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Les différences de tempérament

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S’il est nécessaire de comprendre l’amour de l’autre et une façon de l’exprimer pour mieux vivre son mariage, il faut également se connaître soi-même pour mieux se comprendre… et connaître l’autre pour mieux le comprendre. Chacun a son tempérament avec lequel il faut composer. Une des composantes du mariage à ne pas oublier (1).

(§1) Dans notre article précédent sur l’amitié spirituelle [1] qui doit exister entre les époux, nous avons rappelé qu’une connaissance mutuelle pour fonder cet amour de bienveillance réciproque était indispensable.

(§2) Nous avons déjà mis en relief les différences hommes-femmes [2] puis les différentes manières d’exprimer son amour à l’autre et de comprendre l’amour de l’autre [3][4] avec la métaphore des « langages de l’amour »[5][6] et aussi des « langages de la réconciliation ».

(§3) Il faut bien admettre que cela ne suffit pas encore pour appréhender toutes les réactions de son conjoint et nous voulons aujourd’hui commencer à distinguer les différents tempéraments : mieux se connaître soi-même pour mieux se comprendre soi-même et mieux connaître l’autre, pour mieux le comprendre (2).

(§4) Prenons un exemple pour illustrer ces différents tempéraments avec quatre personnes réunies un soir autour d’un projet de création d’école hors contrat, sujet brûlant s’il en est ! Tous sont parents d’élèves et très concernés. L’objectif est d’ouvrir une école à la rentrée prochaine.

Quatre tempéraments

(§5) Bernard prend tout de suite la situation en main. Il parle fort, il dirige les débats. « C’est évident » et « absolument pas » sont ses expressions favorites et ponctuent ses propos selon qu’il est d’accord ou non avec ses interlocuteurs. Il est « hors de question » que le dossier ne soit pas prêt dans trois semaines ! Le temps presse ; on annulera toutes les activités récréatives jusqu’à l’obtention des autorisations.

(§6) Heureusement Simon est là pour détendre l’atmosphère : il fait des jeux de mots, se plaint avec humour du côté dominateur de Bernard mais ne lui en veut pas durablement. Il sait bien, lui, qu’il ne renoncera pas aux distractions prévues avec les copains car l’administration ne donnera pas signe de vie avant longtemps… donc on ne va pas se gâcher la vie ! Il est sûr que tout se passera bien. D’ailleurs, quand on a Bernard dans son équipe, c’est une équipe gagnante.

(§7) Michel parle peu, on le sent préoccupé. L’enthousiasme de Simon l’inquiète : non, tout n’est pas si simple. Une foule d’objections lui viennent à l’esprit, qu’il distille discrètement dans la conversation. Finalement il prononce la phrase que tous redoutent : « Non, croyez-moi, ça ne marchera pas ». Cependant lui seul est capable de rassembler méticuleusement toutes les pièces du dossier. Il accepte cette charge mais on voit qu’il n’est pas convaincu. « Il faudra bien deux ou trois années pour faire aboutir ce projet… si l’on y arrive ! »

(§8) Fabien n’a encore rien dit, si ce n’est « hum », « comme vous voudrez ». Cependant quand le ton monte entre Bernard et Simon, il est là pour arrondir les angles et Simon se calme aussitôt en plaisantant du flegme de Fabien. Celui-ci accepte de se charger d’aller voir le maire, car il n’est pas impressionné par le mauvais caractère de ce dernier avec lequel il est le seul des quatre à s’entendre. Mais il ne peut s’engager à faire cette demande dans un certain délai. Non, il le fera quand l’occasion se présentera lors d’une rencontre amicale avec le maire…

(§9) Huit jours plus tard, ils se retrouvent : Bernard a déjà fait avancer le projet par maints contacts et a trouvé des subventions inespérées ! Michel, avec son esprit de sacrifice a peu dormi. Il a passé tout son temps libre à remplir des formulaires, rassembler les pièces nécessaires - il est méthodique, cela prend tournure. Simon et Fabien ont oublié la conversation de l’autre soir. Simon d’ailleurs n’avait pris aucune responsabilité concrète et Fabien n’a pas encore rencontré monsieur le maire à l’improviste.

(§10) Pourquoi ces différences d’attitude face au projet envisagé ? Pourquoi ces différences de réaction ? Dans notre exemple, Bernard est un bilieux : organisateur, c’est un chef né mais il devient dominateur s’il ne se surveille pas. Simon est un sanguin, un boute-en-train qui répand la bonne humeur autour de lui mais qui peut être désorganisé et peu fiable. Michel est un mélancolique qui au contraire est très fiable mais souvent pessimiste. Quant à Fabien, c’est un flegmatique. Il est facile à vivre, mais peut être paresseux s’il remet toujours au lendemain ce qu’il peut faire le jour même.

