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LE CYCLE DE LA FOI…

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La Foi toute seule, c’est un monocycle ! Elle est simple, mais d’un équilibre extrêmement précaire.
Bien sûr, la main du Père est là qui prévient toute chute immédiate. Mais le Père aime que ses enfants soient libres : de temps en temps, Il lâche pour nous apprendre à être autonomes.

Et là, aïe aïe aïe ! Nous tombons qui en avant qui en arrière, qui sur le côté.

Le Père n’aime pas que des enfants libres soient à terre. Il améliore le monocycle, lui ajoute une roue à l’avant surmontée d’un guidon. Il relie les deux roues au moyen d’un cadre.

Plus complexe, la Foi devient néanmoins plus accessible : elle est devenue une bicyclette.

Roulez, petits bolides : à grands coups de pédales, les hommes circulent sur la route de la vie.

Avec le temps et la circulation, cette route s’abîme : des trous et des nids-de-poule se forment. Des pelotons entiers se vautrent ainsi : leur bicyclette est cassée, les roues sont voilées.

Il faut faire quelque chose, réparer la route !

De temps en temps, on répare donc la route : à cet effet, des cantonniers sont convoqués du monde entier.
Ils s’emploient à combler les trous, à niveler les bosses, à remettre une couche d’asphalte.

La nouvelle route est superbe.

Un nouveau peloton s’y élance alors : c’est-du-billard ! On y ressent une telle sécurité qu’on estime superflu de la regarder. On admire alors les nuages ; émerveillé, on contemple le paysage qui défile. On s’enhardit, on accélère : on se grise de vitesse ! Dieu, quelle formidable sensation de liberté… Qu’est-ce ? Un guidon ?
Avec des freins, par dessus le marché ! C’est que l’on tient à cette liberté toute neuve. Comment supporter encore de tenir un guidon ? On lâche alors une main, puis deux. Chiche : sans les mains !

Pas de chance : une vache traverse alors la route sans crier gare. Pas de chance encore : simultanément, un épais brouillard masque l’horizon. Pourtant, quelques panneaux signalaient ces risques. Il n’empêche : tout le peloton se retrouve par terre. Laissant sur place leurs épaves, les cyclistes furieux ou déçus quittent la route…

Arrive un second peloton : constatant cette débâcle, tout le monde se jette sur les freins. Ils n’ont pas vu la vache, partie brouter vers d’autres pâturages. La route serait-elle plus traîtresse qu’il n’y paraissait ? Ils en déduisent que les cantonniers l’ont sabotée ! Pour eux, le brouillard ne s’est pas levé...

Ils prennent alors peur, et regardent en arrière : malgré ses défauts, la route était plus sécurisante AVANT. N’osant plus avancer, ils n’osent pas davantage poser pied à terre : et si la route se dérobait sous leur poids ? Rebrousser chemin serait dangereux : c’est que la route est à sens unique, et d’autres pelotons suivent.
De plus, la route est étroite…

À leur sens, ne subsiste qu’une solution en trois temps. D’abord, s’installer des roulettes stabilisatrices afin de se prémunir de toute chute. Comme celles des vélos de nos facteurs… ou de nos bambins. Ensuite, se ranger sur les bas-côtés : cette route inspire trop la méfiance… Enfin, s’autoproclamer gardiens de la route : on a bien vu de quoi elle était capable !

S’il passe un peu dans le désordre, le peloton suivant passe sans encombre ? Peu importe à nos gendarmes : ils verbalisent à qui mieux mieux. Freinages tardifs ou excessifs, accélérations un tantinet véhémentes, vitesses inadaptées, changements de direction non signalés aux autres usagers : tout fait ventre pour intercepter le cycliste trop imprudent à leurs yeux. Il y va de leur salut sur une route aussi périlleuse !

Mais ils ignorent ce qu’ils déclenchent dans le cœur de ces cyclistes peu disciplinés : le dégoût de cette route, l’attrait pour une autre route... voire le dégoût de TOUTE route.

Quel est donc ce dernier peloton ? C’est celui des cyclistes les plus réellement libres. Ils se font confiance, en dépit des incontournables différences de leur entraînement, de leur force et de leur machine : ils roulent en peloton uni. Ils font confiance en leur véhicule, l’entretenant eux-mêmes avec un soin attentif : si nécessaire, ils savent avouer leur incompétence quand un réglage hors de leur portée devient indispensable pour continuer leur chemin : ils le confient à un spécialiste en qui ils font également confiance. Ils ont appris –et continuent à apprendre par l’expérience- à conduire, à connaître les risques de la route. C’est pourquoi ils n’en ont pas peur. Ils n’ont ni l’insouciance du premier peloton, ni la méfiance du second.

Ils font confiance en cette route. Au contraire de leurs prédécesseurs, eux la regardent sur toutes ses dimensions : ILS SAVENT OÙ ELLE LES CONDUIT…

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Écrit par MdT Lien permanent | Commentaires (0)

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