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La loi du décalage

Savoir comprendre les femmes.jpg

Il existe des différences de modes de perception, de jugement, de logique entre l’homme et la femme. Les connaître permet d’éviter bien des incompréhensions dans le couple.

(§1) Suite à nos considérations dans l’article du 28 janvier (n°1510) sur les différences entre l’homme et la femme [1], où nous avions identifié leurs besoins fondamentaux, l’honneur pour l’homme, la sécurité pour la femme, voyons aujourd’hui les différences dans leur mode de perception, d’expression, de jugement, de logique ainsi que la place du cœur. Nous réserverons pour le prochain article l’étude de leur manière d’entreprendre.
           (§2) Il est évident que selon son tempérament, ses talents et ses efforts personnels pour développer les vertus, chacun devra nuancer les caractéristiques qui suivent ; rien n’est jamais tout blanc ou tout noir chez les humains mais la connaissance de ces grandes lignes permettra à chacun de mieux apprécier le « fonctionnement » de son conjoint et de comprendre vraiment la complémentarité voulue par le Créateur. Appuyons-nous entre autres sur l’ouvrage du père d’Heilly Aimer en actes et en vérité pour cela (1).
           (§3) Constatons qu’un homme perçoit la réalité par les lignes essentielles ; il appréhende les problèmes dans leur ensemble et voit les choses à long terme. La perception du réel pour la femme est toute autre : elle perçoit la réalité par les détails, elle règle avec acuité les petits soucis qui se présentent à chaque instant, elle se projette moins facilement dans le futur. Ce qui agace un homme, c’est de ne pas avoir l’essentiel d’un récit ; ce qui fait souffrir une femme, c’est le manque de détails dans ce que lui raconte son mari. Quand chacun fait des efforts pour comprendre l’autre, les deux points de vue se complètent parfaitement.

Différentes expressions

(§4) En ce qui concerne le rôle de l’expression, l’homme prouve son engagement, son amour, par des actes : il y a prédominance des faits chez lui. Pour une femme « tout ce qui n’est pas dit n’existe pas » ; elle a besoin d’entendre son mari lui dire son attachement, lui dire son amour et cela régulièrement, sinon elle n’est plus en sécurité. Pour elle, il y a prédominance de la parole.
           On ne peut parler du jugement et de la logique avant de parler de la place du cœur chez l’un ou chez l’autre.
           (§5) Rassurons-nous, l’homme et la femme ont tous deux un « cœur » pour aimer. Mais chez l’homme les différents aspects de sa personne sont cloisonnés par rapport à son cœur alors que chez la femme tous les aspects de sa personne sont en étroite dépendance de son cœur. Même les réactions corporelles d’un homme sont en quelque sorte cloisonnées par rapport à son cœur et il doit faire des efforts pour donner à sa femme toute la tendresse dont elle a besoin. Chez la femme, les réactions de son corps dépendent de son cœur et elle a un immense besoin de se sentir en sécurité, aimée et choyée pour se donner totalement.
           (§6) Méconnaître la loi du décalage est aussi la cause de bien des incompréhensions : après un événement l’homme réagit rapidement puis à cause du cloisonnement, passe à autre chose et oublie l’événement. À l’opposé, après un événement, la femme a besoin de plus de temps pour réaliser ce qui s’est passé et son cœur vibre très longtemps ; sa réaction est décalée et cette loi du décalage peut faire croire à l’homme que sa femme est rancunière ou susceptible, ce qui est un jugement moral, alors qu’elle est simplement décalée, ce qui est une constatation psychologique (2).
         (§7) Notons que cela permet de ne pas « classer » trop vite les événements dont il faut reparler et que l’homme aurait trop vite oubliés : la discussion et la « relecture » des incidents -comme des réussites- permettront de tirer des conclusions pour l’avenir et de progresser dans la compréhension mutuelle.
           (§8) À cause du fonctionnement plus cérébral de l’homme, son jugement et sa logique sont le plus souvent privés de l’intuition du cœur : ils sont avant tout rationnels, emprunts d’une très grande objectivité, comme il le fait remarquer. Disons même que ses jugements peuvent avoir la raison d’une barre d’acier. Les jugements et la logique d’une femme sont avant tout intuitifs et facilement dépendants de son cœur, de ses états affectifs. Moins objectifs ? Certes, mais beaucoup plus humains ! (3)

Enrichissement

(§9) Là encore les deux points s’enrichissent l’un l’autre (et il est bon de tenir compte de l’avis de chacun) même si c’est le plus souvent l’homme qui pourra trancher finalement. La femme s’en trouve d’ailleurs tranquillisée, lorsque ce n’est pas à elle de prendre la décision : elle est contente si son mari l’a écoutée et tenu compte de son avis en analysant le bien-fondé de ses arguments.
           (§10) Ainsi lorsque chacun fait des efforts pour s’exprimer de manière à être compris, et à chercher à comprendre lorsque l’autre s’exprime, les différences de comportement ne sont pas ressenties comme un obstacle mais comme une opportunité à mieux se compléter et à mieux s’épauler l’un l’autre au service du bien commun de la famille.

