16.04.2008
Alix obéit mais se réveille
Et Alix grandit, grandit : jusqu’alors si abscons, le livre fort ennuyeux décrivant par le menu les mille manières d’être sérieux lui parut tout à coup de plus en plus abordable. Et elle grandit encore : le livre fort ennuyeux commença à lui sembler suranné. Elle pleure toutes les larmes de son corps. Si elle n’était pas aussi déprimée, elle aurait commencé à rire : le livre fort ennuyeux ressemblait à présent à un amanach d’histoires drôles ! Entre deux hoquets de lourds sanglots, elle aperçoit le lapin noir qui repasse. Opportuniste, l’animal avait ignominieusement profité de ce chagrin pour emplir le réservoir de son fer à vapeur en recueillant les eaux lacrymales : son linge aussi était urgent, et peu lui importait qu’une jeune princesse en soit froissée.
À ces mots, une odeur envoûtante de chocolat envahit la pièce. Ce lapin serait-il un lapin de Pâques ? Absurde : un lapin de Pâques ne saurait utiliser sans risque un fer à vapeur… Ne voulant pas en rester à cette réponse de Normand, notre princesse s’enhardit :
- Oui. C’est à quel sujet ?
Par son sourire de fille de beauté, par son sourire lumière dans l’obscurité, la nostalgie de la surface commençait à lui peser : là-haut règnent le soleil et les couleurs, ici le chocolat ne saurait lui faire oublier. Et si elle joignait l’utile à l’agréable ? Si elle échangeait le livre moins ennuyeux du lapin contre le sien ? Que pourrait-il y trouver à y redire ? Après tout, quand on repasse une pile si impressionnante de linge, on doit cultiver un goût certain pour les ouvrages ennuyeux. Naturellement, il convenait d’être habile : bien que bénéficiant de la lumière du jour, un livre fort ennuyeux restait un livre fort ennuyeux. Ce qui le rendait plus ennuyeux encore, c’est que les recettes qu’il proposait étaient aussi peu comestibles qu’indigestes : qu’en ferait un lapin pâtissier ? Il en serait bien ennuyé.
En attendant, c’est Alix qui l’était… et la pièce s’assombrit. Ah non ! L’obscurité est trop laide. Et hop : un sourire de fille de beauté. Le noir était toujours là : il avait forme de lapin. Il sourit à son tour, aussi ébloui par un sourire lumière dans l’obscurité que reconnaissant à la princesse de lui avoir fourni matière à fabriquer de la vapeur. Au fond, n’était-elle pas en position de force, ayant tous les atouts en main pour négocier en sa faveur ?
« Entre l’ombre et la lumière, comme la Belle au Bois dormant,
Elle attend celui qui viendra doucement
12:17 Publié dans Contes, poèmes... humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes d'effets... spéciaux, merveilles, coquin de lapin, suspense insoutenable, humour, sortie du tunnel
27.03.2008
Un rapport de recrutement
De Jordan & Jordan, consultants en management
Nazareth.
Jérusalem,
Cher Monsieur,Toutefois un des candidats a de grandes possibilités. Il est capable, imaginatif, a le contact facile et un sens développé des affaires, il ne manque pas de relations avec les personnalités haut placées. Nous vous conseillons donc de prendre Judas Iscariote comme votre administrateur et bras droit. Il est très motivé, ambitieux et n’a pas peur des responsabilités.
Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans votre nouvelle aventure.
13:54 Publié dans Contes, poèmes... humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, expert, santé, expérience, formation, management, psychologie
23.03.2008
Veillée de larmes
Lève-toi, ô femme : pourquoi pleures-tu ?
Éveille-toi, fille de Sion : la mort s’est tue.
Fille de rien, tu es fille de roi : entends-tu ?
Dis-moi, que sont tes larmes devenues ?
Fille de rien, est-ce que tu le crois ?
Maintenant, tu es fille de roi :
Disparus tristesse et désarroi
À la mesure de ta grande foi.
Femme de grand amour, vois tes larmes :
Chacune fut une perle à mon cœur,
Toutes furent d’impitoyables armes
Terrassant d’innombrables erreurs.
Femme de petite vie, vois ton dépit ;
Il n’est d’égal qu’à ce que tu renies :
Car de l’amour tu avais tout pris,
Voluptés et vanités t’avaient brûlée.
À ces grands incendies de miel,
Ne restaient plus qu’un goût de fiel.
Femme, comme tu t’étais consumée ;
De tes amours il ne t’est rien resté.
Or, de ses cendres tu ne le savais pas,
De la mort l’amour prend le pas.
Réjouis-toi, femme : ce que tu ignorais,
Dans ton grand cœur se cachait.
