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Les déceptions...

...dans le mariage

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           Après la phase d’émerveillement, la routine peut rapidement s’installer au sein du mariage, si un sentiment plus profond n’est pas entretenu.

           (§1) Dans un premier article*, nous avions évoqué les déceptions qui sont souvent ressenties dans les couples après une période plus ou moins euphorique. Après le coup de foudre des débuts ou l’état amoureux dans lequel nous nous croyions installés, voilà que les désillusions [1] nous guettent. Il est utile d’analyser ce qu’est le « coup de foudre ». Ce coup de foudre est comparable à une onde électrique qui déclenche notre système amoureux et l’amène à son apogée. Les hormones qui sont produites dans notre organisme à ce moment sont la dopamine et l’adrénaline qui donnent un effet comparable à la cocaïne ! Alors pendant cette période de l’émerveillement en face de l’être aimé, on ne pense qu’à se retrouver. On a l’illusion que l’autre est parfait ; on ne peut imaginer faire quoi que ce soit qui pusse blesser l’autre ; on se croit capable de tout sacrifier pour lui, pour elle.
 (*) cf. L’HN n°1502 du 8 octobre 2011
           (§2) Cet état ressemble plutôt à de l’obsession amoureuse qu’à l’amour vrai car cela s’empare de nous sans que nous l’ayons cherché, cela n’exige aucun effort ; les défauts de l’autre apparaissent insignifiants !

Les effets secondaires !

           (§3) Mais cet état euphorique ne subsiste pas durablement. Au bout de six mois à deux ans, il décroît et heureusement, car pendant ce temps on n’a plus aucun intérêt pour autrui ou pour autre chose. On n’arrive pas à se concentrer sur son travail ou ses études. On passe ses journées à penser à lui, à elle. L’état amoureux tend à réduire bien souvent nos facultés rationnelles court-circuitant le jugement et même le bon sens. Il faut passer de l’obsession amoureuse au véritable amour ! Il faut se préparer à cette évolution et ne pas s’en inquiéter, au contraire : il faut accéder à la maturité de l’amour.
           (§4) Car quelle est la véritable définition de l’amour ? C’est d’abord la volonté du bien de la personne aimée. C’est la décision de consacrer notre énergie au profit de l’autre. L’amour fait intervenir effort et discipline. Le jugement s’exerce, on y voit clair, on sait ce que l’on veut. Pas besoin d’euphorie ! mais on fera tout pour maintenir l’enthousiasme, sinon, quelle tristesse !
           (§5) L’amour se construit jour après jour, non seulement avec la volonté, mais aussi en sublimant les passions de l’âme. L’amour se maintient grâce à toutes les marques d’affection et doit progresser tout au long de la vie. Cependant l’environnement n’est pas favorable à cette bonne définition de l’amour. Les modèles de l’homme et de la femme qui nous sont proposés dans les films et les revues sont des modèles faussés par l’hédonisme ambiant. On ne constate que trop de couples qui se séparent même dans les milieux catholiques. Chaque couple qui se sépare fragilise l’entourage car nous finissons par douter que la fidélité soit possible, que l’on puisse être heureux dans le mariage.
           (§6) « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même » (sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus). Oui bien sûr, mais la routine est l’ennemi numéro un de la vie conjugale, constatons-nous au cours de chaque session que nous animons ; c’est l’obstacle dont se plaignent la plupart des couples après quelques années de mariage, et cela est une autre déception de taille !

Rien d’acquis

           (§7) En fait notre conjoint s’étant donné à nous, nous avons alors l’impression que « c’est 4238780201.jpgacquis » et nous risquons de nous comporter comme s’il nous appartenait, quel que soit notre comportement [2?]. Finie la cour [3?] ! Terminées les petites attentions ! Oubliés les gestes de tendresse ! Balayé notre désir de nous montrer sous notre meilleur jour ! La routine s’installe avec son cortège d’ennui, de lassitude, parfois même d’amertume… Cela peut devenir désespérant. Nous pouvons nous retrouver sur deux voies parallèles. Nous nous étions engagés à la fidélité, mais il ne suffit pas de ne pas être infidèle pour rendre notre conjoint heureux ! Aimer c’est être créatif, aimer c’est être capable de se renouveler, aimer c’est faire la cour, c’est manifester la tendresse, c’est être « aux petits soins pour l’autre »** et cela chaque jour, jusqu’à notre vieillesse, jusqu’à la tombe. Ce n’est qu’à ces conditions que nous passerons les caps difficiles que la vie ne manque pas de nous imposer. Ce n’est qu’avec ce programme que nous pourrons dire que nous nous sommes vraiment donnés à celui qui est notre conjoint.
           (§8) Les autres déceptions de la vie conjugale pourront se régler par une bonne communication [4!] et une confiance [5][6] inébranlable en la Providence ; mais de notre conception de l’amour ** dépendra notre volonté à reconquérir chaque jour notre conjoint ou au contraire à nous laisser aller sans aimer vraiment en acte et en vérité.