(§11) Chacun de nous est un être unique [6] ; nous avons des traits de personnalité propres et notre tempérament est notre vrai « moi ». Connaître les forces et les faiblesses de son tempérament et celui de son conjoint (3) facilitera la possibilité d’admettre les différences de l’autre [7][8][9][10] tout en s’acceptant soi-même (4).

Marc et Maryvonne PIERRE
Croître et Progresser

Ensemble-N.-D. de Cana

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Article librement reproduit de 

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(édition papier)
n°1533 du 5 janvier 2013 (p.22)

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"L’interprétation" typographique de la mise en page -distinction et numérotation de paragraphes (§), ajout (parfois abondant) de notes de renvoi ([x]) (et autres liens intégrés), ainsi que l’ensemble des illustrations et les quelques développements ci-dessous (x)- est de l’entière initiative de l’auteur du présent blog. Les intertitres sont d’origine.

(1) ne pas davantage oublier que si le discours des auteurs est explicitement orienté sur les aléas de la relation conjugale, nous le reproduisons ici en estimant que la dite relation est également "une des composantes" de la relation humaine, celle-ci s’entendant dans une acception plus large : il est presque superflu de souligner que les différences de tempérament –entre autres- s’expriment… indifféremment de tout lien contractuel.

(2) …un « soi-même » qui, de par sa seule définition, devrait suffire à dissuader de toute subordination intempestive [11][12, notes 1,2][13, notes 1 à 3] : tant que l’objectif est bien de mieux connaître l’autre, pour mieux le comprendre (§3), il devrait aller de soi que loin de l’atteindre, on prendra une direction diamétralement opposée par l’intervention de quelque prétendu "spécialiste"©[14: particulièrement lorsque celui-ci ne connaît pas même l’autre (!)… et que son intervention est de surcroît initiée sans que l’autre en ait connaissance [15].

(3) …ou celui de son interlocuteur du moment : plus que jamais indépendamment de tout lien contractuel, fusse-t-il moins intime et plus ponctuel.

(4) les auteurs nous ayant brossé ici des profils-types délibérément basiques en vue de leur démonstration, on ne saurait exiger d’eux un développement plus substantiel en l’espace de ces quelques lignes. Si chacun de ces profils-types fera ultérieurement l’objet d’un approfondissement -au cours d’un article lui étant dédié (par les mêmes auteurs)-, sachons d’ores et déjà ne pas nous "figer" sur un aspect plutôt qu’un autre au prétexte d’avoir cru reconnaître tel trait de personnalité propre, tel tempérament de vrai « moi » (chez soi ou chez autrui) : s’ils nous signifient que chacun de nous est un être unique (§11), il serait prématuré d’en déduire que les auteurs nous invitent à considérer que chacun de nous est un être univoque.

Ainsi, un trait de personnalité propre est sans doute un trait dominant et prédéterminant : mais il ne saurait justifier un déterminisme totalisant et fataliste [16, note 9], comme gravé dans le marbre. Prédéterminer par exemple un trait dominant de type "Bernard" chez X n’exclut en rien que ce trait ne puisse cohabiter avec d’autres -moins marqués- de type "Simon", "Michel" ou "Fabien". Idem au sujet d’un trait dominant de type "Simon" chez Y, de type "Michel" chez Z, etc. En fonction des circonstances –et notamment des relations entre X, Y et Z (sereines ou conflictuelles)-, il n’est pas interdit d’admettre qu’un trait dominant chez chacun d’entre eux puisse occasionnellement marquer le pas sur l’un de leurs traits habituellement "dominés" : chacun de nous est sans doute un être unique… mais reste néanmoins un "cocktail" différemment dosé de ces traits de personnalité propres qui le rendent sujet tantôt à des adaptations ponctuelles tantôt à des évolutions existentielles plus prononcées.

Par ailleurs, il faut saluer ici la démarche de nos deux auteurs : celle-ci se fait presque "reposante", étant ouvertement axée sur des questions de personnalité et de tempérament sans se laisser excessivement influencer [17] par quelque praxis "pathologique"©[18, APR note 87] consensuelle. C’est dire que faciliter la possibilité d’admettre les différences de l’autre tout en s’acceptant soi-même (§11), ce n’est évidemment pas accorder blanc-seing à faciliter la possibilité de nier les différences de l’autre -parce que ne s’acceptant pas soi-même- tout en projetant [19, note<16>] contre l’autre [20][21, APR note 32][22] le produit délétère [23][24][24bis] de ce déni [25, note<12>].

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Lundi 7 octobre 2013

Écrit par MdT Lien permanent | Commentaires (0)

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