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LE CHEVAL DE TROIE

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Qu’il soit internaute lambda, utilisateur courant d’un outil de travail parfois fastidieux ou blogger (!), le familier de la souris voit avec appréhension sa machine ralentie par de drôles de bébêtes, terriblement efficaces bien que virtuelles : les « Trojan ». Le « Trojan », c’est quoi dans le langage informatique ? C’est un cheval de Troie.

Comment pourrait-on mener une attaque en règle du spirituel en-dehors de tout soupçon de la part de ses défenseurs ? Comment pourrait-on pousser le vice jusqu’à inciter ces défenseurs à s’attaquer eux-mêmes ? C’est très simple : il suffit d’inventer le psychique. Qu’est-ce que le psychique sinon le réservoir inépuisable de « troubles » de plus en plus « graves » ? Qu’est-ce que le psychique sinon le CHEVAL DE TROIE du spirituel ? Les soldats qui se cachent à l’intérieur de cette monture ne doivent en aucun cas être confondus avec ceux qui défendent la cité. Autrement dit, défense absolue de confondre le psychique avec le spirituel… et ce, dans l’intérêt vital des SEULS tenants du psychique : les «  PIA ». Ainsi, le psychique peut entrer au cœur du spirituel en ne rencontrant AUCUNE opposition à son avancée. Comme le bernard-l’ermite a besoin d’une coquille qui le fera passer pour le VRAI locataire, le « PIA » a besoin d’une apparence qui lui offre sa légitimité : cette apparence est celle de la « santé ». Le soldat attaquant est également un soldat défenseur : en cas de découverte inopinée du pot-aux-roses, la carapace du cheval doit pouvoir tenir le choc. On invente donc la fameuse « théorie du complot » qui est naturellement destinée à être retournée contre les éventuels adversaires. Ces derniers sont assurés recevoir des « soins » proportionnés à une « dangerosité » haut placée sur « l’échelle de Richter » d’analystes qui semblent consulter clandestinement quelque boule de cristal ! Au fil des décennies, on a pu voir se greffer toute une « classification diagnostique » qui reste fidèle à cet esprit…
_____Si des esprits avisés ont su échapper aux « soins » qu’un certain microcosme qualifierait « d’urgents », beaucoup d’autres n’ont pas trouvé la résistance nécessaire, se laissant parfois convaincre par leur entourage, PREMIER responsable du doigt dans un engrenage diabolique. C’est que pour tout ce petit monde, on attrape une « maladie psychique » comme on hérite d’une grippe ou d’un mal de gorge ! Pourtant, dès que l’on traite de ce sujet dans le grand public, revient systématiquement la notion de culpabilité. Celle-ci se déclenche quand on « détecte » la « maladie ». On pourrait croire qu’elle se dissout avec la consultation du « PIA » : c’est l’inverse qui prévaut ! Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Il est à craindre que Monsieur de la Fontaine ait encore à nous interpeller à travers les siècles : qui a dit que le « PIA » ne prenait pas de guillemets ?

_____Selon quels critères l’entourage « détecte »-t-il la « maladie » ? Selon des mouvements d’humeur consécutifs, dûs à des malfonctions organiques non identifiées ? Selon des élans inhabituels de la part du soi-disant « malade », positifs ou négatifs ? Pas de quoi enfiler une veste… fût-elle bipolaire. Selon un rejet non exprimé de l’entourage ? Nous touchons là au cœur de cette culpabilité, qui croît et embellit au fur et à mesure de l’évolution de « soins » qui approchent le « patient » d’une « guérison » aussi accessible que la ligne d’horizon.
_____D’où vient la culpabilité, sinon de la conscience du mal ? Non d’un mal supposé -et agréé par consensus- sur le « malade », mais de celui de son entourage se culpabilisant inconsciemment de sa complicité à un « traitement » qu’il pressent contraire aux intérêts réels de l’intéressé. Une fausse culpabilité ne résiste pas à l’épreuve du temps, une vraie beaucoup plus : le fardeau est toujours là… Et il s’accroît : car « détecter » une « maladie » de cet ordre, c’est introduire le DOUTE sur la raison d’une tierce personne, en fonction d’éléments nécessairement subjectifs. Le doute est l’une des choses les mieux partagées au monde : il introduit à son tour la peur, d’autant qu’on n’accorde PLUS sa confiance à une personne dont on doute de la raison. Le regard qui est porté sur elle se réduit à un schéma « malade-bien portant » artificiel dont les conséquences amènent crises et ruptures. Non seulement l’intervention du « PIA » ne résoudra en rien ces crises, mais il les amplifiera en les justifiant au moyen d’un vocabulaire pseudo-technique dont la charge sera entièrement dirigée contre un « malade » qui l’est moins par état que par décret. Le « malade psychique » n’est autre que le bouc émissaire des temps modernes.
_____ Le fardeau de la culpabilité est double. C’est naturellement celui du « malade », affublé d’une maladie QUI N’EXISTE PAS (sinon dans le regard des autres) et à laquelle il ne sait comment répondre, tous ses arguments étant interprétés non plus dans leur sens réel mais dans celui d’une éventuelle « confirmation » de son mal ! C’est aussi celui de son entourage, convaincu d’agir dans son intérêt tout en étant démenti en permanence par les faits.

_____Quel que soit le « diagnostic » posé, le processus qui y a conduit est le même. On peut ainsi se rencontrer entre personnes rencontrant les mêmes difficultés, communier dans les mêmes détresses. Cela ne fait qu’entretenir le mythe d’une « maladie » fatale, pouvant frapper n’importe qui à l’aveuglette, à l’instar d’une pathologie organique. Car le problème de fond n’est JAMAIS posé, à savoir celui de la vérité sur la situation de départ… et la responsabilité de chacun. Celle-ci éludée, la « maladie psychique » reste une souffrance incompréhensible. Le « PIA » peut alors se poser en SEUL détenteur des clés de compréhension d’une situation qu’il n’appréhende pas mieux que s’il était plombier ou journaliste, en dépit d’un savoir qui fait illusion en rassurant. (L’empathie est un don à exercer, plus ou moins prononcé, ne requérant pas nécessairement des compétences médicales....) En revanche, il est prescripteur de produits qui n’ont qu’un lointain rapport avec l’homéopathie. Il devrait être évident qu’un médicament venant perturber le fonctionnement d’un organisme sain ne peut qu’être  iatrogène, rendant une « guérison » de plus en plus hypothétique… et le fardeau de plus en plus lourd.

_____« Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? » (Mc 4,21-25) La lampe, c’est ce qui éclaire ; ce qui rend CLAIR ce qui ne l’était pas. Ce qui est clair est à l’opposé de ce qui est troublé. Ici encore, il est bien étrange de faire appel à un spécialiste du « trouble » pour éclaircir une situation un peu confuse ! Un problème relationnel n’est PAS un problème de santé : il le devient quand il est traité comme tel ; mais pas dans la colonne des bénéfices…
_____« Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous, et vous aurez encore plus. Car celui qui a recevra encore ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. » Foin de « maladies psychiques » : quand on se sert d’une mesure qui apporte une souffrance morale à autrui (« maladie » générant une détérioration de son image, mise à l’écart, conciliabules etc.), cette souffrance revient à soi, plus forte : c’est celle d’une juste culpabilité. Mais celui qui ne souffre de rien se fera enlever même sa santé. Il semble qu’en dépit de ses deux mille ans, la Parole aie encore une certaine fraîcheur…

Écrit par MdT Lien permanent | Commentaires (0)

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