Marc et Maryvonne PIERRE
Croître et Progresser

Ensemble-N.-D. de Cana
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1.        Alphonse d’Heilly, Aimer en actes et vérité, Saint Paul éd. religieuses/CLER, 244p., 17 €

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(2) : Attention : sans vouloir déflorer ici le propos des auteurs –et sans entrer ici dans les détails (ce qui est typiquement masculin !)-, sachons que la littérature "psycho-chrétienne"[2][3][4][5][6, notes 524 à 530] est souvent truffée de ce type d’argument… aussi relativisant que "cloisonnant" (!) : en effet, même à envisager de placer la "barre d’acier" à très haute température (afin que le jugement puisse en obtenir une raison moins rigide), selon la construction de la phrase il est difficile de ne pas comprendre autre chose que "ce qui est une constatation psychologique" NE SERAIT PAS "un jugement moral" (et inversement). Ce qui permet de « classer » un peu trop vite les événements consécutifs à une telle logique : il resterait à démontrer qu’un jugement moral -sous fausse bannière de "constatation psychologique"- soit moins pernicieux que sous sa véritable étiquette… et facilite en pratique les "efforts pour s’exprimer de manière à être compris" ! L’inverse est plus aisé à démontrer [7, APR note 69]

(3) : Beaucoup plus humains ? Ici encore, les auteurs argumentent en fonction d’un contexte éminemment positif (ce qui est tout à leur honneur), dans le cadre d’efforts de compréhension s’inscrivant dans un climat mutuel de confiance… et de recherche constante de l’amélioration de cette confiance. Leur phrase n’en demeure pas moins valide dans un contexte plutôt moins… pacifiant. "Les jugements et la logique d’une femme sont avant tout intuitifs et facilement dépendants de son cœur, de ses états affectifs" ? Si fait (et à marquer d’une pierre blanche !)… mais la phrase devient redoutable lorsque les dits "états affectifs" "vibrent très longtemps" (!) dans un bain de "rancunes et de susceptibilités" qu’il n’est pas besoin de "faire croire" (loi du décalage ou non)… lorsqu’il se fait voir, tant dans les actes posés que dans leurs conséquences [8, notes 29 à 35]. "Moins objectifs ? Certes, mais beaucoup plus humains !" Heureux auteurs qui, tout à leur art honorable de cultiver une harmonieuse communication homme/femme, nous feraient presque oublier qu’il existe des différences de comportement qui, elles, seront d’autant plus "ressenties comme un obstacle" (!!) qu’elles relèvent d’une configuration moins apaisante : particulièrement lorsque des "états affectifs" féminins "s’épaulent les uns les autres" au service de l’un CONTRE l’autre. "Les jugements et la logique d’une femme sont avant tout intuitifs et facilement dépendants de son cœur, de ses états affectifs" ? Ce sont bien nos auteurs qui le disent ! C’est dire que la place d’une femme n’est pas là où les jugements ont vocation d’avoir très exactement –PAR leur seule FONCTION- "la raison d’une barre d’acier" : à savoir, au sein de la magistrature judiciaire. De fait, c’est la pratique qui parle : c’est un gigantesque désastre [9][10][10bis], laissant loin derrière toute notion de "décalage". Ce n’est pas cette autre fausse bannière –l’hypocrite "service du bien commun de la famille"[9, notes 94,95]- qui en atténuera les effets délétères sur le long terme. S’il est effectivement "bon de tenir compte de l’avis de chacun", il n’est pas besoin de brosser un état des lieux pour imaginer ce qui se produit concrètement lorsqu’au nom de "barres d’acier" EXCLUSIVEMENT FÉMININES, il n’est délibérément tenu AUCUN compte de l’avis de l’un. Nous ne sommes plus même dans le "mauvais" (ce qui serait un moindre mal…), mais au cœur d’"états affectifs" associés qui laissent libre cours au méchant [11]. Il ne s’agit plus d’un "obstacle" (lui aussi serait un moindre mal !…), mais d’un grand abîme [12] : froidement creusé par une seule des parties contre l’autre, "épaulée" –plus justement : excitée- par ses parties associées [13], dans un mouvement perpétuel de panique cumulant "jugements et logiques le plus souvent privés de l’intuition du cœur"… bien qu’EXCLUSIVEMENT FÉMININS !!! Mais sans doute n’est-ce là qu’une puissante –et monstrueuse [14] !- hypertrophie de… "la loi du décalage" de nos auteurs ? À moins qu’il ne s’agisse tout simplement des fruits [15][16] –sur le terrain- d’innocentes "constatations psychologiques" n’en pouvant mais de se découvrir en jugements moraux… caricaturalement dépourvus de tout jugement, comme de toute morale…

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Article librement reproduit de 

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(édition papier)
n°1514 du 24 mars 2012 (p.20)

Écrit par MdT Lien permanent | Commentaires (0)

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