Femme d’espérance, vois ton chagrin ;
Aura-t-il raison de son coûteux parfum ?
Mère, épouse ou fille, femme est de vertu
Telle qui se fie à l’amour qu’elle a reçu.
Fille de rien, tu es fille de roi : entends-tu ?
Dis-moi, que sont tes larmes devenues ?
Elles ont tressé la couronne de ta charité,
Dressé un rempart contre la fatalité,
Pressé ton cœur contre le mien.
La passion de tes larmes oppressées
A distillé le mal : ne reste que le bien.
La lie de la mort s’en est allée.
Femme de beauté, vois ton sourire ;
Il est lumière dans l’obscurité !
Alors qu’il fait encore sombre,
De grand matin tu es levée
Car de la nuit tu te fais l’ombre.
C’est que dans ton cœur tu l’as deviné :
La pierre ne saurait garder le pire.
Tu te lèves, ô femme : pourquoi ris-tu ?
Tu as entendu l’appel : tu n’es plus méprisée.
Foi, espérance et charité t’ont pardonnée.
À ta dignité de femme elles t’ont rendue.
Fille de rien, tu es fille de roi ;
Reine de cœur, tu es femme de joie ;
Mère de vie, à la Source tu enfantes
La passion de tes larmes riantes.
(À la femme X…)
19:55 Publié dans Contes, poèmes... humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, spiritualité, amour, tendresse, femme, princesse
11.03.2008
Dialogue amniotique : la vie existe-t-elle après l'accouchement ?
Dans le ventre d’une femme enceinte se trouvent 2 embryons. L’un est croyant, l’autre est non-croyant.

Le petit non-croyant :
Comment quelqu’un peut-il croire à la vie après l’accouchement ?
Mais naturellement. Il n’y a aucun doute qu’il y ait une vie après l’accouchement. Notre vie ici n’a de sens que parce que l’on grandit pour nous préparer à la vie après l’accouchement. Nous devons ici prendre de la force pour ce qui nous attend plus tard.
Cela n’a aucun sens. Il n’existe pas de vie après l’accouchement. Quelle forme peut avoir une telle vie ?
Ça, je ne peux pas le savoir exactement. Mais c’est sûr qu’il y a plus de lumière qu’ici. Et peut-être pourrons-nous manger avec notre bouche, courir avec nos jambes et…
Arrête un peu avec ces sornettes. Courir ? Ce n’est pas possible. Et une bouche qui mange est une image ridicule. Et pourquoi ? Nous avons notre cordon ombilical qui nous nourrit. Et c’est évident que le cordon ombilical ne peut nous conduire quelque part, tellement il est court.
Ce doit être sûrement possible. Ce sera sûrement totalement différent quand nous nous y habituerons.
Et personne n’en est jamais revenu. Compris ? Avec l’accouchement finit la vie. C’est aussi simple que cela. Et surtout, la vie n’est rien de plus qu’une grande plaie dans le noir.
Oui, je suis d’accord que nous n’avons aucune représentation de la vie après l’accouchement. Dans tous les cas, nous verrons enfin notre maman. Et elle prendra soin de nous.
Maman ? Tu crois à une maman ? Et qui est-elle ?
Elle est tout autour de nous. Nous vivons en elle et par elle. Sans elle, nous n’existerions pas.
C’est le top de la confusion ! Je n’ai pas vu le moindre bout de maman ici. La conclusion finale est qu’il n’y en n’a pas !
( source inconnue )
16:24 Publié dans Contes, poèmes... humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, psychologie, philosophie, religion, politique, humour
06.03.2008
Blanche-Neige et les Certains
Peu de temps après, elle accoucha d´une fille mais la reine ne survécut pas. Le roi faillit choir dans un profond trouble bipolaire, sans doute influencé par la température qui régnait dehors. Il se reprit et reprit simultanément une nouvelle épouse. Celle-ci était également très belle, mais elle était fière de sa santé et jalouse de celle de sa belle-fille surnommée Blanche-Neige. Elle possédait un miroir magique qui affirmait que c´était elle la femme du royaume qui affichait la santé la plus insolente.
Bons princes (si l’on peut dire), les Certains se montrèrent compréhensifs : comme tous les habitants du royaume, ils savaient que ces malades sont comme les autres et doivent être soutenus. Par conséquent, afin de ne point contrister davantage leur charmante -mais déconcertante- invitée, ils suivirent ses aspirations : Ils la placèrent dans un cercueil en verre et l´exposèrent en haut d´une colline afin que toutes les créatures de la forêt puissent l´admirer.
(avec la contribution involontaire des frères Grimm…)
18:57 Publié dans Contes, poèmes... humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, santé,






