1), non pas simplement en soutenant que les idéologies et institutions appelées "séculières" peuvent être tout aussi violentes que celles qui sont appelées "religieuses", mais en examinant la manière dont ces deux catégories jumelles –religieuse et séculaire- sont construites à la base. (…) Je prétends que, dans ce que nous appelons les sociétés "occidentales", la tentative menée pour créer un concept transhistorique et transculturel de la religion en tant qu’essentiellement prédisposée à la violence, est l’un des mythes fondateurs qui légitiment l’État-nation libéral. Le mythe de la violence religieuse aide à créer et à marginaliser un "autre" religieux, enclin au fanatisme, pour faire contraste avec le sujet séculier rationnel et pacifique.

Ce mythe peut être utilisé, et il l’est, en politique intérieure, pour légitimer la marginalisation de certains types de pratiques et groupes appelés "religieux" et garantir par ailleurs le monopole détenu par l’État-nation sur la volonté de ses citoyens de se sacrifier et de tuer. En politique étrangère, le mythe de la violence religieuse sert à rabaisser les ordres sociaux non-séculiers, en particulier les sociétés musulmanes, aux rangs de vauriens. Ils n’ont pas encore appris à supprimer l’influence dangereuse de la religion dans la vie politique. Leur violence est donc irrationnelle et fanatique. Notre violence, étant séculière, est, elle, rationnelle et pacifique, et parfois malheureusement nécessaire pour contenir leur violence (2). Nous sommes dans l’obligation de les contraindre à la démocratie libérale.

Après le11 septembre

Depuis le 11 septembre 2001 en particulier, on assiste à une prolifération d’ouvrages scientifiques, rédigés par des historiens, sociologues, experts politiques, professeurs en études religieuses et autres spécialistes, sur la nature particulièrement encline à la violence de la religion. Dans le même temps, un groupe important de spécialistes explorent les utilisations idéologiques qui sont faites de la construction du terme de "religion" dans la modernité occidentale. Nous avons, d’une part, un groupe de spécialistes qui est convaincu que la religion en tant que telle a une tendance intrinsèque à promouvoir la violence. D’autre part, nous avons un groupe de spécialistes qui doute qu’il y ait une "religion en tant que telle", sauf en tant que catégorie idéologique construite dont l’histoire changeante doit être soigneusement examinée. (…)

Mon hypothèse est que les arguments sur "la religion et la violence" servent un besoin particulier de ceux qui en font usage en Occident. Ces arguments font partie d’une pensée plus large liée aux Lumières, pensée qui invente une dichotomie entre le religieux et le séculier et qui construit celui-là comme une impulsion irrationnelle et dangereuse qui doit céder le pas, dans le domaine public, aux formes de pouvoir rationnelles et séculières. (…)

Je n’ai aucun doute quant au fait que les idéologies et pratiques de toutes sortes –islam et christianisme inclus, par exemple- peuvent favoriser et favorisent en effet la violence sous certaines conditions. Ce que je tiens pour incohérent, c’est l’argument selon lequel il existe quelque chose appelé "religion" –un genre dont le christianisme, l’islam, l’hindouisme et d’autres encore seraient les espèces- qui est nécessairement plus enclin à la violence que les idéologies et les institutions qui sont identifiées comme étant "séculières". Contrairement aux autres livres sur la religion et la violence, je ne soutiens pas que la religion favorise ou ne favorise pas la violence, mais j’analyse plutôt les conditions politiques dans lesquelles la catégorie de "religion" elle-même est construite.

Pas une défense

Ce livre n’est donc pas une défense de la "religion" contre l’accusation de violence qui lui est faite. Les gens qui s’identifient comme étant religieux avancent parfois que les motivations réelles qui se cachent derrière ce qu’on appelle la violence religieuse sont en fait économiques et politiques, et non religieuses (3). D’autres affirmeront que les individus qui commettent des violences sont, par définition, non religieux (4): le croisé, par exemple, ne serait pas un vrai chrétien car il ne comprend pas réellement le sens du christianisme. Je ne crois pas qu’aucun de ces arguments soit valide.

Premièrement, il est impossible de séparer les motifs religieux de ceux qui sont économiques et politiques d’une manière telle que les motifs religieux soient dénués de toute violence. Comment pourrait-on, par exemple, séparer la religion de la politique dans l’islam, alors que la plupart des musulmans ne font pas eux-mêmes cette séparation ? (…) La séparation elle-même de la religion et de la politique est une invention de l’Occident moderne.