(**) la pensée des auteurs ne devrait pas être trahie s’il est ici précisé qu’être « aux petits soins pour l’autre » s’inscrit bien chez eux dans un contexte de "tendresse manifestée" : ce qui tourne ostensiblement le dos à "l’ennui", la "lassitude" ou "l’amertume" tels que suggérés au paragraphe 7. Le triste "cortège" s’étant "installé" (avec lui, une "confiance inébranlable" en quelque magie "providentielle" parallèle [7][8], se destinant à réduire -ou à gommer- les problèmes "comportementaux"[9, APR note 86][3, APR note 60,§4] soulevés dans les premières lignes du paragraphe), il est évident qu’être « aux petits soins pour l’autre » risque alors de répondre à une toute autre conception de l’amour : la consonance affective des « petits soins » se laissant grignoter par une certaine pression affective en direction de pseudo-« grands "soins"©[10][11][12]» "salvateurs" (unilatéraux !), même "toute autre conception de l’amour" finit à la longue par s’en imposer comme radicalement hors-sujet [13, notes 94 à 97]. Ce qui ressort moins d’une insurmontable "fatalité"[14, note 9] que de la simple logique : celle-ci répondant davantage à la "ception" qu’à la "conception".

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De fait, si "l’amour fait intervenir effort et discipline"(§4), s’il se "construit aussi en sublimant les passions de l’âme" (§5), si ces dernières peuvent être exacerbées par "des modèles faussés par l’hédonisme ambiant" (§5), l’arbre ne doit pas cacher la forêt d’autres "modèles" qui, pour être moins "hédonistes" à l’usage, ne s’en avèrent pas moins "faussés"… jusqu’à creuser de formidables fossés [15][16]. En effet, l’inénarrable peur du "loup"©[17][18][19][20] ne constitue-t-elle pas en soi une magnifique –mais ô combien funeste- "passion de l’âme" ? Certes, "l’enthousiasme euphorique" y est nettement moins au rendez-vous (!) que la "tristesse" (§4) ;  mais à quelle étrange "maturité de l’amour" accédera-t-on en substituant l’obsession d’un "loup"© "irréductible"[1,§46!!!][21] à "l’obsession amoureuse" (§3) ? Que reste-t-il "d’effort" et de "discipline" lorsque est laissé libre cours à cette obsession destructrice (fabriquée de toutes pièces [22, APR note 151], qui plus est !…), lorsque "notre volonté" (?) ne dépend plus que d’elle ?

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"L’état amoureux tend à réduire bien souvent nos facultés rationnelles court-circuitant le jugement et même le bon sens" (§3) ? Notons qu’il est question d’une "tendance" : ce qui n’exclut en rien la tendance inverse, dusse-t-elle s’observer "moins souvent"…  En attendant, nous pouvons retrouver ici une définition auprès de laquelle l’état de peur n’a, point par point, rien à lui envier ! (Sans doute est-ce d’ailleurs plus spontanément à cet état que l’on pense lorsqu’on fait intervenir… l’adrénaline (§1)) Et si "la routine peut rapidement s’installer si un sentiment plus profond n’est pas entretenu", il semble que le propos des auteurs ne soit pas exactement de l’ordre d’un encouragement à fabriquer (puis entretenir) de faux masques [23, note 26]… qui tendent, eux, à en masquer des vrais : des "déceptions de la vie conjugale" sublimées (sic) par un "médicalisme" ambiant qui va rapidement installer des comportements "érotophobes"… voire "agapéphobes"[24+25] "en acte et en vérité". Jusqu’à ce que ce soient les qualités "de l’autre qui apparaissent insignifiantes" (§2) !

Marc et Maryvonne PIERRE
Croître et Progresser

Ensemble-N.-D. de Cana
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Article librement reproduit de 

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(édition papier)
n°1506 du 3 décembre 2011 (p.21)

Écrit par MdT Lien permanent | Commentaires (0)

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