Deuxièmement, il se peut que le croisé ait détourné le message véritable du Christ, mais l’on ne peut pas pour autant exempter le christianisme de toute responsabilité. Le christianisme n’est pas seulement un ensemble de doctrines à l’abri des circonstances historiques, mais plutôt une expérience historique vécue, concrétisée et façonnée par les actions, empiriquement observables, des chrétiens. (…)

Mais ce qui est supposé dans la pensée collective (1), c’est qu’il existe une différence essentielle entre, d’une part, les "religions" telles que le christianisme, l’islam, l’hindouisme et le judaïsme et, d’autre part, les idéologies et institutions "séculières" telles que le nationalisme, le marxisme, le capitalisme et le libéralisme, et que ce premier groupe est essentiellement plus enclin à la violence –plus absolutiste, plus diviseur et plus irrationnel- que le second groupe. C’est cette affirmation que je trouve à la fois infondée et dangereuse. Elle est infondée car les idéologies et institutions appelées "séculières" peuvent être tout aussi absolutistes, diviseuses et irrationnelles que celles qui sont appelées "religieuses" (5). Elle est dangereuse car elle contribue à marginaliser ces styles de vie qui sont appelés "religieux", et même à légitimer la violence menée à leur encontre. (…)

Distinction par les faits ou par l’argument

Certaines configurations du pouvoir dans la société peuvent être infondées, mais c’est justement cet état de fait qui les rend difficiles à réfuter, parce qu’elles n’ont pas été établies, au départ, pour l’argument (6). La distinction religieux/séculier, par exemple, n’a pas été établie en tant que théorie rationnelle pour décrire au mieux la vie humaine et sociale. (…) Elle a été établie comme résultant de certains changements contingents survenus dans la manière dont le pouvoir était réparti entre les autorités civiles et ecclésiastiques lors des débuts de l’Europe moderne. Cette distinction a été établie par la violence, non par l’argument (7). Le seul moyen par lequel je peux espérer réfuter le mythe est de dresser l’historique de ces changements contingents et de montrer que le problème que le mythe de la violence religieuse prétend identifier et résoudre –celui de la violence dans la société- est en fait exacerbé par les formes de pouvoir que ce mythe autorise (8). Le mythe de la violence religieuse ne peut être défait qu’en montrant qu’il ne possède pas les ressources nécessaires pour résoudre le problème même qu’il identifie. »

 

William Cavanaugh
(Traduction d’Anne Fouques Duparc)

 

 

pour faire violence à la violence

Le mythe de la violence religieuse,
de William Cavanaugh, 384 pages.
Disponible en ligne ici.

 

(1) À plusieurs reprises, William Cavanaugh fait référence à la "pensée collective", sans y apporter de réelle définition : en tout cas, dans cet extrait. "Collective", la pensée est-elle la somme de pensées individuelles… ou leur résidu, lui donnant une connotation grégaire ? Si la personne est dotée d’un cerveau -organe de la pensée-, aucun groupe ne l’est. En d’autres termes, la "pensée collective" ne serait-elle pas un…mythe ?
(2)
À s’y méprendre, nous avons là la définition succinte d’un mythe de première catégorie : celui d’une "médecine"© puisant sa légitimité dans la "prévention", le traitement de la violence d’autrui et l’effarant monopole de sa capacité à la "déceler" [1]. Excellent mythe pour qui veut singulièrement réduire toute… pensée collective.
(3)
C’est le cas de l’auteur de ces lignes, notamment ici (page 6)
(4)
C’est aussi le cas de l’auteur de ces lignes ! (même page)
(5)
En matière d’absolutisme, de division et d’irrationnalité, une certaine institution ô combien séculière [2] ne fournit-elle pas une illustration plus vraie que nature à ces propos ?
(6)
Eu égard à l’extrême pauvreté de l’argument d’arrivée, la fonction de juge aux affaires familiales [3, note 18] entre comme un gant dans cette catégorie…
(7)
On atteint même des sommets d’absurdité en faisant reposer l’ensemble d’une procédure sur "l’argument" de la "violence" [4, note 17], celle-ci surgissant non de faits empiriquement observables mais apparemment d’un ensemble de doctrines se voulant à l’abri des circonstances historiques !
(8) Cette
exacerbation est montrée ici même depuis des mois, portant particulièrement l’accent sur deux formes de pouvoir devenues familières aux habitués…

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Le micro-social répond parfaitement au macro-social tel que l’évoque cet auteur américain. Mais ce qui confirmera encore plus brillamment sa thèse est le point suivant, rejoignant le cœur de son exposé : dans le cadre d’une violence promue par le domaine public à la demande de "religieux" privés, "la violence religieuse" est au-dessus de tout soupçon pour une raison fort simple : les demandeurs fuient comme la peste tout sujet ayant trait à la "religion" (le détournant sur de fausses rationalités séculières) attirés comme l’aimant par tout ce qui peut contribuer à le marginaliser, et même à légitimer la violence menée à l’encontre de celui qui les réfute. Ceci semble à des années-lumière de la pensée collective (1) des sociétés occidentales !…

Thank you,  Mister Cavanaugh !

Mister K